Série Probabilités et applications
G ÉRARD L ETAC
Mesures sur le cercle et convexes du plan
Annales scientifiques de l’Université de Clermont-Ferrand 2, tome 76, sérieProbabilités et applications, no1 (1983), p. 35-65
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MESURES SUR LE CERCLE ET CONVEXES DU PLAN
Gérard LETAC
Un i vers i té Paul
Sabatier (Toulouse) .
~ 1. Introduction . ’
(voir (*) page 36)
La théorie de la mesure, telle
qu’elle
estenseignée
dans la 3ème année desuniversités, paraît
àquelques
uns abstraite etrepliée
surelle-même ;
certains citeront lesprobabilités
et la théorieergodique
comme une de sesappl i cati ons ;
on pense
aussi ,
maisplus rarement, aux représentations intégrales
variées del’analyse parmi
ses utilisationspossibles.
Le but de cet article est d’en donnerune
application
à lagéométrie
élémentaire en mettant enbijection
un ensemblede mesures
positives
sur lecercle F = 1
E IR} avec
lafamille e
desconvexes fermés bornés
(= compacts)
non vides duplan, convenablement quotientée.
Plus
précisément,
onappellera
l’ensemble des mesurespositives s(dd)
surle cercle r
(identifié
avecE 0,2TrE )
telles queCeci
peut
être vumécaniquement
enimaginant
s comme unerépartition
de masse surr dont le
barycentre
est le centre, ou defaçon probabiliste,
enimaginant
unevariable aléatoire X à valeurs dans r c dont la loi est Alors
l’espé-
rance de X est
(0,0). Insistons
sur le fait que r estcompact
et donc que lesmesures sur r sont bornées.
Rappelons qu’une partie
C deIR 2
est dite convexe si pour tous et(x2 y,) de
est dans C.La
famille
des convexescompacts
non videscomprend
parexemple :
Ex. 1.1. C =
{(0,0)}
Ex. 1.2. C = 1 e
segment d’extrêmités ± (-!-
cosa, k 2 sin a),
avec k >0.Ex. 1.3. C = le
di sque 1 (x,y) ; x~ + k2
avec k >0Ex. 1.4. C = le
polygone
convexe, défini commel’intersection
desdemi-espaces
(*) Le
présent
travail est le texte d’une conférence faite en avril 1982 au"Séminaire
d’Enseignement
desMathématiques après
Baccalauréat" animé par de Toulouse. Je remercie les Annales de la Faculté des Sciences de Clermont d’accueillir un articleexpositoire,
destiné à des étudiants du 1er et 2èmecycle
desuniversités,
maispeut
êtrecapable
d’intéresser desprofession-
nels
non-spécialistes. D’après
monenquête,
cette dernièrecatégorie
de mathé-maticiens semble extrêmement
nombreuse;
yappartenant, je
dois direque j’ai
considéré ces
questions
pour avoir eu besoin d’un outilanalytique
pour décrire le convexe aléatoirequ’est l’enveloppe
du mouvement brownienplan pendant
unintervalle de
temps
donné.(on
notera l’abus delangage qui appelle "polygone
convexe" cequ’on appellerait ,-polygone
convexe et sonintérieur" habituellement.)
Ex. 1.5. C = le
tri angl e
deReuleaux,
défini comme l’intersection de troisdisques
fermés de rayon k et centrés sur les trois sommets d’un
triangle équilatéral
decôtë k, respectivement :
Sur cette famil le
LOI
on introduit une relationd1équivalence ai nsi :
siC 1 et C
sontdans ~
on dit queC
etC
sontéquivalents (C 1 ~, C2)
si il existe(a,b)
dans 1R tel que le translaté de
C 1
par(a,b)
estC 2 = C 1
+(a,b).
Parexemple
deux cercles de même rayon sont
équivalents,
mais deux carrés de même côté ne le seront pastoujours.
Onnote ~ = ~/ ~
1 ’ ensembl equotient.
,
Le but de cet article est donc de construire pour tout C
de la
une mesureSc
de"o
telle ues
=s
2 si et seulement siC
’) autrement dit t unebijection
de ~ ©
sur~.
