D´ EVELOPPEMENT 21 IRR´ EDUCTIBILIT´ E DE Φ
nLemme. — Si f, g∈Q[X] sont unitaires et v´erifientf g∈Z[X], alors f, g∈Z[X].
D´emonstration. — Soita >0 le plus petit entier tel queaf ∈Z[X], on poseaf =f1. Soitb >0 le plus petit entier tel quebg∈Z[X], on posebg=g1. Supposons queab >1 et soitpun diviseur premier deab, on consid`ere alors les morphismesπ :Z→Z/pZet πP :Z[X]→ (Z/pZ)[X]. On a f1g1 =abf g∈Z[X]
d’o`u
πP(f1)πP(g1) =πP(f1g1) =πP(ab)πP(f g) = 0
et il en r´esulte (puisque (Z/pZ)[X] est int`egre) queπP(f1) = 0 ouπP(g1) = 0, par exempleπP(f1) = 0.
On peut alors ´ecriref1=pf2o`uf2 ∈Z[X]. Commef est unitaire et puisquef1 =af,aest le coefficient dominant def1, doncp diviseaet on ´ecrita=pa0. Il vient donc pa0f =f1=pf2 i.e. a0f =f2 ∈Z[X], ce qui est impossible puisque a0< a. Donc ab= 1 i.e.a=b= 1.
Proposition. — φn,Q est le polynˆome minimal sur Q d’une racine primitive n-`e de l’unit´e. En par- ticulier, φn,Q est irr´eductible dans Q[X].
D´emonstration. — Soitζ une racine primitiven-i`eme de l’unit´e et montrons queφn,Q = Irr(ζ,Q). Soit p premier ne divisant pas nalorsζp est aussi une racine primitive n-`e de l’unit´e ; on posef = Irr(ζ,Q) etg= Irr(ζp,Q).
•Puisqueφn,Q(ζ) = 0,φn,Q est divisible parf donc on peut ´ecrireφn,Q(ζ) =f q avecq ∈Q[X]. Comme f etφn,Q sont unitaires, il en est de mˆeme deq. Puisqueφn,Q∈Z[X], il r´esulte du lemme quef ∈Z[X].
On obtient de mˆeme queg∈Z[X].
• Puisque g(ζp) = 0, ζ est racine de g(Xp) donc f(X) divise g(Xp) i.e. f(X)h(X) = g(Xp) avec h ∈ Z[X] d’apr`es le lemme. On consid`ere les morphismes π : Z → Z/pZ et πP : Z[X] → (Z/pZ)[X], alors
πP(f(X))πP (h(X)) =πP(f(X)h(X)) =πP(g(Xp)). Notonsg=Xd+ad−1Xd−1+· · ·+a1X+a0, alors
πP (g(Xp)) =Xdp+ad−1X(d−1)p+· · ·+a1Xp+a0 et d’apr`es le th´eor`eme de Fermat on a
πP(g(Xp)) =Xdp+ad−1pX(d−1)p+· · ·+a1pXp+a0p or l’anneau (Z/pZ)[X] est de caract´eristiquep donc
πP(g(Xp)) =Xd+ad−1Xd−1+· · ·+a1X+a0
p = (πP(g(X)))p
d’o`u
πP (f(X))πP(h(X)) = (πP (g(X)))p.
60 Irr´eductibilit´e de Φn
•SoitπP(f1)∈(Z/pZ)[X] un diviseur irr´eductible deπP(f(X)), alorsπP(f1) divise (πP(g(X)))pdonc πP(f1) diviseπP(g(X)). Sif etgsont distincts, alorsf g= ppcm(f, g) diviseφn,Qorφn,Q diviseXn−1 doncf g diviseXn−1, on ´ecritXn−1 =f gq1, d’o`u
Xn−1 =πP(f)πP(g)πP(q1).
OrπP(f1) diviseπP(f) etπP(g) donc (πP(f1))2 diviseXn−1. Soit (Z/pZ)(ξ) un corps de rupture de πP(f1) surZ/pZ, alorsπP(f1) (ξ) = 0 doncξ est une racine multiple deXn−1. Commepne divise pas n, on a Xn−10
=nXn−1 i.e.Xn−1 n’admet pas de racine multiple. Doncf =g i.e.si p ne divise pasn, alors Irr(ζ,Q) = Irr(ζp,Q).
• Soit ζ0 une autre racine primitive n-i`eme de l’unit´e alors on a ζ0 = ζm pour un entier m premier avec n. Ecrivons m = pε11· · ·pεrr, aucun des pi ne divise n donc on a Irr(ζ,Q) = Irr(ζpi,Q), puis Irr(ζpi,Q) = Irr((ζpi)pi,Q) et par r´ecurrence, il vient Irr(ζ,Q) = Irr(ζpεii ,Q). Il vient ensuite
f = Irr(ζ,Q) = Irr
ζp
ε1
1 ···pεrr ,Q
= Irr(ζm,Q) = Irr(ζ0,Q).
Ainsi, toutes les racines primitives n-i`emes de l’unit´e sont racines de f donc degf ≥ ϕ(n). Or on a f q=φn,Q avec degφn,Q=ϕ(n) et f et φn,Q unitaires, doncq = 1i.e. φn,Q= Irr(ζ,Q).
Le¸cons concern´ees
14 Polynˆomes irr´eductibles `a une ind´etermin´ee. Corps de rupture. Exemples et applications 15 Groupe des nombres complexes de module 1. Applications
R´ef´erences
X. Gourdon,Alg`ebre, Ellipses, 1994.
I. Gozard,Th´eorie de Galois, Ellipses, 1997.
S´ebastien Pellerin