C AHIERS DE
TOPOLOGIE ET GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE CATÉGORIQUES
C HRISTIAN L AIR
Dualités pour les structures algébriques esquissées
Cahiers de topologie et géométrie différentielle catégoriques, tome 15, n
o4 (1974), p. 353-376
<http://www.numdam.org/item?id=CTGDC_1974__15_4_353_0>
© Andrée C. Ehresmann et les auteurs, 1974, tous droits réservés.
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DUALITES
POUR LESSTRUCTURES ALGEBRIQUES ESQUISSEES*
par Christian LAIR CAHIERS DE TOPOLOGIE
ET GEOMETRIE DIFFERENTIELLE
Vol. XV-4
INTRODUCTION
Ce texte a pour but d’étudier la notion de dualité pour les struc- tures
algébriques.
Le mot dualité recouvre des notions très diverses. Par
exemple,
siA est un anneau, on lui associe un anneau dual A*, c’est-à-dire une structure «duale » mais de même
espèce
que A .Par contre, si E est un A-module à
gauche sur A ,
on peut aisément lui associer un A*-module à droitedual,
ils’agit
d’une structurealgébrique d’espèce différente,
nous dirons que cetteespèce
est duale de lapremiè-
re
espèce.
Enfin,
connaissant les axiomes de la structure de groupe(par exemple),
onécrit facilement ceux de la structure de co-groupe.
Cependant
il n’existeaucun
isomorphisme
«de dualité» entre lacatégorie
des groupes et celle des co-groupes(réduite
à unpoint! ) .
L’étude que nous avons
entreprise justifie
ces trois sortes de dua-lités.
Pour la mener à bien il nous a fallu choisir une théorie des struc- tures
algébriques
utilisable. Nous avonsopté
pour la Théorie desEsquis-
ses telle
qu’elle
estdéveloppée
dans[C.O.S.S.]
et dans[E.G.C.E].
Ilest d’ailleurs
indispensable
de connaître laterminologie
et les notations de[E.G.C.E.]
pour lire leprésent
texte.Nous montrons, tout
d’abord,
comment construire lesespèces
dua-les d’une
espèce
donnée.Puis,
uneespèce
étantchoisie,
nousindiquons
comment construire les structures
algébriques
de cetteespèce,
duales d’une structurealgébrique
donnée decette espèce
et «à valeurs dans unecatégorie »
donnée. Ces deux sortes de dualités sont entièrement décrites* Conférence donnée au Co lloque d’Amiens (1973).
à l’aide de deux
couples
formés d’un groupe et d’un de- ses sous-groupes.Les
opérations (à
droite ou àgauche)
de ces groupes sur descatégories particulières
permettent, par construction du«produit
semi-direct»(croi- sé) associé,
d’étudier la notiond’homomorphisme
contravariant et celle de structurealgébrique
involutive et commutative. On obtient ainsi des thé- orèmes d’involutisation et d’abélianisation. Cette théorie de la dualitéappliquée, intuitivement,
àl’« esquisse d’esquisse»
permet de construire laco-espèce
d’uneespèce donnée,
c’est-à-direl’esquisse qui
décrit lesco-structures associées aux structures décrites par une
esquisse
donnée.On
interprète
ainsi la dualité « groupes-cogroupes »signalée plus
haut.Une fois de
plus, je
me dois de remercier très vivement Mme A.Bastiani et M. C.
Ehresmann,
non seulement parcequ’ils
m’ont donné lapossibilité d’exposer
ces résultats lors duColloque
(,T.A.C.» àAmiens,
mais aussi parce que l’aide permanente dont ils me font bénéficier a per- mis que ces résultats existent! .
Nous reprenons toutes les notations
de [E.G.C.E.] .
Enparticulier,
?
est lacatégorie pleine d’applications
entre ensembles d’un même universIl et ?
est lacatégorie
des foncteurs entrecatégories correspondante. 9
et
9’
sont desparties de Fo (ensemble
desobjets
deF )
etU gl
est lacatégorie
desmorphismes
entreesquisses g-projectives
etg’-inductives.
Si 1° est unecatégorie, 1+ ( resp. I._ )
est lacatégorie
obtenue enajoutant
à I° un élément final
(resp. initial).
Un foncteur g de 1° vers l’’ s’étend d’une manièreunique
en un foncteurg+ de I°+
versI°+ appliquant
l’élémentfinal de
1+
sur celui deI°+ .
On définit de même le foncteurg_ de
1.- versI" _ compatible
avec les éléments initiaux.Enfin,
si c- et o- sont desesquisses,
nousnotons v (6, 6 )
CIJ lacatégorie
des transformations naturelles entremorphismes
de eT vers eT. SiH’ est une
catégorie, 1( H« ) désigne l’esquisse 9 -projective
etg’ -induc-
tive obtenue en munissant H° de toutes
ses g-limites projectives
natura-lisées et de toutes ses
g’ -limites
inductives naturalisées.0.
