L.E.G.T.A. Le Chesnoy TB2−2010-2011
D. Blotti`ere Math´ematiques
Correction du devoir surveill´ e n˚1
Probl` eme 1 : Valeurs exactes de cosinus et sinus, ´ equations trigonom´ etriques
Partie A
1. Soient les nombres complexesz1=
√6−i√ 2
2 etz2= 1−i. Mettre sous forme trigonom´etrique les nombres complexes z1,z2 etZ =z1
z2
. 2. En d´eduire que cosπ
12 =
√6 +√ 2
4 et sinπ 12
=
√6−√ 2
4 .
3. On consid`ere l’´equation d’inconnue r´eellex (E) : (√
6 +√
2) cos(x) + (√ 6−√
2) sin(x) = 2.
(a) R´esoudre l’´equation (E) dansR.
(b) Placer les points images des solutions de (E) sur le cercle trigonom´etrique.
Correction
1. Le module de z1 est vu ut
√6 2
!2
+ −
√2 2
!2
= √
2. Son argument θ1 ∈]−π;π] est l’unique solution
du syst`eme
cos(θ1) =
√6 2√
2 =
√3 2 sin(θ1) =−
√2 2√
2 =−1 2
. On a donc θ1 =−π
6. La forme trigonom´etrique de z1 est donc z1=√
2e−iπ6 . Le module de z2 est
q
12+ (−1)2 = √
2. Son argumentθ2 ∈]−π;π] est l’unique solution du syst`eme
cos(θ2) = 1
√2 =
√2 2 sin(θ2) =− 1
√2 =−
√2 2
.On a doncθ2=−π
4. La forme trigonom´etrique dez2est donc z2=√ 2e−iπ4 .
D’apr`es ce qui pr´ec`ede, on a Z = z1
z2
=
√2e−iπ6
√2e−iπ4 =ei(π4−π6) =ei12π. La forme trigonom´etrique de Z est donc Z =ei12π .
2. D’apr`es 1.,Z=ei12π = cosπ 12
+isinπ 12
. On a donc Re(Z) = cosπ 12
et Im(z) = sinπ 12
.
On va maintenant calculer la forme alg´ebrique deZ= z1
z2
=
√6−i√ 2 2
1−i pour obtenir une autre expression des parties r´eelle et imaginaire de Z.
Z =1 2
√6−i√ 2 1−i = 1
2 (√
6−i√
2)×(1 +i) (1−i)(1 +i) =1
2
√6 +√ 2 +i(√
6−√ 2)
2 =
√6 +√ 2
4 +i
√6−√ 2 4 Ainsi Re(Z) =
√6 +√ 2
4 et Im(z) =
√6−√ 2
4 .
En identifiant les diff´erentes expressions trouv´ees pour les parties r´eelle et imaginaire de Z, on obtient : cosπ
12
=
√6 +√ 2
4 et sinπ 12
=
√6−√ 2
4 .
3. (a) On r´esout l’´equation (E) en suivant la m´ethode vue en classe. On introduit le nombre complexe Z′=√
6 +√ 2 +i(√
6−√
2). On remarque que Z′ = 4Z = 4ei12π, d’apr`es les calculs effectu´es en 1.
et 2..
(E) ⇐⇒
√6 +√ 2
4 cos(x) +
√6−√ 2
4 sin(x) = 1
2 (division par 4 des deux membres)
⇐⇒ cosπ 12
cos(x) + sinπ 12
sin(x) = 1 2
⇐⇒ cos x− π
12
= cosπ 3
(formule de trigonom´etrie)
⇐⇒
x− π 12 =π
3 + 2kπo`uk∈Z ou
x− π 12 =−π
3 + 2kπo`uk∈Z
(r´esolution de cos(x) = cos(a))
L’ensemble solution de (E) est donc 5π
12 + 2kπ|k∈Z
∪ n
−π
4 + 2kπ|k∈Zo .
(b) Figure :≪Images des solutions de (E) sur le cercle trigonom´etrique≫
×
×
Partie B
1. Rappeler les formules d’Euler.
2. (a) Soitθ∈R. Lin´eariser cos2(θ).
(b) Montrer que cosπ 8
= r1
2+
√2
4 et sinπ 8
= r1
2 −
√2 4 . (c) Montrer que cosπ
16
= s
1 2+1
2 r1
2 +
√2 4 .
3. Question ouverte : Comment peut-on calculer≪de proche en proche≫ les valeurs de cosπ 2n
pour tout n∈N∗?
