FACULTÉ
DEMÉDECINE
ET DE PHARMACIE DE BORDEAUXANNEE 10O1-19O2 N° 70
TRAITEMENT
DES
Affections te Foies Lacrymales
PAR L'ABLATION DE LA GLANDE
THÈSE POUR LE DOCTORAT EN MÉDECINE
présentée et soutenue publiquementle 21 Mars 1902
PAR
Jean-Joseph
-Alfred ESCARAVAGE
Né le 9 septembre 1871, à Pléaux(Cantal)
/ MM. BADAL professeur.... Président.
Examinateurs de la Thèse :) professeur....J
BÉG0U1N agrégé ) Juges.
(
CABANNES agrégé )Le Candidat répondra aux questions qui lui seront faites sur les diverses parties de l'Enseignement médical.
BORDEAUX
IMPRIMERIE DU MIDI - PAUL UASSIGNOL
91 — RUE PORTE-DIJEAUX — 91 1902
Faculté de Médecine et de Pharmacie de Bordeaux
M. DE NABIAS, doyen — M.
PITRES, doyen honoraire.
PROFESSEURS
MM. M1GÉ )
DUPUY MOUSSOUS.
Clinique interne
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* PICOT.
/ PITRES.
DEMONS.
LANELONGUE.
Clinique externe..
Pathologie et théra-
Matière médicale
peutique générales.
VEfRGELY. Médecine expérimen-
Thérapeutique
ARNOZAN. taie
^Médecine opératoire. MASSE.
Clinique ophtalmolo-
Clinique d'accouché-
gique
ments LEFOUR. Clinique desmaladies
Anatomie pathologi-
chirurgicales de«
en-que
COYNE. fants
Anatomie CANNIEU Clinique gynécologique
Anatomie générale et
Clinique médicale des
histologie V1AULT.
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COURS COUPCÉMENTA IRES :
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Pardélibération du 5 août1879, la Facultéaarrêté que les opinions émises
dans les
Thèsesqui lui sontprésentées doivent être considérées commepropres
à leurs auteurs,
qu'elle n'entend leurdonner ni approbation niimprobation.
LA
MÉMOIRE
DE MONGRAND-PÈRE
ET DE MA
GRAND'MÈRE
A MON
PÈRE, A MA MÈRE
A MES AMIS
A MONSIEUR LE
DOCTEUR ANDRÉ CANNIEU
PROFESSEUR D'ANATOMIE A LA FACULTÉ DE MÉDECINE DE BORDEAUX
OFFICIER D'ACADÉMIE
A mon Président de Thèse
MONSIEUR LE DOCTEUR BADAL
PROFESSEUR DE CLINIQUE OPHTALMOLOGIQUE A LA FACULTÉ DE MÉDECINE DE BORDEAUX
CHEVALIER DE LA LÉGION D'HONNEUR
OFFICIER DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE
Nous sommes heureux de
pouvoir, à l'occasion de-notre
thèse inaugurale,
remercier
ceuxdont le
noms'attache
d'une façon
intime à
nosétudes médicales.
M. le Prof. Badal, notre distingué compatriote, nous pro¬
digua, durant notre
séjour à Bordeaux, des
marquesnombreuses de bienveillance extrême. Il inspira notre thèse,
nous fit le très grand honneur d'en accepter la présidence;
qu'il nous permette
de lui adresser ici le bien vif témoignage
de notreprofonde reconnaissance.
M. le Prof. Cannieu fut pour nous plus qu'un maître
aimable et dévoué..Son amitié, souvent mise à l'épreuve, fut celle de tous les instants et ne se lassa jamais; nous l'en remercions bien sincèrement.
Nous nesaurions oublier M. le Dr Mo.ure dont nous fûmes longtempsl'élève.
MM. les Prof. Arnozan, Boursier, Pachon, Rondot ont droit à toute notre reconnaissance.
Nous garderons le meilleur des souvenirs de l'accueil bienveillant que nous fit M. le Prof, agrégé Sabrazès à ses consultations du samedi.
A M. le Prof, agrégéCabannes revient la plus grande part de ce modeste ouvrage. Qu'il nous permette de le remercier deson précieux concours.
M. le Dr Victor Picot, chef de clinique
ophtalmologique,
nous a facilité notretâche, nous l'en remercions.
INTRODUCTION
Il nous fut donné d'observer dans le service de notre maître, M. le Prof. Badal, de nombreuxcas de larmoiements chroniques et rebelles, de catarrhes tenaces, de fistules per¬
sistantes, en un mot d'être le témoindeces affections parfois désespérantes: lesdacryocystites,dontabondentlescliniques d'ophtalmologieet contrelesquellesla thérapeutiqueoculaire, le traitementpalliatif habituel, nesont souventqu'incomplets
et impuissants.
La glande lacrymale, par son importance anatomique et physiologique, par son rôle sécrétoire, par les nombreuses affections dont elle est ou le siège ou la cause, devait attirer l'attention des chirurgiens. De nombreuses interventions tant partielles que totales ont été tentées sur elle
depuis
plus d'un demi-siècle. Des méthodes conservatrices ou des¬tructives, tour à tour discutées, défendues avec passion, se sont succédé en France et à l'étranger. Chaque nouveau congrès
ophtalmologique
semble apporter à la glande lacrymale un tribut plus large, plus riche de conceptions et d'idéesoriginales, de méthodes nouvelles.Les indications opératoires semblent s'être précisées à un tel pointque l'ablation partielle ou totale de la glande lacry¬
male, dans les cas de larmoiement intense et rebelle, estun fait admis dans l'esprit du chirurgien contemporain.
