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Introduction a l'analyse numerique

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Texte intégral

(1)

T R O N C C O M M U N

Introduction a l'analyse numerique

Rachid Touzani

Octobre 2013

(2)
(3)

i

Ces notes constituent l’essentiel du cours dispens´e `a l’ ´Ecole Polytech Clermont-Ferrand en premi`ere ann´ee. Le cours est enseign´e en Tronc Commun ; il est donc destin´e aux ´el`eves de tous les d´epartements. Il a pour but de faire connaissance avec les notions ´el´ementaires de l’Analyse Num´erique dans le but de former des utilisateurs “avertis” des m´ethodes d’ap- proximation num´erique dans les sciences de l’ing´enieur.

Ce cours suppose la connaissance de notions ´el´ementaires de l’alg`ebre lin´eaire sur les ma- trices et les vecteurs ainsi que les notions simples de l’analyse et de l’alg`ebre lin´eaire : ma- trices et vecteurs, fonctions, d´eriv´ees, formule de Taylor, . . .

Ces notes de cours ne contiennent que peu d’exemples ou de figures. Plusieurs exemples et figures seront pr´esent´es lors du cours magistral.

R. TOUZANI

(4)
(5)

Table des mati`eres

1 M´ethodes directes de r´esolution des syst`emes lin´eaires. . . 1

1.1 M´ethode d’´elimination de Gauss . . . 1

1.2 Factorisation LU d’une matrice . . . 4

1.3 Matrices sym´etriques d´efinies positives : factorisation de Cholesky . . . 6

2 M´ethodes it´eratives de r´esolution des syst`emes lin´eaires . . . 9

2.1 Convergence des m´ethodes it´eratives . . . 9

2.2 Quelques m´ethodes it´eratives . . . 11

2.2.1 M´ethode de Jacobi . . . 11

2.2.2 M´ethodes de Gauss–Seidel et de relaxation . . . 11

2.3 Matrices sym´etriques d´efinies positives . . . 12

2.4 Matrices `a diagonale dominante . . . 12

2.5 Remarques et conclusions . . . 14

3 Interpolation et approximation de fonctions. . . 15

3.1 Interpolation de Lagrange . . . 15

3.1.1 Base de Lagrange . . . 16

3.1.2 Erreur d’interpolation . . . 16

3.1.3 Calcul du polyn ˆome de Lagrange . . . 17

3.2 Approximation au sens des moindres carr´es . . . 19

4 D´erivation num´erique . . . 21

4.1 Introduction . . . 21

4.2 Erreur d’arrondi . . . 21

4.3 Erreur de troncature . . . 22

5 Int´egration num´erique. . . 25

5.1 G´en´eralit´es . . . 25

5.2 M´ethodes d’int´egration num´erique par morceaux . . . 27

5.2.1 Formules des rectangles . . . 27

5.2.2 Formule des trap`ezes . . . 29

(6)

iv Table des mati`eres

5.2.3 Formule de Simpson . . . 30

6 R´esolution d’´equations alg´ebriques non-lin´eaires . . . 33

6.1 G´en´eralit´es . . . 33

6.2 Points fixes . . . 34

6.3 Cas d’une ´equation non-lin´eaire . . . 35

6.3.1 M´ethode de la bisection ou dichotomie . . . 35

6.3.2 M´ethode Regula Falsi ou “fausse position” . . . 36

6.3.3 M´ethode de Newton . . . 36

6.4 Cas d’un syst`eme d’´equations . . . 37

7 Sch´emas num´eriques pour les ´equations diff´erentielles . . . 39

7.1 Introduction . . . 39

7.2 M´ethodes d’Euler . . . 40

7.2.1 Le sch´ema d’Euler progressif . . . 41

7.2.2 Sch´ema d’Euler r´etrograde . . . 43

7.2.3 Sch´ema de Crank-Nicolson . . . 43

7.3 Autres sch´emas num´eriques . . . 44

7.3.1 M´ethodes bas´ees sur la formule de Taylor . . . 44

7.3.2 M´ethodes de Runge-Kutta . . . 45

7.4 Syst`emes diff´erentiels d’ordre 1 . . . 45

7.5 ´Equations diff´erentielles d’ordre 2 . . . 45

R´ef´erences. . . 47

(7)

1

M´ethodes directes de r´esolution des syst`emes lin´eaires

SoitAune matrice carr´ee d’ordren `a coefficients r´eels inversible et soitbunn–vecteur (b∈ Rn). On cherche un vecteurx∈Rntel que

Ax=b.

