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Franges au voisinage de la discontinuité K des rayons X
Constantin Kurylenko
To cite this version:
FRANGES AU VOISINAGE DE LA
DISCONTINUITÉ
K DES RAYONS X(*)
Par CONSTANTIN KURYLENKO. Laboratoire de
Minéralogie
de la Sorbonne.Sommaire. - Le
premier chapitre rappelle les traits essentiels des théories de MM. Brillouin et Kronig. En outre il contient l’exposé d’une méthode nouvelle qui permet de suivre les variations du coefficient d’absorption 03BC en fonction de l’énergie.
Le deuxième chapitre, relatif aux franges voisines de la discontinuité K, indique les résultats suivants : 1° Sous l’influence du laminage, les intensités des franges éprouvent des changements;
2° Aux basses températures (- 180° C) il existe un léger déplacement de la discontinuité K vers les
grandes longueurs d’onde pour le cuivre et le fer;
3° Les franges du fer-03B3 apparaissent à 960-970° C et les positions énergétiques « des minima isolés »
du fer-03B3 concordent bien avec celles du cuivre à 20° C;
4° L’hypothèse de l’existence de deux états : GuII FeII S2 et CuI FeIII S2 dans Cu Fe S2 (chalcopyrite) prévus par Pauling est confirmée partiellement;
5° Le spectre d’absorption K de la magnétite accuse un palier qui peut être attribué à l’existence de deux sortes d’atomes de fer dans Fe3O4;
6° Sous l’action prolongée des rayons X, le cristal K4 Fe (CN)6 se décompose : changement de couleur,
palier dans la bande K;
7° La bande principale K du fer électrolytique, sous l’action du champ magnétique de 10 000 gauss
(la direction des rayons X est normale au champ) accuse un déplacement vers les grandes longueurs d’onde de l’ordre de 3 V par rapport à la bande principale K du fer.
L’article se termine par des considérations sur la largeur des franges et sur le pouvoir réflecteur des plans réticulaires pour les ondes électroniques qui permettent d’expliquer le déplacement « anormal » de la discontinuité K de Fe F2.
CHAPITRE PREMIER.
1. Introduction. - Une des
propriétés
lesplus
remarquables
des rayons X est lagrande
facilité aveclaquelle
ils traversent les substancesréputées
opaques à la lumière ordinaire.Un faisceau
parallèle
de rayonsX,
en traversantla
matière,
subira un affaiblissementaccompagné
d’un effet
photoélectrique
danslequel
les électronsseront
expulsés
de l’intérieur des atomes.On
peut
définir pour les rayons X un coefficientexponentiel d’absorption
~. par la relationreliant l’intensité
7.~
après
la traversée d’uneépais-seur x de la matière
absorbante,
à l’intensité initialeI o
du
rayonnement
supposé monochromatique.
Lecoefficient p
estl’absorption
par
unité delongueur.
L’absorption
par unité de masse sera1:,
où p est la odensité de la matière absorbante.
’
Au lieu du
coefficient 1:
Jônsson(1)
a introduit un. p
autre coefficient
où A est le
poids atomique
de l’élémentabsorbant,
N son nombreatomique,
L le nombred’Avogadro-Loschmidt,
de sorte que 1,.£, caractérisel’absorption
rapportée
à un électron de l’atome considéré. Le(*) KURYLENKO, Thèse, Paris, 1939, Jouve et Cie, Éditeurs.
(1) iôNssoN, Thèse, Upsala, 1928.
coefficient pu, fonction de la nature de
l’élément,
dépend
deplus
de lafréquence v
durayonnement;
ainsi
([J-e)
=f (N,
v)
donnel’expression
ducoefli-cient pe dans la branche K de la courbe
d’absorption.
Pour certaines valeurs de lafréquence
v K, v L, ..., lecoefficient
d’absorption
se relèvebrusquement
etreprend
ensuite une marche décroissante. Cesb.rusques
discontinuités définissent lesfréquences
critiques
de l’élément considéré.
En dehors de cet
aspect
général,
leperfectionne-ment des méthodes
spectroscopiques
a montréqu’il
y avait des fluctuations dans le coefficient
d’absorp-tion du côté des
grandes
fréquences
(courtes longueurs
d’onde)
des discontinuitésK, L,
....Ces fluctuations
(bandes
ou raies sur lediagramme)
sont
désignées
sous le nom de structurefine.
Il nous semble que la dénomination due à M. Maurice deBroglie
(2), franges
auvoisinage
des disconti-nuitésK, L,
..., estplus
exacte.L’existence des
franges
voisines des disconti-nuités futsignalée
pour lapremière
fois par Sten-strôm(3)
(1919).
Kossel
(4)
élabora une théorie pourexpliquer
cephénomène,
mais elle resteimpuissante
dans bien des cas.Le véritable
progrès
date seulementde 1930-1982,
(2) Maurice nE BROGLIE, Les rayons X, Paris, Ig22, p. 66.(3) STFNSTRÔM, Thèse, Lund, igig.
(~) W. KossEL, Zeit. für Physik, 1920, 1, p. 119.
134
où
parurent
la théorie de M. Léon Brillouin(5)
et celle de M.Kronig
(6).
Ces théories démontrentnettement l’influence de la maille cristalline sur
l’aspect
desfranges
voisines des discontinuités desrayons X.
