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Le spectre β du radium E
Jacques Solomon
To cite this version:
LE
JOURNAL
DE
PHYSIQUE
ETLE
RADIUM
LE
SPECTRE 03B2
DU RADIUM EPar JACQUES SOLOMON.
Sommaire. 2014 Examen
critique de différentes théories de la désintégration 03B2 sur l’exemple du radium E
qui est l’un des mieux connus.
SÈRtE VIII. - TOME 1. N° J. MAI 19>o
On a cherché dans les derniers
temps
(1)
à revenirà la théorie
primitive
deFermi,
en abandonnantcomplètement
la modificationqu’en
avaientproposée
Konopinski
et Uhlenbeck : on suppose alors que lesdéviations de la f ormule
simple
de Fermiproviennent
de cequ’en
réalité lespectre
considéré estcomplexe
et
qu’il s’agit
de lasuperposition
d’une série despectres
simples correspondant
chacun à la formulede Fermi.
Il s’ensuit que, si cette
hypothèse
se trouvevérifiée,
on doittrouver,
accompagnant
lespectre [3
une ouplusieurs
raies ~~correspondant
aux différentsniveaux de
départ
ou d’arrivée. Onpeut
ainsi,
d’après
Bethe,
Peierls etHoyle,
expliquer
un certain nombre despectres
d’élémentslégers.
Nous nousproposons ici d’examiner le cas du
spectre [3
duradium E
qui
est l’élément radioactifayant
donnélieu au
plus grand
nombre de recherches et où lerayonnement
~~ est certainement trèsfaible,
pour autantqu’il
existe.Rappelons
de suite quesi ~
est laquantité
demouvement des électrons
[3
(en
unitésmc),
N (Yi) dy¡
le nombre de ces électrons dont laquantité
de mouvement estcomprise
entre or¡ me et(-r¡
+dY))
mc, etposant
1
d’après
la théorie de Fermi(2013~’)
est une fonction linéaire del’énergie B
i --Yj2
(mesurée
en unitésmc-) :
(’) H. A. BETHE, F. HOYLE, R. PEIERLS, Nature, Ig3g, 143, p. ~oo; J. SOLO~IOBT, Rapport au Congrès Solvay, 1939.
où a et b sont des constantes
qui dépendent
del’élément considéré. Si -n. est la
quantité
demouve-Fig. 1.
ment maxima des
électrons,
11~ leur nombretotal,
on aura
Dans ces
conditions,
l’examen des résultats deFlammersfeld
(2)
montre que l’on obtient une bonneapproximation
en admettant que la courbure de sa « droite de Fermi » tient en réalité à cequ’il n’y
(2) A. FLAbWIERSFELD, Zeit. Physik, Ig39, 112, p. 727.
162
a pas une
droite,
mais deuxdroites,
c’est-à-dire deuxspectres
partiels correspondant
àsoit encore pour
l’énergie
maxima et la constantepartielle
dedésintégration
Examinons maintenant les
conséquences
de cettedécomposition.
Ladésintégration
z3
de 2§gRaE
conduità 2~~Ra F,
donc à un noyau où le nombrede
protons
comme le nombre de neutrons estpair.
Tous les éléments de ce genre ont unspin
nul. Nousadmettrons donc que dans l’état normal
Or,
lesspectres
partiels
1 et II tombent sur lamême courbe de
Sargent
(première
transitionexclue).
Fig. 2.
Par
exemple
Th B nous donneEo
= 0,36 mV,
À =
1, 8 2.
1 o-~ et est sur la courbepermise
deSargent,
d’où,
si on lui compare notrespectre
partiel
II,
un facteur
1/180
pour les constantes radioactives àexpliquer.
Or si l’on avait une variation despin
de deuxunités,
le facteur serait de l’ordre de 10-6,d’où certainement :11 === 1.
Les diverses
possibilités
sontreprésentées
sur lafigure
2.Mais l’absence
expérimentalement
constatée derayonnement
rend ces schémas assezdiffi-ciles à soutenir. En
effet,
l’énergie
électronique
moyenne par
désintégration
est deo,35
mV;
l’énergie
yprésente
pardésintégration
est de0,78
xJ~,~ . IO-2
=0,04
mV,
soit 10 pour iooenviron de
l’énergie
totale émise. Or Aston aindiqué
que
l’énergie
1, émise pardésintégration
est en toutcas inférieure à o,oi
mV;
Mlle Baschwitz donne unelimite
supérieure
de 5 pour I oo pour lerapport
entrel’énergie 1
etl’énergie
totale émise.On
peut
naturellement supposer que le rayon y est converti(conversion interne).
iVlais pour unetelle
énergie
y, le coefficient de conversion interneest,
d’après
Hulme,
si lerayonnement
estd’origine
dipolaire, égal
ào,oo35.
