l ditorial
Mot qui n'ai rien d'autre d uous offrir que les grisailles de la uallde de la Meuse, je souhaiterais ~tre d la place du professeur A L B A N O qui organise en juin prochain le IX ~ Congr~s de ia S.M.I.E.R.
et qui nous recevra au pied de l'Etna, sous le ciel bleu de la M~diter- range et dans le cadre prestigieux des ruines antiques de T a o r m m a . Toutefois, Liege, capitale d'une principaut~ qui connut hull sixties d'ind~pendance avant de vouloir ~tre francaise en 1789, pour devenir hollandaise en 1815, puts beige en 1830, est une utile qui a une ~me, un passd et des traditions. C'est ce que je voudrais vous faire com- prendre en peu de roots.
S'il m'est p e r m i s de survoler l'histoire avec un esprit de synth~se que certains jugeront excessif, je vous rappellerai que Liege se trouve d l'extr~me-nord de la Gaule romane.
Au sud de la chauss~e romaine allant de Cambrai d Cologne, en passant par Bavai et Maestricht, les populations gallo-romaines habi- tant les riches terres d bl~ de Hesbaye et du Condroz f u r e n t suffisam- m e n t denses pour absorber ies Francs qui les avaient envahis au cinqui~me si~cle et pour leur imposer la langue et les coutumes qu'elles avaient h~rit~es de l'Empire Romain.
L'assimilation des Francs en cette r~gion stral~gique fur si pro- fonde que d e u x si~cles plus tard, un prince franc d'origine li~geoise, Charles Martel, fils de P~pin d'H~rista!, sauva la civilisation chr~tienne Poitiers, tandis que son petit-fils, Charlemagne, reconstituai! l'Empire R o m a i n d'Occident dont il f~d~rait les populations en d i f f u s a n t la langue et la civilisation latines.
Ne sont que des p~rip~ties sans importance, la conqu~te en 925, par Henri l'Oiseleur, rot de Germanie, du r o y a u m e de Lothaire II, dont faisait partie le Pays de Litge, ou encore resprit de clocher peut-~tre ezcessif des Lidgeois lorsqu'ils s'oppos~rent, au quinzi~me sitcle, r a m b i t i o n que poursuivaient les ducs de Bourgogne de reconstituer la Lotharingie.
Par contre, le bouillonnement pbilosophique de la fin du dix- h u i t i t m e sitcle cut un ~cho p a r t i c u l i t r e m e n t vif d Liege, grdce en particulier a u z d e u x loges ma~onniques, la Parfaite Intelligence et la Parfaite Egalit& affili~es au Grand-Orient de France.
Elles contribu~rent p u i s s a m m e n t d diffuser les idles de Voltaire.
de Montesquieu et de Jean-Jacques Rousseau. Est-il s u r p r e n a n t d~s lors que le 18 aoflt 1789, trente-cinq jours apr~s la prise de la Bastille, l'Ancien R~gime s'effondrait d L i t g e au nora de la Libert& de l'Egalit~
et de la Fraternit~ ?
L'~conomie li~geoise rut longtemps prosp~re. D~s le Haut Moyen Age, la Meuse m i t l e s Li~geois en relation avec le delta rh~nan a~une part, et d'autre part a v e c l a Lorraine et la Champagne, et au-deld
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avec la valise de la Sa6ne. El c'est ce qui explique sans nul doute le goflt trb~s vii de mes concitogens pour les vins de Bourgogne et du Beaujolais !
A u treizibme sibcle, les Li~geois commencbrent ~ exploiter sgst~- m a l i q u e m e n l ieur riche gisement de houille, [ournissant le combustible ndcessaire a u x n o m b r e u x [ourneaux construits sur les berges de la Meuse.
Liege connut rapogde de sa puissance ~conomique au d~but de ce si~cle, oft elle rut la ville la plus riche de Belgique et une des villes les plus riches d'Europe.
Puis vint insensiblement le d~clin. Le gisement m i n i e r est ~puis~.