Les collaborateurs de 1VI.
Kronig : Coster (7),
Veldkamp {$~
etSmoluchowsky
(9)
ontapporté
despreuves éclatantes de ces théories.
Nous avons
essayé
d’élargir
le domained’obser-vation de ce
phénomène
parapplication
systéma-tique
des donnéescristallographiques
auxprévisions
théoriques,
afin dedégager quelques
conclusions
pratiques qui précisent
le sens danslequel
il faudra orienter les recherches éventuelles sur cephéno-mène.
Nous allons donner au
paragraphe
suivant unaperçu des théories de Léon Brillouin et de
R. de L.
Kronig.
2. Théorie de Léon Brillouin
(1°).
- Les électronsexpulsés
par lequantum
des rayons X ne sont pasémis dans le
vide,
mais cheminent à l’intérieur ducristal où ils se
propagent
sous forme d’électrons~soi-disant libres.
Fig. I.
Ces
électrons,
en mouvement dans lecristal,
serontsoumis à des forces dérivant d’un
potentiel
variantpériodiquement
à l’intérieur ducristal;
parexemple,
pour une file departicules identiques
distantes ded,
le
potentiel
auraitl’aspect figuré.
M. Léon Brillouin a étudié le mouvement de tels électrons : il
part
enpremière approximation
dumouvement d’un électron libre en mouvement
(6) L. BRILLOUIN, J. de Physigue et le Radium, ~g3o, 1, p. 377.
(s) R. DE L. KRO IG, Zeit. f ür Physik, g 3 r, 70, p. 3 ~ 7; 1932, 75, p. I91 et 468.
(7) D. COSTER et J. vELnKAnP, Zeif. f ür Physik,, 1932, 74, p. g 1.
(~) J. VELDKA~iP, Thèse, Groningen, 1934. (9) R. SMOLUCHOWSKY, Thèse, Groningen, 1935.
(10) L. BRILLOUIN, IOC. cit.
dans le cristal dont
l’énergie cinétique
a la formeet considère comme une
perturbation
l’effet des«
irrégularités
»périodiques
dupotentiel
dans lecristal.
Pour un électron
libre,
l’équation (2)
peut
sereprésenter
graphique-ment par une
parabole
(fig.
2).
Laperturbation
a pour effet de défor-mer celle-ci
qui prend
alors
l’aspect
suivant(fig.
3).
A droite de cette
nou-velle
courbe,
nous avonsplacé
le schéma desn i v e a u x
énergétiques
qui
luicorrespondent ;
comme on levoit,
on a"
un
systèmes
discontinu de 1 valeursd’énergie;
il est Fig. 2.constitue par de
larges
bandes
qui s’élargissent quand
les niveauxs’élèvent,
séparés
par de minces intervalles. Si l’onenvisage
alors une certaine direction de
propagation
dans lecristal,
on voit que lesélectrons,
sepropageant
sui-vant cettedirection,
présentent
une série de bandesd’énergie permises
définies enpremière
approxima-tion par
l’équation (2).
Fig. 3.
1VI. Léon Brillouin a montré que les discontinuités de
l’énergie
seproduisaient quand
les ondes dede
Broglie
cheminant dans le cristal satisfaisaient presque à une condition de réflection sélective deBragg
[il
a démontré quel’énergie
correspon-dante n’estplus représentée
parl’équation (2)
et135
M. Léon Brillouin a tracé dans le cristal les zones
où de tels
phénomènes
seproduisent
et il a trouvéune série de zones
concentriques (de
formespolyé-driques)
appelées
~ones de Brillouin.C’est là
qu’apparaît
l’influence du cristal sur lephénomène,
car d’untype.
de réseau à un autre, les conditionsprécédentes
se traduiront par unaspect
différent du
spectre
des valeurs del’énergie.
Fig. 4.
Ces considérations
permettent
d’expliquer l’aspect
des
franges signalées plus
haut.Supposons
unquantum ~ v tombant
sur unatome;
si cette
énergie
est suffisante un électron seraarraché,
parexemple,
à la couche K et seraprojeté
sur undes niveaux
signalés
par L. Brillouin et le schémad’absorption
des rayons X est donc celui de lafigure
4.
Comme pour des
types
de réseaux différents lespectre
del’énergie
doit êtredifférent;
oncomprend
dès lors facilement quel’aspect
desfranges
au voisi-nage des discontinuités variera d’untype
du cristalà un autre.
3. Théorie de
Kronig. -
Kronig,
par une autreméthode,
est parvenu aux mêmes résultats que M.Brillouin,
mais il aremarqué
deplus
que dans lecristal existent naturellement les électron libres
qui
vont occuper unepartie
des niveauxd’énergie
précédemment
définis.Il
indique
quel’énergie
maxima des niveaux Eoccupés
par ces électrons libres est donnée par la théorie des gazdégénérés
2
où h est la constante de
Planck,
m la masse d’un électron et N le nombre d’électrons dans le volumeconsidéré V. Tous les niveaux
d’énergie
Einférieurs
à E serontoccupés
par les électrons libres et lesélectrons « soi-disant libres »,
expulsés
de l’atomepar le
rayonnement
X nepourront
seloger
que sur des niveauxd’énergie supérieure
à E.Finalement le schéma sera le suivant
( fig.
5).
