Séminaire "Sophus Lie"
P. C ARTIER
Théorème de conjugaison des algèbres de Cartan
Séminaire "Sophus Lie", tome 1 (1954-1955), exp. no15, p. 1-5
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15-01
Exposé n° 15
THÉORÈME DE CONJUGAISON DES
ALGÈBRES
DE CARTAN P.CARTIER,
(Exposé
de P. le8.3.1955) Séminaire "Sophus LIE"
E.N.S., 1954/55
1. -
Préliminaires de géométrie algébrique
Nous
rappellerons quelques définitions
etrésultats
du livre deChevalley
sur les groupes
algébriques.
Soit V un espace vectoriel de dimension finie sur un corps K
infini ; K [V] désigne l’algèbre
defonctions (à
valeurs dansK ) engendrée
par lesfonctions
constantes et les fonctionslinéaires.
K[V]
est unealgèbre graduée
isomorphe
à l’algèbre symétrique
le dual V* deV ,
leséléments
dedegré
0
étant
les constantes et ceux dedegré
1 les fonctionslinéaires.
Lesélé-
ments de K
[V] s’appellent
les fonctionspolynomes
sur V ce sont les fonc-qui s’écrivent
sous la forme d’unpolynome
parrapport
à unsystème
decoordonnées quelconque.
Une
application
f de V dans un espace W de dimensionfinie,
est ditepolynomiale
si pourtoute P ~ K ~ W ~ ;
pourqu’il
en soitainsi,
ilsuffit que Pof E !{
[y]
pour Plinéaire
sur W. P -t Pof est un homomor-phisme
de K dans K[V] qui
envoie 1sur 1 ; réciproquement, soit
un
homomorphisme
de dans K[V]
avecC? ( 1)
= 1 . Si P estlinéaire
sur W est pour v £ V fixe une fonction
linéaire
en P donc~ (P)(v) = P , f ~v) ~
où f est donc uneapplication polynomiale
de V’dans
W 9
or on a Pof pour P constante et Plinéaire,
donc pourtoute
puisque
ces fonctionsengendrent K [W] .
Enparticulier
siV =
(0)
K[V]
donc leshomomorphismes ~
0 de K~~~d~
dans K corres-pondent
auxéléments
de W.Si f : V W est
polynomiale,
pour toute Plinéaire
sur onpeut
décomposer
Pof en sescomposantes homogènes,
d’où l’on voit facilement que f = fn ,f étant
uneapplication polynomiale
telle que Pofn, soit la
composante
dedegré
n de Pof. Si f et g sontpolynomiales,
il. est clair quegof
l’est aussi.f m et g = gn (m01) , je
vais montrer que les com-posantes
de degré m0n0 deh = gof
sont nulles et que hm0n0 = gm0 ofn0 ;comme il faut examiner les
composantes
de Poh =(Pog)of
pour Plinéaire
on se
ramène
tout de suite au cas où g est à valeurs dans K. Soit d’abord ghomogène
dedegré
n g =~ P..
où les P sontlinéaires.
Mais alors.j . i : 1~J
P .. of = ~
etgof = ~
=chaque
termem
r~
J ~ m . ~ i,
z’ Jde cette somme
ayant
ledegré ~.r~. ,~ nr~
0 car les r~. i sont au moinségaux
f
n’ayant
pas de termes dedegré m0 .
Donc iln ’y
a pas de termesde
degré m0n
dans h et pour obtenir le terme dedegré
il faut faire tous lesmi égaux
àm0
car f n’ a pasde
ternes dedegré 0 (m01)
c’est-à-dire qu’ on
obticnt les termes dudéveloppement
degof
. Commema
g =
les gn étant homogènes
dedegré
n , on passa de làimmédiatement
au cas
général.
eSi f es t une
application polynomiale
de V dnnsW 9 f (v
+X) - f(v) =
=
0394f(X , v)
estpolynomiale
en X pour v ~Vfixé
et sacomposante
dedegré 1,
soitdf(X, v) = s’appelle
ladifférentielle
de f en v ;. est une fonction
linéaire
de X . Soit h =gof
etw ~~
on a alorsOr 0394
f et0394
g sont sans termes constants donc enprenant
les termes dedegré
1 dansl’égalité (1)
on trouve( dh) v
= ...