Notations.Si 1° est une
catégorie, Aut ( I°) désigne
le groupe des foncteurs inversibles de I’ vers 1.. A toutg E Aut (I° )
on associe trivialement unfoncteur
g_ E Aut ( I°_ ) ( resp.
g+E Aut ( I°+ )) .
Si or est une
esquisse 9-projective
etg’-inductive,
nousdésignons
par
Aut ( 6 )
le groupe des réalisations inversibles de a vers cr.Dans toute cette section
6= ( S° , A , A’ )
est uneesquisse g-pro-
jective
etl-inductive
fixée.1.
Espèces
duales.Nous savons que les magmas unitaires à droite
(par exemple)
sont des
m-structures algébriques d’espèce l’esquisse
de magma unitaire à droite(et qu’il
n’est pas bien difficile deconstruire).
Les magmas unitaires àgauche
sontégalement
desm-structures algébriques d’ e.spèce l’esquisse
de magma unitaire àgauche.
Ces deuxesquisses
sont diffé-rentes et ne sont pas
isomorphes. Cependant,
intuitivement, un magma unitaire à droite est «dual» d’un magma unitaire àgauche.
Plusprécisé-
ment, la
catégorie
deshomomorphismes
entre magmas unitaires à droite(et
associéeà U )
est«canoniquement» isomorphe
à celle des homomor-phismes
entre magmas unitaires àgauche (associée aU).
C’est cette notion intuitive de dualité que nous voulons décrire
et
préciser
ici. Nous établirons ainsi quel’esquisse
de magma unitaire à droite est d’uneespèce
duale de celle de magma unitaire àgauche,
etqu’entre
descatégories
de structuresalgébriques d’espèces
duales exis-tent des
isomorphismes «canoniques
» de dualisation.A
l’esquisse 9-projective
etj-inductive
0-, nous associons le groupelorsque I°N = I°,
pour toutN : I°_- S° qui appartient
àA ,
etI’°N , =I’° ,
pourtout
N’:1’° +- S° qui appartient
à A’ .A tout élément
g = ( ( g N) N E A , ( g’N’ ) N’ E A’ ) E 56,
nous asso-cions
l’esquisse 9-projectives
etg’-inductive 6g =(S° , Ag , A’g )
définiepar :
Nous dénotons alors par
96
lesous-groupofde plein
deU’5’
dontl’ensemble des
0- g’ lorsque
g E8u ’
est une classed’objets.
P RO P OSITION 1 . Le
groupe 8u opère
à droite sur legroupoïde
P R E U V E .
Supposons que O=(6", F, 6) E96,
et soit g un élément deS6.
Aucouple ( O, g )
nous associons la réalisationOg = ( 6g , F , 6’g ).
Ceci a bien un sens
puisque
l’on constate sans difficulté que le grou- pe8u
estégal
au groupeS6,
et au groupeS6" ;
on définit alors0-’ g
et
0-;
comme on l’a fait pouro-g .
Il est clairque Og E§6
et que cecidéfinit une
opération
à droite du groupebu
sur legroupoïde §6.
Nous savons que le
groupoîde 9,
est somme desous-groupoïdes ( disjoints )
transitifs( et
de ce faitmaximaux ) .
Autrementdit,
si 0-, estun
objet de g,,,
il existe unsous- roupoïde
maximalv6’ de g,,
transi-tif et
qui
contient o-’ .Nous
désignerons
par8;
le sous-groupe de8er’
stabilisateur dusous-groupoîde
o- de§6.
C’est dire queS’6
est le sous-groupe deS6
dont
v les
éléments sont les g E8u
tels que0-’ g appartient
à6-,
pour tout o-’Eo-.Nous notons alors par
E6= S6/ S’6
l’ensemble des classes à droite dans8, ,
modulo8’0-.
Nous allons montrer que
l’espace homogène E6
permet de décrireles
espèces
duales del’espèce
6 .Nous dirons
qu’une esquisse 9-projective
etg’-inductive 6
est en auto-dualitési,
et seulementsi,
pour tout g ES6
on a6g
= 0-.Supposons que 0--
soit un prototype9-projectif
etg’-inductif large (resp. strict)
en auto-dualité. vChoisissons,
v pour toutvg E E6,
un et unseul
objet 6vg
dans0- g’
si g E g , Enparticulier,
nous pouvons choisir6g’ =6.
.o-
Nous dirons que
&0-
estl’espace homogène
surS6
desespèces
dual es de cr.
L’esquisse 9-projective
etg’-inductive crv
sera diteespèce g-dual e de a,
pourtout g
E&0-.