Reste à
déterminer
E et pour cela il faut choisirN ;
c’est le nombre des électrons de valence et non, comme
Kronig
lefaisait,
le nombre total des électronsde l’atome
(*).
(*) R. de L. Kronig, loc. clt., p. 206.
Prenons le cuivre
métallique.
On saitqu’il
estconsidéré comme
monovalent;
donc,
on doitprendre
l’V =1; le volume
atomique
est.
d’où
(selon Kronig
67
V).
Passons au fer
métallique.
Sa valence est n~fjégale
à 2 et le volumeatomique
i fesse ra~
95@aAl
donc
(Kronig
trouvait 6zV).
Restait à
expliquer
lecomportement
de p
dans la bande
d’absorption,
représenté
par lafigure
6.Kronig
y est parvenu par une méthodecompliquée
enremarquant, qu’au point
de vue del’absorption,
seuls les électrons émis dans la direction voisine
Fig. 5.
de la normale aux
plans
de discontinuité limitantles zones de Brillouin
jouaient
un rôle et que pourceux-ci la
probabilité
de passage ne se trouvait passensiblement modifiée.
’Fig.6.
Sous la direction de M. L.
Brillouin,
nous avonsétudié la variation
de ia
par une autre méthode.4. Probabilité de passage des électrons dans les zones
d’énergie pertubée
et nonperturbée.
-Pour illustrer l’étude de la variation du coefficient
d’absorption
avecl’énergie,
dans le cas d’unepertur-bation,
nous avons, sur les conseils et avec l’aide de M. L.Brillouin,
appliqué
une autre méthode.Le coefficient p
peut
être considéré comme étant136
à un niveau
énergétique compris
entre E et E + dE. Considérons alors l’extension en moments,c’est-à-dire,
l’espace
où les coordonnées sont lesquantités
Fig. ~ 3. Fig. r 4.
de mouvements pr, pv, p.; nous allons chercher la
probabilité
de latransition,
qui
fait passer un électronexpulsé
de l’atome sur un niveauénergétique compris
entre E etE + dE;
cela s’obtient en cherchant levolume dans l’extension en moments,
qui
correspond
à une
énergie comprise
entre E etE +
dE.Donnons un
exemple
dans le cas de deuxdimen-sions,
cequi
permet
desreprésentations plus
faciles. L’extension en moments se réduit à unplan
p.r p~ ,dont tous les éléments de
surface égaux
sontégalement
probables
en l’absence de touteperturbation,
l’énergie
seraitreprésentée
parLa
condition,
pourqu’une énergie
soitcomprise
entre E et E +dE,
correspond
ainsià une couronne circulaire de
largeur
dp;
sasurface ds est cls = ~
~y7
clp
== 2 Jt m dE.A tout intervalle
d’énergie
dEcorrespond
ainsi uneprobabilité égale
à ds.Les
figures 7
et 8 montrent la courbepara-bolique
de la variation de E en fonction de p,et une série de cercles
concentriques,
corres-pondant
à des intervalles àE constants et àdes surfaces OS constantes. Dans le cas où il
n’y
a pas deperturbation,
laprobabilité
étu-diée en fonction de E est constante, etpeut
être
représentée
par une droite( f g. g).
/
Dès que lesperturbations apparaissent,
lecoefficient de
probabilité
change,
en raisondes variations
qui
s’introduisent dans la mesure des surfaces initialementéquivalentes.
On obtient alors une courbeayant
l’allureindiquée
sur lafigure
13.Considérons,
eneffet,
lacourbe 7
dans le cas d’uneperturbation :
elle al’aspect
quedonne la
figure 10;
àgauche
deOE,
nous aurons une discontinuité due auplan
(1,0),
donc,
un étatperturbé,
et à droite unepara-bole
qui
caractérise l’état nonperturbé.
Menons des
plans
normaux à la droiteOE,
séparés
par une même distance I1E(à
uneéchelle
arbitraire,
nous avons tracé 16plans)
(fin.
10); représentons
dans leplan
p.r p-, les aires ainsidécoupées (fig. II).
Nous voyonsqu’à
droite de op,, n’existent que dessurfaces
concentriques,
tandisqu’à gauche
de op,, elles ont une autreforme;
les différencesentre les surfaces
0-1, 1-2,
2-3, etc.repré-sentent les variations de la
probabilité
de passage et l’on obtient lafigure
12.Dans le cas de trois
dimensions,
nous auronsun accroissement de volume
en
remplaçant
p par savaleur,
il vientEn l’absence de
perturbation,
laprobabilité
serareprésentée
par une courbe d’allureparabolique
(fig. 13).
Si l’onenvisage
le cas d’uneperturbation,
137 CHAPITRE II.
"
Partie
expérimentale.
5.
Franges
voisines de la discontinuité K dans les métaux(à
200C).
- Nous avons vuque les
théories de MM. Brillouin et
Kronig prévoient
que letype
du réseau cristallin déterminel’aspect
desFig. 15.
franges
de la discontinuité K. Il est facile decons-tater que les courbes
microphotométriques (fin.
18, g et20),
que nous avonsobtenues,
àpartir
du cuivre(cubes
à facescentrées),
du fer(cubes centrés)
et du zinc(hexagonal) présentent
des différences.Fig. 16.
En outre, les considérations
théoriques
deKronig
serapportent
aux substancesdépourvues
d’orien-tations
privilégiées.