M. le Prof. Badal ne devait point rester sur sa première intervention de 1885. Cette magistrale observation anato¬
mique,
physiologique
et opératoire, communiquée aux Annalesd'ophtalmologie,
se trouve relatée dans tous les— 10 -
mémoires et traités cToculistique ayant trait
à la glande
lacrymale. Elle reste, avec celle dePierre Bernard,
unedes
plus concluantes dans l'histoire de l'ablation.
De nouvelles interventions ont été faites à la Clinique d'ophtalmologie de l'hôpital
Saint-André,
nous auronsà
parler de quelques-unes, elles font
partie de cette étude.
Ces progrès que l'anatomie et
la physiologie des voies
lacrymales ont faits depuis unesoixantaine d'années sont
pour beaucoup dans
le perfectionnement des
moyens thérapeutiques employés de nosjours.
Bien que le traitement des
Voies lacrymales soit,
audire
de M. de Wecker, une des branches de
l'ophtalmologie cù
la routine se maintient avec la plus grande
ténacité,
onpeut
pourtantaffirmer quedepuis leperfectionnement du sondage
etle lavage des voies lacrymales l'on areconnu
qu'il
nefallait
point seservir
quede procédés agissant
avecbrutalité, tels
que la
destruction
etl'extirpation du
sac.Nous possédons en
effet
dansl'extirpation facile de la
glande lacrymale un moyen
des plus efficaces de réduire à
volonté cette sécrétion, d'obvier à des états
irritatifs des
voies éliminatoires, de la conjonctive et du bord
palpébral
dans les cas où un obstacle insurmontable s'oppose au rétablissement de l'action physiologique
de l'élimination des
larmes.
Aussi nous sommes-nous efforcé de montrer dans ce travail quels étaient les avantages que pouvait
retirer
un malade, dans le cas de larmoiement rebelle, du procédé inventé et mis en honneur par un chirurgienfrançais,
P. Bernard : l'extirpation de la glande lacrymale.
Cette extirpation de la glande lacrymale a
donné de très
beaux résultats dans letraitement des larmoiements chroni¬
ques, légers ou
intenses, simples
oucompliqués de lésions
desvoies lacrymales
(rétrécissements),
dela conjonctive
ou de la cornée.La
dacryocystite chronique
avec suppurationconstante et
— 11 —
ectasie du sac peut
bénéficier de cette intervention, alors
qu'elle
arésisté à toutes les méthodes thérapeutiques com¬
munément dirigées contre
elle.
On verra,
d'après la lecture des observations, qu'elle est
souvent la
persistance vraiment désespérante de 1 écoule¬
ment, et aussi avec
quelle rapidité
seproduit l'ectasie du sac lacrymal.
C'est dans
l'hypersécrétion constante des larmes
quel'on
doit chercher la raison de la persistance
indéfinie de la
dacryocystiteet de la tumeur lacrymale.
Détruire ou enlever la glande lacrymale dont
la sécrétion
est sans cesse sollicitée par un
réflexe
partantdu
sacchro-
niquementenflammé, c'est empêcher la production de la
tumeur lacrymale, et par
suite s'opposer, dans
unelarge
mesure, à la stagnation des larmes dans le sac
lacrymal,
avec les conséquences qui en
découlent
:apparition de l'épi-
phora,formation de
pus quela pression
surl'angle interne
de l'œil fait refluer dans le laclacrymal.
La muqueuse du sac est
enflammée, elle
estl'origine
réflexe d'un appel de larmes qui viennent
entretenir
l'irrita¬tion.Il estunfaitgénéral, c'estque pourguérir l'inflammation
d'un conduit excréteur quelconque, il est indispensable d'empêcher, si possible, la sécrétion d'y
pénétrer.
Que font,en effet, les larmes? Elles irritent et sont souvent un bon milieu de culture pour les microbes qui pullulentau niveau de la muqueusedu sacenflammé.
Or, dans les dacryocystites chroniqueson atrèspeu extirpé
deglandeslacrymales. Lecathétérisme, la dilatation, les in¬
jections ont fourni et -forment encore la base thérapeu¬
tique du traitement dirigé contre elles.
Cependant depuis un certain nombre d'années, l'extirpa¬
tion des glandes lacrymalesest uneopération qui tend à être faite de plusen plus dans lescliniques d'ophtalmologie pour desaffections variées del'œil,maissurtout contre lesdacryo¬
cystites rebelles à tous les traitements.
Malgré tout, ce traitement ne noussemble être
qu'un
trai-tement d'exception, en
quelque sorte la dernière ressource à
laquelle on aura recours
lorsque tout effort curatil aura
échoué :c'est, dit
M. Valude, la ressource extrême.
C'est l'avis de notre
maître, M. le Prof. Badal; c'est aussi
l'avis des
professeurs Truc et Panas, de MM. de Wecker et
Terson.
Il faut avanttout traiter
rigoureusement l'inflammation
par
les méthodes ordinaires, et ne pas oublier que l'ablation
de la glande
lacrymale n'est
quel'ultime ressource, lorsque
toutes les tentatives
opératoires ont échoué.
