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Ijliothèque cantonale Fribourg y' •:<$*.•

i :

i

No 88 J.A. 9m' année PREMIER JOURNAL ILLUSTRÉ FRIBOURGEOIS Le numéro 60 cfs FEVRIER 1954

ORGANE INDÉPENDANT PARAISSANT UNE FOIS PAR MOIS Administration : Avenue de la Gare 6, Fribourg, Tél. 2 37 60

Abonnement: 1 an Fr. 6.- Etranger Fr. 8.50 Chèq. post, lia 2851 Editeur: René Dessonnaz Annonces 12 et. le mm.

x\

mp Régie exclusive de la publicité: Annonces Suisses S.A. „ASSA"

V 5, Avenue de Tivoli, Fribourg, Tél. 2 5135 Chèq. post, lia 4617 Réclame 32 et. le mm. Succursales dans toute la Suisse

Mlle Magfi Llaudat, de Châtel-St-Denis, a emporté la Ire place au «lalom du 12e

concours bullois de ski. (Voir notre reportage en page 4.) A droite, M. Roger Nordmann interviewe M. Gonzngue de Reynold qui semble revivre les étapes de sa vie. (Lisez, notre reportage « Radio-Lausanne à Fribourg »

en page 4. )

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Page 2 FRIBOTJRG-ILLTJSTRÉ Février 1954

M. Paul Rossier

Décédé accidentellement à l'âge de 52 ans. M. Paul Rossier était bien connu à Fribourg, spécialement dans le quartier de Beauregard où il a vécu de très nom¬

breuses années. Employé dans l'industrie fribourgeoise, il était modeste et effacé, mais ceux qui le connaissaient savaient qu'il possédait une âme sensible que des circonstances douloureuses de Sa vie avaient malheureusement encore meur¬

trie. (Photo Rast)

Mme Félix Peissard

Propriétaire depuis 30 ans de l'histo¬

rique café de l'Ange, dans la basse ville de Fribourg, Mme Félix Peissard a rendu son âme à Dieu après une lon¬

gue et pénible maladie, dans sa 74e année. Douée de beaucoup de bon sens et d'un heureux caractère, elle comptait de nombreux amis et la Société des cafetiers de la ville l'avait nommée membre honoraire.

La bronchite chronique problème d'ordre mondial,

se voit enrayée par les antibiotiques New-York (MPIB) — Les infections respiratoires chroniques sont considé¬

rées aujourd'hui comme comptant, dans presque toutes les parties du monde, parmi les problèmes les plus communs et les plus coûteux du domaine de la santé publique, selon ce qui ressort d'études récentes à ce sujet.

De toutes ces maladies, la tuberculose est probablement la mieux connue et celle qu'on craint le plus. Mais la science médicale a découvert que cer¬

taines affections pulmonaires dont les manifestations sont moins dramatiques mais qui sont souvent aussi tenaces sont à l'origine d'un pourcentage surprenant de cas d'absentéisme. L'une des pires de ces maladies est la bronchite chronique qui cause la perte de 13.000 années- hommes de travail annuellement en Angleterre et dans le pays de Galles seulement.

De nombreux facteurs ont tendance à aggraver cette infection des bronches.

Parmi ceux-ci, l'air froid et humide et le brouillard sont les plus connus, mais la contamination de l'atmosphère par les gaz industriels, la suie, etc., est considérée également comme l'une des causes majeures d'une telle aggravation.

Les récentes manifestations du «smog»

(un mélange de brouillard et de fumée) dans diverses parties de l'Europe ont été accompagnées d'un accroissement marqué de l'incidence et de la gravité de la bronchite. Bien qu'on ne puisse faire grand'chose en vue de l'élimina¬

tion de ces facteurs atmosphériques, les microbes se trouvant dans les voies res¬

piratoires irritées peuvent être mainte¬

nant combattus à l'aide des plus ré¬

cents des antibiotiques, selon les mé¬

decins.

Grâce au fait que les microbes qui sont la cause de la bronchite chronique ont été identifiés, il est maintenant pos¬

sible d'appliquer avec succès l'antibio- thérapie. Ce fut là un problème de tout premier ordre pendant de nombreuses années, car l'on trouve d'ordinaire un nombre varié d'organismes différents dans les bronches du malade. Récem¬

ment cependant, des études effectuées â l'Institut des maladies du poumon fi Londres ont montré que deux — et seulement deux — espèces de microbes semblent être présents dans la plupart des attaques de bronchite chronique. Ce sont le pneumocoque, organisme à la base également de la plupart des for¬

mes de pneumonie, et l'Hemophilus iii- fluenzne, bactérie qu'on croyait autre¬

fois être la cause de l'influenza.

Ayant étudié les effets de divers anti¬

biotiques contre ces deux microbes dans les voies respiratoires des malades, le

M. Paul Marmillod

Après une pénible maladie, M. Paul Marmillod, de Broc, est décédé à l'âge de 66 ans. Retraité de l'Usine Nestlé, le défunt s'était dévoué sans compter pour plusieurs sociétés sportives et il était depuis de nombreuses années pré¬

sident de la Fédération des sociétés de tir de la Gruyère. Sa disparition a peiné ses nombreux amis et connais¬

sances qui regrettent la perte de cet homme affable et de bon conseil.

M. Max Musy

Cafetier à Dompierre, le défunt était très connu dans la Broyé et nombreuses sont les sociétés qui ont bénéficié de son dévoue¬

ment et de sa générosité. Bien trop tôt enlevé à l'affection des siens, il est décédé à l'âge de 49 ans, laissant beaucoup de re¬

grets dans son entourage.

M. Elie Carrard

Le défunt avait fait carrière dans les che¬

mins de fer comme employé de gare à Renens, puis â Romont où il travailla près de 40 ans. Ayant pris sa retraite en 1932, U put se dévouer à la chose publique et devint conseiller communal, puis conseil¬

ler paroissial. Son intégrité, sa droiture, jointes à une affabilité bienveillante et beaucoup de modestie, lui avaient acquis l'estime de ses concitoyens qui ont appris avec neine son décès â l'âge de 75 ans.