Il est clair que
si O= (6, F , a g v)
est une réalisation etvg’ EE6,
alors
O’ =(6, F, 6gv, )
est une autreréalisation, puisque
a est en auto-dualité. Il en résulte que la
surjection qui
à toutobjet O de V(6, 6vg)
[J]associe
l’objet O’ deV (6 , 6g v, )[J]
seprolonge
en un foncteur inversibleCes constatations permettent de démontrer trivialement la :
- v v
PROPOSITION
2. Lasurjection A6 qui à
toutcouple ( g, g’ ) de E6 X E6
associ e
A 6(g,g’), définit un foncteur:
du
groupoide
descouples
deE6
vers ungroupoiue d’isomorphismes
entreles
catégories d’homomorphismes
entre 6-structuresalgébriques larges (resp. strictes) d’espèces
lesespèces
duales de a.L’ isomorphisme 9
sera ditisomorphisme de g’-dual isation
pour les a -structures
algébriques larges (resp. strictes) d’espèce g-duale
de o’ .
Si
E6
est un espacehomogène
réduit à deuxéléments,
nous di-rons
simplement espèce
duale de 0- etisomorphisme
de dualisationplu-
tôt que
g-espèce
duale de 0- etisomorphisme
deg-dualisation, si g
estle seul élément de
E6
différent deS’6.
Par
exemple, si
ils’agit
d’un prototype(large)
en au-to-dualité.
Supposons
que 0- soitprécisément l’esquisse
de magma uni- taire à droite. AlorsS6
estisomorphe
àZ/ 2Z
etê
n’a que deux élé-ments.
L’espèce
duale de 0- estl’esquisse
de magma unitaire àgauche (à isomorphisme près ) . L’isomorphisme
de dualisationcorrespondant
estcelui
qui
à tout magma unitaire à droite associe son magma unitaire àgauche
dual dans le sens intuitif.Les espèces
duales sont donc décrites à l’aide del’espace
homo-gène
des classes à droite d’un groupe, modulo un de ses sous-groupes.2. Struct ures
dua les .
Les notions
précédentes
décrivent la dualité entre des structuresalgébriques d’espèces
différentes(et
nonisomorphes).
Il existe cepen- dant une notion de dualité entre des structuresalgébriques
de même es-pèce.
Parexemple,
la structure duale d’unecatégorie
est encore une ca-tégorie !
C’est cette notion de dualité que nous décrivons maintenant.De même que les
espèces
duales d’uneesquisse
ont été décrites à l’aidede
l’espace homogène
des classes à droite d’un groupe modulo un de ses’sous-groupes, nous décrirons les structures duales de même
espèce
àl’aide d’un
groupoide
de classes àgauche
d’ungroupe
modulo un de ses sous-groupes.Pour ce faire nous reprenons les notations et les résuitats
qui précèdent- Désignons par C gg’
lasous-caté g orie pleine
deV gg’
dont lesobjets
sont lesesquisses 9-projectives
etg’-inductives
en auto-dualité.Remarquons
que si H’ Ej= 0
est unecatégorie,
alors le prototype9-projectif
etg-inductif 1 (H* )
est nécessairement unobjet
deC
Soit q 99 egg’- Ugg’
le foncteurinjection canonique.
Si
6= ( S° , A , A’ )
est unobjet
deC jg’ ,
P osons :lorsque :
appartient à {A}, appartient
àA’}.
Il est évident que,
si O = (62, F , 61)
est uneréalisation,
alorsQ (O) = ( Q (62), F, Q (61))
en estégalement
une.Enfin,
lasurjection
Q
ainsi définie est évidemment à valeurs dansC
et définit un foncteurQ.Vgg’ - e gg’.
Il
n’y
a aucune difficulté à démontrer que :PROPOSITION 1 . Le
foncteur Q
estadjoint à gauche
aufoncteur qgg’. 01,
Nous avons étudié en 1 le «nombre »
(ou l’espace homogène)
dessous- groupoides
transitifs maximaux de9,;
ceci nous apermis
d’intro-duire la notion de dualité pour les
espèces.
Pour achever l’étude de9,
il nous suffit donc d’étudier chacun de ses
sous-groupoides
transitifsv
maximaux. Pour tout
objet
o-’de g,,
il est clair que 0-’ estisomorphe
auau
sous-groupoîdeitransitif maximal cr,
dont 0- est unobjet.
Pour étudierun
quelconque
de cessous-groupoïdes
il nous suffit donc d’étudier ce seulsous-groupoîde
transitif et maximal de§6.
v
Pour tout
obj et
(T’ de 0- , nousdésignons
par:la réalisation telle que
i,,
soit le foncteur identité. Il est clair quei6,
est un
mor p hisme canoni q ue
définissantQ(6) comme qgg’-structure
libresur u’.