Il nous a été donné de voir
de nombreux
casde dacryocys-
tites à la Clinique
de l'hôpital Saint-André, nous avons été le
témoinde quelques
ablations de glandes lacrymales faites
dans lebutde les tarir;
la relation de
cesobservations se
trouveconsignée
à la fin de
cetravail.
DIVISION
Nous croyons indispensable de donner dans notre premier chapitre un aperçu détaillé de l'anatomie, de l'histologie et de la physiologie de la glande normale, ainsi que de l'anato¬
mie des voies d'excrétion chez lefœtus, l'enfant et l'adulte.
Ce long exposé permettra en effet de saisir d'une
façon
nettenon seulement les causeshabituelles des rétrécissements et des larmoiements invétérés, mais encore les conséquences qui en résultent dans le fonctionnement et dans la structure normale de la glande
lacrymale.
Un deuxième chapitresera consacré aux diverses dacryo- cystiteset rétrécissements des voiesd'excrétion,ainsi qu'aux
divers traitements qui ont été faits.
Les relations étroites existant entre les affections des voies nasales et lacrymales seront ensuite étudiées.
Après un long historiquede l'ablation de la glande lacry¬
male, nous aborderons l'étude desprocédés opératoires mis actuellement enusage en France età
l'étranger.
Les indications opératoires, suivies des résultats qu'elles
ont donnés précéderont les observations recueillies à la
Clinique
ophtalmologique
de M. le Prof. Badal.Viendront enfin les conclusions.
Tellessont dans leurs grandes
lignes
les divisions de ce travail.CHAPITRE PREMIER
Anatomie, Physiologie, Histologie de la glande lacrymale.
Anatomie de la glande
lacrymale.
Il nous a paru utile de placer au début de ce travail une étude aussi succincte mais aussi complète que possible del'anatomie, de la
physiologie
et del'histologie
de la glande lacrymale. Les voieslacrymales
excrétoires seront traitéesau mêmepoint devue.
Ces
descriptions
bien qu'un peulongues
seront d'un réel intérêt pour la compréhension exacte des affections dont elles sont lesiège.
Laglande
lacrymale,
de coloration rose, rappelle vague¬ment par sa forme une amande. Ses dimensions sont varia¬
bles;
voici la moyenne établiepar le professeur Merkel : lon¬gueur 20 millimètres, largeur 11 à 12
millimètres,
épaisseur5
millimètres;
ces chiffres sont rarement plus élevés.Elleoccupe la fossette
lacrymale, dépression
quirépond
àl'angle
formé par la rencontre des parois supérieure et externe de l'orbite. Elle est renfermée dans une loge fibreusespéciale,
dédoublement del'aponévrose oculaire secontinuant avec le périoste.Cette
loge sépare
ainsi laglande: en avant de laconjonctive,
en bas du globe del'œil,
en arrière delà cavité post-oculaire.La glande
lacrymale
secompose dedeuxparties, distinctes par leurforme,
leurstructure,
leur positiontopographique
;glandes.de Gallien, glandulse congregatae de Monroi, groupe
palpébral et orbitaire de Béraud, portion orbitaire, portion
palpébrale de Sappey.
Laportion
orbitaire, de forme ovoïde, est plus élevée, plus
considérable. Saface
supérieure,convexe, répond à la fossette lacrymale, à laquelle elle adhère par des liens cellulo-fibreux
assez résistants.Sa face
inférieure,
concave,repose surl'élé¬
vateur de la
paupière et le droit externe.
La
portion palpébrale (glande accessoire de Rosenmuller),
irrégulièrement quadrilatère, est recouverte par le muscle
orbito-palpébral
;elle
repose surle droit externe, plus bas sur
la conjonctive.
Son bord postérieur la rattache à la portion
orbitaire, un sillon
établit leurs limites respectives à leur
point d'union.
La
disposition des conduitsexcréteurs présenterait, d'après
Tillaux, unebien
minime importance
aupoint de vue topo¬
graphique.
Cependant leur disposition a été pour les anato-
mistes l'objet
de nombreuses dissidences.
Gosselin en 1843 assigne
deux
canauxexcréteurs à la portion orbitaire, six à huit à la portion palpébrale ; d'après
lui, ces canaux
seraient indépendants.
Tillauxen 1859maintient
malgré l'autorité de Sappey que
les conduits excréteurs
de la portion palpébrale se jettent
soitsur les conduits
principaux, soit directement à la sur¬
face de la conjonctive.
Sappey
entreprit à
cesujet en 1851-52 une série de travaux
dont il communiqua en
1853 les résultats à la Société de
biologie. Les
conduits sont de deux sortes : principaux et
accessoires.
Les conduits
principaux,
aunombre de quatre
oucinq, partent de la portion orbitaire. Ils naissent de chaque
grain
glanduleux, convergent, s'unissent, forment des
troncs, vrais
conduits rectilignes, sans communication
entre eux,
gagnent la portion palpébrale et reçoivent dans
ce parcours
les canalicules (20 à 40) émanés des lobules
palpébraux situés sur leur trajet. Ces canalicules affectent
— 17 —
la disposition des
barbes d'une
plumes'ouvrait
surla tige
commune.