Correction
1. Formules d’Euler : cos(θ) = eiθ+e−iθ
2 et sin(θ) = eiθ−e−iθ
2i pour toutθ∈R. 2. (a) Soitθ∈R. cos2(θ) =
eiθ+e−iθ 2
2
= 1
22((eiθ)2+ 2eiθe−iθ+ (e−iθ)2) = 1
4(ei2θ+ 2 +e−i2θ).D’apr`es la premi`ere formule d’Euler, on aei2θ+e−i2θ= 2 cos(2θ). On a donc cos2(θ) = 1
2cos(2θ) +1 2 .
(b) On applique la formule pr´ec´edente avecθ=π
8 (on a alors 2θ= π
4) pour obtenir cos2π
8 = 1
2cosπ 4
+1 2 =
√2 4 +1
2. On en d´eduit que cosπ
8 = ±
r1 2 +
√2
4 . Mais −π 2 ≤ π
8 ≤ π
2, donc cosπ 8
≥ 0. Ainsi a-t-on
cosπ 8
= r1
2 +
√2 4 . On a cos2π
8
+sin2π 8
= 1. On a donc sin2π 8
= 1−cos2π 8
= 1−
√2 4 +1
2
!
=1 2−
√2 4 .On en d´eduit que sinπ
8
=± r1
2 −
√2
4 . Or 0≤π
8 ≤π, donc sinπ 8
≥0. D’o`u sinπ 8
= r1
2−
√2 4 . (c) On applique la formule obtenue en 2.(a) avecθ= π
16 (on a alors 2θ= π
8) pour obtenir cos2π
16 =1
2cosπ 8
+1 2 =1
2 s
1 2 +
√2 4 +1
2 (cf. 2.(b)).
On en d´eduit que cosπ 16
=± s
1 2 +1
2 r1
2 +
√2
4 . Or −π 2 ≤ π
16 ≤ π
2, donc cosπ 16
≥ 0. Ainsi
a-t-on cosπ 16
= s
1 2+1
2 r1
2 +
√2 4 . 3. Si la valeur de cosπ
2n
est connue pour un certain entier n ≥ 1 (c’est par exemple le cas pour n =
1,2,3,4), alors on peut calculer la valeur de cos π 2n+1
grˆace `a la formule cos π 2n+1
= r1
2+1 2cosπ
2n . Pour justifier cette formule on suit la mˆeme m´ethode que celle expos´ee en 2.(c). Par exemple, en appliquant la formule pr´ec´edente et en utilisant le r´esultat 2.(c) on obtient cosπ
32 =
vu ut1
2 +1 2
s 1 2 +1
2 r1
2+
√2 4 .
Probl` eme 2 : Approximations du nombre d’or
La calculatrice ´etant interdite, on fournit l’encadrement suivant : 2,2<√
5<2,3.
Partie A
1. On donne la fonction f d´efinie sur R∗ parf(x) = 1 + 1
x. Montrer que l’´equation f(x) = x d’inconnue x ∈ R∗ admet deux solutions que l’on pr´ecisera : α et β de signes contraires. On notera α la solution positive (αest appel´e nombre d’or).
2. SoitI l’intervalle 3
2; 2
. D´emontrer que pour toutx∈I,f(x)∈I.
3. (a) Justifier succinctement que f est d´erivable surR∗. (b) Calculerf′(x) pour toutx∈R∗.
(c) Montrer que pour toutx∈I,|f′(x)| ≤ 4 9. Correction
1. Soitx∈R∗.
f(x) =x ⇐⇒ 1 + 1 x =x
⇐⇒ x+ 1 =x2 (multiplication des deux membres parx6= 0)
⇐⇒ x2−x−1 = 0
On est ainsi ramen´e `a d´eterminer les racines du trinˆome du second degr´ex2−x−1, ce que l’on sait faire.
On trouve deux solutions `a l’´equationf(x) =x: α=1 +√ 5
2 >0 etβ= 1−√ 5
2 <0 . Pour v´erifier que β est n´egatif, on peut utiliser l’encadrement 2,2<√
5<2,3 donn´e dans l’´enonc´e.
N.B. : On a, par d´efinition deαetβ, f(α) =αet f(β) =β.
2.
x∈ 3
2; 2
=⇒ 3
2 ≤x≤2
=⇒ 1 2 ≤ 1
x ≤2
3 (car la fonctionx7→ 1
x est d´ecroissante sur ]0; +∞[)
=⇒ 1 +1
2 ≤1 + 1
x≤1 + 2
3 (ajout de 1 `a chaque membre)
=⇒ 3
2 ≤f(x)<2 (car 1 +2 3 =5
3 <2) On a ainsi d´emontr´e que si x∈I, alorsf(x)∈I.