En
conséquence,
pour toutautomorphisme y’E Aut(u’),
il existeun et un seul
automorphisme
Ceci montre que
Aut (6’ )
s’identifie à unsous-groupe
deAut(Q(o- y),
au moyen d’un
homomorphisme
de groupes,injectif:
v
Comme
Aut ( o-’ )
estisomorphe
àAut (6),
legroupoïde
0- étanttransitif,
le
sous-groupe [i6,] ( Aut ( 6’ ) )
et le sous-groupeL i6] ( Aut (0- ))
deAut ( Q (6) )
sontconjugués.
Nous poserons, désormais
v
Plus
généralement,
si 6’ et 0-" sont deuxobjets
de 6 et siv
y = (03C3", G, 6’)
est unmorphisme
de 6, il existe ununique automorphisme
Désignons
parS03C3 = d03C3// d’ s
legroupoide
dont lesmorphismes
sont les
triplets (H", y, H’)
tels que :- H’ et H" sont deux classes à
gauche
ded03C3
modulod’03C3.
-
Y . H’ =H".
v
Il est clair que la
surjection qui
à touty = (6" , G, 6’),E 6
asso-cie
(K", Y, K’),
où K’ et K" sont les classes deQ (g6(6’, 6)) et/
de- dé- finit un
foncteur J : 6- 0" .
Inversement,
supposons que(H", Y, H’),E S 6.
Comme H’ est uneclasse à
gauche
modulod,,
il existe au moins unautomorphisme :
Ceci
signifie
que, pour tout N E Af resp. N’ E A’ ) ,
il existe N E A etgN E Aut (I’) ( resp.
N’ E A’ etg’N , E Aut (I’)), lorsque N : I -> S’ ( resp.
N’:I,+-.S.),
tels queG’.N=(N.gN)- (resp. G’. N’=(N’. g’N)+).
Inversement,
pour tout N E A( resp.
N’ EA’)
il existe un et un seul N E Aet un
gN ( resp.
N’ E A’ et ung , N’)
tels que G’.N = N . 9N - ( resp.
G’ . N’ =
N’ . 9"NI +), puisque
G’ est un foncteur inversible. P osonsAlors
g’
est élément ded6
et il est clair que-1’-(o- g " G’, 6)
est uneréalisation telle que
y’ = y’.
Notonsque g’
n’est pasl’unique
élémentde
d6
à vérifier cetteégalité
mais que, sig’1
en est un autre, alors ona nécessairement : 0- 9, =
6g’1 .
Un raisonnement
analogue
vaut pour H" et fournit une réalisationy" = (6 g" ,G" , 6)
telle quey" = y", y
étant unautomorphisme
deQ ( o- )
vérifianty". d’6 =H".
On constate sans difficulté que, si
y = ( Q (6), G , Q (6))
et sil’on pose
y = ( 6g", G , 6g’) (en
conservant les notationsprécédentes),
alors y est une réalisation inversible telle que
y- y .
On définit ainsiune
surjection J’
deu
vers 6. Elle définit évidemment un foncteurJ’ : S6->
6, tel queen vertu de la construction de
J’
Ainsi nous avons démontré que :
PROPOSITION 2. Les
groupoides Sa-= d6 // d’6 et a- v
sontisomorphes.
Supposons,
deplus, que 6
soit un prototype9-projectif
etg’-in-
ductif
large (resp. strict)
en auto-dualité. CommeQ (6 )
estune q 99,-
structure libre sur cr, il existe un
isomorphisme canonique ( associé
àL6):
Comme manifestement la
surjection qui, à
touty E Aut( Q (6)) ,
associe 0(6. y) E Aut (0 (6, Q (6)) CD)
définit unhomomorphisme
de grou- pes :on en déduit
l’homomorphisme
de groupesdont la
surjection sous-jacente
associe à toutautomorphisme ’y E d (j
l’ automorphisme de 0 (6,6)m qui
s’écritCeci permet d’énoncer :
PROPOSITION 3. Ld
surjection V 6, qui
à toutélément y
dugroupe da-
(des automorphismes
deQ (6))
associel’automorphisme
définit
unhomomorphisme
dugroupe do-
vers legroupe
desautomorphismes
de la
catégorie
deshomomorphismes
entre Cf -structuresalgébriques larges (resp. strictes) d’espèce
0-.Bien
entendu, V6(d’6)
est un sous-groupe deAut (0 (6, 6)m).
Il en résulte
qu’à
V 0- on peut associer un foncteur:ou si l’on
préf ère :
Nous dirons que
Su
est legroupe
des dualités de structures al-gébri ques d’esPèce a-.
De
même,
si57,E d6,
nous dirons queV 6(y)
estl’automorphisme
de
y-dualisation
des fi -structuresalgébriques larges (resp. strictes)
d’espèce
o-, tandis que,si 4J
est unobjet de C) (6, 6 )m,
sonimage
V6(y)(O)
seraappelée la 6 - structure algébrique large ( resp. stricte)
-dual e
deO.