Les conduits accessoires
(2
ou 3), émanésdes
lobules excentriques de la portion palpébrale, ont une marche parallèle auxconduits principaux.M. le Prof. Badal, dans une communication faite en 1885
au sujet de l'extirpation de la glande lacrymale, tout en ren¬
dant hommage à la grande autorité qui s'attache aux tra¬
vauxdeSappey, reconnaît que la manière de voir de Gosse- lin et Tillaux, c'est-à-direl'indépendance des canaux de la portion orbituire et palpébrale, est admissible pour certains sujets. Le malade auquel il a fait successivement l'ablation partielle de la glande offrait un exemple incontestable de
cette indépendance.
La glande lacrymale par sa constitution appartient à la classe des glandes en grappe, elle se décompose en lobes, lobules, acini.
Elle reçoitune branche volumineuse de l'artère ophtalmi¬
que, la veine suit le trajet de l'artère. Le nerf lacrymal
(laerymo-palpébral
de Chaussier), rameau de la branche ophtalmique, le nerflaerymo-palpébral,
filet supérieurdu rameau orbitaire du maxillaire supérieur, traversent la glande, s'y anastomosent et se terminent dans la paupière supérieure.
Quelques filets palpébraux de la branche temporo-faciale
viennent se perdre dans le sourciller, Porbiculaire des pau¬
pières etla glande.
Physiologie
de la glandelacrymale.
La physiologie de la glande lacrymale est fort peu connue,
on a comparé le fonctionnement desa sécrétion à celui des glandes salivaires et notamment de la parotide.
Lesglandes accessoires telles que conjonctivales, sous-
conjonctivales,
deMeibomius, la caroncule forment un vrai épithélium conjonctival à glandules disséminées chargéesde lubrifiersanscesse la muqueuse,etformant autour d'elle uneE. 2
— 18 —
vraie couronne. La conjonctive ne
serait autre chose qu'une
vaste glande
étendue
ensurface dont le rôle serait la lubrifi¬
cation constantede l'œil.
La glande
lacrymale
aucontraire, aussi bien dans sa por¬
tion orbitaire que
palpébrale, n'entre qu'accidentellement en
actionsous l'influence
d'excitations réflexes et centrales.
L'anatomie comparée nous
apprend
quel'homme seul possède
uneglande palpébrale; les animaux, qui ne pleurent
pas
mais larmoient seulement, n'ont qu'une simple glande.
Interrogeons
les expériences des physiologistes. L'exci¬
tation du bout périphérique
du nerf lacrymal chez le lapin,
le chien, le mouton
produit
uneabondante sécrétion de
larmes. L'excitation du rameau
temporo-malaire du maxil¬
laire
supérieur produit le même effet, et par action réflexe
l'hypersécrétion des glandes nasales avec .rubéfaction très
intense des muqueuses
nasale, labiale, palatine, gingivale.
D'après MM. Jolyet et Laffont, la température augmente dans
les régions
congestionnées.
Après section intra-cranienne du facial chez le chien,
l'excitation du nerf
lacrymal du côté sectionné n'entraîne
point
de sécrétion. Mêmes résultats après arrachement du
facial.
La clinique nous
montre de nombreux exemples de sup¬
pression
et d'abolition complète des pleurs dans la paralysie
faciale.
Le facial, au point
de
vuepsychique
entant
quenerf
d'expression,
a uneinfluence marquée dominatrice sur la
sécrétion lacrymale se
traduisant
par unafflux des larmes,
les pleurs.
Cette sécrétion
lacrymale est donc
sousl'influence de deux
nerfs, le
trijumeau, conducteur centripète principal, le
facial, centrifuge
moteur glandulaire. Les nerfs de la cin¬
quième
etde la septième paire s'entrelacent constamment
et se
prêtent
unmutuel
concourspourcette sécrétion.
Voici le résumé des conclusions
auxquelles est arrivé
M.Campos,
après
sesrecherches expérimentales et cliniques
sur les nerfs sécréteurs des larmes.
Le nerf lacrymal contient des fibres sécrétoires très nom¬
breuses et indépendantes du nerf facial. Le maxillaire supé¬
rieur contient lui aussi des fibres
sécrétoires,
mais qui luiviennent du facial. L'excitation du bout supérieur du sym¬
pathique reste sans effet sur la sécrétion lacrymale, et d'autre part les observations de resection du sympathique
cervical montrent que cette résection n'influence en rien l'humidité des yeux.Dans lecasdeparalysiefaciale complète
avecparalysie du grand nerfpétreux superficiel, on ne peut plus obtenir de larmes ni par la voie réflexe, ni sous l'in¬
fluence d'une émotion.
On s'estdemandé commentfonctionnent les deux portions
de la
glande lacrymale,
individuellementousimultanément? La physiologieest muette sur la question de savoir quand l'une ou l'autre de ces glandes fonctionne.On a
longtemps
discuté quelle était la partie de la glande qui sécrétait le plus dans l'action psychique de pleurer.Pour M.Badal, ce serait la partie orbitaire qui seraitchargée
de cette fonction. C'est aussi l'opinion de M. Truc
(de
Mont¬pellier).
D'après M. Chibret
(de Clermont),
l'ablation de la portion palpébrale seule porterait nécessairement atteinte par sadisposition anatomique
au fonctionnement de la glandeorbitaire,
il s'ensuivraitque très souvent l'œil opéré suinte moins,c'est-à-dire pleure moins.La portion orbitaire jouerait par suite de sa
disposition
et de son importance comme masse glandulaire le rôle
pré¬
pondérant dans l'action de pleurer. Les résultats obtenus danslelarmoiementparcette ablationsemblentledémontrer La glande palpébraleservirait donc auxusages del'humecta- tion de l'œil dans les conditions ordinaires. La sécrétion de la glande orbitaire ne serait sollicitée que
lorsqu'il
faut unlavage
plus ample du globe oculaire, ou dans la sollicitationpsychique
provoquant et amenant les pleurs.— 20 -
Histologie
de la glande lacrymale saine et malade.
