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Spectre de l'émanation du radium

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Academic year: 2021

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Texte intégral

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HAL Id: jpa-00242294

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00242294

Submitted on 1 Jan 1908

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Spectre de l’émanation du radium

E. Rutherford, T. Royds

To cite this version:

E. Rutherford, T. Royds. Spectre de l’émanation du radium. Radium (Paris), 1908, 5 (7), pp.200-201.

�10.1051/radium:0190800507020001�. �jpa-00242294�

(2)

200

naturel que le faisceau observe

au

delà delà cathodc c’

ne

soit plus électrisé : si de nouvelles expériences

confirment les premières observations

au

sujet de la perte de la charge du faisceau, il

est en

effet probable

que la formation de

ce

flux rle rnatièl’e neutre est

corrélative de la disparition des électrons positifs

lihres.

Nous

entrons

ici dans le domaine des hypothèse

que les expériences actuellement réalisées

ne

permet-

tent pas de justilicr ; je voudrais cependant terminer

par quelques réflexions qui

me sont venues

à l’esprit.

à 14.

-

Le fait que les électrons positifs

et

les

électrons négatifs ont

un

rapport de la charge à la

masse

du même ordre de grandeur

ne

signifie nullement que

ces

deux sortes d’électrons soient semblables. Nous n’avons

en

effet

aucune

donnée

sur

la brandeur de la charge

ou

de la

masse

d’un électron positif.

Je

me

bornerai à remarquer que la disparition

presque immédiate des électrons positifs, sitôt que l’on

supprime les conditions dans lesquelles ils

ont

été libérés, est favorable à l’hypothèse d’une forte charge,

facilitant la transformation rapide de

ces

électrons

en

matière proprement dite.

D’autre part, l’existence fort probable du flux de

ma-

tière prolongeant le rayon d’électrons positifs suggère

l’idée que

ces

électrons

ont

acquis

une

force vive

con-

sidérable. S’il

en

est ainsi, ils doivent posséder

une

forte

masse, car

les deux sortes d’électrons ayant

un

rapport e m du même ordre de grandeur prennent, dans

une

même chute de potentiel, des vitesses également

du même ordre de grandeur.

L hypothèse d’une grande force vive permet

encore

de concevoir que les électrons positifs puissent

se

révé-

ler par des manifestations

assez

intenses,

sans toute-

fois être nombreux. Cette idée satisfait l’esprit,

car

les

chocs entre rayons cathodiques

et

rayons

canaux ne

paraissent pas devoir être fréquents,

et

la production

d’une grande quantité d’électrons positifs libres serait difficile â comprendre.

Il

est

possible que les électrons positifs

se recom-

binent très rapidement

avec

le gaz du tube. Mais si l’on songe que l’isolement des ‘deux

sortes

d’électrons constitue la plus complète désintégration de la matière,

il

est

permis d’émettre

une

hypothèse plus hardie.

Les électrons positifs

se

combinent peut-être directe-

tement

avec

des électrons négatifs qu’ils rencontrent libres

ou

qu’ils arrachent i la matière,

et

la question

se

pose de savoir quelle est la substance qui peut ainsi

se

former. Ne pourrait-on chercher dans cette cornbi- naison la principale origine de l’hydrogène qui

se

manifeste toujours dans les décharges à l’intérieur des tubes de Crookes ?

Ces réflexions, je le répète encore, dépassent de beaucoup les interprétations que l’on est

en

droit de déduire des expériences actuelles, mais j’ai

tenu

à les exprimer, dans l’espoir qu’elles conduiront, quelle que soit leur part de vérité, à réaliser des expériences

nouvelles.

En terminant, j’adresse

mes

plus vifs remerciements à M. Louis Matout, préparateur

au

Muséum, qui

a

construit les tubes

avec une

grande habileté

et

dont

le concours, dans

ces

recherches, m’a été très pré-

cieux. [5 juillet HW8.]

Spectre de l’émanation du radium

Par E. RUTHERFORD

et

T. ROYDS

[Université

de Manchester. - Laboratoire de

physique.

