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L’Adoption de LEO

TROISIEME PARTIE : ANALYSE DES RESULTATS

II. ANALYSE QUALITATIVE DES DISCOURS

II.1. ANALYSES DES ENTRETIENS COMMUNS

II.1.2. L’Adoption de LEO

On assiste ici encore à un démarrage immédiat du discours de l’épouse qui en réponse à la consigne, met en parallèle la mise en acte de l’adoption avec l’ « adoption » de la sœur

de son époux : « moi je pense qu’y a quand même une histoire c’est que bon Alain a une sœur adoptive enfin une enfant qu’avait… » (lignes 2-3).

Le discours est brutalement interrompu par le père, avec une rectification concernant le statut de cette « sœur ». Les nombreuses hésitations, contradictions d’Alain mettent en lumière l’état de surprise, voire de confusion psychologique dans lequel se trouve Alain à l’évocation de la mise en lien de ces deux situations d’adoption : « …Caro enfin ma sœur maintenant qui

enfin non, n’est pas ma sœur qui légalement n’est pas ma sœur… c’est ma sœur mais légalement ça ne l’est pas… » (lignes 5-6).

Lucie poursuit son discours sans tenir compte de l’explication nébuleuse de son époux, pour expliciter son précédent propos et évoquer la certitude d’une mise en acte de ce type, dans le futur : « dans notre tête c’était logique qu’on aurait un enfant adopté ou qu’on aurait un enfant issu euh de la DDASS à la maison pour un placement ou une adoption…c’était logique… ce serait pas forcément le troisième enfant… ça aurait pu être le quatrième… » (lignes 13-16).

L’intervention d’Alain tente de moduler l’allégation de son épouse, en évoquant les problèmes de santé de Lucie lors de ses deux gestations, pour expliquer les motifs de leur ou plutôt de son projet d’adoption, mais il ne rencontre pas d’écho. Celle-ci continue sa narration, persévère dans l’idée d’une cohérence de cette démarche dans leur histoire conjugale, ou plutôt dans la sienne comme le laisse entendre le propos suivant : « moi dans ma tête c’est plus y avait une logique qu’on aurait un enfant en plus qui arriverait comme ça

… » (ligne 24-25). Elle nous confirme que l’adoption d’un enfant, quelle que soit sa place dans la fratrie, est indépendante de sa capacité à procréer : « le deuxième, le troisième ou le quatrième c’est un projet qu’on avait tout jeunes » et que ce projet s’origine dans l’adolescence : « c’est un projet qu’on avait tout jeunes…cette idée-là on l’avait tout jeunes » (lignes 37-38).

Chacun, père et mère, explicite à son tour les circonstances de l’ancrage de ce projet. Puis face à la détermination de son épouse, qui indépendamment de ses sollicitations verbales, maintient son idée : « non mais même dans notre projet de vie on fera des enfants et on aura un enfant adopté» (lignes 50-51), Alain abandonne toute résistance pour « épouser » le discours de son épouse : « et nous pareil… » (lignes 54).

L’accueil de Caro dans la famille d’Alain semble constituer un élément majeur voire moteur pour Lucie, dans son projet d’adoption d’un enfant issu d’une autre lignée : « puisque les deux étaient imbriqués l’un dans l’autre, les deux histoires, voilà la question s’est même pas posée quand on a su que qu’on pouvait pas avoir de troisième enfant, très rapidement on s’est tournés vers l’adoption » (Lignes 31-32). Elle ne tient pas compte du discours de son époux : « donc avec notre projet d’avoir trois enfants… », qui tente de poursuivre son intervention pour clarifier, vainement, les motivations de ses propres parents concernant l’accueil d’un autre enfant. Nous notons des traces d’agacement chez ce dernier qui se traduisent par des interruptions, des rectifications ironiques, et des disqualifications du

discours de son épouse. Pour échapper à cette situation de tension, l’interviewer tente une relance thématique. Elle devient à son tour la cible de son ironie, comme le prouve les séquences suivantes :

P : c’est un p’tit éthiopien, c’est bien ça

Mère : c’est ça

Père : c’est un p’tit français, on a sa carte d’identité… mais c’est un p’tit éthiopien

(lignes 115-120).