Cettebi)eÉtion,
pour êtreintéressante,
aura naturellement despropriétés
de continuité et de linéarité. Cela nouspermettra
de sui vre une trad i -tion
cartésienne, puisque
nous pourrons traduireanalyti quement
despropriétés géométriques
des convexes .Tout ceci est-il nouveau ? Non certes, mais c’est peu connu : les
géomètres
di fférenti el s aiment le cas
lisse,
1 esgéomètres
"tout court"aiment le
raison-nement géométrique,
lesanalystes
numériciens considèrentIRd
autant que~2.
Curieusement,
cette mesure-longueur
d’ arc d’ un convexe semble n’être connue quedes
experts
enfonctionsentièresd’une
variablecomplexe [7] qui
nepoussent guère
en direction desapplications à
lagéométrie.
Notre travail se
partagera
en deux moitiés : la construction de la mesuresç,
qui
n’ est autre dans le cas "lisse" que la mesure"longueur d’arc",
et les ap-plications :
courbes delargeur co ns tante ,1 nég al 1 té 1 so péri métri que , inégalité
de Brunn~Mi nkowski . , ainsi que l’étude de la condition de convexité ’
des coordonnées
polaires.
§ 2.
La foncti onDésormais nous orientons le
plan IR2
descouples
de nombres réels de sorte que1 C (0,1))soit
une basepositive
etIR2
sera muni de sa structure euclidienne usuelle. Si C estdans LO ,
sa fonctionsupport h C
est une fonction sur IR depé-
riode
2-n-
, définie parPuisque
C estcompact
et que(x,y)
’2013> x cose +ysin8
est continue surC,
1 ’ exi s-tence d’au moins un de C tel que
h (e) = x
cose +yo
sine ne fait pas dedoute. Notons aussi que
(0,0)
E C si et seulement sihC
est une fonction ~ 0.Pour 9 dans
1R,
on considèreégalement
la droite affine :le demi espace fermé :
et la face de C :
qui
n’est pastoujours
réduite à unpoint :
pensons au cas d’unpolygône (Ex.~.4.~..
Quand
le contexte seraclair,
nous oterons l’indice C àh,D,E
ou F. Avant d’étudier lesexemples du §
1 faisonsquelques
remarques :Proposition
2.1 : Si C EC,
al ors C = 0l’application
Ci-> hC
est i n-jective
et : eDémonstration : C - 1
= Q EC(8)
6 C est un convexequi
contient C. Si(x0,y0)
o o eC
1 ‘C,
alors onpeut
trouver 6 tel qued’après
le théorème deHahn-Banach,
cequi
est une contradiction.Or la connaissance
de hp
donne celle de tous lesEC(e) ;
on en conclut quehci = hC2 implique C 1= C 2- (2.2)
est évident.Passons les 5
exemples
du§1
en revue :et en
oomplétant
de sorte queh c
ait lapériode
2~.1.4 : On fait
ici l’hypothèse
que tous les sont"utiles",
c’est-à-dire queLe calcul montre alors que
pour
j=1,...,n ,
, en convenant tLe théorème suivant est essentiel :
Théorème 2.2. Si les dérivées à droite et à
gauche hct
et dehc
existentpartout
et sont continuesrespectivement
à droite et àgauche.
Deplus,
si une-+ + 2
base
positive
affineorthogonale (A, AI, AJ)
est choisie dans IR telle que A et 1appartiennent
àDC(8),
et J àEC(6),
alors la faceFC(e)
= E MN 1 est définie par :Démonstration :
Adoptons,
pour letemps
de I adémonstration,
la convention sui--+ -7
vante : si u et v sont des
réels, (u,v)
est lepoint
B tel que AB = u AI + v AJ . Considérons alors tel que(u,v) e
C} .
Le cas a=b est trivial et
correspond
au cas où C est unsegment orthogonal
àcas
qui peut
facilement s’étudierséparément. Supposons
désormais a b.Si u e définissons les nombres
f~u~
etg~u~
par ={v
Il est facile de vo i r que f et g sont des fonctions
respectivement
convexes etconcaves sur
L’ensemble (u ; f(u) -- 4 t
est un intervalle[0,8]
contenudans
Ca,bl qui
est non vide. Dans le nouveausystème
d’axes,l’origine
deIR
estmaintenant
(y, h(8)).
L’énoncé du théorème estéquivalent
àContentons nous de montrer
2.3, puisque (2.4)
est similaire.En tant que fonction convexe sur
[a,b],f
a ’une dérivée à droitefd
surCa,bC
et à
gauche f’g
surla,bl ,
continues à droite et àgauche respectivement.
