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Oncologie : Article pp.123-132 du Vol.8 n°2 (2014)

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SYNTHÈSE /REVIEW ARTICLE

Connaissances, attitudes et pratiques des femmes tunisiennes en matière de dépistage du cancer du sein et de celui du col de l ’ utérus

Knowledge, Attitudes, and Practices of Tunisian Women in Terms of Screening for Breast Cancer and That of the Cervix

S. Bouslah · M.S. Soltani · A. Ben Salah · A. Sriha

Reçu le 18 janvier 2014 ; accepté le 02 juin 2014

© Springer-Verlag France 2014

RésuméObjectifs: Décrire et analyser les connaissances, les attitudes et les pratiques des femmes tunisiennes vis-à-vis du dépistage du cancer du sein et celui du col de l’utérus.

Matériel et méthodes : Il s’agit d’une étude transversale descriptive des connaissances, attitudes et pratiques d’un échantillon de 900 femmes qui consultaient pour tout motif, au niveau des centres de santé de base (CSB) de la région sanitaire de Monastir. L’enquête s’est déroulée sur une période de quatre mois moyennant un questionnaire conçu pour les objectifs de l’étude.

Résultats : Il ressort de notre étude que le niveau des connaissances des femmes vis-à-vis du cancer du sein et celui du col de l’utérus est encore insuffisant, particulière- ment pour le cancer du col. Le recours au dépistage du can- cer du sein était relativement faible (36,2 %) et encore plus faible pour le dépistage du cancer du col de l’utérus (22,1 %). La pratique du dépistage était fortement corrélée à sa connaissance et à la participation aux séances d’éduca- tion pour la santé pour chacun des deux cancers étudiés ainsi qu’au niveau d’étude pour le cancer du sein. Suite à la parti- cipation à ces séances, 98,5 % des femmes devenaient plus motivées à se faire dépister. Désormais, elles préfèrent que le dépistage soit pratiqué par une sage-femme et par un person- nel soignant du genre féminin plutôt que par un médecin.

Conclusion : Il s’agit essentiellement d’une attitude favo- rable envers le dépistage du cancer du sein et celui du col de l’utérus contrastant avec une insuffisance du niveau des connaissances et de la pratique de ce dépistage. Ces résultats mettent l’accent sur le besoin d’une meilleure information et motivation des femmes.

Mots clésConnaissances · Attitudes · Pratiques · Cancers gynécologiques · Dépistage

Abstract Aims: To describe and analyze knowledge, attitu- des, and practices of Tunisian women toward breast and cer- vical cancer screening.

Materials and methods: This is a descriptive cross-sectional study of a sample of 900 women who consulted for any rea- son at the Basic Health Center in Health region of Monastir.

The survey was conducted over a period of four months through a questionnaire designed for the study objectives.

Results: Our study shows that the level of knowledge of women about breast cancer and that of cervix is still insuffi- cient especially for cervical cancer. The use of screening for breast cancer was relatively low (36.2%) and even lower for screening of cervical cancer (22.1%). The practice of scree- ning was strongly correlated for both cancers studied with the knowledge level and the participation in the sessions of health education as well as the study’s level for breast cancer.

Following participation in these sessions, 98.5% of women became more motivated to get tested. Now, they preferred that testing is performed by a midwife instead of a doctor and caregiver of the feminine gender.

Conclusion: It is basically a favorable attitude toward scree- ning for breast cancer and that of cervix contrasting with the insufficient level of knowledge and practice of screening.

These results emphasize the need for better information and motivation of women.

Keywords Knowledge · Attitudes · Practices · Gynecological cancers · Screening

Introduction

Le cancer constitue un véritable problème de la santé publique dans le monde sachant que selon les estimations de l’Agence internationale pour la recherche sur le cancer (IARC) [1], il y avait 12,7 millions de nouveaux cas de can- cer en 2008 dans le monde et selon la même agence [1], ces

S. Bouslah (*) · M.S. Soltani · A. Ben Salah · A. Sriha Service de médecine préventive et d’épidémiologie, CHU Fattouma-Bourguiba, Monastir, 5000 Tunisie e-mail : [email protected]

DOI 10.1007/s11839-014-0460-8

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chiffres devraient atteindre les 21,4 millions de nouveaux cas de cancer dans le monde en 2030. D’autre part, les can- cers gynécologiques constituent les cancers les plus fré- quents et les plus graves parmi la population féminine mon- diale. En effet, en termes d’incidence et de mortalité, le cancer du sein présente le premier cancer diagnostiqué chez la femme à l’échelle mondiale suivi en troisième place par le cancer invasif du col utérin, et cela aussi bien dans les pays développés que dans ceux en voie de développement [1].

