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UNIVERSITE PIERRE ET MARIE CURIE
(PARIS 6)
FACULTE DE MEDECINE PIERRE ET MARIE CURIE
ANNEE 2017
THESE
N°PA06G018PRESENTEE POUR LE DIPLOME DE DOCTEUR EN MEDECINE
Diplôme d’Etat SPECIALITE : MEDECINE GENERALE
PAR
M. RUBINSZTEJN DANIEL
NE LE 13/04/1986 à Sarcelles
PRESENTEE ET SOUTENUE PUBLIQUEMENT LE 26 AVRIL 2017
Effets thérapeutiques de la musique, Intérêts en médecine générale :
Revue de la littérature.
DIRECTEUR DE THESE : Docteur GONZALEZ-DUPERRETNicole PRESIDENT DE THESE : Professeur CORNET Philippe
2 A mon maître et président de thèse :
Monsieur le Professeur Philippe CORNET
Professeur universitaire de médecine générale, directeur du département Faculté de médecine Pierre et Marie Curie
Je suis honoré que vous acceptiez de présider mon jury de thèse. Je vous remercie pour votre enseignement riche et de qualité. Soyez assuré de ma très grande reconnaissance et de mon plus profond respect.
A mes maîtres et assesseurs :
Monsieur le Professeur Jean LAFORTUNE
Professeur associé de médecine générale, directeur adjoint du département Faculté de médecine Pierre et Marie Curie
Je suis honoré que vous acceptiez de siéger dans mon jury de thèse. Je vous remercie pour votre enseignement riche et de qualité. Soyez assuré de ma très grande reconnaissance et de mon plus profond respect.
3 Monsieur le Docteur Gilles LAZIMI
Maître de conférences associé de médecine générale Faculté de médecine Pierre et Marie Curie
Je suis honoré que vous acceptiez de siéger dans mon jury de thèse. Je vous remercie pour votre enseignement riche et de qualité. Merci aussi pour l’accompagnement que vous m’avez apporté en tant que tuteur tout au long de mon internat. Soyez assuré de ma très grande reconnaissance et de mon plus profond respect.
A ma directrice de thèse :
Madame le Docteur Nicole GONZALEZ-DUPERRET Praticien hospitalier, Psychiatre, Chef de pôle
Pole B - Psychiatrie Réhabilitation Insertion Soins à Médiation Centre Hospitalier Spécialisé de Sevrey
Je suis honoré que vous acceptiez de siéger dans mon jury de thèse. Je vous remercie pour l’aide et le soutien que vous m’avez apporté dans ce travail.
Soyez assurée de ma très grande reconnaissance et de mon plus profond respect.
4 Profonds remerciements :
A toute ma famille qui m’a aidé et soutenu. Je remercie particulièrement ma mère qui a mis à ma disposition ses compétences et son temps précieux, et Pauline qui m’a relu et conseillé avec pertinence. Je remercie aussi mon petit frère et mon père pour leur apport dans ma compréhension mathématique des tests statistiques. Je
remercie mon grand frère, mes grands-parents, oncles, tantes, cousins, cousines, qui m’ont toujours soutenu. Je remercie spécialement mon grand-père Joseph pour m’avoir encouragé en m’appelant docteur depuis ma réussite au concours d’entrée aux études de médecine.
A mes amis qui m’ont accompagné. Je remercie particulièrement Alain qui a puisé une grande énergie à m’orienter, m’assister et me conseiller tout au long de ce travail. Je remercie aussi Dan qui m’a relu et conseillé toujours avec optimisme, tout en travaillant sur sa propre thèse, en plus de m’avoir logé et nourri pendant de nombreuses journées de travail acharné. Je n’oublie évidemment pas celles et ceux qui m’ont moralement soutenu : je pense particulièrement aux « bros », les
professeurs Prod’Homme et Schmitt ; je pense aussi à Serge et Alicja, Ahmed, Lisa et Ludivine ; je pense également à Nan, Régine et Samuel, ainsi qu’à Som,
Alexandra et tous les salseros et salseras pour tous les bons moments partagés.
Enfin, je remercie tout spécialement Elvira qui a été d’un soutien sans faille.
