Universit´e Pierre et Marie Curie Ann´ee universitaire 2010/2011
Licence Sciences et Technologies Unit´e LM367
Examen de Janvier 2011, 1i`ere session
Exercice 1. Soitf une fonction m´eromorphe sur un ouvert born´eU. On suppose que
∀ >0,∃K⊂U compact tel que z∈U \K⇒ |f(z)|< . (1) Montrer quef n’a qu’un nombre fini de pˆoles dansU.
(2) En d´eduire quef est identiquement nulle dansU (trouver une fonction holomorphe born´ee P dansU, telle que P.f soit holomorphe surU et appliquer le principe du maximum).
(3) Donner un contre-exemple lorsque U =C.
Exercice 2. On consid`ere le chemin ferm´e Γ de Cparcouru dans le sens direct o`u Γ = Γ1∪Γ2∪ −Γ3∪ −Γ4 (le−d´esigne le chemin oppos´e) avec
Γ1= [r, R] Γ2={Reiθ; 0≤θ≤ 2π n } Γ3={ρei2πn; r≤ρ≤R} Γ4={reiθ; 0≤θ≤2π
n }, 0< r <1< R.
Calculer, pour−1< p < n−1,n∈N\ {0,1},p∈R, les int´egrales a)Fn,p=
Z +∞
0
xpln(x)
xn+ 1 dx b)Gn,p= Z +∞
0
xp xn+ 1dx .
On utilisera la d´etermination du logarithme prolongeant la fonction ]0,+∞[3x7→ln(x) `a C\R−. On justifiera les passages `a la limite r→0 etR→+∞
Exercice 3. Soientz0∈C\ {0}et >0. On consid`ere une fonctionf holomorphe surD(0,|z0|+)\{z0}ayant un unique pˆole enz0. On notef(z) =
+∞
X
n=0
anznle d´eveloppement en s´erie enti`ere def au voisinage de l’origine. Le but de l’exercice est de montrer que
n→+∞lim an
an+1
=z0. On commence par supposer quez0= 1.
Soitz7→g(z) =
k
X
j=1
dj(j−1)!
(1−z)j la partie principale def en 1. Notonsh=f−g et
g(z) =
+∞
X
i=0
bizi et h(z) =
+∞
X
i=0
cizi
les d´eveloppements en s´erie enti`ere au voisinage de 0 de ces fonctions.
(1) En calculantbi, v´erifier que lim
i→+∞
bi
bi+1 = 1.
(2) Minorer le rayon de convergence de la s´erie enti`ere
+∞
X
i=0
cizi. En d´eduire que lim
i→+∞
ci
bi = 0 puis que lim
i→+∞
ai
ai+1 = 1.
(3) Montrer le cas g´en´eral: lim
n→+∞
an
an+1
=z0 lorsquef est holomorphe surD(0,|z0|+)\ {z0} et a un unique pˆole enz06= 0.
1
2
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Licence Sciences et Technologies Unit´e LM367
Correction de l’examen de Janvier 2010,1i`ere session Exercice 1.
(1) Par hypoth`ese, il existe un compactK contenu dansU tel quez6∈K entraine|f(z)| ≤1.
Donc P(f) ⊂ K. Or l’ensemble des pˆoles d’une fonction m´eromorphe est un ensemble discret et ferm´e dansU. DoncP(f) =P(f)∩K est fini.
(2) Supposons f non nulle. Notons P(f) = {p1, . . . , pn} l’ensemble des pˆoles de f. Soit ni
l’ordre du pˆole pi dans f de sorte quef(z) = gi(z)
(z−pi)ni au voisinage depi avec gi holo- morphe sur ce voisinage. NotantP(z) = Πni=1(z−pi)ni, la fonction
P.f :U 3z 7→Πni=1(z−pi)nif(z) holomorphe sur U \P(f) se prolonge comme fonction holomorphe, not´eeA, surU: elle est ´egale `az7→gi(z)Πj6=i(z−pj)nj au voisinage depi.
Montrons que lim
z→∂UA(z) = 0:
U ´etant born´e,||P||∞,U¯ = sup
z∈U¯
{|P(z)|}est fini. Soit >0, il existe un compact contenu dans U telle que z 6∈ K entraine |f(z)| ≤
1 +||P||∞,U¯
. Donc z 6∈ K entraine |A(z)| =
|(P.f)(z)| ≤.
