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La théorie du paramagnétisme

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HAL Id: jpa-00205297

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La théorie du paramagnétisme

B. Cabrera

To cite this version:

B. Cabrera. La théorie du paramagnétisme. J. Phys. Radium, 1927, 8 (6), pp.257-275.

�10.1051/jphys-rad:0192700806025700�. �jpa-00205297�

(2)

LE JOURNAL

DE

PHYSIQUE

ET

,

LE

RADIUM

LA

THÉORIE

DU

PARAMAGNÉTISME

par M. B. CABRERA

Laboratorio de

Investigaciones

fisicas, Madrid. Sommaire. 2014 La loi de Curie-Weiss

x (T+ 0394) = C

est un fait d’expérience qu’on peut considérer comme définitivement acquis. Des deux

constantes, C et A, la première est caractéristique de l’atome paramagnétique dans un

certain état. On voit empiriquement que toutes ses valeurs sont telles qu’on doit avoir :

~C

= nK.

où n est un nombre entier, et K, une constante universelle. Pour la constante 0394, il n’y a

pas de limites connues relatives à ses valeurs possibles. Elle peut être positive ou

néga-tive et elle a des valeurs différentes lorsque la nature chimique et l’organisation de

l’en-tourage de l’atome paramagnétique changent. Il parait même certain que la nature

chi-mique de cet entourage est le facteur prédominant sur 0394. Ce résultat suggère que le

changement qui subit la susceptibilité xa des cations dissous, lorsque la concentration

varie, dépend quelquefois des altérations indiscernables de 0394 produites par la formation de cations complexes aux dépens des corps en présence. Autrefois, on attribuait toujours

ces changements à l’existence de deux ou de plusieurs états différents pour le cation,

dont la proportion relative serait une fonction de la concentration.

Au sujet de l’interprétation théorique des faits empiriques, on doit rappeler d’abord la théorie de Langevin qui conduit à calculer le moment magnétique de chaque atome

d’après la constante C. Si on tient compte de la loi des nombres entiers obtenue empiri-quement, nous arrivons au magnéton de Weiss d’une manière tout à fait équivalente à celle suivie par Weiss lui-même. Cette théorie de Langevin a été établie pour les gaz et donne,

comme première approximation, seulement la loi de Curie, pour laquelle 0394 = 0. Cela veut dire qu’elle ne peut pas s’appliquer à la plus grande partie des corps pour lesquels

on a obtenu la loi de

Curie-Weiss,

puisque ce sont des corps solides ou des solutions.

Mais, d’autre part, elle est appliquée implicitement dans le calcul du nombre de

magné-tons avec des résultats concordants, ce qui signifie une confirmation des formules. Par

conséquent, on est arrivé à la conclusion de ce que la théorie de Langevin est seulement insuffisante.

Au sujet de la théorie des quanta, elle est plus éloignée des résultats empiriques en

question, et ceci justifie les tentatives faites pour obtenir la formule de Langevin en

partant d’hypothèses différentes de celles qu’il a faites lui-même, Nous arrivons aux

hypothèses suivantes : a) Les configurations électroniques qui appartiennent aux étages plus

superficiels de l’atome se désorganisent chaque fois que les atomes se rapprochent à une

certaine distance ; b) la réorganisation se fait de façon à conserver le moment

magné-tique; dans le cas où il existe un champ extérieur, la probabilité de chaque orientation

de l’axe magnétique dépend du champ et des actions des atomes voisins.

Le développement de ces idées, fait en collaboration avec J. Palacios, nous donne la formule de Curie-Weiss, avec la différence d’un petit facteur (1 2014l2), sûrement négligeable

dans la plupart des cas. En ce qui concerne l, il n’y a pas de différence sensible avec la

formule correspondante de Langevin. Le facteur (1 2014

l2) ne change pas les valeurs des

moments d’une façon appréciable. La constante 0394 déduite de la théorie remplit toutes les conditions qu’impose l’expérience. Il faut encore dire que J. Palacios a réussi à formuler

une théorie du paramagnétisme des cristaux qui tient compte des grandes lignes, tout

au moins, de leur comportement.

Il se trouve implicitement dans la théorie que nous venons de résumer, que l’atome ne se déforme pas sous l’action du champ. Nous pensons que cette déformation est un effet

de deuxième ordre qui interprète le paramagnétisme indépendant de la température.

Shiz VI.

TOME VIII. JUIN

1927

1q.

6.

3tE JOURNAL DE PHYSIQUE BT LE RADIUM. - SÉR11~ VI. -

T. VIII. - N° 6. - JUIN i 927. 17

(3)

i. -- Il est bien connu

que P. Curie a été le

premier

à formuler la

loi,

~r=~~

(i)

par

laquelle

il a résumé l’ensemble de ses

expériences

sur les corps

paramagnétiques.

Dans

,.. /’

Fig. 1.

cettellormule, z

représente

la

susceptibilité

rapportée

à une masse déterminée

du corps

paramagaétique,

T

exprime

la

température absolue,

et C est une

constante,

elle aussi

.

proportionnelle

à la masse. En

adoptant

pour celle-ci le

poids atomique,

on aura, par

(4)

Les

expériences

postérieures

à celles de P. Curie ont

prouvé, cependant,

,que cette. loi

(i)

n’est pas valable pour tous les corps et que, pour

la} plupart

d’entre eux, il faut

ajouter

une constante à à la

température

absolue T. La

1-nouvelle

loi,

dite de «

Curie-Weiss ~~,

a été trouvée par P.

Weiss,

dans le cas des corps

ferromagnétiques

au-dessus du

point

de

Fig. 2.

Curie, 6 ;

cet

auteur,

en

plus,

a montré que z1 _-_ - 0. Par la

suite,

Kamerlingh

Onnes et

ses collaborateurs ont démontré que la loi

(2)

s’applique

également

aux corps

paramagné-tiques

ordinaires,

généralisation

aujourd’hui

bien vérifiée par tous les

physiciens

qui

se

sont

occupés

de cette

question.

Les

figures

i et 2

reproduisent

un ensemble

d’expériences

soigneuses,

encore en cours dans ce

Laboratoire,

faites par mon collaborateur M.

Duperier ;

elles

constituent, à

mon

avis,

une belle confirmation de la loi de Curie-Weiss.

