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Universit´e Pierre & Marie Curie Master de math´ematiques 1

Ann´ee 2010-2011 Module MM020

Th´ eorie des Nombres - TD5 Approximation diophantienne

et compl´ ements sur l’´ equation de Markoff

Exercice 1 : Soit n ∈ N. On cherche `a montrer le r´esultat suivant dˆu `a Hurwitz : si l’´equation x2+y2+z2=nxyz a une solution (x, y, z) en entiers non nuls, alors (n= 3 et PGCD(x, y, z) = 1) ou (n= 1 et PGCD(x, y, z) = 3).

On suppose donc que l’´equation x2+y2+z2 =nxyz a une solution (x, y, z) en entiers non nuls.

a) On ordonne les solutions de l’´equation dans l’ordre lexicographique. Rappeler la d´efinition de cette relation d’ordre et montrer qu’il existe une solution `a coordonn´ees enti`eres positives qui soit minimale. On la note (x0, y0, z0).

b) Montrer que 1≤x0 ≤y0 ≤z0. c) Montrer que siy0 = 1, alorsn= 3.

d) Montrer que siy0 ≥2, alors (x0, y0, nx0y0−z0) est solution etn≤3.

e) Montrer que n6= 2.

f) Conclure.

g) ´Ecrire une bijection explicite entre l’ensemble des solutions de l’´equation pourn= 1 et l’ensemble des solutions de l’´equation pour n= 3.

Solution de l’exercice 1.

a) On peut conclure directement en disant que l’ordre lexicographique surN3 est un bon ordre.

Sinon, on peut r´ediger ainsi : l’ensemble{x∈N\ {0}:∃(y, z)∈N2, x2+y2+z2 =nxyz}est non vide. Or toute partie non vide deNadmet un plus petit ´el´ement, donc l’ensemble pr´ec´edent admet un plus petit ´el´ementx0. On consid`ere ensuite l’ensemble{y∈N:∃z∈N, x20+y2+z2=nx0yz}.

Cet ensemble est non vide par construction de x0, donc il admet un plus petit ´el´ement not´e y0. Enfin, l’ensemble {z ∈ N:x20+y20+z2 = nx0y0z} est non vide (il est en fait r´eduit `a un seul

´

el´ement) et on notez0 son plus petit ´el´ement.

Il est alors clair que (x0, y0, z0) est la plus petite solution positive non triviale de l’´equation.

b) L’in´egalit´ex0 ≥1 est claire par construction. On remarque ensuite que l’´equation est sym´etrique en les variables x, y et z, c’est-`a-dire que si (x, y, z) est solution, alors toutes les permutations des nombres x,y,zest une solution. Par cons´equent, (y0, x0, z0) et (x0, z0, y0) sont des solutions positives. Par minimalit´e de la solution (x0, y0, z0), on en d´eduit quey0 ≥x0 et quez0 ≥y0. c) On supposey0= 1. Alorsx0 = 1 par la question pr´ec´edente, donc l’´equation devient 2+z20 =nz0.

Donc z0 divise 2, doncz0 = 1 ou 2, donc n= 3.

d) On suppose y0 ≥2. Un calcul simple assure que (x0, y0, nx0y0−z0) est solution de l’´equation.

C’est une solution `a cordonn´ees positives car les deux premi`eres coordonn´ees ´etant positives, la derni`ere l’est aussi. Donc par minimalit´e de (x0, y0, z0), on az0 ≤nx0y0−z0. Donc 2z0≤nx0y0. En multipliant par z0, on obtient 2z02 ≤ nx0y0z0 =x20+y02+z02, donc z02 ≤x20+y20. Or par la question b), y0 ≤z0, doncnx0y0z0 =x20+y02+z02 implique nx0y02≤x20+y02+z20 ≤2(x20+y20), donc

n≤ 2(x20+y02) x0y02 ≤2

x0 y02 + 1

x0

≤2 1

2+ 1

= 3.

(2)

e) Supposonsn= 2. Alors on ax2+y2+z2 = 2xyz. Doncx2+y2+z2 est pair, donc l’un des trois carr´es est pair. Quitte `a permuter, on peut supposer quexest pair, i.e.x= 2x02,x0 ∈Z. Alors on obtient 4x02+y2+z2 = 4x0yz. Donc 4|y2+z2. Doncyetzsont pairs (sinon,y2+z2 est congru `a 1 ou 2 modulo 4). Doncy= 2y0 etz= 2z0, avecy0, z0 ∈Z. On obtient alorsx02+y02+z02 = 4x0y0z0, c’est-`a-dire une solution non triviale pour n= 4. Or ceci n’est pas possible par la question d), donc n6= 2.

f) On a montr´e que n≤3 etn6= 2, donc les deux seules possibilit´es pour avoir une solution sont n= 1 etn= 3.