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Table des matières
Table des matières ... 20
Résumé ... 22
Introduction ... 23
Matériels et méthodes ... 35
I. Identification de la littérature : stratégie de recherche documentaire ... 35
A. Sources d’information ... 35
B. Critères de recherche ... 35
II. Sélection de la littérature ... 36
III. Evaluation qualitative de la littérature ... 37
A. Recueil des informations ... 37
B. Evaluation de la qualité méthodologique des essais thérapeutiques ... 39
IV. Analyse quantitative ... 40
Résultats ... 42
I. Effet des interventions musicales sur la douleur ... 45
A. Résultats principaux ... 45
B. Résultats selon les outils de mesure ... 47
C. Résultats selon les caractéristiques des interventions musicales ... 48
D. Résultats selon les caractéristiques de la douleur et l’origine de la population étudiée ... 50
II. Effet des interventions musicales sur l’anxiété ... 51
A. Résultats principaux ... 51
B. Résultats selon les outils de mesure ... 52
C. Résultats selon les caractéristiques des interventions musicales ... 54
D. Résultats selon l’origine de la population étudiée ... 56
III. Effet des interventions musicales sur la dépression ... 57
A. Résultats principaux ... 57
B. Résultats selon les caractéristiques des interventions musicales ... 58
C. Résultats selon les caractéristiques de la dépression et l’origine de la population étudiée ... 59
IV. Effet des interventions musicales sur la tension artérielle ... 60
A. Résultats principaux ... 60
B. Résultats selon les caractéristiques des interventions musicales ... 62
C. Résultats selon les caractéristiques et l’origine de la population étudiée .. 64
V. Effet des interventions musicales sur les troubles liés à la démence ... 65
A. Résultats principaux ... 65
B. Résultats selon les caractéristiques des interventions musicales ... 66
VI. Effet des interventions musicales sur le sommeil ... 67
A. Résultats principaux ... 67
B. Résultats selon les caractéristiques des troubles du sommeil et l’origine de la population étudiée ... 68
Discussion ... 124
I. Effet des interventions musicales sur la douleur ... 124
II. Effet des interventions musicales sur l’anxiété ... 126
III. Effet des interventions musicales sur la dépression ... 128
IV. Effet des interventions musicales sur la tension artérielle ... 130
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V. Effet des interventions musicales sur la démence ... 132
VI. Effet des interventions musicales sur le sommeil ... 134
VII. Limites et forces de l’étude ... 135
VIII. Conclusion ... 139
Bibliographie ... 140
Annexes………...155
Annexe 1 : fiche métier de musicothérapeute ... 155
Annexe 2 : questionnaire envoyé aux médecins généralistes ... 161
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Résumé
Introduction : en médecine générale, les thérapies non médicamenteuses ont une place importante. La musicothérapie est une pratique peu connue mais qui connait un essor ces cinquante dernières années, notamment en psychiatrie et en gériatrie.
Elles ont été peu évaluées dans le domaine de la médecine générale. L’objectif de cette étude est d’évaluer l’intérêt de l’utilisation de la musique à but thérapeutique en médecine générale.
Méthode : il s’agit d’une revue de la littérature d’essais thérapeutiques contrôlés et de méta-analyses d’essais thérapeutiques contrôlés évaluant l’efficacité des interventions musicales sur des pathologies intéressant la médecine générale publiées entre janvier 2011 et septembre 2016.
Résultats : soixante-six essais thérapeutiques et méta-analyses ont été inclus. Ils ont évalué l’effet des interventions musicales, principalement de l’écoute musicale, sur la douleur, l’anxiété, la dépression, la tension artérielle, la démence, et le sommeil. La majorité des études a montré une efficacité des interventions dans le traitement de la douleur, de l’anxiété, et des troubles du sommeil. Ce n’était pas le cas pour la dépression, la démence et la tension artérielle.
Conclusion : les interventions musicales constituent, pour la médecine générale, un outil thérapeutique non invasif, peu risqué, qui pourrait être utile dans la prise en charge de la douleur, de l’anxiété, et certains troubles du sommeil.
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Introduction
En médecine générale, les praticiens prescrivent à leurs patients des thérapies médicamenteuses et non-médicamenteuses. Les premières sont issues des industries pharmaceutiques alors que les dernières s’appuient sur des actions mécaniques, tel que la kinésithérapie, alimentaires, tel que la diététique ou psychologiques, tel que la psychothérapie.
Toutes ces thérapies citées précédemment sont aujourd’hui reconnues officiellement, structurées et communément admises par les professionnels de santé.
D’autres pratiques, employées dans des milieux médicaux, n’ont pas encore achevé ce processus de structuration et de reconnaissance, comme l’art-thérapie et entre autres, la musicothérapie.
Au cours des cinquante dernières années, cet emploi thérapeutique de la musique a connu un essor. La musicothérapie et sa pratique s’organisent et se structurent, notamment au travers d’institutions qui en regroupent les acteurs.
En France, le Centre International de Musicothérapie (CIM) a été fondé en 19691, puis l’Association Française de Musicothérapie (AFM) en 19802 et la Fédération Française de Musicothérapie (FFM) en 20033.
A l’international, la « European Music Therapy Confederation » (confédération européenne de musicothérapie) regroupe de nombreuses institutions à travers toute l’Europe dont la FFM4. Elle contribue au partage des connaissances en organisant des conférences internationales de musicothérapie5. La « World Federation of Music Therapy » (fédération mondiale de musicothérapie) regroupe de nombreuses institutions de musicothérapie du monde, dont le CIM6. Elle participe au développement de la musicothérapie en organisant des congrès mondiaux7.
24 Définitions de la musicothérapie
En France, les différentes institutions de musicothérapie la définissent comme une pratique utilisant la musique à but thérapeutique. C’est le cas du CIM8. L’AFM et la FFM (annexe 1) y ajoutent la possibilité d’utiliser des sons. De plus l’AFM inscrit la pratique de la musicothérapie au sein des psychothérapies2.
Certaines institutions de musicothérapie étrangères intègrent des critères plus spécifiques à leur définition de la musicothérapie, telles que l’American Music Therapy Association9 (AMTA), l’Association de Musicothérapie du Canada10, ou la British Association for Music Therapy11, pour qui elle doit être pratiquée par un professionnel agréé. De plus, l’AMTA précise qu’il s’agit d’une pratique basée sur des preuves scientifiques9.
