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Texte intégral

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Dépôt Institutionnel de l’Université libre de Bruxelles / Université libre de Bruxelles Institutional Repository

Thèse de doctorat/ PhD Thesis Citation APA:

Callens, N. (2002). Régulation transcriptionnelle du gène suppresseur de tumeur "brca2" chez la souris (Unpublished doctoral dissertation). Université libre de Bruxelles, Faculté de Médecine – Médecine, Bruxelles.

Disponible à / Available at permalink : https://dipot.ulb.ac.be/dspace/bitstream/2013/211353/1/7fb9fb71-9e4a-4ada-ad92-15aa632c4d3f.txt

(English version below)

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--- English Version ---

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(2)

D Erasme

BiWiotheque de Médecine - CP 607 Route de Lennick, 808 (Bât.E)

B- 1070 Bruxelles Tél.; 02/555.61.70

UNIVERSITE LIBRE DE BRUXELLES

Faculté de Médecine

Promoteur de thèse : Professeur Yvan de Launoit U.L.B, Laboratoire de Virologie Moléculaire Co-promoteur de thèse : Docteur Jean-Luc Baert

Institut de Biologie de Lille, UMR 8117, CNRS

Régulation Transcriptionnelle du Gène Suppresseur de Tumeur brca2 chez la

Souris

Nathalie CALLENS

Thèse présentée en vue de l’obtention du grade de Docteur en Sciences Biomédicales

2002

(3)

Tho^^gO

UNIVERSITE LIBRE DE BRUXELLES

Faculté de Médecine

Promoteur de thèse : Professeur Yvan de Launoit U.L.B, Laboratoire de Virologie Moléculaire Co-promoteur de thèse : Docteur Jean-Luc Baert

Institut de Biologie de Lille, UMR 8117, CNRS

Régulation Transcriptionnelle du Gène Suppresseur de Tumeur brca2 chez la

Souris

Nathalie CALLENS

Thèse présentée en vue de l’obtention du grade de Docteur en Sciences Biomédicales

2002

(4)

Ü^merciements

Aux membres de ce jury qui m’ont fait l’honneur déjuger cette thèse.

Monsieur le Professeur Marc Abramovicz Monsieur le Professeur Vincent Bours Monsieur le Professeur Daniel Christophe Monsieur le Professeur 7ea/i Feunteun Monsieur le Professeur Michal Svoboda Monsieur le Professeur Gilbert Vassart

Monsieur le Professeur Jea/i-LMC Baert, Co-Directeur de thèse Monsieur le Professeur Yvan de Launoit, Directeur de thèse

* Mes plus sincères remerciements.

Au terme de ce travail, je voudrais remercier tout particulièrement Yvan de Launoit.

Tu as pris le ‘risque’ de m’intégrer au sein de tes deux laboratoires ; l’un à Bruxelles et l’autre à Lille. Même s’il en restera des traces, cette belle aventure touche à sa fin. Je me souviendrai de ton optimisme à toutes épreuves, ta gentillesse et ta simplicité. Ce manuscrit me permet de te témoigner ma sincère admiration tant sur le plan scientifique que sur le plan humain.

Un grand merci à Jean-Luc Baert, mon promoteur d’adoption à Lille. Une grande partie de ce travail n’aurait pas été possible sans ta contribution. Tu es intervenu au moment de mon parcours initiatique où l’ADN s’est accompagné de partenaires protéiques. Je regretterai nos réunions quotidiennes ; le café pour bien commencer la journée et les discussions à propos d’éventuels contrôles à ajouter (histoire d’être sûrs de ne pas raconter n’importe quoi !). Ce travail est aussi un peu le tien. Pour ta gentillesse, ta compétence, ton enthousiasme et surtout pour tout le reste, merci !

Un grand merci au Professeur/acçues Simard qui m’a accueillie dans son laboratoire

à Québec ti Martine Dumont qui m’a beaucoup appris.

(5)

Je remercie Carine Van Lint ainsi que tout le personnel de son laboratoire pour leur collaboration dans ce travail. Je remercie tout particulièrement Nan de m’avoir fourni des outils indispensables à ce travail.

Je remercie Agnès Bègue. Tu as guidé mes premiers pas dans ma carrière d’apprentie scientifique. Pour ton aide et ton soutien, merci !

Je remercie tout particulièrement lolanda Mazza, de son aide, son optimisme et sa bonne humeur. Ton rire et ton sourire auront illuminé mon passage dans le laboratoire de Bruxelles.

Je tiens également à remercier Philippe Maurer. En plus d’être un lien Bruxelles-Lille (vive les ragots!), tu as été un ami très cher. J’ai apprécié ton écoute et ton soutien dans certains moments difficiles. Merci pour ta gentillesse et ta compréhension.

A toutes les autres personnes du laboratoire de Bmxelles, Carmen, Perrine, Racket, France, Pascale, Nicole, Isabelle, Mary-Lou et les autres, pour leur accompagnement tout au long de ce travail, merci !

Je remercie Didier Monté, la mauvaise foi incarnée, de ses conseils. Tu as su faire abstraction (enfin un peu !) du fait que je suis une femme, une belge et une blonde pour me guider dans mon travail. Tu as été indispensable à mon défoulement quotidien.

Je remercie tout particulièrement Zoulika Kherrouche de son soutien durant tout ce travail de thèse. Je te souhaite bonne route....

Je remercie Laurent Goutte de m’avoir appris un vocabulaire sans lequel il m’aurait été difficile de communiquer dans ce laboratoire.

Je remercie Anne Chotteau. Tu as été ma colocataire de bureau. Tu as su écouter mes

plaintes et râleries sans jamais sourciller. Tu m’as souvent aidée à remonter ma glycémie avec

tes petits biscuits. Pour ta bonne humeur tout au long de ces années, merci !

(6)

Je remercie également Isabelle Damour, Anne Flourens et Nathalie Tomavo. Nos discussions à la paillasse café m’ont aidée à rendre la vie du laboratoire plus agréable.

Je tiens à remercier toutes les personnes de rUMR 8117 et de l’UMR 8526 que je n’ai pas citées mais qui ont contribué chacune à leur façon à la réalisation de ce travail de thèse. Je pense particulièrement aux dames de la laverie qui, dans la bonne humeur, ont participé tous les jours à cette thèse.

Merci également au Professeur Dominique Stéhelin de m’avoir accueillie à l’Institut de Biologie de Lille.

J’adresse un grand merci au Docteur/ea/i Dubuisson de m’avoir accordé sa confiance pour l’année prochaine.

»

J’adresse un grand merci à mes parents et à ma famille qui ont toujours cru en moi et m’ont permis de réaliser mes études.

Enfin, je voudrais remercier Héloïse, ma fille. Ta naissance a été un tournant majeur de mon existence. Ton rire et tes mimiques m’ont encouragée tout au long de ce travail. Grâce à toi, j’ai appris à prendre du recul vis-à-vis de la vie en général et de la biologie en particulier.

Je ne saurais conclure ces remerciements sans en adresser un tout particulier à Tomy.

A chaque instant tu as été au cœur de ce travail, tu as été à l’écoute jour après jour. Tu as accepté mes absences et compris mes moments de désespoir et toujours tu as su me redonner confiance. Sois assuré de tout mon Amour.

Enfin, je dédie cette thèse àRudy, l’homme aux dix doigts d’or...

(7)

Qrand est k vide que tu nous as Caissé

Mais si cfïers sont [es souvenirs passés.

