Exercice 1
1. Le développement de l'exponentielle est usuel : e
λx= 1 + λx + λ
22! x
2+ · · · + λ
mm! x
m+ o(x
m)
2. Comme e
x− 1 ∼ x et que l'on peut élever une équivalence à la puissance xée m ,
(e
x− 1)
m∼ x
m⇔ (e
x− 1)
m= x
m+ o(x
m)
3. On peut commencer par utiliser la formule du binôme avant de faire un développement limité de chaque exponentielle de la somme. On regroupe ensuite les termes avec le même exposant, on regroupe aussi les m termes o(x
m) dans un seul.
(e
x− 1)
m=
m
X
k=0
m k
(−1)
m−ke
kx= (−1)
m+
m
X
k=1
m k
(−1)
m−ke
kx= (−1)
m+
m
X
k=1
m k
(−1)
m−k
1 +
m
X
j=1
k
jj! + o(x
m)
= (−1)
m+
m
X
k=1
m k
(−1)
m−k| {z }
=λ0
+
m
X
j=1
m
X
k=1
m k
(−1)
m−kk
j| {z }
=λj
x
jj! + o(x
m)
On a obtenu ainsi un autre développement limité (e
x− 1)
m= λ
0+ λ
11! x + · · · + λ
mm! x
m+ o(x
m)
Pour j entre 1 et m , les λ
jsont exactement les sommes que l'énoncé nous demande d'évaluer. Comme une fonction admet un unique développement limité, on peut iden- tier les coecients, on en tire
λ
j=
m
X
k=1
m k
(−1)
m−kk
j=
( 0 si j < m m! si j = m
Exercice 2
1. Décomposons en éléments simples la fraction 4X − 3 X(X − 2)(X + 1) . Tous les pôles sont simples :
4X ^ − 3
(X − 2)(X + 1) (0) = 3
2 , 4X ^ − 3
X(X + 1) (2) = 5
6 , 4X ^ − 3
X (X − 2) (−1) = − 7 3
⇒ 4X − 3
X(X − 2)(X + 2) = 1 6
9
X + 5
X − 2 − 14 X + 1
2. On en déduit
n
X
k=3
4k − 3
k(k − 2)(k + 1) = 1 6 9
n
X
k=3
1 k + 5
n
X
k=3
1 k − 2 − 14
n
X
k=3
1 k + 1
!
= 1 6 9
n
X
k=3
1 k + 5
n−2
X
k=1
1 k − 14
n+1
X
k=4
1 k
!
Comme 9 + 5 − 14 = 0 , les termes des sommes entre 4 et n − 2 disparaissent. Il reste :
n
X
k=3
4k − 3
k(k − 2)(k + 1) = 1 6
9 1
3 + 5(1 + 1 2 + 1
3 ) + ε
noù ε
nest une somme de termes qui tendent vers 0. On en déduit que
n
X
k=3
4k − 3 k(k − 2)(k + 1)
!
n≥3
→ 1 6
3 + 55
6
= 73 36 .
Problème
Partie I. Exemples
1. On vérie que θ
0est une racine de X
2− X − 1 . L'autre racine de ce polynôme est u = −
θ10
qui appartient à ] − 1, 0[ . On en déduit que θ
0est un nombre de Pisot.
2. Étude de P
1= X
3− X − 1 .
a. On calcule la dérivée de la fonction associée à P
1et les valeurs aux extréma locaux :
P
10(x) = 3x
2− 1, P
1(− 1
√
3 ) = −1 − 2 3 √
3 < 0, P
1( 1
√
3 ) = 2 − 3 √ 3 3 √
3 < 0 On en déduit le tableau de variations.
−∞ −
√13
√1
3
+∞
< 0 +∞
P
1% & %
−∞ < 0
Il montre que P
1admet une seule racine réelle (on la note θ
1) et qu'elle est strictement supérieure à
√13. De plus, dans [1, √
2] , la fonction est croissante et P
1(1) = −1 < 0 , P
1( √
2) = √
2 − 1 > 0 entraine 1 < θ
1< √ 2 .
b. L'étude précédente montre que P
1admet une seule racine réelle. Ses deux autres racines complexes sont non réelles et conjuguées, notons les u et u ¯ . D'après les relations entre coecients et racines d'un polynôme, le produit de ces racines est l'opposée du coecient de degré 0
θ
1u u = 1 ⇒ |u|
2= 1 θ
1< 1
Les deux autres racines sont donc de module strictement plus petit que 1 et P
1satisfait aux conditions requises, θ
1est un nombre de Pisot.
c. On peut écrire la relation satisfaite par θ
1sous une autre forme : θ
13− 1 = θ
1⇒ (θ
1− 1)(θ
21+ θ
1+ 1) = θ
1⇒ θ
1θ
1− 1 = 1 + θ
1+ θ
123. Étude de P
2= X
4− X
3− 1 .
a. Calculons et factorisons la dérivée de la fonction associée : P
20(x) = x
2(4x − 3) . Elle change de signe uniquement en
34. On en déduit le tableau de variations dans lequel on insère les signes de quelques valeurs faciles à calculer.
P
2(−1) = 1, P
2(0) = 1, P
2(1) = −1
−∞ −1 0
341 +∞
+∞ +∞
&
> 0 %
P
2&
< 0 < 0
& %
On en déduit que P
2admet deux racines réelles α et θ
2telles que
−1 < α < 0 < 1 < θ
2b. Calcul de P
2(−
θ12
) . On réduit au même dénominateur puis on exprime θ
42à l'aide de l'équation.
