L.E.G.T.A. Le Chesnoy TB1−2010-2011
D. Blotti`ere Math´ematiques
Correction du devoir surveill´ e n˚3
Exercice 1 (Projet´e orthogonal d’un point sur une droite)
Le plan est rapport´e `a un rep`ere orthonorm´e (O;−→i ,−→j) et soientA(1; 2), B(7;−1) etC(4; 3).
1. Donner une ´equation cart´esienne de (AB).
2. D´eterminer le projet´e orthogonal de Csur la droite (AB).
3. Calculer la distance deC `a la droite (AB).
Correction
1. Le vecteur −−→AB est un vecteur directeur de la droite (AB). Ses coordonn´ees sont : (xB−xA, yB−yA) = (6,−3).
Par suite le vecteur−→n(3,6) est un vecteur normal `a la droite (AB). En effet :
−
→n .−−→AB = 3×6 + 6×(−3) = 0.
Le vecteur−→
n′(1,2) est donc lui aussi normal `a la droite (AB), car−→
n′//−→n (−→ n′ = 1
2−→n). D’apr`es le cours, il existec∈Rtel que :
x+ 2y+c= 0
est une ´equation cart´esienne de (AB). Comme A(1,2) ∈ (AB), ses coordonn´ees satisfont la pr´ec´edente
´equation, on a :
1 + 2×2 +c= 0.
On en d´eduit c=−5.Ainsi une ´equation cart´esienne de la droite (AB) est : x+ 2y−5 = 0.
2. Le projet´e orthogonalC′ deC sur la droite (AB) est caract´eris´e par les deux conditions :
(1) −−→
CC′ ⊥−−→AB (2) C′∈(AB).
La condition (1) est ´equivalente `a−−→
CC′.−−→
AB = 0 (crit`ere d’orthogonalit´e). On en d´eduit que : (xC′−4)×6 + (yC′−3)×(−3) = 0,
i.e.
(∗) 6xC′−3yC′ = 15.
Quant `a la condition (2), elle peut se reformuler par l’´equation : (∗∗) xC′+ 2yC′−5 = 0.
En effet le pointC′∈(AB) si et seulement si ses coordonn´ees satisfont l’´equation cart´esienne de la droite (AB) obtenue `a la question pr´ec´edente. De (∗) et (∗∗), on d´eduit que les coordonn´ees (xC′, yC′) sont solutions du syst`eme lin´eaire suivant :
6xC′ − 3yC′ = 15 xC′ + 2yC′ = 5.
On r´esout ce syst`eme pour obtenir xC′ = 3 etyC′ = 1.
3. Par d´efinition, la distance deC`a la droite (AB) est la longueurCC′. CC′ = p
(xC′−xC)2+ (yC′−yC)2 (cf. formule du cours)
= p
(3−4)2+ (1−3)2
= √
5.
La distance deC `a la droite (AB) est donc√ 5.
Remarques
(a) Pour r´epondre `a cette question, on aurait aussi pu appliquer la formule du cours donnant la distance d’un point `a une droite connaissant les coordonn´ees du point et une ´equation cart´esienne de la droite, dans un rep`ere orthonorm´e.
(b) On peut v´erifier les r´esultats des questions 2 et 3 (c.f. th´eor`eme de Pythagore) sur la figure ci-dessous.
1 2 3 4 5 6
−1
−2
−3
−4
1 2 3 4 5 6 7 8
−1
−2
−3
−4
bA
bB
b
C
b C′
Exercice 2 (Position relative de deux courbes)
Soientf et gles fonctions d´efinies par :
f:R→R, x7→ |x2+ 2x−8| et g:R→R, x7→ −x 3 +16
3 .
SoitR= (O;−→i ,−→j) un rep`ere du plan et soientCf etCg les courbes repr´esentatives respectives def etg dans R. ´Etudier la position relative des courbesCf etCg.
La calculatrice ´etant interdite, on fournit l’identit´e :232= 529.
Correction : Pour d´eterminer la position relative des courbes Cf et Cg, on ´etudie le signe de l’expression f(x)−g(x).
Pour cela, on va tout d’abord chercher `a exprimer l’expressionf(x) =|x2+ 2x−8|≪sans valeur absolue≫. `A cette fin, on ´etudie le signe dex2+ 2x−8. On remarque que 2 est racine ´evidente de ce trinˆome du second degr´e.