Ceci entraine que A est identiquement nul: Prolongeons la fonction A par continuit´e sur ¯U en posantA|∂U = 0. Le principe du maximum pour l’ouvert born´eU et la fonction holomorphe surU continue jusqu’au bord s’applique:
maxU¯
|A|= max
∂U |A|= 0. Doncf = A
P est identiquement nulle. Contradiction.
(3) La fonctionz7→ 1
z est un contre-exemple lorsque U =Cest non born´e.
Exercice 2. Posons zp = eplogz pour z ∈ C\R−. La fonction f : z 7→ zplogz zn+ 1 est m´eromorphe surC\R− avec des pˆoles simples eneiπn+2ikπn , k∈ {0, . . . n−1}. Donc
R´es(f, eiπn) = (zplogz
nzn−1 )(eiπn) =−iπ
n2e(p+1)iπn .
Le th´eor`eme des r´esidus appliqu´e `af surC\R− simplement connexe entraine que Z
Γ
f(z)dz= 2iπR´es(f, eiπn) car l’indice de Γ par rapport aux autres pˆoles est nul.
Mais siz est dans le support de Γ,
|f(z)| ≤ epln|z|(|ln|z||+2πn)
|1− |z|n| . Les hypoth`eses−1< p < n−1 entrainent donc
r→0lim| Z
Γ4
f(z)dz| ≤ lim
r→0
2π
n rrp(|lnr|+2π n) = 0 et
lim
R→+∞| Z
Γ2
f(z)dz| ≤ lim
R→+∞
2π
n RRp(lnR+2πn) Rn−1 = 0. De plus, l’int´egrale
Z
Γ3
f(z)dz = Z R
r
e2ipπn tp(lnt+2iπn ) tn+ 1 e2iπn dt
3
converge lorsquer→0 etR→+∞verse2i(p+1)πn [Fn,p+2iπ n Gn,p].
Donc
2iπR´es(f, eiπn) = lim
R→+∞,r→0
Z
Γ1
f(z)dz+ Z
Γ2
f(z)dz− Z
Γ3
f(z)dz− Z
Γ4
f(z)dz
2π2
n2e(p+1)iπn =Fn,p−e2i(p+1)πn [Fn,p+2iπ n Gn,p] π2
n2i=Fn,psinπ(p+ 1)
n +ei(p+1)πn π nGn,p
Gn,p=
π n
sinπ(p+1)n etFn,p=−π2 n2
cosπ(p+1)n sin2π(p+1)n . Remarque: la d´eriv´ee enpdeGn,p ´egaleFn,p.
Exercice 3.
(1) Rappelons que si j≥2, (j−1)!
(1−z)j =
+∞
X
n=0
(n+j−1). . .(n+ 1)zn. Donc
n→+∞lim bn bn+1
= lim
n→+∞
d1+d2(n+ 1) +d3(n+ 2)(n+ 1). . .+dk(n+k−1). . .(n+ 1) d1+d2(n+ 2) +d3(n+ 3)(n+ 2). . .+dk(n+k). . .(n+ 2) = 1. (2) La fonction hadmet en 1 une singularit´e ´eliminable. Son prolongement holomorphe ˜hest
holomorphe surD(0,1 +). Le d´eveloppement en s´erie enti`ere de ˜hen 0 converge donc sur ce disque. C’est aussi le d´eveloppement en s´erie enti`ere de h. Le rayon de convergence est sup´erieur `a 1 +.
Donc lim sup
n→+∞
|cn|1n <1 or lim
n→+∞
bn
bn+1 = 1 entraine lim
n→+∞|bn|n1 = 1.
Donc lim sup
n→+∞
|cn bn
|n1 <1 et lim sup
n→+∞
|cn bn
|= 0. Ce qui entraine
n→+∞lim an an+1
= lim
n→+∞
bn+cn bn+1+cn+1
= 1.
(3) En g´en´eral, on consid`ere la fonction z → F(z) = f(z0z) dont le d´eveloppement en s´erie enti`ere en 0 est
+∞
X
n=0
(anz0n)zn.