3. (a) Les fonctionsx7→1 etx7→ 1
x sont toutes deux d´erivables surR∗. La fonction f est donc d´erivable surR∗ (une somme de deux fonctions d´erivables est d´erivable).
(b) Soitx∈R∗. Alors f′(x) =− 1 x2 . (c)
x∈ 3
2; 2
=⇒ 3
2 ≤x≤2
=⇒ 1 2 ≤ 1
x ≤2
3 (car la fonction x7→ 1
x est d´ecroissante sur ]0; +∞[)
=⇒ 1
2 2
≤ 1
x 2
≤ 2
3 2
(car la fonctionx7→x2 est croissante sur [0; +∞[)
=⇒ −4 9 ≤ − 1
x2 ≤ −1
4 (multiplication par−1<0 de chaque membre)
=⇒ |f′(x)| ≤ 4 9
On a ainsi d´emontr´e que si x∈I, alors|f′(x)| ≤ 4 9 .
Partie B
Soit (un)n∈N la suite d´efinie paru0= 3
2 et un+1=f(un) pour toutn∈N. D’apr`es la question 2. de la partie A, la suite (un) est bien d´efinie et on a pour toutn∈N,un∈I.
1. (a) V´erifier que α∈Iet que un+1−α=f(un)−f(α) pour tout n∈N.
(b) En appliquant le th´eor`eme des accroissements finis, que l’on citera avec pr´ecision, d´emontrer, par r´ecurrence, que pour toutn∈N,|un−α| ≤
4 9
n
|u0−α|. 2. En d´eduire que la suite (un) est convergente et pr´eciser sa limite.
Correction
1. (a) Pour d´emontrer queα= 1 +√ 5
2 ∈I, on part de l’encadrement 2,2<√
5<2,3 (cf. ´enonc´e).
2,2<√
5<2,3 =⇒ 3,2<1 +√
5<3,3 (ajout de 1 `a chaque membre)
=⇒ 1,6< 1 +√ 5
2 <1,65 (division de chaque membre par 2>0)
On a donc v´erifi´e que 3
2 < α= 1 +√ 5 2 <2 .
Soitn∈N. Par d´efinition un+1=f(un). De plus, commeαest solution de l’´equationf(x) =x, on a f(α) =α. On en d´eduit que un+1−α=f(un)−f(α) .
(b) Th´eor`eme des accroissements finis : Soit gune fonction d´efinie et continue sur [a;b], d´erivable sur ]a;b[. Alors il existe un r´eelc∈]a;b[ tel que g(b)−g(a) =g′(c)(b−a).
Pour chaquen∈N, on d´efinit la propri´et´ePn par Pn : |un−α| ≤
4 9
n
|u0−α|.
On va d´emontrer quePn est vraie pour toutn∈N, par r´ecurrence.
• Initialisation : Comme 4
9 0
= 1, on a bien|u0−α| ≤ 4
9 0
|u0−α|.AinsiP0 est vraie.
• H´er´edit´e : Supposons la propri´et´ePn vraie pour un entiernfix´e. On a donc
|un−α| ≤ 4
9 n
|u0−α| (1)
D´emontrons alors, sous cette hypoth`ese, que Pn+1 est ´egalement vraie.
On commence par appliquer le th´eor`eme des accroissements finis `a f sur l’intervalle [un;α] ou [α;un], suivant queun< α ouα < un (un ne peut pas ˆetre ´egal `a α, car un∈Qet α /∈Q). Dans les deux cas, il existe un r´eel c compris entreun et α tel que f(un)−f(α) = f′(c)(un −α). Or f(un)−f(α) =un+1−α(cf. 1.(a)). On a donc
|un+1−α|=|f′(c)||un−α|. (2) Remarquons maintenant que comme c est compris entre un ∈I et α∈I (cf. 1.(a)), on a c ∈I.
Ainsi
|f′(c)| ≤ 4
9 (cf. Partie A 3.(c)). (3)
De (1), (2) et (3), on d´eduit |un+1−α| ≤ 4 9 ×
4 9
n
|u0−α|= 4
9 n+1
|u0−α|. D’o`uPn+1.