Deplus
fà = f
surja,b[
sauf aupl us ~en
un nombre dénombrable depoints (voir
[ 6 ~ Tome 2page
136 ).
Prenons mai ntenant un nombre m dans l ’ interval le ouvertalors il l existe un intervalle
u1 (m)]
tel queDémontrons maintenant
(2.3)
sousl’hypothèse B b , laquelle implique
1 im > 0. Il existe donc e >
0,
assezpetit
pour que 0tgc
1 imfl(u).
uib utb d
Observons que le
point (u(tgE;, fEu(tgc)]) appartient
à oùu(tge)
estdéfini par
(2.5}.
Onpeut
alors écrire la relation entreu(tge)
eth(6+e)
àpartir
de
l’équation
deDc (e+c) :
:Donc 1 ~~ >
0 , i etd’après (2.6)
on obtientPour terminer la
démonstration,
il faut encore considérer le cas 3=b, qui
est facile : à
partir
del’équation
deDc(e+c) :
pour E > 0 assez
petit,
et(2.3)
s’ensuit. DLe
prochain
résultat estplus
facile àétablir,
il concerne une sorte de con- ti nui té dehC
parrapport
à C :Proposition
2.3. Soient C et(C
n)00
1dans C
tel s que ou bien n n pour tout n, et C est la fermeturede
Cn , ou bien C )
C
pour tout n et= oo n
C . ,n
est une suite monotone pour tout 6 et a pour limite
n =1 C
De
plus
h¿ n,g (8)
et onth[(6) pour limite,
pour tout e tel que(e) =
Démonstration :
Supposons
d’abordC n c C .
pour tout n. Alorsh
(31 s h (0) s hc(0)
" découle de la définition(2.1).
Si limh (8) =h h (8)
n--+--
Cn
~
il 1 exi sterai t une droite affi ne
D’ paral lèl e
àDc(6)
~ tell e que0c(e)
" et nCn
seraient dans
deux oe demi-plans
ouvertsdisjoints
de frontièreD’ ,
cequi
contreditC = fermeture
de uc n* n=1
Si maintenant 3 est un
point
d’existence deh’C(0), d’après
le théorème 2.2. la face b est réduite à 1point
M. NotonsFC (6) = CM , N1 . Puisque Mn
est dans, oo n n n n
le
compact C,
soitM
dans C et suite croissante d’entiers telle que0 B k-1
Mn k->oo Mo. Puisque
les coordonnées(x ,y )
deMn sati sfont :
"
et
puisque h C (8)
n-+m > on a doncM
EFC(8),
ouMo =
M. Ceciimplique
faci-o
lement que M ’ n n--m
n - M et
de même N - M. nD’après
’ le théorème2.2. ,
,.
, La démonstration dans te cas >
est tout à fait
semblable. D
§3 , La
ïhéorème 3. 1. Si
CEt;,
les deux fonctions suivantes sur 1Rsont non
décroissantes,
etrespectivement
continues àgauche
et à droite. Deplus
si h’
(81)
et h’(82)
existent et si 0 _82 - 2Tr,
alorssd(02) - sd(81)
estla
longueur
de l’arc de la fronti ère de C défini par u .01002
Avant de passer à la démonstration -
simple,
car le travail difficile a été faiten
§2 -
fai sonsquelques
remarques.Désignons
par E l’ ensembl e des e tels que~(9L
c’est-à-dire oùhl (8)
n’existe pas. Alorssu
ets
coïncident surle
complémentaire
deE, qui
est leur ensemble depoints
de discontinuité. Commeune fonction croissante n’a
qu’un
nombre auplus
dénombrable depoints
de discon-tinuité,
le théorèmeimplique
que E est auplus
dénombrable. Il n’étaitqu’intui-
tivement
évident,
mais pas si facile à montrer n’est pas unpoi nt }
est au
plus
dénombrabl e.a Notons
également
que e ~>f h(a)da étant conti nûment dérivable,
on déduit
o
du théorème 3.1. que et
hd
sont des fonctions à variation bornée.Démonstration du théorème 3. I. Le théorème se
vérifie
directementquand
C est unpolygone
convexe et nous ne le ferons pas. Dans le casgênéral,
on considère unesuite
(M )00 1
densesur 3 C ; baptisons
Cl’enveloppe
convexe den n-1 n
00 1,...,M n
Il est clair que n n ~ et que C est la fermeture de u
Cn.