Pourpouvoir
exécuter desvérifications
expérimentales
sur les considérationsde
Kronig,
nous avonspréparé
une lame de cuivredont les cristallites
présentaient
uneisotropie
statis-tique (11)
et une autreayant
uneanisotropie
statistique
(11) KURYLENKO, 10C. cit., p. 49.
i
Fig. 17.
(une
lame laminée à go pour100).
Lesfigures 15
et 17
montrentqu’il
y a une différence dans lesFig. 18.
intensités des minima isolés oc,
~,
y selonqu’on
opère
avec une lameisotrope ( fig. T 5)
ou bien avec~ Fig. 19.
138
Le Tableau I
indique
les résultats d’observationsrelatives aux métaux. On remarque que le Cu et le Fe
métalliques
accusentl’apparition
d’un minimumisolé ce’
proche
de la bande K(la
fente duspectro-graphe
était de49
P- et le rayon de422
mm).
Nousn’avons
signalé
que des « minima isolés »,parce que ces mesures sont effectuées au
comparateur
et non pas aumicrophotomètre,
sauf pour le Ga.Remarque.
- La bandeprincipale
K du ferélec-trolytique,
sous l’action duchamp magnétique
de 10 00o gauss(la
direction des rayons X estnormale au
champ)
accuse(12)
undéplacement
vers lesgrandes longueurs
d’onde de l’ordre de3
V,
parrapport
à la[bande
principale
K du fer.’
TABLEAU 1.
6. Basses
températures. -
Les résultats de nos essais à bassestempératures
sontconsignés
dans les Tableaux II et III.De l’étude à basses
températures,
onpeut
tirer les conclusions suivantes :1° Le niveau
énergétique
des électrons K n’est passensiblement influencé par l’abaissement de la
tempé-rature. Dans le cas du
fer,
les variations des1,~
à 20°C etJK
à - 180°C sont de l’ordre de1,4 V.
Pour lecuivre,
on constate undéplacement
del’ordre de i V.
20 Les
plans
réticulaires deviennentplus parfaits
par suite de la diminution de
l’agitation thermique,
ce
qui
se traduitexpérimentalement
par uneaugmen-tation d’intensité des courbes
microphotométriques
à bassestempératures
( fig.
16);
ainsi la théorie deDebye
etWaller,
relative aupouvoir
réflecteur desplans
réticulaires pour les rayonsX,
se confirme ici pour les ondesélectroniques.
30 La lame mince du cuivre
change
sa couleurà - elle devient
rouge sang
(13).
7. Pellicule de fer à haute
température.
-Hanawalt
(14)
a étudié l’influence de la hautetempé-rature sur
l’aspect
desfranges
qui accompagnent
(12) Voir aussi : FoRmANN, Phys. Rev., .A. vril 19 1 4, janv. ~ 19 16.
(13) Pour plus de détails, voir KURYLENKO; loc. Cit., p. 46.
(’4) HANAWALT, Zit. ciel. Physik, 193 1, 70, p. 2 93.
la discontinuité K du fer. Ses
recherches,
effectuées dans le domainethermique
de 2oDC à86oa C,
ontconduit aux conclusions suivantes : -. la
position
dela bande
d’absorption
K estindépendante
de latempérature;
la décroissance de la netteté desfranges
apparaît
comme une fonction de latempérature,
surtout pour les
franges
qui
se trouventéloignées
du bordprincipal
K;
lephénomène
estréversible,
c’est-à-dire,
qu’au
fur et à mesure que latempérature
de la
pellicule
de ferdiminue,
la netteté desfranges
augmente
pour yacquérir
son intensité normaleà 200C.
Nos essais avec le fer
porté
à960-9700C
ont été réalisés au laboratoire du Professeur A/Lindh,
à l’Institut de Chalmers(Suède).
Une mince feuille de fer(5,5-io-’
cm)
était chauff ée dans un videpermanent,
assuré par une pompe moléculaire deSiegbahn.
Latempérature
de la feuille était contrôlée à l’aide d’unpyromètre.
Nous avons constaté que lesfranges
existent à960-9700C
avec une très faibleintensité
21),
que la bandeprincipale
K accuseun
déplacement
vers lesgrandes
longueurs
d’onde(+
U. X.,
soit -1,34V),
et que larépartition
des « minima isolés »
(maxima
sur la courbemicro-photométrique)
correspond
assez bien aufer-y,
dont l’édifice cristallin est
analogue
à celui du cuivreà 2oo C. Les résultats sont
consignés
dans le139 TABLEAU Il.
TABLEAU III.
Avant de
procéder
à l’examen de cephénomène,
rappelons
que l’étude de la structure dufer,
à hautetempérature,
conduitWestgren
etPhragmen
(15)
aux résultats suivants : il
n’y
a pas dechangement
de structure,quand
on passe duf er-oc
aufer-g,;
aucontraire,
le passage du aufer-y
correspond
à un
changement
complet
de la structure(de go6°C
à 1 réseau de cubes contrés est
remplacé
par un réseau de cubes àfaces
centrées.(1’) WE8TGREN et PHBAGMEN, « X-Ray studies of the Crystal
structure of steel ». Journ, of Iron and jg~2, 105,
p. 241.
1
’
Fig. 2 I .
TABLEAU IV.
