ECS1 H. Boucher Corrig´e Devoir maison no7
Exercice 1
Soit P le polynˆomeP =X6−5X4+ 8X3−9X2+aX+bo`u aetbsont deux r´eels.
1. 1 est racine multiple d`es que P(1) = P0(1) = 0, i.e.
(−5 +a+b= 0
−8 +a= 0 ⇔
(b=−3
a= 8 . Ainsi, avec a= 8 etb=−3 , 1 est racine double (au moins) deP.
On a P00 = 30X4−60X2+ 48X−18, d’o`u P00(1) = 0, puisP(3) = 120X3−180X+ 48 et P(3)(1)6= 0 donc 1 est racine triple deP .
2. P est divisible par (X −1)3 et un calcul de quotient par la m´ethode de votre choix donne P = (X−1)3(X3+ 3X2+X+ 3).
On constate que−3 est racine deX3+ 3X2+X+ 3, ainsi P = (X−1)3(X+ 3)(X2+ 1) .
Comme X2 + 1 est de degr´e 2 et n’a pas de racine r´eelle, il est irr´eductible dans R[X], on a donc la d´ecomposition de P en produit d’irr´eductibles dans R[X].
Dans C[X] : P = (X−1)3(X+ 3)(X−i)(X+i) .
Factoriser P surR[X] puis surC[X] (en produit d’irr´eductibles).
3. P(X2) = (X2−1)3(X2+ 3)(X4+ 1).
• X2−1 = (X−1)(X+ 1).
• X2+ 3 est irr´eductible sur Ret on a X2+ 3 = (X−√
3i)(X+
√
3i) dansC[X].
• X4+ 1 a pour racines complexes :n
eiπ4,ei3π4 ,ei5π4 ,ei7π4 o
(r´esoudrez4+ 1 = 0).
DoncX4+ 1 = (X−eiπ4)(X−ei7π4 )
| {z }
X2−√ 2X+1
(X−ei3π4 )(X−ei5π4 )
| {z }
X2+√ 2X+1
.
Finalement, P(X2) = (X−1)3(X+ 1)3(X2+ 3)(X2−√
2X+ 1)(X2+√
2X+ 1) dans R[X].
Et P(X2) = (X−1)3(X+ 1)3(X−√
3i)(X+√
3i)(X−eiπ4)(X−ei7π4 )(X−ei3π4 )(X−ei5π4 )
4. P esta fortiori continue sur [−3,1], d´erivable sur ]−3,1[ et P(−3) = P(1) = 0. D’apr`es le th´eor`eme de Rolle, il existeα∈]−3,1[ tel que P0(α) = 0 .
De mˆeme on peut appliquer le th´eor`eme de Rolle `a P0 entre α et 1 pour montrer qu’il existeβ ∈]α,1[
(et donc dans ]−3,1[) tel que P(2)(β) = 0 .
Enfin on peut appliquer le th´eor`eme de Rolle `a P(2) entreβ et 1 pour montrer qu’il existe γ∈]β,1[ (et donc dans ]−3,1[) tel que P(2)(γ) = 0 .
Exercice 2
Soit n∈N. On va ´etudier les polynˆomesPn∈R[X] qui v´erifient
∀x∈R, Pn(cosx) = cos(nx).
1. (a) Soit n∈N. Soit Pn etQn tous deux tels que
∀x∈R, Pn(cosx) =Qn(cosx) = cos(nx).
1
Alors ∀x ∈ R,(Pn−Qn)(cosx) = 0 et donc cosx est une racine de Pn−Qn. Ainsi Pn−Qn a une infinit´e de racines (en fait tout l’intervalle [−1,1]), doncPn−Qn est le polynˆome nul et donc
Pn=Qn.
(b) • cos(0x) = 1 donc si P0 existe, ∀x ∈R,P0(cosx) = 1. Le polynˆome constant ´egal `a 1 r´ealise cela, donc P0 = 1 .
• De mˆeme (on observe un polynˆome qui r´ealise l’´egalit´e et l’unicit´e de la question pr´ec´edente nous permet de conclure), cos(1x) = cosx donc P1 =X .
• cos(2x) = 2 cos2(x)−1, donc P2 = 2X2−1 . (c) On va avoir besoin de la relation suivante :
les formules
(cos(a+b) = cosacosb−sinasinb
cos(a−b) = cosacosb+ sinasinb nous donnent : sinasinb= 1
2(cos(a−b)−cos(a+b)). H´er´edit´e : soit n∈N, supposons quePnet Pn+1 existent.
Pour tout x ∈ R, cos ((n+ 2)x) = cos ((n+ 1)x) cos(x) −sin ((n+ 1)x) sin(x). D’apr`es la for- mule pr´ec´edente, cos ((n+ 2)x) = cos ((n+ 1)x) cos(x)− 1
2(cos(nx)−cos((n+ 2)x)). D’apr`es l’hypoth`ese de r´ecurrence, cos ((n+ 2)x) = Pn+1(cosx) cos(x)− 1
2(Pn(cosx)−cos((n+ 2)x)).
D’o`u cos((n+ 2)x) = 2Pn+1(cosx) cos(x)−Pn(cosx). Ainsi Pn+2 = 2XPn+1−Pn convient.