Doncsc
19 etn=l n
n’9
SC d
sont non décroissantes et,d’après
laProposition 2,3, convergent
verssC
n’ - C,99
et
sC,d
sur lecomplémentaire
de E.sC,g
etsC d
sont non décroissantes surle
complémentaire
de E.Puisqu’elles
sont continues àgauche
et à droite respec-tivement,
elles sont non décroissantes sur tout ffi6Quant
àl’interprétation géo- métrique
desd( 82) - sd(81)’
elle découle de la définition même de lalongueur
d’un arc comme limite de somme de
Riemann, puisque
Passons alors à la définition la
plus importante
del’article :
1
Si C estdans "
> la mesure -longueur-d’arc sc(d8)
est la mesurepositive
sur 1 e cercle r
/
2x Z définie parpour
61
et8Z points
de continuité de .Avant de travailler les
exemples, observonstroiy faits
concernant la mesurelongueur
d’ arc : ,1)
Tout atome e de la mesures~ correspond
à une faceF~(6)
non réduite à unpoint,
et la masse de l’atome est lalongueur
de(Théorème 2.2.).
2) Rappelons qu’on appelle support
d’ une mesure i ecomplémentaire
duplus grand
ouvert de mesure nul le. Or un ouvert de IR ou de
ffi/2TIl
est une réunion aupl us ,
dénombrable d’intervalles ouverts 2 à 2
disjoints.
A chacun de ces intervalles deR/2xZ
de mesure nulle poursC-di sons
1 ’ 2correspond
un -.-point
-, . - ...anguleux
- ---. - . de C.°
3)
Convenons de dire que le convexe est lisse si existepartout
et est absolument continue. Dans ce cas :Etudions maintenant
Sp
sur lesexemples du 9
1 :Exemples :
1.
(C
est unpoint) :
= 0 .2.
(C
est unsegment
delongueur
k etparallèle
à ladirection a ) :
.(ici 6a
est la masse unité sur lepoint a ).
3.
(C
est undisque
de rayonk)
= k de4.
(C
est unpolygône )
où
mi
J =longueur
du côté L j5.
(C
est letriangle
deReuleaux) SC(d8)
= kIIA(0)d0,
Voici
maintenant
despropriétés
de lamesure-longueur d’arc ;
~rappelons
avant cequ’est
la"somme"
de deux convexes : SiC
etc
sontdans
,si :B1
etA
sont ~
0,
on considère le nouvel élément de :On a déf i ni
M
dansl’introduction
commel’ensemble
des mesures s ¿ 0 surr = telles que
i 1 r2 s(d6)
= 0o
Théorème 3.2.
pour tout C de
L’idée de la démonstration est de reconstruire
h.. a partir
desC .
On le fait par 1 e 1 emme suivant :
Lemme 3.3. Si C est dans
,
il existe des nombres a et b tels quepour
où
sC
est la mesure sur IR(et
non surR/2zrZ)
définie parpour tous
points
de continuité des....
Ce lemme est évident dans le cas lisse de la remarque
3,
il suffit de résoudrel’équation
diffërentietle en h : h"+h = p sip~8 ~d8 - s(d6).
Le casgénéral
estplus
dél icat :Démonstration du lemme 3.3. Ici encore, le lemme se montre directement
quand
Cest un
polygone
convexe, et nous n’allons pas le faire. Dans le casgénéral,
onapproche
C par une suite croissante depolygônes
convexes comme dans la démons- tration du théorème 3.1. Posons poursimplifier hc hn, h C = h ,
etc...on a donc : n n
pour tout a et
hl (8)
->hl8>
pour toutpoint
de continuité de n , g n->oo 9 _û.
s . *
Donc,
par convergence monotone9 pour tout e>0 ,
et
Sn g(6) 2013~ s 9 (6)
pour toutpoint
de continuité de s . Donc la suite desmesures
(non bornées...)