Supposons d’abord n = 3. Soit d := PGCD(x, y, z), o`u (x, y, z) est une solution. Alors on a x = dx0, y = dy0 et z = dz0. L’´equation donne alors x02 +y02+z02 = 3dx0y0z0, donc on a une solution pourn= 3d. Par la question d), cela implique qued= 1, donc PGCD(x, y, z) = 1 pour toute (x, y, z) dans le cas n= 3.

Supposons maintenantn= 1. Soit (x, y, z)∈Z3une solution. Alors dansZ/3Z, on ax2+y2+z2 = xyz. Supposons qu’aucun desx, y, zne soit divisible par 3. Alors dansZ/3Z, on a 1+1+1 =xyz, i.e.xyz= 0, donc l’un des trois est divisible par 3. Quitte `a permuter, on peut supposerxdivisible par 3. Alors l’´equation devienty2+z2= 0. Or les carr´es dansZ/3Zsont 0 et 1, donc cette ´egalit´e implique x=y= 0 modulo 3. On obtient donc x= 3x0,y= 3y0 etz= 3z0, et l’´equation devient x02+y02+z02 = 3x0y0z0. Donc par le cas pr´ec´edent, on sait que PGCD(x0, y0, z0) = 1. On a donc bien montr´e que pour toute solution (x, y, z) dans le cas n= 1, on a PGCD(x, y, z) = 3.

Cela conclut la preuve.

g) On note En l’ensemble des solutions pour le param`etre n. Alors on d´efinit ϕ : E3 → E1 par ϕ(x, y, z) := (3x,3y,3z). Il est clair que cette application est bien d´efinie. Par la question f), l’application r´eciproque ϕ−1 :E1 →E3 est bien d´efinie ´egalement, par la formuleϕ−1(x, y, z) = (x3,y3,z3). D’o`u la bijection ϕ−1 :E1

=

−→E3.

Exercice 2 : L’objectif de cet exercice est de d´emontrer le r´esultat suivant dˆu `a Hurwitz : pour tout θ∈R,θest irrationnel si et seulement si il existe une infinit´e de pq ∈Q tels que 0<

θ− pq

< 1

5q2. a) Montrer l’implication “s’il existe une infinit´e de pq convenables, alorsθ est irrationnel”.

b) Soitθ ∈R\Q. Montrer qu’il existe une infinit´e de couples (pq,rs) de fractions irr´eductibles tels

que p

q < θ < r

s etqr−ps= 1. c) Soientθ, p, q, r, scomme dans la question pr´ec´edente. Montrer que

min

q2

θ− p q

, s2r

s−θ

< 1 2. [Indication : on pourra montrer que δ:= min

n q2

θ−pq

, s2 rs−θo

v´erifie sq +qs1δ.]

d) Soient θ, p, q, r, scomme dans les questions pr´ec´edentes. On pose u=p+r etv=q+s.

i) Montrer que pq < uv < rs, queuq−pv= 1 et querv−su= 1.

ii) On note := min n

q2

θ−pq

, s2 rs−θ , v2

θ−uv o

. En s’inspirant de la question c), montrer que sq +qs1 et (vq +vq1 ou vs +sv1).

iii) En ´etudiant la fonction t 7→ t+ 1t, en d´eduire que vq et qs (ou alors vs et qs) sont dans l’intervalle compris entre les deux racines du polynˆomeX21X+ 1.

iv) En d´eduire que

= min

q2

θ−p q

, s2

r s−θ

, v2

θ−u

v

< 1

√ 5.

(3)

e) Conclure.

f) Montrer que ce r´esultat est optimal pour θ =φ := 1+

5

2 ; plus pr´ecis´ement, montrer que pour tout pq ∈Q,

φ−p q

> 1

√5q2+1

5

.

[Indication : on pourra supposer que φ−pq

< 5q12 et ´evaluer le polynˆome X2 −X−1 en X = pq.]

Solution de l’exercice 2.

a) On suppose θ= ab ∈Q. Soit pq ∈Q tel que 0<|θ− pq|< 1

5q2. Alors on a 0<|aq−bp|< b

5q. Or aq−bp ∈ Z\ {0}, donc 1 < b5q, donc q < b5. En outre, l’in´egalit´e initiale implique que

|pq|<|θ|+1

5q2, donc |p|<|θ|q+ 1

5q < b|θ|

5 +1

5.