Il se peut que
d6.
soitisomorphe
au groupe( additif ) Z/2Z,
dansce cas nous dirons
automorphisme
de dualisation et structurealgébrique large ( resp. stricte )
dualede O plutôt
queautomorphisme
dey-dualisa-
tion et structure
algébrique large (resp. stricte) -duale,
siy
est l’é-lément de
d6
différent de son élément neutre.Par
exemple,
si 6 estl’esquisse
decatégories,
alorsd6
estisomorphe
à Z/2Z etl’isomorphisme
de dualisationdes ¿ (m ) -structu’’’:
,
res
algébriques larges d’espèce
6- s’identifie au foncteurde if
dansF qui
à tout foncteur associe son foncteur dual. On retrouve des résultatsanalogues lorsque 0-
estl’esquisse
de groupes(groupes abéliens,
an-neaux... ).
Ainsi,
la notion de structure duale de mêmeespèce
est entière-ment décrité à l’aide du groupe
d6
et de son sous-grouped’ , qui
permetde « reconstituer» le
groupoide 6-.
En d’autres termes, la notion de dua- lité (aussi bien entre structuresqu’entre espèces )
est entièrementrepré-
sentée à l’aide du
groupoïde 9 6,
c’est-à-dire à l’aide de deuxcouples
formés d’un groupe et d’un de ses sous-groupes. Le
premier couple,
à l’ai-de de
l’espace homogène
desclasses,
décrit le nombre de composantes transitives maximales de9,-,
le seconddécrit,
à l’aide dugroupoïde
desclasses à
gauche,
l’unequelconque
de ces composantes.3.
Homomorphismes
contravariants.Nous reprenons les notations et les résultats
précédents.
Nousallons montrer brièvement comment on retrouve, à l’aide des notions de dualités
précédentes,
la notiond’homomorphisme (entre
structuresalgé- briques )
contravariant oucovariant,
notamment la notion de foncteur con-travariant ou covariant.
PROPOSITION 1. Le groupe des dualités de structures
algébriques
d’es-pèce 6 opère
à droite sur lacatégorie U (6, o- ) m.
P R E U V E . En
effet,
on saitque
m est« canoniquement»
isomor-phe à 0(6, Q (6)) m .
Commed6= Aut ( Q (6)) opère
àdroite,
par com-position sur 0 (6, Q (6)) m,
laproposition
est démontrée.Il suit de la
proposition
que l’on peut associer à cetteopération,
à
droite,
dedo-
sur0 (6,6)m
unecatégorie produit
croisé[C.A.S.T.]
(rappelons qu’il s’agit
d’une notiongénéralisant
celle deproduit
semi-direct d’un groupe par un deuxième groupe
qui opère
à droite sur le pre-mier ),
que nousnotons K(0(6, CT ) MI, dO’)..
Ses éléments sont les tri-plets (O ,y, T)
tels que :-
O
est unobj et de 0 (6,6) m, noté F , 6),
-
::y
est un élément ded 6,
notéy = ( Q (6) , G , Q (6)) ,
- ’T s’identifie à la transformation naturelle
T = ( F’ ,T , F1 )
telleque
O1 = (6, F1 , 6)
etO= (6, F’ , 6)
sont deux réalisations.-
V6(y)(O)=O1.
Nous dirons
qu’un
telmorphisme
est unhomomorphisme -variant
entre les 6-structures
algébriques larges (resp. strictes) d’espèce 6
que
sont q6
etO’ .
Lacatégorie K ( 0 (6, 6) m, d6).
sera ditecatégorie
produit
croisé deshomomorphismes,
à variance dansd6,
entre 6 -struc-tures
algébriques larges ( resp. strictes) d’espèce
o- .Lorsque d6
estisomorphe
àZ/2Z,
unhomomorphisme ’y-variant
sera
appelé
unhomomorphisme
covariant siy
est élément neutre ded6,
tandis que, si
y
estl’unique
élément non neutre ded6,
unhomomorphis-
me
y-variant
sera dithomomorphisme
contravariant.Par
exemple,
si 0- estl’esquisse
decatégories,
alorsd6
est iso-morphe
àZ/2Z
et unhomomorphisme
covariant entre deuxcatégories (c’est-à-dire
entredeux E (M)-structures algébriques larges d’espèce cr)
s’identifie à un foncteur covariant(c’est-à-dire
à unfoncteur)
tandisqu’un homomorphisme
contravariant entre deuxcatégories
s’identifie à à un foncteur contravariant. Il en résulte que l’ensemble des foncteurs covariants et contravariants entre descatégories
dont l’ensemble sous-jacent appartient
àU
forme unecatégorie produit
croisé(le composé
d’un foncteur covariant avec un foncteur contravariant étant un foncteur contravariant
évident,
alors que lecomposé
de deux foncteurs contrava-riants est bien entendu un foncteur
covariant
4.