Son autre racine est donc −4. (Si l’on ne remarque pas de racine ≪´evidente≫, on peut appliquer la m´ethode usuelle pour ´etudier les racines d’un trinˆome du second degr´e, en commen¸cant par calculer le discriminant.) D’apr`es le cours sur le signe d’un trinˆome du second degr´e, on d´eduit la deuxi`eme ligne du tableau ci-dessous, ligne de laquelle d´ecoulent les suivantes.
Tableau n˚1
x −∞ −4 2 +∞
Signe dex2+ 2x−8 + 0 − 0 +
f(x) =|x2+ 2x−8| x2+ 2x−8
|
−x2−2x+ 8|
x2+ 2x−8f(x)−g(x) =|x2+ 2x−8| −(−x3+163) x2+73x−403
|
−x2−53x+83|
x2+73x−403On est ainsi conduit `a ´etudier le signe du trinˆome du second degr´ex2+7 3x−40
3 sur ]− ∞,−4]∪[2,+∞[ et le signe du trinˆome du second degr´e−x2−5
3x+8
3 sur ]−4,2[.
• Etude du signe de´ x2+7 3x−40
3 sur ]− ∞,−4]∪[2,+∞[
La pr´esence de coefficients non entiers peut ˆetre source d’erreurs de calcul. On peut tr`es simplement
≪chasser les d´enominateurs≫ pour se ramener `a l’´etude du signe d’un trinˆome `a coefficients entiers. En effet, on a :
3
x2+7 3x−40
3
= 3x2+ 7x−40 et donc (3>0) le signe de x2+7
3x−40
3 est le mˆeme que le signe de 3x2+ 7x−40. Le discriminant du trinˆome du second degr´e 3x2+ 7x−40 ´etant ∆ = 72−4×3×(−40) = 529>0, x2+ 7x−40 poss`ede donc deux racines distinctes :
x1= −7−√ 529
6 =−5 et x2=−7 +√ 529
6 = 8
3.
Pour simplifier les expressions de x1 et de x2, on a utilis´e l’indication fournie par l’´enonc´e : 529 = 232. D’apr`es le cours sur le signe d’un trinˆome du second degr´e, on a le tableau de signes suivant.
x −∞ −5 83 +∞
Signe de 3x2+ 7x−40 + 0 − 0 +
Comme −5 < −4 et 2 < 8
3, on a les r´esultats suivants pour le signe de 3x2+ 7x−40 sur ]− ∞,−4]
(respectivement sur [2,+∞[).
Tableau n˚2 Tableau n˚3
x −∞ −5 −4
Signe de 3x2+ 7x−40 + 0 −
x 2 83 +∞
Signe de 3x2+ 7x−40 − 0 +
• Etude du signe de´ −x2−5 3x+8
3 sur ]−4,2[
A nouveau, on commence par` ≪chasser les d´enominateurs≫. Comme 3
−x2−5 3x+8
3
=−3x2−5x+ 8
et (3>0), le signe de−x2−5 3x+8
3 est le mˆeme que le signe de−3x2−5x+ 8.Le discriminant du trinˆome du second degr´e−3x2−5x+ 8 ´etant ∆ = (−5)2−4×(−3)×8 = 121 = 112>0,−3x2−5x+ 8 poss`ede donc deux racines distinctes :
x1= −(−5)−11
−6 = 1 et x2=−(−5) + 11
−6 =−8 3.
D’apr`es le cours sur le signe d’un trinˆome du second degr´e, on a le tableau de signes suivant.
x −∞ −83 1 +∞
Signe de−3x2−5x+ 8 − 0 + 0 −
Comme−4<−8
3 <1<2, on a les r´esultats suivants pour le signe de−3x2−5x+ 8 sur ]−4,2[.
Tableau n˚4
x −4 −83 1 2
Signe de−3x2−5x+ 8 − 0 + 0 −
Des r´esultats pr´esent´es dans les tableaux n˚1, n˚2, n˚3 et n˚4, on d´eduit le tableau suivant.
x −∞ −5 −83 1 83 +∞
Signe def(x)−g(x) + 0 − 0 + 0 − 0 +
Ainsi a-t-on :
• Cf etCg et se coupent au points d’abscisses−5,−8 3, 1, 8
3;
• Cf est au-dessus deCg sur :
]−∞,−5[∪
−8 3,1
∪ 8
3,+∞
;
• Cf est en-dessous deCg sur :
−5,−8 3
∪
1,8 3
. On peut v´erifier la coh´erence de ces r´esultats sur le graphique suivant.
