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3 Espaces fonctionnels 3.1 Topologie d’un espace m´etrique

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3 Espaces fonctionnels

3.1 Topologie d’un espace m´ etrique

Soit (X, d) un espace m´etrique; c’est-`a-dire, X est un ensemble quelconque et d: X⇥X !R+ est une fonction v´erifiant les trois propri´et´es suivantes pour tousu, v, w2X:

S´eparation de points: d(u, v) = 0 si et seulement siu=v;

Sym´etrie: d(u, v) =d(v, u);

In´egalit´e triangulaire: d(u, v)d(u, w) +d(w, v).

On appelle d une m´etrique (ou une distance) surX. Rappelons qu’une boule ouvertede centre u2X et de rayon r >0 est d´efinie par

B(u, r) ={v2X :d(u, v)< r}.

Un ensembleA⇢X est ditouvert si pour tout pointu2A il existe une boule ouverteB⇢X de centreutelle queB ⇢A. Un ensembleA⇢X est dit ferm´e si son compl´ementaire est ouvert. Un espace m´etrique est ditcomplet si toute suite de Cauchy poss`ede une limite. Si Y est un autre espace m´etrique, alors une fonctionf :X !Y est ditecontinue si pour toutu2X et ">0 il existe un >0 tel que

v2X, dX(u, v)< =) dY f(u), f(v) <", o`u on ´ecritdX etdY pour les m´etriques deX etY.

Exercice 3.1. SoitX et Y des espaces m´etriques et f : X ! Y une fonction.

Montrer que les propri´et´es suivantes sont ´equivalentes:

• f est continue;

• Si (un)n 1⇢Xest une suite convergente, alors (f(un))n 1converge aussi;

• L’image r´eciproque par f de tout ensemble ouvert (ferm´e) est ouverte (ferm´ee);

• Pour toutu2X et tout ouvertU ⇢Y contenantf(u) il existe un ouvert V ⇢X tel queu2V etf(V)⇢U.

Tout espace vectoriel norm´e X est un espace m´etrique. Dans ce cas, la m´etrique est donn´ee par la formuled(u, v) =ku vk, o`uk·k d´esigne la norme deX.

Exercice3.2. Montrer que dans un espace vectoriel norm´e les op´erations d’addi- tion et de multiplication par un scalaire sont continues.

D´efinition 3.3. Un espace m´etrique X est dit compact si tout recouvrement deX par des ouverts contient un sous-recouvrement fini. En d’autres termes, siX =S

U, o`u U ⇢X sont des ouverts, alors il existe ↵1, . . . ,↵n tels que Sn

(2)

Exercice 3.4. Soient X et Y des espaces m´etriques. Montrer que siY est com- pact, alors toute fonction F : X !Y avec un graphe ferm´e est continue. En particulier, siX, Y sont des espace m´etriques compacts etF :X !Y est une bijection continue, alors l’inverse deF est continue.

Exemples 3.5. Fonctions continues born´ees. SoitD ⇢Rd un ouvert. On noteC(D) l’espace des fonctions continuesf :D!Ctelles que

kfkL1 := ess sup

x2D |f(u)|<1. (3.1) AlorsC(D) munie de la normek·kL1 est un espace de Banach.

Espaces de Lebesgue. Soit p 2 [1,+1] et D ⇢ Rd un ouvert. On noteLp(D) l’espace des fonctions bor´eliennesf :D!Ctelles que

kfkLp=

✓Z

D|f(x)|pdx

1/p

<1. (3.2)

Dans le casp=1, cette norme est remplac´ee parkfkL1.

Espaces de Sobolev. SoitI= (a, b) un intervalle (qui peut ˆetre non born´e).

Rappelons qu’une fonction continuef :I !Cest diteabsolument continue si il existe une fonction bor´elienneg :I!Cint´egrable sur tout intervalle born´e J ⇢Itelle que

f(x) =C+ Z x

x0

g(y) dy, x2I,

o`u C est un nombre complexe etx0 2I. On appelleg lad´eriv´ee de f et l’on noteg =f0. Soit p2[1,+1]. L’espace de SobolevW1,p(I) est d´efinit comme l’ensemble de fonctions absolument continues dont la d´eriv´ee appartient `aLp(I).

Cet espace est muni de la norme

kfkW1,p = kfkpLp(I)+kf0kpLp(I) 1/p.

