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MPSI B 29 juin 2019

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Texte intégral

(1)

MPSI B 29 juin 2019

Énoncé

L'objet de ce problème

1

est de prouver une inégalité de Chebychev portant sur le nombre (noté π(n) ) d'entiers premiers plus petits qu'un entier n .

Partie I. Intégrale de Nair

Pour tous entiers naturels non nuls m et n tels que m ≤ n , on pose

I(m, n) = Z 1

0

x m−1 (1 − x) n−m dx

1. Montrer que

I(m, n) =

n−m

X

j=0

(−1) j m + j

n − m j

2. a. Soit m < n , montrer que mI(m, n) = (n − m)I(m + 1, n) . b. Calculer I(1, n) .

c. Montrer que m m n

I(m, n) = 1 .

3. Dans cette question, on veut retrouver de manière indépendante le résultat de 2.c.

a. Montrer que, pour tout y ∈ [0, 1[ ,

n

X

m=1

n − 1 m − 1

I(m, n)y m−1 = 1

n 1 + y + · · · + y n−1 b. En déduire le résultat cherché.

Partie II. Plus petit commun multiple des premiers entiers

Pour tout nombre naturel non nul n , on note d n le plus petit des multiples communs à tous les entiers entre 1 et n .

1. Calculer d n pour n entre 1 et 9 . 2. Soit m et n des entiers tels que m ≤ n .

a. Montrer que d n I(m, n) ∈ Z.

1

d'après Introduction à la théorie analytique et probabiliste des nombres G. Tenenbaum (Pub. Institut Elie Cartan) p11 et On Chebyschev-type inequalities for prime M. Nair (Am. Math. Month. 89, no 2, 126-129)

b. Montrer que m m n

divise d n .

3. Soit m un entier naturel non nul, montrer que chacun des nombres suivants

m 2m

m

, (m + 1)

2m + 1 m + 1

, (2m + 1) 2m

m

, m(2m + 1) 2m

m divise d 2m+1 .

4. Soit m ∈ N

, en considérant (1 + 1) 2m , montrer que m 2 2m ≤ d 2m+1

Partie III. Une inégalité de Chebychev

1. a. En distinguant les cas où n est pair ou impair, montrer que d n ≥ 2 n pour tous les entiers n tels que n ≥ 9 .

b. Déterminer tous les entiers n pour lesquels d n ≥ 2 n .

2. a. Soit n un naturel non nul et p un diviseur premier de d n . L'exposant de p dans la décomposition de d n en facteurs premiers est noté α p . Montrer qu'il existe un entier m p compris entre 1 et n tel que α p soit l'exposant de p dans la décomposition de m p en facteurs premiers.

b. Montrer que d n ≤ n π(n) .

3. a. Montrer que, pour tous les entiers n ≥ 9 , π(n) ≥ ln 2 n

ln n

b. Déterminer tous les entiers n pour lesquels l'inégalité précédente est vraie.

Corrigé

Partie I. Intégrale de Nair

1. On utilise la formule du binôme et la linéarité de l'intégrale :

I(m, n) =

n−m

X

j=0

n − m j

Z 1 0

x m−1 (−1) j x j dx

=

n−m

X

j=0

n − m j

(−1) j

x m+j m + j

1

0

=

n−m

X

j=0

n − m j

(−1) j m + j

Cette création est mise à disposition selon le Contrat

Paternité-Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France disponible en ligne http://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0/fr/

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Rémy Nicolai Ainech1

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MPSI B 29 juin 2019

2. a. On eectue une intégration par parties

I(m, n) = 1

m x m (1 − x) n−m 1

0

− Z 1

0

1

m x m (−1)(n − m)(1 − x) n−m−1 dx Le crochet est nul car 0 < m < n . On obtient donc

I(m, n) = n − m

m I(m + 1, n).

b. On peut directement calculer

I(1, n) = Z 1

0

(1 − x) n−1 dx = 1 n . c. Pour m = 1 :

m n

m

I(m, n) = 1 n

1

I(1, n) = n 1 n = 1.

On peut continuer par récurrence jusqu'à m = n car :

(m + 1) n

m + 1

I(m + 1, n) = (m + 1) n(n − 1) · · · (n − m) (m + 1)!

m

n − m I(m, n)

= n(n − 1) · · · (n − m + 1)

m! m I(m, n) = m n

m

I(m, n).

3. a. Par linéarité, une formule du binôme apparait dans la somme proposée

n

X

m=1

n − 1 m − 1

I(m, n)y m−1

= Z 1

0 n

X

m=1

n − 1 m − 1

(xy) m−1 (1 − x) n−1−(m−1)

! dx

= Z 1

0

(1 − x + xy) n−1 dx = Z 1

0

(1 + (y − 1)x) n−1 dx

= 1

n(y − 1) [(1 + (y − 1)x) n ] 1 0 = 1

n(y − 1) (y n − 1) 1

n 1 + y + · · · + y n−1 . b. La relation est valable pour une innité de y (tous les éléments de l'intervalle).