(5)

puisque

aux basses

températures

se

produisent

des écarts assez

remarquables,

qui

ont été

considérés par Kamerlingh

Onnes comme étant des anoinalies

cryonlagnétiques.

2. - Des deux constantes

qui

interviennent dans la formule

(2),

il y en a une - celle

désignée

par C -

qui

sert à caractériser

l’atome

paramagnétique

dans un certain état. En

effet,

s’il y a des atomes pour

lesquels

cette constante C

possède

plus

d’une

valeur,

on

peut

risquer

l’affirmation que non seulement chacune de ces valeurs doit

correspondre

à une

structure

électronique

différente,

mais encore que toutes les valeurs que

prend

C sont telles

qu’on

doit avoir :

où n est un nombre

entier,

et

K,

une

constante

universelle.

Nous avons tenté la vérification

de

cette dernière loi

(3)

à l’aide de i10 valeurs de C

appartenant

à des corps suivant incontestablement la loi

(2)

ou la loi

(1).

L’ensemble des corps examinés est constitué : par des cations du groupe du fer

(soit

sous la forme de sels solides à l’état de

poudre cristalline,

soit en solution

aqueuse),

par des métaux

ferromagné-tiques

au-dessus du

point

de

.Curie,

par des sels et

oxydes

de terres rares en

poudre,

et enfin par le

palladium

et le

platine

à l’état

métallique.

Les

expériences

dont il est

question

ont été réalisées aux différents Laboratoires de K.

Honda,

Kamerlingh

Onnes,

Weiss et

Cabrera,

et bien que

déjà,

a

priori,

on

peut

supposer que tous les résultats n’ont pas le même

poids,

nous n’avons voulu établir aucune différence entre eux.

Si,

comme il arrive

souvent,

un certain corps a été

l’objet

d’études tout à fait

indépendantes,

nous le traitons comme s’il

s’agissait

d’autant de corps réellement différents.

Mais,

tout

d’abord,

signalons

que la loi des nombres entiers

(3)

reçoit,

Qu’après

ces

expériences,

une confirmation éclatante. Si l’on attribue à Il la valeur la

plus

pro-bable

0,0712i,

pour

chaque

valeur

empirique

de C on en obtient une autre pour n,

qui

n’est pas

précisément

un nombre

entier,

mais que nous pouvons

représenter

par une expres-sion de la

forme ne

+

~,

ne étant le nombre entier

plus proche

et c

désignant

l’écart

positif

ou

négatif.

Dans le tableau

1,

nous

indiquons

le nombre des écarts

qui correspondent

aux inter-valles dont les valeurs absolues sont celles

consignées

dans la

première

colonne du

tableau,

le nombre des écarts

positifs

et

négatifs

étant

porté

dans la deuxième et troisième colonnes.

TABLEAU 1.

L’hypothèse

la

plus simple

serait d’attribuer

l’origine

de ces écarts aux erreurs

(6)

~ 02

Or,

si cette

hypothèse

est

correcte,

on pourra calculer

h2;

en

effet,

pour §

=

0,07,

B

on obtient In =

20,4,

et la distribution des écarts doit être celle

qu’exprime

la dernière

colonne du tableau

précédent.

On verra par la suite que, dans les détails, il y a des diffé-rences essentielles entre les résultats

auxquels

conduit cette

hypothèse

et ceux que

l’expé-rience fournit. Tout

d’abord,

en ce

qui

concerne les valeurs

plus

élevées de

~,

il en résulte que le nombre des écarts est un peu

plus grand,-,que

celui

auquel

on

pourrait

s’attendre.

L’interprétation

d’une telle

particularité

peut

se faire en admettant que

l’origine

de J est

due,

pour une

large.part,

à des causes

physiques

bien diverse, telles que les

impuretés

des corps

étudiés,

l’existence de

plusieurs

états

magnétiques

pour le même atome dans des conditions

macroscopiques

presque

identiques,

etc., et que

masquent,

pour ainsi

dire, la

loi des nombres entiers. Dès

lors,

il devisent évident

qu’il n’y

a aucune raison pour que de telles causes obéissent à une loi de la forme

(4).

En second

lieu,

il est à remarquer

l’asymétrie frappante qui

existe entre la diminution que subit la

fréquence

de a dans les deux sens,

positif

et

négatif,

dans le

voisinage

de ô = 0.

L’origine

de ceci doit être attribué à l’existence des

impuretés

des

sels,

qui,

étant presque

toujours diamagnétiques,

doivent

produire

une diminution de C

augmentant,

de la

sorte,

le nombre des

petits

écarts

négatifs.

Nous pouvons

ajouter

encore que,

d’après

la théorie du

paramagnétisme,

dont il sera

question plus

loin,

dans

l’expression

de C inter-vient un facteur

(1

-

/2),

variable avec la constitution du

cation,

qui,

le

plus

souvent

agit

sur ~, le diminuant d’une

quantité

assez

petite.

3. - Mais revenons maintenant à l’autre constante de la formule

(2),

celle que nous avons

désignée,

avec

Kamerlingh Onnes,

par A. Nous ne savons pas encore s’il existe une loi

qui

limite ses valeurs

possibles.

Pour

chaque cation,

elle

peut

être

positive

négative,

et même

changer

de valeur absolue

lorsque

la nature

chimique

et

l’organisation

de l’entou-rage varient. ,

Il a été

déjà

dit que l’existence de cette constante a été décelée par Weiss chez les corps

paramagnétiques

au-dessus du

point

de Curie. Ce

physicien

en a donné une

inter-prétation,

qui

a semblé bien naturelle dans la

suite,

et

qui

se base sur

l’hypothèse

suivante : des molécules pourvues de nlornents

-magnétiques

sitr l’une d’entre elles est

équivalente à

un

chalnp magnétique

17loléculaire

proportionnel

à l’aimanta-tion et cle même direcl’aimanta-tion

(1).

Un calcul

simple

mène à

l’expression à

= -

Cv,

où )

représente

la constante de

proportionnalité

entre le

champ

moléculaire et l’aimantation.

Cette

hypothèse

de Weiss

suggère

que la variation de J doit être inverse de la distance mutuelle des atomes

paramagnétiques

et,

en

effet,

les

expériences

de Perrier et

Kamerlingh

Onnes sur les

mélanges liquides d’oxygène

et

d’azote, prouvent

qu’il

y a une

proportionna-lité presque

rigoureuse

entre à et la masse

d’oxygène

par centimètre cube.