Structures involutives.
La notion de
produit
croisé associé àl’opération
d’un groupesur une
catégorie
peut s’étendrelorsque
l’onremplace
lacatégorie
parun
graphe multiplicatif
etlorsque
cegraphe multiplicatif
estsous-jacent
à une
esquisse.
Nous allons montrerqu’alors
on peut construirel’esquisse
des structures involutives
d’espèce
uneesquisse
donnée.Nous reprenons les résultats et les notations antérieurs..
Le groupe
d6
étant constitué desautomorphismes
deQ (6)
ilopère
àgauche
sur legraphe multiplicatif S* , sous-jacent
àQ (6) .
A cet-te
opération
nous associons legraphe multiplicatif produit
croisé quenous notons
Si
Ses éléments sont lestriplets (z , u )
tels que:- z est un élément de S* et u en est un
objet,
-
y=(Q(6), G, Q(6))
est unautomorphisme
deQ (6)
- G(u) est la source de z .
Rappelons également
que la source d’un teltriplet
est,dans Sv ,
letriplet
( u , Q (6) , u),
alors que son but est letriplet ( u’, Q (6), u’), lorsque
u’ est le but de z dans S’ . Dans ces
conditions,
si(z’, y’ u’1)
estun autre élément de
Si ,
lecomposé ( z’, y’, u’1) z,y u
est définisi,
et seulement si :- z’ . G’(z)
est défini dansS’ ,
alors le
composé
est(z’. G’ (z), y’ . y, u).
La
surj ection iv qui,
à toutmorphisme
z de S’ de source u , associe( z, Q(6), u) ,
définit un foncteur :Nous
munissons Si
de la structured’esquisse 9-projective
etg’-inductive 6v = (S’v, Av , A’v)
définie par :Il en résulte que
L = (6v’ iv, u)
est une réalisation.Si cr est un prototype
9-projectif
etg’-inductif large (resp. strict )
en
auto-dualité,
laréal isation L
défi nit un foncteur:Nous dirons que
ov
estl’esquisse g-projective
etg’-inductive
desstructures
algébriques
involutives naturaliséesd’esPèce 0-.
Unobjet
Ov EU(6,6v) s’appellera
une U -structurealgébrique large ( resp.
stric-te )
involutive naturaliséed’espèce
o-( c’est
aussi une a-structurealgé- brique large (resp. stricte ) d’ espèce 6v) .
Nous dirons alorsque Ov. tv
est une FT-structure
algébrique large (resp. stricte)
involutived’espèce
6.Par
exemple,
si c- estl’esquisse
decatégories
etsi 6 = E (m)
une a-structure
algébrique large
involutived’espèce 0-
s’identifie à unecatégorie
involutive(c’est-à-dire
unecatégorie
pourlaquelle
il existeun
isomorphisme, involutif,
vers saduale ) ,
alorsqu’une
6-structure al-gébrique large
involutive naturaliséedl espèce 0-
s’identifie à une caté-gorie
involutive pourlaquelle
onprécise
unisomorphisme
«naturel» in- volutif vers sa duale.Nous pouvons
préciser
la notion de structurealgébrique
involu-tive naturalisée de telle sorte que les «involutions» en certaines des unités
de Si
soient des identités.Précisément,
soit S’o unepartie
de laclasse So des
obj ets
de S’(qui
est aussi la classe desobjets
deS. v ).
Nous supposons dans toute cette
partie,
que Sô estponctuellement
sta-ble par
d6,
cequi signifie
que, si u E Sô et siy=f Q(o-), G, 1 Q( 0-)) ap..
partient
àd6,
on aG (u)
= u .Nous dirons
qu’une
5:,-structurealgébrique large (resp. stricte)
involutive naturalisée
d’espèce 6, s’écrivant O (6 F, 6v ),
est unea-structure
algébrique large (resp. stricte)
involutive S"-naturaliséed’espèce cr si,
et seulement si :F(u, y, u)=F(u, Q(6), u),
pour tout u E S’o et touty E d6.
Nous
désignons
par0S’o (6, 6v )m
laîous-catégorie pleine
de0(6, 6v) m
ayant pourobjets
les a-structuresalgébriques larges (resp.
strictes)
involutivesSô
-naturaliséesd’espèce
0-. SoitSv,
s, 0 legraphe
multiplicatif quasi-quotient de Sv
par la relationd’équivalence qui
iden-tifie tout
(u,y,u)
à(u , Q (6) , u ),
dès que UES’o et queYEd6.
