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Douleur et Analgésie : Article pp.110-111 du Vol.20 n°2 (2007)

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ASSOCIATION

Les ailes du regard. La douleur chez l’enfant polyhandicape´

Relaxation, hypnose et migraine de l’enfant *

Deux DVDe´dite´s et produits par l’association Sparadrap

Ces deux films traitent de la douleur chez l’enfant et des moyens de l’aborder pour le mieux-eˆtre des petits patients.

Meˆme s’il ne s’agit pas du cancer, nous pouvons nous inspirer des me´thodes, des techniques et de l’abord psychologique de l’enfant malade ou souffrant graˆce a` ces petits films simples et re´alistes. Un enfant regardera avec inte´reˆt le film sur l’hypnose et la de´dramatisera. Des parents et des enfants handicape´s comprendront mieux l’inte´reˆt des e´chelles d’e´valuation de la douleur avecLes ailes du regard.

Les ailes du regard

Comment soulager un enfant qui ne peut pas exprimer sa douleur ? Telle est la question pose´e par le film de l’e´quipe de l’hoˆpital de l’Assistance publique-Hoˆpitaux de Paris de San Salvadour. La confection d’une grille d’he´te´ro-e´valuation de la douleur, cre´e´e a` l’initiative de Patrick Colignon, avec la participation de toute l’e´quipe, permet de trouver une double re´ponse :

Du c oˆ t e´ du jeune patient

Le jeune polyhandicape´ est tre`s douloureux, car tre`s spastique. Il n’a pas pu e´laborer certains stades du de´veloppement, comme le stade oral ou` le be´be´ met tout dans sa bouche et apprend a` supporter des contacts divers et e´tranges. Ce stade de l’oralite´, s’il n’est pas traverse´

psychiquement et physiquement, va litte´ralement empeˆcher toute intervention dentaire et se traduire par une tre`s forte angoisse et un ve´cu tre`s douloureux des soins de bouche. On observe, avec la dentiste de l’e´tablissement, que la douleur aigue¨ peut eˆtre limite´e de`s que l’on comprend son origine et

que l’on proce`de par la douceur a` une habituation progressive a` un geste anticipe´ comme douloureux.

La douleur chronique est interpre´te´e par ces soignants comme une pulsion, souligne le cadre hospitalier, qui conduit le patient a` la crise. Les soignants estiment qu’il ne s’agit pas d’ane´antir la douleur et, du meˆme coup, d’oˆter la re´activite´ du jeune patient, mais de l’utiliser comme le levier d’un e´change qui aboutira a` un apprivoisement de la douleur. Ainsi, le patient redoute moins les interventions, il est totalement pre´sent a` son monde et peut poursuivre des activite´s et a minimades e´changes avec autrui. En effet, si l’envahissement total par la douleur provoque le repli, la se´dation de la douleur peut entraıˆner l’extinction comple`te de la relation.

Du c oˆ t e´ des soignants

Les soignants ont travaille´ en commun, ils ont mis au point une grille, la DESS (disponible sur www.cnp.fr/polyhand) qu’ils utilisent de manie`re re´gulie`re avec chaque patient. Pour toute manifestation de douleur, une nouvelle grille est remplie. Elle concerne les expressions de la douleur. Celles- ci sont connues des soignants qui observent et connaissent le comportement quotidien des patients. Ils savent identifier les signes d’appel (les pleurs, les mimiques, les ge´missements), les signes moteurs (au niveau du tonus et de la motricite´), enfin les signes de re´gression psychique. Ces signes sont cote´s selon qu’il s’agit de manifestations habituelles, douteuses, pre´sentes, importantes et extreˆmes. La reconnaissance d’une douleur nouvelle ou au contraire d’une douleur chronique, comme celle qui e´mane, pour une jeune fille, de la luxation des deux hanches ne lui permettant pas la position assise, va confduire a`

la discussion d’une indication chirurgicale pour la soulager. La grille permet aussi d’ame´nager les corsets-sie`ges afin de pouvoir faire be´ne´ficier les enfants de la position assise, bien commode pour peindre avec sa bouche quand les deux bras sont difficilement mobilisables.