Quel est le
tissu de la glande lacrymale?
—D'après les
recherchesde
Fumagalli, la capsule de la glande contient de
grosses
fibres élastiques, pour la plupart parallèles à la sur¬
face de cette glande.
De cette couche se séparent d'autres
fibres qui
s'insinuent entre les acini de la glande et forment
ens'anastomosant un
réseau à mailles serrées, noyé dans le
tissu cellulairede la
glande.
Autour des acini, les
fibres élastiques forment des mailles
très fines qui
s'appliquent directement sur la membrane
propre
de chaque acinus. De très fines fibres se détachent de
ce réseau
péri-acinien et pénètrent à l'intérieur de l'acinus,
elles s'anastomosent avec
les fibres analogues des acini
voisins et forment
ainsi
unevraie carcasse élastique de la
glande.
Autour des anneaux excréteurs, les fibres élastiques
formentun réseau
particulièrement régulier et serré.
Axenfeld etBietti ont
étudié l'histologie de cette glande.
Dans les glandes
de cinq personnes mortes et qui de leur
vivant n'avaientpas eu
de symptômes de maladies lacryma¬
les, on
trouva beaucoup de graisse dans les cellules épitlié-
liales, fortpeu
dans les cellules au repos, beaucoup dans les
cellules irritées; on
trouva aussi beaucoup de graisse dans
une glande
extirpée
avecle contenu de l'orbite.
Toutcela indique que
la graisse
setrouve à l'état physiolo¬
gique
dans les cellules épithéliales et se présente surtout
pendant
sasécrétion. Nous verrons plus loin si sa quantité
augmenteou
diminue en cas de maladies.
Dans lacouche
épithéliale interne des conduits d'excrétion
il ya
aussi beaucoup de graisse, ce qui parle en faveur de
l'opinion de Merkel, souvent contestée, que l'épithélium de
cesconduits
prend part à la sécrétion.
Que
devient la glande lacrymale dans le larmoiement
chronique.
—MM. Stanculéanu et Théohari ont examiné six
glandes lacrymales enlevées dans des cas de larmoiement
— 21 —
chronique. L'une
de
cesglandes présente
unestructure rap¬
pelant celle de l'adénome. Dans les cinq autres cas, il existe
des lésions dégénératives en
rapport
avecl'âge du larmoie¬
ment: tuméfaction cellulaire, disparition du
réseau proto-
plasmique,apparition de
grossesgranulations protoplasmi-
ques dans un cas
de larmoiement ayant duré deux ans.
Dans un cas plus ancien,
trois
ans, ontrouve des granula¬
tions graisseuses; ces
granulations graisseuses sont
encore plus nombreusesdans
un casde durée de plus de cinq
ans.Dans tous les casil y a eu une
prolifération interstitielle
embryonnaire oude tissu conjonctif adulte, suivant l'an¬
cienneté du larmoiement. Dansla cellule lacrymale normale
au reposil existeun
réticulum protoplasmique très
net, sans trace de granulations; dans la celluleexcitée
par uneinjec¬
tion de pilocarpine on trouve une
fine
granulationà chaque
pointnodal du réticulum. Dans le larmoiement chronique,
lescellules normales des acini non dégénérés présentent ce dernier aspect à côté des cellules dégénérées.
M. Lodato (de Milan) s'est livré à quelques recherches expérimentalessur les altérations que présente la glande lacrymale après section du nerf lacrymal.
Les expériencesont été faites sursix chiens. Elles confir¬
ment le fait que d'autres nerfsque le lacrymal président à la sécrétion lacrymale, non seulement à la sécrétion ordinaire, mais à la sécrétion obtenue parvoie réflexe. Après section du nerf, la sécrétion diminue, bien que la glande conserve
pendant un temps sa fonction.
En résumé, après la section du nerflacrymal on voit sur¬
venir des altérations dans le parenchyme de la glande lacry¬
male, allant du simple gonflement avec trouble des éléments jusqu'à la nécrose et disparition complète des acini sur de grandes étendues. Un fait à noter, c'est qu'il y a hypersécré¬
tionaprès section, parsuite du gonflement et du trouble des élémentsglandulaires.
Voici la théorie de M. Lodato : Les muscleset les glandes privés de leur innervationperdent leur actionspécifique ; la
fontion étantarrêtée, les échanges
nutritifs manquent et les
organes
insuffisamment nourris dégénèrent et s'atrophient.
MM. de Bono et Frisco considèrent la
glande lacrymale
comme chargée de défendre
l'organisme contre les infec¬
tions.
Leslarmes,tout en
permettant la multiplication des micro¬
organismes
qui arrivent
encontact, en réduisent le nombre
dès les
premières heures
ouendiminuent la virulence, sauf
pour
le bacille de Koch et les spires du charbon.
La glande
n'élimine point
avecsasécrétion les micro-orga¬
nismes, mais le
parenchyme glandulaire produit
surces mi¬
cro-organismes
des altérations morphologiques et histologr
ques
qui ont
unetendance à détruire leur action pathogène.