Les espaces de Sobolev d’ordre sup´erieur sont d´efinit par r´ecurrence. Plus pr´e- cis´ement, pour un entierk 2 on introduit l’espace

Wk,p(I) ={f 2W1,p(I) :f02Wk 1,p(I)} muni de la norme

kfkWk,p(I)=

✓Xk

j=0

kf(j)kpLp(I)

1/p

,

o`u f(j)d´esigne laji`eme d´eriv´ee def.

Exercice 3.6. Montrer que les espaces consid´er´es dans l’exemple 3.5 sont des espaces de Banach.

(3)

3.2 Th´ eor` eme de Weierstrass

Th´eor`eme 3.7. Soit[a, b]⇢Run intervalle born´e etf : [a, b]!Rune fonction continue. Alors il existe une suite de polynˆomes{Pn} tel que

kf PnkL1 !0 quandn! 1. (3.3)

D´emonstration. Sans perte de g´en´eralit´e, on peut supposer que [a, b] = [0,1] et quef(0) =f(1) = 0. On continuef surR\[0,1], en obtenant ainsi une fonction uniform´ement continue surR`a support dans [0,1].

On d´efinit Qn(x) =cn(1 x2)n, aveccn >0 tel que Z 1

1

Qndx= 1. (3.4)

Il est facile `a voir que cette condition implique l’in´egalit´ecn< n+12 . Il s’ensuit que, pour tout >0,

sup

|y|1|Qn(y)|!0 quandn! 1. (3.5) On d´efinit maintenant

Pn(x) = Z 1

1

f(x+y)Qn(y) dy= Z 1

0

f(y)Qn(x y) dy, x2[0,1].

AlorsPn est un polynˆome. Montrons que la suite{Qn} converge versf unifor- m´ement sur [0,1]. En e↵et, soit ">0. Commef est uniform´ement continu, il existe >0 tel que

|y| =) |f(x+y) f(x)|"/2. (3.6)

Pour toutx2[0,1], on a

|f(x) Pn(x)| Z

R|f(x+y) f(x)|Qn(y) dy

✓Z

|y|

+ Z

|y|1

|f(x+y) f(x)|Qn(y) dy, o`u on a utilis´e (3.4). Il s’ensuit de (3.4) et (3.6) que la premi`ere int´egrale est major´ee par"/2 pour tout net x. D’autre part, la convergence (3.5) implique que la deuxi`eme int´egrale converge vers z´ero uniform´ement enxquandn! 1. On conclut que|f(x) Pn(x)|"pour n 1 et toutx2[0,1].

Corollaire 3.8. Il existe une suite de polynˆomes Pn telle que Pn(0) = 0 pour toutn 1 etPn(x)!|x|quandn! 1uniform´ement enx2[ a, a]pour tout a >0.

(4)

3.3 Th´ eor` eme de Stone–Weierstrass

Le th´eor`eme de Weierstrass d´emontr´e ci-dessous permet d’´etablir un r´esultat plus g´en´eral, appel´e le th´eor`eme de Stone–Weierstrass, qui implique, en par- ticulier, la densit´e de des polynˆomes dans l’espace C(D) pour tout domaine born´eD⇢Rd. Pour ´enoncer ce r´esultat, on introduit d’abord quelques d´efini- tions.

D´efinition 3.9. Soit X un espace m´etrique compact et C(X) l’espace des fonctions continuesf :X !Cmuni de la norme

kfkL1 = sup

u2X|f(u)|.

Un sous espaceA⇢C(X) est appel´e unealg`ebresif g2Apour toutes fonctions f, g 2 A. On dit qu’une alg`ebre A ⇢ C(X) s´epare les points si pour tous u, v2X,u6=v, il existef 2Atel que f(u)6=f(v).

Th´eor`eme 3.10(th´eor`eme de Stone–Weierstrass). SoitX un espace m´etrique compact et A ⇢ CR(X) une alg`ebre ferm´ee qui s´epare les points. Alors soit A = CR(X), soit il existe v 2 X tel que A = {f 2 CR(X) : f(v) = 0}. En particulier, si la fonction1identiquement ´egale `a1 appartient `aA, alors Aest confondue avecCR(X).

