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2.Montrer, pour tout n∈IN, la relation Dn= 1 e ∞ X k=0 kn k

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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

SEMAINE 14 S ´ERIES ENTI `ERES EXERCICE 1 :

Soit Dn le nombre de partitions de l’ensemble En = [[1, n]] = {1,2, . . . , n} pour tout n ∈ IN, avecD0= 1 par convention.

1.Montrer que, pour toutn∈IN, on a Dn+1=

n

X

k=0

CnkDk. 2.Montrer, pour tout n∈IN, la relation

Dn= 1 e

X

k=0

kn k! . 3.Montrer que la s´erie enti`ere X

n≥0

Dn

n! xn a un rayon de convergence infini, et calculer sa somme.

- - - - 1.On a D1= 1 =

0

X

k=0

C0kDk.

Soitn ≥1. Soit une partition deEn+1. Soitk le cardinal du compl´ementaireF de la classe de l’´el´ementn+ 1. Cet entierk∈[[0, n]] ´etant fix´e, il y aCnk fa¸cons de choisir cet ensemble F (de k ´el´ements choisis dans En) et, pour chaque choix de cet ensemble F, il y a Dk partitions de cet ensemble. Le nombre de partitions deEn+1 est donc

Dn+1=

n

X

k=0

CnkDk .

2. Pour tout n ∈ IN, posons Sn = 1 e

X

k=0

kn

k! : la s´erie est bien convergente par la r`egle de d’Alembert :

(k+ 1)n (k+ 1)! × k!

kn = 1 k+ 1

1 + 1

k n

k→∞−→ 0. AlorsS0= 1 =D0 et, pour toutnentier naturel,

n

X

k=0

CnkSk = 1 e

n

X

k=0

Cnk

X

p=0

pk p!

!

= 1

e

X

p=0

1 p!

n

X

k=0

Cnkpk

!

= 1

e

X

p=0

(p+ 1)n p! = 1

e

X

p=0

(p+ 1)n+1 (p+ 1)!

= 1

e

X

p=1

pn+1 p! =1

e

X

p=0

pn+1

p! =Sn+1

(il n’y a pas de probl`eme d’interversion de sommation puisque l’une des deux sommes est finie). La suite (Sn) et la suite (Dn) ont le mˆeme premier terme et v´erifient la mˆeme relation de r´ecurrence, doncDn=Sn pour toutn∈IN.

(2)

3.On cherche `a calculer (apr`es avoir prouv´e son existence) la somme f(x) = 1 e

+∞

X

n=0

xn n!

+∞

X

k=0

kn k!

!

pourx∈C donn´e. Or, la suite double knxn

k!n!

(n,k)∈IN2

est sommable : en effet, - pour toutk∈IN fix´e, la s´erieX

n

kn|x|n

k!n! est convergente, et

X

n=0

kn|x|n

k!n! = ek|x|

k! ; - la s´erie X

k∈IN

ek|x|

k! est convergente, de sommeee|x|.

Cela prouve l’existence de f(x) pour tout x r´eel (la s´erie enti`ere X

n

Dn

n! xn a un rayon de convergence infini) et on peut intervertir les sommations : pour toutx∈C,

f(x) = 1 e

+∞

X

n=0

xn n!

+∞

X

k=0

kn k!

!

= 1 e

+∞

X

k=0

1 k!

+∞

X

n=0

(kx)n n!

!

= 1

e

+∞

X

k=0

(ex)k k! =1

e eex =eex−1.

Voici une fonction r´ecursive MAPLE pour calculer les nombresDn (appel´esnombres de Bell) :

> bell:=proc(n::nonnegint) local k; option remember; if n=0 then 1 else add(binome(n- 1,k)*bell(k),k=0..n-1) fi

EXERCICE 2 : Soit X

n≥0

anzn une s´erie enti`ere, de rayon de convergenceR >0.

Pourz∈C avec |z|< R, on pose f(z) =

X

n=0

anzn.

Soitz∈C avec|z|< R, soit run r´eel tel que|z|< r < R. Calculer l’int´egrale I=

Z 0

Imf(r eit) r−ze−it dt .

Que peut-on dire d’une fonctionf, d´eveloppable en s´erie enti`ere de rayon de convergenceR >0 s’il existe un r´eelr(0< r < R) tel quef soit r´eelle sur le cercle de centreO et de rayonr?