Le Tableau V donne
quelques-unes
desfranges
dues aux
plans
réticulaires(oc,
[3,
y);
ainsi que leurs-positions
énergétiques
envolts,
àpartir
du niveauzéro pour le
fer-g
et lefer-y.
TABLEAU V.
Au passage du au
fer-y,
l’intensité dupouvoir
réflecteur des
plans
réticulaires du est forte-ment diminuée parl’agitation thermique,
ainsi quepar la tendance de la maille à
prendre
une nouvellestructure,
qui
conduit à une autrerépartition
d’énergie
dans lesfranges.
Ces deux mêmes causesont pour effet de « niveler » les
franges
que lefer-~
accuse, et ce n’est
qu’à
unetempérature supérieure
140
le que l’on observera des
franges analogues
à celles du cuivre à200C,
maisbeaucoup plus
faibles.C’est ce que nos
expériences
exécutées àGôteborg
ont démontré.8.
Franges
voisines de la discontinuité K dans lescomposés. -
La théorie deKronig prévoit
que lagrandeur
de la fluctuation « des minima » et « desFig. 2 2.
maxima isolés ~~, voisins de la discontinu té
K,
estdéterminée par
p x Y
( 1s ) .
Or,
pour certainesm
valeurs de oc,
p
et = o, en raison despropriétés
desymétrie
descristaux;
c’est un facteurqui
est visiblement lié au facteur de structure. Parconséquent,
c’est letype
du réseau cristallinqui
détermineral’aspect
desfranges
de la discontinuitéK,
c’est-à-dire,
l’aspect
de la courbemicrophotomé-trique
duspectre
d’absorption
K. C’est ce que nous avons démontré parquelques
observations relatives auxfranges proches
de la bandeprincipale
K,
enaugmentant
15 fois lepouvoir
de résolution dumicro-photomètre.
Il est facile de constater que les courbes
micro-photométriques (fig. 22)
deFECO, type CACO,,
FeF2
type
Rutile,-CuF2
type
CaF2,
...présentent
des
aspects
différents.Les
composés,
qui appartiennent
à un mêmetype
de réseau
cristallin,
présenteront
desanalogies,
entenant
compte,
bienentendu,
des modificationssurvenues dans les dimensions de leurs mailles. Les
Tableaux VI et VII résument les observations relatives aux
composés
du Fe et du Cu.Examinons
quelques
composés
du fer et ducuivre,
par ordre de
complexité chimique
croissante,
appar-tenant aux différents
types
de structure. (16) Voir paragraphe 10, p. o § o.9.
Composés
quaternaires.
-Chalcopyrtte :
Cu Fe
S2
(11).
-Pauling
etBrockway supposent
quela maille de la
chalcopyrite
contient deux états : Cul Fe"’S2
et Cu" Fe"S,.
L’étude des
spectres
d’absorption
K du fer etdu cuivre dans ce
minéral,
conduit aux conclusions suivantes :1° Le
fer,
dansCuFeS2’
donne unspectre
d’absorp-tion K très
faible;
il est difficile de déceler l’existence de deux valences.20 Par contre, dans ce même
minéral,
le cuivrepossède
deux valences dans la banded’absorp-tion K. On constate, en
effet,
que lespectre
d’absorp-tion K
présente
une bande due à lasuperposition
de deux
valences,
bandequi
estidentique
à celled’absorption
K dumélange
artificiel du CuOet
Cu,0 (13)
.Ainsi,
l’étudepréliminaire
duspectre
d’absorp-tion K du cuivre dans
CuFeS2,
confirmepartielle-ment
l’hypothèse
dePauling
etBrockway
surl’exis-tence de deux
états,
dans la maille de lachalcopyrite.
20 COMPOSÉS A PLUS DE 6 ATOMES. - a.Spinelle :
magnétite Fe304
(19).
- Lamagnétite
a la mêmestructure que le
spinelle,
les atomes Feu bivalents tenant laplace
des atomesMg,
et les atomes Fe’~’remplaçant
les atomes Al.Fig. 2 3. Fig. 2 4.
L’étude du
spectre
d’absorption
K du ferdans
Fe,O,,
parLindsay
et Voorheer(2°),
avaitdémontré l’existence d’une seule sorte d’atomes.
Après
de nombreuxessais,
nous avons pu observer unpalier
(21)
dans la discontinuité K deFesO 4’
dontl’apparition
peut
être attribuée à l’existencede deux valences de fer, dans le cristal de la
magné-tite. Nous avons constaté sur la courbe
micropho-tométrique
( fig. 23),
que la différence entre lesbandes de Fe11 et Fe"’ est très
petite
(-
o,3
unitéX).
(17) PAULING et BROCK’BV A Y, Zeit. für Kristal., Ig3a, $2, p. 188. (1 a) Voir Planche hors texte.
(19) IVIAUGUIN, 10C. Clt., p. 261.
(2°) LINDSAY et VOORHEER, Phil. I g 2$, 6, p. 910.
(21) En effet, ni le spectre du fer pur, ni celui des composés
141 b. Sels
complexes K4Fe
(CN),.