D’ailleurs,

quelques

groupes de

sels,

où à semble diminuer au fur et à mesure que décroît le contenu en atomes

paramagnétiques

par unité de

vulume,

conduisent à des conclusions

analQgues.

L’analyse

approfondie

de tous les résultats concernant la constante A montre,

cepen-dant,

que

la

nature

chimique

des atomes non

paramagnétiques qui

sont liés à celui

qui

porte

le moment

magnétique,

a une influence

beaucoup

plus remarquable

que celle de l’action

réciproque

entre les atomes

paramagnétiques

dont il vient d’être

question. Ainsi,

par

exemple,

tandis que les chlorures des cations

appartenant

à la famille

du fer

ont des

~1

négatifs,

chez les

sulîates,

par

contre,

il arrive que cette constante est

positive.

La chose devient

plus

évidente encore, au cas des solutions dont on a étudié la variation

de Z

avec la

température.

Nous

mentionnerons,

à ce propos, les mesures de Foëx

(2)

concernant

quelques

solutions aqueuses de sels

ferreux-ammoniacaux,

celles de

Duperier (3)

relatives aux sels de Mn++ et

Nui++,

et

enfin,

les études de Chatillon

(1)

sur le sulfate cobalteux.

(1) P. WEiss et t~. Foëx [Le Ilagîiétisnie, (1926), p. ~5~.

(ÿ) Ttaèse, Strasbourg, (~9~i), p. 44.

’(3) Aii. Soc. Esp. Fisîîi. y t. 22 (1924), p. 383.

(7)

Dans les trois cas, on trouve que les valeurs de .1 ne

peuvent

pas être attribuées aux actions

réciproques

des atomes

porteurs

du moment

magnétique,

non seulement en raison de ce que la dilution était assez

grande,

mais

aussi,

dans les

expériences

de

Duperier

et

Chatillon,

parce

que à

est

indépendant

de la concentration et de la nature

chimique

de l’anion. Ceci fait voir d’une

façon

très nette que, pour ce cas au

moins,

l’origine

de A est due à la liaison d’un certain nombre de molécules H20 au cation.

4. - Ces résultats

suggèrent

une nouvelle

interprétation

du

changement

que subit la constante

magnétique

de certains cations

dissous, lorsque

la concentration varie.

Autrefois,

Fig.

3.

on attribuait ces

changements

à

FexistenceYde

deux ou bien de

plusieurs

états différents pour le cation dissous, dont la

proportionlrelative

serait une fonction de la concentration. Sans méconnaître que cette

explication

est

satisfaisante dans la

plupart

des cas, il y en a

d’autres,

cependant,

où l’on

peut

simplement

supposer

qu’il

y a formation de cations

complexes

aux

dépens

des corps en

présence,

c’est-à-dire du dissolvant et des corps dissous. Ces

complexités

pourraient

faire intervenir

une’valeur

de r1

qui

n’apparaît

pas lors des mesures à

température

constante.

Les sels

ferriques

fournissent un

exemple

très intéressant des

possibilités qu’offrent

les idées

précédentes.

La

fig.

3 montre la variation que subit n avec la concentration pour le chlorure

ferrique.

La cause de cette variation doit être attribuée à

l’hydrolyse

du cation

Fe+++, qui

devient

importante

aux

grandes dilutions ;

en

effet,

la

fige 4

met en évidence que l’addition de H+ fait croître

n,é phénoméne qui

est,

sans

doute,

en

rapport

avec la

rétrogradation

expérimentée

par

l’hydrolyse

lorsqu’on ajoute

de l’acide. Mais l’allure des courbes montre que, dans ces

conditions,

il doit se

produire

deux

phénomènes

(8)

augmentation

de n, doit être

produit

par cette

rétrogradation,

tandis que

l’autre,

beaucoup

plus

faible et

lent,

doit son

origine

à une cause

qui

n’était pas encore éclaircie à

l’époque

où furent

réalisées~ les

me,sures en

question. A

l’heure

actuelle,

et d’accord avec ce

qu’il

vient d’être

dit,

nous sommes d’avis que

l’explication

doit être cherchée dans la formation des cations

complexes,

où intervient

l’anion,

et caractérisés par des à à valeurs

négatives.

La

fig. 5

prouve

qu’étant

donné le

changement produit

par l’addition de l’anion sur l’allure des à

calculés,

cette

hypothèse

est

parfaitement

admissible.

Toutefois,

il faut noter que les résultats obtenus par l’addition de Cl- ne confirment pas l’existence d’une valeur limite pour

~,

comme on serait en droit de l’attendre.

Il est

fort probable

que certaines

augmentations

anormales de la constante

magnétique

qui

ont eu

lieu~pour quelques

dissolvants

organiques (expériences

de

Quartaroli),

trouvent

Fig.4.

leur

interprétation

dans l’existence des valeurs

négatives

de A.

Or,

il est de toute évidence que ce rôle de

premier

plan

que nous

assignons

à 3 ne saurait être confirmé ou infirmé que par des études

expérimentales

dûment orientées dans le sens voulu.

5. - Comme il a

déjà

été dit

auparavant,

nous ne connaissons aucune loi

qui

puisse

fixer les valeurs de ù par

rapport

aux drivers coefficients

qui

caractérisent l’atome

parama-gnétique.

La découverte de ces lois est un des

problèmes

dont la solution doit être demandée à

l’expérience.

Et tout

d’abord,

il serait

intéressant,

au dernier

point,

de trouver

une relation entre 3 et une des constantes (y ou n.

Pour un certain nombre de solutions de sulfate

ferreux-ammoniacal,

G. Foëx a trouvé notamment que 6. est une fonction linéaire et décroissante par

rapport

à n,

remarque

qui

m’a amené à chercher une relation

pareille

pour’les

sels solides du groupe du fer et des terres rares, relativement

auxquels

nos

connaissances,

en ce

qui

concerne la constante

A,

sont

plus

complètes.

En

effet,

nous avons

déjà

montré

(1)

qu’une

telle relation

existe,

mais

qu’en général

elle est bien

plus compliquée,

dans ce cas, que celle

qui

a été trouvée par G. Foëx. L’un des cas que nous avons

considérés,

qui

se

rapporte

aux chlorures

(1) Journal de Physique, t. 6 (1925), p. 258.