M. Auguste Collaud

D'origine fribourgeoise, mais né au Tes- sin, M. Auguste Collaud avait vécu de longues années en France. Revenu à Fribourg au début de la guerre, le dé¬

funt était employé au Département de l'Agriculture. Il s'est dévoué sans comp¬

ter pour l'une ou l'autre société de la ville et ceux qui le connaissaient bien savaient que sous des dehors un peu froids, il cachait un excellent cœur tou¬

jours prêt à aider et à faire plaisir.

(Photo Stolz) M. Marius Dématraz

Une belle figure de Siviriez s'en est allée. M. Marius Dématraz, paysan sage et avisé, travailleur infatigable, a ap¬

partenu pendant 50 ans à la commis¬

sion scolaire de Chavannes-les-Forts où son esprit de clairvoyance était très apprécié. D'un caractère doux et affa«

ble, le défunt a rendu sa belle âme à Dieu après une vie toute de labeurs, étayée par de solides principes Chré¬

tiens, à l'âge de 85 ans.

Mlle Yvonne Bourqui

M. Louis Beaud

Après avoir été pendant de nombreuses années tenancier de l'hôtel de l'Ange à Albeuve, M. Louis Beaud s'était retiré à Neirivue où il occupait le poste de veilleur de nuit dans l'usine Gremion. Au cours d'une de ses veilles, il a succombé à une crise cardiaque. Tous ceux qui connais¬

saient cet homme de bien ont appris avec beaucoup de peine la nouvelle de son décès et nombreux sont ceux qui ont été ses obli¬

gés et qui se souviendront avec émotion de sa bonté. (Photo Glasson)

M. Fernand Ruffieux

Instituteur, puis secrétaire de la Préfec¬

ture de la Gruyère et rédacteur de la Feuille d'Avis de Bulle, le défunt s'était retiré au bord du Léman pour jouir de sa retraite. Poète et chantre émérite de son pays, la Gruyère, il avait écrit en fran¬

çais et en patois, des pièces de théâtre et des poèmes qui témoignent d'une âme sen¬

sible et idéaliste. Son œuvre a enrichi le patrimoine gruérien et nous rendons un hommage ému à ce poète de chez nous, parti à l'âge de 70 ans. (Photo Glasson)

M. Fritz Aeschllmann

La mort a ravi en plein épanouissement, Mlle Yvonne Bourqui, de Fribourg. à l'âge de 30 ans. D'une santé délicate, cette char¬

mante jeune fille acceptait son sort avec beaucoup de courage et un inaltérable sou¬

rire. Elle n'avait que sympathie et amitié autour d'elle et ses collègues de travail, comme ses supérieurs, appréciaient son bon caractère et sa ponctualité. Aussi la triste nouvelle de son décès a-t-elle douloureuse¬

ment surpris ses nombreux amis qui auront eu une pensée émue à son souvenir.

Ancien concierge de la Poste principale, à Fribourg, le défunt est décédé subite¬

ment à l'âge de 76 ans. Son travail ponctuel et consciencieux lui avait valu l'estime de sa direction. Outre sa tâche quotidienne, il a fonctionné durant de longues années comme chef du matériel de la Société des Samaritains et son dévouement à cette charitable activité mérite la gratitude de tous ceux qui de près ou de loin en ont bénéficié.

M. Théophile Bérard

Bien c~nnu à Gi/isiez où il a été bou¬

langer pendant de très nombreuses an¬

nées, le défunt a.ait conquis l'estime de ses concitoyens par ses solides qualités.

Ancien conseiller communal, ayant tra¬

vaillé avec dévouement pour sa petite commune, M Théophile Bérard était également titulaire de la médaille cBene Merenti», juste récompense de ses an¬

nées d'activité à la Société de chant de Givisiez. (Photo Macherel)

M. Louis Glardon

A Romont où il ne comptait que des amis, est décédé dans sa 78e année, M. Louis Glardon. Ancien coiffeur, il s'était en outre vivement intéressé à • la vie de sa petite cité et ses qualités, son bon sens, son inté¬

grité l'avaient fait élire au conseil com¬

munal, puis député au Grand Conseil. Son dévouement l'avait également fait appré¬

cier au sein de plusieurs sociétés qui l'ont nommé par la suite membre d'honneur.

Une belle figure romontoise s'en est allée dont le souvenir restera cher au cœur de ses nombreuses connaissances.

M. Paul Angéloz

Décédé subitement, alors que rien ne faisait présager une fin aussi brusque, M. Paul Angéloz était une figure populaire du quartier de Beauregard, à Fri¬

bourg, où il vivait depuis de nom¬

breuses années. Il était ouvrier dans l'industrie fribourgeoise de la construction.

Dr C. H. Stuart-Harris et ses adjoints rapportent que la pénicilline donne d'excellents résultats contre le pneumo¬

coque, mais des résultats moins bons contre l'H. influenza«. Ils ont trouvé cependant que d'autres antibiotiques plus nouveaux réussissent souvent à arrêter l'action de ce groupe de micro¬

bes, fondant leur opinion en grande par¬

tie sur leurs travaux avec la terramy- cine. Un rapport de leurs études appa¬

raît dans le Journal trimestriel de mé¬

decine, une publication britannique.

Ces travaux d'ailleurs confirment des rapports précédents venus de Suisse où les docteurs G. Bickel et H. Plattner, écrivant dans la Schwcizcrlsche Medi¬

zinische Wochenschrift, déclarent que la terramycine s'est trouvée « supé¬

rieure de façon appréciable aux autres antibiotiques > dans divers cas de bron¬

chite chronique, y compris une bron¬

chite compliquée d'asthme.

Récemment un groupe de médecins américains s'étant livrés à des recher¬

ches à se sujet ont souligné le fait que les individus souffrant d'allergie posent un problème spécial lorsqu'il s'agit de les traiter pour des infections des voies respiratoires. Ces malades auraient une tendance à une réaction exagérée des muqueuses de leur système respiratoire, et aussi seraient davantage sujets aux infections secondaires.

