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Sur les rayons β du radium à son minimum d'activité

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Academic year: 2021

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HAL Id: jpa-00242429

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00242429

Submitted on 1 Jan 1910

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Léon Kolowrat

To cite this version:

Léon Kolowrat. Sur les rayons β du radium à son minimum d’activité. Radium (Paris), 1910, 7 (9),

pp.269-275. �10.1051/radium:0191000709026901�. �jpa-00242429�

(2)

dégage de moins en moins son émanation; le sel mo- difié devient insoluble, il ne peut plus être enlevé de

la lame par des lavages1.

Il n’en est pas de même pour un sel de baryum

1. Les cliauffes à 1320° ayant été faites dans un tube de quartz fermé, j’ai pu en même temps mesurer directement la

quantité d’émanation dégagée par la lame; je me suis assuré

ainsi que l’émanation accumulée dans le sel ne se dégageait

que très graduellement pendant la chauffe. Ainsi, dans la der- niére expérience, après avoir enlevé l’émanation disponible, lorsque le sel avait déjà été chauffé pendant une demi-heure, j’ai, une lieure après, recueilli ce qui s’était dégagé dans l’in- tervalle, et j’ai trouvé 1265 unités ; après une heure encore, la la même opération a donné 479 unités; or, le dégagement

normal ne devait pas être supérieur à 180 unités. Ce sont là exactement les mêmes effets que ceux qu’on observe pour un chlorure de baryum radifère à des températures inférieures à la fusion.

(chlorure ou bromure) ou le radium n’entre qu’en

faible proportion, 1 pour 100 par exemple; comme il

a une masse plus grande, il n’est pas attaqué aussi ënergiquement par la chaleur, et en répétant la même expérience avec une lame recouverte d’un sel sem-

blable et chauffée jusqu’à la fusion du sel, la quantité

d’émanation calculée pour le moment qui suit la

chautfe a pu être ramenée sensiblement à zéro, si dans le calcul on tient compte du rayonnement propre du radiuln déémané ; ceci est en accord avec mes ex- périences sur le dégagement, car j’avais toujours

troué que les sels fondus dégageaient assez exacte

ment la totalité de leur émanation.

ptanuscnt reçu le 2 août 1910.1

Sur les rayons 03B2 du radium à son minimum d’activité.

Par Léon KOLOWRAT.

[Faculté des Sciences de Paris.

-

Laboratoire de Mme CURIE].

M. 0. Hahn et Mlle L. Meitner ont trouvé récem- ment (Pj2ys. Zeitschr.; 10 (1909) 741) qu’une matière

contenant du radium et débarrassée, par la chauffe ou par voie chimique, de l’émanation et du dépôt actif,

émet un rayonnement B qui doit par conséquent être

attribué au radium lui-même; jusque-lit, on avait

admis que les rayons B d’une substance radifère ne venaient que des produits RaB, RaC et RaE. D’après

ces auteurs, le nouveau rayonnement est très absor- bable (fil = 512 cm-1) ; il constituait, dans leurs ex-

périences, une fraction notable du rayonnement 8 émis

par lu matière lorsque le radium est en équilibre avec

ses produits. En effet, l’intensité du rayonnement attribuable au radium lui-mêmeétaits dansla chambre

d’ionisation, égale à 1,2 pour 100 de l’activité B d’équilibre; mais comme les rayons avaicnt à tra-

verser plusieurs cm. d’air et 0,00:54 cm. d’aluminium avant de pénétrer dans la chambre d’ionisation, et

que les rayons du Ra subissaient de ce fait un alllai- blissement beaucoup plus considérable que ceux du RaB et du llaC, on’peut calculer que l’intensité due au Ra était en réalité de 7 pour 100 environ par rapport

à celle qui correspond à l’équilibre 1.

