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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

C

HAPITRE

4 - L

ES ESPACES

R

n

ET LA NOTION D

ESPACE VECTORIEL

Julie Scholler - Bureau B246

novembre 2019

I. Vecteurs de Rn

Élément de Rn un vecteur

x1

xn

Opérations dans Rn

Addition de deux vecteurs :

x1

xn

+

y1

yn

=

x1 + y1

xn + yn

Multiplication par un scalaire : λ

x1

xn

=

λx1

λxn

(2)

I. Vecteurs de Rn

Combinaison linéaire de vecteurs v1, . . . ,vp de Rn tout élément de la forme

λ1v1 +· · ·+ λpvp,λ1, . . . , λp sont des scalaires.

Ensemble des combinaisons linéaires de v1, . . . ,vp de Rn Vect(v1, . . . ,vn) = {λ1v1 + · · ·+ λpvp, λi ∈ R}

=

M ×

λ1

λn

, λi ∈ R

avec M la matrice dont les colonnes correspondent aux coefficients des vecteurs v1, . . . ,vn : M = (v1|v2| · · · |vn)

I. Vecteurs de Rn

Exemples

1. Vect(0Rn) = {0Rn} 2. Vect(u) = {λu, λ ∈ R}

Si u est un vecteur non nul de Rn, alors cet ensemble est appelé la droite vectorielle engendrée par u.

Si n = 2, alors c’est la droite du plan de vecteur directeur u passant par 0R2.

Si n = 3, alors c’est la droite de l’espace de vecteur directeur u passant par 0R3.

(3)

I. Vecteurs de Rn

Exemple

Dans R4, on considère les vecteurs suivants :

u1 =

1 2 0 1

, u2 =

2 1 3

−1

, u3 =

3 3 3 0

et v =

5 4 6

−1

v ∈ Vect (u

1

, u

2

, u

3

) ?

oui : v = 1

2u1 + 3

2u2 + 1 2u3

I. Vecteurs de Rn

Famille libre

Famille libre

une famille finie (v1, . . . ,vp) de vecteurs de Rn telle que les vecteurs v1, . . . ,vp sont linéairement indépendants, c’est-à-dire si aucun vecteur n’est combinaison linéaire des autres.

Dans le cas contraire, on dit que la famille (v1, . . . ,vp) est liée.

Proposition

Une famille finie (v1, . . . ,vp) de vecteurs de Rn est libre si et seulement si

∀λ1, . . . , λp ∈ R, λ1v1 +· · ·+ λpvp = 0Rn =⇒ λ1 = · · · = λp = 0 Proposition

La famille v1,· · · ,vp est libre de Rn si et seulement si rang(M) = p, avec M = (v1|v2| · · · |vp)

(4)

I. Vecteurs de Rn

Famille génératrice de R

n

Famille génératrice de Rn

une famille finie (v1, . . . ,vp) de vecteurs de Rn telle que Vect(v1, . . . ,vp) = Rn

On dit aussi que ette famille engendre Rn. Remarque

Si (v1, . . . ,vp) est une famille génératrice de Rn, alors

∀x ∈ Rn, ∃λ1, . . . , λp ∈ R, x =

p

X

i=1

λivi.

Proposition

La famille v1,· · · ,vp est génératrice de Rn si et seulement si rang(M) = n, avec M = (v1|v2| · · · |vp)

I. Vecteurs de Rn

Base de Rn

une famille finie de vecteurs libre et génératrice de Rn Proposition

La famille v1,· · · ,vp est une base de Rn si et seulement si rang(M) = p = n, avec M = (v1|v2| · · · |vp)

Base canonique de Rn

la famille de vecteurs (e1, . . . ,en) telle que pour tout entier k entre 1 et n, le vecteur ek est le vecteur dont toutes les coordonnées sont nulles sauf la ke qui vaut 1.

(5)

I. Vecteurs de Rn

Théorème

Soit F une famille de n vecteurs de Rn et M sa matrice colonne.

Les propriétés suivantes sont équivalentes.

F est libre.

F est génératrice.

F est une base.

rang(M) = n

det(M) 6= 0

I. Vecteurs de Rn

Étude de l’ensemble des solutions dans R3 des systèmes d’équations linéaires

n2x + y = z

(2x + y = z xy = 0

(2x + y = z xy = 1

(6)

II. Espaces vectoriels et sous-espaces vectoriels

Sous-espaces vectoriels de R

n

Sous-espace vectoriel de Rn sous-ensemble E de Rn qui est :

1. non vide

2. stable par addition

∀x ∈ E, ∀y ∈ E, x + yE 3. stable par multiplication par les scalaires

∀x ∈ E, ∀λ ∈ R, λ·xE

En pratique

E est un sous-espace vectoriel de Rn si et seulement si 1. le vecteur nul 0Rn appartient à E

2. E est stable par combinaison linéaire

∀x ∈ E, ∀y ∈ E, ∀λ ∈ R, λx +yE

II. Espaces vectoriels et sous-espaces vectoriels

Exemples de sous-espaces vectoriels de Rn

Rn

les espaces engendrés par des vecteurs de Rn

les ensembles de solutions d’un système linéaires homogène de n inconnues

Exemples d’ensembles qui ne sont pas des sous-espaces vectoriels de Rn

Rn+

les ensembles de solutions d’un système linéaires non homogène de n inconnues

( x y

!