- Nousavons constaté que
K4Fe
(CN),
sedécompose
sous l’actionprolongée
des rayonsX;
ceci se traduit parl’appa-rition d’un
palier
dans la courbemicrophotométrique
( fig. 24)
duspectre
d’absorption
de fer dans le cristalde
K4Fe
(CN)6
et par lechangement
de couleur du cristalqui
passe dujaune pâle
àl’orangé;
il semble doncqu’il
coexiste,
dans la substance irradiée parles rayons X, deux sortes d’atomes de fer.
TABLEAU VI.
Nota. - (1) Type pyrite. -
(2) Type chalcopyrite. -
(1) Type Corindon; hexagonal. - (4) Monoclinique. - (5) Type NaCl;
cubique. - (6) Cubique. - (~) Origine inconnue.
TABLEAU VII.
CHAPITRE III.
Partie
théorique.
10. Essais sur la
largeur
desfranges
de la dis-continuité K. - Nous avons vu, auChapitre
I,
queles niveaux
énergétiques
pour lesfranges
voisinesde la discontinuité K sont donnés en
première
approximation
par la formuleE = (2~),
142
entre les atomes du
cristal, Emin
estl’énergie
minima des électrons(ou
ondes deBroglie) qui
subissent la réflexion sélective deBragg
sur lesplans
réticu-laires(cepy)
du cristal.Kronig
a choisi le niveau zéro del’énergie,
detelle sorte, que les valeurs moyennes
spatiales
dupotentiel )
1
disparaissent
pour un électron« soi-disant libre ». Il a déterminé les valeurs
énergé-tiques
en voltspour les
franges
corrélatives à la réflexion des ondesélectroniques,
sur lesplans
réticulaires Cesvaleurs sont
consignées
dans le TableauVIII,
relatif au cuivre
métallique.
Étant
données cesvaleurs,
il semblequ’il
doit êtrepossible
deséparer
lesfranges,
avec unspectro-graphe
à fente fine degrande dispersion,
comme celui dont nousdisposions
àUpsala
(24) , qui
permet-tait,
eneffet,
d’obtenir unpouvoir
séparateur
de o,35 unitésX,
soit environ2,5
V dans larégion
étudiée.
Pourtant,
nous n’avons pu observer laséparation
desfranges
sur nosclichés;
cela tient à ce que nous avonsnégligé
un élémentimportant
de laquestion,
à
savoir,
lalargeur
de cesfranges.
La théorie de
Kronig prévoit
que lalargeur
desfranges
estégale
à 2I,
(coefficient
du terme a,~3,
y dans ledéveloppement
en série deFourier,
dupotentiel électrostatique, triplement
périodique
à l’intérieur ducristal).
SelonBethe,
lesvalseurs
1
diminuent
régulièrement
+p2
+
y2)
croît.TABLEAU VIII.
Pour mettre en évidence les
largeurs
21 Pocpy
rela-tives aux divers
plans
réticulaires nous avonstracé la
figure
25b,
où sontreprésentées,
à deshau-teurs
différentes,
leslargeurs
de cesfranges.
La (z3) h, la constante de Planck;a, ~3, y, les indices de Miller; d, la dimension de la maille;
m, la masse d’un électron.
(~) Coster et Veldkamp ont utilisé un spectrographe de
pouvoir séparateur moindre; 1,2 unités X, soit environ 8V.
figure
25 a donnel’aspect
de la courbemicrophoto-métrique
du cuivre. Lacomparaison
de ces deuxfigures
conduit aux conclusions suivantes :z ~ La courbe
d’absorption
du cuivre et le schémade la
largeur
desfranges 2’ Pcxy!,
ont desaspects
très différents dans l’intervalle s’étendant de o à4oV.
La courbe
microphotométrique
présente
des «col-lines » et des
«vallons»,
tandis que leslargeurs
2 | Pcxf3y 1
tonnent
plutôt
unspectre
continu.90 La concordance entre les
prévisions théoriques
et les résultats
expérimentaux
est satisfaisante, entreQo
etI50 V,
c’est-à-dire,
dansl’intervalle,
oùNous avons déduit du
spectre
d’absorption
K du cuivre dans un cristal de CuFeS2(lame
taillée dechalcopyrite)
que leslargeurs
des deuxpremières
franges,
très voisines de la discontinuité K ducuivre,
étaient de l’ordre de 12 à r 6 V +2,5
V.Fig. 2 5.
Dans l’état actuel des méthodes
spectroscopiques,
il ne nous a pas étépermis
d’obtenir uneprécision
plus
grande;
mais nous verrons que cettevaleur,
malgré
sa détermination peuprécise,
est néanmoins d’unegrande
utilité.11. Essai sur le
pouvoir
réflecteur desplans
réticulaires pour les ondesélectroniques.
-Puisque
nous n’avons pas derenseignements
expéri-mentaux
précis
sur lalargeur
desfranges produites
parles
plans
réticulaires ni d’indicationspratiques
sur leurpouvoir
réflecteur pour les ondes de deBroglie
(qui
accompagnent
les électronsexpulsés),
commentfaut-il
procéder
pourpouvoir
arriver àquelques
conclusions
pratiques ?
Admettons
toujours
que lespositions énergétiques
des
franges
sontfixées,
enpremière approximation,
parEm;n.
Il nous reste à étudierl’influence,
sur la courbe denoircissement,
de lalargeur
desfranges
et dupouvoir
réflecteur du cristal.Fixons la
largeur
desfranges
à une valeur « 1 » volts143
les
plans
réticulaires soitégal
à l’unité(pour
les ondesélectroniques).