Le cancer du sein et celui du col de l’utérus représen- tent les deux cancers féminins les plus fréquents en Tuni- sie avec une incidence standardisée selon l’âge égale à 28,5/100 000 femmes en 2004 pour le cancer du sein [2], et à 6,3/100 000 femmes en 2003 pour le cancer du col de l’utérus [3]. Ainsi, ces cancers gynécologiques féminins constituent un problème majeur de santé publique de par leur fréquence et leur gravité. De ce fait, et dans le monde entier, que ce soit dans le cadre des activités des organismes inter- nationaux, essentiellement l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ou dans le cadre des programmes sanitaires nationaux, planifier un programme de lutte contre ces can- cers est l’une des priorités stratégiques. Cette lutte passe par la prévention primaire ou secondaire et par le développement des moyens thérapeutiques et de prise en charge des patientes atteintes par ces néoplasies. Un programme natio- nal tunisien de lutte contre ces cancers a été mis en place depuis l’an 2001, dont l’un des piliers était la promotion du dépistage auprès des femmes tunisiennes.

Cependant, la courbe d’évolution du cancer du sein est ascendante en Tunisie, et ce jusqu’à 2014. Le nombre des cas du cancer du sein s’est presque multiplié par deux durant la décennie 1994–2004 [4], et le stade évolutif de la maladie au moment du diagnostic était plus avancé aussi bien dans le cancer du sein que dans celui du col de l’utérus. Dans ce dernier cas de figure, 63 % des cas étaient diagnostiqués à un stade FIGO de IIB, III et IV [5]. Et pour le cancer du sein, la taille moyenne des tumeurs était de 40,8 mm avec un stade tumoral T1 dans 12,2 % des cas, T2 dans 46,9 % des cas, T3 dans 11,2 % des cas et T4 dans 24,7 % des cas [2]. L’âge moyen de diagnostic était dans la cinquantaine pour les deux cancers [2,5].

Par ailleurs, d’autres études ont montré que l’efficacité d’un programme de dépistage dépend largement du taux de participation et du degré d’adhésion des femmes cibles et que cette adhésion dépendait des connaissances, attitudes et pratiques de ces dernières vis-à-vis des cancers du sein et du col de l’utérus et de leur dépistage [6,7].

Objectifs : Nous nous sommes proposé de décrire et d’analyser les connaissances, les attitudes et les pratiques des femmes tunisiennes vis-à-vis du dépistage du cancer du sein et celui du col de l’utérus. Cela afin d’identifier et d’ana- lyser les déterminants du recours au dépistage chez les fem-

mes et de dégager les mesures adaptées en vue de mettre en place un programme approprié du dépistage de ces cancers.

Matériels et méthodes

Nous avons mené une étude transversale descriptive des connaissances, attitudes et pratiques des femmes qui consul- tent au niveau des centres de santé de base (CSB) de la région sanitaire de Monastir, durant une période de quatre mois s’étalant du mois de mars au mois de juillet 2009. Nous avons eu recours à un questionnaire conçu pour les objectifs de l’étude, testé au préalable et administré par des internes auprès des femmes de l’échantillon étudié. Les CSB de l’étude sont donc là où des internes étaient affectés.

La taille de l’échantillon a été identifiée selon la formule suivante : avec une prévalence de recours au dépistage de 10 % et une précision de 2 %, soit un échantillon de 900 fem- mes nécessaire à notre étude. Cette dernière a concerné le tiers des femmes consultant dans les CSB de l’étude. Ce sont les femmes âgées de 25 ans et plus, originaires de la région de Monastir, ayant consulté dans l’un des 13 CSB de l’étude pour tout motif (y compris les consultations préventives) et qui étaient retenues au tirage au sort.