(8)

ABREVIATIONS

ADN Acide DéoxyriboNucléique

ADNc Acide DéoxyriboNucléique complémentaire

AP-1 Activator Protein 1

ARN Acide RiboNucléique

ARNm Acide RiboNucléique messager ARN polll ARN polymérase de type II ATF Activating Transcription Factor

ATP Adénosine TriPhosphate

BRCAl Breast Cancer de type 1 BRCA2 Breast Cancer de type 2

CRE cAMP Responsive Elément

CREB CRE binding Protein

CREM CREB Modulator

DBD DNA Binding Domain

DRIP vitamine D3 Receptor Interacting Protein

EBS 'ETS Binding Site

ELFl E74-Like Factor

ELKl ETS-like 1

ERF Ets2 Repressor Factor

ERG Ets Related Gene

ERM Ets Related Molécule

ESEl Epithelium Spécifie Etsl

ETS E-Twenty-Six

ETSl E-Twenty-Six oncogene 1

ETS2 E-Twenty-Six oncogene 2

ETVlà6 Ets Translocation Variant 1 à 6

EWS Ewing Sarcoma

FEV Fith Ets Variant

FUI Friend Leukemia Intégration I

FOS Finkel Biskis jinkins Osteosarcoma oncogene

GABP GA Binding Protein

GST Glutathione S-Transferase

HAT activité Histone Acétyl Transferase HDAC activité Histone DéAcétylase

HLH Helix-Loop-Helix

HTH Helix-Tum-Helix

JUN JU-Nana ( dix-sept en japonais)

LEFl Lymphocytes Enhancer binding Factor I

MED MEDiator

NCoR Nuclear receptor CoRepressor

Net New ETs factor

(9)

NF k B Nuclear Factor Kappa B

FAX facteur de transcription à domaine Paired boX

PCAF p300/CBP Associated Factor

PEA3 Polyomavirus Enhancer A binding protein 3

PIC Préinitiation Complex

PUl Purine rich 1

SMCC SRB/MED Containing Cofactor

SMRT Silencing Mediator for Retinoic acid and Thyroid hormone receptors

SRB Suppressor of RNA polymerase B

TAF TBP Associated Factor

TBP TATA Binding Protein

TEL Translocated Ets Leukemia

ZF Zinc Finger

NOMENCLATURE ‘

Pour l’écriture des gènes, des transcrits et des protéines, nous avons suivi la nomenclature suivante :

Les noms des gènes sont toujours en lettres minimales et en italique Les noms des transcrits sont en lettres minuscules

Les noms des protéines sont en lettres Majuscules

Les mots anglais sont en italique

(10)

Avant-propos

Le cancer est une maladie complexe caractérisée par une prolifération anormale des cellules. Presque tous les tissus de notre organisme peuvent être affectés par ce dérèglement dont les causes, les évolutions et les conséquences sont très diverses.

Il existe plus d’une centaine de maladies cancéreuses. Parmi les différents types de cancers, le cancer du poumon est la forme de cancer la plus fréquente chez l’homme (17%) suivi du cancer colorectal (13%). Chez la femme, le cancer du sein représente près de 30%

des cas de cancers. On estime que 5 à 10 % de ces cancers du sein seraient d’origine héréditaire.

Le cancer du sein, considéré comme un problème de santé publique, préoccupe depuis plusieurs années des équipes de chercheurs. Des progrès dans le domaine de la biologie moléculaire ont permis d’identifier deux gènes, brcal et brca2, impliqués dans la transmission héréditaire du cancer du sein. Un déficit fonctionnel de ces gènes concerne près de 85% des cas de cancer du sein héréditaire.

Récemment, ces gènes ont été impliqués dans certains cancers du sein d’origine sporadique où l’on observe des variations dans leurs niveaux d’expression. En effet, 20% des cancers du sein d’origine sporadique surexpriment l’ARN messager du gène brcal. Ainsi, il nous a semblé intéressant d’étudier les mécanismes moléculaires qui sont à la base du contrôle de la régulation transcriptionnelle de ce gène.

L’étude de la régulation du gène brcal chez l’homme a été entamée. Une région

promotrice minimale a été définie et des sites fonctionnels pour plusieurs facteurs de

transcription ont été identifiés. En revanche, alors que la souris représente le modèle in vivo le

plus utilisé pour l’étude de la cancérogenèse mammaire, aucune information concernant

l’organisation génomique et les mécanismes présidant la régulation du gène murin ne sont

aujourd’hui connus. Nous nous sommes donc proposés d’établir dans un premier temps

l’organisation génomique du gène brcal chez la souris et ensuite d’entamer l’étude de la

régulation transcriptionnelle de ce gène.

(11)

INTRODUCTION 6

I. LE CANCER DU SEIN...6

A. E

pidemiologie

... 6

B. L

esgenesimpliquesdanslaformationdetumeurs

...7

1. Les proto-oncogènes...8

2. Les gènes suppresseurs de tumeur... 9

2.1. Le principe de Knudson... 9

2.2. Exemples de gènes suppresseurs de tumeurs... 9

2.3. Les protéines de la famille BRCA... 10

2.3.1. Les gènes brcal et hrca2 sont des gènes suppresseurs de tumeurs.... 11

2.3.2. Epidémiologie des cancers du sein familiaux attribués à des mutations * dans les gènes brcal et brca2... 12

2.3.3. Caractérisation des gènes brcal et brca2...13

2.3.4. Expression des transcrits brcal et brca2... 15

2.3.5. Les fonctions des produits des gènes brcal et brca2...17

2.3.6. Invalidation des gènes brcal et brca2 chez la souris... 23

2.3.7. Implication des gènes brcal et brca2 dans les cancers du sein d’origine sporadique...25

II. LA REGULATION TRANSCRIPTIONNELLE...:...26

A. L

esacteursdelarégulationtranscriptionnelle

... 26

1. La chromatine... 27

1.1. Modifications des nucléosomes...28

1.1.1. Modifications covalentes...28

1.1.2. Modifications non covalentes des histones... 30

1.2. Modification de l’ADN : la méthylation... 31

2. La machinerie basale de la transcription... 32

3. Les facteurs régulateurs... 34

3.1. Principaux domaines fonctionnels...34

3.1.1. Les domaines de liaison à l’ADN... 34

3.1.2. Les domaines régulateurs de la transcription... 36

3.2. Modulation de l’activité des facteurs de transcription...36

3

(12)

3.2.1. Partenaires protéiques... 37

3.2.2. Modifications post-traductionnelles...37

4. Les cofacteurs transcriptionnels... 38

4.1. Les coactivateurs...39

4.2. Les corépresseurs...39

B. L

esproteinesdelafamille

CREB/ATF

etdelafamille

E

ts

... 40

1. Les facteurs de transcription de la famille CREB/ATF... 40

1.1. Les membres de la famille CREB/ATF... 41

1.2. Les facteurs CREB/ATF et la régulation transcriptionnelle... 41

1.3. Les rôles biologiques des facteurs de transcription CREB... 43

2. Les facteurs de transcription de la famille Ets... 45

2.1. Les membres de la famille Ets... 45

2.2. Les facteurs Ets et la régulation transcriptionnelle... 46

2.3. Les rôles biologiques des facteurs Ets...47

C. R

égulationtranscriptionnelledesgenesbrca

I

etbrca

2... 48

1. Le promoteur du gène brcal...49

2. Le promoteur du gène brca2... 50

RESULTATS...52

/. Contexte...53

2. Etude de l'organisation génomique du gène brca2 murin...54

3. Les facteurs de transcription de la famille Ets, et CREB régulent l'expression du gène brca2 murin...'... 63

4. Les facteurs de transcription de la famille CREB et de la famille Ets interagissent via leurs domaines de liaison à l'ADN... 99

5. L'interaction des facteurs de transcription CREB avec le cofacteur CBP /p300 n 'est pas nécessaire à l'activation du promoteur minimal du gène brca2 murin...100

6. Le mécanisme de régulation du promoteur minimal du gène brca2 murin n 'est pas spécifique de la glande mammaire...101

7. Le promoteur minimal du gène brca2 murin est-il bi-directionnel ?...102

DISCUSSION ET PERSPECTIVES... 104

L LE GENE BRCA2 CHEZ LA SOURIS...105

IL LA REGULATION TRANSCRIPTIONNELLE...107

(13)

A. L

epromoteurminimal

... 107

B. L

esfacteursrégulateurs

...108

1. Le siteEBS... 108

2. Le site CRE... 110

3. La coopération ETS/CREB... 111

4. L'expression tissu spécifique... 114

BIBLIOGRAPHIE... 117

5

(14)

I. LE CANCER DU SEIN

A. Epidémiologie

Le cancer du sein est la malignité la plus fréquente chez la femme et représente dans les pays occidentaux un problème de santé public. On estime aujourd’hui qu’une femme sur 10 en sera atteinte à un moment de sa vie. Depuis les années 1950, on constate une augmentation régulière de l’incidence des cas de cancer du sein. Cette augmentation est de l’ordre de 2% par an (http://www.medisite.fr/femmes.cancersein). Les principaux facteurs de

* risque sont, entre autres :

- L’âge : deux tiers des cancers du sein surviennent après 50 ans. La maladie est rare chez les femmes de moins de 25 ans et tout à fait exceptionnelle en dessous de 20 ans.