convergevaguement
versÎ. Maintenant,
pour toute mesure 03BC sur R notons par03BC*
sa restriction à] 0,+oo [;
alors(sn)*
con-verge
vaguement
verss~
mais la restrictionde sn
à[0,+co)
ne converge pas né-cessairement
(car [0,+oo)
n’est pasouvert). Cependant,
il existe une sous suite croissanted’entiers
et une mesure v sur[0,+00(
telles que la restric- tion des nk a F0,+co[
convergevaguement
vers v ; on obtientégalement
Prenons maintenant 0 >
0,
et la fonction sur définie parv
Donc, puisque f 9
est continue àsupport compact
sur[0,+00):
Introduisons alors les réels
an
etbn
tel s quesont
bornées,
onpeut
extraire une nouvelle suitetelle que lim
am
et lim b existent. Donc il existe bien’deux nombres a et bk
mk
tels que
Démonstration du Théorème 3.2 :
1) D’après
le lemme3.3,
pourPuisque
, on obtient :pour tout e 2
0 ,
et doncest
évident
àpartir
de la définition deSc
et de laproposition
vient du lemme 3.3.
3)
=1 sc
+h2 sC9
se vérifie directementquand C 1
etC2
sont despolygônes
convexes. Dans le casgénéral,
onapproche C 1
etC2
par des suites croissantes oo depolygônes
convexes etcfn). Comme A.C.
est la ferme-(n)
+(n)
1 2 1 1 2 2ture de
u Il c1 2c2
laproposition
2.3. donne le résultat. 0§4.
Le cône convexem.
.On a vu au théorème 3.2. que C ’20132013>
sc
définissait uneapplication de C
danset même une
application injective de ê
dans * Nous allons montrer au§
5 que cetteapplication
est unebijection.
Pourcela,
nous avons besoin dequel-
ques
propriétés supplémentaires
de0
elles nécessitent d’abordquelques
dé-finitions.
Si s est une mesure
positive
sur r =IR/2TrZ ’17 * s
est la mesure définie pars(A+7T)
=( 0 TI * s) (A)
, pour A c r . >/
est l’ensemble des mesures s sur rpositives
etsymétriques,
c’est-à-dire telles que s =6
* s . Il est clair queÉÎ c V6 0.
Parexemple,
si C est un seg-ment de
longueur
k et de direction a , , alorsest dans
e .
On note parc?B
l’ensemble des mesures de cetype (c’est-à-dire
issues de
segments
dedroite).
IYÉ
est l’ensemble des mesures s sur rpositives
etantisymétriques,
c’est-à-dire telle que s et
6 s-soient
mutuellementsingulières,
et onpose A0
Par
exemple,
si C est untriangle
dont les côtés ont pour directions6,, e 2
et93
(avec e. e 2 6~ 27r , 01
1Tpour j=1,2,3,
et la convention6. = 6.+ 2Tr),
alorset on a
s c
e0
On note parÇa
l’ensemble des mesures de cetype (c1est-à-dire
issues de
tri angl es) .
Théorème 4.1. Pour tout s de
0
il existe uncouple unique (p,a)
dans(Y x
tel que s = p+a. De
plus 6D
uÉfi
est l’ensemble desgénératrices
extrêmales du cône convexe~~~.
A noter pas un cône convexe : si
s1
=0 + 27r +
etT 3
s2
=dII
+dII
+Ôs 1T
sont lesmesures-longueur
d’arc de 2triangles équilatéraux
de côtéY 3
1,
alors est la mesurelongueur
d’arc d’unhexagone régulier
et est danse, et
nonDémonstration du théorème 4.1. Pour voir l’unicité de la
décomposition rirt, JB~,
supposons p+a =
p’
+ a’avec p etp’
dans t-f et a et a’ 1 dans Alors :0 0
ce
qui implique
a =a’ ,
et donc p =p’ .
Pour
montrer l’existence,
onprend
s dansMO
o 1 et ladécomposition
de Jordande la mesure
signée
suivante :Il fI Il
Donc a =
(s -
6II*s)+
est tel que 5 =(s-dII* s)"
et donc a est dans ÀPrenons p = s-a , on obtient
dII*p =
7r p, doncp E P
0A
partir
du résultatprécédent,
sis =/
0 est sur unegénératrice
extrêmale de1n "
alors s est dansi
u0
Si s est dansu,
il est assez évidentqu’alors
s est dans
oU ,
et nous ne détaillons pas cepoint.
Supposons
maintenant que s soit sur unegénératrice
extrêmale et queMontrons que s est dans
Ce .