- - - - Utilisons Imf(r eit) = 1

2i f(r eit)−f(r eit)

et calculons s´epar´ement les deux int´egrales J =

Z 0

f(r eit)

r−ze−itdt et J0= Z

0

f(r eit) r−ze−itdt.

(3)

Comme z r

<1, on peut d´evelopper : 1

r−ze−it = 1 r

1−z

r e−it−1

=1 r

X

k=0

z r

k

e−ikt. On a donc, pour toutt∈[0,2π],

f(r eit) r−z e−it =1

rf(r eit

+∞

X

k=0

z r

k

e−ikt,

la s´erie (de fonctions de la variable r´eellet) ´etant normalement convergente sur [0,2π] car f est born´ee (|f| ≤Mr) sur le cercleC(O, r) et

f(r eit) z r

k

e−ikt

≤Mr z r

k

. Int´egrons donc terme `a terme :J =

Z 0

f(r eit)

r−ze−it dt= 1 r

+∞

X

k=0

z r

k

Jk, avec

Jk = Z

0

f(r eit)e−iktdt= Z

0

+∞X

n=0

anrnei(n−k)t dt=

+∞

X

n=0

anrn Z

0

ei(n−k)tdt

car la s´erie (de fonctions de t)

+∞

X

n=0

anrnei(n−k)t converge normalement sur [0,2π]. Mais Z

0

ei(n−k)tdt=

(0 si n6=k

2π si n=k, doncJk = 2πakrk pour toutk∈IN et

J= Z

0

f(r eit)

r−ze−itdt=2π r

+∞

X

k=0

akzk= 2π r f(z).

On calcule l’int´egraleJ0 de fa¸con analogue :J0= Z

0

f(r eit)

r−ze−itdt= 1 r

+∞

X

k=0

z r

k

Jk0, avec

Jk0 = Z

0

f(r eit)e−iktdt=

+∞

X

n=0

anrn Z

0

e−i(n+k)tdt

(justifications analogues pour les interversions de X et

Z ).

Mais Z

0

e−i(n+k)tdt=

(0 si (n, k)6= (0,0)

2π si (n, k) = (0,0), donc il reste J0 =2π

r a0 et finalement I=

Z 0

Imf(r eit) r−ze−it dt= 1

2i(J−J0) =i π

r a0−f(z) . Si f est `a valeurs r´eelles sur le cercle C(O, r), on a, pour toutz∈C tel que|z|< r,

Z 0

Imf(r eit)

r−ze−it dt= i π

r a0−f(z)

= 0,

(4)

donc f est constante : f(z) =a0 sur le disque ouvertD(O, r) de centre O et de rayon r.

Les coefficients an (n∈IN) sont donc tous nuls etf est une fonction constante r´eelle.

EXERCICE 3 :

Probl`eme des parenth´esages de Catalan

On pose P0 = 0, P1 = 1 et, pour tout entiern≥2,Pn est le nombre de fa¸cons de parenth´eser l’expression a1a2· · ·an (en conservant l’ordre desai), o`u les ai sont des symboles que l’on peut interpr´eter comme des ´el´ements d’un ensemble muni d’une loi de composition interne a priori non associative. Le nombrePn est le nombre de fa¸cons a priori diff´erentes de calculer le “produit”a1a2· · ·an. Ainsi,

• P2= 1 : un seul parenth´esagea1a2;

• P3= 2 : deux parenth´esagesa1(a2a3) et (a1a2)a3 ;

• P4 = 5 : cinq parenth´esages a1(a2(a3a4)), a1((a2a3)a4), (a1a2)(a3a4), (a1(a2a3))a4 et ((a1a2)a3)a4.

1.Prouver la relation Pn =

n−1

X

k=1

PkPn−k pour toutn≥2.

2. Montrer que la s´erie enti`ere f(x) =

+∞

X

n=0

Pnxn a un rayon de convergenceR non nul (on ne demande pas de calculerR pour le moment).