- Le sexe : 99% des cancers du sein concernent des femmes.

- L’âge de la première grossesse : Le risque de cancer du sein est plus élevé chez une femme ayant eu une première grossesse après 30 ans que chez une femme ayant eu une première grossesse à 20 ans. Ce risque est encore plus élevé chez les femmes n’ayant pas eu d’enfants.

- Les facteurs hormonaux : Le risque de cancer du sein peut être corrélé à la durée d’exposition aux œstrogènes. C’est ainsi que ce risque augmente chez les femmes ayant eu l’apparition précoce de menstruations et chez les femmes ménopausées sous traitement de substitution aux œstrogènes.

- L’environnement : Les femmes d’origine asiatique ont un risque moindre

de développer un cancer du sein par rapport aux femmes occidentales. Ce

risque s’égalise chez les populations asiatiques immigrées dans les pays

occidentaux après la deuxième génération. Les habitudes alimentaires

semblent jouer un rôle dans l’augmentation du risque de cancer du sein

puisque l’obésité augmente ce risque de 20 % et l’alcoolémie l’augmente

d’environ 200%.

(15)

ligand

Figure 1 : Représentation schématique des événements cellulaires aboutissant à

^expression de protéines contrôlant la progression du cycle cellulaire.

1. Interaction du ligand avec son récepteur spécifique.

2. Activation de cascades de signalisation (transduction)

3. Activation de facteurs de transcription (en vert) et passage dans le noyau dans le noyau (translocation),

4. Régulation de l’expression de gènes codant pour des protéines (en jaune) contrôlant la

progression du cycle cellulaire (réponse cellulaire).

(16)

Les antécédents familiaux : L’existence d’un cancer du sein survenu avant 50 ans chez la mère ou une sœur, multiplie par plus de deux fois la probabilité de développer un tel cancer. On estime que 5 à 10 % des cas de cancer du sein sont d’origine héréditaire.

Le nombre de décès dû au cancer du sein augmente mais de manière plus faible que l’incidence des cas, soit environ 0,5 % par an, et concerne surtout les femmes âgées de 60 à 75 ans, alors qu’il reste stable en dessous de 44 ans. Ceci est probablement lié à une détection précoce de la maladie ce qui entraîne une meilleure prise en charge des patientes. La mammographie et l’autopalpation sont aujourd’hui les seules techniques ayant démontré leur efficacité en terme de prévention.

Au-delà de la maladie, le cancer représente pour les biologistes une énigme passionnante. Depuis plus de 20 ans, des recherches sont réalisées afin de mettre en évidence les mécanismes moléculaires impliqués dans la transformation d’une cellule normale en une

»

cellule cancéreuse. Les résultats, venus de divers horizons de la biologie, ont permis de rendre compte de cette énigme en termes moléculaires grâce à l’identification de gènes du cancer : les proto-oncogènes et les gènes suppresseurs de tumeur.

B. Les gènes impliqués dans la formation de tumeurs.

Dans les conditions normales, une cellule ne se divise que si elle en a reçu l’ordre. Cet

ordre prend naissance à l’extérieur de la cellule pour se terminer dans le noyau (figure 1). Ce

sont un ou plusieurs facteurs de croissance se trouvant dans le milieu intercellulaire qui, en se

liant à leurs récepteurs spécifiques sur la membrane des cellules, vont déclencher une cascade

d’événements (transduction) dans le cytosol. Ces événements font intervenir une série de

protéines dont la plupart sont des kinases. Le signal est ensuite transmis au noyau

(translocation) et aboutit à l’activation de facteurs de transcription qui vont activer la

transcription de gènes responsables du contrôle de la croissance cellulaire tels que les cyclines

(figure 1). Les gènes intervenant dans les différentes étapes de cette voie de signalisation sont

importants pour le fonctionnement normal de la cellule. Ces gènes peuvent être répertoriés en

(17)

Classification Exemples Exemples références

d’oncogènes de cancers

•Facteurs de PDGF Sein et cerveau Escobedo et ai, 1988

croissance ou Neu(erb-B2) Sein, ovaire et glandes Slamonera/., 1989

récepteurs pour les salivaires

facteurs de RET Thyroïde Eng,1997

croissance

KGF (Hst) Estomac Sugimuraeta/.,, 1990

•Protéines Ras Poumon, ovaire, côlon, sein Bos et al., 1988

intervenant dans les Trk Côlon Martin-Zanca et al.,.

cascades 1986

cytoplasmiques v-src Côlon, leucémie Morris et ai, 1989

•Facteurs de c-myc Leucémie, poumon, sein Yokota et ai, 1986

transcription N-myc Cerveau Yokota et ai, 1986

L-myc Poumon Nau et ai, 1985

•Protéines Bcl-2 Prostate, sein, lymphomes Ruvolo et ai, 2001;

intervenant dans les Haldaretn/., 1997

mécanismes

d’apoptose Bcl-xL Pancréas Ghaneh et ai, 2002

•Protéines issues de Translocations de Alava et ai, 2001

translocations EWS-un

chromosomiques membre de la Sarcomes d’Ewing

Pettretai, 1997 famille Ets

Tableau 1 : Liste non exhaustive de differents oncogènes classés d’après leur

fonction normale dans la cellule.

(18)

deux familles : a) Les proto-oncogènes impliqués dans la stimulation de la croissance cellulaire et b) les gènes suppresseurs de tumeur qui au contraire des premiers codent des protéines qui freinent la croissance cellulaire. Ensemble, ces gènes maintiennent un équilibre délicat entre l’activation et l’inhibition de la croissance cellulaire. Leur mutation ou leur dérégulation peut entraîner une prolifération anarchique des cellules caractéristique de la tumorigenèse (Spandidos and Anderson, 1989).

1. Les proto-oncogènes

Les proto-oncogènes sont des gènes impliqués dans les processus moléculaires qui stimulent la différenciation et la prolifération cellulaire. On les trouve à toutes les étapes de la voie de signalisation de la croissance cellulaire. Le nombre de proto-oncogènes déterminés à l’heure actuelle est très élevé. L’activation de proto-oncogènes en oncogènes a lieu lorsqu’une mutation dans leur séquence d’ADN conduit à la production d’une protéine constitutionnellement active ou lorsque le taux de protéines produites est excessif.

L’altération d’une seule copie du gène est suffisante conduire à la perte du contrôle de la division cellulaire. Les cellules peuvent alors se diviser sans nécessiter de signaux extérieurs aboutissant finalement à la constitution d’une masse tissulaire formant la tumeur. H faut noter que chez l’homme l’activation d’un seul oncogène n’est pas capable de provoquer un cancer.

