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Texte intégral

(1)

ConcoursCentrale- Supélec2009

Épreuve :

MATHÉMATIQUES II

Filière

PC

Les calculatrices sont autorisées Notations et objet du problème

• La notationKdésigne indifféremment l’ensembleRdes nombres réels ou l’en- sembleCdes nombres complexes.

• ndésigne un entier supérieur ou égal à 1.

• On note Mn(K)l’ensemble des matrices carrées d’ordren > 1 à coefficients dansK. La matrice identité deMn(K)est notéeI.

• Dans tout le problème, on identifie les deux espaces vectorielsMn,1(K)etKn, c’est-à-dire qu’on identifie un vecteur de Kn avec le vecteur colonne de ses composantes dans la base canonique de Kn. De la sorte, si M ∈ Mn(K) et x ∈Kn, on peut former le produitMx ∈Kn, ce qui permet de définir l’endo- morphismefMcanoniquement associé àMpar :

∀x ∈Kn, fM(x) =Mx.

L’image de fM,(ImfM)sera notée Im(M)et le noyau de fM,(KerfM)sera noté Ker(M).

Pour toute matrice Mde Mn(K), on note σ(M)le spectre de M, c’est-à-dire l’ensemble de ses valeurs propres complexes. On noteρ(M)le rayon spectral deM, c’est-à-dire le plus grand module des valeurs propres deM.

• On dira qu’une suite deKn(respectivement deMn(K)) converge, ou est conver- gente, si elle converge pour une norme particulière deKn (respectivement de Mn(K)). On sait qu’elle converge alors pour toute norme de Kn (respective- ment deMn(K)) puisque ces espaces sont de dimension finie.

• L’espace vectorielRnest muni de son produit scalaire canonique, notéh , i. La norme euclidienne associée est notée|| ||.

Un endomorphisme symétrique f deRn est dit positif si, pour toutxde Rn, hf(x),xi>0.

Un endomorphisme symétrique est dit défini positif si, pour toutx deRn,x non nul,hf(x),xi>0.

On dit de même qu’une matrice symétriqueM∈ Mn(R)est positive si l’endo- morphisme deRncanoniquement associé àMest positif, et qu’elle est définie positive si ce même endomorphisme est défini positif.

Dans tout le problème,A∈Mn(R)est une matrice symétrique,b∈Rnest un vec- teur fixé, et l’on étudie des méthodes itératives pour approcher la ou les solutions

(2)

Partie I - La fonctionnelle J

I.A - Question préliminaire

I.A.1) Montrer qu’une matrice symétrique Mde Mn(R)est positive si et seule- ment si son spectre σ(M)est inclus dans R+, et qu’elle est définie positive si et seulement si son spectreσ(M)est inclus dansR+\ {0}.

I.B - Cas particulier :n=2

Dans cette question, on pose A =

13 −4

−4 7

et b =

75

−75

. On définit la fonctionFsurR2à valeurs dansRde la façon suivante :

pour toutv= x1

x2

deR2, F(v) =1

2hAv,vi − hb,vi.

a) Justifier que la fonctionFest de classeC1surR2. La fonction gradient deF(gradF) est notée∇F.

b) Prouver que :

∀v∈R2, ∇F(v) =Av−b.

c) En déduire que la fonctionFadmet un unique point critique surR2.

d) Déterminer la nature géométrique de la surfaceΣdeR3d’équationx3=F(x1,x2).

e) Déduire de la question précédente que la fonctionFadmet un minimum global surR2, que l’on précisera.

I.C -On suppose dans cette question que la matrice Ade Mn(R)est symétrique positive et on définit l’applicationJdeRndansR:

∀v∈Rn,J(v) =1

2hAv,vi − hb,vi.

appelée lafonctionnelle associée à A.

(3)

I.C.1) Prouver que, pour tout couple(v,h)de vecteurs deRn, on a : hAv,hi=hAh,vi.

On pose∇J(v) =Av−bpour toutv∈Rn. I.C.2)

a) Expliciter la fonctionR:RnRtelle que

∀v,h∈Rn,J(v+h) =J(v) +h∇J(v),hi+R(h).