Les données recueillies ont trait d’une part aux caractéris- tiques sociodémographiques des femmes. D’autre part, nous avons inclus des données relatives aux connaissances sur le cancer du sein et celui du col de l’utérus et leur dépistage, à l’attitude vis-à-vis de ce dépistage, du personnel soignant qui le pratique et des séances d’éducation pour la santé traitant de son sujet, et enfin au recours des femmes au dépistage du cancer du sein par l’autopalpation et celui du cancer du col de l’utérus par le frottis cervical (FC). Les données collec- tées ont été rassemblées au service de médecine préventive et d’épidémiologie du CHU de Monastir où elles ont été vérifiées, codifiées et saisies sur matériel informatique en utilisant le logiciel SPSS 18. L’analyse de ces données a été réalisée en utilisant les tests statistiques appropriés, au seuil de signification de 5 %. Au terme de l’analyse univa- riée, un modèle de régression logistique binaire multiva- riable selon la procédure descendante de Hosmer et Lemes- how a été effectué pour identifier les facteurs déterminants de recours au dépistage des cancers du sein et du cancer du col de l’utérus. Les variables introduites dans le modèle sont significatives au seuil de 25 %, et les variables retenues fina- lement dans les modèles sont celles significatives au seuil de 5 %.

Résultats et discussion

Nous avons ainsi colligé 900 femmes dont l’âge moyen était 45,8 ± 12 ans, dont le niveau d’étude était primaire dans

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45,6 % des cas, qui étaient sans profession dans 53 % des cas et ayant un antécédent familial de cancer du sein dans 11,1 % des cas.

Il ressort de notre étude que le niveau des connaissances des femmes vis-à-vis du cancer du sein et celui du col de l’utérus est encore insuffisant si nous le comparons aux résultats de la littérature occidentale mais aussi de certaines publications orientales [8–10]. Cette méconnaissance est plus prononcée pour le cancer du col de l’utérus qui n’était connu que par 25,7 % des femmes enquêtées, alors que ce chiffre était de 79,5 % pour le cancer du sein. 36,5 % des femmes affirmaient connaître les facteurs de risque du can- cer du sein versus 33,8 % pour le cancer du col de l’utérus.

La connaissance de l’âge de dépistage du cancer du sein et celui du dépistage du cancer du col de l’utérus était notée respectivement dans 38,5 % et 38,2 % des cas. Le dépistage du cancer du sein paraît être mieux connu aux yeux des fem- mes enquêtées, puisque cette connaissance était limitée à 47,5 % pour le cancer du col de l’utérus versus 64,6 % pour le cancer du sein. Ces méconnaissances étaient aussi notées au cours d’autres études tunisiennes [11–13] de même qu’une disparité régionale des connaissances et qu’une variation de la connaissance des moyens de dépistage en fonction du moyen en question. Les connaissances avaient pour source principale les médias dans 44,3 % des cas pour le cancer du sein et 25 % des cas pour le cancer du col de l’utérus. Le personnel soignant ne participait que par une faible proportion à ces informations, soit 28 % pour le cancer du sein et 26,7 % pour le cancer du col de l’utérus. Notre revue de la littérature [14,15] nous amène à retenir que les mass media et les conseils du médecin se complètent pour persuader les femmes à adopter des comportements préven- tifs pour la santé. Les médecins, particulièrement ceux qui exercent en 1re ligne, construisent souvent une relation de confiance avec leurs patients et sont donc dans une position idéale pour sensibiliser les femmes au cours des visites de routine.

Les connaissances des femmes sur le cancer du sein et le cancer du col et leur dépistage étaient sous l’influence de certains facteurs sociodémographiques, à savoir ; l’âge, le niveau d’étude et la profession. La participation aux séances d’éducation et d’information pour la santé organisées aux CSB n’était pas un facteur influençant des connaissances des femmes enquêtées (Tableaux 1, 2). Cela soulève la ques- tion du rôle joué par le personnel soignant dans l’information des femmes et l’efficacité des moyens utilisés au cours des séances d’éducation pour la santé, notamment pour la sensi- bilisation au dépistage des cancers gynécologiques féminins.

Avci [16] avait étudié en dehors des facteurs individuels sociodémographiques, d’autres facteurs en rapport avec les croyances sanitaires des femmes afin d’évaluer la relation entre le degré de sensibilisation des femmes et leurs connais- sances sur l’autoexamen des seins. Il a noté une relation sta-

tistiquement significative entre la connaissance de cet exa- men et un niveau élevé de motivation personnelle ainsi qu’une haute perception de l’autoefficacité de cet examen.