Ceci est illustré par les expériences de l’équipe du Professeur Weinberg dans lesquelles

l’injection, dans des souris immunodéficientes, de cellules exprimant la sous-uhité catalytique

de la télomérase (hTERT) en combinaison avec les oncogènes ras et large-T est capable de

provoquer l’apparition de tumeurs. Cependant, aucune tumeur n’est observée lors de

l’injection de cellules exprimant soit l’oncogène large-T seul ou les deux oncogènes ras et

large-T ou encore l’oncogène large-T et la protéine hTERT. Les chercheurs en ont conclu que

le déclenchement du processus de cancérisation des cellules nécessite l’activation d’une

combinaison de gènes (Hahn et al, 1999). Une liste non exhaustive de différents oncogènes

est présentée dans le tableau 1. Parmi les anomalies les plus fréquentes dans les cas de cancer

du sein, on observe une amplification et/ou une sur-expression des oncogènes neu, myc et ras.

(19)

A.Forme familiale B.Forme sporadique

1

1111

tumeur tumeur

Figure 2: Représentation schématique du principe de Knudson.

A. Forme familiale:

1. Une mutation (en rouge) dans un allèle d’un gène suppresseur de tumeurs est transmise par l’hérédité.

2. Une mutation sur le deuxième allèle (en bleu) est acquise de manière sporadique.

3. La cellule contenant les deux mutations devient la cellule souche de la tumeur.

B. Forme sporadique:

1. Une cellule peut acquérir une mutation (en rouge) dans un allèle d’un gène suppresseur de tumeur lors de la prolifération cellulaire normale.

2. Une mutation (en bleu) sur le deuxième allèle est acquise de manière sporadique dans la même cellule.

3. L’ensemble de ces deux mutations acquises entraîne la formation de tumeur.

(20)

2. Les gènes suppresseurs de tumeur

Les gènes suppresseurs de tumeur, aussi appelés anti-oncogènes, codent des protéines qui freinent la croissance cellulaire. Ils peuvent être subdivisés en deux classes selon leur fonction ; les caretakers qui assurent l’intégrité du génome et les gatekeepers qui inhibent la croissance cellulaire en régulant l’expression de gènes impliqués dans le contrôle de la progression du cycle cellulaire ou de l’apoptose (Kinzler and Vogelstein, 1997). Au contraire des proto-oncogènes, la formation de tumeurs est le résultat de l’inactivation d’un gène suppresseur de tumeur. Dans ce cas, l’altération des deux copies du gène est nécessaire à son inactivation. Ces altérations peuvent être d’origine sporadique ou être transmises par les cellules germinales.

2.7. Le principe de Knudson

Les analyses statistiques de la fréquence et de l’âge d’apparition des formes héréditaires et sporadiques de rétinoblastomes, cancers de la rétine, ont conduit Knudson à proposer un modèle de développement du cancer en deux étapes (Knudson, 1971). La première est l’apparition ou la transmission germinale d’une mutation dans une copie d’un gène suppresseur de tumeur. La deuxième étape est une altération sporadique du second allèle de ce gène suppresseur de tumeur. C’est seulement lorsque les deux allèles d’un gène suppresseur de tumeur sont mutés qu’il y a perte de l’activité protéique et progression de la cellule vers la cancérisation. Le principe de Knudson est illustré dans la figure 2.

2.2. Exemples de gènes suppresseurs de tumeurs

Un grand nombre de gènes suppresseurs de tumeur a pu être mis en évidence par des

analyses cytogénétiques de patients atteints de cancers. En se basant sur le principe de

Knudson, la comparaison du caryotype de ces patients avec celui de personnes saines a

(21)

A. Arrêt du cycle cellulaire

phase S

phase M

B. Apoptose

Figure 3: Fonctions du gène suppresseur de tumeur p53.

A. Arrêt du cycle cellulaire. La progression du cycle cellulaire en phase S nécessite l’activation de l’enzyme Cdk2 qui peut être inhibée par la protéine p21. La progression du cycle cellulaire en phase M nécessite l’activation de l’enzyme Cdc2 qui peut être inhibée par les protéines p21 et GADD45. La protéine p53 active l’expression de ces deux protéines inhibitrices pour induire l’arrêt du cycle cellulaire.

B. Apoptose. L’apoptose peut être induite par la liaison de la caspase 9 sur le cytochrome c et

Apafl. p53 active l’expression des protéines Apafl et Bax. Cette dernière permet la libération

du cytochrome c de la mitochondrie.

(22)

limitées à un petit fragment d’ADN, les régions chromosomiques altérées sont déterminées par la méthode dite « de perte d’hétérozygotie ». Dans ce cas, l’ADN des cellules tumorales est comparé avec celui des cellules saines en utilisant des marqueurs génétiques spécifiques de régions d’ADN.

Le premier gène suppresseur de tumeur identifié a été le gène de prédisposition au développement du rétinoblastome, ce gène a été cloné et nommé Rb pour RetinoBlastoma gene. Dans les formes héréditaires de rétinoblastome, un allèle de ce gène est perdu dans les cellules germinales, tandis que le deuxième allèle a été muté dans une cellule de la rétine qui deviendra la cellule souche de la tumeur (Bookstein et ai, 1988).

Le gène suppresseur de tumeur le plus étudié est sans aucun doute le gène p53. Il est impliqué dans au moins la moitié des tumeurs humaines (Hollstein et ai, 1991). Ce gène a été surnommé gardien du génome et fonctionne comme un facteur de transcription. Lorsque l’ADN d’une cellule a été endommagé, p53 peut activer l’expression de gènes codant des protéines inhibitrices de la progression du cycle cellulaire telles que p21 et GADD45 (figure 3). Le blocage du cycle cellulaire permet à la cellule de réparer son matériel génétique.

Lorsque les altérations de l’ADN sont trop importantes, p53 active l’expression de protéines induisant l’apoptose ou mort cellulaire programmée (figure 3) (Carrier et al, 1994;

Selvakumaran et al, 1994 ; Chan et al, 1997 ). Une liste d’autres exemples de gènes suppresseurs de tumeur est présentée dans le tableau 2.

Dans les cas de cancer du sein, on observe plus particulièrement des mutations inactivant les protéines p53 et les protéines de la famille BRCA. Dans ce travail, j’exposerai les données aujourd’hui recueillies sur le rôle des protéines BRCAl et BRCA2 dans la tumorigenèse mammaire. J’insisterai plus particulièrement sur la protéine BRCA2, cette dernière faisant l’objet de ce travail de thèse.

2.5. Les protéines de la famille BRCA

On estime que 5 à 10 % des cas de cancer du sein sont d’origine héréditaire, c’est-à-

dire qu’ils résultent d’une prédisposition génétique par la perte d’hétérozygotie. Les cancers

du sein d’origine héréditaire sont caractérisés par l’apparition de la maladie à un âge précoce

et ils touchent généralement les deux seins. Aujourd’hui deux gènes principaux de

(23)

localisation cellulaire

Protéines fonction Exemples de

cancer

Références

•Protéines cytoplasmiques

APC Adhésion cellulaire Côlon, rectum et duodénum

Kurahashi et ai, 1995; Nakamura étal, 1992 NF-1 Contrôle les protéines

RAS

Système nerveux Ainsworth, 1993

NF-2 Interaction cytosquelette- membrane

Système nerveux Kaufmann et al.,, 2001

DPC4

»

Inhibe la prolifération cellulaire

Pancréas Howe et ai, 1998

•Protéines nucléaires

BRCAl Réparation de T ADN Sein, ovaire Hall étal., 1992

BRCA2 Réparation de T ADN Sein, ovaire Wooster et al., 1994

MSH2 Maintien de l’intégrité du génome

Côlon, estomac T^ami et ai, 1995

Tableau 2 : Liste non exhaustive de différentes protéines codées par des gènes

suppresseurs de tumeurs.

(24)

susceptibilité au cancer du sein ont été caractérisés chez l’homme, il s’agit des gènes brcal et brcal.

C’est en étudiant le génome de femmes appartenant à des familles dans lesquelles au moins quatre cas de cancer du sein étaient détectés que l’équipe de recherche du Professeur Mary-Claire King a pu cibler le premier gène de susceptibilité au cancer du sein sur la région 21 du chromosome 17. On le baptisa brcal pour "breast cancer type 1 " (Hall et ai, 1992).

