SEMAINE 14 S ´ERIES ENTI `ERES EXERCICE 1 :
Soit Dn le nombre de partitions de l’ensemble En = [[1, n]] = {1,2, . . . , n} pour tout n ∈ IN∗, avecD0= 1 par convention.
1.Montrer que, pour toutn∈IN, on a Dn+1=
n
X
k=0
CnkDk. 2.Montrer, pour tout n∈IN, la relation
Dn= 1 e
∞
X
k=0
kn k! . 3.Montrer que la s´erie enti`ere X
n≥0
Dn
n! xn a un rayon de convergence infini, et calculer sa somme.
- - - - 1.On a D1= 1 =
0
X
k=0
C0kDk.
Soitn ≥1. Soit une partition deEn+1. Soitk le cardinal du compl´ementaireF de la classe de l’´el´ementn+ 1. Cet entierk∈[[0, n]] ´etant fix´e, il y aCnk fa¸cons de choisir cet ensemble F (de k ´el´ements choisis dans En) et, pour chaque choix de cet ensemble F, il y a Dk partitions de cet ensemble. Le nombre de partitions deEn+1 est donc
Dn+1=
n
X
k=0
CnkDk .
2. Pour tout n ∈ IN, posons Sn = 1 e
∞
X
k=0
kn
k! : la s´erie est bien convergente par la r`egle de d’Alembert :
(k+ 1)n (k+ 1)! × k!
kn = 1 k+ 1
1 + 1
k n
k→∞−→ 0. AlorsS0= 1 =D0 et, pour toutnentier naturel,
n
X
k=0
CnkSk = 1 e
n
X
k=0
Cnk
∞
X
p=0
pk p!
!
= 1
e
∞
X
p=0
1 p!
n
X
k=0
Cnkpk
!
= 1
e
∞
X
p=0
(p+ 1)n p! = 1
e
∞
X
p=0
(p+ 1)n+1 (p+ 1)!
= 1
e
∞
X
p=1
pn+1 p! =1
e
∞
X
p=0
pn+1
p! =Sn+1
(il n’y a pas de probl`eme d’interversion de sommation puisque l’une des deux sommes est finie). La suite (Sn) et la suite (Dn) ont le mˆeme premier terme et v´erifient la mˆeme relation de r´ecurrence, doncDn=Sn pour toutn∈IN.
3.On cherche `a calculer (apr`es avoir prouv´e son existence) la somme f(x) = 1 e
+∞
X
n=0
xn n!
+∞
X
k=0
kn k!
!
pourx∈C donn´e. Or, la suite double knxn
k!n!
(n,k)∈IN2
est sommable : en effet, - pour toutk∈IN fix´e, la s´erieX
n
kn|x|n
k!n! est convergente, et
∞
X
n=0
kn|x|n
k!n! = ek|x|
k! ; - la s´erie X
k∈IN
ek|x|
k! est convergente, de sommeee|x|.
Cela prouve l’existence de f(x) pour tout x r´eel (la s´erie enti`ere X
n
Dn
n! xn a un rayon de convergence infini) et on peut intervertir les sommations : pour toutx∈C,
f(x) = 1 e
+∞
X
n=0
xn n!
+∞
X
k=0
kn k!
!
= 1 e
+∞
X
k=0
1 k!
+∞
X
n=0
(kx)n n!
!
= 1
e
+∞
X
k=0
(ex)k k! =1
e eex =eex−1.
Voici une fonction r´ecursive MAPLE pour calculer les nombresDn (appel´esnombres de Bell) :
> bell:=proc(n::nonnegint) local k; option remember; if n=0 then 1 else add(binome(n- 1,k)*bell(k),k=0..n-1) fi
EXERCICE 2 : Soit X
n≥0
anzn une s´erie enti`ere, de rayon de convergenceR >0.
Pourz∈C avec |z|< R, on pose f(z) =
∞
X
n=0
anzn.
Soitz∈C avec|z|< R, soit run r´eel tel que|z|< r < R. Calculer l’int´egrale I=
Z 2π 0
Imf(r eit) r−ze−it dt .
Que peut-on dire d’une fonctionf, d´eveloppable en s´erie enti`ere de rayon de convergenceR >0 s’il existe un r´eelr(0< r < R) tel quef soit r´eelle sur le cercle de centreO et de rayonr?