Nous n’allons consid´erer que le cas particulier o`u12A. Dans cette situation le th´eor`eme est cons´equence des deux propositions suivantes:

Proposition 3.11. SoitA⇢CR(X) une alg`ebre. Alors min(f, g),max(f, g)2 Apour toutes fonctions f, g2A.

Proposition 3.12 (th´eor`eme de Kakutani–Krein). SoitL ⇢CR(X) un sous- espace vectoriel ferm´e qui s´epare les points, contient la fonction1et est tel que min(f, g),max(f, g)2Lpour toutes fonctions f, g2L. Alors L=CR(X).

D´emonstration de la proposition 3.11. Comme max(f, g) =12|f g|+12(f+g) et min(f, g) = max( f, g), il suffit de montrer que sif 2A, alors|f|2A. Sans perte de g´en´eralit´e, on peut supposer quekfkL1 1. D’apr`es le th´eor`eme de Weierstrass, il existe une suite de polynˆomes{Pn}telle que supxPn(x) |x| !0 quand n! 1, o`u la borne sup´erieure est prise par rapport `a x2[ 1,1]. On peut supposer que Pn(0) = 0 pour tout n 0; dans le cas contraire, il suffit de remplacerPn parPn Pn(0). Alors kPn(f) |f|kL1 !0 quand n! 1. CommeAest un alg`ebre etPn(0) = 0, on aPn(f)2A, et commeAest ferm´ee, on conclut que|f|2A.

D´emonstration de la proposition 3.12. Soit g 2 CR(X) une fonction et " > 0 quelconque. On cherche f 2 L tel quekf gkL1 ". Supposons que pour tout u 2 X il existe fu 2 L tel que fu(u) = g(u) etg  fu+". Pour tout u2X il existe un voisinageVu tel queg(u) fu(u) "pour u2Vu. Comme

(5)

S

u2XVu est un recouvrement du compactX, il existeu1, . . . , un 2X tels que S

jVuj =X. On d´efinitf = min(fu1, . . . , fun). Alors

f(u) +"= min(fuj(u), j= 1, . . . , n) +" g(u) pour toutu2X.

D’autre part, pour toutu2X il existe un entierj tel que u2Vuj. Il s’ensuit

que f(u) "  fuj(u) "  g(u). Ces deux in´egalit´es impliquent le r´esultat

cherch´e.

Il nous reste `a construire les fonctions fu 2L. Comme Ls´epare les points et 12 L, pour tous points u, v 2 X il existe fuv 2 L tel que fuv(u) = g(u) et fuv(v) = g(v). Pour tout v 2 X on note Uv un voisinage de v tel que fuv(z) +" g(z) pourz2Uv. CommeX est compact, il existeu1, . . . , un2X tels queS

jUvj =X. Alors la fonctionfu= max(fuv1, . . . , fuvn) appartient `aA et v´erifie les propri´et´es requises.

Le fait que dans le th´eor`eme 3.10 on consid`ere le cas r´eel est important.

Par exemple, si A d´esigne le sous-espace dans C([0,2⇡]) des fonctions telles que R2⇡

0 f(x)eikxdx = 0 pour tout entier k < 0, alors A est une alg`ebre fer- m´ee qui s´epare les points et contient la fonction identiquement ´egale `a 1, mais A6=C([0,2⇡]). Cependant, sous une hypoth`ese suppl´ementaire sur l’alg`ebre, le th´eor`eme de Stone–Weirestrass reste vrai dans le cas complexe.

Th´eor`eme 3.13(th´eor`eme de Stone–Weierstrass complexe). SoitX un espace m´etrique compact etA⇢C(X)une alg`ebre ferm´ee qui s´epare les points et telle quef¯2Apour tout f 2A. Alors soit A=C(X), soit il existev 2X tel que A={f 2C(X) :f(v) = 0}.

Le fait que le conjugu´e complexe de tout ´el´ementf 2Aappartient `aAest important. Par exemple, si D ⇢C d´esigne le disque unit´e, alors les fonctions holomorphes continues surDforment une alg`ebreAferm´ee qui s´epare les points et contient la fonction identiquement ´egale `a 1, maisA6=C(D).

D´emonstration. Il est facile `a voir que sif 2A, alors Ref,Imf 2A. Il s’ensuit que ReA ={Ref : f 2A} est une alg`ebre ferm´ee qui s´epare les points. De plus, elle est confondue avec ImA={Imf :f 2A}. D’apr`es le th´eor`eme de Stone–Weierstrass, soit il existev2X tel que ReA={f 2CR(X) :f(v) = 0}, soit ReA=CR(X). La conclusion du th´eor`eme est une cons´equence imm´ediate de ce r´esultat.

