le 15 Novembre 2009 UTBM MT20
Arthur LANNUZEL
http ://utbmal.chez-alice.fr
Equations diff´ erentielles
K=Rou C.
1 Forme g´ en´ erale.
D´efinition 1.1 Soit n∈N∗ fix´e.
i) On appelle´equation diff´erentielle d’ordrenen y: R→ K, r´esolue en y(n), l’´equation (E) : y(n) =ϕ(x, y, y′, ..., y(n−1))
o`u ϕ:R×Kn−→K une fonction.
ii) On appellesolution de (E) toute fonctionf :If ⊂R−→K (If intervalle),n fois d´erivable telle que
∀x∈I, f(n)(x) = ϕ(x, f(x), f′(x), ..., f(n−1)(x)).
Une solution est donc toujours associ´ee `a un intervalle If ⊂ R. La solution f de (E) est dite maximale ssi il n’existe pas de solution g surIg telle que If ⊂Ig et If ̸=Ig et∀x∈If, f(x) = g(x).
Remarque 1.2 i) Si ϕ est continue alors les solutions appartiennent `a Cn(If,K).
ii) La repr´esentation graphique d’une solution s’appelle courbe int´egrale de (E).
Exemples 1.3 i) (E) : y′ =y2. ii) (E) : y′ = 2√
y (y≥0) iii) (E) : y′′ey′ = 2.
2 Equations du premier ordre ` a variables s´ epar´ ees.
D´efinition 2.1 On appelle´equation du premier ordre `a variable s´epar´ees, les ´equations qui se ram`enent `a une ´equation du type :
f(y).y′ =g(x).
(On les r´esout en int´egrant de chaque cˆot´e) Exemples 2.2 i) Soit (E) : x2.y′ =ey. ii) xy′ln(x) = (3 ln(x) + 1)y sur I =]1,+∞[.
3 Equations diff´ erentielles lin´ eaires d’ordre 1.
On appelle ´equation diff´erentielle lin´eaire d’ordre 1, une ´equation de la forme : (E) : a(x).y′ +b(x).y−c(x) = 0⇔a(x).y′+b(x).y =c(x)
o`ua, b, csont des fonctions donn´ees deRdansK.cs’appelle lesecond membrede l’´equation.
Supposons connue une solution particuli`ere y0(x) de (E).
Soit y, une solution de (E). Posons y(x) =y0(x) +Y(x) alors y′ =y′0+Y′ et a(x).(Y′+y′0) +b(x).(Y +y0) = c(t)⇔a(x).Y′+b(x).Y = 0.
Conclusion 3.1 Les solutions de (E) s’obtiennent en ajoutant toutes les solutions de (Eh) `a une solution particuli`ere de (E) o`u
(Eh) : a(x).y′+b(x).y = 0 est l’´equation homog`ene associ´ee `a (E).
3.1 Cherchons toutes les solutions de (E
h).
On suppose a, b continues sur les intervalles que l’on consid`ere.
(Eh) : a(x).Y′+b(x).Y = 0⇔a(x).Y′ =−b(x).Y
⇐⇒ Y′
Y =−b(x)
a(x) sur Ia o`uIa est un intervalle sur lequel a(x)̸= 0, donc
(Eh)⇐⇒ln|Y|=
∫
−b(x)
a(x)dx+K (K ∈K) sur Ia
⇐⇒Y =c.e−
∫ b(x) a(x)dx
(c∈K)sur Ia. Donc {Y =c.e−
∫ b(x) a(x)dx
, c ∈ K} est l’ensemble des solutions de (Eh) sur un intervalle Ia. C’est un espace vectoriel sur Kde dim. 1.
Conclusion 3.2 Les solutions de (E) sur Ia est {y =y0+c.e−
∫ b(x) a(x)dx
, c∈K}. Exemples 3.3
Trouver la solution de l’´equation diff´erentielle y′+xy= 0 qui v´erifie y(0) = −12.
3.2 Recherche d’une solution particuli` ere de (E ) par la m´ ethode de la ”variation de la constante”.
Soit {y(x) = k.f(x), k ∈K} l’ensemble des solutions de l’´equation homog`ene (Eh).