- - - - Utilisons Imf(r eit) = 1
2i f(r eit)−f(r eit)
et calculons s´epar´ement les deux int´egrales J =
Z 2π 0
f(r eit)
r−ze−itdt et J0= Z 2π
0
f(r eit) r−ze−itdt.
Comme z r
<1, on peut d´evelopper : 1
r−ze−it = 1 r
1−z
r e−it−1
=1 r
∞
X
k=0
z r
k
e−ikt. On a donc, pour toutt∈[0,2π],
f(r eit) r−z e−it =1
rf(r eit)·
+∞
X
k=0
z r
k
e−ikt,
la s´erie (de fonctions de la variable r´eellet) ´etant normalement convergente sur [0,2π] car f est born´ee (|f| ≤Mr) sur le cercleC(O, r) et
f(r eit) z r
k
e−ikt
≤Mr z r
k
. Int´egrons donc terme `a terme :J =
Z 2π 0
f(r eit)
r−ze−it dt= 1 r
+∞
X
k=0
z r
k
Jk, avec
Jk = Z 2π
0
f(r eit)e−iktdt= Z 2π
0
+∞X
n=0
anrnei(n−k)t dt=
+∞
X
n=0
anrn Z 2π
0
ei(n−k)tdt
car la s´erie (de fonctions de t)
+∞
X
n=0
anrnei(n−k)t converge normalement sur [0,2π]. Mais Z 2π
0
ei(n−k)tdt=
(0 si n6=k
2π si n=k, doncJk = 2πakrk pour toutk∈IN et
J= Z 2π
0
f(r eit)
r−ze−itdt=2π r
+∞
X
k=0
akzk= 2π r f(z).
On calcule l’int´egraleJ0 de fa¸con analogue :J0= Z 2π
0
f(r eit)
r−ze−itdt= 1 r
+∞
X
k=0
z r
k
Jk0, avec
Jk0 = Z 2π
0
f(r eit)e−iktdt=
+∞
X
n=0
anrn Z 2π
0
e−i(n+k)tdt
(justifications analogues pour les interversions de X et
Z ).
Mais Z 2π
0
e−i(n+k)tdt=
(0 si (n, k)6= (0,0)
2π si (n, k) = (0,0), donc il reste J0 =2π
r a0 et finalement I=
Z 2π 0
Imf(r eit) r−ze−it dt= 1
2i(J−J0) =i π
r a0−f(z) . Si f est `a valeurs r´eelles sur le cercle C(O, r), on a, pour toutz∈C tel que|z|< r,
Z 2π 0
Imf(r eit)
r−ze−it dt= i π
r a0−f(z)
= 0,
donc f est constante : f(z) =a0 sur le disque ouvertD(O, r) de centre O et de rayon r.
Les coefficients an (n∈IN∗) sont donc tous nuls etf est une fonction constante r´eelle.
EXERCICE 3 :
Probl`eme des parenth´esages de Catalan
On pose P0 = 0, P1 = 1 et, pour tout entiern≥2,Pn est le nombre de fa¸cons de parenth´eser l’expression a1a2· · ·an (en conservant l’ordre desai), o`u les ai sont des symboles que l’on peut interpr´eter comme des ´el´ements d’un ensemble muni d’une loi de composition interne a priori non associative. Le nombrePn est le nombre de fa¸cons a priori diff´erentes de calculer le “produit”a1a2· · ·an. Ainsi,
• P2= 1 : un seul parenth´esagea1a2;
• P3= 2 : deux parenth´esagesa1(a2a3) et (a1a2)a3 ;
• P4 = 5 : cinq parenth´esages a1(a2(a3a4)), a1((a2a3)a4), (a1a2)(a3a4), (a1(a2a3))a4 et ((a1a2)a3)a4.
1.Prouver la relation Pn =
n−1
X
k=1
PkPn−k pour toutn≥2.
2. Montrer que la s´erie enti`ere f(x) =
+∞
X
n=0
Pnxn a un rayon de convergenceR non nul (on ne demande pas de calculerR pour le moment).