CHAPITRE II
Anatomie des voies
lacrymales.
L'origine desvoieslacrymalesest représentéeparles points lacrymaux. Ceux-ci se trouvent sur le bord libre des paupiè¬
res supérieureetinférieure, non loin de l'extrémité internede la paupière où le tarse se termine. Ils constituent les embou¬
chures des canaliculeslacrymaux. Ils s'infléchissentà angle droit et se dirigent vers le sac
lacrymal.
C'est dans ce sacqu'ils débouchent soit séparément, soit réunis en un seul canal très court.
Le sac lacrymal est situé dans l'angle interne del'œil, occupant le silloncreusé dansce but dans l'os
lacrymal
(fos¬sette du sac
lacrymal).
Ce sacest limité en dedans par l'oslacrymal,
enavant eten dehors il estembrassé dansles deux portions du ligament palpébral interne. A l'endroit où la gouttière de l'oslacrymal
se transforme en un canal osseux, le saclacrymal
devient le canal nasal. Cet endroit constitue le point le plusétroit de tout le trajetlacrymal,
et par consé¬quent le plus sujet aux rétrécissements. De là le canal nasal se dirige en baspour se terminer dans les fosses nasales sous le cornet inférieur, le trajet qu'il suit est un peu en dehors et en arrière.
La muqueuse du sac
lacrymal
et celle ducanal nasal cons¬tituent une membrane continue et sans limite tranchée. La muqueuse du sac
lacrymal
n'estappliquée que d'un côté surl'os unguis, celle du canal nasal est partout entourée de parties osseuses.
— 24 —
Les voies
lacrymales subissent
chez le fœtus, l'enfant et l'adulte de nombreusesmodifications.
— Chez le fœtus, l'ex¬trémité inférieure du canal nasal se recourbe vers la ligne médiane en forme de crosse de pistolet. A mesure que le maxillaire supérieur se développe en hauteur, le canal nasal
se redresse progressivement ; à la naissance, il garde encore
quelquechose de sa courbure primitive.
Chez le fœtus et le nouveau-né, la paroi interne du canal nasal esttoujours plus anfractueuse et beaucoup plus irré¬
gulière que chez l'adulte. Les voies lacrymales de l'adulte
sont en quelque sorte la simplification de celles du nou¬
veau-né.
On rencontre généralement chez le fœtus et le nouveau-né
un certain nombre de diaphragmes annulaires, élagés dans la hauteur du sac et du canal ; leur nombre est variable, on en compte quatreau maximum. Chez certains sujets ces dia¬
phragmes font défaut, mais les parois sont extrêmement an- fractueuses et forment en profil une ligne très onduleuse.
Ces différences d'aspect paraissent provenir de ce que les
voies lacrymales fœtales ne sont pas toutes également dis¬
tendues par leur contenu gélatineux.Lesunes, peu remplies, reviennent sur elles-mêmes et leur muqueuse présente des plis nombreux.Les autres,surchargéesdemucus, se dilatent; les anneaux fibreux quien résultent, n'obéissant pointa la distension, deviennent très apparents par suite du refoule¬
ment des parties voisines et forment les diaphragmes dont
nous avons parlé plus haut. Le canal nasal du fœtus, déri¬
vant d'une invagination cutanée, ne communique pas primi¬
tivement avec les fosses nasales. Son extrémité inférieure, terminéeen cul-de-sac, seprolonge généralementjusquesous la muqueuse du méatinférieur. Exceptionnellement, le cul- de-sac terminal est situé plus haut, et siège au niveau de l'insertion du cornet,c'est-à-dire là où cesse le canal nasal
osseux. Dans les deuxcas,l'accumulationdes déchets
épithé-
liaux dans les voies lacrymales ainsi fermées distend l'am¬
poule terminale et finit par la faire crever à son sommet.
C'est après la naissance qu'a lieu l'abouchement du canal dans les fosses nasales ; sa dilatation s'effectue progressive¬
ment sous l'accumulationcroissante des déchetsépi théliaux.
On n'a jamais retrouvé chez l'adulte les diaphragmes
souventsi marqués du nouveau-né. Les voies lacrymales
sont plus lisses etprésentent une adaptation plus ou moins parfaite à leur fonction de canal excréteur.
Il est cependant exceptionnel que le canal nasal soit un conduit régulier, à parois lisses. Presque toujours, il pré¬
sente des
irrégularités,
des rugosités, sinus, dilatations, rétrécissements. Il y a de grandes différences individuelles à cetégard, il peut même y avoir de grandes différences entreles deux canaux droit etgauche d'un même individu.Ces diverses considérations anatomiques nous amènent à admettre qu'il existe des canaux que leur configuration
irrégulière,
leur étroitesse prédisposent aux obstructions.Lesrétrécissementsdes voies
lacrymales
chez l'adultesiègent
aux deux extrémités du canal nasal, en haut ducôté du sac,
en bas du côté du nez.
Mais il y a aussi d'autres canaux que leur
largeur,
leur régularité semble mettre à l'abri de ces accidents.Dans le traitement des affections des voies
lacrymales,
il n'est pas indifférent d'avoiraffaire à des canaux larges ou à des canaux étroits.Si l'on examine les voies
lacrymales
au point de vue histo-logique,
l'on ne trouve pas de glandes. Au point de vue de lapathologie,
surtout de lapathologie microbienne,
les voieslacrymales
constituent vraisemblablement un terrain tout autre que celui des fosses nasales. Ne renfermant pas de glandes, elles ne peuvent fournir un catarrhe analogue à celui des fosses nasales, caractérisé surtout par une énorme quantité demucus glandulaire.En effet, les
microorgaiiismes,
tant aérobies qu'anaéro- bies, ne trouvent pasdans les voieslacrymales
normales les conditions nécessaires à leurdéveloppement.