Quel est le signe deR(h)?

b) On suppose qu’un vecteurv0Rnest tel queJ(v)>J(v0)pour toutv∈Rn. En observant queJ(v0+th)> J(v0)pour touth∈Rnet toutt∈R, montrer que :

∇J(v0) =0.

I.C.3) On suppose que la matriceAest symétrique définie positive.

a) Montrer qu’il existe un uniquev0Rntel que J(v0) = inf

v∈RnJ(v), et le détermi- ner en fonction deAetb.

b) Soitv∈Rnetd∈Rn,dnon nul.

Montrer qu’il existe un uniquer∈Rtel queJ(v−rd) = inf

ρ∈RJ(v−ρd).

Exprimerren fonction dev,detA.

I.C.4) On suppose encore que la matriceAest définie positive. Déterminer deux constantesα>0 etm>0 en fonction du spectre deAtelles que :

h∇J(v)− ∇J(u),v−ui>α||v−u||2

||∇J(v)− ∇J(u)||6m||v−u||

pour tout couple(u,v)de vecteurs deRn.

I.C.5) On suppose que la matriceAest symétrique positive, mais non inversible, et quebappartient à Im(A). On noteu0un élément deRntel queAu0=b.

Déterminer l’ensemble des vecteursv0tels queJ(v0) = inf

v∈RnJ(v)et préciser sa na- ture géométrique.

(4)

Partie II - Méthode du gradient à pas constant

II.A - Normes matricielles et rayon spectral

Une normeN sur Mn(C)est ditesubordonnées’il existe une norme νsurCntelle que, pour toutM∈Mn(C),

N(M) = max

x∈Cn,x6=0 ν(Mx)

ν(x) · On dit queNest subordonnée àν.

II.A.1) On définit surCnla norme|| ||par :

∀x∈Rn, x= (x1, . . . ,xn), ||x|| = max

16i6n|xi|.

On noteNla norme surMn(C)subordonnée à||.||.

Montrer que, pour toute matriceM= (mij)∈Mn(C),N(M) = max

16i6n n

j=1

|mij|.

II.A.2) SoitNune norme subordonnée surMn(C).

a) Montrer que :∀A,B∈Mn(C),N(AB)6N(A).N(B).

En déduire que :∀n∈N,N(An)6(N(A))n.

b) Montrer que, pour toutM∈Mn(C),ρ(M)6N(M).

II.A.3) SoitM= (mij)16i,j6nune matrice triangulaire supérieure deMn(C) ( c’est-à-diremij=0 sii>j).

Soitαun nombre réel strictement positif, etPαla matrice diagonale diag(1,α,· · ·,αn−1), c’est-à-dire dont lei-ème coefficient diagonal estαi−1.

a) CalculerPα−1MPα.

b) En déduire que, pour toutε>0, il existeα>0 tel queN(Pα−1MPα)6ρ(M) +ε.

II.A.4) SoitMune matrice deMn(C)etǫ>0 fixé.

a) Prouver l’existence d’une matricePinversible et d’un réelα>0 tel que : N(Pα−1P−1MPPα)6ρ(M) +ǫ.

b) En déduire qu’il existe une norme subordonnéeNsurMn(C)telle que : N(M)6ρ(M) +ε.

II.A.5) SoitM∈Mn(C)etc∈Cn. On définit l’application fdeCndansCnpar : x7→Mx+c.

(5)

Montrer l’équivalence des assertions(i)et(ii)ci-dessous :

(i)Pour toutx0Cn, la suite(xk)k∈N, définie parxk+1 = f(xk), est convergente, et sa limite est indépendante dex0.

(ii)I−Mest inversible etρ(M)<1.

Il pourra être utile d’introduire un réelǫ >0et de choisir une norme subordonnée N sur Mn(C)telle qu’on ait l’inégalité N(M)6ρ(M) +ǫpour la matrice M considérée.

II.B - Méthode du gradient à pas constant

Soit Aune matrice symétrique positive, mais pas nécessairement inversible,bun vecteur appartenant à l’espace Im(A), etJla fonctionnelle associée àA.

On notex0un élément deRntel queb=Ax0

On désigne parSune matrice symétrique définie positive donnée.

II.B.1) Montrer que l’application définie par φ(u,v) = hSu,vi, pour tout couple (u,v)de vecteurs deRn, fournit un produit scalaire sur l’espaceRn.