3.Calculerf(x) pourx∈]−R, R[ . En d´eduire une expression simple dePn. - - - -
1. L’observation des cinq parenth´esages dea1a2a3a4, ´ecrits dans l’ordre o`u ils sont list´es dans l’´enonc´e, nous guide un peu. Si la loi n’est pas suppos´ee associative, seul un produit de deux facteurs peut ˆetre d´efini sans ambigu¨ıt´e en l’absence de parenth`eses : une ´ecriture correcte d’un produit denfacteursa1,· · ·,an pris dans cet ordre est donc n´ecessairement, pour un certainkvariant de 1 `an−1, le produit dea1· · ·ak (´ecrit avec un certain parenth´esage :Pk
choix possibles) parak+1· · ·an (´ecrit avec un certain parenth´esage :Pn−k choix possibles), d’o`u la relation `a d´emontrer.
2.On obtient facilement la majorationPn≤4n: en effet, un parenth´esage de l’expressiona1· · ·an est d´etermin´e par la position des parenth`eses ouvrantes et fermantes ; or, il y anpositions possibles pour les ouvrantes (avant chaque symbole ai), donc au plus 2n possibilit´es pour l’ensemble des positions des parenth`eses ouvrantes, et mˆeme chose pour les fermantes, d’o`u une majoration grossi`ere de Pn par 4n. La s´erie enti`ere X
n
Pnxn a donc un rayon de convergenceRau moins ´egal `a 1
4.
3. La relation obtenue `a la question1. fait penser `a un produit de Cauchy ; plus pr´ecis´ement, pour x∈]−R, R[ ,
f(x)2=X∞
p=0
PpxpX∞
q=0
Pqxq
=
∞
X
n=0
Xn
k=0
PkPn−k xn.
Or,
n
X
k=0
PkPn−k=Pnpour toutn∈IN... sauf pourn= 1 puisque
1
X
k=0
PkP1−k = 0 alors que P1= 1. On a donc
f(x)2=
∞
X
n=2
Pnxn=
∞
X
n=0
Pnxn−x=f(x)−x .
Pour tout x ∈]−R, R[ , le r´eel f(x) v´erifie donc l’´equation alg´ebrique du second degr´e f(x)2−f(x) +x= 0, de discriminant ∆ = 1−4x. Ce discriminant doit ˆetre positif, donc x ≤ 1
4, le rayon de convergence de la s´erie est donc au plus ´egal `a 1
4, donc R = 1 4. Par ailleurs, f(x) = 1
2 1±√ 1−4x
. Comme la fonction f est continue sur ]−R, R[ avec f(0) = 0, on conclut
∀x∈
−1 4,1
4
f(x) =1 2 1−√
1−4x .
Je laisse `a l’´eventuel lecteur le soin de v´erifier que le d´eveloppement en s´erie enti`ere de
√
1−uest
√1−u= 1−
∞
X
n=1
(2n−2)!
22n−1n! (n−1)! un (u∈]−1,1[ ). On a donc, pour tout x∈
−1 4,1
4
, f(x) =
∞
X
n=1
(2n−2)!
n! (n−1)! xn. Par identification, on a enfin, pourn≥1,
Pn= (2n−2)!
n! (n−1)! = 1
nC2n−2n−1 .
EXERCICE 4 : SoitX
n≥0
an une s´erie convergente (`a termes complexes).
1. Montrer que, pour tout r´eel C strictement positif, la s´erie enti`ere X
n≥0
anzn converge uni- form´ement sur la partie du plan
DC={z∈C ; |1−z| ≤C 1− |z|
}.
2. En d´eduire que cette mˆeme s´erie enti`ere converge uniform´ement sur l’enveloppe convexe Er
de l’ensemble{1} ∪D(O, r) pour toutr∈]0,1[ .
- - - - 1.Effectuons une transformation d’Abel : en posant Aqp=
q
X
k=p
ak pourq≥p, on a, pourn > m,
n
X
k=m
akzk =Anmzn+
n−1
X
k=m
Akm(zk−zk+1). On en tire
n
X
k=m
akzk
≤ |Anm| |z|n+
n−1
X
k=m
|Akm| |zk−zk+1|.
Or, pour tout z ∈ DC, on a |z| ≤ 1 (DC est inclus dans le disque unit´e ferm´e et le seul
´
el´ement deDC de module 1 est le nombre 1).