Supposons
que pourun
vdonnée (df) v applique
V sur yJ et prenons dans laformule ( 1)
une fonctionpolynôme
P pour h. SiP ~ 0 ,
Ls P(X , .w~ ~ Q ~
soit.~
Pm son terme de
plus
basdegré. D’après
la formule~ i ~
et cequ’on
adéjà démontré 9
le terme dedegré
m deA.
h estégal
à0394 P o(df) qui
estdifférent
de 0car (df) applique
V surW ,
doncd, h ~
0 et h =Lemme s Soit f une
application polynome
de V dans Wtelle que pour
. un v
donné (df)v applique
V sur W . Alors si le corps Kest algébrique-
’ ment clos pour toute fonction polynôme
P ~
0 surV,
il existe une fonctionpolynome Q ~
0 sur Wtelle Que si
w n’ annule il soitl’ image
parf d’un V qui n’ annule p as P.
a) D’après
cequ’on vient
devoir,
P ~, Pof est uneapplication biunivoque
de K
[W]
dans K[V] .
Leséléments
de Vcorrespondant
auxhomomorphismes
~ 0
d eK [V] dans K ,
il suffit de montrerqu’on peut trouver Q~K [W]
non nul tel que tout
homomorphisme
de K dans Kqui
n’annule pasQ
se
prolonge
en unhomomorphisme
de K[V]
dans Kqui
n’annule pas P.b)
Posons A =K [V]
etappelons
Blainage
de dans h . ~"~ a unnombre fini
z 1 . , . z h
degénérateurs ;
posons = donc~ ~ 0 s~ 9
= B et’~k~ ~ - ~~ ~~ r ~ z ~ . k
Si l’an supposequ’on
sa che faire le pas def~
àf~+~
on trouvera successivement tel que tout homomor-phisme
de, dans Kqui
n’annule pasP 1
seprolonge
en unhomomorphisme
de A dans K
qui
n’annule pasP , puis f~~
tel que tout homomor-phisme
de~~
dans Kqui n’annule
pasP2
soprolonge
en unhomomorphisme
,
de
~~
dans Kqui
n’annule pas etc...c)
Soit donc C et D =C [z]
deux anneauxd’intégrité
etp ~
0 dans D .Si z ne
vérifie
aucuneéquation algébrique
à coefficients dansG ~
D estl’anneau dos
polynômes
on z s. coefficients dans C et p a aumoins
un coefficientv ~
0 . Soit f unhomomorphisme
de C dans K et P lepoly-
none à coefficients dans K obtenu en
appliquant
f aux coefficients de p . Si0 ,
ona P ~ 0 ,
donc il existe avecP(b) ~
0 etsi f
est
l’homomorphisme
biendéterminé
de D dans Kqui prolonge
f et envoiez sur
b ,
on af(p) = P(b) ~ 0 ,
donc touthomomorphisme
de C dans Kqui
n’annule pas a seprolonge
en unhomomorphisme
de D dans Kqui
n’annule pas p .
Si z
vérifie
au moins uneéquation algébrique
surC ,
pourdéfinir
unhomomorphisme
f de D dans Kprolongeant
unhomomorphisme donné
f deC dans K et
vérifiant f(z)
=b ,
il faut cherchervérifiant
toutes leséquations P(b) =
0 où P est lepolynôme
obtenu enappliquant
f auxcoefficients d’un
polynôme
Pannulé
par z . SoitP(z) =
0une équation
de
degré
minimal pour z ,P(Z) = E
si Q est un autrepolynome.
l’identité
de la divisions’écrit aknQ(Z)
=U(Z)P(Z) + V(Z)
aveck
assezgrand
etdeg V deg
P’ .Si Q( z)
~a ,
on endéduit, V(z)
=0 ,
donc V = 4 .par raison de
degré
etnkQ(Z) =
par suite sif(a ) ~
0 etP (b) - C
on endéduit Q(b) =
0 et doncQ(b) =
0 . Orpuisque
Kest
algébriquement clos.
il existe b E K avecP(b)
=0 ,
donc f a unprolongement
f pourvu quef(an) ~
0 . Maintenant toutélément
de Dvérifie
une
équation algébrique
sur Cpuisque
le corps desquotients
de D estalgébrique
sur celui deC p
soit doncH(p)
=0 ,
H uneéquation
dedegré
minimum pour n 9 donc enparticulier H(0) ~
0 . Or deH(p) =
0 ontiré
H(f (p} ) ~
0 d’où sif(H(0)) ~
0 0car
=f ( H ( 0 )) ~
0 . ,En
résume
si f n’annule pas aH(0) ~
elle n’annule ni l’un ni l’autre etse
prolonge
en f avecf(p)/~0
C.Q.F.D.