Un corollaire int´eressant du th´eor`eme de Stone–Weierstrass est le r´esultat.

Th´eor`eme 3.14(th´eor`eme d’extension de Tietze). SoitX un espace m´etrique compact etY ⇢X un ensemble ferm´e. Alors pour toute fonction f 2CR(Y)il existe f˜2CR(X)tel quef˜(u) =f(u)pour toutu2Y.

D´emonstration. On note R : C(X) ! C(Y) l’op´erateur de restriction d’une fonction f : X ! R `a Y. Il faut montrer que R est surjective. Il est claire que Im(R) est une alg`ebre dans CR(Y) qui contient la fonction 1. De plus, le

(6)

Lemme 3.15 (Urysohn). Soit X un espace m´etrique compact et F1, F2 ⇢ X deux ferm´es disjoints. Alors il existe une fonction continuef :X !Rtelle que f(u) = 0 pouru2F1 et f(u) = 1pouru2F2.

D’apr`es le th´eor`eme de Stone–Weierstrass, pour conclure que Im(R) =CR(Y), il suffit de montrer que Im(R) est ferm´e. On note N ={f 2CR(X) :Rf= 0} le noyau deRetCR(X)/N l’espace quotient. Alors on peut d´efinir l’application Re:CR(X)/N !CR(Y) qui associe `a [f] la fonctionRf. La propri´et´e cherch´ee sera ´etablie si on arrive `a montrer la relation

kR[fe ]kL1(Y)=k[f]kCR(X)/N pour toutf 2CR(X).

CommekR(f)kL1  kfkL1, on a kR[fe ]kL1(Y) k[f]kCR(X)/N. Il suffit donc construire, pour toutg2Im(R), une fonctionf 2CR(X) telle queR(f) =get kfkL1(X) kgkL1(Y). Commeg2Im(R), il existeh2CR(X) tel queRh=g.

La fonctionf = max kgkL1,min(kgkL1, h) v´erifie la propri´et´e requise.

D´emonstration du lemme 3.15. On d´efinit f :X !Rpar la formule f(u) = d(u, F1)

d(u, F1) +d(u, F2). Alorsf est continue, s’annule surF1 et est ´egale `a 1 surF2.

3.4 Th´ eor` eme de Arzel` a–Ascoli

SoitX un espace m´etrique. Le r´esultat suivant donne une condition n´ecessaire et suffisante pour la compacit´e d’un sous-ensemble de C(X), sous l’hypoth`ese queX soit compact.

Th´eor`eme 3.16. Supposons queX est compact. Alors un ensembleA⇢C(X) est compact si et seulement si il est ferm´e et v´erifie les deux propri´et´es suivantes:

(a) Pour tout u2X, l’ensemble {f(u), f 2A} est born´e dansC.

(b) La familleAest ´equicontinue en tout point u2X; c’est-`a-dire, pour tout

">0 il existe un voisinageVu deutel que

v2Vu =) |f(v) f(u)|" pour toutf 2A. (3.7)

Nous aurons besoin d’un r´esultat qui donne des conditions n´ecessaires et suffisantes pour la compacit´e d’un espace m´etrique. Sa d´emonstration est laiss´ee comme un exercice.

Exercice3.17. Montrer que, pour un espace m´etriqueY, les propri´et´es suivantes sont ´equivalentes.

• Y est compact;

• Si {F} est une famille de ferm´es deY telle queTn

j=1Fj 6=?pour tout ensemble fini {↵1, . . . ,↵n}, alorsT

F6=?.

(7)

• Y est complet, et pour tout">0 il existe des pointsu1, . . . , un 2X tels queY =S

jB(uj,"), o`uB(u, r) d´esigne la boule ouverte de centreu2Y

et de rayon r >0.

• Toute suite {un}⇢Y poss`ede un point d’accumulation.