Pour tout m ∈ IN fix´e, posons Km = sup
k≥m
|Akm| (Km existe et lim
m→+∞Km = 0 en vertu du crit`ere de Cauchy puisque la s´erieX
n
an est convergente). Alors
n
X
k=m
akzk
≤Km 1 +
n−1
X
k=m
|zk−zk+1| . Or, on a, si|z| 6= 1,
n−1
X
k=m
|zk−zk+1|=|1−z|
n−1
X
k=m
|z|k=|1−z| |z|m1− |z|n−m 1− |z| , quantit´e que l’on peut majorer par |1−z|
1− |z|, puis finalement par C, lorsque z ∈ DC
(y compris pourz= 1 ´evidemment). On a ainsi prouv´e
∀(m, n)∈IN2 (m < n) ∀z∈ DC
n
X
k=m
akzk
≤(1 +C)Km avec lim
m→+∞Km = 0, autrement dit le crit`ere de Cauchy uniforme est v´erifi´e par la s´erie enti`ereX
n
anzn surDC, d’o`u la convergence uniforme sur cette partie du plan.
2.Pour toutC >0, l’ensembleDCest une partie convexe du plan : en effet, siz∈ DC,z0∈ DC, λ∈IR+,µ∈IR+ avecλ+µ= 1, alors |1−z| ≤C(1− |z|),|1−z0| ≤C(1− |z0|), d’o`u
|1−(λz+µz0)| = |λ(1−z) +µ(1−z0)| ≤λ|1−z|+µ|1−z0|
≤ Ch
λ(1− |z|) +µ(1− |z0|)i
=C 1−(λ|z|+µ|z0|)
≤ C(1− |λz+µz0|), doncλz+µz0∈ DC.
Par ailleurs, si|z| ≤r <1, alors
|1−z|
1− |z| ≤|1−z|
1−r ≤ 1 +|z|
1−r ≤ 1 +r 1−r , doncz∈ DC avecC= 1 +r
1−r. PourC= 1 +r
1−r, l’ensembleDC, convexe, contient le disque ferm´eD(O, r) et le nombre 1, donc contient l’ensembleEr. Comme la s´erie enti`ereX
n
anzn converge uniform´ement surDC, elle converge donc uniform´ement surEr: c’est leth´eor`eme de Picard.
EXERCICE 5 : Soit X
n
anzn une s´erie enti`ere, de rayon de convergence R > 0, de somme f(z). Pour tout r∈]0, R[ , on pose M(r) = sup
|z|=r
|f(z)|.
1.Montrer que ∀n∈IN ∀r∈[0, R[ |anrn| ≤M(r).
2.On suppose queR= +∞et qu’il existek >0 etρ >0 tels que
∀r >0 r≥ρ=⇒M(r)≤ekr. Montrer qu’il existe un entier naturelN tel que
∀n∈IN∗ n≥N =⇒ |an| ≤ ke
n n
.
3.0n suppose toujoursR= +∞. Montrer , dans IR+, l’´egalit´e lim sup
n→+∞
n pn
|an|
=e· lim sup
r→+∞
lnM(r)
r .
Indication : on pourra d´emontrer, puis utiliser l’in´egalit´e nn≥en−1(n−1)!
- - - - 1.Pour r < Ret n∈IN, on a
Z 2π 0
f(r eit)e−intdt= Z 2π
0
∞
X
k=0
akrkei(k−n)t dt=
∞
X
k=0
akrk Z 2π
0
ei(k−n)tdt= 2πanrn
car la s´erie de fonctions t7→akrkei(k−n)t converge normalement sur [0,2π]. On en d´eduit la majoration
|an|rn= 1 2π
Z 2π 0
f(r eit)e−intdt
≤ 1
2π·2π M(r) =M(r). 2.Soitn∈IN∗. Pour toutr≥ρ, on a|an| ≤ekr
rn, donc|an| ≤inf
r≥ρ
ekr
rn. La fonctionϕn :r7→ ekr rn est d´ecroissante suri
0,n k
i, puis croissante surhn k,+∞h
et atteint au point n
k un minimum
de valeur mn=ϕnn k
= ke
n n
. Siρ≤n
k, c’est-`a-dire si n≥kρ, alors
r≥ρinf ekr
rn = inf
r∈[ρ,+∞[ϕn(r) =ϕn
n k
= ke
n n
,
donc en choisissantN =E(kρ) + 1, on a bien
∀n∈IN∗ n≥N =⇒ |an| ≤ ke
n n
.
3.Posons α= lim sup
n→+∞
n pn
|an|
et β= lim sup
r→+∞
lnM(r) r .