Dans le but d'empêcher la bronchite d'entraîner des attaques d'asthme, les docteurs S. D. Klotz et Clarence Bern¬

stein ont administré de la terramycine à 114 asthmatiques souffrant de bron¬

chite et autres affections des voies res¬

piratoires. Ils rapportent dans le jour¬

nal médical Antibiotiques et Chimiothé¬

rapie que cet antibiotique est d'une va¬

leur certaine dans le traitement des infections des voies respiratoires chez les individus souffrant d'allergie.

Deux de nos abonnés fribourgeois nous ont fait parvenir cette photographie. En traite¬

ment depuis plusieurs années dans l'Etablissement militaire de Novaggio (Tessin), ils attendent avec patience et bonne humeur leur guérison. Nous la leur souhaitons de tout cœur. Les lecteurs qui désireraient faire plaisir à ces malades en leur envoyant un petit colis, quelques friandises ou de la lecture, peuvent le faire par l'entremise de notre rédaction qui les transmettra volontiers. Donner et recevoir font tous deux plaisir...

(3)

Février 1954 FRIBOURG-ILLUSTRfi

Page 3

Le Club des patineurs de Fribourg est champion de groupe Il y a peu de temps, on ne donnait

guère de chance au C. P. Fribourg car par suite d'un manque d'entraînement, ses débuts avaient été très pénibles dans le championnat suisse de Série A.

Par de judicieux conseils, l'entraîneur- joueur Blaesi, de Berne, ne tarda pas à améliorer la qualité du jeu de cette sympathique équipe. Lentement mais sûrement, elle s'installait en tête du classement en remportant la victoire sur les H.C. Gottéron II (2-1) et Young- Sprinters II de Neuchâtel (4-3). Pour le grand plaisir des spectateurs, ces deux rencontres, disputées sur la pati¬

noire du Jura donnèrent lieu à de ma¬

gnifiques empoignades. Malgré l'ardeur déployée par les joueurs, le jeu resta dans les limites de la correction, ce qui est tout à l'honneur des adversaires.

Le dernier match à Fleurier contre le club local, entraîné par l'ancien inter¬

national Hugo Delnon, était décisif.

Grâce à une excellente condition physi¬

que, un moral à toute épreuve et une entente parfaite, le C. P. Fribourg fran-

■ -«A

Les Young-Sprinters cherchent l'égalisation. La lutte est vive. Curieuse position de deux adversaires.

chit ce cap difficile et battit son adver¬

saire par 2 buts à 1.

Ainsi un club qui, pour des raisons financières, voulait renoncer à la com¬

pétition est arrivé, à force de volonté et d'abnégation et un excellent esprit de camaraderie, à remporter le titre de champion d'un groupe de Série A.

Il y a lieu de féliciter le comité, présidé par M. Pierre Bloch, d'avoir osé prendre ses responsabilités, tout en accordant une confiance absolue à l'équipe qui évolue, en général, dans la formation suivante : Maletti ; Schwarz, Vonlan.

then, Oberson ; Clément, Blaesi, Elt- schinger ; Widmer, Kaeser et Dosch.

A. Z. ■ *

L'entraineur Blaesi, à droite, semble esquisser un pas de

valse devant Vonlanthen et Maletti. La défense du C.V. Fribourg en action : Vonlanthen (No 2), Schwarz et Maletti.

Maletti et Vonlanthen paraissent inquiets. Maletti, Schwarz et Eltschinger se restaurent durant la pause.

Dôia €ÂMâ¥â]L Le Fribourgeois ne passe pas pour

un grand amuseur.

L'aspect de la capitale et des cam¬

pagnes est austère. La nuit, à partir de 23 heures, tout est calme et silencieux, à part quelques festivités au cours de l'année.

Cependant, ne nous y trompons pas.

Le Fribourgeois a du tempérament. Il bouillonne à l'intérieur. Il préfère les plaisirs intimes et profonds, par exem¬

ple, ceux de la gastronomie. Ses confi¬

series, ses charcuteries sont renommées.

Les repas en famille sont souvent soi¬

gnés et très relevés. Comme plaisir de l'esprit, il y a les réunions de sociétés, les arbres de Noël, les productions ins¬

trumentales et vocales, les concerts.

N'oublions pas non plus les lotos, qui pourraient passer pour une récréation d'allure mathématique, puisqu'il y est continuellement question de chiffres, mais dont le sel réside davantage dans les conversations, dans les plaisanteries des crieurs et dans l'exaltation des ga^

gnants.

Les points culminants de la joié Tout ceci cependant est de la vie ordinaire. A part cela, il y a dans l'an¬

née certains moments plus spécialement marqués pour la jubilation complète de

l'existence, pour le sain abandon aux forces enivrantes, pour le décongestion- nement des ressorts tendus par la dis¬

cipline et les devoirs. Carnaval est un de ceux-là. Et comme on ne saurait bien se réjouir si l'on n'y est pas préparé, chacun y pense longtemps à l'avance.

De même que le Carême dure 40 jours, Carnaval pousse ses tentacules sur les mois de février et de janvier. Il s'ap¬

proche et son ombre -grandit. Parfois même, la joie fait peur. Elle engage.

Comment faire pour bien rigoler ? Et ne faudra-t-il pas payer, ou plutôt re¬

payer ? Un moraliste ne disait-il pas qu'il faut plus de courage pour la joie que pour le sacrifice ?

Les préludes

Il n'est donc pas trop tôt pour en parler. Du reste, il y a des manifesta¬

tions préparatoires, qui vont en s'inten- sifiant. Ce sont les bals de sociétés, qui donnent aux jeunes filles l'occasion de faire leurs débuts et de briller dans le monde. Ne leur faut-il pas aussi du cou¬

rage, à ces tendres chrysalides, pour sortir de leur coquille et affronter les regards du public après avoir passé tant d'années dans le coton. Sans doute, elles se sont évadées quelquefois darçs les pro¬

menades d'écoles et les tournées de ski.