II.B.2) Montrer que les sous-espaces Im(S−1A)et Ker(A)sont orthogonaux pour le produit scalaireφdéfini à la question précédente.

En déduire qu’ils sont supplémentaires.

II.B.3) Montrer que, dans Im(S−1A), le système linéaire Au = b possède une unique solution notéeu. Décrire l’ensemble des solutions dansRn.

II.B.4) Étant donné un nombre réelγ, on définit la suite récurrente uk+1=ukγS−1∇J(uk)

pour toutk∈N,u0Rnétant arbitrairement choisi.

a) Montrer que la composante du vecteuruksur le sous-espace Ker(A), dans la dé- compositionRn =Im(S−1A)⊕Ker(A), est indépendante dek; on la notew.

b) Pour toutk,uks’écrit doncuk=w+ukavecuk ∈Im(S−1A). Préciser l’applica- tion f : Im(S−1A)→Im(S−1A)telle queuk+1= f(uk)pour toutk.

c) Montrer que les valeurs propres complexes de la matriceS−1Asont toutes réelles positives ou nulles.

Il pourra être utile de montrer que pour toute matrice X de Mn,1(C),X6=0, tXSX>0. d) Montrer qu’on définit un automorphisme linéaire g de Im(S−1A) en posant g(x) =S−1Axpour toutx∈Im(S−1A).

(6)

On noteΛnla plus grande valeur propre deS−1A, et l’on suppose, jusqu’à la fin de cette partie, que 0<γ< 2

Λn·.

e) Dans cette question, on noteidl’endomorphisme identité de l’espace Im(S−1A).

Montrer que le polynôme caractéristique de id−γg est scindé sur R , et que le rayon spectral deid−γgest strictement inférieur à 1.

f) En déduire que la suite(uk)k∈Nest convergente dans le sous-espace Im(S−1A).

On noteusa limite. On peut donc écrire :

k→+∞lim uk=u+w.

g) Quelle relation le vecteuruvérifie -t-il ?

Partie III - Méthode du gradient à pas optimal

Dans cette partie,A∈ Mn(R)est symétrique définie positive. On notev0Rnle vecteur tel queAv0=b.

On construit une suite(uk)k∈Npar récurrence :

• on choisitu0Rnet l’on posed0=∇J(u0);

• en supposantukdéjà construit, on définit uk+1 en fonction deuk de la façon suivante :

on posedk=∇J(uk)et on déterminerkRtel queJ(uk−rkdk) = inf

ρ∈RJ(ukρdk) (cf. I.C.3.b).

On pose alorsuk+1 = uk−rkdk. La suite(uk)k∈N est donc bien définie, ainsi que la suite(dk)k∈N.

III.A -

III.A.1) Montrer que, pour tout entierk,hdk+1,dki=0.

III.A.2) Montrer qu’il existeα>0 dépendant du spectre deAtel que : J(uk)−J(uk+1)> α

2||uk+1−uk||2. III.A.3) Prouver que la suite(J(uk))k∈Nest convergente.

Montrer alors que lim

k→∞||uk+1−uk||=0.

III.A.4) Montrer que||dk||6||dk−dk+1||, puis que lim

k→+dk =0.

III.A.5) Montrer queh∇J(uk),uk−v0i > α||ukv0||2. Prouver finalement que

k→∞lim ||uk−v0||=0.

3/4

(7)

III.B -Un exemple : n = 2, c > 0 est différent de 1,A est la matrice

1 0

0 c

, et b =0. On suppose que u0 =

x0 y0

n’a aucune composante nulle. On construit la suite(uk)par la méthode décrite dans cette partie. On noteuk=

xk yk

III.B.1) Expliciter les composantes deuk+1en fonction de celles deuket dec. En déduire que pour toutk∈N, les deux composantes deuksont différentes de 0.

III.B.2) Montrer que le produit des coefficients directeurs deuk+1et uk est une constante indépendante dek, que l’on déterminera. On rappelle que le coefficient directeur deuk =

xk yk

esttk = yk xk·

III.B.3) Montrer queuk+2 etuk sont colinéaires, et calculer le coefficient de coli- néarité. Illustrer géométriquement le comportement de la suite(uk)pourc>1.

• • •FIN• • •

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