Il n’y a pas de définition universelle et consensuelle de la musicothérapie12. D’ailleurs, selon Edith Lecourt, docteur en psychologie, co-fondatrice du CIM, fondatrice du master de musicothérapie à l’université Paris V, la musique elle-même est un concept sans définition universelle : « il nous faut renoncer, [...], à aboutir à une formule qui rendrait compte de façon indiscutable de l’essence de la musique »13.
Cependant, la tendance actuelle, portée par les différentes institutions et professionnels de la musicothérapie, est de considérer cette pratique comme inscrite dans un cadre thérapeutique professionnel. Ainsi le Dr Gonzalez-Duperret, actuellement chargée de mission à l’international de la FFM, définit la musicothérapie comme une « technique de psychothérapie » et elle l’inscrit dans sa pratique psychanalytique14
25 Techniques de la musicothérapie
La pratique de la musicothérapie s’appuie sur un ensemble de techniques et de méthodes bien définies. Ces méthodes sont abordées par Edith Lecourt, docteur en psychologie et co-fondatrice du CIM, dans son livre « La musicothérapie, une synthèse d’introduction et de référence pour découvrir les vertus thérapeutiques de la musique »15.
On distingue usuellement deux méthodes : la musicothérapie réceptive et la musicothérapie active (annexe 1). Ces deux méthodes de musicothérapie peuvent être combinées lors d’une séance de musicothérapie16. Elles peuvent s’effectuer lors de séances individuelles ou en groupe17.
La musicothérapie réceptive repose sur l’écoute de musique (annexe 1).
Plusieurs techniques de musicothérapie réceptive existent telles que18 :
- « l’association de deux courts extraits contrastés », élaborée par J. Jost, qui repose sur l’écoute rapprochée d’extraits musicaux qui diffèrent selon un paramètre choisi, - la technique « du nourrissage musical », qui repose sur une écoute continue de musique,
- « l’audition de musique associée à un autre support » qui repose sur une écoute musicale associée à une autre activité telle que le dessin par exemple,
- « le GIM » (Guided Imagery with Music), élaboré par H. Bonny, où la musique est utilisée pour induire un état onirique : le thérapeute pose des questions et donne des indications qui doivent aider le patient à se focaliser sur les images, les sensations physiques ou psychiques que la musique lui évoque.
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- « la relaxation », où la musique s’associe à des méthodes de relaxation pour en améliorer l’effet.
La musicothérapie active repose sur une production sonore de musique(annexe 1).
Elle peut aussi consister en une écriture de musique ou de paroles sur une musique19. Plusieurs techniques de musicothérapie active existent telles que20 : - « La technique de stimulation sensorielle, sensorimotrice et affective » : elle repose sur la succession d’écoute et production musicale. Elle est notamment utilisée pour la prise en charge des démences21.
- « La technique de structuration du vécu sonore » : élaborée par E. Lecourt, elle utilise les sons et de la capacité de différencier ces sons.
- « Les exercices de percussions corporelles et d’expression musicale » : élaborés par J. Verdeau-Paillès et JM. Guiraud-Caladou, ils sont basés sur la méthode Orff et visent une prise de conscience des rythmes et du corps22.
- « La psychopédagogie musicale et musicothérapie » : élaborée par J.
Kupperschmitt23, elle repose sur l’apprentissage de techniques de la musique.
- « La musicopsychothérapie » : élaborée par R. Benenzon24, elle repose sur une communication sonore non verbale entre le patient et le musicothérapeute.
- « La psychophonie » : élaborée par ML. Aucher25, c’est une méthode de chant basée sur la symbolique chinoise.
Les musicothérapeutes ont aussi la possibilité d’effectuer au préalable un bilan psychomusical (annexe 1) permettant de déterminer les objectifs thérapeutiques et les techniques à utiliser26. L’idée de la réalisation d’un bilan psychomusical a été introduite par le Dr J. Verdeau-Paillès27. Il comporte (annexe 1) :
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- un « entretien préliminaire » : il s’agit d’un entretien entre le musicothérapeute et le patient. Il permet l’obtention d’informations, utiles pour la mise en place du programme de musicothérapie.
- un « test réceptif » : il s’agit de l’évaluation des réactions du patient à l’audition d’extraits sonores.
- un « test actif » : il s’agit de l’évaluation des réactions du patient auquel on présente des instruments de musique.
Les musicothérapeutes peuvent diriger et organiser les séances de diverses manières : ils peuvent inscrire la musicothérapie au sein de divers courants psychothérapeutiques28 : psychanalyse, comportementalisme, cognitivisme, thérapies familiales systémiques, psychothérapies dites humanistes… Les musicothérapeutes peuvent choisir de s’inspirer d’une de ces psychothérapies pour leur propre pratique. On peut citer comme exemples, la musicothérapie analytique de groupe29, d’inspiration analytique et la GIM, issue du cognitivisme30.
28 Formation et pratique
En France, cinq centres de formation de musicothérapie sont agréés par la FFM (annexe 1). Cette formation est aussi assurée par certaines institutions, telles que le CIM31. La FFM tient également un registre national des musicothérapeutes qui y sont affiliés32, affiliation soumise à candidature33.
Un contrôle de la qualité des formations et leur reconnaissance est assurée par des institutions telles que le HCPC11 en Angleterre.