On recherche une solution de (E) en faisant varier la constante : c’est `a dire, on cherche une solution de la formey0(x) = k(x).f(x).
Donc y0′(x) = k′(x).f(x) +k(x).f′(x). En rempla¸cant dans (E), on obtient a(x).(k′(x).f(x) +k(x).f′(x)) +b(x).k(x).f(x) = c(x)
⇐⇒a(x).k′(x).f(x) = c(x)
⇐⇒k′(x) = c(x)
a(x).f(x) sur l′intervalle Ia
⇐⇒k(x) =
∫ c(x)
a(x).f(x)dx sur Ia
Conclusion 3.4 L’ensemble des solutions de (E) sur Ia est {y(t) =
∫ c(x)
a(x).f(x)dx.e−
∫ b(t) a(t)dt
+k.e−
∫ b(t) a(t)dt
, k ∈K}.
Exemples 3.5 i) y′+y= sin(x).
ii) xy′ +y=ex.
iii) Soit (E) : (x2+ 1).y′−x.y =√
x2+ 1.
4 Equations diff´ erentielles lin´ eaires de d’ordre 2.
4.1 Sans second membre.
(E) : y′′+a(x).y′+b(x).y = 0
Supposons que l’on connaisse d´ej`a une solution y1 non nulle de (E) (ne s’annulant pas sur I) et cherchons toutes les solutions de la formey =y1.z. On a
y′ =y1.z′+y1′.z et
y′′ =y1′.z′+y1.z′′+y1′.z′+y′′1.z donc, en rempla¸cant dans (E), on obtient
y′′ =y1′.z′+y1.z′′+y1′.z′+y′′1.z+a(t).(y1.z′+y1′.z) +b(t).y1.z = 0
⇐⇒y1.z′′+ (2.y1′ +a(t).y1).z′+ (y′′1 +a(t).y1′ +b(t).y1).z = 0.
Or y1′′+a(t).y1′ +b(t).y1 = 0, donc l’´equation pr´ec´edente est ´equivalente `a y1.z′′+ (2.y1′ +a(t).y1).z′ = 0.
Que l’on sait r´esoudre en posant Z = z′ (´equation diff´erentielle lin´eaire du premi`ere ordre homog`ene).
Conclusion 4.1 L’ensemble des solutions de (E) sur I est {y(x) =k1.
∫
g(x)dx.y1(x) +k2.y1(x), k1, k2 ∈K}
o`u g est une solution de
y1.Z′+ (2.y1′ +a(t).y1).Z = 0.
C’est un espace vectoriel de dimension 2 (il suffit donc de trouver 2 solutions ind´ependantes pour avoir une base).
Exemples 4.2 R´esoudre (E) : (x+ 1).y′′−(2x−1).y′ + (x−2).y = 0.
On a une solution ´evidente : y1 :x7→ex
4.2 Equations diff´ erentielles lin´ eaires d’ordre 2 sans second mem- bre ` a coefficients constants.
Soit a, b∈R.
(E) : y′′+a.y′+b.y = 0
1 - Si a=b= 0, l’ensemble des solution de (E) est {y(x) =λ.x+µ, λ, µ∈R}(d´efinies surR).
2 - Si a̸= 0 oub ̸= 0, on d´efinitPE(r) :=r2+a.r+b lepolynˆome caract´eristique de (E).
Soit ∆ :=a2 −4.b.
Alors :
i) Si ∆>0, PE(r) admet deux racines distinctes r1 etr2. Alors er1.x eter2.x sont des solutions ind´ependantes de (E) donc l’ensemble des solutions de (E) est
{y(x) = λ.er1.x+µ.er2.x, λ, µ∈R}.
ii) Si ∆ = 0,PE(r) admet une racinesr1. Alors er1.xet x.er1.xsont des solutions ind´ependantes de (E) donc l’ensemble des solutions de (E) est
{y(x) = (λ.+µ.x).er1.x, λ∈R}.
iii) Si ∆ < 0, PE(r) admet deux racines complexes distinctes (conjugu´ees) r1 = α+iβ et r2 =α−i.β. Alors eα.x.cos(β.x) eteα.x.sin(β.x) sont des solutions ind´ependantes de (E) donc l’ensemble des solutions de (E) est
{y(x) = (λ.cos(β.x) +µ.sin(β.x)).eα.x, λ, µ∈R}.