Finalement, il n’existe qu’un nombre fini de couples d’entiers (p, q) tels que 1 ≤ q < b

5 et

|p|< b|θ|

5 +1

5.

On a donc bien montr´e l’implication demand´ee.

b) On fixe un entier N ≥ 1. Soit ab ∈ Q la meilleure approximation de θ par un rationnel de d´enominateur inf´erieur ou ´egal `aN. Deux cas se pr´esentent : soit ab < θ, soitθ < ab. Les deux cas sont sym´etriques, supposons donc par exemple ab < θ. On note pq = ab l’´ecriture de ab sous sa forme irr´eductible, i.e. avec (p, q) = 1. Alors par Bezout, il existe r, s∈Ztels que qr−ps= 1. Quitte

`

a enlever desun multiple deq et `a l’ajouter `ar, on peut supposer en outre que 0< s < q ≤N. Alors on a rspq >0, donc pq < rs. En outre, par d´efinition de pq, le rationnel rs est une moins bonne approximation deθque pq. Doncθ < rs. On a donc construit quatre entiersp, q, r, s∈Ztels que pq < θ < rs etqr−ps= 1. On poursuit en rempla¸cant pq par un rationnel uv qui soit distinct de pq et qui soit la meilleure approximation deθde d´enominateur inf´erieur ou ´egal `aM > N. Par r´ecurrence, on construit ainsi une infinit´e de couples (pq,rs) satisfaisant les conditions demand´ees.

c) Par d´efinition, on a qδ2 ≤ θ− pq et sδ2rs −θ. En additionnant les deux in´egalit´es, on obtient δ

1 s2q12

rspq. On multiplie les deux membres par qs > 0 et on obtient δ s

q+qs

≤ 1.

Donc qs +qs1δ. Posons t := sq. Alors on a t+ 1t1δ. Or la fonction t 7→ t+ 1t (sur [0; +∞[) atteint son minimum en t= 1, et ce minimum vaut 2. Donct+1t ≥2, doncδ≤ 12, et l’in´egalit´e est stricte puisque θ /∈Q.

d) i) Un calcul imm´ediat assure queuq−pv=rv−su= 1, ce qui implique imm´ediatement que

p

q < uv < rs.

ii) On sait (question c)) que sq+qs < 1δ1. Suivant que uv < θ ouθ < uv, on montre de mˆeme que vq +qv < 1 ou vs +vs < 1. D’o`u le r´esultat.

iii) La fonction indiqu´ee est strictement d´ecroissante sur ]0,1], puis strictement croissante sur [1,+∞[. Par cons´equent, les in´egalit´es de la question pr´ec´edente assurent que vq et sq (ou vs et qs) sont dans l’intervalle compris entre les deux nombrest tels que t+ 1t = 1. Les deux nombres ten question v´erifient l’´equationt21t+ 1, d’o`u le r´esultat.

iv) Dans la question pr´ec´edente, l’´ecart entre les racines du polynˆome est ´egal `a la racine carr´ee du discriminant, i.e. `a

q1

2 −4. Donc par la question d)iii), on a vqsq <

q1

2 −4 (ou alors

v sqs <

q1

2 −4), donc 1<

q1

2 −4. Donc finalement < 1

5.

e) Il est clair que les questions a), b) et d) terminent la preuve du r´esultat ´enonc´e au d´ebut de l’exercice.

(4)

f) On sait que les racines du polynˆomeX2−X−1 sontφet−1φ, doncX2−X−1 = (X−φ)(X+φ1).

On ´evalue ce polynˆome enX= pq. En multipliant parq2, on obtientp2−pq−q2 =q2(pq−φ)(pq+φ1).

Or p2−pq−q2 6= 0 est un entier, donc q2

p q −φ

p q + 1

φ

≥1. Comme sugg´er´e, on peut supposer que

p q −φ

< 1

5q2. Dans ce cas, on en d´eduit que

p q

<

φ+1

5q2, donc

p q+φ1

< φ+ 1φ+1

5q2 =√ 5 +1

5q2. On en d´eduit que

p q −φ

> 1

√5q2+1

5

.