•Supposonsβ <+∞et montrons qu’alorsα≤β (siβ = +∞, cette in´egalit´e est triviale). De la d´efinition d’une limite sup´erieure, il r´esulte que
∀ε >0 ∃ρ >0 r > ρ=⇒lnM(r)
r ≤β+ε .
Pour r > ρ, on a donc M(r)≤e(β+ε)r, donc (question2.) il existe un entierN tel que n≥N =⇒ |an| ≤
(β+ε)e n
n
, c’est-`a-dire n≥N =⇒npn
|an| ≤e(β+ε). On en d´eduit que α ≤e(β +ε). Cette in´egalit´e ´etant vraie pour tout ε > 0, on a donc α≤e β.
• Supposonsα <+∞et montronsβ≤ α e. On a
∀ε >0 ∃N ∈IN n≥N =⇒npn
|an| ≤α+ε , donc |an| ≤
α+ε n
n
pourn≥N. Si |z|=r, alors|f(z)| ≤
∞
X
n=0
|an|rn, donc
∀r∈IR∗+ M(r)≤
N
X
n=0
|an|rn+
+∞
X
n=N+1
α+ε n
n rn.
De l’in´egalit´e nn ≥en−1(n−1)! (cf. ci-dessous), on tire
M(r) ≤
N
X
n=0
|an|rn+e
+∞
X
n=N+1
α+ε e
n
rn (n−1)! =
N
X
n=0
|an|rn+ (α+ε)r
+∞
X
n=N
1 n!
α+ε e r
n
≤
N
X
n=0
|an|rn+ (α+ε)r e
α+εe r
=e
α+εe r
ϕN(r),
en ayant pos´e ϕN(r) = (α+ε)r+e−
α+εe r
·
N
X
n=0
|an|rn.
Il en r´esulte lnM(r)
r ≤α+ε e +1
r lnϕN(r) pour toutr >0. MaisϕN(r) ∼
r→+∞(α+ε)r, donc lim
r→+∞
1
rlnϕN(r) = 0, donc lim sup
r→+∞
lnM(r)
r ≤ α+ε
e et ceci pour toutε > 0, donc β ≤α
e.
D´emonstration de nn ≥en−1(n−1)! : cette in´egalit´e ´equivaut `a ln
(n−1)!
≤n lnn−n+ 1.
Or, par comparaison `a une int´egrale, la fonction ln´etant croissante, on a imm´ediatement ln
(n−1)!
=
n−1
X
k=1
lnk≤
n−1
X
k=1
Z k+1 k
lnx dx= Z n
1
lnx dx=n lnn−n+ 1.
EXERCICE 6 :
Pour toutx >0, on pose Γ(x) = Z +∞
0
e−ttx−1dt.
Pour toutx >1, on pose ζ(x) =
+∞
X
n=1
1 nx.
Enfin, laconstante d’Eulerest d´efinie par γ= lim
n→∞
n
X
k=1
1 k −lnn
! .
1.D´emontrer la relation : ∀x∈IR∗+ Γ(x) = lim
n→∞
Z n 0
1− t
n n
tx−1dt.
2.En d´eduire : ∀x∈IR∗+ Γ(x) = lim
n→+∞
nxn!
x(x+ 1)· · ·(x+n). 3.Soitx∈]0,1[. D´emontrer la relation
ln Γ(x) =−lnx−γx+
+∞
X
k=2
(−1)k
k ζ(k)xk.
4.Prouver que γ=
+∞
X
k=2
(−1)k k ζ(k).
- - - -
1. Plus g´en´eralement, soit f : ]0,+∞[→ C une fonction continue telle que la fonction g:t7→e−tf(t) soit int´egrable sur IR∗+. Alors
Z +∞
0
e−tf(t)dt= lim
n→+∞
Z n 0
1− t
n n
f(t)dt . En effet, pour tout r´eelt, on ae−t= lim
n→+∞
1− t
n n
. D´efinissons, pour toutn∈IN∗, une fonctionun : ]0,+∞[→IR par
un(t) =
1− t n
n
si 0< t≤n 0 si t > n .
Alorsun est continue sur IR∗+et la suite (un) converge simplement, sur IR∗+, vers la fonction t7→e−t.