Mais sous l'in¬fluence d'un rétrécissement il se produit une stase
lacry-
— 26 -
maie à
laquelle s'ajoute
uneexsudation de sérosité, les
microorganismes
peuvent alors proliférer. Veillon a démon¬
tré que ce
sont des microbes pathogènes aérobies et ana-
réobies.
CHAPITRE III
Dacryocystites
etrétrécissements
des voies d'excrétion Divers traitements.La
dacryocystite chronique,
appelée encore catarrhe oublennorrée du sac, s'annonce par du
larmoiement,
dontl'abondance varie suivent les sujets. En pressant sur la région du sac on fait sourdre par les points
lacrymaux
unliquide glaireux mêlé de larmes. Ce premier stade est ce que les Anglais appellent le
wattery
eye, persistant desmois ou des années etaboutissantà la distension du sac.A la période catarrhale succède la dilatation du sac, sur¬
vient souvent alors une complication commune et grave : le phlegmon du sac ou
dacryocystite
aiguë. Ce sont toujours desindividus atteints de larmoiement avec blennorrée quien sont atteints.
Le point de
départ
réside dans une affection venue de la conjonctiveou des fosses nasales. Cette inflammation phleg-moneuse à son apogée envahit le tissu cellulaire et la peau, le point culminantvoisin du grand angle de l'œil devient fluctuantet seperfore enun ou plusieurs endroits, d'où il s'écoule du pus crémeux. Une détente s'ensuit et le trajet fistuleux
s'oblitère,
sauf à s'ouvrir à plusieurs reprisesjus¬qu'à formation d'une fistule
lacrymale
permanente.Le pronostic offre cela de fâcheux qu'à unepremière pous¬
sée
phlegmoneuse
ensuccèdentd'autres, jusqu'à
flstulisation du sac et oblitération du canal nasal.Afin d'éviterl'ouverture spontanée exposant à la fistule et
donnant lieu à une cicatrice
vicieuse,
le traitement consiste— 28 —
è inciserau bistouri et à
maintenir pendant quelques jours
les lèvres de la plaie
béantes à l'aide d'une mèche de gaze
iodoformée.
L'anatomie
pathologique, d'accord
avecla clinique, démon¬
trequ'au
début et pendant
unelongue période la dacryo-
cystitetient au
gonflement de la muqueuse, à l'épaississe-
ment de sa sécrétion.
Achaque
nouvelle infection cette sécrétion devient puru¬
lente, eten
même temps
quela fistule lacrymale apparaît il
s'établit des coarctationssur
les points les plus étroits du
canal: Ce qui
domine surtout dans la pathogénie de la
dacryocystite, c'est le rétrécissement inflammatoire du canal
nasal; lorsque
toutes les issues s'oblitèrent, le sac s'ectasie
et constituele mucocèle.
Il serait oiseux de refaire
l'historique des méthodes et des procédés
sansnombre qui encombrent les traités d'ophtal¬
mologie.
Quoi
qu'il
ensoit, le traitement doit remplir dans tous les
cas lestrois conditions suivantes :
1° Rétablir la
perméabilité des voies lacrymales et prévenir
la stagnation des
liquides;
2°Combattre la sécrétion
morbide des
muqueuses;3° Restituerautant qu'on
le peut à
cesvoies, particulière¬
ment au sac, leurconfiguration
primitive.
Tellessont les règles
formulées
parM. de Wecker.
D'après
M.le Prof. Panas, trois idées maîtresses ont pré¬
valu ;
1° Modifier la vitalité des parties
constituantes de l'appa¬
reil
lacrymal
parle feu
oules topiques, c'est la conception
la plus
ancienne
;2° Rétablir la
perméabilité des voies d'excrétion en em¬
pruntant à l'urétrothérapie toutes les méthodes dont elle
dispose ;
3° S'attaquer au
point de départ des lésions, la conjonctive
pour Scarpa,
la
muqueusedes fosses nasales pour les rhino-
logueset
beaucoup d'ophtalmologistes modernes, sans négli-
- 29 -
ger les moyens mécaniques et au besoin l'ablation de la glande lacrymale.
Nous en venons à parler du cathétérisme eten particulier des sondes de Bowmann. Ce mode de traitement part d'un principe faux, parce qu'il croit traiter par le sondage de véritables rétrécissements cicatriciels. Pour reconstituer la capillarité du canal il n'est point besoin de dilatation pro¬
gressive; ce qu'il faut, c'est combattre l'affection catarrhale de la muqueuse et le gonflement qu'elle produit. Inutile de recourir à la progression du calibre des sondes. Une.sonde de moyen calibre (n° 2 ou
3)
suffit pendant toute la durée du traitement.Ces sondes, faites d'argent malléable, sont au nombre de six, leur calibreest mesuré de
façon
à ce que le n° 1 présente les dimensions d'un crin très fort, tandis que le n° 6 pré¬sente un peu plus de 1 millimètre. On peut imprimer à ces sondes une légère courbure de
façon
à ne rencontrer d'obs¬tacle ni du côté de la saillie frontale, ni du côté du sac
lacrymal
et du canal nasal. Le volume de ces sondes sera en rapport avec ledegré du rétrécissement.Le canalicule lacrymal étant préalablement fendu enlong,
on introduit le stylet
horizontalement,
de façon à pénétrer dansle sac. On s'arrête sitôt qu'on touche la paroi interne qui correspond à l'unguis pour redresser lecathéter jusqu'àla verticale, sans trop appuyer, de peur de décolleron perfo¬
rer la muqueuse. On
imprime
à la sonde une courbure à concavitéantérieure,
etl'on franchit l'orifice de communica¬tion du sac avecle canal nasal.
