MPSI B 29 juin 2019
Énoncé
Ce texte fait intervenir des fonctions C
∞( R ) , périodiques de période 2π et à valeurs dans C. De telles fonctions sont appelées des lacets. Un lacet γ peut être vu comme un mouvement. Pour t ∈ R, le complexe γ(t) représente la position dans le plan d'un point mobile. La trajectoire (notée Γ ) est l'ensemble des points par où est passé le mobile. À cause de la périodicité,
Γ = {γ(t), t ∈ R } = {γ(t), t ∈ [0, 2π]} . Les gures 1a et 1b présentent les trajectoires Γ pour deux lacets.
(a) γ(t) = e
it. (b) γ(t) = e
2it−e
it−1 .
Fig. 1: Exemples de trajectoires.
Pour un lacet γ et un complexe z / ∈ Γ , l'indice de z par rapport à γ est I γ (z) = 1
2iπ Z 2π
0
γ
0(t) γ(t) − z dt.
Il s'agit de l'intégrale d'une fonction d'une variable réelle C
∞à valeurs complexes où γ
0(t) est la notation habituelle pour la dérivée de γ . Pour un nombre complexe z tel que |z| 6= 1 , on note I 0 (z) son indice par rapport au mouvement circulaire.
I 0 (z) = 1 2π
Z 2π 0
e it
e it − z dt avec γ(t) = e it .
Partie préliminaire.
1. Soit f continue dans R, périodique de période T > 0 et à valeurs complexes.
Montrer que la fonction de R dans C, x 7→ R x+T
x f (t) dt est constante.
2. Montrer que :
∀x ∈ R
∗, arctan x + arctan 1 x =
π
2 si x > 0
− π
2 si x < 0 .
3. Pour θ entre 0 et π 2 , exprimer cos θ en fonction de tan θ 2 .
Partie I. Calcul direct de I 0 (z) .
Dans cette partie, z ∈ C, |z| 6= 1 et ϕ ∈ R est un argument de z . On note A(z) = Re(I 0 (z)), B(z) = Im(I 0 (z)).
1. Soit r ∈ R \ {−1, +1} . En eectuant le changement de variable t = tan θ 2 , montrer Z
π20
dθ
1 + r 2 − 2r cos θ = 2
1 − r 2 arctan 1 + r
1 − r
.
2. a. Montrer que
A(z) = 1 2π
Z 2π 0
1 − |z| cos(t − ϕ)
1 + |z| 2 − 2|z| cos(t − ϕ) dt, B(z) = 0.
b. Montrer que
I 0 (z) = 1
2 + 1 − |z| 2 4π
Z 2π 0
dt
1 + |z| 2 − 2|z| cos(t − ϕ) . 3. Montrer que
Z 2π 0
dt
1 + |z| 2 − 2|z| cos(t − ϕ) = 2
Z
π20
dθ
1 + |z| 2 − 2|z| cos θ + Z
π20
dθ
1 + |z| 2 + 2|z| cos θ
! .
En déduire I 0 (z) =
( 1 si |z| < 1 0 si |z| > 1 .
Cette création est mise à disposition selon le Contrat
Paternité-Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France disponible en ligne http://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0/fr/
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Partie II. L'indice est un entier.
On revient au cas général : γ est un lacet et z ∈ C \ Γ n'est pas sur la trajectoire. On considère l'équation diérentielle
(γ − z)y
0− γ
0y = 0 où la fonction inconnue y est à valeurs complexes.
1. Déterminer la solution évidente qui prend en t = 0 la valeur γ(0) − z .
2. En utilisant un résultat de cours cité précisément, exprimer cette solution avec la fonction exponentielle complexe et une intégrale.
3. Montrer que I γ (z) ∈ Z.
Corrigé
Partie préliminaire.
1. Notons ϕ la fonction dont on veut montrer qu'elle est constante et F la primitive de f nulle en 0 . Pour tout x réel,
ϕ(x) = F(x + T ) − F(x) ⇒ ϕ
0(x) = f (x + T) − f (x) = 0
car la fonction f est T -périodique. Comme ϕ est à dérivée nulle sur un intervalle, elle est constante.
2. Notons ϕ(x) = arctan x + arctan x 1 . La fonction ϕ est dérivable dans R
∗avec ϕ
0(x) = 1
1 + x 2 − 1 x 2
1
1 + x 1
2= 0.
La fonction ϕ est donc constante dans chacun des intervalles formant son domaine.
x > 0 ⇒ ϕ(x) = ϕ(1) = π 4 + π
4 = π 2 . Pour x < 0 , ϕ(x) = − π 2 car la fonction est impaire.