• Conclusion : D’apr`es ce qui pr´ec`ede et l’axiome de r´ecurrence, la propri´et´ePn est donc vraie pour tout n∈N. C’est-`a-dire : pour toutn∈N, |un−α| ≤
4 9
n
|u0−α|. 2. Soitn∈N.
|un−α| ≤ 4
9 n
|u0−α| =⇒ − 4
9 n
|u0−α| ≤un−α≤ 4
9 n
|u0−α|
=⇒ α− 4
9 n
|u0−α| ≤un ≤α+ 4
9 n
|u0−α| (ajout deα`a chaque membre)
D’apr`es le cours sur les suites g´eom´etriques, lim
n→+∞
4 9
n
= 0, car −1 < 4
9 < 1. On en d´eduit que
n→+∞lim 4
9 n
|u0−α|= 0, car|u0−α|est une constante (ne d´epend pas den). En appliquant le th´eor`eme
≪des gendarmes≫, on a : la suite (un) est convergente et sa limite estα.
Partie C
Soit (vn)n∈N la suite d´efinie parvn= un−α
un−β pour toutn∈N.
1. Justifier bri`evement que la suite (vn) est bien d´efinie.
2. Montrer que la suite (vn) est g´eom´etrique. Pr´eciser sa raisonqet montrer que−1< q <1.
3. D´eduire de la question pr´ec´edente que la suite (un) converge et donner sa limite. V´erifier la coh´erence de votre r´esultat avec celui obtenu `a la question 2. de la partie B.
Correction
1. Soitn∈N. Comme un ∈ 3
2; 2
,un>0. D’autre part β <0. Doncun 6=β et un−β 6= 0. La suite (vn) est donc bien d´efinie.
2. Soitn∈N.
vn+1 = un+1−α un+1−β
= f(un)−f(α)
f(un)−f(β) (un+1=f(un), α=f(α), β=f(β))
=
1 + 1 un −
1 + 1
α
1 + 1 un −
1 + 1
β =
1 un − 1
α 1 un −1
β
=
α−un
unα β−un
unβ
= α−un
unα × unβ β−un
= β
α×α−un
β−un
= β
α×un−α un−β
= β
αvn
La suite (vn) est donc g´eom´etrique, de raison β α. β
α = 1−√
5 2 1 +√
5 2
=1−√ 5 1 +√
5 =(1−√
5)(1−√ 5) (1 +√
5)(1−√
5) =−6−2√ 5
4 =−3
2+
√5
2 .Pour d´emontrer que−1< β α<1, on utilise une nouvelle fois l’encadrement 2,2<√
5<2,3 (cf. ´enonc´e).
2,2<√
5<2,3 =⇒ 1,1<
√5
2 <1,15 (division de chaque membre par 2>0)
=⇒ −0,4<−3 2+
√5
2 <−0,35 (ajout de−1,5 `a chaque membre) Ainsi a-t-on −1< β
α <1 . 3. Soitn∈N.
vn= un−α
un−β =⇒ un−α=vn(un−β)
=⇒ |un−α|=|vn||un−β|
=⇒ |un−α| ≤ |vn|(|un|+|β|) (in´egalit´e triangulaire :|un−β| ≤ |un|+|β|)
=⇒ |un−α| ≤ |vn|(2 +|β|) (un∈ 3
2; 2
donc|un| ≤2)
=⇒ α− |vn|(2 +|β|)≤un ≤α+|vn|(2 +|β|)
Pour obtenir la derni`ere in´egalit´e, on a proc´ed´e comme dans la correction du 2. de la partie B. (Il s’agit d’une transformation standard qui est `a connaˆıtre.)
D’apr`es le cours sur les suites g´eom´etriques, comme la raison de la suite (vn) est strictement comprise entre
−1 et 1 (cf. 2.), on a lim
n→+∞vn= 0. On en d´eduit que lim
n→+∞|vn|= 0 et donc que lim
n→+∞|vn|(2 +|β|) = 0, car 2 +|β|est une constante (ne d´epend pas den). En appliquant le th´eor`eme≪des gendarmes≫, on a : la suite (un) est convergente et sa limite estα, ce qui est bien en accord avec le r´esultat 2. de la partie B.
Probl` eme 3 : Comportement asymptotique de la suite Z
π0
(sin θ )
2ndθ
n∈N
Partie A
On consid`ere les suites (uk)k∈N∗ et (vk)k∈N∗ d´efinies par uk= 1
k et vk=
Z k+1 k
1 xdx pour toutk∈N∗.
1. (a) Apr`es une ´etude succincte de la fonction f d´efinie sur [1; +∞[ par f(x) = 1
x, tracer la courbe repr´esentativeCf de cette fonction dans le plan muni d’un rep`ere orthonorm´e (0;−→i ,−→j).