(9)

et sulfates des cations de la famille du

fer,

met "en évidence la diminution presque linéaira

dej la

valeur absolue de à par

rapport

à ~c. La loi en

question apparaît beaucoup

plus

compliquée

dans le deuxième cas,

qui

a trait aux sulfates

anhydres

et aux

sesquioxydes

des terres rares.

La fig.

6 rectifie ce que nous avons

publié auparayant

à ce

sujet,

d’accord avec

les mesures de

Duperier, auxquelles

nous avons

déjà

fait allusion. Dans ce cas, le

parallé-lisme entre les

graphiques qui

correspondent

aux deux

types

de

composés, constitue,

à notre

avis,

une preuve évidente que cette loi existe en réalité.

Avant de finir cet

exposé

sommaire

des faits

empiriques,

dont

l’interprétation

doit

:Fig, 5.

être demandée à toute théorie sur le

paramagnétisme,

nous voulons insister

quelque

peu sur l’anomalie

cry omagnétique,

consistant,

comme on le

sait,

en une courbure de la courbe «

1/z,

7" »,

laquelle

s’écarte de la

ligne

droite tantôt d’un

côté,

tantôt de

l’autre,

et

très souvent

aussi,

subit des variations dans le sens de sa courbure. Le nom donné à cette anomalie fait allusion à ce que, dans la

plupart

des cas, ce

phénomène

se passe à de basses

températures.

Mais les intervalles

précis

entre

lesquels

elle a lieu et les différentes circons-tances

qui

caractérisent

chaque

corps, sont encore mal connus pour que l’on

puisse

établir un

rapport quelconque

avec la nature

chimique

ou les constantes

magnétiques

à la

tempé-rature ordinaire. Nous avons

déjà

dit que nous ne considérons pas ce

phénomène

comme un fait nouveau

qui

viendrait se superposer à la loi

(2),

tel que l’a fait Foëx dans la seule

inter-prétation

suggérée jusqu’à présent.

Bien au

contraire,

nous pensons que cette formule n’est

qu’une

première approximation

de la loi

complète,

et que l’anomalie en

question

met en

relief,

tout

simplement,

la nécessité

qu’il

y a d’avancer un peu

plus

dans le

développement

de la véritable fonction. Du

reste,

le moment venu, nous insisterons

davantage

sur ce

point.

(10)

6. - Il existe

également

un groupe de corps

paramagnétiques

pour’lesquels

la suscep-tibilité

paraît

être

indépendante

de la

température.

Honda

(’)

et Owen

(2)

ont

trouvé,

en

effet,

que certains

métaux,

par

exemple

les

alcalins,

ont un

comportement

magnétique

de cette

nature,

et tout récemment MI’, Collet

(3),

étudiant

quelques

composés,

tels que le

permanganate,

le bichromate de

potassium,

etc.,

est arrivée à la même conclusion. Weiss

(’~)

a

déjà

suggéré

que ce

paramagnétisme

doit être un

phénomène

intra-atomique,

et en

effet,

nous verrons

plus

loin

(§ 18)

que les idées

précédentes

permettent d’imaginer

une

.inter-prétation

toute naturelle dudit

phénomène.

Fig. 6.

7. -

Voyons

maintcnant ce

que nous savons à l’heure actuelle au

sujet

de

l’interpréta-tion

théorique

des faits

empiriques

que nous venons de

rappeler

sommairement.

Langevin (5)

a été le

premier

à donner une solution satisfaisante du

problème.

Fort

heureu-sement,

à

l’époque

où il a fait connaître sa théorie, la seule loi concernant le

paramagné-tisme était celle de Curie

(1), beaucoup plus simple

que la loi

(2)

qu’on appelle

couramment de Curie-Weiss. Les

hypothèses

fondamentales sur

lesquelles

Langevin

a

appuyé

sa théorie ont été : La liberté d’orientation des molécules

qui portent

le moment

magnétique

élémen-(1) der Phys., t. 32 (19tO), p .1021.

(2) Ann. der Phys., t. 37 (1912), p. 657.

(3) Comptes Rendus, t. ’1~$ (19~4), p. 2~-~6; t. 181 (1925), p 105i.

1’) C’oniptes Rendus, t. 182 (19?6), p. 105.

(11)

taire,

et

l’application

de la

Mécanique

statistique classique.

Le résultat de la théorie en

question

a été la formule bien connue, .

qui

donne le moment

magnétique moyen M

de la

molécule-gramme.

Dans cette

formule,

Mo représente

la somme des moments

correspondants

à chacune des molé-cules

qui

sont contenues dans ladite masse et R est la constante des gaz.

Lorsque a

est

petit,

comme il arrive très souvent dans les conditions

expérimentales

où l’on

opère

et notamment dans celles de

Curie,

la formule

(~)

se réduit à cette autre

m

qui représente

la loi de

Curie,

étant donné que Z =

-il’ Ainsi

donc,

la constante de Curie C H

sera, par

conséquent :

Examinons maintenant les

hypothèses

dont s’est servi

Langevin.

La

première

limite la validité de la théorie au cas des gaz,

puisque

tout ce que nous savons sur l’état solide et même sur la constitution des corps dissous se trouve être en contradiction avec ladite liberté d’orientation.

Mais,

considérées d’un

point

de vue

empirique,

la formule

(5)

et la loi de Curie

(1)

sont

beaucoup

plus générales.

Il suffira de

rappeler,

à ce propos, la

remar-quable

confirmation de la formule

(5)

qui

a été

apportée

par

’V oltjer

et

Kamerlingh

Onnes

(1)

dans le cas de ainsi que les cas assez nombreux où la loi de Curie est exactement suivie par des corps solides. Tout cela

signifie

que

l’hypothèse

rappelée

est insuffisante.

Cette insuffisance résulte aussi du fait

qu’il

est

impossible,

dans la théorie de

Langevin,

d’oblenir

l’équation (2)

de

Curie-Weiss,

pas même comme

approximation

de la formule

générale.

En

effet,

nous avons

déjà

remarqué

que cette

équation

exprime

la loi

empirique

plus

couramment

employée

pour la variation

thermique

du

paramagnétisme :

pourtant,

nous croyons

qu’on

doit demander à toute théorie de ce

phénomène

de

l’interpréter

sans laire

appel

à des

hypothèses supplémentaires qui

ne soient pas des

simplifications

de calcul aissant de côté les termes d’ordre

supérieur.