3.Calculerf(x) pourx∈]−R, R[ . En d´eduire une expression simple dePn. - - - -

1. L’observation des cinq parenth´esages dea1a2a3a4, ´ecrits dans l’ordre o`u ils sont list´es dans l’´enonc´e, nous guide un peu. Si la loi n’est pas suppos´ee associative, seul un produit de deux facteurs peut ˆetre d´efini sans ambigu¨ıt´e en l’absence de parenth`eses : une ´ecriture correcte d’un produit denfacteursa1,· · ·,an pris dans cet ordre est donc n´ecessairement, pour un certainkvariant de 1 `an−1, le produit dea1· · ·ak (´ecrit avec un certain parenth´esage :Pk

choix possibles) parak+1· · ·an (´ecrit avec un certain parenth´esage :Pn−k choix possibles), d’o`u la relation `a d´emontrer.

2.On obtient facilement la majorationPn≤4n: en effet, un parenth´esage de l’expressiona1· · ·an est d´etermin´e par la position des parenth`eses ouvrantes et fermantes ; or, il y anpositions possibles pour les ouvrantes (avant chaque symbole ai), donc au plus 2n possibilit´es pour l’ensemble des positions des parenth`eses ouvrantes, et mˆeme chose pour les fermantes, d’o`u une majoration grossi`ere de Pn par 4n. La s´erie enti`ere X

n

Pnxn a donc un rayon de convergenceRau moins ´egal `a 1

4.

3. La relation obtenue `a la question1. fait penser `a un produit de Cauchy ; plus pr´ecis´ement, pour x∈]−R, R[ ,

(5)

f(x)2=X

p=0

PpxpX

q=0

Pqxq

=

X

n=0

Xn

k=0

PkPn−k xn.

Or,

n

X

k=0

PkPn−k=Pnpour toutn∈IN... sauf pourn= 1 puisque

1

X

k=0

PkP1−k = 0 alors que P1= 1. On a donc

f(x)2=

X

n=2

Pnxn=

X

n=0

Pnxn−x=f(x)−x .

Pour tout x ∈]−R, R[ , le r´eel f(x) v´erifie donc l’´equation alg´ebrique du second degr´e f(x)2−f(x) +x= 0, de discriminant ∆ = 1−4x. Ce discriminant doit ˆetre positif, donc x ≤ 1

4, le rayon de convergence de la s´erie est donc au plus ´egal `a 1

4, donc R = 1 4. Par ailleurs, f(x) = 1

2 1±√ 1−4x

. Comme la fonction f est continue sur ]−R, R[ avec f(0) = 0, on conclut

∀x∈

−1 4,1

4

f(x) =1 2 1−√

1−4x .

Je laisse `a l’´eventuel lecteur le soin de v´erifier que le d´eveloppement en s´erie enti`ere de

1−uest

√1−u= 1−

X

n=1

(2n−2)!

22n−1n! (n−1)! un (u∈]−1,1[ ). On a donc, pour tout x∈

−1 4,1

4

, f(x) =

X

n=1

(2n−2)!

n! (n−1)! xn. Par identification, on a enfin, pourn≥1,

Pn= (2n−2)!

n! (n−1)! = 1

nC2n−2n−1 .

EXERCICE 4 : SoitX

n≥0

an une s´erie convergente (`a termes complexes).

1. Montrer que, pour tout r´eel C strictement positif, la s´erie enti`ere X

n≥0

anzn converge uni- form´ement sur la partie du plan

DC={z∈C ; |1−z| ≤C 1− |z|

}.

2. En d´eduire que cette mˆeme s´erie enti`ere converge uniform´ement sur l’enveloppe convexe Er

de l’ensemble{1} ∪D(O, r) pour toutr∈]0,1[ .

(6)

- - - - 1.Effectuons une transformation d’Abel : en posant Aqp=

q

X

k=p

ak pourq≥p, on a, pourn > m,

n

X

k=m

akzk =Anmzn+

n−1

X

k=m

Akm(zk−zk+1). On en tire

n

X

k=m

akzk

≤ |Anm| |z|n+

n−1

X

k=m

|Akm| |zk−zk+1|.

Or, pour tout z ∈ DC, on a |z| ≤ 1 (DC est inclus dans le disque unit´e ferm´e et le seul

´

el´ement deDC de module 1 est le nombre 1).