Le recours au dépistage du cancer du sein par autoexamen des seins était relativement faible (36,2 %) et encore plus faible pour le dépistage du cancer du col de l’utérus par FC (22,1 %). Bien que notre étude se soit intéressée à l’autopal- pation des seins comme moyen de dépistage, il faut rappeler que dans les publications récentes, la plupart des auteurs s’accordent pour ne plus recommander l’autoexamen des seins comme méthode de dépistage du cancer du sein [17,18]. Les seuls défendeurs de cette méthode expliquent qu’elle garde son intérêt dans les pays où l’accès à la mam- mographie reste limité et dans le but de maintenir la vigi- lance des femmes en éveil vis-à-vis de cette maladie [19].

Le niveau d’étude secondaire à supérieur était un facteur déterminant de la pratique du dépistage du cancer du sein par les femmes avec un OR de 3,1. La pratique du dépistage était déterminée par la connaissance de son existence pour chacun des deux cancers étudiés avec un OR de 5,5 dans les deux cas. Un autre facteur déterminant de la pratique du dépistage aussi bien du cancer du sein que du cancer du col de l’utérus était la participation aux séances d’informations et de communications (SIC) organisées dans les CSB (OR = 5 pour le cancer du sein et OR = 5,6 pour le cancer du col de l’utérus) (Tableaux 3–5). D’autres facteurs cette fois d’ordre psychologique ont été étudiés dans leur éventuelle associa- tion à la pratique de dépistage du cancer du sein. Avci [16], à l’aide des échelles de croyance à la santé (Health Beliefs Scales), a retenu que la motivation de santé élevée et l’au- toefficacité perçue de l’autoexamen des seins étaient signifi- cativement associées au recours à l’autoexamen des seins.

Une meilleure croyance au dépistage du cancer du sein était relayée à une augmentation du niveau de l’estime de soi, une augmentation du niveau d’espoir à l’avenir et une perception positive du corps [20]. D’autres obstacles ont été évoqués par les populations d’études sans pour autant que leur rela- tion avec la pratique de dépistage du cancer du sein ne soit forcement vérifiée statistiquement [20–22]. Il s’agit de la pudeur avec un embarras à la réalisation du test du dépistage (examen clinique des seins) par un homme ou à oser deman- der au personnel médical et paramédical comment faire l’au- toexamen des seins, de l’anxiété, de la peur et du refus de connaître le résultat de la mammographie, de l’absence des symptômes et du manque de soins spécialisés en première ligne. Les médecins de première ligne en Arabie saoudite [23] relient ce faible recours au dépistage entre autres à l’ab- sence d’une bonne communication médecin–malade et à une attitude peu coopérante avec un manque de confiance de la part des femmes. Dans notre revue de la littérature, d’autres facteurs pouvant expliquer le faible recours au dépistage du cancer du col de l’utérus ont été fortement évoqués par les femmes, à savoir : la crainte du résultat du test, une attitude

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Tableau1Facteursinfluençantlesconnaissancesdesfemmesconcernantledépistageducancerdusein. Âge (ans) OuiNonTotalpNiveaudétudeOuiNonTotalpProfessionOuiNonTotalpParticipa- tionauxSIC

OuiNonTotalp n(%)n(%)n(%)n(%)n(%)nn(%)n(%)n(%)n(%)n(%)n ConnaissancedescancersgycologiquesConnaissancedescancersgynécologiquesConnaissancedescancersgynécologiquesConnaissancedescancersgynécologiques 2549564 (84,3)

105 (15,7)

669 (100)

Analphate primaire

456 (78,5)

125 (21,5)

581Aufoyer ouvrre

631 (18,5)

143 (81,5)

774 (100)

Oui58 (89,2)

7 (10,8)

65 5084186 (80,5)

45 (19,5)

231 (100)

Secondaire supérieur

294 (92,2)

25 (7,8)

319 (100)

Cadremoyen surieur

119 (94,4)

7(5,6)126 (100) Non45 (76,3)

14 (23,7)

59 Total750 (83,3)

150 (16,7)

900 (100)

NSTotal750 (83,3)

150 (16,7)

900 (100)

<103Total750 (83,3)

150 (16,7)

900 (100)

<103Total103 (83,1)

21 (16,9)

124NS Connaissancedesfacteursderisqueducancer dusein

ConnaissancedesfacteursderisqueducancerduseinConnaissancedesfacteursderisqueducancerduseinConnaissancedesfacteursderisque ducancerdusein 2549256 (39,9)