D´emonstration du th´eor`eme 3.16. Montrons d’abord que les conditions (a) et (b) sont n´ecessaires. Comme tout ensemble compact est born´e,Aest born´e et, par cons´equent,{f(u), f 2A} est born´e dansC. Pour ´etablir (b), on fixe ">0 et on utilise l’exercice 3.17 pour trouver des fonctionsfnj, j= 1, . . . , k, telles que min{kf fnjkL1, j= 1, . . . , k}"/3 pour toutf 2A. (3.8) Soit maintenantu2X etV ⇢X un voisinage deutel que

v2V =) |fnj(v) fnj(u)|"/3 pourj= 1, . . . , k. (3.9)

Les in´egalit´e (3.8) et(3.9) impliquent que, pour toutf 2Aet v2V, on a

|f(v) f(u)||f(v) fnl(v)|+|fnl(v) fnl(u)|+|fnl(u) f(u)|",

o`u l2[[1, k]] est un entier sur lequel le minimum dans (3.8) est atteint.

Montrons maintenant que les conditions (a) et (b) sont suffisantes pour la compacit´e deA. Il suffit d’´etablir que pour tout ">0 il existe f1, . . . , fn tels que

A⇢ [n

j=1

B(fj,3"). (3.10)

D’apr`es (b), pour toutu2X il existe un voisinageVu⇢X tel que (3.7) a lieu.

Comme X est compact, il existe u1, . . . , um 2X tels que X =Sm

l=1Vul. Les ensembles{f(ul), f 2A}sont born´es dansC. Il s’ensuit qu’il existe un nombre fini de fonctionsf1, . . . , fn2Atelles que

min{|P(f) P(fj)|, j= 1, . . . , n}<", (3.11) o`u P(f) = (f(u1), . . . , f(um)) et | · | d´esigne la norme dans Cm. Les in´egal- it´es (3.7) et (3.11) impliquent que, pour toutv2X, on a

|f(v) fj(v)||f(v) f(ul)|+|f(ul) fj(ul)|+|fj(ul) fj(v)|3", o`u j d´esigne l’entier sur lequel le minimum dans (3.11) est atteint et l est un entier tel quev2Vul. Commev´etait quelconque, on obtient (3.10).

Le th´eor`eme 3.16 permet d’´etablir la compacit´e d’injection de certains espace fonctionnels. Pour 2 (0,1] et un domaine born´e D ⇢ Rd, on note C (D) l’espace des fonctions continuesf :D!Ctelles que

kfkC := sup

x2D|f(x)|+ sup

x6=y

|f(x) f(y)|

|x y| <1.

Rappelons qu’une application lin´eaire L:X !Y est dite compacte si l’image

(8)

Corollaire 3.18. Pour tout 2(0,1]et tout domaine born´eD⇢Rd, l’injection C (D)⇢C(D)compact.

D´emonstration. Il suffit de montrer que si (fn)⇢C (D) est une suite born´ee, alors il existe une suite extraite qui converge dansC(D). D’apr`es le th´eor`eme 3.16, l’existence d’une telle suite sera ´etablie si on montrer que A= (fn) v´erifie les propri´et´es (a) et (b). La validit´e de (a) est ´evidente. Pour prouver (b), on remarque qui sikfnkC C, alors

|fn(x) fn(y)|C|x y| pour tousx, y2D.

Cette in´egalit´e implique imm´ediatement la propri´et´e (b).

3.5 Compacit´ e dans les espaces L

p

Le th´eor`eme de Arzel`a–Ascoli donne une conditions n´ecessaire et suffisantes pour la compacit´e d’un sous-ensemble ferm´e dans C(X). Nous allons ´etablir maintenant un r´esultat similaire pour les espacesLp avecp <1.

SoitD⇢Rdun domaine born´e etp2[1,+1[ . Rappelons que toute fonction f 2Lp(D) est continue en moyenneLp:

!f( , p) := sup

|y|

✓Z

D|f(x+y) f(x)|pdx

1/p

!0 quand !0, (3.12) o`u on a prolong´e f par z´ero `a Rd \D. Une id´ee de la d´emonstration de ce r´esultat est donn´ee `a la fin de ce paragraphe.

Th´eor`eme 3.19. Soit A ⇢ Lp(D) un sous-ensemble ferm´e born´e. Alors A est compact si et seulement si la convergence (3.12) a lieu uniform´ement par rapport `af 2A.

