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Submitted on 1 Jan 1908
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Spectre de l’émanation du radium
E. Rutherford, T. Royds
To cite this version:
E. Rutherford, T. Royds. Spectre de l’émanation du radium. Radium (Paris), 1908, 5 (7), pp.200-201.
�10.1051/radium:0190800507020001�. �jpa-00242294�
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naturel que le faisceau observe
audelà delà cathodc c’
ne
soit plus électrisé : si de nouvelles expériences
confirment les premières observations
ausujet de la perte de la charge du faisceau, il
est eneffet probable
que la formation de
ceflux rle rnatièl’e neutre est
corrélative de la disparition des électrons positifs
lihres.
Nous
entronsici dans le domaine des hypothèse
que les expériences actuellement réalisées
nepermet-
tent pas de justilicr ; je voudrais cependant terminer
par quelques réflexions qui
me sont venuesà l’esprit.
à 14.
-Le fait que les électrons positifs
etles
électrons négatifs ont
unrapport de la charge à la
massedu même ordre de grandeur
nesignifie nullement que
ces
deux sortes d’électrons soient semblables. Nous n’avons
eneffet
aucunedonnée
surla brandeur de la charge
oude la
massed’un électron positif.
Je
mebornerai à remarquer que la disparition
presque immédiate des électrons positifs, sitôt que l’on
supprime les conditions dans lesquelles ils
ontété libérés, est favorable à l’hypothèse d’une forte charge,
facilitant la transformation rapide de
cesélectrons
enmatière proprement dite.
D’autre part, l’existence fort probable du flux de
ma-tière prolongeant le rayon d’électrons positifs suggère
l’idée que
cesélectrons
ontacquis
uneforce vive
con-sidérable. S’il
enest ainsi, ils doivent posséder
uneforte
masse, carles deux sortes d’électrons ayant
unrapport e m du même ordre de grandeur prennent, dans
une
même chute de potentiel, des vitesses également
du même ordre de grandeur.
L hypothèse d’une grande force vive permet
encorede concevoir que les électrons positifs puissent
serévé-
ler par des manifestations
assezintenses,
sans toute-fois être nombreux. Cette idée satisfait l’esprit,
carles
chocs entre rayons cathodiques
etrayons
canaux neparaissent pas devoir être fréquents,
etla production
d’une grande quantité d’électrons positifs libres serait difficile â comprendre.
Il
estpossible que les électrons positifs
se recom-binent très rapidement
avecle gaz du tube. Mais si l’on songe que l’isolement des ‘deux
sortesd’électrons constitue la plus complète désintégration de la matière,
il
estpermis d’émettre
unehypothèse plus hardie.
Les électrons positifs
secombinent peut-être directe-
tement
avecdes électrons négatifs qu’ils rencontrent libres
ouqu’ils arrachent i la matière,
etla question
se
pose de savoir quelle est la substance qui peut ainsi
se
former. Ne pourrait-on chercher dans cette cornbi- naison la principale origine de l’hydrogène qui
semanifeste toujours dans les décharges à l’intérieur des tubes de Crookes ?
Ces réflexions, je le répète encore, dépassent de beaucoup les interprétations que l’on est
endroit de déduire des expériences actuelles, mais j’ai
tenuà les exprimer, dans l’espoir qu’elles conduiront, quelle que soit leur part de vérité, à réaliser des expériences
nouvelles.
En terminant, j’adresse
mesplus vifs remerciements à M. Louis Matout, préparateur
auMuséum, qui
aconstruit les tubes
avec unegrande habileté
etdont
le concours, dans
cesrecherches, m’a été très pré-
cieux. [5 juillet HW8.]
Spectre de l’émanation du radium
Par E. RUTHERFORD
etT. ROYDS
[Université
de Manchester. - Laboratoire dephysique.