1. En admettant que la distance franchie dans l’air était de 3 cm. l’épaisseur totale d’Aï équivalente est 0,0018+0,0034

==0,0072 cm. Le coefficient d’absorption 11- du groupe principal

des rayons B du RaB est de 80 cm-’ environ, d*après

)1. H. ii. Schmidt; pour le RaC, la valeur la plus grande de u

est 55 : cumme pour les épaisseurs d’écrau dont il s’agit. lïoni-

sation due au RaB est du même ordre de grandeur que celle du RaC, on peut prendre la moyenne des deux nombres, soit G6 cm-1, comme valeur approchée de u pour le rayonnement

Vu l’intérêt de la question (qui en particulier est peut-être liée à celle de l’existence d’un corps inter- médiaire entre le radium et l’érnanation, corps qui a

sa place tout indiquée dans le système périodique des éléments), j’ai essayé de reprendre les mêmes expé-

riences avec un dispositif différent, et je suis arrivé à des conclusions qui confirment l’existence d’un

rayonnement j3 très absorbable, propre au Ra ; toute- fois l’intensité en a été, avec mon dispositif, environ 5 1/2 fois plus faible que celle qu’indiquent M. Hahn

et Mlle Meitner.

Les expériences ont consisté à chauffer une lame de platine contenant un peu de sel de radium, puis à en

mesurer l’activité à différentes époques après la chauffe, en interposant chaque fois des écrans d’alu- minium d’épaisseur variable. Les mesures se faisaient dans un condensateur à plateaux circulaires (diam.

8 centimètres, parallèles et distants de 4 centimètres, l’un des plateaux étant chargé à 800 volts et l’autre réuni à un électromètre et un quartz piézo-électrique.

La lame était logée au centre d’une plaque de plomb façonnée convenablement ; elle était recouverte d’un écran d’Al de 0,005 centimètre, retenu tout autour par du mastic, de manière à former une fernleture d équilibre (dans mes expériences, ai obtenu 60 cm-1. Après

0.0072 cm d’Al, les rayons B du UaE + ItaC sont réduits à la fraction e -66.0,0072=0.622 de l’activité sans écran, et ceux du Ra à la fraction e-312.0.072=0.105; en désignant par k le rapport des activités sans écran,

,

on a k 0,103 / 0,622 = 0.012, d’où

0,622

-

0.012, d ou

A == 0.071.

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/radium:0191000709026901

(3)

hermétique ; ceci servait a éviter des fui Les d’émana- tion, non seulcmcnt pour que celle-ci ne faussât pas les mesures en activant le condensateur, mais encore

en vue des calculs de l’activité d’équilibre dont il va

être question plus bas. En plus de cet écran fixé à clemeure, on avait un jeu de huit écrans d’épaisseur

variant entre 0,0008 et 0,0108 cm, en feuilles d’Al collées sur des ouvertures pratiquées dans des pièces de carton doublé de feuille de zinc ; ces pièces

s’emboîtaient entre les rebords de la plaque de plonlb,

le tout ayant pour but d’empêcher les rayons obliques

ou réfléchis de pénétrer dans le condensateur’.

Le dispositif employé permettait de procéder assez rapidement, ce qui était une condition essentielle ;

l’ensemble des lectures aiei les 9 épaisseurs d’écran

différentes (à savoir, la feuille de 0,003 cm seule

et réunie à chacun des huit écrans mobiles) de-

mandait de 10 à 20 minutes ; mais comme l’acti- vité de la lame augmente pendant ce temps, il faut,

pour rapporter les choscs à un moment défini, refaire aussitôt les mêmes mesures dans l’ordre inverse des écrans, en gardant entre elles à peu près les mêmes intervalles, et prendre pour chaque écran la moyenne des deux nombres obtenus à l’aller et au retour, ainsi que le fait voir l’exemplc suivant, relatif à un

moment ou l’activité B était encore faible.

x est l’épaisseur totale de l’écran, en microns; t le temps compté à partir de la chauffe, i l’intensité du rayonnement observée, im la moyenne des deux va-

1. Voici les épaisseurs des écrans et le nombre de feuilles dont chacun étaa fait:

Le mieux serait encore de n’avoir que des écrans d’une seule feuille, cur le nombre des surfaces traversées n’est pas sans influer sur rahsorption : ainsi, dans une expérience de

M. Scinnidt sur les rayons B mous de l’UrX [Phys. Zeitsch1’., i0 (1909j 6], 16 feuilles d’al de 3,6 u chacune, soit au total

5R (.1., étaient équivalentes à unc feuille de 96 u.

Les pièces de carton ne constituaient évidemment pas un montage idéal, et la distance de l’écran à la lame acthe ne

restait pas rigoureusement invariable: cette imprécision était

surtout sensible pour le premier écran mobile qui, ajouté à

0.003 cm, laissait encore passer une partie des rayons a. L’ac- tivité spontanée du condensateur et des écrans a toujours été

très faible et souvent nulle; elle était mesurée fréquemment et

faisait l’objet d’une correction.

leur, de i, c’ert-ii-dire l’iutcnsitc au moment 1,,, = 1h 24 1/2m. En portant les épaisseurs J: en abs-’

cisses et les logarithmes de i,l, en ordonnées,

en obtient les courbes portées sur les figures 2-9.