On suppose que la matriceA, de coefficients(aij)est inversible,i.e., qu’il existe une matrice not´eeA−1, ditematrice inverse deA, telle que

A A−1=A−1A=I, I:Matrice identit´e.

De plus, on sait que la matriceAest inversible si et seulement la seule solution du syst`eme Ax= 0estx= 0.

1.1 M´ethode d’´elimination de Gauss

Nous allons illustrer cette m´ethode sur un exemple particulier. Soit le syst`eme lin´eaire :

2x1+ 4x2+ 6x3= 2, (1.1)

3x1+ 8x2+ 13x3= 5, (1.2)

2x1+ 9x2+ 18x3= 11. (1.3)

On cherche `a ´eliminer successivement les inconnuesx1, x2, x3. En divisant l’´equation (1.1) par 2, on obtient :

x1+ 2x2+ 3x3= 1 (1.4)

En multipliant (1.4) par 3 (resp. 2) et en retranchant le r´esultat de (1.2) (resp. (1.3)) on obtient successivement :

2x2+ 4x3= 2, (1.5)

5x2+ 12x3= 9. (1.6)

(8)

2 1 M´ethodes directes de r´esolution des syst`emes lin´eaires

On a ainsi, lors de cette premi`ere ´etape, ´elimin´e la variablex1. Continuons ainsi ; nous obte- nons :

2x3= 4; soitx3= 2.

Pour calculerx2, on a l’´equationx2+ 2x3= 1; ce qui nous donnex2=−3. La valeur dex1 peut ˆetre calcul´ee dans (1.4). Ainsi

x1= 1−2x2−3x3= 1.

Nous disons alors que la r´esolution se fait parremont´ee. Les diff´erentes ´etapes de transfor- mation du syst`eme lin´eaire pr´ec´edent peuvent ˆetre illustr´ees comme suit :

A(1)

 x1 x2 x3

=

2 4 6 3 8 13 2 9 18

 x1 x2 x3

=

 2 5 11

=b(1)

A(2)

 x1

x2

x3

=

1 2 3 0 2 4 0 5 12

 x1

x2

x3

=

 1 2 9

=b(2)

A(3)

 x1

x2

x3

=

1 2 3 0 1 2 0 0 2

 x1

x2

x3

 =

 1 1 4

=b(3)

Cette proc´edure peut ˆetre ´etendue au cas g´en´eral (nquelconque). La m´ethode de Gauss peut ainsi ˆetre r´esum´ee en trois ´etapes :

(i) ´Elimination successive des inconnues ; ce qui ´equivaut `a trouver une matrice inversible M telle que la matriceM Asoit triangulaire sup´erieure ;

(ii) calcul simultan´e du vecteurM b;

(iii) r´esolution du syst`eme lin´eaireM Ax=M b.

D´etaillons l’´elimination de Gauss dans le cas d’unen×n–matrice inversible quelconque : On note tout d’aborda(1)ij :=aij les coefficients deA.

1erpas: Le coefficienta(1)11 est appel´epivotau premier pas. On supposea(1)11 6= 0et on pose p(1):= 1/a(1)11. On obtient au premier pas le syst`eme lin´eaire transform´e :

1 a(2)12 a(2)13 . . . a(2)1n 0 a(2)22 a(2)23 . . . a(2)2n ... ... . .. ... ... 0a(2)n−1,2 . . . a(2)n−1,n−1a(2)n−1,n 0 a(2)n,2 . . . a(2)n,n

 x1

x2

... ... xn

=

 b(2)1 b(2)2 ... ... b(2)n

avec

(9)

1.1 M´ethode d’´elimination de Gauss 3

a(2)1j =p(1)a(1)1j, j= 1, . . . , n, b(2)1 =p(1)b(1)1 ,

a(2)kj =a(1)kj −a(1)k1a(2)1j, j= 2, . . . , n, b(2)k =b(1)k −a(1)k1b(2)1 ,

)

k= 2, . . . , n.