2 4 6 8 10
2 4 6 8
−2
−4
−6
−8
Cf
Cg
Exercice 3 (R´esolution d’une ´equation polynomiale `a param`etre)
1. Dresser le tableau de signes de la fonctionf d´efinie par : f:R→R, λ7→λ2−4.
2. Soitλun nombre r´eel fix´e. R´esoudre dansCl’´equation d’inconnuez: (E) z3+ (2−λ)z2+ (1−2λ)z+ 2 = 0.
Correction
1. Pour d´eterminer le signe du trinˆome du second degr´e λ2−4, qui admet −2 et 2 comme racines, on peut appliquer le r´esultat du cours sur le signe d’un trinˆome du second degr´e ou utiliser la factorisation λ2−4 = (λ−2)(λ+ 2). On a, quelque soit la m´ethode utilis´ee, le tableau de signes suivant.
λ −∞ −2 2 +∞
Signe deλ2−4 + 0 − 0 +
2. SoitP le polynˆome (de degr´e 3) d´efini parP=X3+ (2−λ)X2+ (1−2λ)X+ 2. R´esoudre l’´equation (E) revient `a d´eterminer toutes les racines deP dansC. On remarque tout d’abord que−2 est racine deP. En effet : P(−2) = (−2)3+ (2−λ)(−2)2+ (1−2λ)(−2) + 2 = 0.
D’apr`es le cours, il existe donc un unique polynˆomeQ=aX2+bX+ctel queP = (X−(−2))Q= (X+2)Q.
On d´etermine alors les coefficientsa, bet cde Q, en calculant tout d’abord les coefficients de (X + 2)Q.
On a :
(X+ 2)Q=aX3+ (2a+b)X2+ (c+ 2b)X+ 2c.
Par identification des coefficients des polynˆomesP et (X+ 2)Q. on a :
a = 1
2a + b = 2−λ
2b + c = 1−2λ 2c = 2.
On r´esout ce syst`eme lin´eaire et l’on obtient a= 1, b=−λet c = 1. Ainsi a-t-on Q=X2−λX+ 1 et par suite :
P = (X+ 2)(X2−λX+ 1).
On en d´eduit que :
(∗)
z3+ (2−λ)z2+ (1−2λ)z+ 2 = 0 ⇐⇒ (z+ 2)(z2−λz+ 1) = 0
⇐⇒
z=−2 ou
z2−λz+ 1 = 0.
On est ainsi conduit `a ´etudier les racines du trinˆome du second degr´ez2−λz+ 1. Son discriminant est
∆ = (−λ)2−4×1×1 =λ2−4.L’´etude se scinde alors en trois parties, suivant le signe de ∆.
• Cas o`u ∆ =λ2−4>0, i.e. cas o`uλ∈]− ∞,−2[∪]2,+∞[ (d’apr`es la question 1) Dans ce cas, le trinˆomez2−λz+ 1 admet deux racines r´eelles distinctes :
z1= −(−λ)−√ λ2−4
2 = λ−√
λ2−4
2 et z2=λ+√
λ2−4
2 .
• Cas o`u ∆ =λ2−4 = 0, i.e. cas o`uλ∈ {−2,2}(d’apr`es la question 1) Dans ce cas, le trinˆomez2−λz+ 1 admet une unique racine r´eelle :
z1=−(−λ)
2 = λ
2.
• Cas o`u ∆ =λ2−4<0, i.e. cas o`uλ∈]−2,2[ (d’apr`es la question 1)
Dans ce cas, le trinˆomez2−λz+ 1 admet deux racines complexes conjugu´ees : z1= −(−λ) +i√
−∆
2 = λ+i√
4−λ2
2 et z2=z1=λ−i√ 4−λ2
2 .
Des trois points pr´ec´edents et de (∗), on d´eduit que l’ensemble des racines deP, i.e. des solutions de (E), est :
(
−2,λ−√ λ2−4
2 ,λ+√
λ2−4 2
)
siλ∈]− ∞,−2[∪]2,+∞[ ;
−2,λ 2
siλ∈ {−2,2}; (
−2,λ+i√ 4−λ2
2 ,λ−i√ 4−λ2 2
)
siλ∈]−2,2[.
Exercice 4 (Une ´equation et une in´equation trigonom´etriques)
Les deux questions de cet exercice sont ind´ependantes.
1. R´esoudre dansRl’´equation :
(E) cos(x)−√
3 sin(x) =−1.