Les deux droites verticales qui traversent chaque figure marquent la" limite des parcours des rayons du Ra (21 p-) et du l’aC (45 u); dans la partie

droite du diagramme,

il n’y a donc jamais

que de3 rayons p, et

les courbes des loya-

rithmes y deviennent

rectilignes ; l’inc;li-

naison sur l’wc des abscisses fournit le coefficient d’absorp-

tion u..

En prolongeant les

droites en question jusqu’à intersection

avec l’axe des ordon- nées, on obtient l’in- tensité iB du rayon-

nement p sans écran ;

Fig. 1.

cette intensité se compose d’une partie constante iR due

au radium, si tant est vrai que celui-ci émet des

rayons B, et d’une autre partie i,c due au RaB et

au BaC J. Cette dernière augmente à partir du nio-

mcnt de la chauffe et, après un temps suffisant,

devient approximativeml nt proportionnelle à la quant- tité d’émanation présente; au début, elle est moindre que le voudrait la proportionnalité, l’émanation n’étant pas encore en équilibre avec ses produits.

On a 2

Ne et Ne étant les nombres d’atomes de RaB et de RaC présents au moment t: lB, ),c, les constantes ra-

dioactives, et KB, Kc, les coefficients d’activité qu’on

peut supposer égaux entre eux, d’après M. Schmidt,

pour des épaisseurs d’écran de l’ordre de celles em-

ployées ici. Le tableau suivant, calculé à l’aide de la formule générale d’une transformation multiple5

contient les vitesses de décroissance l Npour l’émana- tion, le RaB et le RaC, dans la supposition qu’il n’y

a eu que du radium seul au moment t = 0 ; la vitesse de décroissance a l’état d’uquiliûre final de toutes les

1. Il peut y avoir encore au début des rayons B venant d’un

reste de RaC qui n’aurait pas été volatilisé par la chauffe et

qui se détruirait avec le temps. J’ai réuni sur la figure 1

les courbes qui donnent, en fonction du temps, en minutes, l’intensité du rayonnement traversant 30 u, pour le début de chacune des séries qui vont être décrites; ce sont surtout des rayons x du RaC. On voit que, dans la plupart des cas, il n’y

a pas de baisse initiale et que, par conséquent, tout le dépôt

aclil’ avait été chassé.

2. 1Ime CURIE. Cours de radioactivité. t. l, p. 404.

5. Ibidem, p. 598.

(4)

substances avec le radium (qui est la même, comme

on sait, pour chacune des substances) est arbitraire- ment posée égale à 100.

On voit que pour des temps supérieurs à 20 heures

par exemple, l’équilibre de l’émanation avec Ra B et

RaC est atteint d’une façon

assez approchée, et on peut mettre le rayonnement iB sous la forme :

Yj étant proportionnel à la production d’émanation par heure, et iOE à la quantité d’émanation qui reste

éventuellement dans le sel après la chauffe1. Comme

verra plus loin clu’un choix entre ces suppositions est

conseillé par d’autres considérations; mais ce choix

une fois fait, le calcul dont il s’agit donne la quantité

initiale iO=iR+iOE et la production r, d’émanation par heure; dès lors, on connaît le rapport k qu’il y a entre l’intensité au début et celle d’équilibre; en effet,

cette dernière est iR + N/LF ou bien, approximati-

vement, 1 ; par F conséquent, t. =iOlr/n. n

.

Je passerai maintenant en revue les diverses expé-

riences représentées sur les figures 2-9. J’ai com-

mencé par évaporer sur une lame de platine une

solution contenant 1/20 Inilligr. de RaC 12 pur : après

avoir chauffé pendant quelques minutes au chalumeau, j’ai fait une série de mesures, non représentée sur les figures, qui a montré que toute l’émanation n’avait pas été en’evée par la chauffe ; en effet, en posant i R = 0 et en calculant i oE et -,ri comme il a été dit, on

trouve k=0,061, c’est-à-dire une quantités initiale égale à 6 pour 100 de celle d’équilibre; or on verra