Exercice 3 : Pour tout x ∈ R\Q, on d´efinit γ(x) comme la borne sup´erieure des r´eels γ >0 tels qu’il existe une infinit´e de pq ∈Qv´erifiant

x−pq

γq12. a) Montrer que pour tout x∈R\Q,γ(x)≥√

5.

b) Montrer que γ(φ) =√ 5.

c) On pose G0:= 0 et G1:= 1, et par r´ecurrence,Gn:= 2Gn−1+Gn−2 pourn≥2.

i) Montrer que pour toutn≥1, G2n−2GnGn−1−G2n−1 = (−1)n−1. ii) Montrer que la suite (GGn

n−1) converge et calculer sa limite.

iii) Montrer qu’il existe une suite (pqn

n) de rationnels deux-`a-deux distincts tels que

n→∞lim qn qn

2−pn = 1

2√ 2. iv) Montrer que γ(√

2) = 2√ 2.

[Indication : on pourra s’inspirer de la question f) de l’exercice 2.]

Solution de l’exercice 3.

a) C’est une reformulation de l’exercice 2 (question e)).

b) D´eduisons ce r´esultat de la question f) de l’exercice 2. Soitc >√

5. Soit pq ∈Qtel que φ−pq

1

cq2. Alors la question f) de l’exercice 2 assure que

√ 1

5q2+15 < 1 cq2 .

Donc on en d´eduit que (c−√

5)q2 < 1

5, donc que q2 < (c−1

5)

5. Ainsi on n’a qu’un nombre fini de possibilit´es pour q, et l’in´egalit´e

φ−pq

cq12 implique que |p| ≤ qφ+ cq1, donc on n’a qu’un nombre fini de possibilit´es pourp´egalement. Finalement, on a montr´e qu’il n’existe qu’un nombre fini de pq ∈Qv´erifiant

φ− pq

cq12, pour toutc >√

5. Cela assure queγ(φ)≤√ 5. Par la question a), on conclut que γ(φ) =√

5.

c) i) On montre cette propri´et´e par r´ecurrence. C’est clair si n = 1. Supposons la propri´et´e connue pour n ≥ 1, et montrons-la pour n+ 1. Par la formule de r´ecurrence d´efinissant la suite, on a G2n+1 −2Gn+1Gn −G2n = (2Gn +Gn−1)2 −2(2Gn+ Gn−1)Gn −G2n =

−(G2n−2GnGn−1−G2n−1) =−(−1)n−1= (−1)n, ce qui conclut la preuve.

(5)

ii) Notons un := GGn

n−1. Tout d’abord, une r´ecurrence simple assure que pour tout n ≥ 1, Gn≥2Gn−1, doncun≥2. La question c) i) assure queu2n−2un−(1+(−1)G n−1

n−1 ) = 0, doncun

est racine du polynˆomeX2−2X−(1+(−1)G n−1

n−1 ). Puisqueun≥2, on aun= 1+

q

2 +(−1)G n−1

n−1 . Or il est clair que (Gn) tend vers +∞ quand n→+∞, donc (un) converge vers 1 +√

2.

iii) On pose pqn

n :=un−1 = Gn−GG n−1

n ∈Q. Par la question pr´ec´edente, (pqn

n) converge vers √ 2.

On remarque que (pn−qn

2)(pn+qn

2) =p2n−2q2n=G2n−2GnGn−1−G2n−1= (−1)n−1,

o`u la derni`ere ´egalit´e r´esulte de la question c) i). Donc en prenant la valeur absolue et en multipliant par qn :

qn

pn−qn√ 2

pn+qn√ 2

=qn, donc

qn

pn−qn√ 2

= 1

pn

qn +√ 2. Or on sait que limn→∞pn

qn =√

2, donc on d´eduit de cette ´egalit´e que

n→∞lim qn

pn−qn

√ 2

= 1

2√ 2. iv) Montrons d’abord que la question c) iii) assure queγ(√

2)≥2√

2. Soitc <2√

2. La question pr´ec´edente assure que pour n assez grand, qn

pn−qn√ 2

< 1c, donc pour n assez grand (donc pour une infinit´e de n), on a

pn

qn −√ 2

< cq12

n, ce qui assure que γ(√

2) ≥c. Donc γ(√

2)≥2√ 2.

On s’inspire de la question f) de l’exercice 2 pour montrer que γ(√

2)≤2√

2. Soit pq ∈ Q tel que

p q −√

2 < 1

2

2q2. On consid`ere le polynˆome X2 −2 = (X−√

2)(X+√

2). Alors on a p2−2qq2 2 = (pq−√

2)(pq +√

2). Donc on en d´eduit que

p q −√

2

p q+√

2

q12. Or

p q +√

2

≤ p q −√

2

+ 2√

2< 1 2√

2q2 + 2√ 2,

donc on obtient

p q −√

2

> 1 2√

2q2+ 1

2 2

pour tout pq ∈Q.

Comme `a la question b), cette estimation assure queγ(√

2)≤2√

2, donc on obtient finale- ment que

γ(√

2) = 2√ 2.