Exercice 4.3 R´esoudre les ´equations diff´erentielles : 1) y′′+ 2y′+ 5y = 0,
2) y′′+ 4y′+ 4y = 0.
3) y′′−y′ −2y= 0. Donner la solution qui v´erifie y(0) = 0 et y′(0) = 1.
4.3 Equations diff´ erentielles lin´ eaires d’ordre 2 avec second membre.
On veut r´esoudre
(E) : y′′+a(x).y′+b(x).y =c(x).
On r´esout tout d’abord l’´equation homog`ene
(Eh) : y′′+a(x).y′+b(x).y = 0 par les m´ethode pr´ec´edentes.
L’ensemble des solution de (Eh) est {y(x) =λ.f(x) +µ.g(x), λ, µ∈R}.
Remarque 4.4 De la mˆeme fa¸con que pour les ´equations diff´erentielles lin´eaires du premier degr´e, on montre que l’ensemble des solutions de (E) s’obtient en ajoutant `a une solution particuli`ere de (E) toutes les solutions de (Eh).
4.3.1 Recherche d’une solution particuli`ere de (E) par la m´ethode de la ”variation de la constante”.
On recherche une solution de (E) en faisant varier la constante : c’est `a dire, on cherche une solution de la forme y0(x) =λ(x).f(x) +µ(x).g(x).On impose de plus λ′.f +µ′.g = 0(il suffit de trouver unesolution particuli`ere).
Donc
y0′ =λ′.f+λ.f′ +µ.g′+µ′.g =λ.f′ +µ.g′ y′′0 =λ′.f′ +λ.f′′+µ′.g′+µ.g′′. En rempla¸cant dans (E), on obtient
λ′.f′+λ.f′′+µ′.g′+µ.g′′+a(x).λ.f′+a(x)µ.g′+b(x).λ.f+ (
¯
x).µ.g =c(x)
⇐⇒λ′.f′+µ′.g′ =c(x).
Il suffit donc de trouver une solution du syst`eme :
{ λ′.f′ +µ′.g′ =c(x) λ′.f +µ′.g = 0
On trouve alors un λ(x) et un µ(x) et l’ensemble des solution de (E) est alors {y(x) =λ(x).f(x) +µ(x).f(x) +λ.f(x) +µ(x).g(x), λ, µ∈R}. Exemples 4.5 R´esoudre (E) : y′′−y=ex.
4.4 Recherche d’une solution particuli` ere de (E) dans le cas de co- efficients constants et d’un second membre ”simple”.
a - Si c(x) est un polynˆome de degr´e n.
3 cas se pr´esentent :
- Si b ̸= 0, on recherche une solution de (E) sous la forme d’un polynˆome de degr´e n.
Exemples 4.6
R´esoudre y′′+y′+ 2y=x3+ 1.
- Si b = 0 et a ̸= 0, on recherche une solution de (E) sous la forme d’un polynˆome de degr´e n+ 1.
- Si b =a= 0, on trouve une solution facilement.
b- Si c(x) est de la forme emx.Q(x) (m∈ C), Q(x) ´etant un polynˆome de degr´e n.
On pose y = emx.z, ce qui nous donne z′′ +α.z′ +β.z = Q(x) que l’on sait r´esoudre comme ci-dessus.
Exercice 4.7
i) y′′−5y′+ 6y=ex
ii) y′′+ 2.y′+ 2.y =x.e−x.sin(x).
b- Si c(x) est de la forme λ.cos(βx) +µ.sin(βx).
on recherche une solution de (E) sous la forme a.cos(βx) +b.sin(βx).
Exercice 4.8 R´esoudre y′′+y′+y= 13 cos(2x).
Remarque 4.9 Pour trouver une solution particuli`ere dey′′+a.y′+b.y =c1(x)+c2(x), il suffit de faire la somme d’une solution de y′′+a.y′+b.y =c1(x)et d’une solution de y′′+a.y′+b.y= c2(x).