plus loin qu’il est possible d’atteindre des valeurs de k beaucoup plus basses. J’ai chauffé alors la même lame dans la flamme d’un bec Méker, en l’y maintenant

pendant trois heures, ceci afin d’obtenir la disparition

on connaît par l’expérience les intensités iB pour

différentes époques on peut essayer de trouver des valeurs de iR, ’rl et i or; telles que la formule (i) repré-

sente avec assez d’approximation les nombres expéri-

mentaux ; mais, sauf dans les cas il y a mani-

festement un grand excès d’émanation au début, on

trouve que la formule peut être satisfaite indiffé-

remment en posant iOE=0 ou iR=0; autrement dit, le calcul ne permet pas de décider d’emblée si l’intensité ip qu’on observe au début doit être mise

sous la forme d’un terme constant, ou bien d’une

quantité qui décroitra avec le temps, ou encore d’une

somme de quantités de chacune des deux espèces. On

1. On suppose ici que toute l’émanation produite s’accumule dans l’appareil, c’est-à-dire que celui-ci n’a pas de fuites: du reste, le sel chauffé ne dégage généralement que peu d’éma- nation.

spontanée du RaC quî n’aurait pas été volatilisé ; les

mesures faites après cette chauffe sont représentées

par la figure 2 : les temps moyens (tm) en heures sont

inscrits sur chaque courhe, ainsi que les coefficients u calculés d’après l’inclinaison des droites. Si l’on détermine graphiquement les intensités et que d’autre part on les calcule d’après la formule (1) en

posant iR= 0, n = 0,70, iOE=3,5, on obtient la

comparaison suivant

(5)

La quantité initiale est donc de 5,5 unités, soit 5,9 pour 100 de la quantité d’équilibre qui est 0,70 : 0,0075= 95,3. En comparant aux séries ultérieures, on conclut qu’ici encore il y a eu un résidu d’érnanalion au début. L’examen de la figure

montre en outre que diminue avec le temps, et

cette baisse semble assez considérable pour ne pas

pouvoir être expliquée en totalité par l’excès du RaB

sur RaaC qui a lieu nécessairement au début.

Pour voir si l’on ne parvenait pas à mieux se débarrasser de l’émanation en employant une tempé-

rature plus élevée, j’ai chauffé la même lame pen- dant 5 heures à 1320° dans un four électrique; mais

les mesures (fig. 5) ont montré que la quantité ini-

tiale calculée ci-dessus était plus grande qu’aupa-

ravant, à savoir 7,1 pour 100 de la quantité d’équi-

libre. En répétant encore une fois la chauffe à 1320°, la quantité résiduelle a augmenté jusqu’à 12,6 pour cent (fig. 4). Cette augmentation graduelle vient sans

doute de ce que le RaC 12 présent en couche mince subit, à température élevée, une modification telle

qu’il ne dégage plus la totalité de son émanation,

ainsi que je l’ai signalé dans ma note précédente.

N’arrivant pas à priver le RaCl2 de toute son émanation, j’eus recours â un mélange de Ba Cl2+

BACII, à 1 pour 100 environ de RaCP et de même activité à peu près que l’échantillon précédent de

RaCl2 pur.

Ce sel a été chaude au chalumeau, et les mesures

(fig. 5) ont fait voir de suite une différence notable.

Tout d’abord, le coefficient p. de la première courbe

est très grand; de plus, on constate que le point

relatif ii x=3803BC se trouve sur le prolongement de

la partie droite, ce qui prouve qu’au moment corres- pondant à la première courbe il n’y avait pas de RaC 1

1. En effet, il n’y a que les rayons 0: du RaC qui puissent

aller jusqu’à 38 f1.; les autres ont des parcours bien moin- dres.

(au contraire, dans les trois figures précédentes, ce point tombe au-dessus de la droite prolongée, en con-

formité avec l’existence d’une quantité initiale d’éma- nation ayant déjà produit du RaC au moment de la mesure). En même temps, la quantité initiale calculée

est beaucoup plus faible, car la formule (1) satisfait

aux expériences, si l’on pose n=0,35, iOE = 1,2 , d’où k=0,026; ou encore si l’on prend n = 0,34,

iOE= 0, iR = 1,5, donc k = 0, 029.