L’utilisation de la grille, graˆce a` sa construction commune a` l’e´quipe, e´limine quasiment les conflits autour de la

*Article paru dans Psycho-Oncologie vol 1, 2: 141-2 Doul. et Analg. (2007) Nume´ro 2: 110–111

©Springer 2007

DOI 10.1007/s11724-007-0046-3

Cet article des Editions Lavoisier est disponible en acces libre et gratuit sur archives-dea.revuesonline.com

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diffe´rence de perception des difficulte´s des patients et, surtout, facilite la prise de de´cision the´rapeutique. On peut donc conclure que la connaissance du comportement de base de l’enfant par son soignant re´fe´rant et l’apport des donne´es objectives de la grille non seulement pacifient les situations douloureuses mais ame´liorent aussi les rapports des e´quipes autour de la prise en charge des enfants.

Les soignants se sentent beaucoup plus implique´s dans cette grille du quotidien qui leur permet de jouer pleinement leur roˆle utilitaire en de´tectant la douleur. Les parents peuvent e´galement remplir la grille, car ils connaissent bien leur enfant.

La confiance se construit, l’enfant se sent mieux, il be´ne´ficie de meilleurs services comme le tre`s spectaculaire de´coupage de coques de mousses destine´es a` rendre leur sie`ge plus confortable et a` limiter les plaies lie´es au frottement.

Un excellent exemple de travail en commun autour d’un projet indispensable : comprendre et traiter la douleur des enfants handicape´s, ame´liorer les relations des membres de l’e´quipe soignante confronte´e a` des patients souvent mutiques, diminuer le malaise des soignants confronte´s aux manipulations douloureuses mais ne´cessaires de ces enfants tre`s sensibles.

Relaxation, hypnose et migraine de l’enfant

Le Centre de la migraine de l’enfant ( w w w .m i g r a i ne - e nf a n t .o r g ) s e trouve a` l’hoˆpital Armand-Trous- seau a` Paris et propose aux enfants l’apprentissage de l’autohy- pnose et de la relaxation pour calmer leurs acce`s de migraine.

Deux films figurent sur ce DVD, une version courte (7’30) facile a`

regarder pour les enfants. Une ver- sion longue (32’13) plutoˆt destine´e aux professionnels.

Des enfants sont filme´s pendant une se´ance et racontent tre`s naturellement ce que leur apporte l’autohypnose. La migraine, ils connaissent ! Cette douleur chronique a des conse´quences tre`s importantes dans leur vie (fatigue, isolement, difficulte´s relationnel- les). L’objectif du petit film n’est pas de parler de l’e´tiologie ni du traitement me´dical de la migraine. Ici, c’est du confort dont il s’agit, de l’apprentissage d’une me´thode simple avec un « spe´cialiste » (il n’est pas fait mention du psychologue), et de l’autonomie retrouve´e dans l’application, quand l’enfant en a besoin. Le discours des psychologues insiste sur l’imagination : « - Pendant une se´ance d’hypnose, tu ne dors pas, ton imagination travaille beaucoup. Tu peux te retrouver dans un paysage que tu aimes. Tu peux imaginer un environnement familier que tu aimes. Pour limiter les douleurs et les peurs. » La voix douce, le calme, permet aux enfants de se de´tendre comple`tement en toute confiance. Petit a` petit, ils utilisent la relaxation puis l’autohypnose seuls et ont le sentiment de plus de liberte´. Le film destine´ aux professionnels n’est pas plus explicatif sur les mode`les the´oriques, il a plutoˆt l’avantage de montrer comment se de´roulent les se´ances, ainsi que leur efficacite´ sur le bien-eˆtre des enfants. Il ne de´veloppe pas non plus les diffe´rentes applications en pe´diatrie, ce qui est un peu dommage.

L’hypnose est en effet inte´ressante pour les examens douloureux comme les ponctions lombaires. Elle peut aussi eˆtre utilise´e pour les positions inconfortables qui doivent eˆtre tenues longtemps comme dans le cas des irradiations corporelles totales.

Au fond, ce petit film pourra largement constituer le mode`le d’autres documents tout aussi pe´dagogiques sur les nombreux progre`s de l’accompagnement the´rapeutique.

Avec tous nos encouragements a` l’association Sparadrap pour ses efforts envers les enfants malades et leurs soignants.

Marie-Fre´de´rique Bacque´

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