La musicothérapie est pratiquée en libéral, mais aussi dans de nombreux centres, dont des centres hospitaliers34. Par exemple, à Paris, la musicothérapie est pratiquée :
- à l’hôpital de jour de réadaptation « Mémoire et Fragilités » de la fondation hospitalière Sainte Marie dans la prise en charge de ses patients atteints de la maladie d’Alzheimer ou de maladies apparentées35.
-dans l’unité cognitivo-comportementale au sein d’un service de gériatrie de l’hôpital Rothschild36.
-dans un service de pédopsychiatrie de l’hôpital Sainte-Anne37.
-dans le service Anesthésie - Réanimation chirurgicale, secteur pédiatrie de l’hôpital Necker38.
La musicothérapie s’adresse notamment à des personnes de tout âge souffrant de troubles psychiques, psychiatriques, cognitifs, neurologiques, moteurs, ainsi que, dans un contexte d’actes médico-chirurgicaux, à des personnes algiques ou anxieuses (annexe 1).
29 Reconnaissance de la musicothérapie
La musicothérapie n’apparaît pas dans le répertoire national des certifications professionnelles39. Elle souffre d’un manque de reconnaissance de l’Etat.
Elle apparaît toutefois dans des recommandations de bonne pratique rédigées par la Haute Autorité de Santé (HAS) pour cinq indications :
- comportements perturbateurs chez les personnes ayant des lésions cérébrales acquises avant l’âge de deux ans40,
- douleurs en soins palliatifs de l’adulte41 en tant que traitement antalgique adjuvant, - troubles du comportement chez les patients atteints de la maladie d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée42,
- anorexie mentale en association à la psychothérapie43,
- douleur et troubles cognitivo-comportementaux chez la personne âgée avec des troubles de la communication verbale44.
Elle reste assez méconnue du grand public, bien qu’on en retrouve des traces assez abondantes dans l’Histoire.
De l’emploi de la musique à des fins thérapeutiques : des premières civilisations au milieu du XXe siècle
La musicothérapie trouve ses sources dans les rites anciens des plus vieilles civilisations connues. Souvent associé à un aspect religieux ou mystique, empreint de surnaturel, la musique était employée comme médium de guérison par les chamans et guérisseurs.
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On en a trouvé des traces dans la littérature et les arts des cultures babylonienne45 et israëlite46 datant du IIe millénaire avant Jésus Christ.
En Egypte, le Papyrus d’Eders47, décrit l’utilisation de la musique dans le but de soigner les maladies par le chant48.
Les scènes de soins par la musique dans l’Odyssée d’Homère49, montrent que les grecs partageaient la même opinion. Pythagore ayant vécu du Ve siècle avant JC, pensait que certaines musiques avaient la capacité de soigner l’âme, le corps, ou l’esprit50. Platon écrivait que la musique pouvait prévenir une détérioration de l’âme51; Asclepiades de Bythnie, grec du Ier siècle avant JC, employait la musique pour soigner des troubles mentaux52.
A Rome, Caelius Aurelianus, médecin romain du Ve siècle, recommandait la musique contre les douleurs physiques telles que la sciatique dans son livre Medicinales Responsiones. Il avertissait aussi qu’un mésusage de la musique pouvait rendre « fou »53. Référence en la matière pendant près de mille ans54, Boethius décrit la musique dans son livre De Institutione Musica55, comme un outil thérapeutique.
A la Renaissance, elle est utilisée pour prévenir et guérir les états dépressifs56. Ambroise Paré, médecin français de cette période, reconnaissait une action antalgique à la musique57.
A partir du XVIIe siècle, de nouvelles théories sur l’utilisation thérapeutique de la musique ont été élaborées. Des courants de pensée s’affrontent son mode d’action, sans remettre en question sa validité médicale.
Pour Athanasius Kircher, intellectuel allemand XVIIe siècle, les vibrations sonores agissaient sur le corps, pouvant par ce biais soigner les troubles psychologiques58. Il avait élaboré des musiques censées soigner le tarentisme58 qui était un mal que l’on
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pensait provenir des piqûres des tarentules et qui se manifestait par des comportements anormaux59.
Alors que selon Ernst Anton Nicolai, médecin allemand du XVIIIe siècle, la musique agit directement sur l’esprit, pouvant par ce biais soigner les troubles physiques58. Cette théorie a inspiré les théories sur le pouvoir thérapeutique de la musique du XXe siècle60.
Plus tard, Philippe Pinel, médecin français du début XIXe siècle décrivit la stabilisation de certaines affections mentales par la musique23. Jean-Etienne Esquirol, médecin français du XIXe siècle, a développé la pratique de la thérapie par la musique en psychiatrie en milieu hospitalier61.
A partir du XXe siècle, la recherche sur les effets thérapeutiques de la musique a bénéficié de l’essor concomitant des sciences expérimentales et des technologies.
En effet, des techniques telles que l’électroencéphalographie et la neuro-imagerie ont permis l’évaluation objective des effets de l’écoute musicale sur l’activité cérébrale. En 1954, Jacques Jost, ingénieur du son français, est l’investigateur d’une étude sur l’effet électroencéphalographique de l’écoute musicale1. Il fonde ensuite en 1969 le premier centre français de musicothérapie1.
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Connaissances de la musicothérapie en médecine générale
Afin d’évaluer les connaissances des médecins généralistes à propos de la musicothérapie, j’ai conçu et envoyé un questionnaire (annexe 2) par mail à une centaine de médecins généralistes à travers l’ensemble du territoire français.