La séquence du gène fut complètement réalisée en 1994 (Miki et ai, 1994). Cependant, la moitié des cas de cancer du sein familiaux et aucun cas affectant au moins un homme n’ont pu être attribués à des mutations dans ce gène (Stratton et ai, 1994). C’est pour cette raison que l’existence d’un second gène de susceptibilité a été suspectée. Le gène brcàZ pour "

breast cancer type 2 " a été isolé sur le chromosome 13 en position ql2-13 (Wooster et ai, 1995). La séquence du gène fut complètement réalisée en 1996 (Tavtigian et ai, 1996).

Même si des mutations dans ces deux gènes sont retrouvées dans la majeure partie des cas de cancer du sein familiaux, il reste des cas où aucun de ces gènes n’est altéré. En 2000, la délétion de la région 13q21-q22 a été observée chez plusieurs patients atteints de cancers du sein héréditaires. Ce locus a alors été proposé comme candidat pour contenir un troisième gène de susceptibilité au cancer du sein, brcaS (Thompson et ai, 2002). Aucune donnée concernant la séquence de ce gène n’est disponible à l’heure actuelle.

2.3.1. Les gènes brcal et brca2 sont des gènes suppresseurs de tumeurs.

L’analyse des délétions géniques dans les tumeurs de femmes porteuses de mutations

germinales des gènes brcal ou brca2 a permis de mettre en évidence plus de 200 mutations

dans le gène brcal et plus d’une centaine dans le gène brca2 réparties sur toute la longueur de

ces gènes. Chez toutes ces femmes, on observe une perte d’hétérozygotie c’est-à-dire que

l’allèle perdu est systématiquement l’allèle qui était normal (Comelisse et ai, 1996). Si on se

réfère à la théorie de Knudson, cette observation constitue un argument fort en faveur d’une

activité de gène suppresseur de tumeur. Les gènes brcal et brca2 protégeraient du cancer en

inhibant la croissance cellulaire. Cette hypothèse a été confortée par les résultats des

expériences suivantes :

(25)

La transfection de fibroblastes par un vecteur exprimant un messager antisens du gène hrcal conduit à transformation de ces cellules (Rao et ai,

1996).

L’expression de la protéine BRCA2 par un rétrovirus dans une lignée de cellules cancéreuses pancréatiques, CAPAN-1, a pour effet d’inhiber la croissance de ces cellules en culture et de retarder la prolifération tumorale chez les animaux (Wang et al., 2002).

Comme précédemment, l’expression de la protéine BRCAl dans une lignée de cellules issues de tumeurs mammaires sporadiques induit l’inhibition de croissance de ces cellules (Randrianarison et ai, 2001).

2.3.2. Epidémiologie des cancers du sein familiaux attribués à des mutations dans les gènes brcal et brcal.

Comme nous l’avons mentionné plus haut, la majeure partie des familles affligées d’un taux élevé de cas de cancer du sein possède dans leur bagage génétique le gène brcal ou le gène hrca2 muté. De nombreuses études ont été effectuées afin de déterminer la contribution des mutations de chacun de ces gènes de susceptibilité dans l’apparition de cancer du sein.

Les résultats de ces recherches se recouvrent. En résumé, il apparaît que des mutations dans le gène brcal seraient responsables de 80 % des cas de cancer du sein familiaux associés à des cancers de l’ovaire et d’environ la moitié des cas associés à aucune autre tumeur, l’autre moitié des cas restant est quant à elle liée à des mutations dans le gène brca2. De plus des mutations dans ce gène sont responsables de la plupart des cas où au moins un homme est affecté (Easton et ai, 1993 ; Wooster et ai, 1994 ; Wooster et ai, 1995 ; Ford et ai, 1998 ).

A titre d’exemple, voici les résultats d’une recherche effectuée sur 237 familles comptant au moins quatre cas de cancer du sein. Cinquante deux % des familles présentaient des mutations dans le gène brcal et 32% dans le gène brca2. Aucun de ces gènes n’était muté dans 16% des familles. Dans ces 237 familles, 81% des familles affligées par un cancer du sein associé à un cancer de l’ovaire présentait des mutations dans le gène brcal. Parallèlement, 76% affligées par un cancer du sein affectant au moins un homme présentait des mutations dans le gène

12

(26)

doigt de zinc (a.a. 24 à 64)

Signaux de Localisation

nucléaire

Motif granine

Motif BRCT

(a.a. 1642 à 1736 et 1758 à 1842) Activation transcriptionnelle

(a.a. 1528 à 1863)

BRCAl 1863 a.a.

BARDl RAD50 RAD51 HDACl/2

BAPl pS3 (a.a. 758-1064) CBP/P300

RNA hélicase BRCA2

Activation BRC: 8 répétitions

Signal de transcriptionnelle

(a.a. 1421 à 2085) Motif Localisation

(a.a. 23 à 105)

---- ►

granine nucléaire

◄---

BRCA2 3418 a.a.

D I

R A 1)51

Figure 4: Représentation schématique des protéines BRCAl et BRCA2 humaines.

Les principaux domaines fonctionnels ainsi que des protéines interagissant avec ces différents domaines sont

indiqués.

(27)

brcal (Ford et al., 1998). Alors qu’on estime à 1% le risque de développer un cancer du sein chez la femme âgée de 50 ans et à 10% à l’âge de 70 ans, la transmission germinale d’une mutation dans le gène brcal porte ce chiffre à 49% à l’âge de 50 ans et à 71% à l’âge de 70 ans. Chez les porteurs d’une mutation dans le gène brca2 ce risque est estimé à 29% à l’âge de 50 ans et à 63% à l’âge de 70 ans (Ford et al, 1998 ).

En ce qui concerne le gène brcaS, son implication dans l’apparition de cancers du sein semble concerner moins de 1 % de cas (Kainu et al, 2000 ; Thompson et al, 2002).

2.3.3. Caractérisation des gènes brcal et brcal

Bien que leurs fonctions semblent être similaires, ces gènes ne possèdent pas d’identité de séquence. J’exposerai donc séparément les données concernant l’organisation génomique de ces gènes et l’identification de certains domaines qui semblent important pour leur

»

fonction de gène suppresseur de tumeur (figure 4).

-BRCAl : du gène à la protéine

Le gène brcal humain est constitué de 24 exons dont 22 sont des exons codants.

L’exon 11 représente à lui seul plus de 60% de la séquence codante. L’exon 5 est une séquence Alu répétée. Les deux premiers exons du gène sont non codants (l’exon la et exon Ib) et peuvent être épissés de manière alternative (Xu et ai, 1995). Ce gène est transcrit en un ARNm de 7.8 kb et code une phosphoprotéine nucléaire de 1863 acides aminés (Miki et al, 1994). Cette protéine possède 4 domaines qui présentent des identités de séquences avec des motifs polypeptidiques connus. Une représentation schématique de ces domaines est présentée dans la figure 4. Le premier est un motif situé en position N-terminale de la protéine constitué de résidus cystéine et histidine adoptant une conformation structurelle conservée dite en doigt de zinc (Saurin et al, 1996). Chez d’autres protéines, ce domaine est responsable d’interactions protéine-protéine ou protéine-ADN. Il a été montré des interactions entre ce domaine et la protéine BARDl qui est impliquée dans l’induction de l’apoptose (Irminger- Finger et al, 1999; Irminger-Finger et ai, 2001), de même qu’avec la protéine BAPl (5RCA1 Associated Protein) dont le rôle reste à déterminer (Jensen et al, 1998). Le deuxième motif, situé en position C-terminale, est constitué de deux régions riches en acides