Mais c'était d'un genre différent. Au¬

jourd'hui, c'est l'épreuve du charme et de la beauté. C'est important, décisif même. Et quel monde d'impressions nouvelles, enveloppantes, volcaniques ! Mais elles savent que, sans elles, les bals n'existeraient pas. Elles en sont le centre et les reines. Elles apportent à leur toilette plus de soin que le peintre à ses tableaux. Le moindre détail peut avoir son importance, depuis la mèche blonde qui vole au vent jusqu'au petit geste évaporé qui pénétrera dans le coin de l'œil de l'adorateur.

Voilà le désir qui va courir le monde, renouveler la vie et la pensée, boule¬

verser les principes et les habitudes, emporter l'homme vers cet optimisme tonifiant sans lequel la vie ne vaudrait pas la peine d'être vécue.

Les commodités de l'Incognito S'agit-il vraiment de s'amuser ? Non, Il s'agit plutôt d'être heureux. C'est essentiel. Le Fribourgeois dédaigne les manifestations trop extérieures, les cor¬

tèges, les corsos fleuris, les batailles de confetti. Babioles que tout cela ! L'hom¬

me de désir n'a pas besoin de ces adju¬

vants.

Ce qui est indiqué en revanche, ce sont les mascarades, les costumes pit¬

toresques, les loups, les faux nez, tout ce qui permet à l'homme et à la femme de se transformer en un autre person¬

nage que celui de tous les jours, de devenir un instant ce qu'ils ont rêvé,

fût-ce un aventurier, un clown, un Don Juan ou un roi du pétrole.

Quelle magnifique libération que celle du masque ! On n'est plus la petite bourgeoise ligotée par les regards des voisins ou par la respectabilité du mari.

On ne fait plus partie de telle caste ou de telle profession plus ou moins cotée.

On est soi-même, la belle inconnue, à juger d'après nature et au vu de ses seuls avantages corporels. En réalité, c'est sous le masque qu'or) devient soi- même.

Et l'on peut s'en donner. Tourner au¬

tour de celui-ci, jusqu'à ce qu'il détourne un peu la tête ; agacer celui-là et lui montrer que l'on se moque pas mal de ses prétentions ; débiter des insanités à ce troisième qu'on a reconnu et qui a trop de choses sur la conscience.

Ah ! la vie est belle et si carnaval n'existait pas, il faudrait l'inventer.

Le Mercredi des cendres Evidemment, tout cela retombera en cendres et les prédicateurs auront leur tour. Mais, plus éloquent encore que leurs admonestations seront les bril¬

lants souvenirs du carnaval, filtrés et décantés dans les heures calmes, et aussi dans les rêves où ils formeront la plus suggestive image du paradis.

G.

Abonnez - vous à Fribourg - Illustré

Vient do paraître

ALMANACII AGRICOLE DE LA SUISSE ROMANDE 1954

(92me année) et

AGENDA AIDE-MEMOIRE DE L'AGRICULTEUR 1954

Ensemble 2 fr. 95 Editions Victor Attinger S. A.,

Neuchfttel

La 92me édition de l'Almanaoli agri¬

cole do la Suisse romande vient de pa¬

raître. Publié avec la collaboration de plusieurs écoles d'agriculture, il passe en revue les principaux faits de l'année écoulée, dans le domaine de l'agricul¬

ture, de la viticulture, de l'élevage, etc., donne la synthèse des plus importants essais, des expériences les plus utiles.

Rédigé par les meilleurs spécialistes de notre pays, sa documentation, est uni¬

que.

L'Agenda aide-mémoire de l'agricul¬

teur, son complément, présente un ins¬

trument de contrôle de première classe pour tenir à jour sans difficulté les écritures de la ferme. Il contient toutes les rubriques nécessaires : comptabilité journalière, plan dé culture et fumures, contrôle laitier, contrôle des récoltes et de la mouture, contrôle du bétail, des chevaux et de la porcherie, com¬

merce des produits agricoles, etc. ; il permet donc, sous une forme simple et très claire, de surveiller le rendement d'une entreprise de petite et moyenne importance. L'emploi de ce précieux petit instrument de travail rend les plus grands services.

Voici quelques sujets traités dans cette nouvelle édition :

Valeur nutritive des principaux four¬

rages — Ephémérides — Foires en 1954

— Articles nécrologiques : Henri Blanc, Louis Maridor — Chronique agricole romande ( M. G.), etc.

(4)

Page 4 FRIBOURG-ILLUSTRÊ Février 1954

LES 12m" CONCOURS BULLOIS DE SKI

Le dimanche 17 janvier, les conditions atmosphériques n'étaient guère favora¬

bles à la pratique du ski : neige lourde et mouillée rendait les pistes dangereu¬

ses. Mais le ski-club « Alpina » de Bulle, société organisatrice de ces concours, a déjà fait d'autres expériences. Cette fois encore toutes les précautions utiles étaient prises pour une modification éventuelle du plan des divers parcours.

On abandonna la piste de la Bergère pour celle de la Scierne.

Ainsi les diverses épreuves se déroulè¬

rent normalement malgré le nombre impressionnant de 192 concurrents. La réussite de ces 12mes concours bullois

fut complète grâce au comité d'organi¬

sation, présidé par M. Arnold Sterchi et au comité technique lequel, sous la direction de M. Roger Morel, avait pré¬

paré le tracé des pistes avec compétence et parfaite minutie.

Les résultats acquis dans les diverses disciplines furent excellents et l'on enregistra de bonnes performances de la part des concurrents fribourgeois dont voici les meilleurs résultats :

Dames seniors : Maggi Liaudat, de Châtel-St-Denis : 2me à la descente, Ire au slalom et Ire au combiné slalom- descente. (Voir page 1.)

Juniors : Gérai d Genoud, de Châtel-

Ce souriant concurrent est M. Michel Heimoz, de Hauteville, qui a gagné la course de fond.

Quelques membres du Comité d'organisation. De gauche à droite : MM. A. Sterchi, président, C. Gaillard et R. Morel.