Eneffet,
si s n’est pas dansfli ,
alors lesupport
de s contient au moins 4
points
0 s81 02 6 3 e4 2Tr ,
tels que6j+l-Sj
7T,avec
j=1,2,3,4
et la convention9c = 9i + (si
cesinégalités
nepouvaient
pas êtrevérifiées,
alors lesupport
de s serait contenu dans un arc delongueur
zet
l’appartenance à m0
seraitimpossible). Maintenant,
ou bien83 - e1
7T , ettoi) e2
"e3
est lesupport
d’une mesure de ou bien83 - 61
> 7T, etlai
Ye31 8~)
est lesupport
d’une mesure de~ ,
ou biene 3 - e1
= 7T . Dans cedernier cas
e 3
et81
ne sont pas despoints
isolés dusupport
de s,puisque
s estdans Il est donc
possible
de modifierlégèrement 6 1
ete3
tel queen
gardant
les autresinégalités
strictes.Sans
perte
degénéralité,
on suppose donc que(8., 0~ 931
est lesupport
d’une mesure de
b ,
c’est-à-dire que 0appartient
à l’intérieur du convexe de nombrescomplexes engendré
par ei 0 1
, ei62
, ei~3 . Choi , - si ssons e
assezpetit
pour que c8j+1 - 8j pour i
=1,2,3,
et tel que si estl’enveloppe
de l’en-semble de
complexes
, avec 6 . - e s 8 s 8 . + e , , alors 0 est intérieur à l’en-J J
veloppe
convexe dezi, z 23 z3
pour tout choix desZj
dansj=1,2,3.
sons alors
si
comme larestriction de s à [0j-e, 9.+c] ; puisque 0j est
dans lesupport
de s,s.
n’est pasnul,
etIl s. il
est sa masse. Donc pourj=l,2,3 :
et on
peut
trouver tels queDéfinissons enfin la mesure
alors s’ e
Mo ,
il existe À > 0 tel que s - Xs’ soitpositive
et nonproportion-
nelle à s
(puisque
s’([84 - E 9~+~])~0 ;
; s n’est donc pas sur unegénératrice
extrêmale.
§5.L’isomorphisme entre ~
et~7 :
Au vu du théorème
3.2,
la seule chose délicatequi
reste à prouver est : Théorème 5.1 : -. Pour tout s de il existe C danse
tel que s =s~;
Démonstration : Soit s dans Définissons
201320132013201320132013-20132013 o
Ce C est fermé et convexe. Nous avons à montrer
qu’il
estcompact
non vide etque h =
hco
Pourcela,
nous allonsprocéder
parapproximation.
Considérons un entier des nombres 0 $:
8. 82
...6 27 ,
avec 1 aconvention
8n+l = 91 + 2TI, tels que 0j+1 - 0j
7pour j=l,...,n ,
> le convexe K contenant C :et la fonction de
période
2x définie par. On veut montrer que
h K =
k.il est clair que
sup
{ x
cos 8 + y sin e ;(x,y)
EE(8j)
nE 6j+1 > 1 = k ° >
,puisque
06j+i - 8j
7rCeci montre que
hK(8) ~ k(6)
pour tout 0 et que K et C sontcompacts.
Introduisons la frontière
0(o i)
deE(e.)
et lepoint A.
=0(6.)
nD(6i+,) (qui
existe, puisque 0 Oj+l -
ei 7r. Pour voir queh K
=k,
la seule chose à montrer est que A. EE (0 i )
pour tous iet j
dans1,2, ... , n .
Si on calcule les coordonnées deA.,
onvoit que
Aj EE(0j)
si et seulement si-
Considérant alors le vecteur U . =
(h(o ) , sine.)
dansIR3, l’inégalité
J J J J
précédente
n’est autre queDëtermi nant
Or ce déterminant est linéaire en
h,
c’est-à-dire que s -> Det J J+1Vi]
’est 1 i nëa i re sur le cône convexe
MO !
! Pour la montrer il suffit de la vérifiero
quand
sappartient
auxgénératrices
extrêmalesde 1n ,
c’est-à-dired’après
lethéorème
4.1 ,
àÉÎ u2Îi .
Cette vérification sis e Ô u ‘~
se faitfacilement;
k =
hK
est montré, et onpeut écrire,
pour!B J J
Pour terminer la
démonstration,
on définitet le convexe :
D’après le
calculprécédent,
pouret donc
h K (6) h(e). Puisque d’après
laProposition
2.3 on avaitv
h (8) > hç(61
> le théorème est montre. îKri
Le théorème
principal
de l’article est maintenant unsimple corollaire ;
il estassez évident que
C i
etC2 ~ C~
alors~2c2 % ÀlCi +
pourA. et
1 2 0.Donc le,,
est un cône convexe, comme’X -
0Plus
précisément :
Théorème 5.2. :
L’application S~
est unisomorphisme
des cônes convexesE et m0.