Exercice 4 : Soit q(x, y) = ax2 +bxy +cy2 une forme quadratique `a coefficients r´eels. On note D := b2−4ac son discriminant. L’objectif est de montrer que si a > 0 et D < 0 (i.e. q est d´efinie positive), alors il existe (x, y)∈Z2\ {(0,0)}tel que

0< q(x, y)≤ r|D|

3 .

a) ´Ecrire explicitement la d´ecomposition de Gauss de q, `a savoirq(x, y) =α(x0)2+β(y0)2. b) Montrer que la quantit´e inf(x,y)∈Z2\{(0,0)}q(x, y) est atteinte en un point (ξ, η)∈Z2 non nul.

(6)

c) Montrer que ξ etη sont premiers entre eux.

d) Construire M ∈ SL2(Z) tel que si on pose (x, y) = (X, Y)M, alors q(x, y) = Q(X, Y) = q(ξ, η)X2+BXY +CY2. Quel est le discriminant deQ?

e) ´Ecrire la r´eduction de Gauss de la forme quadratiqueQ(X, Y).

f) En d´eduire le r´esultat.

[Indication : on pourra calculer Q(X0,1) avec X0 ∈Ztel que

X0+2q(ξ,η)B12.]

Solution de l’exercice 4.

a) On a

q(x, y) =ax2+bxy+cy2=a

x+ by 2a

2

−b2y2

4a +cy2 =a

x+ by 2a

2

− D 4ay2.

b) Sous la forme obtenue `a la question a), en utilisant que a > 0 et −4aD > 0, on voit que lim||(x,y)||→∞q(x, y) = +∞, donc il existeR >0 tel que pour tout (x, y)∈R2de norme sup´erieure

`

a R (i.e. (x, y) hors de la boule ferm´eeB(0, R) de centre (0,0) et de rayon R),q(x, y)> q(1,1).

Par cons´equent, on a

inf

(x,y)∈Z2\{0}q(x, y) = inf

(x,y)∈B(0,R)∩Z2\{0}q(x, y).

Or l’ensembleB(0, R)∩Z2\{0}est discret et compact, donc fini. Donc il existe (ξ, η)∈B(0, R)∩

Z2\ {0} tel queq(ξ, η) = inf(x,y)∈Z2\{0}q(x, y).

c) Soitd≥1 un diviseur commun de ξ etη. Alors on a q(ξd,ηd) = q(ξ,η)d2 , avec (ξd,ηd)∈Z2\ {0}. En particulier, on a q(ξd,ηd)≤q(ξ, η). Donc par minimalit´e de (ξ, η), q(ξd,ηd) = q(ξ, η), donc d= 1, donc ξ etη sont premiers entre eux.

d) Par la question pr´ec´edente, le th´eor`eme de Bezout assure qu’il existea, b∈Ztels queaξ+bη= 1.

D´efinissons alors la matriceM parM :=

ξ η

−b a

. Il est clair queM est `a coefficients entiers et de d´eterminant 1. Alors on a (x, y) = (X, Y)M si et seulement six=ξX−bY ety=ηX+aY. On fait ce changement de variables dans q(x, y) et on obtient :

q(x, y) =ax2+bxy+cy2 =q(ξ, η)X2+ (2acη−b)XY +a2cY2=:Q(X, Y).

Dans la suite, on noteB := 2acη−betC:=a2c, de sorte queQ(X, Y) =q(ξ, η)X2+BXY+CY2. Puisqu’on obtient Q(X, Y) `a partir deq(x, y) en faisant le changement de variables donn´e par M, la formule de changement de bases assure que disc(q) = det(M)2disc(Q). Or det(M) = 1, donc disc(Q) = disc(q) =D.

e) On fait exactement la mˆeme r´eduction qu’`a la question a) : on obtient Q(X, Y) =q(ξ, η)

X+ BY

2q(ξ, η) 2

− D 4aY2. f) On noteX0 ∈Z l’entier le plus proche du r´eel−2q(ξ,η)B , donc on a

X0+2q(ξ,η)B

12. Calculons Q(X0,1) en utilisant la r´eduction de la question e) : on obtient

Q(X0,1) =q(ξ, η)

X0+ B 2q(ξ, η)

2

− D 4q(ξ, η). Or

X0+2q(ξ,η)B 2

14, donc on en d´eduit q(ξ, η)≤ 14q(ξ, η)− 4q(ξ,η)D , d’o`u q(ξ, η)2 ≤ −D

3 , d’o`u le r´esultat en prenant la racine carr´ee.

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