La ville de Bulle avait offert les vins d'hon¬

neur et M. Louis Pasquier, vice-président de la commune, félicite dans son discours nos

vaillants sportifs.

St-Denis : 2me au combiné fond, slalom, descente.

Seniors I : Donzallaz Jean-Pierre, S.

A.S. Fribourg : 2me à la descente et au combiné slalom-descente ; Rossier Roger Ski-Club, Fribourg : 1er au combiné fond, slalom, descente.

Seniors II : Kinet Dupasquier, Bulle : 2me au slalom.

Seniors II et III : Irénée Beaud, d'Al- beuve : 1er au combiné fond, slalom, descente ; André Beaud, Albeuve, 2me, et André Macheret, Fribourg, 3me.

Le challenge de la ville de Bulle a été remporté par Roger Rossier de Fri¬

bourg.

Félicitons tous ces excellents skieurs et les organisateurs de cette belle épreu¬

ve qui laissera de beaux souvenirs à ceux qui eurent le plaisir d'y assister soit en concurrents soit en spectateurs.

A. Z.

Les étudiants de l'université accompagnés de leur maître do sport M. l'ully (il gauche en bas) avalent tenu à participer il cette mani¬

festation sportive.

(De gauche à droite) : MM. Carlo Gaillard, Roger Morel et Me Robert Menoud qui assuraient le service de presse.

RADIO-LAUSANNE ENREGISTRE A FRIBOURG C'est avec un petit brin de fierté et de l'IIôtel Suisse avec un public res- La Banque Cantonale Vaudoise en pre- de tendresse amicale que la Chaîne du treint et sans publicité ni place payante, nait gratuitement l'organisation cen- bonheur qualifiait de familiale l'émis- Au milieu des grandes soirées qu'elle traie, les autres banques cantonales sion qu'elle enregistra le 13 janvier à organise, la chaîne faisait une part romandes s'en faisaient les succursales Fribourg. Roger Nordmann qui est délicate au sentiment en enregistrant, bénévoles, de nombreux groupements l'initiateur de cette émission qui a déjà dans l'atmosphère calme et détendue commerciaux avaient accepté d'en être soulagé tant de misères et qui en reste de visages connus, une émission qui les dépositaires. La vente des 600.000 aujourd'hui, avec Claude Pahud, l'ani- marque cependant une étape importante cartons qui se terminera, le 27 février, matcur, se retrouvait au milieu de ses de ses réalisations. par un match au loto allait permettre parents et de ses amis. Aussi ce maillon Roger Nordmann, en effet pouvait aux animateurs d'aider de nombreuses de la chaine fut comme calfeutré d'in- annoncer, ce soir-là la mise en vente familles qui..., familles que..., d'autant timité. Il eut pour décor la grande salle des cartons de son loto électronique, plus que les lots affluent de toutes parts et que le canton de Fribourg n'a pas été en reste de générosité.

La Chaîne, suivant sa tradition, sut faire le bien avec le sourire et, à côté des animateurs, Michel Dénéréaz, Clau¬

de Eveline, Maurice Barbey, Guy Séve- rin et l'Orchestre Loulou Schmid surent maintenir une ambiance pleine d'hu¬

mour et de gaieté.

Ce même soir fut enregistré, pour l'émission Instants de notre vie un hom¬

mage à Gonzague de Reynold. Par une interview du grand écrivain fribour¬

geois, complétée par les témoignages de Mme Gonzague de Reynold, de M. le professeur Gaston Castella, son ami et de M. John Coppenex, l'un de ses col¬

laborateurs, Roger Nordmann sut déga¬

ger le rôle spirituel qu'a joué, tout au long de sa féconde carrière, l'auteur de Cités et pays suisses et la résonnance de son œuvre au-delà de nos frontières.

Radio-Lausanne aurait interviewé, par la même occasion, M. Joseph Gogniat, qui vient de résigner ses fonctions d'or¬

ganiste de la cathédrale. Mais le maître ne répondit pas à la convocation-

Pi.

(Photo Quinclet)

Une émission exige de l'entrain. Les animateurs cl-dessus semblent se donner beaucoup de peine pour satisfaire leur public.

Tous les auditeurs connaissent Claude Eveline et Maurice Barbey que nous voyons ici en pleine émission.

Parmi le public, on reconnaît de gauche ù. droite : M. Othmar Schneuwly et MM. les Conseillers d'Etat Quartenoud et Ayer.

(5)

Février 1954 FRIBOTJRG-ILLTJSTRÊ

a Mû

planches seront ensuite sciées, collées, rabotées, tronçonnées, pour passer alors à l'atelier de placage pour y être contre- plaquées et plaquées, formant ainsi le panneau-bloc dont tout meuble de qua¬

lité doit être fait. Les panneaux retour¬

neront dans un nouveau séchoir afin de leur extraire l'humidité due principale¬

ment à la colle.

Après de successifs passages aux ma¬

chines, ils seront rainurés et moulurés et l'on procédera ensuite au ponçage des dits panneaux pour enlever au bois sa rugosité naturelle. Des ébénistes qua¬

lifiés travailleront alors au montage définitif du meuble.

C'est à l'atelier de polissage que des spécialistes donneront, par une teinte appropriée, l'aspect définitif du meuble.

Dans d'autres ateliers, les tapissiers- décorateurs rembourrent les fauteuils et les divans mœlleux ou confectionnent les literies.

i».n

Au bureau technique les plans sont élaborés par un spécialiste.

"Oisitez avec nous la

FABRIQUE DE MEUBLES

'/). beibziß /4.

A FRIBOURG

Prenez le temps de visiter avec nous une importante fabrique de meubles.

Vous comprendrez combien de soins mi¬

nutieux sont nécessaires pour obtenir un meuble de haute qualité.

Entrez avec nous dans ce grand ate¬

lier où les machines chantent. Ici, les

grandes planches sortent du séchoir artificiel où elles ont subi une tempéra¬

ture de 80 degrés. Avant cette opéra¬

tion, elles avaient déjà séché à l'air pen¬

dant presque trois ans, mais ce nouveau traitement leur enlèvera définitivement toute trace d'humidité. Ces mêmes

Que d'opérations cette planche ne doit-elle pas de devenir partie d'un meuble.