386 (60,1)

642 (100)

Analphate primaire

143 (25,8)

412 (74,2)

555 (100)

Aufoyer ouvrre

230 (31)

511 (69)

741 (100)

Oui30 (47,6)

33 (52,4)

63 508459 (26,6)

163 (73,4)

222 (100)

Secondaire supérieur

172 (55,7)

137 (44,3)

309 (100)

Cadremoyen surieur

85 (69,1)

38 (30,9)

123 (100)

Non25 (43,1)

33 (56,9)

58 Total315 (36,5)

549 (63,5)

864 (100)

<103Total315 (63,5)

549 (36,5)

864 (100)

<103Total549 (63,5)

315 (36,5)

864 (100)

<103Total93 (76,9)

28 (23,1)

121NS ConnaissancedupistageducancerduseinConnaissancedupistageducancerduseinConnaissancedudépistageducancerduseinConnaissancedupistageducancerdusein 2549436 (66,6)

219 (33,4)

655 (100)

Analphate primaire

327 (57,8)

239 (42,2)

566 (100)

Aufoyer ouvrre

470 (62,2)

286 (37,8)

756 (100)

Oui49 (76,6)

15 (23,4)

64 5084133 (58,8)

93 (41,2)

226 (100)

Secondaire242 (76,8)

73 (23,2)

315 (100)

Cadremoyen surieur

99 (79,2)

26 (20,8)

125 (100)

Non44 (77,2)

13 (22,8)

57 Total569 (64,6)

312 (35,4)

881 (100)

0,037Surieur569 (64,6)

312 (35,4)

881 (100)

<103Total569 (64,6)

312 (35,4)

881 (100)

Total93 (76,9)

28 (23,1)

121NS Connaissancedel’âgepistageducancer dusein

Connaissancedel’âgedepistageducancerduseinConnaissancedel’âgedepistageducancerduseinConnaissancedel’âgededépistage ducancerdusein 2549271 (42)

374 (58)

645 (100)

Analphate primaire

175 (31,1)

387 (68,9)

562 (100)

Aufoyer ouvrre

261 (34,9)

486 (65,1)

747 (100)

Oui38 (60,3)

25 (39,7)

63 508463 (28,4)

159 (71,6)

222 (100)

Secondaire supérieur

159 (52,1)

146 (47,9)

305 (100)

Cadremoyen surieur

73 (60,8)

47 (39,2)

120 (100)

Non27 (51,9)

25 (48,1)

52 Total334 (38,5)

533 (61,5)

867 (100)

<103Total334 (38,5)

533 (61,5)

867 (100)

<103Total533 (61,5)

334 (38,5)

867 (100)

<103Total65 (56,5)

50 (43.5)

115NS

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Tableau2Facteursinfluençantlesconnaissancesdesfemmesconcernantledépistageducancerducoldel’utérus. Âge (ans) OuiNonTotalpNiveau détude OuiNonTotalpProfessionOuiNonTotalpParticipa- tion auxSIC OuiNonTotalp n(%)n(%)nn(%)n(%)nn(%)n(%)nn(%)n(%)n Connaissancedesfacteursderisqueducancer ducoldel’utérus

Connaissancedesfacteursderisqueducancerducol del’utérus Connaissancedesfacteursderisqueducancerducol del’utérus Connaissancedesfacteursderisque ducancerducoldel’utérus 25 49

253 (37,9)

415 (62,1)

668Analphate primaire 133(22,9)447 (77,1) 580Aufoyer ouvrre

221 (28,6)

552 (71,4)

773Oui29 (44,6)

36 (55,4)

65 50 84

51 (22,1)

180 (77,9)

231Secondaire surieur 148(46,4)171 (53,6) 319Cadremoyen surieur

83 (65,9)

43 (34,1)

126Non28 (47,5)

31 (52,5)

59 Total304 (33,8)

595 (66,2)

899<103Total595(66,2304 (33,8) 899<103Total304 (33,8)

595 (66,2)

899<103Total57(46)67(54)124NS Connaissancedupistageducancerducol del’utérus

Connaissancedupistageducancerducoldel’utérusConnaissancedupistageducancerducol del’utérus Connaissancedupistageducancerducol del’utérus 25 49

337 (51)

324 (49)

661Analphate primaire 216(37,6)358 (62,4) 574Aufoyer ouvrre

322 (42,1)

443 (17,9)