Démonstration : Linéarité et
-injectivité
découlent du théorème3.2., surjecr-ivit-4
du théorème 5.1. Fi
§6". Décomposition
des ConvexesLe reste de l’article est consacré a des
applications plus
ou moins élaborées des théorèmesprécédents.
Donnons en tout de suite une :
C dans
e
est ditindécomposable
si C =C 1+ C23
avecC 1
etC2 dans t? impli-
que 1’existence
de À.
etX2 k
0 tel s queC À1C
etC 2 ~2
C .Théorème 6.1. r- 4 1. Les seuls convexes
compacts
non videsindécomposables
deIR2
sont les
points,
lessegments
et lestriangles.
Démonstration :
D’après
les théorèmes 3.2 et5.1,C
estindécomposable
si et seu-lement si C = +
C 2 implique
l’existence deÀ 1
et2 k
0 tels quesCl
=~,1 sç
et
sC2 = À2 sC* D’après
le théorème. 4. 1 ou biensc
= 0(C
est unpoint) ,
ou bien(C
est unsegment),
ou bien1; (C
est untriangle) .
1§ 7 -
Aire etpérimètre
d’un convexecompact
Soit C dans
~ ~ d’après
la définition de la mesurelongueur d’arc,
lepérimètre P(C)
de C estOn
pourrait
facilement montrerégalement
quele
principe
de la démonstration étant dans le cas lisse(c’est-à-dire
h’ absolumentcontinue, et
puisque
h’ estpériodique.
Passons à l’aire
A(C)
de C.Supposons
celle-ci définiequand
C est unpolygône
convexe. Il est facile de vérifier la formule
qui
n’estrien d’autre que la somme des aires destriangles engendrés
par les côtés de C et(0,0),
si on suppose celui-ci dans C(Cette
dernière condition n’est pasimportante :
il est clair quepuisque sc
e le second membre de 7.3dépend
seulement de la
classe C
deC).
Pour un C
quelconque dans
on considère une suite(C )~
croissante de00 n n*’’j.
polygônes
convexes telle que C soit la fermeture de uC n
et nous définissonsA(C)
= limA(C n). Puisque d’après
laproposition
2.3 n=l nous avonshc the
etn
sc
20132013>Sc faiblement ,
nous pouvons écrire ?n
Donc 1
--> 0pui sque s
--->s
fai bl ement. Depl us
il exi ste M tel quen
n-m* C n C
M et
d’après
le théorème d’Ascol ih
--->h
uniformément."n
’ ~
Donc
Donc la formule 7.3 est vraie pour tout C
de C, (ce qui
montre queA(C)
nedépend
pas de la suite
(C )- 1 particulière choisie).
°Pour énoncer le
prochain théorème,
introduisons les coefficients de Fourier pourhc
ets, quand
C E~ :
Naturellement t
est
lepérimètre (7.4)
et(7,S)
sont liês par :Lemme 7.1. Si C est dans
~,
alorspour tout n de 7 .
démonstration : Rappelons
quepar définition. Donc
YOiCi maintenant
quelques formules
pourA(C) qui
sont bien connues dans le caslisse :
Théorème 7.2. Si C est dans
~,
alorsA(C)
estégal
àDémonstration .
(7.6)est ~7.3~, déjà
montré.(7.7)
se montre parintégration
parparties,
comme dans ladémonstration
du lemme 7.1 :et nous ne
poursuivons
pas les détails.(7.8)
s’obtient en combinant le lemme 3.3 et 7.6 :Enfin
(7.9)
se montre en utilisantet
l’égal te
de ParsevalNous allons donner trois corollaires extrêmement intéressants.