Douze médecins ont répondu : sept hommes et cinq femmes.
Leur avis sur l’importance de la musique dans le domaine de la santé a été évalué par une échelle numérique allant de 0 à 10. La moyenne a été de 4.9.
Six ont déclaré savoir ce qu’est la musicothérapie.
Parmi ces six médecins, quatre pensent qu’il s’agit d’une thérapie médiée par la musique effectuée par un thérapeute spécialisé et deux ont déclaré qu’il s’agit de toute utilisation de la musique à but thérapeutique. Seulement deux sur six ont aussi déclaré que la musicothérapie peut consister en des techniques actives telles que le chant, le jeu de musique et l’improvisation.
La provenance de ces connaissances leur a été demandée. Deux médecins ont déclaré l’avoir étudié lors de la préparation d’un diplôme universitaire ou interuniversitaire. Cela dénote probablement d’un intérêt professionnel pour la musicothérapie. Les autres sources de connaissances à propos de la musicothérapie étaient les études spécialisées de médecine générale, les média, des études de dossiers et des confrères ayant étudié le sujet.
Neuf médecins ont déclaré qu’il y a un intérêt à sensibiliser les médecins généralistes à la musicothérapie.
Ils ont détaillé quel pourrait cet intérêt.
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Un de ces intérêts était le potentiel thérapeutique : «parce que c'est un outil de plus dans la prise en charge des patients », « Complémentaire à notre activité. […] »,
« Un probable potentiel inexploité ».
Un intérêt sur la prise en charge psychique a été identifié : « La médecine ne s'adresse pas uniquement au corps physique et aux organes mais à la totalité de la personne humaine, avec notamment une part psychique importante. Les émotions transmisses et ressenties sont également importantes », « afin de conseiller le patient, afin de l'orienter, afin de comprendre ce qui est fait en psy ou ailleurs sur ce sujet pour expliquer », « pour avoir une diversité des approches psychothérapeutiques […] ».
Un autre intérêt était l’aspect alternatif aux thérapies médicamenteuses : « […] et ainsi diminuer la prescription médicamenteuse », « toute approche pouvant aider le patient sans pour autant avoir recourt à des médicaments ou pour éviter d'augmenter les doses de médicaments est utile », « […] Intérêt d’être sur le versant thérapie plutôt que sur l'approche médicamenteuse qui est la nôtre... »
Une réserve sur l’existence des preuves de l’efficacité clinique de la musicothérapie a été exprimée : « S'il y a des études ayant fait la preuve d'une utilité, et que le cout pour le patient ou la société est acceptable, il serait certainement intéressant de sensibiliser les médecins à cette technique »
Une recherche des preuves de l’efficacité de la musicothérapie appliquée à la médecine générale semble donc pertinente.
Mais il m’a paru nécessaire d’élargir le champ de ma recherche. L’étude préalable révèle que la musicothérapie se trouve encore de nos jours, objets de controverse.
Différentes écoles de pensée se l’approprient et tentent de la définir.
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C’est pourquoi, dans le cadre de cette revue de la littérature, je suis volontairement sorti des limites des définitions les plus exigeantes. J’ai pris en compte toute utilisation de musique à but thérapeutique, avec ou sans professionnel agrée, y compris en dehors du cadre psychothérapeutique.
Utilité des thérapies médiées par la musique en médecine générale : que dit la littérature?
On retrouve beaucoup d’études sur l’utilisation des thérapies médiées par la musique dans différents domaines (chirurgie, psychiatrie, cancérologie, gériatrie, cardiologie…) mais pas spécifiquement en médecine générale. Cependant cette dernière s’intéresse à diverses pathologies rencontrées dans les autres spécialités, et les résultats trouvés dans l’ensemble des études pourraient intéresser les généralistes.
Cette revue de la littérature a pour objectif de recenser et critiquer les recherches menées actuellement sur les thérapies médiées par la musique et d’en extrapoler les intérêts principaux d’une application en médecine générale.
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Matériels et méthodes
I. Identification de la littérature : stratégie de recherche documentaire
A. Sources d’information
Les sources d’informations interrogées ont été :
- les banques de données bibliographiques : MEDLINE, EMBASE, PASCAL, la Cochrane Database Library
- la littérature grise : BDSP, Health Star
B. Critères de recherche
Après une première recherche infructueuse intégrant les mots clés « general practice », « music » et « therapy », seuls les mots clés « music » et « therapy » ont été utilisés avec l’équation booléenne « AND ». Ces termes ont été choisi pour leur correspondance supposée avec l’ensemble de toutes les études ayant traité de musicothérapie.
La recherche a été faite en utilisant les outils de pertinences propres à chaque base de données. La sélection des articles a été interrompue lorsque l’ensemble des articles restants semblaient n’avoir aucune pertinence avec le sujet.
La période de recherche a été comprise entre janvier et juillet 2016.
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II. Sélection de la littérature
Critères inclusion :
- études écrites en anglais ou en français
- datant de 2011 à 2016 (en me basant sur le guide de la HAS62) - Essais Thérapeutiques, revues de la littérature ou Méta-Analyses - texte et résumé accessibles
Les études datant dont les facteurs étudiés ont été jugés non pertinents pour la médecine générale ont été exclus.