13

(28)

aminés hydrophobes appelées domaine BRCT pour " Breast Cancer C-Terminal Comme le domaine en doigt de zinc, ces deux régions semblent représenter une surface d’interaction avec d’autres protéines. Plusieurs protéines telles que la RNA hélicase, le coactivateur transcriptionnel CBP/p300, la protéine BRCA2 et des histones désacétylases interagissent avec la protéine BRCAl via le domaine BRCT (Anderson et al., 1998 ; Yarden and Brody, 1999; Pao et al., 2000 ). Ce domaine qui a été caractérisé pour la première fois chez BRCAl, est également présent dans des protéines impliquées dans la synthèse ou la réparation de l’ADN (Callebaut and Momon, 1997 ; Saka et al., 1997; Thomton et al., 1999 ). Un troisième domaine est une région riche en résidus acides située en position C-terminale qui correspond à un domaine transactivateur retrouvé dans des protéines régulatrices de la transcription. Le dernier domaine est un motif analogue au motif consensus des protéines de la famille granine qui sont des protéines riches en acides aminés acides et qui sont impliquées dans le transport vésiculaire (Jensen et ai, 1996 ; Steeg, 1996). Le rôle de ce motif dans la protéine BRCAl n’est pas encore élucidé. Hormis ces différents domaines, la protéine BRCAl ne possède aucune similarité avec d’autres protéines connues.

Cependant, d’autres domaines semblent être importants pour les interactions protéine- protéine. Il s’agit en particulier d’un domaine localisé dans la portion centrale de la protéine (figure 4). La structure précise de ce domaine n’est pas bien définie néanmoins on sait que des protéines telles que la protéine p53 et les protéines RAD50 et RAD51 (impliquées dans la réparation de l’ADN, Trujillo et al., 1998) interagissent avec la protéine BRCAl via cette région (Zhang et al., 1998 ; Zhong et ai, 1999). C’est également dans cette portion de la protéine que se trouvent deux signaux de localisation nucléaire (figure 4).

Au cours de l’évolution, la protéine BRCAl ne s’exprime que chez les mammifères où

sa conservation de séquence est assez faible par rapport à d’autres protéines. En effet, la

protéine BRCAl murine ne présente que 58% d’identité de séquence avec la protéine

humaine. Le domaine en doigt de zinc et les domaines BRCT sont quant à eux bien conservés

avec 83 et 91 % d’identité de séquence (Szabo et ai, 1996).

(29)

-BRCA2 : du gène à la protéine

Ce gène, organisé en 27 exons, s’étend sur plus de 70 kpb. Les exons 1 et 27 sont non codants. Les exons 10 et 11 représentent 60% de la séquence codante. Le transcrit de 11 kb code une phosphoprotéine nucléaire de 3418 acides aminés (Wooster et ai, 1995).

Comme BRCAl, la protéine BRCA2 ne présente que peu de ressemblance avec des protéines connues. Elle possède un motif, situé dans la région N-terminale présentant une similarité de séquence avec le domaine d’activation de la transcription du facteur de transcription c-JUN (figure 4). A l’extrémité C-terminale de la protéine se trouve également un motif granine dont le rôle reste à déterminer. Le signal de translocation nucléaire se trouve aussi dans cette région (figure 4).

La protéine BRCA2 est caractérisée par 8 motifs de 30 à 80 acides aminés répétés dans l’exon 11, Ces motifs ^ont appelés BRCl à BRC8. Les motifs BRCl, BRC2, BRC3, BRC4, BRC7 et BRC8 sont responsables de l’interaction de la protéine BRCA2 avec la protéine RAD51, impliquée dans les mécanismes de réparation de l’ADN (Wong et ai, 1997 ; Chen et al, 1998 ). Le rôle des motifs BRC5 et BRC6 est inconnu.

De la même manière que BRCAl, la protéine BRCA2 n’a été identifiée que chez les mammifères où sa conservation de séquence est également assez faible. En effet, la protéine BRCA2 murine ne présente que 59% d’identité de séquence avec la protéine humaine. Des régions de la protéine sont quant à elles mieux conservées. C’est le cas des motifs BRC interagissant avec la protéine RAD51 que l’on trouve chez la protéine de singe, de souris, de porc et de hamster. Les motifs BRC5 et BRC6 dont le rôle n’est pas connu, sont moins conservés (Bignell et al, 1997 ; McAllister et al, 1997 ). Le domaine homologue au domaine de transactivation de la protéine c-JUN est également bien conservé. Comme nous le verrons par la suite, ce domaine est capable d’activer la transcription lorsqu’il est fusionné au domaine de liaison à l’ADN de la protéine GAL4.

2.3.4. Expression des transcrits brcal et brca2

Le messager du gène brcal et de celui du gène brca2, ont une taille respective à 7.8 kb et 11 kb. De manière générale, ces deux messagers possèdent le même schéma d’expression au cours de l’embryogenèse et chez l’adulte.

15

(30)

Brca2

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Brcal

Actine

Figure 5: Etude par RNAse protection de l’expression des ARNmessagers brcal et brca2 durant le développement embryonnaire chez la souris.

Cette étude a été effectuée aux jours 6.5, 13.5 et 18.5 du développement embryonnaire (Marquis et al, 1995).

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28S

Figure 6: Etude de l’expression des ARNmessagers brcal et brcal dans les tissus murins adultes par RNAse protection (Marquis et al., 1995).

Les ARNmessagers ont été testés par Northern blot et sont représentés en bas.

(31)

•Expression durant l’embryogenèse

Une seule étude de l’expression du transcrit brcal a été effectuée chez l’embryon humain. Cette étude a été réalisée sur la glande mammaire de foetus âgés de 15 à 33 semaines.

Les résultats de cette expérience montrent une diminution du niveau d’expression du transcrit avec l’âge du fœtus (Magdinier et al, 1999).

Les autres études d’expression des gènes brcal et brca.2 durant l’embryogenèse ont été effectuées chez la souris dont le développement embryonnaire dure 21 jours. Les résultats d’une étude effectuée en 1995 montrent que les messagers brcal et brcal sont exprimés faiblement durant tout le développement embryonnaire. Le niveau d’expression maximal est atteint au jour 13.5 de développement (figure 5) (Marquis et ai, 1995 ; Rajan et ai, 1997).

Concernant les territoires d’expression, ces deux transcrits s’expriment généralement dans des tissus présentant des processus de prolifération et de différenciation intense tels que le foie,

»

les glandes salivaires, le thymus, etc... (Lane et ai, 1995 ; Marquis et ai, 1995 ; Rajan et ai, 1997). Mis à part le cerveau dans lequel seul brcal s’exprime, le schéma d’expression des deux transcrits est donc le même durant le développement embryonnaire murin.

-Expression chez l’adulte

Les études de l’expression des messagers brcal et brca2 chez l’adulte ont été effectuées tant chez l’homme que chez la souris. Dans ces deux espèc'es, le schéma d’expression est pratiquement identique pour les deux messagers. Le transcrit de chacun des gènes est faiblement détecté dans tous les tissus (mis à part le cerveau où seul brcal s’exprime) avec des taux d’expression cependant plus marqués dans les testicules, le petit intestin, le thymus et la rate (figure 6). Ces organes sont caractérisés par des processus de prolifération et de différenciation intenses (Marquis étal, 1995 ; Rajan et ai, 1997).

Dans la glande mammaire, l’expression est principalement épithéliale. C’est ainsi que la tumorigenèse mammaire, due à des mutations dans ces gènes de susceptibilité, touche principalement l’épithélium. Le niveau d’expression des transcrits dans la glande mammaire de souris nullipares immatures de 2 à 5 semaines (les glandes mammaires sont en développement) est significativement plus élevé que chez les souris vierges matures de 10 à 15 semaines (figure 7). En ce qui concerne les territoires d’expression, les transcrits sont

16

(32)

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Figure 7: Etude par RNAse protection de l’expression des ARNmessagers brcal et brca2 dans la glande mammaire de souris à différents stades de développement.