Le même éclantillon a été chauffé ensuite très fortement deux fois à trois heures d’intervalle, et les

mesures commencées aussitôt après la deuxième chauffe; les résultats (fig. 6) sont analogues aux pré- cédents, avec un coefficient fi. diminuant graduellement

d’une courbe à l’autre; on a li = 0,027 (-ri == 0, 14,

i., = 0, 5) ou lc = 0,028 (-ri = 0,136, iR = 0,5) 1.

Pourla suite de ces essais, j’ai remplacé le chlorure par un bromure, ayant à peu près la même teneur en

radium par rapport au baryum 2, et j’ai pris toutes

les précautions pour ne pas avoir d’émanation rési- duelle au début. Le sel était fraîcllement déposé sur

la lame pour chaque chauffe; ayant de faire le dépôt, je maintenais la solution au bain-rnarie pendant

quatre à cinq heures, afin que l’émanation s’en déga- geât continuellement et que le dépôt actif eût le temps

de se détruire; dans la dernière

expérience (fig. 9), j’ai interrompu

la chauffe pendant une heure pour faire passer un courant d’air à travers le liquide, ainsi qu’on le

fait lors d’un dosage de radium

pour retirer d’une solution toute l’émanation qu’elle contient. Pour les deux dernières séries (8 et 9), j’avais modifié un peu l’appareil,

de façon à mieux assurer son

étanchéité et à me garantir ainsi

contre des fuites de l’émanation accumulée, qui peuvent conduire

à des valeurs trop faibles de r, et, partant, à des quotients li trop grands.

Les résultats sont représentés

par les figures 7, 8 et 9, et les intensités iB portées

au tableau de la page suivant.

Dans chacune de ces séries, on constate les mêmes particularités que dans celles relatives au chlorure, à savoir: 1) présence d’une activité,8 initiale (k=0,02),

1. La quantité de radium sur la lame, évidemment propor- tionnelle à n, a donc dimioué de moitié d’une série à l’autre

(0,14 au lieu de 0,35); c’est qu’une partie du sel, fondu pen- dant la chauffe, avait coulé sur l’envers de la lame; en outre, il peut y avoir eu volatilisatiou, la lame ayant été chauffée jus- qu’à faire apparaitre la vapeur verte du baryum.

2. C’est avec du bromure qu’ont été faites les expériences

de 3f. Hahn ainsi que celles de Il. Bragg sur le parcours des

rayons oc, oit il s’agissait également de débarrasser le radium

autant que possible de ses produits.

(6)

qui semble constituer une limite vers laquelle on tend à mesure clu’on élimine plus parfaitement l’émanation ;

2) coefficient u grand au début et baissant régulière-

ment avec le temps ; 5) absence de rayons x du RaC

au début, déduite de la position du point x= 58 u

sur la droite des rayons B prolongée. Tous ces résultats

s’accordent avec l’hypothèse d’un rayonnement B peu

pénétrant, particulier au radium, invariable par con-

séquent avec le temps ; de plus, la façon dont dimi-

nuent les coefficients d’absorption est conforme à celle qu’on obtient théoriquement, en admettant que le

rayonnement observé résulte de la superposition d*une

activité iR invariable avec le temps et ayant un coeffi-

cient uR = 200 par exemple, et d’une activité iBC avec

uBC= 60, proportionnelle à chaque instant à la somme

des vitesses de décroissance du RaB et du RaC. En

employant l’indice x pour désigner l’intensité qui reste après une épaisseur x d’écran traversée, on a

la somme de ces deux termes ne sera pas elle-même

une exponentielle, mais elle pourra, dans un inter- valle (XL x2) être remplacée, pour les besoins du calcul, par l’exponentielle

Le coefficient moyen du rayonnement compose sera

ou bien, en faisant les substitutions,

(7)

L’intensité iBC est déterminée pour différentes

époques en additionnant les deux dernières colonnes du tableau cité dans la première partie de cette note;

quant au rayonnement constant iR, nous supposerons

qu’il est égal à 0,02 de inc à l’équilibre, c’est-à-dire à 4 avec les unités adoptées au tableau. Comme

intervalle (X1X2), on prendra celoi les courbes des figures 2-9 sont rectilignes : on posera donc

:)..,’1 = 0, 005 cm, X2 == 0, 0 14 cln. En substituant tout ceci dans (2), on trouve les valeurs dc (-1.1 suivantes :

On remarque que la baisse se poursuit pendant plusieurs jours et que le rayonnement constant in-

fluence l’absorption même à l’état d’équilibre (on-a u = 61 au lieu de 60); d’autre part, on voit qu’après

20"B c’est-à-dire au moment auquel se rapportent

les premières courbes de mes expériences, le coeffi- cient n’est pas encore très différent de celui qu’on

aurait pour t=0.