On en déduit une égalité entre les polynômes associés ce qui permet d'identier les coecients des puissances de y . On retrouve la formule déjà obtenue.

Partie II. Plus petit commun multiple des premiers entiers

1. On présente dans un tableau les valeurs des premiers ppcm d n .

n 2 3 4 5 6 7 8 9

d n 2 6 12 60 60 420 840 2520 2. a. D'après I.1. :

d n I(m, n) =

n

X

k=m

(−1) k−m

n − m k − m

d n k

|{z}

∈Z

∈ Z

b. En multipliant I.2.c. par d n :

m n

m

| {z }

∈Z

d n I(m, n)

| {z }

∈Z

= d n ⇒ m n

m

divise d n .

3. On doit montrer que certains nombres (toujours notés x ) formés avec des coecients du binôme divisent le ppcm d 2m+1 .

Cas 1 : x = m 2m m .

De II.2.b avec n = 2m , on déduit que x divise d 2m donc d 2m+1 car d 2m divise d 2m+1 . Cas 2 : x = (m + 1) 2m+1 m+1

De II.2.b avec 2m + 1 dans le rôle de . n et m + 1 dans celui de m , on déduit que x divise d 2m+1 .

Cas 3 : x = (2m + 1) 2m m .

D'après la dénition des coecients du binôme : x = (m + 1) 2m+1 m+1 . On se retrouve dans le cas précédent.

Cas 4 : x = m(2m + 1) 2m m .

D'après les cas 1. et 3., d 2m+1 est un multiple de m 2m m

et (2m + 1) 2m m

donc c'est un multiple de leur ppcm. Montrons que ce ppcm est x .

Notons u ∨ v le ppcm de deux entiers u et v et utilisons des propriétés du ppcm :

m 2m

m

(2m + 1) 2m

m

= 2m

m

(m ∨ (2m + 1)) (linéarité)

= 2m

m

m(2m + 1) = x car m et 2m + 1 sont premiers entre eux.

Cette création est mise à disposition selon le Contrat

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Rémy Nicolai Ainech1

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4. D'après la formule du binôme :

2 2m = (1 + 1) 2m =

2m

X

k=0

2m k

Il est clair que 2m m

est le plus grand des 2m + 1 coecients du binôme de ce dévelop- pement donc

2 2m ≤ (2m + 1) 2m

m

≤ 1

m m(2m + 1) 2m

m

≤ d 2m+1

m car m(2m + 1) 2m m est inférieur à d 2m+1 car il le divise. On en déduit

m2 2m ≤ d 2m+1 .

Partie III. Inégalité de Chebychev

1. a. Lorsque n est impair, on l'écrit n = 2m + 1 .

Alors II.4. entraine m 2 2m ≤ d 2m+1 . Si n ≥ 9 , alors m ≥ 4 et 2 n = 2 × 2 2m ≤ 4 × 2 2m ≤ m 2 2m ≤ d 2m+1 = d n Pour n pair avec n ≥ 10 , on a n = 2(m + 1) avec m ≥ 4 donc :

2 n = 4 × 2 2m ≤ m 2 2m ≤ d 2m+1 ≤ d 2m+2 = d n

b. On forme le tableau des premières valeurs de d n et 2 n .

n 2 3 4 5 6 7 8 9

2 n 4 8 16 32 64 128 256 512 d n 2 6 12 60 60 420 840 2520

L'inégalité 2 n ≤ d n est donc vraie pour tous les entiers sauf 1 , 2 , 3 , 4 , 6 .

2. a. Notons v p (m) la p -valuation d'un entier m c'est à dire l'exposant de p dans la décomposition de m en facteurs premiers. Alors :

α p = v p (d n ) = max (v p (2) v p (3), · · · , v p (n))

car d n est le pgcd des entiers de 1 à n . Il existe donc un m p ≤ n qui réalise ce plus grand élément c'est à dire tel que

α p = v p (m p )

b. La décomposition de d n s'écrit

d n = Y

p

p α

p

ce produit étant étendu à tous les p premiers inférieurs ou égaux à n . Chaque p α

p

est la composante en p dans la décomposition d'un m p donc

p α

p

≤ m p ≤ n ⇒ d n ≤ n π(n)

car π(n) est le nombre d'entiers premiers plus petits ou égaux à n . 3. a. Pour n ≥ 9 , on a vu que 2 n ≤ d n . Donc

2 n ≤ n π(n) = e π(n) ln n

en prenant le logarithme :

n ln 2 ≤ π(n) ln n ⇒ π(n) ≥ ln 2 n ln n

b. On examine les cas particuliers en présentant les approximations numériques dans un tableau

n 2 3 4 5 6 7 8 9

π(n) 1 2 2 3 3 4 4 4

ln 2 ln n n 2 1.89 2 2.15 2.32 2.49 2.66 2.83 On en déduit que l'inégalité π(n) ≥ ln 2 ln n n est valable pour tous les n ≥ 4 .

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