Il y

a

quelques mois, grâce à la générosité de l’A-

cadémie des Sciences de Vienne, l’un de

nous

reçut

une

préparation de radium

contenant

environ 250 mil- ligrammes de radium. On entreprit alors la purifica-

tion de l’émanation produite par la substance active,

en vue

de la détermination du volume de

cette

émana- tion. Un compte rendu de

ces

recherches

a

été lu de-

vant

l’Académie des Sciences de Vienne le 2 uillet

dernier. On

a

trouvé que le volume maximum de l’émanation produite par gramme de radium

est en

bon accord

avec

cclui qu’on peut calculur (environ 0,6 millimètres cubes),

et

que le volume initial

est

environ le dixième de celui qu’ont trouvé Ramsay

et

Cameron (Le Radium, 4-1907). Au

cours

de

ce tra-

vail,

nous avons eu

l’occasion d’examiner

au

spectros-

cope la pureté de l’émanation,

en

faisant passer

une

décharge électrique dans le tube capillaire dans lequel

on

mesurait les volumes. Pendant les deux derniers

mois,

nous avons eu

l’occasion, à quatre reprises dill’érentes, de déterminer le spectre de l’émanation

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/radium:0190800507020001

(3)

201

du radium, par des observations oculaires,

au

moycn d’un spectroscope Hilbcr à vision directe,

en

laissant,

pour le

moment

ou

nous

aurions terminé

nos

déter- minations de volumes, l’étude - plus complète du spectre. Actuellement

nous avons

photographie le spectre de l’émanation

en

employant

un

prisme de deux pouces de base. Nous

avons

condensé par l’air

liquide l’émanation de 1 50 milligramme de radium,

dans

un

petit tube pour spectre, primitivement vide,

d’une capacité de 50 millimètres cubes, et muni de petites électrodes de platine. Nous

avons

pris aussitôt

deux photographies, l’une

a

donné environ

une tren-

taine des raies les plus intenses et l’autre obtenue

avec une

exposition beaucoup plus longue

en a

donné plus d’une centaine. Pour la comparaison,

nous avons

employé

un

tube à hélium. En

outre nous avons

effectué des observations oculaires pendant l’enregis-

trement photographique des spectres.

Quand l’émanation était condensée dans l’une des

parties du tube,

au

moyen de l’air liquide, la grande majorité des lignes disparaissaient

au moment

de la condensation, qu’on suivait d’ailleurs, par la phospho-

rescence

du

verre.

La couleur de la décharge changeait

alors complètement

et

devenait

rose

pâle. Au

mo-

ment de la volatilisation, les lignes de l’émanation

réapparaissaient de

nouveau.

Les lignes de l’hydrogène

étaient visibles dans le spectre

et

devenaient beaucoup plus brillantes quand l’émanation était condensée.

Dans les premières expériences effectuées

avec

des tubes

sans

électrode, les lignes de l’hydrogène n’appa-

raissaient pas. La présence de l’hydrogène dans les

nouvelles expériences doit donc être probablement

attribuée

aux

électrodes de platine. En

notant

l’inten-

sité de la phosphoreseence quand l’émanation

est con-

densée,

nous avons

observé que la quantité d’émana-

tion diminue graduellement dans le tube

en

fonction de la durée de la décharge. Le spectre de l’émanation

persiste cependant quand pratiquement

toute

l’émana-

tion

a

été absorbée par la paroi du turbe. La phospho-

rescence

des parois du tube montre que l’émanation

est

distribuée uniformérnent dans celui-ci. Nous

avons

observé

ces

phénomènes à différentes reprises.

La première détermination du spectre de l’émana-

tion

a

été faite par Hamsay et Collie, qui

ont

déter-

miné la longueur d’onde de 11 lignes, par des obser- vations oculaires. D’après

eux,

le spectre de l’éma-

nation est

un

spectre de lignes brillant, à lignes

nettement

définies.

Nous

avons

également observé

un

spectre de bande faible, dans le jaune, dont l’intensité décroit légère-

ment

quand

on

condense l’émanation. Ceci, cepen-

dant, peut

ne

pas avoir de relation

avec

l’émanation elle-même. Nous

avons

déterminé les longueurs d’onde

des spectres photographiques

au

moyen de l’appareil

de Kayser. La précision obtenue est déterminée par la

comparaison des résultats obtenus

avec

l’hydrogène

pour les valeurs habituellement employées. Dans plu-

sieurs cas, pour des lignes bien marquées, l’erreur

est

inférieure à

une

demi-unité Angstrom. Le tableau

suivant donne les longueurs d’onde des lignes les plus importantes. Les longueurs d’onde des lignes déter-

minées par Ramsay

et

fïollie (marquées R

et

C) y

sont

jointes. Nous y

avons

ajouté les observations oculaires des lignes les plus importanles du jaune

et

du

vert.

Tableau.

Nous publierons plus tard

une

liste de lignes plus

détaillée. Nous

avons

appris que Sir William Ramsay

a

présenté la photographie du spectre de l’émanation à la séance du 25 juin de la Royal Society, il serait inté-

ressant

de comparer les deux spectres.

[4 juillet 1908.]

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