Il y
aquelques mois, grâce à la générosité de l’A-
cadémie des Sciences de Vienne, l’un de
nousreçut
une
préparation de radium
contenantenviron 250 mil- ligrammes de radium. On entreprit alors la purifica-
tion de l’émanation produite par la substance active,
en vue
de la détermination du volume de
cetteémana- tion. Un compte rendu de
cesrecherches
aété lu de-
vantl’Académie des Sciences de Vienne le 2 uillet
dernier. On
atrouvé que le volume maximum de l’émanation produite par gramme de radium
est enbon accord
aveccclui qu’on peut calculur (environ 0,6 millimètres cubes),
etque le volume initial
estenviron le dixième de celui qu’ont trouvé Ramsay
etCameron (Le Radium, 4-1907). Au
coursde
ce tra-vail,
nous avons eul’occasion d’examiner
auspectros-
cope la pureté de l’émanation,
enfaisant passer
unedécharge électrique dans le tube capillaire dans lequel
on
mesurait les volumes. Pendant les deux derniers
mois,
nous avons eul’occasion, à quatre reprises dill’érentes, de déterminer le spectre de l’émanation
Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/radium:0190800507020001
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du radium, par des observations oculaires,
aumoycn d’un spectroscope Hilbcr à vision directe,
enlaissant,
pour le
momentou
nousaurions terminé
nosdéter- minations de volumes, l’étude - plus complète du spectre. Actuellement
nous avonsphotographie le spectre de l’émanation
enemployant
unprisme de deux pouces de base. Nous
avonscondensé par l’air
liquide l’émanation de 1 50 milligramme de radium,
dans
unpetit tube pour spectre, primitivement vide,
d’une capacité de 50 millimètres cubes, et muni de petites électrodes de platine. Nous
avonspris aussitôt
deux photographies, l’une
adonné environ
une tren-taine des raies les plus intenses et l’autre obtenue
avec une
exposition beaucoup plus longue
en adonné plus d’une centaine. Pour la comparaison,
nous avonsemployé
untube à hélium. En
outre nous avonseffectué des observations oculaires pendant l’enregis-
trement photographique des spectres.
Quand l’émanation était condensée dans l’une des
parties du tube,
aumoyen de l’air liquide, la grande majorité des lignes disparaissaient
au momentde la condensation, qu’on suivait d’ailleurs, par la phospho-
rescence
du
verre.La couleur de la décharge changeait
alors complètement
etdevenait
rosepâle. Au
mo-ment de la volatilisation, les lignes de l’émanation
réapparaissaient de
nouveau.Les lignes de l’hydrogène
étaient visibles dans le spectre
etdevenaient beaucoup plus brillantes quand l’émanation était condensée.
Dans les premières expériences effectuées
avecdes tubes
sansélectrode, les lignes de l’hydrogène n’appa-
raissaient pas. La présence de l’hydrogène dans les
nouvelles expériences doit donc être probablement
attribuée
auxélectrodes de platine. En
notantl’inten-
sité de la phosphoreseence quand l’émanation
est con-densée,
nous avonsobservé que la quantité d’émana-
tion diminue graduellement dans le tube
enfonction de la durée de la décharge. Le spectre de l’émanation
persiste cependant quand pratiquement
toutel’émana-
tion
aété absorbée par la paroi du turbe. La phospho-
rescence
des parois du tube montre que l’émanation
est
distribuée uniformérnent dans celui-ci. Nous
avonsobservé
cesphénomènes à différentes reprises.
La première détermination du spectre de l’émana-
tion
aété faite par Hamsay et Collie, qui
ontdéter-
miné la longueur d’onde de 11 lignes, par des obser- vations oculaires. D’après
eux,le spectre de l’éma-
nation est
unspectre de lignes brillant, à lignes
nettement
définies.
Nous
avonségalement observé
unspectre de bande faible, dans le jaune, dont l’intensité décroit légère-
ment
quand
oncondense l’émanation. Ceci, cepen-
dant, peut
nepas avoir de relation
avecl’émanation elle-même. Nous
avonsdéterminé les longueurs d’onde
des spectres photographiques
aumoyen de l’appareil
de Kayser. La précision obtenue est déterminée par la
comparaison des résultats obtenus
avecl’hydrogène
pour les valeurs habituellement employées. Dans plu-
sieurs cas, pour des lignes bien marquées, l’erreur
est
inférieure à
unedemi-unité Angstrom. Le tableau
suivant donne les longueurs d’onde des lignes les plus importantes. Les longueurs d’onde des lignes déter-
minées par Ramsay
etfïollie (marquées R
etC) y
sontjointes. Nous y
avonsajouté les observations oculaires des lignes les plus importanles du jaune
etdu
vert.Tableau.