2. R´esoudre dansRl’in´equation :
(I) 2 sin2(x)<3 cos(x).
Correction
1. L’´equation (E) est du type acos(x) +bsin(x) =c, aveca= 1, b=−√
3, c=−1∈R. Pour la r´esoudre, on applique la m´ethode vue en cours.
On calcule tout d’abord√
a2+b2= q
12+ (−√
3)2= 2.et on chercheθ∈Rtel que :
cos(θ) = a
√a2+b2 =1 2 sin(θ) = b
√a2+b2 =−
√3 2
Connaissant les valeurs remarquables de cosinus et sinus, on voit que θ=−π
3 est solution du pr´ec´edent syst`eme. Apr`es ces pr´eparatifs, on passe `a la r´esolution de (E).
(E) cos(x)−√
3 sin(x) =−1 ⇐⇒ 1
2cos(x)−
√3
2 sin(x) =−1
2 (division par 2 de chacun des membres)
⇐⇒ cos
−π 3
cos(x) + sin
−π 3
sin(x) = cos 2π
3
(cf. pr´eparatifs et cos
2π 3
=−1 2)
⇐⇒ cos
−π 3 −x
= cos 2π
3
⇐⇒ cosπ 3 +x
= cos 2π
3
(cos est une fonction paire)
D’apr`es le cours (cas d’´egalit´e de deux cosinus), on a :
cosπ 3 +x
= cos 2π
3
⇐⇒
π
3 +x=2π
3 + 2kπ , k∈Z ou
π
3 +x=−2π
3 + 2kπ , k∈Z
⇐⇒
x= π
3 + 2kπ , k∈Z ou
x=−π+ 2kπ , k∈Z. L’ensemble solution de l’´equation (E) est donc :
nπ
3 + 2kπ , k∈Zo
∪ {−π+ 2kπ , k∈Z}. 2. On sait que pour toutx∈R, cos2(x) + sin2(x) = 1. On a donc :
(I) 2 sin2(x)<3 cos(x) ⇐⇒ 2(1−cos2(x))<3 cos(x)
⇐⇒ 0<2 cos2(x) + 3 cos(x)−2.
On introduit alors l’inconnue auxiliaire X= cos(x) pour r´esoudre l’in´equation (I). On a :
(∗) (I)⇐⇒
2X2+ 3X−2>0
X = cos(x) .
Le nombre−2 est racine du trinˆome du second degr´e 2X2+3X−2. Son autre racine est donc −2 2×(−2) = 1
2 (cf. cours sur la somme et le produit des racines d’un trinˆome du second degr´e). (Si l’on ne remarque pas de racine ≪´evidente≫, on peut appliquer la m´ethode usuelle pour ´etudier les racines d’un trinˆome du second degr´e, en commen¸cant par calculer le discriminant.) D’apr`es le cours sur le signe d’un trinˆome du second degr´e, on voit que :
2X2+ 3X−2>0⇐⇒
X <−2 ou X > 1 2
. Joint `a (∗), ce r´esultat entraˆıne :
(I) ⇐⇒
X <−2 ouX > 1 2 X= cos(x)
⇐⇒ cos(x)> 1
2 (−1≤cos(x)≤1).
Comme l’ensemble des solutions de cos(x) > 1
2 sur ]−π, π] est i
−π 3,π
3 h
, l’ensemble des solutions de cos(x)>1
2 (et donc de (I)) dansRest : [
k∈Z
i−π
3 + 2kπ,π
3 + 2kπh .
Exercice 5 (Approximation de√
1 +xau voisinage de 0 et allongement d’une corde pinc´ee) 1. (a) Montrer que :
∀x∈[−1,+∞[ 1 +x 2 −√
1 +x=
x2 4 1 +x
+√ 1 +x.
(b) Prouver que :
∀x∈[−1,+∞[ 1 + x 2 +√
1 +x≥ 1 2. (c) D´eduire de (a) et (b) que :
∀x∈R+ 0≤1 + x 2 −√
1 +x≤ x2 2 .
2. Une corde ´elastique (repr´esent´ee en gras ci-dessous) est tendue entre deux pointsAetB. Elle est l´eg`erement pinc´ee dans une direction perpendiculaire `a (AB) en un point fix´eIde [AB] distinct deAetB. On pose :
IA=a IB=b IM =x (x∈R+×).
b
A
b
B b
a
b
M
b
I x
On se propose d’obtenir une valeur approch´ee de l’allongement de la corde, ´egal `a AM +M B−AB et not´ef(x), pour des≪petites valeurs≫ dex∈R+×.