S’il estd’origine
quadru-polaire,
le coefficient de conversion interne estégal
à o,011. Donc ceshypothèses
sont encontra-diction
complète
avecl’expérience.
Il ne reste
plus
alorsqu’une
éventualité,
une desdeux
indiquées
par le second schéma : le niveau excité du Ra F aurait unspin
nul,
et parconséquent
la raie y,
correspondant
à une transition o -+ oserait absolument interdite. Ce serait là un cas
analogue
à la raie bien connuer,4261VIV
du Ra CC’. Comme le travail d’extraction du niveau Kde
s,~Ra E
est deo,og3
mVenviron,
lesélec-trons de conversion interne auraient une
énergie
de
o,69 mV =
r,38 mc2.
Or cela n’est pas sansprésenter
des diiflcultés : on calcule en effetaisément que dans la bande
d’énergie comprise
entreet
~,g . ~ 0-9
électrons sont émis pardésintégration.
Or,
par
désintégration également,
nous venons de voirqu’il
y a5,7
I o-2photons
y émis et convertistotalement,
d’où un nombre d’électrons de conversion émis
sensiblement double du chiffre
précédent.
Or celaest
impossible : expérimentalement
onobtien-drait un maximum secondaire extrêmement net
pour
On
pourrait
être conduit àenvisager
lapossibilité
d’une conversion totale del’énergie
y en unepaire,
mais
l’énergie
duphoton
y(0,78
mV)
est insuffisante.Il est
possible
alors de songer à lapossibilité
de conversion del’énergie
y parexpulsion
simultanéedes deux électrons
K,
mais si cettehypothèse
permet
de
comprendre
l’absence de maximum secondaire(celui-ci
beaucoup
plus
étalé étantreporté
à1
-f-Yj2
=1,70),
ilparaît
diificile decomprendre
pourquoi
l’émission des deux électrons K estpossible
et non celle d’un seul électron K.
L’exemple
de la raie1,426
mV du Ra CC’ nous montrejustement
unexemple
d’émission d’un seul électron de conversion.Si notre
hypothèse
se trouvaitvérifiée,
on n’obser-verait pas unélectrons
pardésintégration,
mais 1 + 2 x
5,7 .10-2
=1,11 I électron. Il faut ici
observer que cette valeur est
jusqu’ici
conciliableavec les chiffres
expérimentaux.
Naturellement ilest
possible
de se donner une loi d’interaction entrele noyau et les électrons
qui
interdise l’émission«
simple
o et n’autorise que l’émission « double »163
Ainsi,
il semblequ’on
se heurte à des difficultéssérieuses en admettant que le
spectre
du radium Erésulte
simplement
de lasuperposition
de deuxspectres simples
deFermi,
avec émission soit d’unphoton
y, soit d’électrons de conversion interne. Onpourrait
naturellement songer à considérer cespectre
~3
comme résultant de lasuperposition
d’unnombre de
spectres
simples
de Fermisupérieur
à deux. Il est clairqu’on
peut
ainsi serapprocher
autant que l’on veut de la forme du
spectre z3
observé,
tandis que les rayonsqui
correspondent
aux différences des fins despectres
partiels
peuvent,
étant très mous,
échapper
à l’observation. Il est naturellement difficile de réfuter une tellehypo-thèse. Nous nous bornerons à ce
sujet
àl’obser-vation suivante : c’est
qu’il
estimpossible, quelle
que soit la
superposition
de courbes de Fermienvisagée,
dereproduire rigoureusement
une courbe deKonopinski-Uhlenbeck.
Soit en effet
~"
la fin duspectre.
Direqu’on
peut
reproduire
la courbe deKonopinski-Uhlenbeck
parune
superposition
convenable de courbes deFermi,
c’est dire
qu’il
existe unef onction
de densitéX (EO)
telle
qu’on
aitavec
Prenons une valeur de 2 inférieure
à 8,,.
On aalors,
soit en
posant
ce
qui
estimpossible,
comme on s’en rendcompte
simplement
en dérivant les deux membres parrapport
à x.On le
voit,
de nouvelles recherchesexpérimentales
sont nécessaires. Il serait en
particulier
intéressantde savoir s’il y a un
spectre
y mou ou encore desrayons X