(b) Montrer que pour toutk∈N∗, pour toutx∈[k;k+ 1], 1 k+ 1 ≤ 1
x ≤ 1 k. (c) En d´eduire que pour toutk∈N∗,uk+1≤vk≤uk.
2. (a) Calculerv1 et v2.
(b) Donner une interpr´etation g´eom´etrique dev1,v2, puis de l’in´egalit´eu2≤v1≤u1. (c) Donner une interpr´etation g´eom´etrique devk pour un entierk∈N∗ quelconque.
(d) Calculervk pour toutk∈N∗. 3. Pour toutn∈N∗, on note :
Un=u1+u2+. . .+un= Xn
k=1
uk et Vn=v1+v2+. . .+vn= Xn
k=1
vk.
(a) D´eduire de la question 2.(d) queVn= ln(n+ 1) pour toutn∈N∗. (b) Montrer queVn=
Z n+1 1
1
x dxet donner une interpr´etation g´eom´etrique deVn, pour toutn∈N∗. (c) CalculerVngrˆace `a la question pr´ec´edente. V´erifier que le r´esultat trouv´e est le mˆeme qu’`a la question
3.(a).
(d) D´emontrer que pour toutn∈N∗, Xn
k=1
vk ≤ Xn
k=1
uk, c’est-`a-dire queVn≤Un.
(e) En d´eduire que lim
n→+∞ Un= +∞, c’est-`a-dire que lim
n→+∞
Xn
k=1
1
k = +∞. Correction
1. (a) La fonction f est la restriction de la fonction inverse `a l’intervalle [1; +∞[ ⊂ ]0; +∞[ et est par cons´equent strictement d´ecroissante sur [1; +∞[. De plus, on a lim
x→+∞f(x) = 0.Cf admet donc une asymptote horizontale d’´equationy= 0 en +∞.
Cf
(b) Soitk∈N∗ et soitx∈[k;k+ 1]. Alors k≤x≤k+ 1.
Comme la fonction inverse est strictement d´ecroissante sur ]0; +∞[, on a alors 1 k+ 1 ≤ 1
x≤ 1 k. On a ainsi montr´e que pour toutk∈N∗, pour toutx∈[k;k+ 1], 1
k+ 1 ≤ 1 x≤ 1
k.
(c) Soitk∈N∗. En≪int´egrant l’in´egalit´e pr´ec´edente sur l’intervalle [k;k+ 1]≫, on a : Z k+1
k
1
k+ 1 dx≤ Z k+1
k
1 xdx≤
Z k+1 k
1
k dx. (4)
De plus
Z k+1 k
1
k+ 1 dx= 1 k+ 1
Z k+1 k
dx= 1
k+ 1 =uk+1, (5)
Z k+1 k
1
xdx=vk, (6)
Z k+1 k
1
k dx= 1 k
Z k+1 k
dx= 1
k =uk. (7)
De (4), (5), (6) et (7), on d´eduit que pour toutk∈N∗,uk+1≤vk≤uk. 2. (a) v1 =
Z 2 1
1
x dx = ln(2)−ln(1) = ln(2). D’o`u v1= ln(2). v2 = Z 3
2
1
x dx = ln(3)−ln(2). D’o`u v2= ln(3)−ln(2) = ln
3 2
. (b) Comme 1
x >0 six∈[1; 2],v1 = Z 2
1
1
x dxest l’aire du domaine du plan d´elimit´e par Cf, l’axe des abscisses et les droites d’´equationsx= 1 etx= 2. De mˆeme,v2=
Z 3 2
1
xdx est l’aire du domaine du plan d´elimit´e parCf, l’axe des abscisses et les droites d’´equationsx= 2 etx= 3.
L’in´egalit´eu2≤v1≤u1 admet l’interpr´etation g´eom´etrique suivante (cf. figure pr´ec´edente).
Aire du rectangle
dont les sommets
ont pour coordonn´ees (1,0),(2,0),
2,1
2
,
1,1 2
≤
Aire du domaine du plan d´elimit´e parCf, l’axe des abscisses et les droites d’´equationsx= 1,x= 2.
≤
Aire du rectangle
dont les sommets
ont pour coordonn´ees (1,0),(2,0),(2,1),(1,1) (c) Soitk∈N∗. Comme 1
x>0 si x∈[k;k+ 1],vk= Z k+1
k
1
xdx est l’aire du domaine du plan d´elimit´e parCf, l’axe des abscisses et les droites d’´equationsx=ketx=k+ 1.