2. (a) On va montrer par r´ecurrence double que Pn est de degr´e n, i.e. que Pn = anXn+Rn−1 avec Rn−1 de degr´e inf´erieur ou ´egal `a n−1.
• La propri´et´e est vraie pourn= 0,n= 1 (avec R−1 = 0).
• Soitn∈N. Supposons la propri´et´e vraie aux rangsn etn+ 1.
AlorsPn+2 = 2X(an+1Xn+1+Rn−1)−anXn= 2an+1Xn+2+ 2XRn−1−anXn
| {z }
Rn
et on a bien deg(Rn)6n. AinsiPn+2 est de degr´e n+ 2 et son coefficient dominant estan+2= 2an+1. On a montr´e que ∀n∈N, deg(Pn) =n et les coefficients dominants de Pn suivent (`a partir de n= 1) une suite g´eom´etrique de raison 2.
Donc pour tout n>2, le coefficient dominant de Pn est 2n−1 . (b) ∀x∈[0,π], cos(nx) = 0⇔nx= π
2[π] et 06nx6nπ.
Ceci ´equivaut `a :∃k∈J0, n−1K, nx= π
2 +kπ, soit ∃k∈J0, n−1K, x= π 2n+kπ
n .
Or Pn(cosx) = 0 ⇔ cos(nx) = 0. Donc toutes les solutions de cette ´equation donnent des racines de Pn. Elles sont au nombre de n entre 0 et π, toutes les racines de Pn sont donc n
cos π 2n+kπ
n
, k∈J0, n−1Ko . Ainsi, pour toutn>1,Pn= 2n−1
n−1
Y
k=0
X−cosπ 2n+kπ
n
= 2n−1
n−1
Y
k=0
X−cos
(2k+ 1)π 2n
. (c) L’´evaluation dePn en 0 donne son coefficient constant.
Ainsi d’une part, Pn(0) = 2n−1(−1)n
n−1
Y
k=0
cos
(2k+ 1)π 2n
.
2
D’autre part, Pn(0) =Pn
cos
π 2
= cos
nπ 2
=
(0 sinest impair, (−1)n2 si nest impair.
Ainsi
n−1
Y
k=0
cos
(2k+ 1)π 2n
=
0 sinest impair, (−1)n2
2n−1 sinest impair.
Probl`eme 1
L’objet de ce probl`eme est de d´eterminer tous les polynˆomesP ∈C[X] qui v´erifient :
P(X2) =P(X)2. (1)
1. Soit P =a∈Run polynˆome constant.
P v´erifie (1) si et seulement siP(X2) =P(X)2⇔a=a2⇔a(1−a) = 0⇔a∈ {0,1}.
Les polynˆomes constants qui v´erifient (1) sont {0,1}. Soit d´esormais P ∈C[X] un polynˆome v´erifiant (1).
2. (a) On ´evalue en 1 l’´egalit´e (1) :P(1) =P(1)2. Donc P(1)∈ {0,1}. (b) On ´evalue en 1 l’´egalit´e (1) :P(1) =P(−1)2.
Donc siP(1) = 0, alorsP(−1) = 0 et siP(1) = 1 alors P(−1)∈ {1,−1}.
(c) Les valeurs de P(1) et P(−1) d´eterminent un unique polynˆome de degr´e au plus 1 (´equation affine). Deux des possibilit´es ci-dessus donnent un polynˆome constant. Le seul polynˆome de degr´e 1 v´erifiant (1) est tel queP(1) = 1 etP(−1) =−1, soit le polynˆome X .
Supposons P non constant. Soitaune racine deP. 3. (a) Init. a=a20 est racine deP.
H´er. Soitn∈N. Supposons quea2n est racine deP. AlorsP
a2n+1
=P
a2n2
=P a2n2
= 02 = 0.
Donc a2n+1 est racine deP .
(b) Ces expressions, si elles sont toutes distinctes, donnent une infinit´e de racines de P, ce qui est impossible. Donc il existen < n0∈Ntels que a2n =a2n
0
. Sia6= 0, cela donne a2n
0−2n
= 1, donc avec r=n0−n∈N∗,ar= 1 . Il existe doncθ∈[0,2π[ un argument de a, si bien que a=eiθ.
4. (a) Comme `a la question 3a, on montre par r´ecurrence que pour tout n∈N,eiθ/2n est racine de P . (b) Si θ 6= 0, cela donne une infinit´e de racines de P car les valeurs des arguments θ
2n sont toutes distinctes. Ceci est impossible. Donc θ= 0 .
5. Supposons que 1 est racine deP. On a vu (question 2b) que −1 est aussi racine deP. Mais−1 =eiπ et donc d’apr`es ce qui pr´ec`ede, P est le polynˆome nul, ce qui est contraire `a notre hypoth`ese. Donc
1 n’est pas racine deP .
6. Finalement seul 0 est racine de P .
7. Conclusion de l’analyse : siP ∈C[X] v´erifie (1), alorsP est constant ´egal `a 0 ou 1 ou il existen∈N tel queP =Xn.
Synth`ese : ces polynˆomes v´erifient bien (1) : notamment pour Xn, on a bien (X2)n=X2n= (Xn)2. Donc les solutions du probl`eme sont {0,1} ∪ {Xn, n∈N∗} .
3