On obtient ainsi apr`es la premi`ere ´etape le syst`emeA(2)x=b(2). Dans ce syst`eme, l’inconnue x1a ´et´e ´elimin´ee. Ainsi, `a lake ´etape nous aurons une matriceA(k)de la forme :

A(k)=

× × × × . . . .× 0 × . . . × . . . ... 0 0 × . . . ... 0 . . . 0 × . . . ... ... . . . ... ... . .. . . . ... 0 . . . 0 × . .. ...

0 . . . 0 × . . . .×

←keligne

L’algorithme d’´elimination s’´ecrit :

Pour k= 2 `a n faire Pour i=k `a n faire

s:=a(k−1)i,k−1/a(k−1)k−1,k−1; Pour j=k `a n faire

a(k)ij :=a(k−1)ij −s∗a(k−1)k−1,j; fin j;

b(k)i :=b(k−1)i −s∗b(k)k−1; fin i;

fin k.

Nous pouvons faire les remarques suivantes :

1. Pour que la m´ethode de Gauss ait un sens, il faut que les pivots successifsa(k)kk ne soient pas nuls. Autrement, on adopte une strat´egie depivotage,i.e., on peut ´echanger des lignes de la matrice.

2. Du point de vue programmation, un examen minutieux de la m´ethode montre que le coefficienta(k)ij peut occuper le mˆeme espace m´emoire quea(k−1)ij . Il ne serait donc pas raisonnable de stocker en m´emoire les diff´erents coefficientsa(k)ij ,k = 1,2, . . . ´etapes de l’´elimination.

(10)

4 1 M´ethodes directes de r´esolution des syst`emes lin´eaires

1.2 Factorisation LU d’une matrice

Supposons que tous les pivots sont non nuls. L’´elimination de Gauss permet de construire une suite de matrices

A(1)=A, A(2)=E(2)A(1), A(3)=E(3)A(2), . . . , A(n)=E(n)A(n−1),

o `u les matricesE(k)sont triangulaires inf´erieures. Dans l’exemple du syst`eme (1.1)–(1.3), on a

E(2)=

12 0 0

32 1 0

−1 0 1

, E(3)=

1 0 0 0 12 0 0−52 1

. Ainsi

A(n)=E(n)E(n−1). . . E(2)A(1).

Donc, la matriceL= (E(n). . . E(2))−1est triangulaire inf´erieure. On dit alors qu’on a effectu´e unefactorisation(oud´ecomposition)LU. Le syst`eme lin´eaireAx = b peut s’´ecrireLU x = b.

En notanty = U x, on se ram`ene `a la r´esolution du syst`eme lin´eaire `a matrice triangulaire inf´erieureLy =b(r´esolution pardescente). La solutionxest obtenue en r´esolvant le syst`eme lin´eaire `a matrice triangulaire sup´erieureU x=y(r´esolution parremont´ee).

D´efinition 1.2.1 Pour toutk= 1,2, . . . , n, la matrice

k=

a11 a12. . . a1k

a21 a22. . . a2k

... . .. ...

ak1 ak2. . . akk

est appel´ee sous–matrice principale deAd’ordrek.

Th´eor`eme 1.2.1 SoitAunen×n–matrice telle que les sous–matrices principales soient inversibles.

Alors, il existe une matrice triangulaire inf´erieureL= (lij)aveclii = 1,1 ≤i≤net une matrice triangulaire sup´erieureUtelles que

A=LU.

De plus, une telle factorisation est unique.

D´emonstration. Le r´esultat du th´eor`eme ´equivaut `a dire que l’´elimination de Gauss est pos- sible.

Clairement, le premier pivot esta11qui est suppos´e non nul puisque∆1est inversible. Cal- culons encore le deuxi`eme pivot :

a(2)22 =a(1)22 −a(1)21a(2)12

=a22−a21

a12

a11

= 1

a11(a22a11−a12a21)

= 1

a11det∆2.

(11)

1.2 Factorisation LU d’une matrice 5

Puisque∆2est inversible on aa(2)22 6= 0.

Supposons les pivotsa(1)11, a(2)22, . . . , a(k−1)k−1,k−1tous non nuls et montrons quea(k)kk est non nul.