Ceci n’a pas

été,

cependant,

le

point

de vue où se sont

placés

la

plupart

des

physiciens, puisqu’ils

ont trouvé

préférable

de retenir la belle théorie de

Langevin,

et d’attribuer la

présence

de A à l’existence d’une action

molécu-laire,

superposée

au

champ magnétique appliqué

Il et

dépendant

indirectement de ce dernier. Tel est le cas, par

exemple,

du

champ

moléculaire de

Weiss,

auquel

il a été

déjà

fait allusion.

Mais sans tenir

compte

de ces raisons d’ordre

logique,

il y a des

objections

sérieuses

qui s’opposent

à

l’hypothèse

du

champ

moléculaire. Tout

d’abord,

il faut mettre en avant toutes les

propriétés de

cette constante

qu’on

a énumérées

précédemment;

ensuite,

il faut tenir

compte

de la valeur très élevée

qu’on

doit attribuer à ce

champ,

une circonstance

qui

a

déjà préoccupé

Weiss ; enfin,

il faut tenir

compte également

du

signe positif

que A

a bien souvent.

Tout cela visent confirmer l’idée

que A

doit son

origine

aux actions des atomes liés à celui

qui

porte

le moment

magnétique,

actions

qui agissent

sur l’orientation de son axe, en

(12)

même

temps

que le

champ

appliqué.

Debye,

dans un mémoire récent

(1)

dont l’influence sur les idées que nous exposerons

plus

loin a été

remarquable, développe

cette même

hypothèse.

8. -

Or,

nous vonlons revenir encore sur la deuxième des

hypothèses

fondamentales

de

Langevin,

c’est-à dire, sur

l’application

de la

Mécanique statistique

classique.

Au moment où ladite théorie a été

développée,

on ne

pouvait

pas

prendre

une autre

hypo-thèse,

mais à l’heure actuelle il est établi par les

expériences

de Stern et

Gerlach,

ainsi que

grâce

aux résultats dus à la

spectroscopie,

que le moment

magnétique

u des atomes

qui

peuvent

tourner librement doit se

quantifier

par

rapport

au

champ magnétique

H,

de la

façon prévue

par Sommerfeld.

En tout cas, il est

impossible

de

parler

d’orientation des atomes dans les corps

solides,

et

peut-être

aussi chez les molécules

dissoutes,

soit que cette orientation ait lieu d’accord avec la

Mécanique

statistique,

soit comme

conséquence

de la théorie des

quanta.

Néan-moins,

ces corps

précités

sont ceux

qui

obéissent à la formule

complèle

de

Langevin,

ou bien à

l’équation

de

Curie-Weiss,

que l’on obtient comme une

première approximation

de

celle-là,

au cas où 3, = 0. Autant vaut dire que ce

qu’il faut,

avant toute

chose,

c’est

justifier théoriquement

les formules en

question.

La

première

tentative de résolution de ce

problème

a été faite par Lenz

(~) et

Ehrenfest

(-). D’après

ces

physiciens,

les atomes seraient

fixes,

tandis que le sens du mouvement des

électrons,

pour les mêmes orbites

atomiques,

pourrait changer

de

façon

à inverser la direction du moment

magnétique

correspondant.

De son

côté,

Ehrenfest

ajoute

encore deux autres

hypothèses,

la

première

étant que les inversions de tous les mouvements

électroniques

se

produiraient

simultanément,

sans doute pour

garantir,

de la

sorte,

la constance du moment

atomique,

et la deuxième que la distribution des atomes entre les deux sens

possibles

est celle déterminée par la loi de Boltzmann.

9. - La

justification

de la seconde

hypothèse

ressort de ce

que le

magnéton

de Weiss constitue une réalité. Si dans la formule

(3)

on attribue à C

l’expression qui

lui revient

d’après

la théorie de

Langevin

(6),

on

obtient,

pour le moment

atomique,

la rela-tion :

laquelle

montre que

1110

est

toujours

un

multiple

exact de l’unité naturelle soit le

magnéton

de JiJloeiss. Il est évident que, ce résultat est une

consécluence

de la loi

empirique

concernant les valeurs de

VC,

que nous avons discutée

plus

haut,

et aussi de ce que le facteur

V3

I est lui-même constant. Ce dernier facteur constitue un trait

caractéristique

de la méthode

statistique

appliquée

à l’établissement de la relation

qui

relie le moment

magnétique à

la

susceptibilité.

Un autre raisonnement

qui remplacerait

ce facteur par une

constante

quelconque

conduirait,

pour les moments

magnétiques,

à la même loi des nombres

entiers,

bien que toutefois la valeur du

magnéton

serait différente.

Au

contraire,

dans la théorie des

quanta,

telle

qu’elle

a été

appliquée

par Pauli

(’~),

Sommerfeld

(5),

Hund

(6)

et

quelques

autres,

les choses se

passent

tout différemment. Dans cette

théorie,

en

effet,

la relation existant entre

illo

et ilc

est

exprimée

par une formule bien

plus

compliquée

que

(’),

de sorte que même en admettant l’existence d’une unité naturelle pour les moments

atomiques

(magnéton

de

Bohr),

on ne

peut

pas

inter-préter

la loi des nombres

entiers,

qui

nous est

imposée

par

l’expérience.

D’après

tout

ceci,

(1)

Physikalische

Zeitschri(t, t. 27 (1926), p. 12.

(2)

Physikcciische

Zeilschrifi, t. 2’1 (1920), p. 613 .

(3) Comni phys. Lab. Leiden, supp. 44, b.

(4) Physik. ’l.ls., t. 21 (1920), p. 615.

(~) Physik. Zts., t. 24 (1923), p. 360.

(13)

268

il semble évident

qu’il

faut revenir à la

statistique

classique,

comme l’a fait Ehrenfest dans sa seconde

hypothèse.

10. -

Toutefois,

l’application

de la loi de Boltzmann au modèle d’Ehrenfest n’est pas bien

justifiée,

étant donné que l’inversion du mouvement des électrons constitue un

phéno-mène

qui

a lieu à l’intérieur de

l’atome,

où la

température

ne doit

jouer

aucun rôle. Il faut donc chercher un mécanisme

équivalent

à celui des

inversions,

et pour

lequel

se trouve

justifié l’emploi

de la loi en

question.

Mais avant d’aborder ce

problème,

revenons sur la

première hypothèse

d’Ehrenfest.