(a) Montrer que :
∀x∈R+× f(x) =a r
1 +x a
2
−1
! +b
r 1 +x
b 2
−1
!
(b) De la question pr´ec´edente et de 1.(c), d´eduire que :
∀x∈R+× 0≤ x2 2
1 a+1
b
−f(x)≤x4 2
1 a3+ 1
b3
.
(c) Application num´erique : on suppose quea= 4 etb= 2. Montrer que :
∀x∈R+× 0≤ 3
8x2−f(x)≤ x4 10
et en d´eduire une valeur approch´ee def(0.1), avec une erreur n’exc´edant pas 10−5. Correction
1. (a) Soitx∈[−1,+∞[. L’´egalit´e
1 + x 2 −√
1 +x=
x2 4 1 +x
2 +√ 1 +x signifie par d´efinition que :
1 + x 2 −√
1 +x 1 + x 2 +√
1 +x
= x2 4 . Cette derni`ere est vraie car :
1 +x
| {z }2
a
−√ 1 +x
| {z }
b
1 + x
| {z }2
a
+√ 1 +x
| {z }
b
= 1 +x
2 2
−(√
1 +x)2 ((a−b)(a+b) =a2−b2)
= 1 + 2 x 2+x
2 2
−(1 +x)
= x2 4 .
(b) Soitx∈[−1,+∞[.
−1≤x =⇒ −1 2 ≤x
2 (multiplication de chacun des membres par 1 2 >0)
=⇒ 1
2 ≤1 +x
2 (ajout de 1 `a chacun des membres) On ajoute membre par membre cette derni`ere in´egalit´e et 0≤√
1 +x(une racine carr´ee est toujours positive ou nulle) et l’on obtient l’in´egalit´e demand´ee :
1
2 ≤1 +x 2 +√
1 +x.
(c) Soitx∈R+. On a d’apr`es la question pr´ec´edente : 1
2 ≤1 +x 2 +√
1 +x.
La fonction inverse ´etant strictement d´ecroissante sur ]0,+∞[, on en d´eduit :
2≥ 1
1 + x 2 +√
1 +x ≥0.
La positivit´e du terme du milieu se d´eduit imm´ediatement dex≥0. En multipliant chaque membre de la pr´ec´edente in´egalit´e par x2
4 ≥0, on obtient : x2
2 ≥
x2 4 1 +x
2 +√
1 +x ≥0.
Or d’apr`es (a), le terme du milieu est ´egal `a 1 +x 2−√
1 +x.L’in´egalit´e demand´ee est donc montr´ee.
2. (a) Soitx∈R+×. D’apr`es le th´eor`eme de Pythagore, on a : AM =p
a2+x2 et M B=p
b2+x2. De plusAB=a+b. On en d´eduit que :
f(x) = AM+M B−AB
= √
a2+x2+√
b2+x2−(a+b)
= s
a2
1 + x2 a2
−a+ s
b2
1 +x2 b2
−b
= s
a2
1 +x a
2
−a+ s
b2
1 +x b
2
−b
= √
a2 r
1 +x a
2
−a+√ b2
r 1 +x
b 2
−b
= a
r 1 +x
a 2
−a+b r
1 +x b
2
−b (a≥0 etb≥0)
= a
r 1 +x
a 2
−1
! +b
r 1 +x
b 2
−1
! .
(b) R´e´ecrivons l’in´egalit´e obtenue en 1.(c), en renommant la variable, pour obtenir :
(∗) ∀X ∈R+ 0≤1 + X
−√
1 +X ≤X2 .
Soitx∈R+×. On applique (∗) avecX =x a
2
et l’on a : 0≤1 + 1
2 x
a 2
− r
1 +x a
2
≤1 2
x a
22
que l’on peut aussi ´ecrire :
0≤x2 2
1 a2 −
r 1 +x
a 2
−1
!
≤x4 2
1 a4. En multipliant chaque membre de cette in´egalit´e para≥0, on obtient :
(∗∗) 0≤ x2 2
1 a−a
r 1 +x
a 2
−1
!
≤x4 2
1 a3. De mˆeme on montre que :
(∗ ∗ ∗) 0≤x2 2
1 b −b
r 1 +x
b 2
−1
!