Le travail de documentation a été fait avec l’aide d’Alain Tran, médecin de santé publique spécialisé dans la recherche clinique (4 ans d’expérience en recherche clinique), et enrichi grâce à des interactions avec des personnes ressources qui m’ont amené à modifier ma catégorisation initiale.
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III. Evaluation qualitative de la littérature
A. Recueil des informations
Pour l’analyse des essais thérapeutiques, j’ai utilisé de façon systématique la grille de lecture proposée dans le Guide pratique de thésard63.
Pour chacun des essais, j’ai relevé les informations suivantes : le nom du ou des premiers auteurs, le pays dans lequel l’étude a été réalisée, la date de publication, la période de réalisation de l’étude, le design de l’étude (étude thérapeutique randomisée (ETR) ou non (ETNR), en parallèle (//), ou en cross-over), la taille de l’échantillon, la taille des groupes, la moyenne ou médiane d’âge arrondie au dixième d’année ou de jour près, le critère d’inclusion principal, le ou les facteurs étudiés retenus pour cette revue de la littérature, le(s) critère(s) de jugement évalué(s) en rapport avec la médecine générale et leur(s) outil(s) de mesure, les caractéristiques de l’intervention musicale (musicothérapie active, écoute musicale, jouée en direct ou sur enregistrement, volume sonore, mode de diffusion, genre musical...), le protocole de l’intervention musicale (durée et la fréquence des séances, période sur laquelle les séances ont eu lieu), les résultats obtenus en rapport avec les critères de jugement retenus, et les limites de l’étude discutées par les auteurs.
Pour les méta-analyses, j’ai relevé les informations suivantes : le nom du ou des auteurs, le nombre d’études incluses, le nombre de patients inclus, l’âge moyen des patients par étude ou pour l’ensemble de études arrondi au dixième près, les résultats en rapport avec les facteurs étudiés retenus pour cette revue de la
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littérature, le statut homogène ou hétérogène des résultats des études incluses pour l’analyse, les limites discutées par les auteurs, et la conclusion des auteurs.
L’hétérogénéité statistique des résultats de différentes études, signifie qu’au moins un résultat a été significativement différent des autres. Cette hétérogénéité est alors supposée liée à une caractéristique de cette étude qui la distingue des autres, appelée facteur d’hétérogénéité.
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B. Evaluation de la qualité méthodologique des essais thérapeutiques
Pour évaluer la qualité méthodologique des essais thérapeutiques, j’ai utilisé de façon systématique le score de Jadad associé à l’évaluation de la présence ou non d’une analyse en intention de traiter (ITT). Cette association est recommandée par le Pr Pierre Chevalier64, médecin généraliste et professeur d’ « evidence based medecine » à l’université catholique de Louvain.
Le score de Jadad permet de classer les essais thérapeutiques en deux catégories : qualité méthodologique basse ou haute. Il s’obtient en répondant à cinq questions65
1- L’étude a-t-elle été décrite comme étant randomisée?
2- La randomisation est- elle adéquate?
3- L’étude a-t-elle été décrite comme étant en double aveugle?
4- Le double aveugle a-t-il été respecté?
5- Y a-t-il eu une description des sortis de l’étude et des perdus de vue?
Le score obtenu peut aller de 0 à 5 : une réponse positive, pour chaque question donne un point ; ne réponse négative aux questions 1, 3, ou 5, ne donne aucun point ; une réponse négative aux questions 2 ou 4 retire 1 point. Une étude obtenant un score de Jadad inférieur ou égal 2 est classée parmi les études de qualité méthodologique basse. Une étude obtenant un score de Jadad supérieur ou égal à 3 est classée parmi les études de qualité méthodologique haute.
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IV. Analyse quantitative
Pour les essais thérapeutiques, ainsi que les méta-analyses, j’ai effectué une compilation des résultats par facteur retenu dans cette revue de la littérature.
Pour cela, j’ai calculé, pour chaque facteur étudié, le nombre d’études ayant montré : - un effet positif et statistiquement significatif de l’intervention musicale,
- un effet négatif et statistiquement significatif de l’intervention musicale, - un effet non statistiquement significatif de l’intervention musicale.
Afin de réduire le risque de biais lié à la prise en compte d’études de faible qualité méthodologique, j’ai aussi calculé ces nombres parmi les études ayant un score de Jadad supérieur ou égal à 3 avec une analyse en ITT.
Certains essais thérapeutiques, ayant utilisé plusieurs outils de mesure pour un même facteur étudié, avaient plusieurs résultats. J’ai dans ce cas, pondéré ces résultats au nombre d’outils de mesure dans l’étude.
Afin de corriger un biais de confusion potentiel liée à l’usage de différents outils de mesures, lorsqu’un outil de mesure, pour un facteur étudié, a été utilisé dans au moins dix essais thérapeutiques, j’ai effectué une analyse complémentaire qui prenait en compte uniquement les résultats en rapport avec cet outil de mesure.
Elle comprenait les mêmes calculs parmi ces études, en ne prenant en considération que le seul résultat (non pondéré) de l’outil de mesure en question.
Afin de réduire le risque de biais lié à la prise en compte d’études de faible qualité méthodologique, j’ai aussi calculé ces nombres parmi les études ayant un score de Jadad supérieur ou égal à 3 avec une analyse en ITT.