On a

det∆k=det

a11 a12. . . a1k

a21 a22. . . a2k

... . .. ...

ak1 ak2. . . akk

=a(1)11 det

1a(2)12 . . . a(2)1k 0a(2)22 . . . a(2)2k ... . .. ...

0a(2)k2 . . . a(2)kk

=a(1)11a(2)22 det

1a(3)12 . . . a(3)1k 0a(3)22 . . . a(3)2k ... . .. ...

0a(3)k2 . . . a(3)kk

=. . .=a(1)11 a(2)22 . . . a(k)kk. Puisque det∆k 6= 0, on aa(k)kk 6= 0. ut

Comptons le nombre d’op´erations pour l’´elimination de Gauss.

Nous ne nous int´eressons qu’aux op´erations effectu´ees sur la matrice. Une ´etape k de l’´elimination s’´ecrit :

p:= 1/a(k)kk;

Pour i=k, . . . , n faire s:=a(k)ik ∗p;

Pour j=k, . . . , n faire a(k+1)ij :=a(k)ij −s∗a(k)kj; fin j;

fin i.

On a donc – 1division ;

– n−k+ 1multiplications ;

– (n−k+ 1)2additions et(n−k+ 1)2multiplications.

En supposant que tous les types d’op´erations consomment le mˆeme temps de calcul, on d´eduit qu’on a en tout2(n−k+ 1)2+n−k+ 2op´erations ´el´ementaires. On somme pour k= 1, . . . , n−1en rappelant les formules :

(12)

6 1 M´ethodes directes de r´esolution des syst`emes lin´eaires

m

X

k=1

k=m(m+ 1)

2 ,

m

X

k=1

k2= m(m+ 1)(2m+ 1)

6 .

On obtient ainsi un ordre deO(n3/3)op´erations ´el´ementaires.

1.3 Matrices sym´etriques d´efinies positives : factorisation de Cholesky

Rappelons qu’une matrice carr´ee sym´etriqueAest ditesym´etrique d´efinie positivesi on a xTAx >0 pour toutx6= 0.

On montre ainsi que siAest sym´etrique d´efinie positive alors les sous-matrices principales ont toutes des d´eterminants positifs.

Nous donnons maintenant une nouvelle caract´erisation de ces matrices.

Th´eor`eme 1.3.1 Une condition n´ecessaire et suffisante pour qu’une matrice Asoit sym´etrique et d´efinie positive est qu’il existe une matriceLinversible triangulaire inf´erieure telle que

A=LLT.

Si les ´el´ements diagonauxliideLsont choisis strictement positifs, la d´ecomposition est unique.

D´emonstration.

i–Condition suffisante :SoitLinversible, triangulaire inf´erieure. La matrice A = LLT est sym´etrique. De plus, on a pour toutx∈Rn,x6= 0:

xTAx=xTLLTx= (LTx)T(LTx)>0.

ii–Condition n´ecessaire :PuisqueAest sym´etrique et d´efinie positive, tous les d´eterminants δk=det∆ksont positifs. On peut donc ´ecrire (de fac¸on unique)A=LUo `uLest triangulaire inf´erieure aveclii = 1etU est triangulaire sup´erieure. D’autre part, on a

0< δi=a(1)11a(2)22 . . . a(i)ii 1≤i≤n.

On en d´eduit queujj = a(j)jj > 0,1 ≤ j ≤ n. Soit la matrice diagonale D de coefficients dii=√

uii. On a

A= (LD)(D−1U).

PosonsB = LD,C = D−1U. La matrice B est triangulaire inf´erieure et on abii = √ uii, 1 ≤i≤n. De mˆeme, la matriceCest triangulaire sup´erieure et on acii =uii/√

uii =√ uii, 1≤i≤n. Montrons queB=CT. On a

A=AT =BC=CTBT, ou encore que(C−1)TB =BTC−1.