Le choix de la couleur de l’enfant est nié par la mère par loyauté envers la philosophie de l’association qui consiste à « donner une famille à un enfant, quel que soit son pays d’origine, son âge ou son sexe, et non l’inverse ». « On avait pas dans l’idée d’adopter un enfant de couleur, maintenant… » .Le père s’empresse de rectifier l’allégation de son épouse par un énoncé ambigu : « et pas non plus de ne pas adopter » (lignes 411-41). En adoptant avec cette OAA, la probabilité d’accueillir un ou une éthiopien(ne) était presque évidente comme le confirme Alain : « après c’est un secret de polichinelle puisque 99% des enfants viennent d’Ethiopie ». La question du pays d’origine de Léo et /ou plutôt de sa couleur ne semble pas aussi clairement assumée par Lucie comme le prouve l’utilisation de nombreuses négations : « ça nous posait pas de souci particulier… ça nous gênait pas spécialement…

enfin ça pose pas de souci…». Lucie semble sensible au regard des autres sur Léo « une fois y a eu une petite mamie qui devait avoir quatre-vingt-dix ans qui a dit ‘’ ben dis donc qu’est-ce qu’il est noir, oh là là qu’est-ce qu’il est noir ‘’ mais voilà c’était…mais sinon y a pas eu de réflexions puis à l’école, y a …» (lignes 450-452).

Lucie exprime un sentiment d’incomplétude qui semble avoir disparu avec l’arrivée de Léo. C’est cet enfant-là qui lui manquait : « pour moi y avait un manque… y avait vraiment un manque… Il me manquait quand même cet enfant-là… faut quand même reconnaitre qu’avant tout ça correspondait à un besoin… cet enfant-là j’avais envie qu’il soit là et il me manquait et d’ailleurs depuis qu’il est là il c’est terminé j’ai plus du tout ce manque…» (lignes 499-508).

De quel enfant parle-t-elle ? D’un enfant venant occuper la place de troisième dans la descendance ou d’un enfant issu d’une autre lignée comme le laissent sous-entendre ces précédents propos. S’agit-il d’un désir d’enfant ou d’un besoin d’enfant ?

Dans le langage commun, nous disons aussi bien que « nous désirons cet objet » ou que

« nous en avons besoin » : autrement dit, nous considérons ces deux notions comme identiques. Toutes deux marquent le manque ou l’absence. Rappelons que le besoin ne se confond pas avec le désir. Il subordonne à leur utilisation les objets dont on manque, au point

qu’ils se réfèrent presque uniquement à la jouissance qu’on peut en avoir. L’intervention de Lucie concernant la nécessaire prise en compte de la préhistoire de Léo,

ressemble d’avantage à un discours convenu, puisque seul l’assouvissement de ce besoin, sa satisfaction lui importe : « on ne va pas se dire c’est un pauvre gamin… non maintenant il est là oui c’est difficile à dire mais moi je pense que c’était avant tout un besoin » (lignes 527-529), « on m’a dit que je pouvais pas en avoir un troisième et du jour où on m’a dit que je pouvais pas en avoir un troisième, y avait plus que ça qui comptait » (lignes 532-533).