Le cathétérisme exécuté de la sorte provoque peu de dou¬
leur et n'est suivi d'aucun saignement. On le rend moins pénible en instillant au préalable, dans le grand angle, quelques gouttes de cocaïne à 50/0.
En
Angleterre,
on incise de préférence le conduit infé¬rieur; en
Allemagne
et en France, on aime mieux, suivant les conseils de M.Weber, introduireles sondes par le conduit supérieur.— 30 —
Il est nécessaire d'employer
la méthode des sondes quoti¬
diennement pendant
des semaines
oudes mois. On laisse la
sonde pendant un
quart d'heure, et, dès qu'on est arrivé au
no 2 ou3, il estinutile d'augmenter
le calibre.
La sonde à demeure laissée en
place pendant plusieurs
jours, les
mèches de
gazeiodoformée, les tiges de laminaire
destinéesàdistendre
progressivement le canal ont été autant
de moyens
thérapeutiques mis
enœuvre et qu'on a actuel¬
lement tendanceà abandonner.
On acquiert
la certitude
quela sécrétion morbide et le
larmoiement ont
complètement cessé lorsqu'on n'éprouve
plus
de sensation de résistance en passant du sac dans le
canal.
Dans les cas heureux où le catarrhe
des voies lacrymales
est simple et ne se
complique
pasd'une dilatation marquée
du sac, ce mode
de traitement
procuregénéralement la cure
radicale. Il n'en est plus
ainsi lorsque la dilatation morbide
a fortement distendu le sac, le
cathétérisme
avecles
son¬desde Bowmann échoue, l'on
constate seulement qu'il
arétabli l'écoulement des
produits morbides dans le
nez.Danslescas de rétrécissement
fibreux, cette méthode de
dilatation de Bowmann nepouvant
suffire,
onrecourt à la
stricturotomie de Stilling,
permettant d'emblée l'introduc¬
tion d'un gros
stylet.
Après avoir fendu le conduit lacrymal jusque dans le sac
et s'êtrerendu compte de
l'existence et du siège du rétrécis¬
sementen introduisant le
stylet
n° 1de Bowmann, Stilling
plonge
dans le
nez unpetit couteau triangulaire dont il
dirige le
tranchant
enavant. Non content de ce premier
débridement, il tourne la lame et
pratique trois
ouquatre
sections longitudinales dans
le même
sens.Cette méthode compte des
partisans et des détracteurs;
elle réussitsouvent là
où
lecathétérisme simple et progres¬
sif avait échoué, mais elle
n'est point,
commele prétend
Stilling,
infaillible
:il faut craindre les récidives.
M. Weber pensa que
l'inefficacité du cathétérisme de Bow-
— 31 —
mann résidait
principalement
dans la formecylindrique
des sondes enargent, dans leurtrop petitdiamètre,
etleur défaut d'élasticité les rendantimpropres
à suivre exactement le canal dans lequel on les porte. Il substitua aux sondesmétalliques
lesbougies élastiques,
dont la plus mince cor¬respond ou n° 5des sondes deB'owmann.
Il est bien entendu que pour introduire ces bougies il est
indispensable
d'ouvrir largement le conduitlacrymal
supé¬rieur. Ces sondes sont
graduées;
elles ont le double but de déterminerle point de rétrécissement et de le forcer.L'introduction de ces fortes sondes devient
quelquefois
une cause indirecte d'irritation et détermine souvent, après
avoiren apparence forcé le
rétrécissement, l'atrophie
de lamuqueuse, devenant chez les malades dont la sécrétion
lacrymale
est abondante une source continuelle de tour¬ments.
On s'accorde à donner hautement la préférence aux son¬
des métalliques de Bowmann sur tous les autres moyens de dilatation. Cette introduction devient dans un certain nom¬
bre decas assez facile pour qu'on puisse
l'abandonner
auxmalades
intelligents.
Gomme complémentdu
cathétérisme,
on ajoute les lava¬ges
antiseptiques
et modificateurs au moyen de la seringue d'Anel. L'observation attentive a,en
effet,
prouvé que la dilatation unie àl'emploi
des astringents et desantisepti¬
ques, dans les cas
rebelles,
était d'un effet souverain.M. de Weckeraeu l'idée ingénieuse de creuser les sondes deBowmann et de les
adapter
soit à uneseringue,
soit à unedes sondespoire endecaoutchouc. EllesBowmann etportent lecorrespondentnom de sondesaux noscreuses2 et 3deBowmann.
Les solutions qui réussissent le mieux sont cellesde solu¬
tions de sublimé au
millième, d'acide phénique
à 20/0,
nitrate
d'argent
au centième. Elles ont depour