3.
cos θ = cos(2 θ
2 ) = cos 2 θ
2 − sin 2 θ
2 = cos 2 θ 2
1 − tan 2 θ 2
= 1 − tan 2 θ 2 1 + tan 2 θ 2 .
Partie I. Calcul direct de I 0 (z) .
1. On eectue le changement de variable t = tan θ 2 puis on intègre avec un arctan .
Z
π20
dθ
1 + r 2 − 2r cos θ = Z 1
0
1 + t 2
(1 + r 2 )(1 + t 2 ) − 2r(1 − t 2 ) 2 dt 1 + t 2
= 2 Z 1
0
dt
(1 − r) 2 + (1 + r) 2 t 2 = 2 (1 − r) 2
Z 1 0
dt 1 +
1+r 1−r t 2
= 2
(1 − r) 2 1 − r
1 + r arctan 1 + r
1 − r t t=1
t=0
= 2
1 − r 2 arctan 1 + r
1 − r
.
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2. a. Avec z = |z|e iϕ , considérons
e it
e it − z = e it (e
−it− z)
|e it − z| 2 = 1 − |z|e i(t−ϕ) 1 + |z| 2 − 2|z| cos(t − ϕ) .
La partie réelle de l'intégrale est l'intégrale de la partie réelle.
A(z) = 1 2π
Z 2π 0
Re e it
e it − z
dt = 1 2π
Z 2π 0
1 − |z| cos(t − ϕ) 1 + |z| 2 − 2|z| cos(t − ϕ) dt.
On peut calculer facilement la partie imaginaire avec une primitive.
B(z) = 1 2π
Z 2π 0
Im e it
e it − z
dt = 1 2π
Z 2π 0
−|z| sin(t − ϕ) 1 + |z| 2 − 2|z| cos(t − ϕ) dt
= − 1 4π
ln 1 + |z| 2 − 2|z| cos(t − ϕ) θ=2π
θ=0 = 0
à cause de la 2π -périodicité.
b. En écrivant
1 − |z| cos(t − ϕ) = 1
2 1 + |z| 2 − 2|z| cos(t − ϕ)
− 1
2 1 + |z| 2 + 1
= 1
2 1 + |z| 2 − 2|z| cos(t − ϕ) + 1
2 1 − |z| 2 et avec la partie imaginaire nulle, on obtient
I 0 (z) = A(z) = 1
2 + 1 − |z| 2 4π
Z 2π 0
dt
1 + |z| 2 − 2|z| cos(t − ϕ) .
3. Transformons l'intégrale à exprimer : Z 2π
0
dt
1 + |z| 2 − 2|z| cos(t − ϕ)
= Z 2π−ϕ
−ϕ
dθ
1 + |z| 2 − 2|z| cos θ (chgt. de v. θ = t − ϕ )
= Z π
−π
dθ
1 + |z| 2 − 2|z| cos θ (question 1 Partie Préliminaire)
= 2 Z π
0
dθ
1 + |z| 2 − 2|z| cos θ (parité)
= 2 Z
π20
dθ
1 + |z| 2 − 2|z| cos θ + Z π
π 2
dθ
1 + |z| 2 − 2|z| cos θ
!
(Chasles)
= 2 Z
π20
dθ
1 + |z| 2 − 2|z| cos θ + Z
π20
dϕ
1 + |z| 2 + 2|z| cos ϕ
!
( ϕ = π − θ dans int. 2).
Utilisons la question 1 avec r = ±|z| , il vient I 0 (z) = 1
2 + 1 π
arctan 1 + |z|
1 − |z| + arctan 1 − |z|
1 + |z|
=
1 2 + 1
2 = 1 si 1 + |z|
1 − |z| > 0 ⇔ |z| < 1 1
2 − 1
2 = 0 si 1 + |z|
1 − |z| < 0 ⇔ |z| > 1 avec la question 2 de la partie préliminaire.
Partie III. Propriétés de l'indice.
1. La solution évidente est t 7→ γ(t) − z .
2. D'après le cours sur les équations diérentielles linéaires du premier ordre, les solutions sont les fonctions λe F où λ ∈ C et F est une primitive de t 7→ γ(t)−z γ
0(t) . On peut exprimer F avec une intégrale, par exemple
∀t ∈ R , F (t) = Z t
0
γ
0(u) γ(u) − z du.
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Le coecient λ fait coïncider la condition initiale en t = 0 , on en déduit
∀t ∈ R , γ(t) − z = (γ(0) − z)e
Rt 0
γ0(u) γ(u)−z
du
.
3. La fonction γ − z est 2π -périodique, l'expression précédente en t = 2π montre e
R0t γ0(u) γ(u)−z
du
= 1 ⇒ Z t
0
γ
0(u)
γ(u) − z du ∈ 2iπ Z ⇒ I γ (z) ∈ Z .
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