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En outre, j’ai calculé ces nombres pour les essais thérapeutiques selon certains facteurs d’hétérogénéités potentiels :
- selon certaines caractéristiques de l’intervention musicale (écoute musicale, musique enregistrée…)
- en excluant les études dont certains caractères des facteurs étudiés pouvaient remettre en cause leur validité en médecine (par exemple la douleur lorsqu’elle est péri-opératoire, ou la tension artérielle lorsqu’il n’y a pas d’indication médicale à la contrôler).
- après exclusion telle que précisée ci-dessus, pour les études dont la population étudiée n’était pas institutionnalisée, afin de mieux correspondre à une population de médecine générale.
Pour l’ensemble des résultats, j’ai considéré comme étant la preuve d’un effet statistiquement significatif de l’intervention musicale, tout résultat avec une valeur p ≤ α (risque de première espèce) d’une analyse qui a pris en compte des mesures obtenues à au moins un moment donné après l’intervention musicale, et qui a comparé un groupe ayant eu cette intervention à un groupe contrôle (sans intervention musicale).
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Résultats
Soixante-cinq études ont été incluses : cinquante-quatre essais thérapeutiques et onze méta-analyses (figure 1).
Figure 1 : Diagramme de flux
J’ai exclu les articles évaluant uniquement des facteurs jugés non pertinents pour la médecine générale tels que l’interaction sociale, la qualité de vie, les symptômes psychotiques, les critères électroencéphalographiques ou biologiques, la neuroplasticité, la fréquence cardiaque ou l’audition. J’ai retenu six facteurs : la douleur, l’anxiété, la dépression, la tension artérielle, les symptômes liés à la démence et les troubles du sommeil.
Recherche dans les bases de données : 449 articles sélectionnés
Exclusion des articles (383) : - Texte indisponible (255)
- Facteur étudié non pertinent pour la médecine générale (98) - Revue narrative de la littérature (15)
- Pas de groupe contrôle (8)
- Intervention musicale associée à une autre intervention (5) - Protocole d’étude (2)
66 articles inclus : 65 études incluses car une étude a évalué 2 facteurs, chacun ayant fait l’objet d’un article :
- 54 essais thérapeutiques - 11 méta-analyses
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La qualité méthodologique des cinquante-quatre articles était globalement faible (tableau 1) avec un score de Jadad moyen < 1.65.
Tableau 1 : Evaluation de la qualité méthodologique des essais thérapeutiques
Référence Description des perdus de vue et des abandons Randomisation Randomisation décrite et adéquate double aveugle Score de JADAD Analyse en intention de traiter Qualité méthodologique
Nagata 201466 oui oui non non 1 oui très faible
Wu 201267 oui oui oui
Simple aveugle
des évaluateurs 3 oui moyenne
Guerrero 201268 oui oui oui non 3 non faible
Li 201269 non oui oui non 2 oui faible
Simavli 201470 oui oui oui
simple aveugle
des évaluateurs 3 non moyenne
Zengin 201371 oui oui oui non 3 oui moyenne
Atiwannapat 201672 oui oui non
simple aveugle
des évaluateurs 1 oui très faible
Tsivian 201273 non oui oui non 2 douteux très faible
Johnson 201274 oui oui non non 1 oui très faible
Ozer 201375 oui non non 1 oui très faible
Bellieni 201376 oui oui non non 1 oui très faible
Kulkarni 201277 oui oui oui non 3 oui moyenne
Chen 201278 oui oui non non 1 non très faible
Parlar Kilic 201579 non non non 0 douteux très faible
Guétin 201280 oui oui oui
simple aveugle
des évaluateurs 3 oui moyenne
Cardoso 201481 non oui non
simple aveugle
des évaluateurs 0 douteux très faible
Gutgsell 201382 oui oui oui
simple aveugle
des évaluateurs 3 oui moyenne
Bekiroglu 201383 oui oui non non 1 oui très faible
Bae 201484 oui non
simple aveugle
des évaluateurs 1 oui très faible
Chang 201585 oui oui non non 1 oui très faible
Liu 201586 oui oui non non 1 oui très faible
Jiménez-Jiménez 201387 oui oui oui
simple aveugle
des évaluateurs 3 oui moyenne
Chen 201388 oui oui non non 1 oui très faible
Yaman Aktas 201689 non oui non simple aveugle 0 oui très faible
Sunitha Suresh 201590 oui oui oui non 3 non moyenne
Korhan 201191 non oui non non 0 douteux très faible
44 Kristjansdottir 201192 oui oui oui
simple aveugle
des évaluateurs 3 oui moyenne
Ottaviani 201293 oui oui non non 1 oui très faible
Li 201194 et 201295 oui oui oui non 3 oui moyenne
Lin 201196 oui oui oui non 3 oui moyenne
Lin 2011 bis97 oui non non 1 oui très faible
Forooghy 201598 oui oui non non 1 oui très faible
O'Callaghan 201299 oui oui oui non 3 oui moyenne
Binns-Turner 2011100 non oui non
simple aveugle
des évaluateurs 0 douteux très faible
Ryu 2012101 oui oui non
simple aveugle
des évaluateurs 1 oui très faible
Sung 2012102 oui oui oui non 3 oui moyenne
Vaajoki 2012103 oui oui non non 1 non très faible
Kim 2011104 oui non non 1 oui très faible
Jafari 2012105 oui oui non
simple aveugle
des évaluateurs 1 oui très faible
Chlan 2013106 oui oui oui non 3 non faible
