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l’´equation diff´erentielle (E) y0(x) =a(x)y(x) a une solution et une seule sur l’intervalleI satisfaisant `a la condition initialey(x0) =y0

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Academic year: 2022

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Texte intégral

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MT241. Cours no 12, lundi 4 novembre 2002.

S´eries enti`eres et ´equations diff´erentielles

On va voir plusieurs aspects des rapports entre s´eries enti`eres et ´equations diff´eren- tielles. On commencera par retrouver le d´eveloppement du binˆome infini (connu de New- ton, avant 1700). On aura besoin d’un r´esultat d’unicit´e pour les ´equations diff´erentielles lin´eaires du premier ordre.

Lemme. Soit a une fonction r´eelle continue sur un intervalle I R, soient x0 I et y0 un nombre r´eel quelconque ; l’´equation diff´erentielle

(E) y0(x) =a(x)y(x)

a une solution et une seule sur l’intervalleI satisfaisant `a la condition initialey(x0) =y0; cette solution est donn´ee par

∀x∈I, y(x) =y0 exp³Z x

x0

a(t)dt´ .

D´emonstration. Consid´erons la fonction A d´efinie sur I par la formule A(x) =Rx

x0a(t)dt.

Alors A est une fonction d´erivable sur I de d´eriv´ee a, et on voit que (y0 eA)0 = y0aeA, donc la fonctionf :x→y0 eA(x) satisfait l’´equation (E), et de plus f(x0) =y0. Inverse- ment, si y est solution de (E) v´erifiant la condition initiale y(x0) = y0, consid´erons la fonction x→z(x) = e−A(x)y(x). On v´erifie que

z0(x) = e−A(x)¡

y0(x)−a(x)y(x)¢

= 0,

ce qui entraˆıne que z est constante sur l’intervalle I, donc z(x) =z(x0) =y0 et y(x) = z(x) eA(x)=y0 eA(x).

D´eveloppement en s´erie enti`ere de (1 +x)α

Soit α un nombre r´eel ; la fonction x (1 + x)α est ind´efiniment d´erivable sur ]−1,+∞[. Elle a pour s´erie de Mac-Laurin

1 +α x+ α(α−1)

2! x2+· · ·+ α(α−1). . .−n+ 1)

n! xn+· · ·

Cette s´erie enti`ere a pour rayon de convergence R = 1 dans le cas α /∈ N (appliquer le crit`ere an+1/an), et pour α N on remarque que ce d´eveloppement est fini, et qu’on retrouve simplement dans ce cas la formule du binˆome. Il est donc raisonnable d’appeler le cas g´en´eral la formule du binˆome g´en´eralis´ee. Posons

µα n

= α(α−1). . .−n+ 1) n!

avec la convention µ

α 0

= 1.

Ce coefficient du binˆome g´en´eralis´e v´erifie encore la formule du triangle de Pascal, µα

n

¶ +

µ α n+ 1

=

µα+ 1 n+ 1

. 1

(2)

D´esignons par gla somme de cette s´erie enti`ere sur ]−1,1 [. Cette fonction est d´erivable, et sa d´eriv´ee est la somme de la s´erie obtenue en d´erivant terme `a terme la s´erie ci-dessus :

g0(x) = X+∞

n=1

α(α−1). . .−n+ 1) (n1)! xn−1

et sur ]1,1[ on a (1 + x)g0(x) = αg(x) (utiliser la relation du triangle de Pascal g´en´eralis´ee). Puisque g(0) = 1 on d´eduit du lemme que g(x) = (1 + x)α pour tout x∈]−1,1 [.

Exercice trait´e. D´eveloppement de (1−t)−1/2. On a trouv´e pour|t|<1

1

1−t = X+∞

n=0

C2nn tn 4n.

On en a d´eduit le d´eveloppement en s´erie enti`ere de x Arcsinx. On a aussi un petit peu jou´e avec la formule

1

14s =

+∞X

n=0

C2nn sn

qui donne des relations remarquables quand on calcule le produit de la s´erie par elle- mˆeme.

Un autre aspect du rapport s´eries-´equa diff

Exercice trait´e. Soit a > 0; montrer que x cosx est la seule solution sur ]−a, a[ de l’´equation y00+y= 0 v´erifiant les conditions initiales y(0) = 1 et y0(0) = 0.