∈ R2

x = y2 )

( x y

!

∈ R2

x2 = y2 )

(7)

II. Espaces vectoriels et sous-espaces vectoriels

Dimension

Existence et cardinal d’une base

Tout sous-espace vectoriel de Rn possède une base et toutes ses bases ont même cardinal.

Soit E un sous-espace vectoriel de Rn.

Dimension d’un sous-espace vectoriel E de Rn le cardinal d’une (et donc de toute) base de E Notation dim(E)

II. Espaces vectoriels et sous-espaces vectoriels

Matrices

Quand on a étudié Vect

1 2 0 1

,

3 3 3 3

, on a regardé A =

1 3 2 3 0 3 1 0

.

Quand on a étudié l’ensemble des solutions de n2x + yz = 0 , on a regardé B = 2 1 −1.

(8)

II. Espaces vectoriels et sous-espaces vectoriels

Soit A une matrice de Mn,p(R).

Image d’une matrice

le sous-espace vectoriel de Rn engendré par les vecteurs correspondant aux colonnes de A

Notation Im(A)

Im(A) = Vect(v1,v2, . . . ,vp)

=

A

x1

xp

tels que

x1

xp

∈ Rp

(⊂ Rn)

=

y1

yn

∈ Rn tels que ∃

x1

xp

∈ Rp, A

x1

xp

=

y1

yn

Remarque dim(Im(A)) = rang(A)

II. Espaces vectoriels et sous-espaces vectoriels

Soit A une matrice de Mn,p(R).

Noyau d’une matrice

le sous-espace vectoriel de Rn correspondant à l’ensemble des solutions de AX = 0n

Notation Ker(A)

Ker(A) =

x1

xp

∈ Rp, A

x1

xp

= 0n.

Remarque dim(Ker(A)) = nr = n− rang(A)

(9)

II. Espaces vectoriels et sous-espaces vectoriels

Théorème du rang

dim(Ker(A)) + rang(A) = p

III. Espaces vectoriels

Soit E un ensemble.

Soient + : E × EE et · : R× EE deux applications.

(E,+, ·) (ou plus simplement E s’il n’y a pas d’ambigüité) est un R-espace vectoriel si et seulement s’il vérifie 8 propriétés :

4 par rapport à l’addition interne +

4 principalement par rapport à la multiplication ·

Les éléments de E s’appellent les vecteurs et les éléments de R s’appellent les scalaires.

(10)

III. Espaces vectoriels

Propriétés de l’addition interne

l’application + : E × EE, (x,y) 7→ x + y, appelée addition, vérifie les propriétés suivantes.

1. L’addition est commutative :

∀(x,y) ∈ E2, x + y = y +x. 2. L’addition est associative :

∀(x,y,z) ∈ E3, x + (y +z) = (x + y) +z.

3. L’addition admet un élément neutre, noté 0E et appelé vecteur nul, tel que ∀x ∈ E, x + 0E = x = 0E + x. 4. Tout élément x de E admet un opposé, c’est-à-dire que

∀x ∈ E, ∃y ∈ E, x + y = 0E = y +x

III. Espaces vectoriels

Propriétés de la multiplication scalaire

l’application

· : R ×EE, (λ,x) 7→ λ·x (souvent noté λx),

appelée multiplication scalaire, vérifie les propriétés suivantes.

1. La multiplication scalaire vérifie la règle d’associativité mixte : ∀(λ, µ) ∈ R2, ∀x ∈ E, λ·(µ·x) = (λµ)·x. 2. Le scalaire 1 de R est un élément neutre à gauche de la

multiplication scalaire : ∀x ∈ E,x = x.

3. La multiplication scalaire est distributive à droite par rapport à l’addition dans R :

∀(λ, µ) ∈ R2, ∀x ∈ E, (λ+µ)·x = λ·x + µ·x. 4. La multiplication scalaire est distributive à gauche par

rapport à l’addition dans E :

∀λ ∈ R, ∀(x,y) ∈ E2, λ·(x +y) = λ·x + λ·y.

(11)

III. Espaces vectoriels

Exemples d’espaces vectoriels

Rn

l’ensemble Mp,q(R) des matrices de même type (non nécessairement carrées)

l’ensemble R[X] des polynômes

l’ensemble des fonctions de R dans R

l’ensemble des suites réelles (ou complexes)

Références

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