Cette

hypothèse

conduit,

pour la saturation

magnétique,

à une valeur

qui

est la moitié de celle que donne la formule

complète

de

Langevin, laquelle paraît

être en bon accord avec les résultats

d’expérience.

Dans un mémoire

précédent

(1),

nous avons montré comment cette difficulté

disparaît lorsqu’on

attribue,

tout

simplement,

à

chaque

atome un

moment

magnétique

total

invariable,

quelle

que soit la

participation

qui

revienne à

chaque

électron. Dans ces

conditions,

l’axe

magnétique

pourra faire des sauts

angulaires

inférieurs à

4 80",

et la saturation

magnétique

sera donnée par un facteur

qui

diminue avec la gran-deur des sauts en

question.

Ceci fait penser à un modèle

atomique

dans

lequel l’étage électronique qui produit

le moment

magnétique

est constitué par un certain nombre d’orbites définies par la structure

générale

de l’atome. Le nombre des orbites

possibles

étant

plus

élevé que celui des électrons

disponibles

pour les occuper, le moment

magnétique

total pourra

changer

avec la distribu-tion ici

indiquée.

Or nous admettons que ce

changement

en rien la

grandeur

du

mornent

magnétique,

mais seulement la dlî-ection de ce 11. - En ce

qui

concerne

l’origine

dudit

ehangement,

nous croyons

qu’il

faut le chercher dans la

désorganisation

des couches

superficielles

de l’atome

qui

se

produit

lorsque,

pendant

le mouvement

d’agitation thermique,

ces couches

s’approchent

les unes des autres au-dessous d’une certaine distance.

Ainsi,

par

exemple,

dans la théorie

cinétique,

on

parle

de chocs

élastiques

pour

exprimer

que la rencontre des molécules ou des atomes se

produit

d’accord avec les lois de la conservation du moment et de

l’énergie. Evidemment,

le mécanisme interne du

phénomène qui

nous occupe n’est pas si

simple

que celui du choc

entre des

sphères élastiques.

Il est

préférable,

en

effet,

d’imaginer qu’il

consiste dans la

désorganisation

des couches

électroniques

les

plus superficielles

de

l’atome,

à

laquelle

fait suite une

réorganisation

ultérieure.

Toutefois,

il faut tenir

compte

de ce que la

désorganisation

de l’atome n’atteint pas les

étages profonds,

les résultats de la

spectrographie

aux rayons X

s’y

opposant

formellement. Par

conséquent,

les couches

qui

doivent se reconstituer

trollvent,

pour ainsi

dire,

une

espèce

de carcasse

qui

fixe les

positions

des orbites. Afin de donner une

image

concrète,

nous allons

prendre

un cas

déterminé,

celui de Mn++. La carcasse réelle de ce cation est constituée par les

étages

atomiques

K et

L, qui

sont

déjà organisés,

mais la surface est formée par les treize électrons de la couche M. De ces treize

électrons,

deux

appartiennent

à deux autres

à --’121, quatre

à

Thl22

et les

cinq

restants doivent se distribuer entre

Mgs

et

Mi.

Dès

lors, puisque

les trois

premiers

sous-étages

sont

saturés,

leur

réorganisation

ne

peut

se faire que suivant la forme

qu’ils

avaient avant la rencontre. D’autre

parl,

les

cinq

élec-trons de et

Mj3

ne sont pas suffisants pour

remplir

les dix orbites

correspondantes ;

la carcasse est alors formée par les

étages

Il

+

L

+

)111

t -¢-

Mai

+

Le nombre des orga-nisations

possibles

est seulement limité par la condition que le moment résultant soit de 29

magnétons.

Néanmoins,

on voit bien que, par des raisons de

symétrie,

il doit y avoir

plusieurs arrangements possibles, qui

diffèrent les uns des autres par l’orientation de l’axe

magnétique.

Ç’est-à-dire

que

chaque

réorganisation

détermine sur cet axe un saut fini.

Ceci,

c’est le cas dans

lequel

se trouvent tous les

atomes,

ou tous les ions

qui

sont soumis à des rencontres

capables

de

produire

la

désorganisation

dont il

s’agit.

Il est tout à fait clair

qu’on

ne

peut

pas

argumenter

de la sorte au cas où les chocs sont

empêchés

(14)

d’avoir

lieu,

comme dans les

expériences

de Stern et

Gerlach ;

le raisonnement n’est pas valable dans le cas où les

phénomènes

observés

supposent

le

système atomique déjà

réor-ganisé,

comme il arrive dans la

spectroscopie

ordinaire.

Cependant,

c’est

précisément

dans ces deux cas que la belle théorie de la

quantification

de

l’espace,

due à

Sommerfeld,

a été vérifiée.

Mais revenons au cas

qui

nous intéresse

plus spécialement.

Les ions ou les atomes ne se trouvent presque

jamais

en

liberté,

comme nous avions

supposé

implicitement

pour bien au

contraire,

dans la

plupart

des cas, ils sont

chimiquement

liés aux atomes ou aux molécules environnants. Dans ce cas

général,

les

positions possibles

de l’axe

magné-tique dépendent

non seulement de la structure de

l’atome,

mais aussi de la constitution de la molécule à

laquelle

il

appartient.

Dans ce

qui précède,

nous avons

parlé

de

chocs ;

or, le

phénomène

de la

désorganisation

et de la

réorganisation qui

s’ensuit n’est pas exclusif des rencontres

auxquelles,

dans la théorie

cinétique

des gaz, on

prête

cette dénomination-là. Le

phénomène dépend

en outre de ce que

l’énergie réciproque

de l’atome

paramagnétique

et de celui

qu’il

vient heurter doit être inférieure à une certaine valeur limite

caractéristique

du

système.

Cette valeur limite

correspond

à une distance minimum et

l’approche

des atomes en

question

au-dessous de cette distance

produit

toujours

le même

effet,

quel

que soit l’état

physique

du corps. Dans les gaz, ceci arrive à la suite d’un

choc,

tandis que pour les solides ce sont les ondes

élastiques

de condensation

engendrées

par la chaleur

qui

le

produisent.

En tout cas, la

fréquence

avec

laquelle

ont lieu la

désorganisation

et la

réorganisation

dont il

s’agit

est déterminée par la loi de

Boltzmann ;

nous avons ici le mécanisme nécessaire pour

expliquer

l’intervention de T dans le

paramagnétisme.