P
2(− 1 θ
2) = 1
θ
42+ 1
θ
32− 1 = 1 + θ
2− θ
42θ
42= 1 + θ
2− θ
32− 1
θ
42= 1 − θ
22θ
23< 0
c. On déduit de la question b. et du tableau de variations que −1 < α < −
θ12
ce qui entraine (−α)θ
2> 1 .
Soit u et u les racines complexes non réelles de P
2. D'après les relations entre coecients et racines, on peut exprimer le produit des quatre racines
α θ
2u u = −1 ⇒ |u|
2= 1 (−α)θ
2< 1
Le polynôme P
2satisfait aux conditions, la racine θ
2est donc un nombre de Pisot.
4. a. Par un calcul immédiat, P
n(1) = −1 et P
n(θ
0) = θ
20− 1 > 0 . Le théorème des valeurs intermédiaires montre que P
na une racine dans ]1, θ
0[ . L'énoncé nous demande d'admettre que c'est la seule racine dans cet intervalle et que toutes les autres sont de module strictement plus petit que 1 .
1On note θ
ncette racine qui est donc un nombre de Pisot.
1Ce résultat est démontré à l'aide du théorème de Rouché dans le problème introduction aux fonctions d'une variable complexe.
b. Après calcul, le reste de la division de P
2par P
1est X
2− 2 = (X − √
2)(X + √ 2)
Pour n ≥ 2 , les calculs conduisent à des restes de la même forme. Le reste de la division de P
n+1par P
nest
−X
3+ X
2+ X − 1 = −(X − 1)
2(X + 1)
On en déduit que P
2(θ
1) = θ
12−2 < 0 donc θ
1< θ
2d'après le tableau de variations de P
2.
Pour n ≥ 2 ,
P
n+1(θ
n) = −(θ
n− 1)
2(θ
n+ 1) < 0 donc θ
n< θ
n+1d'après la dénition de θ
n+1.
c. Remarquons que θ
nest l'unique réel vériant x
n= x
2− 1
−x
2+ x + 1
Notons f la fonction du second membre. Elle est dénie dans R \ {θ
0, −
θ10
} et permet d'exprimer P
ndans ce domaine sous la forme.
P
n(x) = (x
2− x − 1) (x
n− f (x))
Pour tout ε > 0 , notons λ
ε= θ
0− ε . Lorsque ε est assez petit, on a 1 < λ
ε< θ
0. Considérons la suite géométrique de raison λ
ε. Elle diverge vers +∞ . Il existe donc un entier n
εtel que λ
nεε> f(λ
ε) . On en déduit P
nε(λ
ε) < 0 (car x
2− x − 1 est négatif entre ses racines) puis θ
nε> λ
ε. Comme la suite des θ
nest croissante, on a λ
ε= θ
0− ε < θ
n< θ
0pour tous les n > n
εce qui prouve la convergence de la suite vers θ
0.
Partie II. Algorithme d'Euclide
1. Après calculs, la suite de polynômes formées par l'algorithme d'Euclide est X
3− X − 1, X
2− y, (y − 1)X − 1, 1
(y − 1)
2− y
2. a. Première caractérisation. Les deux polynômes ont une racine en commun si et seulement si leur pgcd est de degré strictement plus grand que 1 soit
1
(y − 1)
2− y = 0
Deuxième caractérisation. Les deux polynômes ont une racine en commun si et seulement si y est le carré d'une racine de P
1.
b. D'après a. que y 6= 1 est le carré d'une racine de P
1si et seulement si 1−y(y−1)
2= 0 . Autrement dit, les trois racines complexes de
Q
2= 1 − X (X − 1)
2sont les carrés des racines de P
1. Si celles ci sont u, u, θ
1, celles de Q
2sont u
2, u
2, θ
21. Ce qui montre que θ
21est la seule racine de Q
2dont le module n'est pas strictement plus petit que 1 . Ainsi, θ
21est un nombre de Pisot.
3. On raisonne comme en 2. avec P
1et X
3− y . L'algorithme d'Euclide conduit à X
3− X − 1, X
3− y, −X + y − 1, (y − 1)
3− y
On en déduit que θ
13est un nombre de Pisot qui est la seule racine de module strictement plus grand que 1 du polynôme
(X − 1)
3− X
On montre ainsi que toute puissance d'un nombre de Pisot est un nombre de Pisot.