No-tons
k : Sv -> S’v, S’o
lefoncteur
«passage auquotient» qui
en résulte et no-tons
6v, s, ::: (S. S" A
S’oAv’ s,) l’esquisse g-projective
etg’
-inductivedéfinie par :
Il en résulte la réalisation
K = (6v,
r,k, 6v)
dont on vérifie sanspeine
qu’elle
est unépimorphisme
deU
Moyennant
cesconditions,
nous avons:PROPOSITION 1. La
catégorie Gç, (6, 6v) m
estisomorphe
à lacatégorie 0 (6, 6v,S’o)m .
P R E U V E . Elle est immédiate.
Autrement
dit,
nous pouvonsappeler 6 v, S’o l’esquisse g-projective
et
g-inductive
des structuresalgébriques
involutives S’o -naturalisées d’es-pèce
cr.Remarquons qu’alors
est un foncteur
injectif (car
K est unépimorphisme)
induisant par l’iso-morphisme
de laproposition précédente
le foncteurinjection canonique
de0S’o (6, 6)m dans 0 (6, 6) mm.
Il en résulte le foncteur :En
général
ce dernier foncteur n’est pasinjectif.
Nous étudions en 5 unecondition suffisante pour
qu’il
le soit. Ceci nous conduira à définir la no-tion de structure commutative.
Citons,
pour terminer cettepartie,
unexemple simple. Supposons
de nouveau que 0- soit
l’esquisse
decatégories
et6=E (m) .
On sait que legraphe multiplicatif sous-jacent
à or admet une unité u oqui
« représente»
la classe des unités d’unecatégorie (que 0-
permet d’es-quisser ) .
On constate queS’o = {uo}
estponctuellement
stable. Uney-
(m) -structure algébrique large involutive {uo}
-naturalisée s’identi- fie alors à unecatégorie
involutive pourlaquelle
onprécise
un isomor-phisme particulier
vers sa duale etqui
laisse fixe les unités.5.
Structures commutatives.
Nous reprenons les notations et les résultats
qui précèdent.
Nous dirons que Sô est une
partie
idéale pour usi,
et seule-ment si :
- sô est une
partie
de51 , ponctuellement
stable pard6,
- pour tout prototype
g-projectif
etg’-inductif large 6,
pour toutcouple (O1 , O2 )
de deux réalisations de 0-vers 5
telles queetl =
(6, Fi, 6) , lorsque l = 1,
2, et pour toutcouple (T1, T2)
de deux trans-formations naturelles
Tl = ( F1, Tl, F2)
si l = 1 ,2 , leségalités
pour tout u
E S’o, impliquent l’égalité T1 = T2 .
Remarquons
que, si 0- admet une idée(au
sens de[I.M.S.A.])
0-0’ la classe des unités S’o de son
graphe multiplicatif sous-jacent,
sielle est
ponctuellement
stable pard6,
est idéale pour 0-. Il en est ainsides
esquisses
de structuresalgébriques
usuelles.La condition
précédente implique,
évidemment:PROPOSITION 1 . Si C7 est un prototype
g-projecti f
etg’-inductif
en auto-dualité, si S’o est une
partie
idéale pour 0-, lacatégorie 0(6,
6v,S’o)
ms’identifie à
unesous-catégorie pleine
de0(6, 6) m.
P R E U V E . Elle est évidente.
De manière
générale,
nous dirons que les structuresalgébriques
involutives So -naturalisées sont des structures
algébriques
S’o -commu- tativesd"espèce a si,
et seulementsi,
Sô est unepartie
idéalepour 0-.
Nous
dirons
alors que0- v
s, estl’esquisse
des structuresalgébrzques .
S’o -commutatives
d’espèce
6.Par
exemple, l’esquisse
usuelle de magma(resp. monoide,
grou-pe.. )
admet unepartie
idéale de laforme {u} (où
u«représente
» l’en-semble
sous-jacent).
On montre facilement que6v, {u}
estl’esquisse
demagma commutatif
(resp.
monoidecommutatif,
groupecommutatif... )
tel- lequ’une
constructionexplicite,
àpartir
desaxiomes,
l’aurait fournie.6. Foncteurs
d’involutisation
etd’abélianisation.
Nous allons montrer
rapidement
que, moyennant certaineshypo-
thèses
qui
dans le cas des structures usuelles sonttoujours vérifiées,
les foncteurset
admettent des
ad j oi nts (lorsque
l’onreprend
les notationsprécédentes).
Pour ce
faire,
outre leshypothèses
et les notationsprécédentes
que nous reprenons, nous supposons que :
-
9’ =O et 9
est un ensemble«petit»
de«petites» catégories.