765Oui43 (66,2)

22 (33,8)

65 50 84

77 (33,6)

152 (66,4)

229Secondaire surieur 198(62,7)118 (37,3) 316Cadremoyen surieur

92 (73,6)

33 (26,4);

125Non37 (62,7)

22 (37,3)

57 Total414 (46,5)

476 (53,5)

890<103Total414(46,5)476 (53,5) 890<103Total414 (46,5)

476 (53,5)

890<103Total80 (64,5)

44 (35,5)

124NS Connaissancedel’âgededépistageducancer ducoldel’utérus

Connaissancedel’âgedepistageducancerducol del’utérus Connaissancedel’âgedepistageducancerducol del’utérus Connaissancedel’âgededépistageducancer ducoldel’utérus 25 49

282 (42,8)

377 (57,2)

659Analphate primaire 179(31)398 (69) 577Aufoyer ouvrre

269 (35,3)

496 (64,8)

765Oui36 (56,3)

28 (43,1)

64 50 84

58 (25,2)

172 (74,8)

230Secondaire surieur 161(51,6)151 (48,4) 312Cadremoyen surieur

71 (57,3)

53 (42,7)

124Non33 (56,3)

25 (43,1)

58 Total340 (38,2)

549 (61,8)

889<103Total340(35,2)549 (61,8) 889<103Total340 (38,2)

549 (61,8)

889<103Total69 (56,6)

53 (43,4)

122NS

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fataliste, la crainte que l’examen soit douloureux, la pudeur et l’éventuel manque de confort et embarras pendant la pra- tique du prélèvement, surtout s’il s’agit d’un prestataire de soins de genre masculin.

Bloch et al. définissent l’attitude comme étant un « état de préparation dans lequel se trouve un individu qui va recevoir un stimulus ou donner une réponse et qui oriente de façon momentanée ou durable certaines réponses motrices ou per- ceptives, certaines activités intellectuelles » [24]. Nous esti- mons ainsi, afin de pouvoir agir sur les connaissances et les comportements des femmes vis-à-vis du dépistage des can- cers gynécologiques, qu’il est important d’évaluer leurs atti- tudes face aux différents volets de ce sujet.

Dans notre étude, 93,9 % des femmes enquêtées avaient jugé le dépistage utile et nécessaire. Cette attitude était plus favorable chez les femmes jeunes, de niveau scolaire secon- daire ou plus, ayant une connaissance sur le dépistage de ces cancers (Tableau 6). Les motifs principaux évoqués par celles qui sont défavorables étaient la gravité de la maladie (50,1 %) et son incurabilité (22,9 %) dans notre étude et la non-disponibilité psychologique de connaître qu’on est

atteint de cancer comme motif dans une autre étude tuni- sienne [11].

Dr Collie Small a écrit en avril 1952 : « La levée du tabou par rapport au cancer du sein est le premier pas pour faire face à ce fléau. Il n’est plus concevable, et ceci depuis le siècle dernier, d’assister à des suicides par ce cancer à cause de la crainte ou d’une fausse pudeur » [25]. Cependant, au

XXIesiècle, les tests de dépistage des cancers gynécologiques se confrontent toujours à l’obstacle d’embarras et de pudeur que ce soit pour l’examen clinique des seins ou le FC. En effet, dans notre étude, les femmes préféraient que le dépis- tage soit pratiqué par une sage-femme dans 57 % des cas pour le cancer du sein et dans 52,5 % des cas pour le cancer du col de l’utérus en avançant qu’elles se sentaient plus à l’aise avec elle qu’avec le médecin. Notre analyse a relevé que ce choix était indépendant de l’âge de la femme. Cepen- dant, les femmes les moins instruites, femmes au foyer ou travaillant comme ouvrières, et ayant participé aux SIC avaient plus tendance à choisir la sage-femme que le méde- cin quant à la pratique du dépistage du cancer du sein ou du col de l’utérus. Cette influence de la participation aux SIC Tableau 3 Facteurs influençant la pratique du dépistage du cancer du sein par autopalpation.