En ddpit de ses regroupements, la siddrurgie est menacde ~ rrtoyen terme car les usines siddrurgiques modernes se conslruisent au bord de l a m e r .
L'industrie de l'automobile el de la molocyclette, qui eut son heure de gloire au d~but du si~cle, a totalement disparu.
L'induslrie m~canique el la chimie sont malades. El actuellement, la r~gion lidgeoise esl, en ddpit des apparences, une des r~gions du Marchd C o m m u n dont le taux d'expansion est des plus [aibles.
Manque aVesprit d'initiative et d'enlreprise des Li~geois, prdten- dront cerlains !
Ou plut6t, objecteront d'aulres, cadre polilique m a l appropri~
let reconversion et ~t r e x p a n s i o n d'une r~gion qui garde de n o m b r e u x atouls, car elle est le si~ge d'une universit~ renomm~e et est situ~e au point de croisement des principales voies ferroviaires et bientdt des principales auloroutes europdennes, au point de convergence des clvilisations [rangaise, allemande, nderlandaise, et j'ajouterai italienne, puisque vingt-cinq mille llaliens habilent la r~gion ii~geoise.
Oft m i e u x qu'ici peut-on sentir battre le cceur du March~ C o m m u n dont les Lidgeois souhaitent a r d e m m e n t l'ach~vement car ils esp~rent qu'un j o u r l'Europe les libdrera de certaines tulelles et de certaines contraintes qui les dtou[[ent et les sldrilisent.
I1 m e reste tt vous presenter ies Li~geois. Leur t e m p e r a m e n t a
~t~ d~crit, ~t quatre sibcles de distance, par d e u x grands Fran~ais.
En 1558, Michel de I'Hospital, Chancelier de France, d~clarait 9 Les Li~geois ont did plus que t o u s l e s ans dompl~s. Ndanmoins ils ont toujotrrs relevd leur creste.
El au cours de sa visite o[[icielle r~cente, ie President P o m p i d o u etl'[irmait que le peuple li~geois est en bien des points semblable au peuple parisien, ~i la lois ironique et sentimental, spirituel et laborieux, volonliers f r o n d e u r et tdmdraire.
Voiltl, mes chers coll~gues, le cadre dans iequel va se d~rouler notre huiti~me Congr~s International.
Qu'il m e soit permis de remercier chaleureusement M. ie prdsidenl Palmer, MM. les secrgtaires g~n~raux Dubois de Monlregnaud el S~gal, MM. les m e m b r e s du conseil d'administration de la S.M.I.E.R., qui IV
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ont choisi pour notre VIIP Congr~s des lh~mes d'dtudes qui doivent en assurer le succ~s.
L'anesthdsie en endoscopie m'a permis de b~n~ficier de la colla- boration combien pr~cieuse de Jacques Raickman, secrdtaire gdn~rai des anesthdsistes de langue fran~aise.
Sans lui, m a t~che etit dt~ ingrate et p~rilleuse. Avec lui, toutes les difficult~s se sont dvanouies. II m~rile toute notre gratitude.
L'ulilisation des endoscopes d fibres de verre constilue un des progr~s essentiels des cinq derni~res ann~es. Une ~tude exhaustive de ce nouveau proc~d~ d'endoscopie s'imposait et sera le deuxidme thOme de notre congr~s.
L'endoscopiste ne doit pas seulement voir de ses y e u x les aspects pathologiques des organes digestifs, respiratoires, urinaires ou .q~nitaux, mats il doit aussi jouer un r61e d'enseignant dans nos universitds et clans nos unitds de recherches. La tdl~vision en couleurs est appel~e (1 rdvolutionner l'endoscopie en agrandissant les images endoscopi- ques tout en conservant la [iddlit~ du relief el des teintes, en permet- rant de r~aliser des examens collectifs et de constituer des archives enregistr~es sur magndtoscope.
Enfin, la microscopie en relief nous rdserve des applications m~di- cales de grand intdrdt, el nous altendons avec impatience la r~v~lation des travaux originaux du professeur Vulmi~re el du docteur Rose.
Docteur RO6ER CRIS~MER.
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