Calcaterra 2014107 non oui non
simple aveugle
des évaluateurs 1 douteux très faible
Chang 2012108 oui oui oui
simple aveugle
des évaluateurs 3 oui moyenne
Canga 2015109 oui oui oui non 3 non faible
Carr 2012110 oui oui non non 1 oui très faible
Onieva-Zafra 2013111 non oui non non 0 oui très faible
Koenig 2013112 oui oui oui non 3 oui moyenne
Erkkilä 2011113 oui oui oui non 3 oui moyenne
Alparslan 2016114 non oui non non 0 douteux très faible
Koca Kutlu 2014115 non oui non non 0 douteux très faible
Warth 2015116 oui oui oui
simple aveugle
des participants 3 oui moyenne
Nair 2011117 non oui oui non 2 douteux très faible
Vink 2014118 oui oui non non 1 oui très faible
Burrai 2014119 oui oui non non 1 oui très faible
Lu 2013120 oui oui non
simple aveugle
des évaluateurs 1 oui très faible
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I. Effet des interventions musicales sur la douleur
A. Résultats principaux
Trente-et-un essais thérapeutiques ont évalué l’efficacité d’interventions basées sur la musique dans le traitement de la douleur (tableau A). Ils étaient de faible qualité méthodologique avec un score de Jadad moyen < 1.55. Une étude (Jafari et al. 2012105) n’a pas été intégrée dans l’analyse statistique car il n’a pas été précisé si les groupes ont été comparés entre eux.
Sur les trente études restantes, après pondération par le nombre d’outils de mesures utilisés pour évaluer la douleur, 66% ont montré un effet antalgique de l’intervention musicale statistiquement significatif, 3% (Guerrero et al. 201268) ont montré une augmentation de la douleur liée à l’intervention musicale, statistiquement significative, 31% n’ont pas eu de résultat significatif (tableau 2).
Parmi les dix études de meilleure qualité méthodologique (qualité méthodologique moyenne), après pondération par le nombre d’outils de mesures utilisés pour évaluer la douleur, 53% ont montré un effet antalgique de l’intervention musicale statistiquement significatif, 47% n’ont pas eu de résultat significatif (tableau 2).
Quatre méta-analyses ont évalué l’effet d’interventions musicales sur la douleur (tableau B). Trois méta-analyses sur quatre (Hole et al. 2015121, Bradt et al.
2013122, Van der Heijden et al. 2015123) en ont montré, dans leur analyse intégrant
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l’ensemble des études incluses, une efficacité significative dans le traitement de la douleur.
La quatrième méta-analyse (Bradt et al. 2011124) a également montré une efficacité significative, mais uniquement dans une sous-analyse. Celle-ci excluait une étude dont le protocole a été jugé inadapté (et qui montrait un effet nocif de l’intervention).
Il n’y avait pas d’homogénéité dans ces résultats.
Tableau 2 : Essais thérapeutiques : efficacité sur la douleur selon la qualité méthodologique
Résultat de l’étude Nombre d’études de qualité méthodologique de l’étude faible ou très faible (% en colonne)
Nombre d’étude de qualité méthodologique de
l’étude moyenne (% en colonne)
Nombre Total d’études (% en colonne)
L’intervention musicale diminue
significativement la douleur
14.5 (73%) 5.33 (53%) 19.83 (66%)
L’intervention musicale ne diminue pas significativement la
douleur
4.5 (23%) 4.67 (47%) 9.17 (31%)
L’intervention musicale augmente significativement la
douleur
1 (5%) 0 (0%) 1 (3%)
Total 20 (100%) 10 (100%) 30 (100%)
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B. Résultats selon les outils de mesure
Vingt-et-une études ont évalué la douleur par une échelle visuelle analogique (EVA). Les autres outils de mesures utilisés étaient : des échelles numériques (EN, trois études), une échelle verbale simple (EVS, une étude), le « McGill Pain Questionnaire » (MPQ, deux études), le « Premature Infant Pain Profile » (PIPP, une étude), la « Functional Pain Scale » (FPS, deux études), la « Face, Legs, Activity, Cry, Consolability Scale » (FLACC, une étude), le « Critical-Care Pain Observation Tool » (CPOT, une étude), le « present pain intensity score » (PPI, une étude), la
« Schmerzempfindungsskala » (SES, une étude), et une mesure de la fréquence des épisodes douloureux (une étude).
Sur les vingt-et-une études qui ont utilisé l’EVA, 67% ont montré un effet antalgique de l’intervention musicale statistiquement significatif, 29% n’ont pas eu de résultat statistiquement significatif, et 5% ont montré un effet algique de l’intervention musicale statistiquement significatif (tableau 3).
Parmi les six études de meilleure qualité méthodologique (qualité méthodologique moyenne), ayant évalué la douleur par EVA, 50% ont montré un effet antalgique de l’intervention musicale statistiquement significatif, 50% n’ont pas eu de résultat statistiquement significatif (tableau 3).
Une seule méta-analyse (Hole et al. 2015121) a évalué les études qui ont utilisé l’EVA. Elle a montré une efficacité significative des interventions musicales dans le traitement de la douleur. L’analyse d’homogénéité n’a pas été effectuée.