-
L =wl+1
est l’ordinalrégulier
d’indicel+1, lorsque 1
est l’ordi-nal borne
supérieure
des ordinaux1,
où I*parcourut 9,
- H’ E
Jo
est unecatégorie
à9- limites projectives,
- H’ est une
catégorie
à l’ > -limitesinductives,
pour tout ordinal l’ L, où l’ > est lacatégorie
associée à l’ensemble ordonné canoni- que sur l’,- les l’ > -limites inductives et les
9-limites projectives
commutentdans H’ ,
-
6= ( S’ , A , O)
est unobjet
deCg 0
telq ue S
estpetit.
Alors on sait que, pour toute autre
esquisse 9-projective et 0
-in-ductive
0-’ = ( S’. , B , o ) petite
et touteréalisation O= (6’,
F,0- ),
lefoncteur
admet un
adjoint (voir
parexemple [F.S.C.A.] ).
Il en résulte :
PROPOSITION 1 . Les
foncteurs
et
admettent des
foncteurs adjoints :
pour toute
partie ponctuellement
stable Sô de S.o.En
particulier,
si S’o est unepartie
idéale pour o-, le foncteur0 (E (H’) , K . tv) admet un adjoint. C’ est dire
queU(Z(H’), 6)m
estune
catégorie
àprojections
dans sasous-catégorie pleine isomorphe
à0(Z(H ), 6v,S’o)m.
Nous noteronsAbé S’o (Z(H.), 6)
ce foncteurprojec-
tion.
Nous dirons que
Inv(Z(H’),6) ( resp.. Inv S’o (Z(H’),6))
estle
foncteur
d’involutisation( resp.
d’involutisation SI 0-naturalisée).
Demême,
nous dirons queAbé S’o (Z ( H’), 6)
est lefoncteur
d’abélianisation relative à S’o .Par
exemple,
si CT estl’esquisse
de magma(resp. monoïde,
grou-pe )
et siH. = m,
le foncteur d’abélianisation relatif à Sô= { u}
est le foncteur usuelqui
à un magma(resp. monorde, groupe )
associe son mag-ma
(resp. monoïde, groupe )
abélien usuel.Remarquons
que nouspourrions
énoncer un théorème decoadjonc-
tion
analogue
dans le casoù g=O
etg’ E U.
7.
Application :
Costructures.La notion de dualisation telle
qu’elle
est décriteprécédemment
permet de retrouver celle de costructure
[E.G.C.E.] .
Pour cela nous allons décrire
l’esquisse d’esquisse 9-projective
et
g’-inductive. Remarquons qu’une description
del’esquisse
d’une es-quisse
stricte(au
sens de[E.G.C.E.])
est effectuée dans[E.C.Q.T.] .
Dans tout ce
qui suit,
U°désigne
legraphe multiplicatif
sous-jacent
àl’esquisse
degraphe multiplicatif [E.C.Q.T.]. Rappelons qu’il
possède
trois unités : uoreprésentant
la classe des unités d’ungraphe multiplicatif,
ureprésentant
la classesous-jacente,
u * ureprésentant
la classe des
couples
de deuxmorphismes composables
de cegraphe
mul-tiplicatif.
Enparticulier,
si l’ est unecatégorie,
il luicorrespond
uneréalisation
Fil
del’esquisse
degraphe multiplicatif.
Décrivons en
particulier l’esquisse d’esquisse {I. }-projective.
Désignons
parVi
legraphe multiplicatif
contenant commesous-graphes multiplicatifs disj oints
U° X U°* et U’ et lesmorphismes .(z, (u , u’))
de source
( u,
u’ ) et de but u, où:-
( u , u’ )
est unobj et de
U’ X U’ ,Soit
V2
legraphe multiplicatif
admettantV1
poursous-graphe multipli-
catif et tel que les
composés
soient définis et
égaux,
pour toutx : u1 -> u2
appartenant à U* .Désignons
par A
U’ lacatégorie
subdivision dugraphe multiplicatif
U. Soit G lefoncteur de A U’ vers
V2
défini par :pour tout
y E U .
SoitV3
legraphe multiplicatif
somme fibrée des deuxfoncteurs
Désignons
pare l’image
dansV3
du sommet du côneprojectif (AU’).
Alors,
V’désigne
legraphe multiplicatif
admettantV3
poursous-graphe multiplicatif
et unmorphisme j: e’- e
où e’,EV3 .
Dans tout ce
qui suit,
nousdésignons,
deplus,
par6 n’ =(U’,A) l’esquisse { /B2 }-projective
degraphe multiplicatif.
Nousrappelons
que A n’aqu’un
seul élémentqui exprime qu’un morphisme
de uo vers u estun
monomorphisme représentant l’injection
de la classe desobjets
d’ungraphe multiplicatif
vers sa classesous-jacente.
Désignons
parFI. (u’) d ,
pour toutobjet
u’ deU* ,
lacatégorie
discrète sur l’ ensemble