Uno fabrique de meubles utilise de grosses quantités de bois.

Ci-dessus, un arrivage de bois de choix qui doit encore passer au séchoir.

Tous les nouveaux modèles s'étudient au bureau technique, principalement les ensembles spéciaux qui doivent être exécutés selon les goûts du client. Sur une grande planche verticale, les plans sont tracés en grandeur naturelle et serviront par la suite à la construction.

Au-dessus de ces vastes ateliers, une grande exposition sur plusieurs étages offre au public un immense choix de meubles et d'ensembles de tous styles.

Il est curieux de constater la diversité et le nombre impressionnant de meu¬

bles que l'on peut fabriquer ! Les cham¬

bres à coucher en noyer pyramide voi¬

sinent avec les salles à manger en loupe d'orme. Plus loin, un salon aux lignes sobres fait face à un meuble combiné ultra moderne. Ici, ce sont des meubles de cuisine. Là, des meubles de bureau et encore des salons et encore des meu¬

bles ! subir avant

De cette machine ressortiront les pièces de bois richement moulurées.

Le montage du meuble est exécuté par des ébénistes qUillifiés.

Le polisseur a une tâche délicate, il doit mettre en valeur le bois et donner au meuble tout son éclat.

Vue partielle de l'atelier des tapissiers-décorateurs.

■."Sûr!

Le travail consciencieux du tapissier-décorateur assurera longue vie aux meubles rembourrés. De lui dépendra la soli¬

dité et le confort de ce canapé.

(6)

DES PRIX AVANTAGEUX !

ET POURTANT DES MOBILIERS CONSTRUITS TOUT EN PANNEAUX BLOC !

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Février 1954 FRIBOURG-ILLUSTRÊ Page 9

Du theatre au village: A-c (sjtillcn <r^-cyez à (Zôtsezeq

La scène qui a servi de cadre au « Grillon du foyer ». Do gauche il droite : Louise Chatagny, Gerald Maradan, Hélène Chatagny, Cécile Chatagny, Romain Chatagny, Madeleine Chatagny, Jean-Pierre

Chatagny, et Gérard Currat.

Un groupe de jeunes gens de Corse¬

rey, sous l'experte direction de M. Mara¬

dan, instituteur, a inauguré la nouvelle salle de l'Hôtel du Châtaignier, par une série de représentations du « Grillon du Foyer ».

Cette comédie de Francmesnil, tirée d'un conte de Charles Dickens, est suf¬

fisamment connue pour que nous n'en retracions point ici la trame.

Fribourg eut l'occasion de l'applaudir il y a quelques années dans une mise en scène de Mme Renée von der Weid,

à qui notre ville doit de beaux specta¬

cles.

Certes, la jeune troupe villageoise s'est révélée audacieuse en s'attaquant à cette œuvre de Charles Dickens dont la réalisation scénique n'est pas facile.

Elle s'en est tirée tout à son avantage, grâce à son travail minutieux et à son esprit de discipline aux conseils dont elle s'est entourée ; ces représentations remportèrent un succès mérité. Il est vrai que les acteurs de Corserey ont déjà à leur actif des réalisations intéres¬

santes au cours de ces dernières an¬

nées parmi lesquelles « La Mare au Diable » de G. Sand, et 1'« Abbé Constantin » d'Halévy. Evidemment, avec ces œuvres-là, on est loin du mélodrame aux coups de théâtre reten¬

tissants, aux effets faciles, où le poi¬

son du traître et le poignard du cor¬

saire s'allient pour arracher aux specta¬

teurs sidérés des cris d'horreur et d'ad¬

miration mais où le clinquant des cos¬

tumes et l'invraisemblance des situations masquent difficilement l'indigence du texte et de la pensée. Ce sont des œu¬

vres aux résonnances humaines profon¬

des dont les personnages restent tout proche de nous et, bonnes ou mauvai¬

ses, leurs réactions sont les nôtres ; leur langage est vrai : c'est un homme - - un poète, un génie parfois — mais un homme qui nous parle par leur bou¬

che et son message est celui de la vieille expérience humaine qui se renouvelle avec chaque génération...

Il faut louer l'effort accompli dans nos campagnes pour s'attaquer à un répertoire, qui sans atteindre au som¬

met de l'art, n'en présente pas moins

des œuvres riches de bon sens, de vérité, de pensée, de sentiments vraiment humains ; des œuvres à même de culti¬

ver, d'affiner un public trop enclin à se contenter d'effets faciles ; et il faut un certain courage pour ne pas flatter le mauvais goût populaire dans un esprit de lucre ou de facilité pour substituer une pièce de valeur à l'œuvre médiocre et pour l'imposer par un travail patient et persévérant.

Rien qu'à ce titre déjà, la jeune troupe de Corserey mérite félicitations et en¬

couragements. E. M.

La femme a-t-elle des droits?

r~

v_. Le mouvement sufffragiste à Fribourg

J

\ la table du Comité central de l'Association féministe suisse, on rcconnait à gauche, Mme Holzer, de Fribourg, Mme Choisy, de Genève, présidente centrale, Mmes Para-

vicini et Rovelli, du Tessin.

Certainement, direz-vous, elle en a.

Reste à savoir lesquels. Et là, c'est beaucoup plus difficile d'être affirmatif.

Car à part cet admirable droit qu'est le droit d'obéir, on ne voit pas exactement ceux que possède la femme.

Et vous direz ce que vous voudrez, mais ce n'est pas là une situation parti¬

culièrement flatteuse pour un pays qui ne perd pas une occasion de se procla¬

mer la plus vieille démocratie du monde.

A moins que l'on n'attribue à ce mot

« vieille » la signification qu'on lui donne quand on dit par exemple une vieille

dresse l'étendard de la révolte. Et com¬

me elle a appris des hommes que l'union fait la force, elle a fondé des associa¬

tions qui, par leurs interventions pleines de bon sens, s'efforcent de faire régner un peu de justice dans un domaine où il n'en existe pas.