12. - Les idées

précédentes

constituent la base

physique

de la théorie du

paramagné-tisme que nous venons, en collaboration avec J. Palacios

(’ ),

de

déyelopper

pour le cas des

poudres

cristallines,

ce

qui correspond

aux conditions où ont été

faites,

jusqu’à

présent,

la

plupart

des

expériences.

Nous verrons dans la suite la

façon

dont J. Palacios

(2)

a traité le cas des cristaux.

En ce

qui

concerne le cas des

poudres

cristallines,

il faut faire les

hypothèses

suivantes :

a)

Les microcristaux

peuvent

avoir toutes les orientations

possibles

par

rapport

au

champ magnétique appliqué,

ce

qui permet

d’affirmer la même chose pour le cas des atomes

paramagnétiques.

Nous

ajouterons,

en

outre,

que cette

position, parfaitement rigide,

est définie par

l’angle Ç

que forme H avec un axe P fixé à

l’atome,

et que, pour

simplifier,

nous pouvons considérer comme un are de

symétrie

de l’ensemble des orbites

qui

prennent

part

au moment

atomique.

Du

reste,

il faut

également

fixer

l’angle w

qu’un

plan r

de l’atome forme avec le

plan qui

contient

P et H.

Evidemment,

la

rigidité

de l’orientation

atomique

ne saurait être que relative. Nous reviendrons sur cette

question plus

loin encore une fois.

,

b)

En raison de la structure des atomes et des

microcristaux,

l’axe

magnétique

de

chaque

atome ne

peut

adopter qu’un

certain nombre de

positions privilégiées, lesquelles

sont déterminées par les coordonnés

sphériques 0,

et

5,;,

la droite P et le

plan 7t

étant les éléments de référence. De même que l’orientation de

l’atome,

la

rigidité

des

positions

privi-légiées

n’est que relative.

13. - Nous considérons comme des atomes de même

espèce

tous ceux dont la

position

est dans le domaine élémentaire

A ces

atomes,

nous pouvons

appliquer

la théorie tout récemment

développée

par

Debye (3),

(1) An. Soc. Esp. Fis. y Quim.. t. 24 1926), p. 293.

(2) R. Acad. Ciencias, t. 22 (1926).

(15)

Ainsi

donc,

la fraction du nombre total

qui

satisfait à cette condition est :

où a est une fonction de

1,

w et du

champ

magnétique

appliqué

H.

L’énergie qui correspond

à l’atome dont l’orientation est définie par les coordonnés

À;)

est

exprimée

par la formule :

Cette

énergie,

à

laquelle

est attribué le

poids

statistique

Pi’ se compose d’un terme

W,

qui

est le même pour tous les atomes de

l’espèce

considérée ;

de

l’énergie

de

position

définie par la structure de l’atome et celle du

microcristal;

et

enfin,

du terme -

p. H

cos~

qui

pro-vient du

champ magnétique.

Evidemment,

puisqu’on

a la relation :

cpi n’est pas une nouvelle variable

indépendante.

Le facteur ~,~,~",

qu’on

appelle fonction

de

distribution,

a une

signification

bien claire dans

l’équation (9).

Cette fonction de distribution donne pour le moment

magnétique

moyen d’un atome de

l’espèce

dont il

s’agit :

1:

avec

comme on fait habituellement

depuis

que

Langevin

a

adopté

cette notation.

Nous allons faire maintenant la somme pour toutes les

espèces

d’atomes.

Or,

en raison de la continuité

de ~

et Cd, et étant donné que l’extension du domaine élémentaire

(7)

est

on aura :

i

C’est

l’expression

la

plus générale possible

pour le moment

magnétique

moyen d’un atome. Pour

pouvoir

la vérifier

expérimentalement,

il faudrait connaître les valeurs

parti-culières de pi et el. Mais nos

connaissances,

à ce

sujet,

étant

nulles,

nous devons nous con-tenter d’examiner

quelques simples

cas

particuliers.

14. - Nous commencerons notre examen

par le cas

limite,

celui où toutes les

positions

de p.

sont

possibles

et ont la même

probabilité.

Dans ce cas, on voit immédiatement que

(10)

se réduit à la

formule,

bien connue, de

Langevin :

-.

(16)

Mais si les

positions

possibles

sont en nombre limité et que la

probabilité

est pour toutes la

même,

on a : .