Considérons d’abord le
système
cubique
à faces centrées(cuivre
parexemple).
Admettons que l’ontravaille avec un
spectrographe
à fentefine,
dont lepouvoir
desépa-ration est 1
V/mm
de laplaque
pho-tographique,
cequi
doitpermettre
de
séparer
lesfranges
individuelles.Dans ces
conditions,
nous obtenons la courbethéorique (fig.
26).
Cettecourbe
prend
unaspect
tout à faitdifférent,
si l’on passe de lalargeur
admise pour les
franges
à une lar-geur deuxfois plus grande (en
con-servant
toujours
la même valeur dupouvoir
réflecteur pour lesplans
réticulaires) (fig.
26,
cubes à facescentrées).
Passons aux cubes centrés
(Fe
par
exemple). L’hypothèse
d’unpou-voir réflecteur
égal
à l’unité pour tous lesplans
réticulaires,
avec leslargeurs
defranges
« 1 » et « 2 1 », conduit encore à des courbesdiffé-rentes de celles que
l’expérience
donne
( fig.
26, cubescentrés).
Nous abandonnerons doncl’hypothèse
d’unpouvoir
réflecteur uniforme.Selon
Kronig,
lespetites
valeurs des a,9,
y n’interviennent pas, parce que lesplans
de discontinuitécorrespondants
coupent
la surface limite E(voir
page135).
Pour lecuivre,
parexemple,
ilenvisage
seu-lement les valeurs deNos connaissances sur le
pouvoir réflecteur
absolu desplans
réticulaires sont assezincomplètes-,
lesmesures
délicates,
n’ayant
été, effectuées que dans unpetit
nombre de cas(dans
la recherche desstruc-Les valeurs de
(oc2 +
g2
+y2) qui
accusent une
discontinuité,
sontindi-quées
par
Kronig
par unrectangle
dont la baseest
égale
à 2(ce
coefficient estégal
à 8 V selonVeldkamp)
et la hauteurégale
à lafréquence
aveclaquelle
leplan
de discontinuité(IX,
[3,
y)
apparaît
dans le cristal. Les
positions
lesplus
fréquentes
sontdésignées
par des lettresLes mêmes cas sont valables pour le fer. On constate que ces considérations conduisent aux
diagrammes, qui
différent des courbesexpérimentales
( fig. 27),
surtout pour les 1 +~3~ ~--
~y2)
élevés(voir
lesfigures
18,1 g).
Il
paraît logique
d’admettre un certainparallé-lisme entre l’intensité de la réflexion des rayons X
sur le
plan
réticulaire(cx(3y)
et celle de la réflexiondes ondes de de
Broglie
sur le mêmeplan
de discon-tinuité.Fig. 2 6.
tures
cristallines,
on n’a besoin que despouvoirs
réflecteurs
relatifs).
Quoi
qu’il
ensoit,
lesdétermi-nations peu
précises
dont nousdisposons,
conduisentà des conclusions intéressantes et montrent le sens
dans
lequel
il faudra orienter de nouvellesrecherches,
pour
préciser
lephénomène
de la discontinuité K etdes
franges
qui l’accompagnent.
Discutons
quelques
observations relatives à la détermination dupouvoir
réflecteur desplans
réti-culaires du cuivre(radiation Ka1
duCu)
(25)
(Tableau
IX).
Nous avons démontré que le noircissement
maximum des
franges
estégal
à s =o,43
(26).
Admettons que la
frange
due auplan (420)
atteigne
cette valeur[la frange
due auplan (111)
nepeut
êtreprise
enconsidération,
parce que la144
zone
[111]
estoccupée
partiellement
par les électronslibres
(de valence)].
Les valeursrespectives
des s.Fig. 2 7.
pour d’autres
franges,
sont obtenues en admettantqu’il
y ait un certainparallélisme
entre les intensitésde la réflexion des
rayons X
sur desplans
réticulairescorrespondants.
TABLEAU IX (27).
N’ayant
pas toute la gamme des valeurs despouvoirs
réflecteurs relatifs à l’ensemble desplans
qui
nousintéressent,
nous avonsprocédé
par desanalogies plus
ou moinsparfaites,
pourpouvoir
établir toutes les valeursrespectives
dunoircissement s,
relatif auxfranges
isolées,
et aboutir à une courbeintégrale
denoircissement,
dont la valeur relative est déterminée à un coefficient de translation + soprès,
en conservant sonaspect
(fin. 26).
Les mêmes considérations sont valables pour les
cubes centrés. Les courbes ainsi
obtenues,
présentent
des
analogies
avec celles quel’expérience
nous donne.De la
comparaison
des courbesthéoriques
etexpérimentales,
onpeut
conclure :1 ~
Que
l’aspect
de la courbe de noircissement (2’) Remargue. -Ce n’est pas un seul système de plans paral-lèles [par exemple (311)] qui collabore à la formation d’uneraie, mais toute la famille des plans homologues, pour lesquels, l’équidistance des plans est la même ; a systèmes de plan (113),
(131),
(131)...
collaboreront à la formation de la raie 311. Il peut même arriver que des familles de plans aient la même équidistance, sans pour cela être homologues, comme, parexemple, les plans (333) et (511); tous ces plans fourniront
une seule et même raie (pour plus de détails, voir Ch. MAUGUIN,
La structure des cristaux, p. 122).