Corollaire
7.3. (Inégalité isopérimêtnque)
Si C est d’aire
A-(C)
et depérimètre P(C)
alorsL’égalité
n’est réalisée que si C est un cercle.Démonstration :
P(C)
=s~(0) ,
etd’après (7.9) , puisque2013’2013~
0 pourln 1 k 2 ,
on a
1-non a
pour tout
n~O ,
cequi
entraine quesc(de)
=P(C)d6 (par
l ’unicité de la trans- formée d’ unemesure)
cequi d’après
le théorème 3.2 entraîne que C est un cercle ;.Coronaire de
Brunn-Minkowski)
Si C et
C
sontdans ~’ ,
et ~ dans10,1[ ,
alorset
l légalité
a lieu pour un À dans10,lE
si et seulement si ou bien C est unpoint
ou bien il 1 existe k > 0 tel que C ~ kC .Démonstration : Notons s =
s
, cr : , L’énoncééquivaut
à montrer que est une fonction convexe surm,
? aveco
Pour
simplifier, adoptons
les notations suivantesNotons
qu’alors
Donc, d’après 1 ’ i néqal i té
deSchwarz,
i 1 exi ste 9 dans10,xl
tel quePar
conséquent l’inégalité
demandée(7.11)
estéquivalente
àlaquelle
est à son touréquivalente
à :qui
est vraied’après (7.12).
Le cas del’égalité
est facile à étudier et fournitou bien
s=0 ,
ou bien 1 ’ exi stence d’un tel que cr = ks. 0 Corollaire 7.~.Symétrisation
d’un convexe.Si C est
dans 6
et siC* = 1 -z
C+ §-c>
2 2 est sasymétrisation,
alors* -
a
A(C) s A(C*)
etl’égalité implique C ~ C*.
"Démonstration : Donc,
d’après
Si
A(C) = A~C*~ ,
on obtientsC(2p+l) =
0 pour tout p deZ,
et doncC %
C d’après
le théorème 3.2.§
8. Ensembles convexessymétriques.
,Un C
de ~
sera ditsymétrique
si C i-C,
etsymétrique
parrapport
à(0,0)
si C = -C. il est clair que C est
symétrique
si et seulement sisç =
c’est-à-dire si
sç e f (notations
Yuesau§4)
et si et seulement si C =C*
(notation
du corollaire7.5).
Notezégalement
que si s est danse,
sa restric-tion s à
[0,TrE
caractérise s, etqu’inversement
sin est
une mesure bornéepositive
sur identifié augroupe IR/ 7TZ,
il existe une mesure s deéf
tel que
s
= p . Donc s2013> s
est unebijection
dee
sur l ’ensemble des mesu- resposi ti ves
sur 1 e groupecompact
.Nous allons montrer dans le
prochain
théorèmequ’il
existe unebijection
natu-rel 1 e
entre
et l’ensemble des semi-normes surm2.
Une semi-norme sur
]R 2
est uneapplication
p : :IR2
-.~-> telle queIl est clair que pour une semi norme p, on a
Donc p est
continue,
etest un ensemble convexe
symétrique
ouvert. Bp est non vide car
p(0,0) 1,
’
et
B p
n’estpeut être
pas bornëe :B p peut
être unebande
(par exemple
sip(x,y)
=Ix1)
ou mêmem2 (si p(x,y) 5 0).
p Introduisons alors l e convexe dual C de B , défini par
. p p
I l est clair que et que C
p est
symétrique
parrapport
à(0,0).
Nous avonsëga 1 ement :
2 r
Théorème 8.1. Soit p : Alors p est une semi-norme si et seulement si il existe une mesure
positive
up
sur le groupe
R/
7r7 telle que,
Cette mesure est
unique
et 03BCp = 1 -1 P 2p
Démonstration : Il est clair que si il
existe 03BCp
telque (8.2)
soitvrai , p est
une semi-norme. Pour voir l’unicité
de u ,
considéronsf(a) = |sina| (qui
est- p 1
bien de
période 7r
et observons que(8.2) implique
où la convolution est
prise
sur le groupeIR/
7r2.Puisque
pour n’est
jamais nul ,
on déduit de(8.3)
quepour tout n de
Z ,
cequi
montre l’unicitéP
,
Inversement si p est une
semi-norme,
pour montrer que 03BCP existe et est
égale
à1 ~ "d’" l f t.. t d .." , d
P
2 C
on considère la fonction suivante depériode rr :
P
où la convolution est dans le groupe nous avons alors à montrer que
Observons que, pour
puisque
donc ePar
conséquent, d’après
le lemme(3.2)
il existe des constantes A et B telles quePuisque
lepremier
membre de(8.5)
est depériode
~r , on a A = B = 0 cequi
achèvela démonstration. 0