En posant gn = un ·f, on a une suite (gn) de fonctions continues sur IR∗+, convergeant simplement versgsur IR∗+. L’in´egalit´e classique ln
1− t
n
≤ −t
n, valable pourt∈[0, n[ , montre que
∀n∈IN∗ ∀t∈IR∗+ 0≤un(t)≤e−t donc |gn(t)| ≤ |g(t)|.
L’hypoth`ese de domination est alors v´erifi´ee et le th´eor`eme de convergence domin´ee s’applique.
Il suffit donc d’appliquer ce r´esultat avec f(t) =tx−1. 2.Le changement de variable t=nudonne
Z n 0
1− t
n n
tx−1dt=nx Z 1
0
(1−u)nux−1du=nxB(x, n+ 1), en notant B(p, q) =
Z 1 0
up−1(1−u)q−1du pourpetqr´eels strictement positifs (int´egrale eul´erienne de premi`ere esp`ece). La fonctionu7→up−1(1−u)q−1est bien int´egrable sur ]0,1[ et, pour toutn∈IN∗ etx >0, une int´egration par parties donne
B(x, n+ 1) = Z 1
0
ux−1(1−u)ndu=
(1−u)nux x
1 0
+n x
Z 1 0
ux(1−u)n−1du
= n
x B(x+ 1, n). A partir de` B(x,1) =
Z 1 0
ux−1du= 1
x pour toutx >0, une r´ecurrence imm´ediate donne B(x, n) = (n−1)!
x(x+ 1)(x+ 2)· · ·(x+n−1) . Finalement,
∀x∈IR∗+ ∀n∈IN∗
Z n 0
1− t
n n
tx−1dt= nxn!
x(x+ 1)· · ·(x+n) , d’o`u le r´esultat.
3. On a lnn=
n
X
k=1
1
k−γ+o(1). De la relation obtenue `a la question2., on d´eduit donc, pour tout x >0,
ln Γ(x) = lim
n→+∞
"
xlnn+
n
X
k=1
lnk−
n
X
k=0
ln(x+k)
#
= lim
n→+∞
"
xlnn−lnx−
n
X
k=1
ln 1 +x
k
#
= −lnx+ lim
n→+∞
"
x
n
X
k=1
1 k−γ
!
−
n
X
k=1
ln 1 + x
k
#
= −lnx−γx+
+∞
X
n=1
x n−ln
1 + x n
.
Si x∈]0,1[ , alors x
n ∈]0,1[ pour toutn∈IN∗ et on peut d´evelopper : x
n−ln 1 + x
n
=
∞
X
k=2
(−1)k xk k nk .
Cherchons `a intervertir les sommations ; pour cela, v´erifions que la famille
(−1)k xk k nk
n≥1,k≥2
est sommable : en effet, - pour n≥1 fix´e, on a un=
∞
X
k=2
xk
k nk =−x n−ln
1−x n
; - la s´erie de terme g´en´eralun est convergente puisqueun ∼ x2
2n2. On peut donc ´ecrire
+∞
X
n=1
x n−ln
1 + x n
=
∞
X
k=2
∞
X
n=1
(−1)k xk k nk
!
=
+∞
X
k=2
(−1)k
k ζ(k)xk , ce qu’il fallait d´emontrer.
4.L’identit´e
ln Γ(x) + lnx+γx=
+∞
X
k=2
(−1)k
k ζ(k)xk
est valable pour tout x∈]0,1[ . Faisons tendre xvers 1. Le premier membre tend versγ.
Pour ce qui est du second membre, la convergence de la s´erieX
k≥2
(−1)k
k ζ(k), en vertu du crit`ere pour les s´eries altern´ees (rappelons que lim
x→+∞ζ(x) = 1), assure la continuit´e au point 1 de la fonction f :x7→
∞
X
k=2
(−1)k
k ζ(k)xk(lemme d’Abel radial), d’o`u le r´esultat.
Plus conform´ement au programme, la s´erie d´efinissant f(x) v´erifie, pour tout x ∈]0,1], le crit`ere des s´eries altern´ees, ce qui permet de majorer le reste d’ordren en valeur absolue
par ζ(n+ 1)
n+ 1 xn+1, donc a fortiori par ζ(n+ 1)
n+ 1 qui tend vers z´ero ind´ependamment de x, d’o`u la convergence uniforme de cette s´erie sur ]0,1] et donc la continuit´e de f sur cet intervalle.