Pour faire voir que la décroissance de p ainsi cal-

culée est suffisamment en accord avec les expériences,

Fig. 10.

on a tracé une

courbe (fig.10) d’après les valeurs

théoriques du ta-

bleau ci-dessus

(les abscisses

étant les temps en heures), et l’on a marqué par de

petits cercles les

points correspon- dant aux valeurs observées.

11 est intéres- sant d’examiner

une autre hypo- thèse, d’après la- quelle le rayonnement initial absorbable serait dû

non plus au radium lui-même, mais à un excès du

RaB sur le RaC, excès qu’on a lorsque l’état d’équi-

libre n’est pas encore atteint. On sait en effet que les raçons p du RaB sont plus absorbables que

ceux du RaC; quant à la valeur exacte du coefficient,

elle est malaisée à déterminer par l’expérience, atten-

du qu’on n’a jamais de IlaB qu’il ne se forme aussitôt du RaC ; c’est d’une façon très indirecte que lI. Schmidt a trouve, dans son important travail!, les

coefficients 15, 80 et 890 qui correspondraient à trois

1. Ann. d. Pays., 2i (1906) 609.

groupes de rayons. Ce qu’on connait mieux, ce sont

les valeurs de Il.. pour le RaC seul et pour l’ensemble de BaB -pBaC ; or, en désignant par iB et ic les rayon- nements dus au RaB et au RaC séparément, et par uB u leurs coefticients, on a pour le coefficient p’ du rayonnement résultant, une formnle analogue à (2) :

Si l’on admet les valeurs de uC = 50 pour le RaC et

de ,u.’ =61 pour RaB + RaC en équilibre avec le ra-

dium (c’est-à-dire lorsque iB = ic), et qu’on résolve (5) par rapport à uB, on trouve deux valeurs uB = 75

et uB = 498; cela signifie que les deux exponentielles e-75x et e - 498x , ajoutées chacune à e-50x, pro- duisent deux fonctions telles que, dans l’intervalle de x considéré, les logarithmes en sont représentés,

d’une façon assez précise, par des droites ayant un

même coefficient angulaire. Ainsi, en se limitant aux épaisseurs d’Al comprises entre 50 IL et 140 :J., il

n’est pas absurde d’admettre pour le RaB un coeffi- cient uB = 498. Calculons donc, en posant pc = 50 et uB = 498, les valeurs de u’ à différentes époques,

c’est-à-dire pour différentes valeurs de iC /iB L’activité B

iB

initiale qu’on a observée dans les expériences sera

maintenant censée provenir d’un résidu d’émanation

non éliminé par la chauffe et égal à 0,02 de la quan- tité d’équilibre; le IlaB et le RaC provenant de la dés- intégration de cette émanation viendront s’ajouter

aux quantités produites par le radium. En décompo-

sant les activités totales in et le suivant les deux sour- ces de production, on écrira :

Les premiers termes de chaque somme sont donnés par lc tableau auquel on a déjà eu affaire, et les se-

conds se calculent d’une façon analogue ; on obtient

en définitive les résultats suivants :

Ainsi les coefficients du rayonnement de RaB + RaC

décroissent avec le tempes, comme dans le cas d’une

activité 6 du radium lui-même; lllals la baisse est

(8)

beaucoup plus rapide, et au bout de 5 heures on a déjà presque la même valeur qu’à l’équilibre. Ceci ne correspond pas aux expériences et fait conclure au re-

jet de l’hypothèse examinée. A plus forte raison devra-

t-on écarter cette dernière, si, comme il est probable,

le coefficient uB a une valeur inférieure à 498. La formule de M. Schmidt donne uB=100 environ pour

l’intervalle considéré, et, d’après M. llahn, uB=77

pour toutes les valeurs de x.

Le résultat général de tout ce qui précède est le

suiyant : en s’efforçant fle priver le radium de ses

produi’s, on n’arrive pas à diminure l’activté B au

delà de 2 pour 100 en v i l’on de la valeur correspon- da nt il l’érliciliboe. Le rayonnement B î-estaiit est très absorbalbe, il a un coefficient de l’ordre de

200 cln-1; il paraît devoir être attribué au radilun

lu i-mérne.