Pour parler de solution on suppose au moins que y est deux fois d´erivable, donc continue, donc y00 = −y est continue, donc y de classe C2; mais alors y00 = −y est C2, donc y est C4 et en continuant ainsi on voit que y est C.

On peut ensuite se demander si y est en fait d´eveloppable en s´erie enti`ere. Si 0 <

r < a, les fonctions y et y0 sont continues sur [−r, r], donc born´ees par un certain M; en utilisant `a nouveau l’´equation diff´erentielle on voit que toutes les d´eriv´ees sont major´ees par le mˆeme M sur l’intervalle ]−r, r[. D’apr`es un th´eor`eme vu en cours, on en d´eduit quey est d´eveloppable sur cet intervalle. En utilisant une derni`ere fois l’´equation diff´erentielle et les conditions initiales on voit que les coefficients du d´eveloppement de y sont n´ecessairement ceux du d´eveloppement de cosx.

Recherche de solutions d’´equations diff´erentielles d´eveloppables en s´erie enti`ere

On traitera seulement un exemple. On consid`ere l’´equation diff´erentielle lin´eaire du second ordre

(E) y00+xy0+y = 0.

On veut trouver une solution telle que y(0) = 1 et y0(0) = 0. Une solution de l’´equation diff´erentielle (E) sur un intervalle I est une fonction x y(x) deux fois d´erivable sur I et telle que pour tout x I on ait

y00(x) +xy0(x) +y(x) = 0.

Une telle solution est obligatoirement ind´efiniment d´erivable (petit exercice).

2

(3)

On pourrait g´en´eraliser la m´ethode de l’exemple pr´ec´edent pour montrer que toute solution de cette ´equation sur un intervalle ]−r, r[ est d´eveloppable en s´erie enti`ere, mais c’est un peu plus compliqu´e qu’avant et nous l’admettrons.

Cherchons donc une solution d´eveloppable en s´erie enti`ere sur un intervalle ]−r, r[.

Une telle solution s’´ecrit

y(x) =

+∞X

n=0

anxn.

On a alors par d´erivation y0(x) =

X+∞

n=1

nanxn−1; y00(x) = X+∞

n=2

n(n−1)anxn−2

de sorte quey est solution de l’´equation (E) si et seulement si pour tout x∈]−r, r[ on a

+∞X

n=0

¡(n+ 1)(n+ 2)an+2+nan+an

¢xn= 0.

Ceci ´equivaut `a dire que (n+ 2)an+2+an = 0 pour tout entiern≥0, c’est-`a-dire `a a2p = (−1)p

2pp! a0; a2p+1 = (−1)p

1.3.5. . .(2p+ 1)a1 = 0 puisqu’on a suppos´e y0(0) = 0. On trouve que

y(x) =

+∞X

n=0

(−1)n

2nn! x2n =

+∞X

n=0

(−x2/2)n n!

et on reconnaˆıt ainsi que

y(x) = e−x2/2.

C’est l’un des quelques exemples o`u on reconnaˆıt dans la s´erie solution une fonction connue. Le prochain exemple est diff´erent: on va d´efinir une nouvelle fonction par une s´erie, fonction qui ne s’exprime pas directement `a partir des fonctions d´ej`a connues.

Solution s´erie enti`ere pour l’´equation de Bessel

Plusieurs probl`emes physiques, notamment l’´etude de la vibration d’un tambour, conduisent `a s’int´eresser `a l’´equation ∆φ+φ = 0, o`u φ est une fonction d´efinie dans un disque centr´e en 0. Par raison de sym´etrie, on va chercher des solutions radiales, de la forme φ(x, y) = f(r) avec r = p

x2+y2; l’expression du laplacien en coordonn´ees polaires conduit `a l’´equation

f00(r) + 1

r f0(r) +f(r) = 0.

C’est l’une des ´equations de Bessel. Recherchons donc une fonctionx→y(x) repr´esent´ee par une s´erie enti`ere, et qui v´erifie

x y00(x) +y0(x) +x y(x) = 0 avec y(0) = 1 ety0(0) = 0. On a trouv´e

y(x) =

+∞X

n=0

(−1)n (x/2)2n (n!)2 .

C’est la fonction de Bessel J0(x). On peut aussi en donner une formule int´egrale.

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