2.-
Application
auxalgèbres
deLie
. Le corps K est
a-lgébriquement
clos decaractéristique
0 . Soit(~
une
algèbre
de Lie sur K unesous-algèbre
de Cartan deg ,
C~= ~+ ~
ladécomposition associée.
On saitque
tl g03B1, g03B2 ] g03B1+03B2 ,
donc pour X~g03B1 ,
adXapplique g03B2
dansg03B1+03B2
et
adkX applique
d.ansgg+k03B1 ;
comme les racines de(?
sont ennombre
fini,
il enrésulte
que adX estnilpotent.
Onpeut
donc former exp ad X =c"-(X) qui
est unautomorphisme
de6? (cf. Exp. 5 ) ; numérotons
les racines
de g
demanière
arbitraire etconsidérons l’application
f ~
(X~ ,
... , >X~ , H)~~(X~)
...o-(X~)’H
de~~
...dans
(X .
Nous allons calculer ladifférentielle
de f aupoint
(0 , ..1 , 0 , H0) ,
or(2) f(X1 ,
... ,Xn , H + H0) = 03A3 [Xm11 , [Xm22
.-H] ...Y mi !
+. +
Z [... ...] / mi !
où l’on poseY]
=les termes contenant H sont de
degré
mi
+ ... + m
n +1 et ceux contenant
H~
dedegré m.
+ ... +m .
Les termes dedegré
1 de(2)
sont donc H et.[X~ , H~]
donc ... ,X~, H; 0 , ... , 0 , H~)
==H-~2I[X~ ,
supposons que o
(H0) ~ 0
alors ledéterminant
deadH0 dans g03B1
qui
estégal
à~~(H~)
estdifférent
de 0 etH ; 0 ~ IL.)
= 0implique X~
== 0 . df est donc unisomorphisme
de~
dansUL
aupoint
(0 , H..)
cequi permet d’appliquer
lelemme
s donc si G est le grouped’automorphismes
de(A engendré
par lesc"(X)
pourX&~~~
il existeun
polynôme Q ~
0 sur tel que toutélément
de0~ qui
n’annule pasQ
soitconjugué
par G d’unélément
Hde h
avec03B1(H) ~ 0 .
L’ensemble des
éléments réguliers
deg ,
soitR ,
estdéfini
par la condi- tion(P,(x)~0
où~.
est une fonctionpolynôme
sur~
nonnulle ;
d’autre
part
R’ est invariant par tous lesautomorphismes
deg
par sadéfinition même,
enparticulier
il est invariant par G . Soit doncavec
Q(x) (~(x) ~ 0 ~
on a~~(x) ~
0 donc x estrégulier
et 0donc
x=g.H
avecJf~(H)~0
et donc H estrégulier.
o(
° "
15-05
Or0) = ~ = ~(H’ , 0)
si~~(IT) ~0
donc H~ est aussirégulier ;
enrésume
toutx~g régulier
tel que 0 estconjugue
par Gd’ un
élément régulier de ? .
f est une autrealgèbre
deCartan,
il existe demême Q’
toi que si0 ,
xrégulier
estc.onju-
gue
par G’ d’unélément régulier
deLB ’ .
G et G’ sont tousdeux
conte-nus dans le groupe A
d’automorphismes
deC~ engendré
par les exp ad X pour ad Xnilpotent.
SiQ(x)Q’(x)
est nonnul,
xrégulier
estconjugué
par A à la fois d’un
élément régulier
H deh
et d’unélément régulier
H’
de h ’ .
Donc H et H’ sontconjugués par
A etcomme h
=g(H , 0)
~
=~(H’ ~ ~) ~.
et~’
sontconjuguées
par A .Finalement~
on a lethéorème
suivant :Théorème : Soit h
unesous-algèbre
de Cartan de0152 ;
toutélément
Hde L
qui n’annule aucune des racines deg suivant h est régulier
etdonc h= g(H , 0) .
Deplus
deuxsous-algèbres
de Cartan deg
sontconjuguées
par unélément
du groupe ,Ad’automorphismes
deg engendré
par les exp ad X