(d) Soitk∈N∗.vk = Z k+1
k
1
x dx= ln(k+1)−ln(k). On a donc pour toutk∈N∗,vk = ln(k+ 1)−ln(k).
3. (a) Soitn∈N∗. Vn= ln(2)
| {z }
v1
+ ln(3)−ln(2)
| {z }
v2
+ ln(4)−ln(3)
| {z }
v3
+ ln(5)−ln(4)
| {z }
v4
+· · ·+ ln(n)−ln(n−1)
| {z }
vn−1
+ ln(n+ 1)−ln(n)
| {z }
vn
.
Les termes≪se t´elescopent≫ et il ne reste que ln(n+1). On a donc pour tout n∈N∗,Vn = ln(n+ 1).
(b) Soitn∈N∗.
Vn = Z 2
1
1 xdx
| {z }
v1
+ Z 3
2
1 xdx
| {z }
v2
+ Z 4
3
1 xdx
| {z }
v3
+· · ·+ Z n+1
n
1 xdx
| {z }
vn
=
Z n+1 1
1
x dx (relation de Chasles) On a donc Vn =
Z n+1 1
1
x dx pour toutn∈N∗. D’autre part, 1
x ´etant positif si x ∈ [1;n+ 1], Vn =
Z n+1 1
1
x dx est l’aire du domaine du plan d´elimit´e par Cf, l’axe des abscisses et les droites d’´equationsx= 1 etx=n+ 1.
Cf
(c) Soitn∈N∗. Vn = Z n+1
1
1
x dx= ln(n+ 1)−ln(1). On a donc pour tout n∈N,Vn = ln(n+ 1) , ce qui est bien en accord avec le r´esultat de 3.(a).
(d) Soitn∈N∗. D’apr`es 1.(c), on a les in´egalit´es suivantes.
v1≤u1
v2≤u2
v3≤u3
... vn−1≤un−1
vn≤un
≪En sommant toutes ces in´egalit´es≫, on obtient
v1+v2+v3+. . .+vn−1+vn≤u1+u2+u3+. . .+un−1+un, c’est-`a-dire pour toutn∈N∗, Vn =
Xn
k=1
vk≤ Xn
k=1
uk=Un .
(e) De 3.(a) et 3.(d), on d´eduit ln(n+ 1)≤Un pour tout n∈N∗. Or lim
n→+∞ ln(n+ 1) = +∞. D’apr`es le th´eor`eme≪des gendarmes ≫, on a donc lim
n→+∞ Un= +∞, c’est-`a-dire que lim
n→+∞
Xn
k=1
1
k = +∞.
Partie B
On pose pour toutn∈N,In= 1 π
Z π 0
(sinθ)2ndθet Jn= 1 π
Z π 0
(sinθ)2n(cosθ)2dθ.
1. CalculerI0 etI1.
2. (a) Montrer que pour toutn∈N∗,In−1−In=Jn−1.
(b) Avec une int´egration par parties, montrer que pour toutn∈N∗,Jn−1= 1 2n−1In.
On pourra utiliser le fait que (sinθ)2n−2(cosθ)2= (cos(θ)(sinθ)2n−2)×cosθ pour toutθ∈[0;π] et pour toutn∈N∗.
(c) En d´eduire la relation de r´ecurrence (R) :In= 2n−1
2n In−1, pour toutn∈N∗. 3. D´emontrer par r´ecurrence que pour toutn∈N∗,In = (2n)!
4n(n!)2. 4. On posewn= ln(In) pour toutn∈N.
(a) D´emontrer, `a partir de la relation de r´ecurrence (R), que pour tout entiern∈N∗, wn=wn−1+ ln
1− 1
2n
.
(b) En d´eduire, `a l’aide d’un raisonnement par r´ecurrence, quewn= Xn
k=1
ln
1− 1 2k
pour toutn∈N∗. 5. (a) ´Etudier la fonction gd´efinie parg(x) = ln(1 +x)−xsur ]−1,0].
(b) En d´eduire le signe deg sur ]−1,0].
(c) Montrer que pour tout entierk∈N∗, ln
1− 1 2k
≤ −1 2k.
6. (a) D´eduire des questions 4.(b) et 5.(c) que pour tout n ∈ N∗, wn ≤ −1
2 Un (cf. Partie A pour la d´efinition de Un).
(b) Donner alors la valeur de lim
n→+∞wn. (c) En d´eduire la valeur de lim
n→+∞In, puis celle de lim
n→+∞
Z π 0
(sinθ)2ndθ.
Correction
1. I0= 1 π
Z π 0
(sinθ)0dθ= 1 π
Z π 0
dθ= 1. Donc I0= 1.