Le désir, en revanche, reconnaît l’autre comme se plaçant au-delà d’un simple moyen, au-delà d’un objet qu’on peut posséder : autrui ne se réduit pas à une chose dont le statut serait simplement celui d’un avoir. Il est, selon Aristote, l’appétit qui nous meut. Le désir entretient une relation ambiguë et paradoxale avec son objet. La privation l’exacerbe, la possession l’affaiblit. Le désir n'est donc pas, comme le besoin, un simple manque : il est ce qui permet de combler ce manque, puisqu'il est à la fois conscience du besoin, et élan vers la satisfaction. Or dans le cas qui nous intéresse, le manque est comblé par l’ « acquisition » de cet enfant. Nous pouvons inférer que cet enfant est pensé comme un objet narcissique encore plus précieux et plus idéal que ses enfants biologiques, puisque l’adoption est une filiation

« choisie » par Lucie. Quand le besoin d’un enfant se veut indépendant de l’existence d’un partenaire, il répondrait

selon J. Arès (2013) à « un manque à être, à un vœu d’accomplissement de soi, à un appel d’un lien puissant avec ce qui est imaginé d’un futur bébé ». Ce puissant désir s’ordonne alors à un enjeu de survie narcissique et d’étayage à soi-même.

Père et mère semblent enfin trouver un accordage de leur discours à l’évocation du quotidien de Léo, qui reste factuelle. Lucie ne laisse pas transparaitre beaucoup d’empathie envers cet enfant déraciné. En effet son arrivée dans la famille ne doit provoquer aucun changement dans leur quotidien : « ça n’a jamais été une attente absolue… le soir on avait nos enfants » (ligne 579), « le rythme il change pas vraiment…avec un petit certainement que ça change énormément, mais nous voilà, on mettait une assiette de plus à table, on lave plus de linge

mais sinon… si maintenant y a le sport mais sinon au début le rythme de la famille c’est la même chose. » (Lignes 593-596).

C’est toujours Lucie qui répond la première aux relances interrogatives de l’interviewer. Puis Alain prend la parole, pour évoquer l’implication de sa mère à contrario de son beau-père, par une réponse indirecte à la question suivante : « et vos parents comment ont-ils accueilli votre désir d’adopter ? […] ma maman elle était impliquée assez dans le projet puisque déjà il fallait des gens pour garder quelqu’un pour garder les enfants quand on était en Ethiopie… »

(lignes 386-387). L’inscription « symbolique » des enfants dans la lignée générationnelle de Lucie parait complexe compte-tenu du peu d’intérêt manifesté par son père pour ses petits-enfants. Cette absence d’intérêt est confirmée par Alain non sans un certain cynisme : « il est concerné par personne » (ligne 374), donnant à voir ainsi une image peu valorisante de ce beau-père. Il y a d’une part une lignée maternelle que l’on peut qualifier d’absente (mère décédée, père indifférent) et d’autre part une lignée paternelle contenante et aimante comme le rappelle Alain : « …ma maman elle était impliquée assez dans le projet…. », « C’était un papi gâteau, il voulait jouer au sévère mais il en pensait pas moins ».

Or, dans l’adoption plénière, l’enfant entre dans la famille toute entière avec les mêmes droits et devoirs à l’égard de ses grands-parents que ses cousins et cousines, que ses frères et sœurs. Léo comme ses frères adoptifs semble ainsi légitimé par la seule lignée de son père adoptif. La déclaration suivante de Lucie : « on voulait un enfant, il est là » (ligne 520), nous interpelle dans la mesure où le couple a déjà deux enfants biologiques au moment de l’adoption. Nous trouverons des éléments de compréhension de cette assertion dans la narration des conditions de naissance de ces derniers. C’est encore Lucie qui s’empare du récit, Alain se contente de complémenter le discours de son épouse, il exprime une seule fois son ressenti face à la situation à laquelle il se trouvait confronté : « bon, c’était quand même chaud rétrospectivement » (ligne 645). Leurs enfants biologiques sont tous deux nés lors d’une mutation de madame en région parisienne, sans l’entourage de la famille élargie : « on était tout seuls, la région parisienne c’est de la folie, la folie…» (ligne 630). Leur prématurité a nécessité des soins intensifs néonataux et donc un éloignement d’avec leur mère.