(13)

1.3 Matrices sym´etriques d´efinies positives : factorisation de Cholesky 7

La matrice(C−1)TB(resp.BTC−1) est triangulaire inf´erieure (resp. triangulaire sup´erieure) ; donc les deux matrices(C−1)TBetBTC−1sont diagonales. D’autre part, les ´el´ements dia- gonaux deBTC−1sont ´egaux `a 1. On a donc(C−1)TB =BTC−1=I. D’o `uCT =B. Dans cette construction, les coefficients de la matriceDont ´et´e choisis positifs. Montrons que c’est la seule factorisation poss´edant cette propri´et´e. SoientB1etB2deux matrices triangu- laires inf´erieures avec(B1)ii > 0,(B2)ii > 0 etB1B1T = B2B2T = A. Soient D1 etD2 les matrices diagonales d’´el´ements respectifs(D1)ii= (B1)iiet(D2)ii= (B2)ii. On pose

L1=B1D1−1, L2=B2D2−1, U1=D1B1T, U2=D2B2T.

On aA1=L1U1=L2U2,(L1)ii= (L2)ii= 1. La d´ecompositionLU ´etant unique, on obtient B1D1−1=B2D2−1, D1B1T =D2B2T.

L’´egalit´e des ´el´ements diagonaux des matricesD1B1T etD2B2T implique (B1)2ii= (B2)2ii 1≤i≤n.

DoncD1=D2car(B1)ii = (B2)ii>0. D’o `uB1=B2. ut

´Ecrivons maintenant l’algorithme de Cholesky. On a en utilisant le fait queLest triangulaire inf´erieure :

aij =

n

X

k=1

likljk=

min(i,j)

X

k=1

likljk 1≤i, j≤n.

CommeAest sym´etrique, il suffit d’´ecrire cette relation pour1≤i≤j≤npar exemple. On a :

aii =

i

X

k=1

l2ik=l2ii+

i−1

X

k=1

l2ik, i= 1, . . . , n;

d’o `u

lii=± v u u taii

i−1

X

k=1

lik2. De mˆeme, pour1≤i < j≤n:

aij =

i

X

k=1

likljk=

i−1

X

k=1

likljk+liilji.

D’o `u

lji= 1 lii

aij

i−1

X

k=1

likljk

! .

Ces deux relations ont un sens d’apr`es le th´eor`eme pr´ec´edent. De plus, la conditionlii >0 permet de choisir la valeur positive de la racine.

Notons que le calcul des ´el´ements deLse fait de la mani`ere suivante :

(14)

8 1 M´ethodes directes de r´esolution des syst`emes lin´eaires

l11=√ a11, l21= a12

l11

, l22= q

a22−l221, . . .

i.e., ligne par ligne. L’algorithme informatique est le suivant : Pour i= 1, . . . , n faire

s:= 0;

Pour k= 1, . . . , i−1 faire s:=s+a2ik

fin k;

aii:=√ aii−s;

Pour j=i+ 1, . . . , n faire s:= 0;

Pour k= 1, . . . , i−1 faire s:=s+aik∗ajk; fin k;

aji:= (aji−s)/aii; fin j;

fini.

Comptons le nombre d’op´erations. Pour chaque ligneion a :

(i−1) (additions + multiplications),

+ 1 addition,

+ 1 extraction de racine carr´ee, + (n−i)(i−1) (additions + multiplications), + (n−i) (additions + divisions).

Sommons pouri= 1, . . . , n, nous obtenons le terme dominant :

n

X

i=1

(ni−i2+i−n) = n3

6 +O(n2)

(additions + multiplications).

Soit, au totalO(n3/6)op´erations ´el´ementaires. Il est donc recommand´e d’utiliser la m´ethode de Cholesky si la matrice est sym´etrique d´efinie positive.

(15)

2

M´ethodes it´eratives de r´esolution des syst`emes lin´eaires

Les m´ethodes directes sont tr`es co ˆuteuses en termes de nombre d’op´erations, donc de temps de calcul lorsque la taille du syst`eme lin´eaire est assez ´elev´ee. En effet, nous avons vu que la r´esolution d’un syst`eme d’ordrenrequiertO(n3)op´erations. On peut alors avoir recours

`a des m´ethodes o `u la solution est obtenue par it´erations successives et o `u chaque it´eration consiste `a r´esoudre un syst`eme lin´eaire moins co ˆuteux.