[Manuscrit reçn le 15 Acût 1910].

Décomposition de l’eau par l’aigrette

Par Miroslaw KERNBAUM.

[Faculté des Sciences de Paris.

2014

Laboratoire de Mme Curie.]

Introduction

On sait que de nombreuses réactions chimiques produites dans les gaz par les rayons ultra-violets se

laissent aussi effectuer par effluve électrique et vice-

versa. Ainsi, par exemple, la dissociation de l’acide

carbonique sous l’influence de l’effluve, étudiée en 1872 par Thénard 1 fut réalisée en 1907 par M1B11. Chapman, Chadwick et Piamsbottom 2 à l’aide de la lumière ultra-violette. C’est à l’effet de l’étin- celle électrique dans l’oxygène de l’air qu’on doit

la découverte de l’ozone par Schônbein en 1844, et en 1900 M. Lenard-3 signala 1 e même phénornène

sous l’action du rayonnement ultra-violet.

M. Warburg [en partie en collaboration avec MM.

Leithäuser, Pohl et Node] a étudié de plus près les

conditions physiqnes qui accompagnent des réactions, produites dans les gaz, par les décharges électriques

et démontra qu’elles ne suivent pluslaloi de Faraday.

Ces réactions ne sont donc point assimilables au phé-

nomène de l’électrolyse, mais, étant réversibles, elles

ont plusieurs analogies avec les réactions photochi- miques 4..

Dans le RatlizlIn du mois d’Août 1909, j’ai décrit

l’action chimique provoquée sur l’eau distillée par les rayons ultra-violets, émis par une lampe à mer-

cure en quartz. L’hydrogène seul est mis en liberté et l’oxygène, en se combinant u l’eau, forme de l’eau oxy-

génée. On peut considérer cette réaction comme une

forme anormale de décomposition de l’eau, et, puisque la quantité d’hydrogène libéré équivaut bien

1. C. R.. 74. 1280 et 75 (1872) 118.

2. Journ. Chem. Soc., (1907, 942.

3. Ann. de Phys. IV-1 (1900) 486.

i. Voir dans le Jahrlmrh. d. Radioakt., 6 (1909’ 181-229, 1 article oû M. WARBURG passe en revue un certain nombre de tra- vaux, exécutés par lui et ses élè-es. sur l’effet de l’efiluve élec-

trique.

à celle de l’eau oxygénée, dissoute dans l’eau, elle peut

se représenter par la formule : 2H’0=H’0’-hH’

11 a été intéressant d’étudier si cette réaction, qui

est d’ailleurs limitée a des pctites quantités, ne se

laissait pas reproduire a l’aide de l’aigrette.

,

Pour évi 1 er une simple électrolyse on nepouvait em- ployer dans ces expériences de l’eau liquide mais

seulement de la vapeur. Il est vrai que denombreilses

publications ont déjà _paru sur la décomposition de

la vapeur d’eau par étincelle électrique. Le pre- miel mémoire sur ce sujet de Perrot 1 remonte à

un derni-siècle; récemment MM. J.-J. Thon1son, Chapman et Lidbury, Ilolt et Hopkinson 2 ;e sont occupés de la question; les deux dcrniers surtout dans

le but de démontrer que la séparation de l’oxygène

et de l’hydrogène dc la vapeur d’eau, décomposée par étincelle électrique, est due à la différence des vitesses de diffusion de ces deux gaz et non à un effet de l’élec-

trolysc.

Or, si, pendant toutes ces recherches, on n’a pas re-

marqué de surproduction d’hydrogène accompagnée de

la formation d’eiu oxygénée, cela s’expliclue facilement.

Le peroxyde d’hydrogène se décompose à une tempé-

rature qui dépasse fiU°, en dégageant son oxygène:

on obtenait donc, comme produit définitif de dissocia- tion, les deux gaz dans la proportion normale d’un volume d’oxygène à deux d’hydrogène.

Pour éviter cet inconvénient je me suis servi de

vapeur d’eau saturée il la température ordinaire et j’ai réussi à obtenir le résultat prévu, analogue a celui qui a été observé précédemment pour les ra/-ofis h3 du

radium et les rayons ultra-violets.

1. Ann. Chimie et Physique. (1861) 161.

2. Philosoph. jfcry., f6 (1908 02. Analysé dans Le Radium,

Janvier 1909.

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