Cette étude a été effectuée dans la glande mammaire de souris vierges, en gestation, en lactation et

en involution (Marquis et al., 1995).

(33)

exprimés de façon plus intense dans les bourgeons terminaux que dans les canaux adjacents.

Les bourgeons terminaux sont des structures non différenciées qui donneront naissance à des canaux différenciés après la puberté. Ils contiennent donc des cellules à prolifération rapide et en pleine différenciation. Après la puberté, le taux d’expression des transcrits diminue puisque les bourgeons terminaux se sont différenciés. Lors d’une grossesse, le taux d’expression des transcrits est modifié. Ici encore, la glande mammaire subit des processus de prolifération rapide et de différenciation. En effet, les cellules des bourgeons alvéolaires doivent se diviser et se différencier afin de former les alvéoles contenant le lait. Ce phénomène se produit à un stade précoce de la grossesse et est associé à une augmentation du taux d’expression des transcrits brcal et brca2. En revanche, ce taux d’expression diminue pendant la lactation et l’involution (régression de la glande mammaire après la lactation) (figure 7). Cependant, il faut noter que cette diminution ne rétablit pas le taux d’expression de base puisque le taux de messager après l’involution reste supérieur à celui observé chez des souris vierges du même âge ^Marquis et ai, 1995 ; Rajan et al, 1996).

En résumé, on peut dire que, comme durant l’embryogenèse, les transcrits brcal et brca2 s’expriment chez l’adulte principalement dans des tissus à prolifération rapide et/ou engagés dans des processus de différenciation. Par ailleurs, l’expression des transcrits brcal et brca2 est dépendante du cycle cellulaire puisque les messagers sont induits durant la phase tardive G1 du cycle cellulaire, juste avant la synthèse de l’ADN. Le niveau d’expression maximale se maintient durant les phases S et G2 du cycle cellulaire (Vaughn et al, 1996).

2.3.5. Les fonctions des produits des gènes brcaL et brca2

Avant de déterminer les mécanismes par lesquels des mutations dans un gène induisent un cancer du sein, il est essentiel de comprendre comment ce gène fonctionne au sein de l’organisme dans des conditions normales. C’est pour cette raison que de nombreuses études ont été effectuées afin d’élucider comment les protéines BRCAl et BRCA2 remplissent leur rôle de gène suppresseur de tumeur dans les cellules saines.

Les gènes suppresseurs de tumeur peuvent agir en maintenant l’intégrité du génome par des mécanismes favorisant la réparation de l’ADN. Ils sont appelés des caretakers (gardien du génome). Ils peuvent également remplir leur rôle en exerçant un contrôle strict de la croissance cellulaire par la régulation de l’expression de certains gènes impliqués dans la progression du cycle cellulaire. Ils sont alors appelés des gatekeepers.

17

(34)

ADN endommagé

recombinaison homologue

Figure 8: Représentation schématique des deux mécanismes principaux de réparation de l’ADN chez les mammifères.

A Non Homolosous End Joinins ou NHEJ: L’ADN est soudé (en rouge) au niveau du site de cassure.

B Recombinaison homologue: un échange de matériel génétique est effectué entre les

chromatides soeurs (en noir et en bleu) pour permettre à la polymérase de remplir les

séquences manquantes au niveau du site de cassure.

(35)

Les gènes brcal et brca2 sont à la fois des caretakers et des gatekeepers.

-Les gènes brcal et brcal sont des gardiens du génome

Le classement des gènes brcal et brcal parmi les gènes caretakers provient des observations effectuées sur des cellules déficientes pour ces gènes. Ainsi, des cellules murines exprimant une protéine BRCA2 tronquée montrent des anomalies chromosomiques qui s’accumulent au fur et à mesure des divisions cellulaires (Patel et ai, 1998). D’un point de vue microscopique, on observe des cassures chromosomiques et/ou des structures triradiales ou tétraradiales. L’analyse caryotypique révèle des translocations, des délétions et des fusions chromosomiques (Yu et ai, 2000). Les mêmes anomalies chromosomiques sont observées dans des cellules murines brcal-/- et dans des cellules humaines déficientes pour le gène brcal ou brcal (Gretarsdottir et ai, 1998 ; Ban et ai, 2001). Par ailleurs, des études réalisées chez la levure montrent que'des cassures de l’ADN double brin mal réparées conduisent à la formation d’anomalies chromosomiques semblables à celles observées chez les cellules brcal-/- ou brcal-/- (Kraus et al, 2001). Chez les mammifères, ces cassures sont réparées par deux mécanismes principaux illustrés dans la figure 8 :

- la recombinaison homologue qui consiste en un échange de matériel génétique entre chromatides sœurs ou chromosomes homologues. Ce mécanisme n’est source d’aucune erreur génétique et est également utilisé pour la réplication de l’ADN en phase S du cycle cellulaire.

- la NHEJ pour « non homologous end joining » consiste à relier les deux extrémités de l’ADN au niveau des cassures. Dans ce cas, il peut y avoir des erreurs puisque la liaison ne tient pas compte de séquences manquantes au niveau du site de cassure. Il est clair que si des extrémités de chromosomes différents ou de régions non adjacentes du même chromosome sont reliées par NHEJ, on assiste à des translocations ou des délétions chromosomiques.

Le choix entre l’un ou l’autre de ces mécanismes de réparation de l’ADN semble être guidé par le cycle cellulaire puisqu’il a été montré que la recombinaison homologue s’effectue préférentiellement à la NHEJ durant les phases S et G2 du cycle cellulaire (Haber, 2000).

18

(36)

Puisque c’est à ce moment là que les protéines BRCAl et BRCA2 sont fortement exprimées, il a été proposé que ces protéines jouent un rôle dans le contrôle de la recombinaison homologue. Plusieurs travaux sont venus conforter cette hypothèse chromosomiques (Davies et ai, 2001 ; Tutt et ai, 2001; Yang et ai, 2002). Par exemple, des chercheurs ont créé une lignée cellulaire murine exprimant de manière conditionnelle une protéine BRCA2 tronquée à la place de la protéine sauvage. Ils ont ainsi démontré que la perte de fonction de cette protéine se traduit par un défaut de recombinaison homologue ayant pour conséquence l’utilisation de la NHEJ, donc l’accumulation d’erreurs produisant des anomalies chromosomiques (Tutt et ai, 2001).

La question est de savoir comment brcal et brcal interviennent dans le mécanisme de réparation de l’ADN par recombinaison homologue. De récentes données démontrent que BRCA2 joue un rôle important dans la réparation de l’ADN par le transport de la protéine RAD51 au niveau du site de cassure (Yang et ai, 2002). Cette protéine est l’homologue eucaryote de la protéine Rec A chez la bactérie connue pour son implication dans la réparation de l’ADN par recombinaison homologue. La protéine BRCAl remplirait plutôt une fonction plus générale de lien entre les signaux de dommage à l’ADN émis à la cellule et la mise en place du système de réparation au niveau du site de cassure.

-BRCA2 exerce un contrôle sur la protéine RAD51

En 1997, des études de double hybride chez la levure utilisant une fusion Rad51-LexA comme appât et une banque de cDNA de thymus de souris comme proie ont permis de démontrer une interaction physique entre cette protéine et la protéine BRCA2 (Mizuta et ai, 1997). Le domaine d’interaction de la protéine BRCA2 avec la protéine RAD51 a été défini.

Il s’agit du motif BRC codé par l’exon 11 du gène brcal (Wong et ai, 1997).

La protéine RAD51 possède un activité catalytique centrale dans le mécanisme de

réparation de l’ADN par recombinaison homologue. Elle fixe l’ADN au niveau du site

endommagé sous forme d’un nucléofilament qui initie le croisement de séquences

homologues pour l’échange de matériel génétique. La formation du nucléofilament est inhibée

in vitro par l’utilisation de peptides correspondant aux motifs BRC3, BRC4 ou BRC7 de la

protéine BRCA2 (Chen et ai, 1999 ; Davies et ai, 2001). Dans ce cas, la protéine RAD51,

qui polymérise normalement spontanément pour former le nucléofilament, reste sous forme

(37)

1

2

3

4

a Complexe BRCA2/RAD51

inactif

t

Phosphorylation de BRCA2 ou/et RAD51?