On peut d´ecrire de mani`ere g´en´erique une classe de m´ethodes it´eratives de la mani`ere sui- vante : Consid´erons le syst`eme lin´eaire

Ax=b

o `uAest unen×n–matrice inversible, et soit une d´ecomposition deAsous la forme A=M −N

o `u M est une matrice inversible,facile `a inverser. En se donnant un vecteur x0 ∈ Rn, on construit une suite de vecteurs(x(k))par les it´erations

M x(k+1)=N x(k)+b, k= 0,1, . . . . (2.1) Notons que si cette m´ethode converge vers un vecteurx∈Rnalors on a n´ecessairement

M x=N x+b, doncAx=b.

On dit alors que la m´ethode it´erative estconsistante.

2.1 Convergence des m´ethodes it´eratives

Soitx∈Rn; on d´efinit la norme :

kxk:=Xn

i=1

x2i12 .

(16)

10 2. M´ethodes it´eratives de r´esolution des syst`emes lin´eaires

On dira alors que la m´ethode it´erative (2.1) converge s’il existe un vecteurx∈Rntel que lim

k→∞kx(k)−xk= 0 pour tout choix de vecteur initialx(0)∈Rn.

D´efinition 2.1.1 SoitA une matrice carr´ee d’ordre n. On appellerayon spectralde A (on note ρ(A)) la plus grande valeur propre en module,i.e.

ρ(A) := max{|λi|; λivaleur propre deA, 1≤i≤n}.

On a alors le th´eor`eme fondamental suivant :

Th´eor`eme 2.1.1 La m´ethode it´erative(2.1)converge si et seulement si ρ(M−1N)<1.

D´emonstration. Soitxla solution du syst`eme lin´eaireAx=b. On en d´eduitM x=N x+b.

Donc

M(x(k+1)−x) =N(x(k)−x).

Soite(k)=x(k)−x. On a

(x(k)−x) =M−1N(x(k−1)−x) =. . .= (M−1N)k(x(0)−x), ou encore

e(k)=Bke(0) o `u B=M−1N.

Consid´erons la d´ecomposition de Jordan de la matriceB: B=P ΛP−1.

On en d´eduitBk =P ΛkP−1o `uΛest une matrice diagonale par blocs, chaque blocΛi ´etant de la forme

Λi =

λi 1 0

. .. ...

. .. 1

0 λi

On montre alors que si|λi| <1alorsΛki →0sik → ∞. On en d´eduit queΛk, et doncBk tendent vers la matrice0.

La propri´et´e inverse se montre facilement. ut

(17)

2.2 Quelques m´ethodes it´eratives 11

2.2 Quelques m´ethodes it´eratives

´EcrivonsAsous la forme

A=L+D+U o `u

dij=

(aii sii=j

0 sinon , lij =

(aij sii > j

0 sinon , uij=

(aij sii < j

0 sinon .

On suppose en outre que la matrice diagonaleDest inversible,i.e.aii 6= 0pour1≤i≤n. 2.2.1 M´ethode de Jacobi

Cette m´ethode s’´ecrit

D x(k+1):=−(L+U)x(k)+b, k= 0,1, . . .

ou encore 





x(k+1)i := 1 aii

bi−X

j6=i

aijx(k)j

1≤i≤n, k= 0,1, . . .

x(0)i donn´e 1≤i≤n.

En d’autres termes, nous avons choisi

M =D, N =−(L+U).

Chaque it´eration consiste donc `a r´esoudre un syst`eme lin´eaire diagonal.

2.2.2 M´ethodes de Gauss–Seidel et de relaxation

La pr´esentation de la m´ethode de Jacobi montre que, pour calculer les it´er´esx(k+1)i , les va- leursx(k+1)j ,1≤j < isont disponibles. On peut donc modifier cette m´ethode en ´ecrivant :





x(k+1)i := 1 aii

bi−X

j<i

aijx(k+1)j −X

j>i

aijx(k)j

1≤j≤n, k= 0,1, . . .

x(0)i donn´e 1≤i≤n.

Cette m´ethode peut encore ˆetre ´ecrite sous la forme :

(D+L)x(k+1)=−U x(k)+b, k= 0,1, . . . . La m´ethode de relaxation consiste `a ´ecrire

1 ωD+L

x(k+1)=

1−ω ω D−U

x(k)+b, k= 0,1, . . . o `uω >0est un r´eel donn´e. Nous avons ainsi le choix

M = 1

ωD+L, N =1−ω ω D−U.