Laura insiste sur leur « jeunesse » au moment de la naissance de Lionel pour tenter de justifier leur « inexpérience », voire de leur « sidération » lors de la naissance des enfants : « on était jeunes, on avait vingt-cinq ans , on était relativement jeunes avec le recul on était tout seuls en région parisienne, ouais, vingt-cinq ans maintenant je me dis qu’on est vraiment jeunes

pour assumer enfin des jeunes adultes on était quand même pas démerde quoi » (lignes 678-681). Ils nous relatent l’éloignement familial et la situation d’urgence à laquelle ils ont dû faire face, les difficultés liées à l’accouchement qui mettaient en danger, non seulement la vie de la mère mais aussi celle de l’enfant, par deux fois, pour Lionel et pour Pierre.

Dans le cas d’un accouchement prématuré, les parents n’ont en effet pas le temps de se préparer à cette naissance qui intervient de façon soudaine et qui se déroule dans une « atmosphère d’urgence et d’alarme » comme l’illustre le propos suivant : « j’ai fait une très forte hémorragie à sa naissance, à sept mois, il fallait faire vite, vite agir quoi… ». Kreisler et Soulé (1995) parlent d’ « une grossesse amputée et écourtée ». « Il y a inévitablement une rupture dans l’élaboration fantasmatique de l’enfant né prématuré. Cette grossesse n’étant pas menée à terme, conduit à des sentiments d’insatisfaction, d’incomplétude chez les deux parents. La mère peut se sentir frustrée par un sentiment de perte lié au statut particulier de la femme enceinte. Le père endossera le rôle de médiateur en assurant le lien entre la mère et l’enfant séparés dans des structures hospitalières différentes » (Recchia et Lemétayer, 2005, p. 304) : « moi je faisais Paris /maternité » nous dira ce père.

D’autres contraintes viennent amplifier le phénomène de frustration, notamment le fait que les parents ne peuvent pas entrer en contact avec leur enfant, le toucher, le porter sans qu’ils n’aient à demander l’autorisation médicale. Toutes ces épreuves constituent une sommation d’événements qui bouleversent les parents sur le plan psychologique. Les résultats montrent que la même crainte quant aux risques de décès et d’éventuel handicap est présente chez le père autant que chez la mère. Cependant après l’accouchement, les parents réagissent différemment. Si le père a longtemps été le parent oublié dans la littérature de la périnatalité, des études de plus en plus nombreuses tentent de rendre compte de la situation du père lors d’une naissance prématurée. Le vécu du père est en effet d’autant plus intéressant à étudier dans le cas de la prématurité, qu’il occupe une place particulière face à la naissance arrivée trop tôt.

Miles, Funk, et Kasper (1992) révèlent que si les mères et les pères sont autant stressés par l’admission de leur enfant prématuré en soins intensifs néonataux, les mères peuvent être davantage stressées par certains aspects de l’expérience, notamment par la perte de rôle parental, considérée comme significativement plus stressante pour les mères que pour les pères.

biologiques a mis à mal le lien mère/enfant.

D’autre part, lorsque la responsabilité, le stress et l’impuissance dominent l’expérience du père et coïncident avec un bas niveau de bonheur, de soutien et de sécurité, les études montrent que les pères ne réussissant pas à gérer le stress, expérimentent le non-contrôle de la situation. La naissance des enfants biologiques avec les conditions difficiles qui les ont entourées, ont certainement contribué à l’élaboration d’un doute concernant leurs compétences parentales comme le prouve leur appréhension de la décision du conseil général pour l’attribution de l’agrément. « si on ne peut pas l’avoir (l’agrément), ça remet en question tout ce qu’on a fait avec nos enfants depuis le début… », « on se remettait en question en tant que parents, enfin c’est pas tout simple tout ça, et puis non, on s’est remis en question tout seuls » (lignes 551-552, 571-572). L’anxiété reste palpable chez Alain comme l’illustrent ses propos accompagnés de rires contraphobiques : « ils peuvent pas me dire qu’on ne peut pas avoir d’enfants, on en a déjà deux… ils vont me retirer les deux que qu’on a déjà, j’supporte