≤x4 2
1 b3. On ajoute enfin membre `a membre les in´egalit´es (∗∗) et (∗ ∗ ∗) pour avoir :
0≤x2 2
1 a−a
r 1 +x
a 2
−1
! +x2
2 1 b −b
r 1 +x
b 2
−1
!
≤ x4 2
1 a3 +x4
2 1 b3 in´egalit´e que l’on r´e´ecrit :
0≤x2 2
1 a+1
b
− a r
1 +x a
2
−1
! +b
r 1 +x
b 2
−1
!!
| {z }
f(x) (cf. 2.(a))
≤x4 2
1 a3+ 1
b3
d’o`u le r´esultat demand´e.
(c) Soitx∈R+×. L’in´egalit´e obtenue en 2.(b) s’´ecrit, lorsquea= 4 etb= 2 : 0≤ 3
8 x2−f(x)≤ x4 2
9 64 = 9
128x4. On obtient le r´esultat demand´e en remarquant que 9
128 x4≤ x4
10. En effet 9 128 ≤ 1
10 (90≤128) et x4≥0. On a donc :
0≤ 3
8x2−f(x)≤x4 10. En particulier, pour x= 0,1 = 10−1, on a :
0≤3
8 10−2−f(0,1)≤ 0,14
10 = 10−5. On peut donc approximerf(0,1) par 3
8 10−2en commettant une erreur inf´erieure ou ´egale `a 10−5.
Exercice 6 (´Etude du sens de variation d’un polynˆome de degr´e 3)
1. ´Enoncer, sans d´emonstration, le r´esultat vu en classe pour le sens de variation de la fonction g(fonction cube) d´efinie par :
g:R→R, x7→x3. 2. Soitula fonction d´efinie par :
u:R→R, x7→ −x3+ 6x2−12x+ 5.
D´eterminera, b, c∈Rtels que les fonctions affines :
f: R→R, x7→ax+b et h: R→R, x7→x+c v´erifient :
u=h◦g◦f.
3. D´eterminer le sens de variation de la fonction u.
4. Soit R= (O;−→i ,−→j) un rep`ere du plan. Montrer que la courbe repr´esentativeCu de udans le rep`ere R admet une sym´etrie centrale, de centre le pointA(2,−3).
Correction
1. La fonctiong:R→R, x7→x3 est strictement croissante surR. 2. Soitx∈R.
h◦g◦f(x) = h(g(f(x)))
= h(g(ax+b))
= h((ax+b)3)
= (ax+b)3+c
= (ax)3+ 3(ax)2b+ 3axb2+b3+c (cf. formule du binˆome de Newton)
= a3x3+ 3a2b x2+ 3ab2x+b3+c On a doncu=h◦g◦f si et seulement si pour tout x∈R:
−x3+ 6x2−12x+ 5 =a3x3+ 3a2b x2+ 3ab2x+b3+c.
Par identification des coefficients des polynˆomesuet h◦g◦f on a :
u=h◦g◦f ⇐⇒
a3 = −1 (L1) 3a2b = 6 (L2) 3ab2 = −12 (L3) b3+c = 5 (L4)
On r´esout ce syst`eme (non lin´eaire), not´e (S). On remarque quea=−1 est solution de l’´equation (L1).
Si a=−1, les ´equations (L2) et (L3) se r´e´ecrivent :
3b= 6 et −3b2=−12.
b= 2 est solution de ces ´equations. Sib= 2, alors l’´equation (L4) se r´e´ecrit : 8 +c= 5.
c =−3 est solution de cette derni`ere. On a donc vu que a=−1,b= 2 et c=−3 forme une solution du syst`eme (S). (On peut montrer que c’est la seule solution du syst`eme (S).)
3. D’apr`es la question pr´ec´edente, on au=h◦g◦f o`u f,get hsont les fonctions d´efinies surRpar : f:x7→ −x+ 2 ; g:x7→x3 ; h:x7→x−3.
D’apr`es le cours sur le sens de variation des fonctions affines, on sait quef est strictement d´ecroissante sur Ret que hest strictement croissante surR. D’autre partg est strictement croissante surR(cf. question 1). On en d´eduit que uest strictement d´ecroissante sur R (cf. r´esultat du cours sur le sens de variation d’une compos´ee de fonctions monotones).
4. D’apr`es le cours, A(2,−3) est centre de sym´etrie de la courbe Cu si et seulement si pour tout x ∈ R u(2xA−x) = 2yA−u(x), i.e. :
u(4−x) =−6−u(x).