Dans notre canton de Fribourg, quel¬

ques hommes ont déjà essayé de rame¬

ner leurs frères à une plus saine appré¬

ciation des choses. Naguère encore, M.

le conseiller d'Etat Pierre Glasson avait pris à cœur d'améliorer la situation de la femme. Et il semble maintenant que plusieurs hommes ayant quelque in-

Ci-dessus, à droite, Mme Philippe Joye-Thévoz, présidente do l'As¬

sociation féministe fribourgeoise ouvre la séance d'information.

chemise, ou une vieille passoire. Il s'agit alors de quelque chose d'usé qu'il importe de remplacer.

Dans le domaine des droits de la femme, en tout cas, un rajeunissement et un renouvellement de notre esprit démocratique s'imposerait. C'est là simple question de justice. Le temps est définitivement révolu où la femme ne faisait que naître, se préparer au ma¬

riage, se marier, soigner son époux, enfanter et mourir. La femme remplit maintenant toutes les tâches qui étaient traditionnellement dévolues à l'homme.

Ce faisant, elle doit naturellement se plier à toutes les obligations, à tous les devoirs qui règlent la vie d'une société.

Et c'est là que commence le mal.

Car si l'on a des devoirs, il est juste que l'on ait des droits en compensation.

Or, la femme n'a que des devoirs.

C'est pourquoi l'on comprend qu'elle

Nos futures électrices ! Un public nombreux, essentiellement -féminin comme de bien entendu, a été fort intéressé par les exposés des conférencières.

fluence dans les affaires publiques soient convaincus de l'excellence de la cause féministe.

C'est pourquoi on peut espérer qu'une évolution favorable à la femme conti¬

nuera à se faire chez nous, dans les villes en tout cas. Et si le canton de Fribourg pouvait être l'un des premiers à reconnaître officiellement l'égalité des droits de l'homme et de la femme, il en retirerait certainement un bénéfice mo¬

ral considérable. Et les Fribourgeois qui voyagent auraient au moins un sujet de fierté dans les conversations; ils se¬

raient en tout cas plus à l'aise que lors¬

qu'ils doivent répondre à d'insidieuse questions sur les regrettables affaires que vous savez.

Ceci mis à part, il serait normal que des cantons tels que le nôtre soient les premiers à faire le geste que les femmes attendent. Parce que notre vie politique, dit-on, s'inspire journellement des grands principes chrétiens. Et l'un de ces principes n'est-il pas l'égalité de tous les enfants de Dieu ?

M. VV.

(10)

Page 10 FRIBOURG-ILLTJSTRÉ Février 1954

Un cours technique pour les propriétaires de tracteurs

Dans la salle de théorie, on apprend par des films à se familiariser avec la circulation.

MM. Quartenoud, conseiller d'Etat, J. Marmy et H. Sudan s'Intéres¬

sent au stand de pneumatiques pour tracteurs.

Avec le même amour et avec la même fierté que l'agriculteur mettait à soigner autrefois ses chevaux, il doit aujourd'hui entretenir son tracteur. Ce fut le thème que l'Association fribourgeoise des pro¬

priétaires de tracteurs choisit cette an¬

née pour organiser ces cours techniques.

Le programme comprenait l'entretien journalier des tracteurs, de leurs pneus, des batteries, etc. Organisés par marque et par genre de carburant, ces cours connaissent chaque année un très grand succès. Grâce à l'amabilité de M. Quarte¬

noud, Conseiller d'Etat, et de M. J.

Chardonnens, directeur de l'Ecole d'agri¬

culture de Grangeneuve, toutes les théo¬

ries et démonstrations purent avoir lieu à Grangeneuve.

A côté d'une exposition suggestive où les participants pouvaient puiser de nombreux renseignements, des conféren¬

ces sur la circulation furent données par M. Crotti, chef du service des auto¬

mobiles, et par M. Bersier, commissaire de la circulation.

Relevons la belle initiative de M. Jean Marmy, d'Estavayer-le-Lac, président de cette association, qui fut secondé dans sa tâche par M. Henri Sudan, dévoué secrétaire, qui certainement a rendu de précieux services à l'agricul¬

ture fribourgeoise.

Aux champs s UDANGE VOUS mer,3

L'exposition sur la circulation captive toujours les participants.

M. Henri Sudan, le sympathi¬

que secrétaire de l'association des propriétaires de tracteurs.

M. Bersier, commissaire de la circulation, et M. Eug. Crotti (à droite) chef du service des automobiles, expliquent les dangers de

la route.

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Février 1954

Concours de ski des troupes fribourgeoises au Lac Noir

Le dimanche 24 janvier, quarante patrouilles des Rgt. 1, 7 et de ldw. 88 ont concouru dans diverses disciplines : slalom, course de descente, tir réservé à des patrouilles de quatre hommes.

L'épreuve de slalom a été remportée par le fus. Chillier, Cp. fus. n/15 devant le Lt. Rossier, Cp. fus. 1/15, le cpl.

Mooser, Cp. fus. 1/101, etc. etc. En catégorie lourde le challenge des troupes fribourgeoises fut remporté par la Cp.

fus. 11/17 de Bellegarde (fus. S. Schu- wey, A. Mooser, H. et W. Buchs) devant la Cp. fus. 111/14 (app. M. Beaud, fus.

S. Beaud, I. Beaud et Pasquier). Les patrouilles de la Cp. 11/17 se sont par¬

ticulièrement distinguées puisque en catégorie légère, la Cp. fus. n/17 (Cpl.

Peissard, Cpl. Brugger, fus. Cattilaz, fus. Ruffieux) sortit victorieuse devant la Cp. 111/17 (Cpl. Bürgisser, fus. Stulz, Zbinden et Dietrich).