pas tout ça» (lignes 543-544). L’éventualité d’un refus d’agrément aggraverait

singulièrement la faille narcissique de chaque membre du couple, et leur signifierait leur incompétence parentale. Comme le laisse supposer l’emploi du verbe « supporter » utilisé par le père, tout se passe comme si Alain subissait cette épreuve-là, aussi : « c’est trop compliqué ». On peut supposer que l’intervention de l’interviewer vienne raviver les expériences douloureuses rencontrées avec les travailleurs sociaux du conseil général, compte tenu de sa fonction, comme en témoigne son propos : « j’suis pas fan des assistantes sociales, des gens qui, des psychologues », « j’voulais pas vous voir… » (lignes 539-542). Le ton humoristique employé adoucit quelque peu ses propos agressifs dirigés contre le psychologue qui témoignent d’une réelle appréhension de cette situation d’entretien. Les investigations de cette dernière, risquerait de mettre en lumière d’autres souffrances, ou de raviver des blessures encore vives : « son papa était décédé trois ans avant, ils auraient pu nous dire « ben non, vous n’êtes pas assez stables »… quelque part y avait une blessure qui était encore là » (lignes 556-559). L’utilisation de l’imparfait, a pour but de mettre à distance des sentiments douloureux qui semblent cependant toujours présents, comme en rend compte l’attitude d’Alain. En effet, celui-ci rompt physiquement le dialogue (il se lève pour préparer des cafés). Peut-être tente-t-il d’échapper et/ou de se protéger d’une irruption de sentiments négatifs, provoquée par l’évocation du décès de son père. Cet interlude nous semble-t-il, lui permet de « récupérer » un état émotionnel plus stable comme le prouve la poursuite de ses

attitudes d’opposition systématique, à l’égard du discours de son épouse comme de celui de l’interviewer. Il tente ainsi de mettre en lumière, avec une espèce de délectation, les propres contradictions de son épouse, de rendre compte de l’abandon de certains de leurs projets ou de leur adaptation : « c’est un truc qu’on a dit quand on était jeunes, on viendrait pas habiter à W… et puis deux ans après on achetait une maison à W» (lignes 716-722). Ce discours donne naissance à une véritable joute verbale dont l’interviewer devient le témoin. Lucie se désolidarise du discours de son époux pour revendiquer son esprit de décision, sa ténacité pour obtenir ce qu’elle décide d’obtenir, comme nous pouvons l’entendre dans ses propos : « y a quand même pas mal de choses que j’ai décidé de faire, que j’ai faites » (ligne 724. Face à ce discours Alain lâche prise et avoue sa soumission au désir de son épouse, non sans ironie : « oui, c’est toi qui décides, je viens de le comprendre, je viens de m’en rendre compte » (ligne 726). Lucie persévère dans la provocation en énumérant sur la mélodie d’une chanson de Brel intitulée « Vesoul », tous ses désirs propres qui se sont réalisés : être prof, avoir trois enfants, avoir une grande maison… non sans un certain sentiment d’autosatisfaction. Alain semble subitement comprendre que dans sa détermination, Lucie ne tient compte que de ses propres besoins, et/ou désirs sans se soucier des siens, comme en témoignent la remarque suivante : « je réfléchissais à ce que je voulais, j’ai jamais rien voulu », « pas de projet, je fais ce qu’on me dit » (lignes 733-736). Cette dernière ne semble pas prendre en considération le ressenti de son époux, elle persévère dans ce thème, désireuse de donner l’image d’une femme déterminée et volontaire : « oui moi je fonctionne assez comme ça j’ai des projets et j’essaie de les mener à terme… » (lignes 734-735). Lucie laisse ainsi sous-entendre à son interlocuteur qu’elle est à la fois l’initiatrice du projet d’adoption et sa réalisatrice.