TTHP jÿTT

Formation du nucléofilament sur l’ADN endommagé

H Initiation de la recombinaison homologue

H Déphosphorylation de BRCA2 ou/et RAD51?

:xnm Cg

_ I I I I Complexe

BRCA2/RAD51 ADN réparé

Figure 9: Modèle du contrôle de la protéine RAD51 par la protéine BRCA2

(1) La protéine BRCA2 (en violet) séquestre la protéine RAD51 (en vert) sous forme d’un

complexe BRCA2/RAD51. Ce complexe empêche la formation du nucléofilament RAD51

nécessaire à l’initiation de la recombinaison homologue. (2) Un signal transmis à la cellule suite

à la présence d’une lésion dans l’ADN module le complexe BRCA2/RAD51 et le rend actif (par

exemple, la phosphorylation de BRCA2 et/ou RAD51). RAD51 polymérise pour former le

nucléofilament et se rend au niveau du site d’ADN endommagé.(3) Initiation de la recombinaison

homologue. (4) Une fois l’ADN réparé, un signal est transmis à la cellule permettant le

rétablissement du complexe BRCA2/RAD51 sous sa forme inactive (exemple déphosphorylation

de BRCA2 et/ou RAD51). (Davies et al., 2001).

(38)

monomérique. Ceci suggère que la liaison de la protéine RAD51 à la protéine BRCA2 inhibe la formation de nucléofilaments et donc l’induction de la recombinaison homologue. En contrôlant RAD51, BRCA2 éviterait un taux excessif de recombinaison homologue dans la cellule pouvant induire l’apoptose de la cellule. Les chercheurs ont proposé un modèle dans lequel BRCA2 séquestrerait la protéine RAD51 sous forme d’un complexe BRCA2-RAD51 inactif (figure 9). Ce modèle implique que des dommages de l’ADN produisent des signaux conduisant au changement de conformation du complexe RAD51-BRCA2 inactif en une forme active amenant RAD51 au niveau du site endommagé pour former le nucléofilament (figure 9). Ces signaux peuvent être l’activation de protéines kinases phosphorylant soit BRCA2, soit RAD51, soit les deux protéines (Davies et al., 2001). De plus, BRCA2 pourrait remplir son rôle de gène suppresseur de tumeur en contrôlant le transport de la protéine RAD51 au site de cassure de l’ADN. En effet, contrairement à la protéine BRCA2, la protéine RAD51 ne possède pas de signal de localisation nucléaire. Des chercheurs ont montré que dans des cellules exprimant une protéine BRCA2 tronquée de sa partie C-terminale comprenant le signal de localisation nucléaire, la protéine RAD51 ne rejoint pas le noyau et reste cytoplasmique (Davies et ai, 2001). BRCA2 remplirait son rôle suppresseur de tumeur en contrôlant à la fois l’activité de la protéine RAD51 ainsi que son transport au niveau du site où l’ADN est endommagé. Ce modèle expliquerait pourquoi des cellules déficientes pour BRCA2 accumulent des anomalies chromosomiques. Récemment, l’identification de la structure tridimentionnelle de la région carboxiterminale située en aval des motifs BRC a permis de compléter ce modèle. En effet, des études ont montré que cette région était capable de lier l’ADN simple brin au niveau des sites de cassures (Yang et ai, 2002). De plus, cette région stimule in vitro la réparation de l’ADN par la protéine RAD51 (Yang et al., 2002).

L’hypothèse actuelle serait ainsi que BRCA2 est l’adaptateur de RAD51 sur les sites d’ADN endommagé. L’affinité de BRCA2 pour l’ADN simple brin permettrait d’amener la protéine RAD51 au niveau du site de cassure.

-BRCAl est un lien dans la cascade de signalisation des dommages à l’ADN

Bien que des expériences de co-immunoprécipitation ont montré une interaction

physique entre les protéines BRCAl et RAD51, cette interaction ne semble pas être le

mécanisme d’action principal de BRCAl dans le contrôle de la réparation de l’ADN (Scully

(39)

et al, 1997). Le rôle exact de BRCAl dans ce phénomène est encore flou. Cependant, quelques données suggèrent une fonction de cette protéine en tant que lien entre des dommages à l’ADN et la réponse cellulaire à ces dommages. Des études attestent du rôle de BRCAl dans la réponse aux dommages à l’ADN (Chen et al, 1996). En effet, il a été montré que la protéine BRCAl était très vite phosphorylée en phase S suite à un dommage de l’ADN et que cette protéine rejoignait le site d’ADN endommagé. Ceci suppose que cette protéine puisse agir sur le contrôle de la progression du cycle cellulaire. En accord avec cette hypothèse, il a été montré que la protéine BRCAl pouvait être phosphorylée in vitro par les protéines kinases ATM, ATR et CHEK2 dont les protéines homologues chez la levure sont connues pour jouer un rôle important dans la signalisation des dommages à T ADN (Coïtez et al, 1999 ; Tibbetts et al, 2000 ; Lee et al, 2001 ).

On ne sait pas comment la phosphorylation de BRCAl par ces protéines joue un rôle dans le mécanisme de réparation de l’ADN si ce n’est que la phosphorylation pourrait favoriser l’interaction de BRCAl avec des complexes de remodelage de la chromatine. Ceci favoriserait l’accès à la machinerie de réparation de l’ADN ou avec d’autres protéines contrôlant l’expression de gènes impliqués dans le contrôle de la progression du cycle cellulaire. Il s’agit là d’une fonction de gatekeeper.

En résumé, on peut dire que les protéines BRCAl et BRCA2 sont toutes les deux impliquées dans le contrôle de l’intégrité du génome. Bien que d’autres études sont nécessaires à la compréhension de leurs mécanismes d’action, il semblerait néanmoins que ces mécanismes soient différents pour chacune de ces deux protéines.

-Les gènes brcal et brca2 peuvent agir comme des gatekeepers

Les protéines BRCAl et BRCA2 possèdent toutes les deux des séquences similaires à des motifs conservés chez des facteurs de transcription. Il s’agit d’une région riche en acides aminés acides dans la partie C-terminale de la protéine BRCAl et d’une séquence homologue au domaine d’activation transcriptionnel de la protéine c-JUN dans la partie N-terminale de la protéine BRCA2. Ces deux domaines sont capables d’activer la transcription lorsqu’ils sont fusionnés à un domaine de liaison à l’ADN hétérologue (Chapman and Verma, 1996 ; Milner et al, 1997). Néanmoins dans le cas de la protéine BRCA2, ce potentiel d’activation de la transcription semble être sous un contrôle négatif interne exercé par deux régions situées de

21

(40)

Gène codant pour la protéine p21 Gène codant pour la protéine GADD45

Dommage à l’ADN

> ++

Gène codant pour la protéine p21 Gène codant pour la protéine GADD45

Arrêt du cycle cellulaire en phase G1 Arrêt du cycle cellulaire en phase G2

Figure 10: Régulation de l’expression des protéines p21 et GADD45 par la protéine BRCAl.

En cas de dommage à T ADN, la protéine BRCAl peut : (1). Se lier à la protéine p53 et renforcer l’expression de la protéine p21 ayant pour conséquence un arrêt du cycle cellulaire au point de restriction situé à la fin de la phase G1

(2). Etre phosphorylée par des

kinases spécifiques des dommages à l’ADN, ce qui a pour conséquence une dissociation du

complexe répresseur BRCAl/ZBRKl sur le promoteur du gène codant la protéine GADD45,

impliquée dans l’arrêt du cycle cellulaire au point de restriction situé dans la phase G2.

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