Pour tout m ∈ IN fix´e, posons Km = sup

k≥m

|Akm| (Km existe et lim

m→+∞Km = 0 en vertu du crit`ere de Cauchy puisque la s´erieX

n

an est convergente). Alors

n

X

k=m

akzk

≤Km 1 +

n−1

X

k=m

|zk−zk+1| . Or, on a, si|z| 6= 1,

n−1

X

k=m

|zk−zk+1|=|1−z|

n−1

X

k=m

|z|k=|1−z| |z|m1− |z|n−m 1− |z| , quantit´e que l’on peut majorer par |1−z|

1− |z|, puis finalement par C, lorsque z ∈ DC

(y compris pourz= 1 ´evidemment). On a ainsi prouv´e

∀(m, n)∈IN2 (m < n) ∀z∈ DC

n

X

k=m

akzk

≤(1 +C)Km avec lim

m→+∞Km = 0, autrement dit le crit`ere de Cauchy uniforme est v´erifi´e par la s´erie enti`ereX

n

anzn surDC, d’o`u la convergence uniforme sur cette partie du plan.

2.Pour toutC >0, l’ensembleDCest une partie convexe du plan : en effet, siz∈ DC,z0∈ DC, λ∈IR+,µ∈IR+ avecλ+µ= 1, alors |1−z| ≤C(1− |z|),|1−z0| ≤C(1− |z0|), d’o`u

|1−(λz+µz0)| = |λ(1−z) +µ(1−z0)| ≤λ|1−z|+µ|1−z0|

≤ Ch

λ(1− |z|) +µ(1− |z0|)i

=C 1−(λ|z|+µ|z0|)

≤ C(1− |λz+µz0|), doncλz+µz0∈ DC.

Par ailleurs, si|z| ≤r <1, alors

(7)

|1−z|

1− |z| ≤|1−z|

1−r ≤ 1 +|z|

1−r ≤ 1 +r 1−r , doncz∈ DC avecC= 1 +r

1−r. PourC= 1 +r

1−r, l’ensembleDC, convexe, contient le disque ferm´eD(O, r) et le nombre 1, donc contient l’ensembleEr. Comme la s´erie enti`ereX

n

anzn converge uniform´ement surDC, elle converge donc uniform´ement surEr: c’est leth´eor`eme de Picard.

EXERCICE 5 : Soit X

n

anzn une s´erie enti`ere, de rayon de convergence R > 0, de somme f(z). Pour tout r∈]0, R[ , on pose M(r) = sup

|z|=r

|f(z)|.

1.Montrer que ∀n∈IN ∀r∈[0, R[ |anrn| ≤M(r).

2.On suppose queR= +∞et qu’il existek >0 etρ >0 tels que

∀r >0 r≥ρ=⇒M(r)≤ekr. Montrer qu’il existe un entier naturelN tel que

∀n∈IN n≥N =⇒ |an| ≤ ke

n n

.

3.0n suppose toujoursR= +∞. Montrer , dans IR+, l’´egalit´e lim sup

n→+∞

n pn

|an|

=e· lim sup

r→+∞

lnM(r)

r .

Indication : on pourra d´emontrer, puis utiliser l’in´egalit´e nn≥en−1(n−1)!

- - - - 1.Pour r < Ret n∈IN, on a

Z 0

f(r eit)e−intdt= Z

0

X

k=0

akrkei(k−n)t dt=

X

k=0

akrk Z

0

ei(k−n)tdt= 2πanrn

car la s´erie de fonctions t7→akrkei(k−n)t converge normalement sur [0,2π]. On en d´eduit la majoration

|an|rn= 1 2π

Z 0

f(r eit)e−intdt

≤ 1

2π·2π M(r) =M(r). 2.Soitn∈IN. Pour toutr≥ρ, on a|an| ≤ekr

rn, donc|an| ≤inf

r≥ρ

ekr

rn. La fonctionϕn :r7→ ekr rn est d´ecroissante suri

0,n k

i, puis croissante surhn k,+∞h

et atteint au point n

k un minimum

(8)

de valeur mnnn k

= ke

n n

. Siρ≤n

k, c’est-`a-dire si n≥kρ, alors

r≥ρinf ekr

rn = inf

r∈[ρ,+∞[ϕn(r) =ϕn

n k

= ke

n n

,

donc en choisissantN =E(kρ) + 1, on a bien

∀n∈IN n≥N =⇒ |an| ≤ ke

n n

.

3.Posons α= lim sup

n→+∞

n pn

|an|

et β= lim sup

r→+∞

lnM(r) r .