Les mêmes considérations sont valables pour les plans réticulaires dans la réflexion sélective de Bragg, pour les ondes de de Broglie (BFTHE, H. d, Physik, vol. XXIV,
2, p. 464).
intégral
desfranges dépend
de leurlargeur
indivi-duelle.
2~
Que
lespouvoirs
réflecteurs pour les ondes de deBroglie
ne sont pas les mêmes pour tous lesplans
réticulaires,
etqu’il
existe un certainparallélisme
entre la réflexion de rayons X et des ondes de
de
Broglie
sur un mêmeplan.
3~
Que
lespositions
des « minima » et « maximaisolés » des courbes
théoriques
etexpérimentales
necoïncident pas
parfaitement.
Nous avons
négligé
l’influence du terme so2j. de Léon Brillouin dans la détermination(pour chaque
plan)
del’énergie.
Les considérations de ces deux
paragraphes
nouspermettront
d’expliquer
ledéplacement
« anormal »de la discontinuité K du
FeF2.
,12.
Composés
ternairesAB2
(2g).
FeF2 type
rutile. - Une
simple comparaison
des bandesd’absorption
K du fer pur et du fer dansFeF2,
montre que la discontinuité K de
FeF~
estdéplacée
vers les courtes
longueurs
d’onde de6,g
unitésX,
par
rapport
à la bandeprincipale
K dufer
pur.Ce
déplacement
paraît
quelque
peu « anormal »pour
FeF2.
En contrôlant les résultats desobser-vations,
nous avons constatéqu’il
existe dans lespectre
d’absorption
deFeF2,
près
du bordprin-cipal
K du côté desgrandes longueurs
d’onde,
une faibleligne gris
blanc.Essayons d’expliquer
la nature de cetteligne
gris
blanc.FeF2
cristallise dans le mêmesystème
que le rutile Ti
02;
on sait que lescomposés qui
appartiennent
à un mêmetype
de réseau cristallinprésenteront
desanalogies,
en tenantcompte
desmodifications survenues dans les dimensions de leurs mailles.
Greenwood
(29)
a déterminé lespouvoirs
réflec-teurs des différents
plans
réticulaires du rutile. Les observations de Greenwood et lespositions
énergé-tiques
desfranges
dues auxplans
(apy)
deFeF2,
, , ,. h2 c2 +
b2
- y2calculées à l’aide de
Emin === 8 m
a + 9 + Y’ ,
’ sontconsignées
dans le Tableau X.En admettant les
hypothèses (p.
143),
on constateque la
position
de la discontinuité K de FeF2(3°)
sera fortement influencée par les trois
premières
franges
dues auxplans
(101), (111)
et(220),
car les zones[100], [110]
et[001]
sontoccupées
par les électrons de valence.Traçons
en traits(-
-)
laposition
de la discon-tinuité K deFeF2,
etindiquons
lespositions
desfranges
dues aux différentsplans
réticulaires avec (28) Ch. MAUGUIN, loc. cif., p. 230.(29) BRAGG, Atomic Structur, p. 103.
(~°) D’ailleurs le noircissement des discontinuités K des composés est généralement beaucoup plus faible que celui
145
leurs noircissements
respectifs.
Ces données nouspermettront
de construire une courbe de noircis-sementintégral
duspectre
d’absorption
K duFeF2.
La courbe obtenue montre
qu’il
y a deux crêtes A et B(du
côté desgrandes longueurs
d’onde dansl’échelle des
ondes)
et elle s’écarte de la disconti-nuité K de14 V,
cequi
correspond
à3,4
unités Xdans la
région
étudiée. Il faut donc retrancherces
3,4
unitésX,
de celles quel’expérience
nousdonne,
pour avoir uneposition
de la bandeprin-cipal~
K deFeF2
parrapport
à celle du fer pur. TABLEAU X.Ainsi,
ledéplacement
« anormal » de ladiscon-tinuité K de
FeF2,
estdû, surtout,
à l’influence desplans
réticulaires(101), (111)
et(220),
dont lesfranges correspondantes
masquent
laposition
exactede la discontinuité
K,
etforment
uneligne
desépa-ration
gris
blanc C du côté desgrandes longueurs
d’onde,
dues aux crêtes A et B( fig. 28).
Nous voyons finalement
qu’une analyse
desfranges
voisines de la discontinuitéK,
en s’aidant des théories de Brillouin et deKronig,
etqu’une
application méthodique
des donnéescristallogra-phiques, précisent
etélargissent
le domaine inconnu desspectres d’absorption
K des rayons X.Ce travail a été réalisé aux Laboratoires des Recherches
Physiques
deMadrid,
deGôteborg
etd’Upsala.
Fig. 28.
Je suis heureux d’adresser à M. Ch.
Mauguin,
Membre de
l’Institut,
et à M. LéonBrillouin,
Pro-fesseur auCollège
deFrance,
l’expression
de ma reconnaissance pour la bienveillancequ’ils
ont sans cesse manifestée à monégard.
Ma
gratitude
va aussi à M. les Professeurs ManneSiegbahn,
PrixNobel,
Blas Cabrera et L~ndh. J’adresse mes vifs remerciements à M. JeanWyart,
Maître de Conférences à la Sorbonne pour l’intérêt