Soitx∈R.
u(4−x) = −(4−x)3+ 6(4−x)2−12(4−x) + 5
= −(43+ 3×42(−x) + 3×4(−x)2+ (−x)3) + 6(16−8x+x2)−12(4−x) + 5
(cf. formule du binˆome de New- ton ou identit´e remarquable)
= −(64−48x+ 12x2−x3) + 96−48x+ 6x2−48 + 12x+ 5
= x3−6x2+ 12x−11.
D’autre part :
−6−u(x) =−6−(−x3+ 6x2−12x+ 5) =x3−6x2+ 12x−11.
En comparant les r´esultats des deux calculs effectu´es, on remarque que u(4−x) = −6−u(x), ce qu’il
Exercice 7 (O`u chercher les racines (enti`eres) d’un polynˆome ?) 1. SoitP =a3X3+a2X2+a1X+a0 un polynˆome de degr´e 3.
(a) Que peut-on dire dea3?
(b) Prouver que six0 est une racine de P non nulle, alors : x0=−a2
a3 − a1
a3x0 − a0
a3x20. (c) Rappeler l’in´egalit´e triangulaire.
(d) D´eduire de (b) et (c) que six0 est une racine de P telle que |x0| ≥1, alors :
|x0| ≤c(P) o`uc(P) = |a2|+|a1|+|a0|
|a3| .
(e) Prouver alors que six0 est une racine deP, alors :
x0∈[−C(P), C(P)], o`uC(P) = Max(c(P),1).
2. On consid`ere le polynˆomeQ= 3X3+ 3X2−X+ 2 de degr´e 3. Calculer C(Q) et d´eduire de la question 1.(e) queQn’admet aucune racine dansZ.
3. Conjecturer une g´en´eralisation du r´esultat de la question 1.(e) pour un polynˆomeP de degr´enquelconque (n∈N∗) ?
Correction
1. (a) CommeP est un polynˆome de degr´e 3,a36= 0.
(b) Soitx0 une racine deP. On a doncP(x0) = 0, i.e.
a3x30+a2x20+a1x+a0= 0.
Cette derni`ere ´egalit´e implique :
a3x30=−a2x20−a1x0−a0.
Si de plus x0 6= 0, alors, en divisant cette derni`ere ´egalit´e par a3x20 6= 0 (cette transformation est motiv´ee par l’´egalit´e a3x30
a3x20 =x0) on obtient : x0=−a2x20
a3x20 −a1x0
a3x20− a0
a3x20 =−a2
a3 − a1
a3x0 − a0
a3x20. (c) L’in´egalit´e triangulaire s’´enonce comme suit. Pour touta, b∈R:
||a| − |b|| ≤ |a+b| ≤ |a|+|b|. (d) Soitx0 une racine deP telle que|x0| ≥1, alorsx06= 0 et :
(∗)
|x0| = −a2
a3 − a1
a3x0 − a0
a3x20
(cf. question 1.(b))
=
a2
a3
+ a1
a3x0
+ a0
a3x20
(|X|=| −X|pour toutX ∈R)
≤
a2
a3
+
a1
a3x0
+ a0
a3x20
(in´egalit´e triangulaire)
≤
a2
a3
+
a1
a3x0
+
a0
a3x20
(in´egalit´e triangulaire)
On a :
(∗∗)
a1
a3x0
=
a1
a3
1
|x0|.
Comme |x0| ≥ 1, on a 1
|x0| ≤ 1 (la fonction inverse est strictement d´ecroissante sur R+×). En multipliant chaque membre de cette in´egalit´e par
a1
a3
≥0, on obtient :
(∗ ∗ ∗)
a1
a3
1
|x0| ≤
a1
a3
.
De (∗∗) et (∗ ∗ ∗), on d´eduit :
(∗ ∗ ∗∗)
a1
a3x0
≤
a1
a3
.
De fa¸con analogue, on prouve que : (∗ ∗ ∗ ∗ ∗)
a0
a3x20 ≤
a0
a3
.
Les in´equations (∗), (∗ ∗ ∗∗) et (∗ ∗ ∗ ∗ ∗) impliquent que :
|x0| ≤
a2
a3
+
a1
a3
+
a0
a3
= |a2|
|a3| +|a1|
|a3|+|a0|
|a3| = |a2|+|a1|+|a0|
|a3|
| {z }
c(P)
.