Cette manifestation fut honorée par la présence de MM. les Conseillers d'Etat Paul Torche, Pierre Glasson et Théodore Ayer. Le comité d'organisa¬

tion présidé par le Colonel Protzen, en¬

touré de collaborateurs dévoués, avait préparé les cantonnements et la com¬

pétition proprement dite avec une par¬

faite minutie et à la satisfaction de tous les concurrents. A. Z.

(Photo Noël Quinclet) La patrouille du Lt. Roulin (dossard 29) est prête au départ.

Aura-t-clle de la chance ?

Le populaire colonel Paul Wolf félicite une patrouille. Au fond, à droite, le major Glasson, Conseiller d'Etat.

Quelques officiers à la table de pointage. A gauche : le cap. Henri Krattlnger, le pit. René Stucky, le lt. Marodan, le lt. Roland Wyser

et, tête baissée, le lt. Paul Vonderweid.

Après de grands efforts, une patrouille raconte ses exploits à MM. les Conseillers d'Etat Paul Torche (en windjack) et Pierre

Glasson.

Le mois sportif Grâce à une neige abondante et à un froid intense, les sports d'hiver ont été particulièrement à l'honneur durant le mois de janvier.

Les 12mes concours bullois de ski et le concours des troupes fribourgeoises au Lac Noir ainsi que l'activité du C. P.

Fribourg faisant l'objet de commentai¬

res spéciaux, nous n'y reviendrons pas.

Skija'rin^;.

Ce sport n'est guère en vogue dans notre canton. 11 y a donc lieu de félici¬

ter la société de cavalerie de la Singine et le club de ski de Schmitten d'avoir pris l'initiative d'organiser un concours de skijœring sur la place d'aviation de 1 Fillistorf. Un nombreux public a suivi, avec un vif intérêt, cette compétition qui demandait du sang froid et de la virtuosité de la part des concurrents dont les meilleurs furent MM. Alphonse Käser et Alphonse Vonlanthen.

Hockey sur glace.

Nos clubs fribourgeois ont poursuivi le championnat à un rythme accéléré.

Le mardi soir 26 janvier, sur la pati¬

noire des Augustins, le H. C. Gottéron a battu Gstaad par 6 buts à '2 (2-2, 2-0, 2-0). Le lendemain, hélas, nos hockeyeurs subirent une lourde défaite de 10 buts à 0 (2-0, 3-0, 5-0) à La Chaux-de-Fonds.

Ils ne tardèrent pas à se réhabiliter devant leur public en obtenant une belle victoire de G buts à 3 (1-1, 3-1, 2-1) sur le Rot-Blau de Berne, pourtant en net progrès sur la dernière saison. La dernière rencontre de championnat eut lieu le mardi 2 février et devait décider de l'attribution de la seconde place. Les joueurs locaux semblaient fatigués des dures parties disputées la semaine pré¬

cédente et durent s'incliner devant (suite en dernière colonne)

Le mois sportif (suite)

Viège par 3 buts à 0 (0-0, 2-0, 1-0). Us terminent ainsi leur premier champion¬

nat de ligue nationale « B » au troisième rang ce qui constitue déjà une belle per¬

formance.

Football.

Le F. C. Fribourg s'est tout d'abord qualifié pour les huitièmes de finale de la Coupe suisse, au détriment d'un clu'>

de première ligue : le F. C. Biennc-Bou- jean qui opposa une résistance opiniâtre à son adversaire de deux catégories supérieures. Fin du temps réglementai¬

re : 2-2 ; après prolongations 6-2. Notre équipe locale s'arrogea ensuite le droit de participer aux quarts de finale en remportant la victoire sur le F. C. Wil, équipe de ligue nationale B, qui fut éli¬

minée dans le temps réglementaire mais par un score serré de 2 buts à 1.

Escrime.

Dans une rencontre à l'épée électri¬

que, à la salle d'armes de l'Université, une équipe fribourgeoise composée de MM. Macheret, Piller, Korody, Schnei¬

der, Wassmer et Chardonnens a rem¬

porté 21 victoires contre 15 sur une équipe bernoise comprenant MM. Siegen- thaler, Pochon, Nobs, Weidmann, Koller et Somazzi.

Basket-Ball

Pour des questions financières, le comité de l'association vaudoise avait décidé de poursuivre le championnat sans la participation des équipes fri¬

bourgeoises. Réunis en assemblée géné¬

rale, les délégués des divers clubs n'ont pas suivi la décision de leurs dirigeants et ainsi le championnat reprendra pro¬

chainement.

Signalons la formation d'un nouveau club féminin : l'Olympic Dames dont le comité est composé de Mme Louis Renevey, présidente ; Mlle Eliane Kaser, secrétaire ; Mlle Josette Chavaillaz, caissière ; M. Thomas Korrody, prési¬

dent technique, et M. Jean Equey, entraîneur.

Motocyclisme.

La ville de Sao-Paulo au Brésil fête cette année le 400me anniversaire de sa fondation. Elle organise, à cette occa¬

sion, diverses manifestations sportives, entre autres des courses motocyclistes.

L'Association fribourgeoise des coureurs motocyclistes et le Moto-Club Fribourg sont à l'honneur car un de leurs mem¬

bres, le réputé coureur Benoit Musy a été choisi par la Fédération suisse pour y représenter notre pays. Bonne chance et bon voyage à notre vaillant repré¬

sentant.

Cyclisme.

Sous la présidence de M. Jean Per- roulaz, l'Association cycliste fribour¬

geoise prépare déjà la nouvelle saison et a organisé un cours réservé particu¬

lièrement aux jeunes coureurs. Il y eut une séance de culture physique par M.

Sauthier, junior de Genève, une cau¬

serie de M. Alex Burtin et de judicieux conseils donnés par MM. Etienne Gué- rig, membre de l'UCS, Konrad et Lam¬

bert, président et secrétaire de la com¬

mission sportive de l'UCS. A. Z.

On reconnaît sur notre photo : à gauche, portant manteau de cuir, le major André Dessibourg et derrière lui, le major Ramuz. Au fond, au centre, le pit. Friolet ; à droite, portant manteau de cuir, le colonel Zimmermann en conversation avec le major Bays.

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