•Supposonsβ <+∞et montrons qu’alorsα≤β (siβ = +∞, cette in´egalit´e est triviale). De la d´efinition d’une limite sup´erieure, il r´esulte que

∀ε >0 ∃ρ >0 r > ρ=⇒lnM(r)

r ≤β+ε .

Pour r > ρ, on a donc M(r)≤e(β+ε)r, donc (question2.) il existe un entierN tel que n≥N =⇒ |an| ≤

(β+ε)e n

n

, c’est-`a-dire n≥N =⇒npn

|an| ≤e(β+ε). On en d´eduit que α ≤e(β +ε). Cette in´egalit´e ´etant vraie pour tout ε > 0, on a donc α≤e β.

• Supposonsα <+∞et montronsβ≤ α e. On a

∀ε >0 ∃N ∈IN n≥N =⇒npn

|an| ≤α+ε , donc |an| ≤

α+ε n

n

pourn≥N. Si |z|=r, alors|f(z)| ≤

X

n=0

|an|rn, donc

∀r∈IR+ M(r)≤

N

X

n=0

|an|rn+

+∞

X

n=N+1

α+ε n

n rn.

De l’in´egalit´e nn ≥en−1(n−1)! (cf. ci-dessous), on tire

M(r) ≤

N

X

n=0

|an|rn+e

+∞

X

n=N+1

α+ε e

n

rn (n−1)! =

N

X

n=0

|an|rn+ (α+ε)r

+∞

X

n=N

1 n!

α+ε e r

n

N

X

n=0

|an|rn+ (α+ε)r e

α+εe r

=e

α+εe r

ϕN(r),

en ayant pos´e ϕN(r) = (α+ε)r+e

α+εe r

·

N

X

n=0

|an|rn.

(9)

Il en r´esulte lnM(r)

r ≤α+ε e +1

r lnϕN(r) pour toutr >0. MaisϕN(r) ∼

r→+∞(α+ε)r, donc lim

r→+∞

1

rlnϕN(r) = 0, donc lim sup

r→+∞

lnM(r)

r ≤ α+ε

e et ceci pour toutε > 0, donc β ≤α

e.

D´emonstration de nn ≥en−1(n−1)! : cette in´egalit´e ´equivaut `a ln

(n−1)!

≤n lnn−n+ 1.

Or, par comparaison `a une int´egrale, la fonction ln´etant croissante, on a imm´ediatement ln

(n−1)!

=

n−1

X

k=1

lnk≤

n−1

X

k=1

Z k+1 k

lnx dx= Z n

1

lnx dx=n lnn−n+ 1.

EXERCICE 6 :

Pour toutx >0, on pose Γ(x) = Z +∞

0

e−ttx−1dt.

Pour toutx >1, on pose ζ(x) =

+∞

X

n=1

1 nx.

Enfin, laconstante d’Eulerest d´efinie par γ= lim

n→∞

n

X

k=1

1 k −lnn

! .

1.D´emontrer la relation : ∀x∈IR+ Γ(x) = lim

n→∞

Z n 0

1− t

n n

tx−1dt.

2.En d´eduire : ∀x∈IR+ Γ(x) = lim

n→+∞

nxn!

x(x+ 1)· · ·(x+n). 3.Soitx∈]0,1[. D´emontrer la relation

ln Γ(x) =−lnx−γx+

+∞

X

k=2

(−1)k

k ζ(k)xk.

4.Prouver que γ=

+∞

X

k=2

(−1)k k ζ(k).

- - - -

1. Plus g´en´eralement, soit f : ]0,+∞[→ C une fonction continue telle que la fonction g:t7→e−tf(t) soit int´egrable sur IR+. Alors

Z +∞

0

e−tf(t)dt= lim

n→+∞

Z n 0

1− t

n n

f(t)dt . En effet, pour tout r´eelt, on ae−t= lim

n→+∞

1− t

n n

. D´efinissons, pour toutn∈IN, une fonctionun : ]0,+∞[→IR par

(10)

un(t) =





1− t n

n

si 0< t≤n 0 si t > n .

Alorsun est continue sur IR+et la suite (un) converge simplement, sur IR+, vers la fonction t7→e−t.