n Il fi

i5. ---- Revenons à la formule

(10),

et considérons le cas de la

saturation,

c’est-à-dire le cas où a ~ x, Si

~~~ez~

représente

le

plus petit

des

angles

que les

positions privilégiées

de y

font avec

H,

on pourra alors éliminer le facteur

qui

est commun au numérateur et

au dénominateur de la

fraction,

et on aura à la limite :

puisque,

dans ces

conditions,

la devient nulle. Ainsi

donc,

l’équation

(10)

se réduit à la suivante : -.

-1. ...

où les

intégrations

doivent être seulement faites pour les intervalles

de ~

et w

compatibles

avec

chaque

valeur Par

ailleurs,

la somme

~i

se

rapporte

aussi aux

1>t¡~1 qui

sont

possibles.

Evidemment,

le résultat

auquel

mène cet ensemble de calculs est inférieur à ~T et de même ~, en accord avec ce

qu’il

a été dit.

Pour tenter un calcul

plus

exact,

il faudrait connaître les

positions privilégiées

de [1., et par

conséquent,

la structure de l’atome et celle des microcristaux dont est

composée

la

poudre

soumise à

l’expérience. Réciproquement,

la connaissance du

rapport

pourrait

nous fournir

quelques

indications sur cette Structure. En tout cas, il est intéressant de voir

quelle

est la variation du

rapport

précédent

lorsque

le nombre de

positions possibles

de l’axe

magnétique

augmente.

Nous avons fait les calculs

correspondants

pour les cas suivants : 1° Deux seules

positions

inverses de...

= 0,50

Il..

Quatre

positions correspondantes

aux axes d’un tétraèdre.... =

0,74

3° Les six

positions

des axes

quaternaires

du cube... =

0,83

41 Les huit

positions

des axes ternaires du cube...

== 0,84

On

comprend

bien tout l’intérêt que

présente

l’étude de la loi

d’approche

de IlI à la saturation pour un

grand

nombre de corps,

élargissant,

de

la sorte,

les résultats que

ivoltjer

et

Kamerlingh

Onnes ont trouvés avec

i6. - Considérons maintenant l’autre cas limite concernant les valeurs de

a, c’est-à-dire celui où nous avons a -)- 0.

Disons,

tout

d’abord,

qu’en

ce

qui

concerne

Ëi’

il n’est

posé

aucune restriction

préalable.

En tenant

compte

des conditions de

symétrie

qu’on

a admises pour la structure de

l’atome,

et arrêtant le

développement

en série de la fonction exponen-tielle

e‘~~°~ ÿ‘

aux termes de

premier

degré

en a, on déduit sans

difficulté,

à

partir

de la fraction

de la formule

(9), l’expression

suivante :

(17)

Etant donné que :

en faisant la

substitution,

on obtient finalement

l’expression :

Cette

expression

est la forme la

plus générale

sous

laquelle

peut

se

présenter

la loi

de Curie. l.?. - A

présent,

si toutes les

énergies

El sont

beaucoup

plus petites

que

kT,

et si le

développement

en série de

l’exponentielle

n’est

poursuivi

que

jusqu’aux

termes du

premier

degré,

en raison des conditions de

symétrie

et de ce

que

Pi

i, on

aura :

Dans ce

qui précède,

nous avons

posé :

En somme, nous pouvons écrire

ou bien :

lorsqu’on

fait

Tout

d’abord,

il est évident que les valeurs de à

peuvent

être

positives

et

négatives,

ou bien s’annuler

lorsque

1 -

p) =

0,

condition

qui

est satisfaite assurément

si pi

et Fi restent constants.

Deuxièmement,

il est clair que seulement dans des cas

exceptionnels,

1 -- l2

s’écartera sensiblement de

l’unité,

en sorte que, avec la limitation

correspondante,

la loi de Curie-iveiss constitue une

première approximation

en ce

qui

concerne la variation

thermique

du

paramagnétisme.

Il a

déjà

été dit ailleurs que le facteur

(1

-

lz)

peut

avoir pour consé-quence de masquer la loi des nombres entiers. En

effet,

de la formule

(15)

on déduit :

de sorte que, y étant le

même,

le second membre de cette

expression

ne reste pas

constant;

d’autre

part,

la valeur

V jj contient

le facteur

V i -

Il

qui, lui,

est

plus

petit

que l’unité. Au

(18)

surplus,

il est intéressant à remarquer que ce facteur

peut

subsister même dans le cas où la loi de Curie est entièrement

valable,

c’est-à-dire

lorsque 3

= 0.

Pour des

températures

suffisamment

basses,

il n’est pas

permis

de

négliger

les termes d’ordre

supérieur

de

l’exponentielle

puisque

ces termes

peuvent

nous fournir

l’interprétation

des anomalies

cryomagnétiques.

Ainsi,

par

exemple,

développant

jusqu’aux

termes de second

degré,

on arrive à

l’expression :

..

J’,

qui peut

être

positif

ou

négatif,

correspond

bien aux deux formes sous

lesquelles

se

présente

l’anomalie dont il est

question.

18. - Nous allons revenir sur une

hypothèse simplificatrice qu’on

a faite

auparavant,

et

qui

se

rapporte

à la fixité de l’orientation des atomes.

Assurément,

le

champ

magnétique

doit

produire

une certaine déformation du

système,

ce

qui

aura pour

conséquence

de faire

apparaître

une

composante

du moment

magnétique, parallèle

au

champ appliqué

et

indé-pendante,

sans aucun

doute,

de la

température.

Ceci revient à dire que

l’équation

complète

valable pour les corps

paramagnétiques

renferme un terme

constant,

comme c’est le cas pour les

diélectriques.

Or,

la valeur de ce terme étant

négligeable,

dans la

plupart

des cas, il ne faudra en tenir

compte que

dans certains cas absolument

particuliers.

Parmi

ceux-ci,

il y en a un dont

l’importance

est

exceptionnelle,

celui où le

paramagné-tisme est

indépendant

de la

température.

Les

expériences, déjà

assez

anciennes,

de Honda et Owen concernant

quelques

métaux,

et d’autres

plus

i écentes de Weiss et M"e Collet

relatives au

permanganate,

au bichromate de

potassium

et au chlorure

lutéocobaltique,

sont autant

d’exemples

bien définis de ce

type

de

paramagnétisme.

Au

reste,

pour tous les corps

composés

sur

lesquels

ont été réalisées les mesures, la

susceptibilité paramagnétique

est si

petite

que ces corps,

pris

en

bloc,

sont

diamagnétiques.

Pour arriver au

paramagnétisme,

il est besoin d’éliminer le

diamagnétisme parasite.

Il est tout naturel d’attribuer le

paramagnétisme

des corps dont il

s’agit

à la défor-mation des orbites

électroniques

les

plus

superficielles

de

l’atome, qui

sont souvent

employées

pour les liaisons

chimiques

qui

unissent les atomes dans les molécules ou pour les coordonner dans les réseaux cristallins.

Prenons

l’exemple

du

permanganate

de

potassium,

dont les

quatre

atomes

d’oxygène

sont liés à l’atome de

manganèse

par l’intermédiaire de huit électrons. Parmi

ceux-ci,

sept

proviennent

des

étages

M32

-

M33

et

Ni

du

métal,

tandis que le huitième électron est

pris

à l’élément

qui

forme le

cation;

ainsi

donc,

le

système

résultant est monovalent

négatif.

Evidemment,

la

symétrie

d’un tel anion est

parfaite

et son moment

magnétique

sera nul.

Or,

la

rigidité

de la

configuration

des huit électrons

appartenant

aux liaisons Mn -

~~,

ne doit pas être aussi robuste que pour les

étages saturés,

en sorte que le

champ magnétique

pourra la

déformer,

produisant

un moment mesurable.

Le cas que nous examinons est

pareil

à celui des

complexes eobaltiques,

bien que main-tenant le

système

qui produit

la

polarisation magnétique

doit être constitué par l’ensemble des six électrons

M3,,

organisées

sous l’action de molécules

coordonnées,

comme nous l’avons

jadis suggéré (1).

On

comprend

bien que ce

système

soit peu

rigide

et que,

d’après

les mesures de Roosenbohm

(~),

résumée dans le tableau

suivant,

l’asymétrie

du

complexe

augmente

sa déformabilité :

(1) J. Phys., t. 6 (1925), p. 273. (2) f. phys. t. 93, p. 693.

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