Partie III. Puissances presque entières.
1. a. Notons, comme d'habitude, σ
1, σ
2, σ
3les polynômes symétriques élémentaires formés à partir de a
1, a
2, a
3. D'après les relations entre les coecients et les racines de X
3− X − 1 :
σ
1= 0 σ
2= −1 σ
3= 1
⇒
S
1= 0
S
2= σ
21− 2σ
2= 2 S
−1= σ
2σ
3= −1
b. Chaque racine a
ide P
1vérie a
3i= a
i+ 1 . On en déduit S
3= S
1+ S
0= 3 . Plus généralement, en multipliant par des puissances de a
i, on obtient :
∀n ≥ 3, S
n= S
n−2+ S
n−32. a. L'inégalité | sin x| ≤ |x| résulte immédiatement de l'inégalité des accroissements nis appliquée dans l'intervalle d'extrémités 0 et x .
b. On a démontré dans la partie I (question 2.b.) que P
1avait une seule racine réelle θ
1(noté ici θ ) et deux racines complexes conjuguées notées u et u vériant
|u| ≤
√1θ1
. On en déduit
S
k= θ
k+ u
k+ u
k= θ
k+ 2 Re(u
k) ⇒ θ
k= −2 Re(u
k) + S
kComme S
kest à valeurs entières à cause de la relation de récurrence, on en tire
| sin(πθ
k)| = | sin 2π Re(u
k)
| ≤ 2π| Re(u
k)| ≤ 2π|u
k| ≤ 2π θ
k2Ce qui montre la relation demandée pour les carrés. En sommant, des termes en progression géométriques apparaissent :
n
X
k=0
sin
2(πθ
k) ≤ 4π
21 + θ
−1+ · · · + θ
−n= 4π
21 − θ
−n−11 − θ
−1≤ 4π
21
1 − θ
−1= 4π
2θ θ − 1 3. Notons p
nle produit proposé. Comme θ > 1 , il existe un K à partir duquel les uθ
−ksont
strictement plus petits que
π2ce qui assure que les cosinus sont positifs et strictement plus petits que 1 . La suite proposée est donc décroissante et positive au dela de K . Cela assure sa convergence. La suite complète est obtenue par une simple multiplication par le réel p
Kce qui ne change rien à la convergence.
4. On raisonne par récurrence sur n . Pour n = 1 , il n'y a pas grand-chose à montrer ! Montrons que l'inégalité pour n entraine celle pour n + 1 . Les hypothèses entrainent que tous les facteurs sont positifs et
(1 − s
1) · · · (1 − s
n)(1 − s
n+1) ≥ 1 − (s
1+ · · · + s
n) (1 − s
n+1)
= 1 − (s
1+ · · · + s
n+ s
n+1) + (s
1+ · · · + s
n) s
n+1| {z }
>0
≥ 1 − (s
1+ · · · + s
n+1) 5. a. La convergence est évidente car il s'agit d'une suite positive et décroissante (on
multiplie par des facteurs entre 0 et 1). Le point dicile est de justier que la
limite est strictement positive.
On a déjà prouvé que
∀n ∈ N , 1 + θ
−1+ · · · + θ
−n≤ θ θ − 1 De même,
∀n ∈ N , 1 + θ
−2+ · · · + θ
−2n≤ θ
2θ
2− 1
Comme θ > 1 , si ρ est un nombre dans ]0, 1[ , il existe un entier K tel que, pour tous k ≥ K et tout n ≥ 0 ,
π
2θ
−2k1 + θ
−2+ · · · + θ
−2n≤ π
2θ
−2kθ
2θ
2− 1 < ρ On en déduit, en utilisant les questions 2.a. et 4.,
K+n
Y
k=K
cos
2(πθ
−k) =
K+n
Y
k=K
(1 − sin
2(πθ
−k))
≥ 1 −
K+n
X
k=K
sin
2(πθ
−k) ≥ 1 − π
2θ
−2k1 + θ
−2+ · · · + θ
−2n≥ 1 − ρ
Par passage à la limite dans une inégalité, on obtient A ≥ (1 − ρ)
K−1
Y
k=1
cos
2(πθ
−k) > 0
b. Le raisonnement est le même qu'en a. sauf que cette fois la majoration des sin vient de la question 2.b.
c. Par dénition, Γ(πθ
m) = lim
n
Y
k=0
cos(πθ
m−k)
!
k∈N
et
n
Y
k=0
cos(πθ
m−k) =
m−1
Y
k=0
cos(πθ
m−k)
n
Y
k=m
cos(πθ
m−k) =
m
Y
k=1
cos(πθ
k)
n−m
Y
k=0
cos(πθ
−k)
en changeant le nom des indices dans les produits.
On en déduit
Γ(πθ
m)
2=
m
Y
k=1
cos(πθ
k)
!
2A =
m
Y
k=0
cos(πθ
k)
!
2A
car cos(πθ
k) = −1 . D'où
lim Γ(πθ
m)
2m∈N