En posant gn = un ·f, on a une suite (gn) de fonctions continues sur IR+, convergeant simplement versgsur IR+. L’in´egalit´e classique ln

1− t

n

≤ −t

n, valable pourt∈[0, n[ , montre que

∀n∈IN ∀t∈IR+ 0≤un(t)≤e−t donc |gn(t)| ≤ |g(t)|.

L’hypoth`ese de domination est alors v´erifi´ee et le th´eor`eme de convergence domin´ee s’applique.

Il suffit donc d’appliquer ce r´esultat avec f(t) =tx−1. 2.Le changement de variable t=nudonne

Z n 0

1− t

n n

tx−1dt=nx Z 1

0

(1−u)nux−1du=nxB(x, n+ 1), en notant B(p, q) =

Z 1 0

up−1(1−u)q−1du pourpetqr´eels strictement positifs (int´egrale eul´erienne de premi`ere esp`ece). La fonctionu7→up−1(1−u)q−1est bien int´egrable sur ]0,1[ et, pour toutn∈IN etx >0, une int´egration par parties donne

B(x, n+ 1) = Z 1

0

ux−1(1−u)ndu=

(1−u)nux x

1 0

+n x

Z 1 0

ux(1−u)n−1du

= n

x B(x+ 1, n). A partir de` B(x,1) =

Z 1 0

ux−1du= 1

x pour toutx >0, une r´ecurrence imm´ediate donne B(x, n) = (n−1)!

x(x+ 1)(x+ 2)· · ·(x+n−1) . Finalement,

∀x∈IR+ ∀n∈IN

Z n 0

1− t

n n

tx−1dt= nxn!

x(x+ 1)· · ·(x+n) , d’o`u le r´esultat.

3. On a lnn=

n

X

k=1

1

k−γ+o(1). De la relation obtenue `a la question2., on d´eduit donc, pour tout x >0,

(11)

ln Γ(x) = lim

n→+∞

"

xlnn+

n

X

k=1

lnk−

n

X

k=0

ln(x+k)

#

= lim

n→+∞

"

xlnn−lnx−

n

X

k=1

ln 1 +x

k

#

= −lnx+ lim

n→+∞

"

x

n

X

k=1

1 k−γ

!

n

X

k=1

ln 1 + x

k

#

= −lnx−γx+

+∞

X

n=1

x n−ln

1 + x n

.

Si x∈]0,1[ , alors x

n ∈]0,1[ pour toutn∈IN et on peut d´evelopper : x

n−ln 1 + x

n

=

X

k=2

(−1)k xk k nk .

Cherchons `a intervertir les sommations ; pour cela, v´erifions que la famille

(−1)k xk k nk

n≥1,k≥2

est sommable : en effet, - pour n≥1 fix´e, on a un=

X

k=2

xk

k nk =−x n−ln

1−x n

; - la s´erie de terme g´en´eralun est convergente puisqueun ∼ x2

2n2. On peut donc ´ecrire

+∞

X

n=1

x n−ln

1 + x n

=

X

k=2

X

n=1

(−1)k xk k nk

!

=

+∞

X

k=2

(−1)k

k ζ(k)xk , ce qu’il fallait d´emontrer.

4.L’identit´e

ln Γ(x) + lnx+γx=

+∞

X

k=2

(−1)k

k ζ(k)xk

est valable pour tout x∈]0,1[ . Faisons tendre xvers 1. Le premier membre tend versγ.

Pour ce qui est du second membre, la convergence de la s´erieX

k≥2

(−1)k

k ζ(k), en vertu du crit`ere pour les s´eries altern´ees (rappelons que lim

x→+∞ζ(x) = 1), assure la continuit´e au point 1 de la fonction f :x7→

X

k=2

(−1)k

k ζ(k)xk(lemme d’Abel radial), d’o`u le r´esultat.

Plus conform´ement au programme, la s´erie d´efinissant f(x) v´erifie, pour tout x ∈]0,1], le crit`ere des s´eries altern´ees, ce qui permet de majorer le reste d’ordren en valeur absolue

(12)

par ζ(n+ 1)

n+ 1 xn+1, donc a fortiori par ζ(n+ 1)

n+ 1 qui tend vers z´ero ind´ependamment de x, d’o`u la convergence uniforme de cette s´erie sur ]0,1] et donc la continuit´e de f sur cet intervalle.

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