D´emonstration. Montrons d’abord la n´ecessit´e de la condition (3.12). Soit">0 et{f1, . . . , fn}⇢Aun ensemble fini tel que

min{kf fjkLp, j= 1, . . . , n}" pour toutf 2A. (3.13) Comme (3.12) est vrai pourfj, il existe >0 tel que

k⌧yfj fjkLp" pour|y| ,j= 1, . . . , n, (3.14)

o`u (⌧f)(x) = f(x+y). Les in´egalit´es (3.13) et (3.14) impliquent que, pour f 2Aet|y| , on a

k⌧yf fkLp k⌧y(f fl)kLp+k⌧yfl flkLp+kfl fkLp3", o`u l 2 [[1, n]] d´esigne l’entier sur lequel le minimum dans (3.13) est atteint.

Comme">0 ´etait quelconque, on conclut que (3.12) a lieu uniform´ement par rapport `a f 2A.

(9)

Prouvons maintenant que la convergence (3.12) uniform par rapport `af 2A est suffisante pour la compacit´e de A. Soit 2C01(Rd) une fonction positive port´ee par la boule BRd(0,1) telle que R

Rd dx = 1 et n(x) = nd (nx), o`u n 1 est un entier. Pourf 2L1(Rd) on d´efinit

f(n)(x) := ( n⇤f)(x) = Z

Rd n(x y)f(y) dy.

La d´emonstration du lemme suivant est donn´ee `a la fin de ce paragraphe.

Lemme 3.20. Pour toutp2[1,+1[et f 2Lp(D), on a

k n⇤f fkLp!f(n 1, p). (3.15) Comme la convergence (3.12) a lieu uniform´ement par rapport `a f 2A, on voit que

sup

f2Akf(n) fkLp!0 quandn! 1.

Comme l’injectionC(D)⇢Lp(D) est continue, la compacit´e deAdansLp(D) sera donc d´emontr´ee si on arrive `a ´etablir, pour toutn 1, la compacit´e relative de{f(n), f2A}dansC(D). Pour cela il suffit de remarquer que

sup

x2Rd

|f(n)(x)|+ Xn

j=1

|@jf(n)(x)|

CnkfkLp

et utiliser le th´eor`eme de Arzel`a–Ascoli.

D´emonstration du lemme 3.20. En utilisant la d´efinition de n⇤f et l’in´egalit´e de H¨older, on ´ecrit

k n⇤f fkpLp= Z

D

Z

Rd n(y) f(x y) f(x) dy

p

dx

 Z

D

Z

Rd n(y)f(x y) f(x)pdydx

= Z

BRd(0,n 1) n(y)

Z

D

f(x y) f(x)pdxdy

 sup

|y|n 1

Z

D|f(x y) f(x)|pdx=!fp( , p).

Id´ee de la d´emonstration de la convergence (3.12). On doit montrer que k⌧yf fkLp!0 quand|y|!0. (3.16) Pour une fonction f : D ! C et un entier N 1, on pose fN(x) = f(x) si

|f(x)|  N et fN(x) = 0 dans le cas contraire. Alors, pour toute fonction f 2Lp(D), on a

sup k⌧yf ⌧yfNkLp!0 quand N! 1.

(10)

Il s’ensuit qu’il suffit de prouver (3.16) pour des fonctions born´ees. De plus, toute fonction born´ee peut ˆetre approch´ee, uniform´ement par rapport `a x2D, par des combinaisons lin´eaires de fonctions caract´eristiques. On conclut donc que la convergence (3.16) sera d´emontr´e pour toute fonctionf 2 Lp(D) si on arrive `a l’´etablir pour la fonction caract´eristique de tout sous-ensemble bor´elien deD.

Il est bien connu que pour tout ensemble bor´elien A ⇢D et tout " >0 il existe un ouvert G"⇢A et un compact F"⇢A tels que `(G"\F")<", o`u ` d´esigne la mesure de Lebesgue. On d´efinit la fonction

g"(x) = d(x, Gc")

d(x, F) +d(x, Gc"), x2Rd. Alorsg"est une fonction continue surRd telle que 0g"1 et

sup

|y|1k⌧yg"yIAkLp`(G"\F")1/p<"1/p,

o`uIAd´esigne la fonction caract´eristique deA. On voit qu’il suffit d’´etablir (3.16) pour la fonction continue `a support compact g". Dans ce cas, comme D est born´e, la propri´et´e requise est une cons´equence imm´ediate de la continuit´e uni- forme deg".

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