Pratique du dépistage du cancer du sein par autopalpation

Oui Non Total p

n(%) n(%) n

Âge

25–49 263 (41,8) 366 (58,2) 629

5084 63 (28,8) 156 (71,2) 219

Total 326 (38,4) 522 (61,6) 848 0,001

Niveau détudes

Analphabèteprimaire 164 (29,9) 385 (70,1) 549

Secondairesupérieur 162 (54,2) 137 (45,8) 299

Total 326 (38,4) 522 (61,6) 848 < 10–3

Profession

Au foyerouvrière 261 (35,6) 473 (64,4) 734

Cadre moyensupérieur 65 (57) 49 (43) 114

Total 326 (38,4) 522 (61,6) 848 < 103

Connaissance des facteurs de risque du cancer du sein

Oui 153 (51,2) 146 (48,8) 299

Non 163 (31,1) 361 (68,9) 524

Total 316 (38,4) 507 (61,6) 823 < 10–3

Connaissance du dépistage du cancer du sein

Oui 286 (52,1) 263 (47,9) 549

Non 36 (12,4} 254 (87,6) 290

Total 322 (38,4) 517 (61,6) 839 < 10–3

Participation aux SIC

Oui 48 (77,4) 14 (22,6) 62

Non 28 (50) 28 (50) 56

Total 76 (64,4) 42 (35,6) 118 0,002

(7)

sur le choix du statut du personnel soignant peut trouver son origine dans l’animation des séances d’éducation qui se fait souvent par les sages-femmes. Ainsi, une affinité pourrait se créer entre la sage-femme éducatrice et la femme assistant à la séance au point qu’elles se trouvent dans une relation de confiance diminuant chez la femme son anxiété et sa gêne le jour de l’examen de dépistage. Nous estimons que c’est plu- tôt le genre du prestataire du soin de santé qui détermine cette préférence. En effet, 58,6 % des femmes interrogées dans notre enquête rapportaient une gêne dans le cas où le personnel soignant qui leur pratique le FC était de genre masculin. Cette préférence était notée aussi bien dans des études orientales qu’occidentales [26–29], et certains auteurs [26,27] ont pu démontrer statistiquement la corrélation entre le genre féminin du prestataire du soin et le recours au dépis- tage du cancer du sein et celui du col de l’utérus.

Quant à la participation aux SIC, elle était peu fréquente puisqu’elle ne concernait que 44,4 % des femmes qui étaient au courant de l’organisation de ces séances dans le CSB Tableau 4 Facteurs influençant la pratique du dépistage du cancer du col de lutérus par le FC.

Pratique du dépistage du cancer du sein par autopalpation

Oui Non Total p

n(%) n(%) n

Âge

25–49 172 (26,5) 476 (73,5) 648

5084 57 (14,9) 172 (75,1) 229

Total 229 (26,1) 648 (73,9) 877 NS

Niveau détudes

Analphabèteprimaire 133 (23,3) 433 (76,5) 566

Secondairesupérieur 96 (30,9) 215 (69,1) 311

Total 229 (26,1) 648 (73,9) 877 0,017

Profession

Au foyerouvrière 192 (25,5) 562 (74,5) 754

Cadre moyensupérieur 37 (30,1) 86 (69,9) 123

Total 229 (26,1) 648 (73,9) 877 NS

Connaissance des facteurs de risque du cancer du col de lutérus

Oui 96 (32,8) 197 (67,2) 293

Non 132 (22,6) 451 (77,4) 583

Total 228 (26) 648 (74) 876 0,001

Connaissance du dépistage du cancer du col de lutérus

Oui 189 (46,3) 219 (53,7) 408

Non 38 (8,2) 427 (91,8) 465

Total 237 (26) 646 (74) 873 < 10

3

Participation aux SIC

Oui 33 (56,9) 28 (43,1) 65

Non 16 (28,6) 40 (71,4) 56

Total 53 (43,8) 68 (56,2) 121 0,002

Tableau 5 Facteurs déterminants de la pratique de dépistage du cancer du sein et du cancer du col de lutérus en étude multi- variée. Résultats de la régression logistique multivariable.

OR IC 95 % p

Pratique du dépistage du cancer du sein par autopalpation

Niveau déducation 0,017

Analphabète/primaire 1 Secondaire/supérieur 3,1 1,27,9

Participation aux SIC 5 1,912,9 0,001 Connaissance du dépistage

du cancer du sein

5,5 1,816,4 0,002

Pratique du dépistage du cancer du col de lutérus par FC Participation aux SIC 5,6 2,115,2 0,001 Connaissance du dépistage

du cancer du col de lutérus

5,5 11,4266,2 < 0,0- 01 OR= odds ratio.

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