(e) Soitx0∈Rune racine deP. Alors :
• soit |x0|<1≤Max(c(P),1) =C(P) ;
• soit |x0| ≥1 et dans ce cas (cf. question 1.(d))|x0| ≤c(P)≤Max(c(P),1) =C(P).
Dans les deux cas, on a |x0| ≤C(P), i.e.x0∈[−C(P), C(P)].
2. Si Q = 3X3+ 3X2−X + 2, alors : c(Q) = 3 + 1 + 2
3 = 2 > 1. Donc C(Q) = 2. Par suite les racines r´eelles de Qappartiennent `a [−2,2]. Les seules racines enti`eres possibles de Qsont donc−2,−1, 0, 1, 2.
On calcule :
Q(−2) =−8 ; Q(−1) = 3 ; Q(0) = 2 ; Q(1) = 7 ; Q(2) = 36.
On en d´eduit que le polynˆomeQn’admet aucune racine enti`ere.
3. Si P = Xn
k=0
akXk est un polynˆome de degr´e n ≥1, alors il est naturel de conjecturer, compte tenu de l’´etude pr´ec´edente, que si x0 est une racine deP, alorsx0∈[−C(P), C(P)] o`u :
C(P) = Max
n−1
X
k=0
|ak|
|an| ,1
.
Cette conjecture est vraie et on peut la d´emontrer en adaptant la preuve donn´ee dans le cas o`un= 3.
Exercice 8 (Rectangle inscrit dans un cercle, d’aire maximale)
ABCDest un rectangle inscrit dans un cercleCde centreOet de rayon 5 cm.Iest le milieu de [AB].α∈h 0,π
2 i
d´esigne une mesure (en radians) de l’angle g´eom´etriqueAOI[.
b
O
b A
C
b B
b
C
bD
b
I α
1. Exprimer, en cm, les longueursAI etOI en fonction de α.
2. En d´eduire, en fonction de α, les dimensions, en cm, du rectangleABCD.
3. Montrer que l’aire, en cm2, du rectangleABCD est ´egale `a 50 sin(2α).
4. On consid`ere la fonction f d´efinie par : f: h
0;π 2
i→R, α7→50 sin(2α).
(a) Montrer quef est strictement croissante surh 0,π
4
iet strictement d´ecroissante surhπ 4,π
2 i. (b) Dresser le tableau de variations def.
5. En d´eduire qu’il existe une valeurα, que l’on pr´ecisera, pour laquelle l’aire du rectangleABCDest maxi- male. Pr´eciser son maximum. Quelle est alors la nature du rectangleABCD?
Correction
1. On a sin(α) = AI
OA et cos(α) = OI
OA car le triangleAOI est rectangle enI. De ces relations et deOA= 5, on d´eduit :
AI = 5 sin(α) et OI = 5 cos(α).
2. La longueur du cˆot´e [CB] du rectangleABCDest ´egale `a 2OI= 10 sin(α).La longueur du cˆot´e [BA] du rectangleABCD est ´egale `a 2AI= 10 cos(α).
3. De la question pr´ec´edente, on d´eduit que l’aire, en cm2, du rectangleABCD est ´egale `a : 10 sin(α)×10 cos(α) = 100 sin(α) cos(α) = 50 sin(2α)
o`u la derni`ere ´egalit´e est obtenue grˆace `a la formule de trigonom´etrie : sin(2α) = 2 sin(α) cos(α).
4. (a) Soient α1, α2∈h 0,π
4
itels queα1< α2.
0≤α1< α2≤π
4 =⇒ 0≤2α1<2α2≤ π 2
=⇒ sin(2α1)<sin(2α2) (sin est strictement croissante surh 0,π
2 i)
=⇒ f(α1) = 50 sin(2α1)<50 sin(2α2) =f(α2) (multiplication de chacun des membres par 50>0) Ainsi la fonction f est-elle strictement croissante sur h
0,π 4 i
. De fa¸con analogue, en utilisant cette fois-ci le fait que sin est strictement d´ecroissante sur hπ
2, πi
, on d´emontre que la fonction f est strictement d´ecroissante sur hπ
4,π 2
i.
(b) De l’´etude pr´ec´edente, on d´eduit le tableau de variations suivant pour la fonctionf.
α 0 π 4
π 2 50
Variations def
ր ց
0 0
5. De ce qui pr´ec`ede, on d´eduit que la fonctionf admet un maximum 50 atteint en α= π
4. Dans ce cas, le rectangleABCD est en fait un carr´e de cˆot´e de longueur :CB=BA= 5√
2.