I1= 1 π
Z π 0
(sinθ)2dθ. D’apr`es les formules de trigonom´etrie (ou en lin´earisant (sinθ)2`a l’aide des formules d’Euler), on a (sinθ)2= 1
2−cos(2θ)
2 pour toutθ∈R. Notons qu’une primitive de la fonctionθ7→cos(2θ) est θ7→ sin(2θ)
2 . I1= 1
π Z π
0
(sinθ)2dθ= 1 π
Z π 0
1
2−cos(2θ) 2 dθ= 1
π θ
2−sin(2θ) 4
π
0
=1 2. D’o`u I1= 1
2.
2. (a) Pour toutθ∈R, on a (cosθ)2+ (sinθ)2= 1. D’o`u (cosθ)2= 1−(sinθ)2. Soitn∈N∗. Jn−1 = 1
π Z π
0
(sinθ)2(n−1)(cosθ)2dθ
= 1
π Z π
0
(sinθ)2(n−1)(1−(sinθ)2)dθ ((cosθ)2= 1−(sinθ)2)
= 1
π Z π
0
((sinθ)2(n−1)−(sinθ)2n))dθ
= 1
π Z π
0
(sinθ)2(n−1)dθ−1 π
Z π 0
(sinθ)2ndθ
= In−1−In
On a donc pour toutn∈N∗,In−1−In=Jn−1. (b) Soitn∈N∗.
Jn−1 = 1 π
Z π 0
(sinθ)2n−2(cosθ)2dθ
= 1
π Z π
0
(cos(θ)(sinθ)2n−2)
| {z }
u′(θ)
×cosθ
| {z }
v(θ)
dθ (cf. indication de l’´enonc´e)
On introduit les fonctions u: θ7→ 1
2n−1(sinθ)2n−1 et v:θ 7→cosθ d´efinies et d´erivables sur [0;π].
On a u′(θ) = cos(θ)(sinθ)2n−2 et v′(θ) = −sin(θ) pour tout θ ∈ [0;π]. En appliquant la formule d’int´egration par parties, on obtient :
Jn−1 = 1 π
Z π 0
(cos(θ)(sinθ)2n−2)
| {z }
u′(θ)
×cosθ
| {z }
v(θ)
dθ
= 1
π 1
2n−1(sinθ)2n−1×(cosθ) π
| {z 0}
=0
−1 π
Z π 0
1
2n−1(sinθ)2n−1×(−sinθ)dθ
= 1
2n−1 1
π Z π
0
(sinθ)2ndθ
= 1
2n−1In
Ainsi pour tout n∈N∗,Jn−1= 1 2n−1In.
(c) Soitn∈ N∗. De 2.(a) et 2.(b), on d´eduitIn−1−In=Jn−1= 1
2n−1In.D’o`uIn−1= 1
2n−1In+In. C’est-`a-direIn−1= 2n
2n−1In. Ainsi a-t-on (R) :In =2n−1
2n In−1, pour toutn∈N∗. 3. Pour chaquen∈N∗, on d´efinit la propri´et´ePn : In= (2n)!
4n(n!)2.On va d´emontrer quePn est vraie pour tout n∈N∗, par r´ecurrence.
• Initialisation : D’apr`es 1., I1= 1
2. Comme (2)!
4(1!)2 = 1
2,P1 est vraie.
• H´er´edit´e : Supposons la propri´et´ePn vraie pour un entiernfix´e. On a donc In = (2n)!
4n(n!)2. (8)
D’apr`es la relation de r´ecurrence (R), on a
In+1= 2(n+ 1)−1
2(n+ 1) In= 2n+ 1
2(n+ 1)In (9)
De (8) et (9), on d´eduit In+1= 2n+ 1
2(n+ 1)× (2n)!
4n(n!)2 =2(n+ 1) 2(n+ 1)
| {z }
=1
× 2n+ 1
2(n+ 1)× (2n)!
4n(n!)2 = (2n+ 2)(2n+ 1)
4(n+ 1)2 × (2n)!
4n(n!)2 = (2n+ 2)!
4n+1((n+ 1)!)2
D’o`u In+1= (2(n+ 1))!
4n+1((n+ 1)!)2, c’est-`a-dire quePn+1 est vraie.
• Conclusion : D’apr`es ce qui pr´ec`ede et l’axiome de r´ecurrence, la propri´et´ePn est donc vraie pour tout n∈N∗. C’est-`a-dire : pour toutn∈N∗,In= (2n)!
4n(n!)2. 4. (a) Soit n∈ N∗. D’apr`es (R) :In = 2n−1
2n In−1 =
1− 1 2n
In−1. En appliquant la fonction ln aux membres extrˆemes de cette identit´e, on obtient ln(In) = ln
1− 1
2n
+ ln(In−1), d’o`u
wn=wn−1+ ln
1− 1 2n
,
par d´efinition mˆeme de la suite (wn).
On a donc d´emontr´e que pour tout entiern∈N∗,wn=wn−1+ ln
1− 1 2n
.
(b) Pour chaquen∈N∗, on d´efinit la propri´et´ePn : wn = Xn
k=1
ln
1− 1 2k
.On va d´emontrer quePn est vraie pour toutn∈N∗, par r´ecurrence.
• Initialisation : D’apr`es 1., I1 = 1
2 et donc w1 = ln(I1) = ln 1
2
. Or X1
k=1
ln
1− 1 2k
= ln
1−1
2
= ln 1
2
. On a donc v´erifi´e queP1 est vraie.
• H´er´edit´e : Supposons la propri´et´ePn vraie pour un entiernfix´e. On a donc wn=
Xn
k=1
ln
1− 1 2k
. (10)
D’apr`es 4.(a), on a
wn+1=wn+ ln
1− 1
2(n+ 1)
. (11)
De (10) et (11), on d´eduit wn+1=
Xn
k=1
ln
1− 1 2k
+ ln
1− 1
2(n+ 1)
=
n+1X
k=1
ln
1− 1 2k
.
AinsiPn+1est vraie.
• Conclusion : D’apr`es ce qui pr´ec`ede et l’axiome de r´ecurrence, la propri´et´ePn est donc vraie pour tout n∈N∗. C’est-`a-dire : pour toutn∈N∗,wn=
Xn
k=1
ln
1− 1 2k
.
5. (a) La fonctiong est d´erivable sur ]−1,0], comme somme de deux fonctions (x7→ln(1 +x) etx7→ −x) d´erivables sur ]−1,0]. Sa d´eriv´ee est donn´ee parg′(x) = 1
x+ 1 −1 = −x
x+ 1 pour toutx∈]−1,0].
Si x∈]−1,0], alors−x≥0 etx+ 1>0. On en d´eduit que g′(x)≥0 pour toutx∈]−1; 0] et donc que g est croissante sur ]−1; 0].
(b) Commegest croissante sur ]−1; 0], pour toutx∈]−1; 0],g(x)≤g(0) = 0. La fonctiong est donc n´egative.
(c) Soitk∈ N∗. Alors −1 <− 1
2k ≤0. Donc g
− 1 2k
= ln
1− 1 2k
+ 1
2k ≤0, d’apr`es 5.(b). On a donc ln
1− 1
2k
≤ − 1
2k. On a ainsi pour toutk∈N∗, ln
1− 1 2k
≤ − 1 2k. 6. (a) D’apr`es 5.(c), on a les in´egalit´es suivantes.
ln
1− 1 2×1
≤ −1 2×1 =−1
2 ×1 ln
1− 1
2×2
≤ −1 2×2 =−1
2 ×1 2 ln
1− 1
2×3
≤ −1 2×3 =−1
2 ×1 3 ...
ln
1− 1 2n
≤ −1 2n =−1
2 ×1 n
≪En sommant toutes ces in´egalit´es≫, on obtient Xn
k=1
ln
1− 1 2k
≤ −1 2 ×
1 +1
2 +1
3+. . .+1 n
=−1 2×
Xn
k=1
1 k
!
=−1 2×Un. Mais d’apr`es 4.(b),wn=
Xn
k=1
ln
1− 1 2k
. On a donc prouv´e que pour tout n∈N∗,wn ≤ −1 2 Un. (b) D’apr`es le r´esultat 3.(e) de la partie A, on a lim
n→+∞ Un = +∞, donc lim
n→+∞ −1
2 Un =−∞. De la question pr´ec´edente et du th´eor`eme≪des gendarmes ≫, on d´eduit alors que lim
n→+∞ wn=−∞. (c) Soitn ∈ N∗. Comme wn = ln(In), on a In = ewn. Du r´esultat pr´ec´edent et de lim
x→−∞ex = 0, on d´eduit que lim
n→+∞In= 0 et donc que lim
n→+∞
Z π 0
(sinθ)2ndθ
| {z }
π×In
= 0.
Remarque : On a ´egalement obtenu le r´esultat lim
n→+∞
(2n)!
4n(n!)2 = 0.