Pour ω = 1, nous retrouvons la m´ethode de Gauss Seidel. Pour ω < 1 on appelle cette m´ethodem´ethode de sous–relaxationet pourω >1m´ethode de sur–relaxation.

(18)

12 2. M´ethodes it´eratives de r´esolution des syst`emes lin´eaires

2.3 Matrices sym´etriques d´efinies positives

Nous allons maintenant examiner la convergence de ces m´ethodes it´eratives dans le cas d’une matrice sym´etrique d´efinie positive.

Th´eor`eme 2.3.1 SoitAune matrice sym´etrique d´efinie positive et soitA=M−Nune d´ecomposition deAo `uM est inversible. On suppose que la matriceMT+Nest sym´etrique d´efinie positive. Alors, la m´ethode it´erativeM x(k+1)=N x(k)+bconverge.

On peut d´eduire de ce r´esultat le corollaire suivant :

Corollaire 2.3.1 Si A est sym´etrique d´efinie positive, la m´ethode de relaxation avec0 < ω < 2 converge.

D´emonstration. Pour la m´ethode de relaxation, on a M = 1

ωD+L, N =1−ω ω D−U.

CommeAest sym´etrique, on aL=UT. La diagonale deM est celle deD. On en d´eduit que M est inversible puisque les ´el´ementsdiisont positifs. Soit

MT +N = 1

ωD+LT+1−ω

ω D−LT = 2−ω ω D.

Cette matrice diagonale est d´efinie positive si et seulement si0< ω <2. ut

Corollaire 2.3.2 SoitAune matrice sym´etrique d´efinie positive telle que2D−Asoit d´efinie positive.

Alors, la m´ethode de Jacobi converge.

D´emonstration. On aMT +N = 2D−A. ut

2.4 Matrices `a diagonale dominante

Une autre cat´egorie de matrices pour lesquelles l’utilisation des m´ethodes de d´ecomposition est int´eressante est celle des matrices `a diagonale dominante.

On dit qu’une matriceAest `adiagonale dominantesi on a X

j6=i

|aij| ≤ |aii| ∀i= 1, . . . , n.

On dit qu’elle est `a diagonale strictement dominante si l’in´egalit´e ci-dessus est stricte.

Th´eor`eme 2.4.1 SoitAune matrice `adiagonale strictement dominante; alorsAest inversible.

De plus, les m´ethodes de Jacobi et de Gauss-Seidel convergent.

(19)

2.4 Matrices `a diagonale dominante 13

D´emonstration.

– Montrons d’abord queAest inversible : Soitx∈ Rn avecx 6= 0etAx = 0. Soititel que

|xi| ≥ |xj|pour toutj= 1, . . . , n. On a

aiixi=−X

j6=i

aijxj. Donc

|aii||xi|=

X

j6=i

aijxj ≤X

j6=i

|aij| |xj| ≤ |xi|X

j6=i

|aij|.

Ceci est impossible puisquex6= 0. La matriceAest donc inversible.

– Montrons maintenant la convergence : PosonsB=M−1N et soitλune valeur propre etx vecteur propre deB,i.e.

Bx=λx, x6= 0.

Puisque l’on s’int´eresse `a la plus grande valeur propre en module, on supposeλ6= 0. On a

ainsi

M −1 λN

x= 0.

Pour la m´ethode de Jacobi, cela devient

D+1 λL+ 1

λU

x= 0.

NotonsC=D+λ1L+1λU. Supposons, par contradiction, que|λ| ≥1, on a dans ce cas

|cii|=|aii|>X

j6=i

|aij| ≥ 1

|λ|

X

j6=i

|aij|=X

j6=i

|cij|.

On en d´eduit queC est `a diagonale strictement dominante, donc inversible. Doncx = 0. Ceci est une contradiction avec le fait quexest vecteur propre.

– Pour la m´ethode de Gauss-Seidel, on pose

C=D+L+1 λU.

Ici encore, par contradiction, si|λ| ≥1, on d´eduit

|cii|=|aii|

>X

j6=i

|aij|

≥X

j<i

|aij|+ 1

|λ|

X

j>i

|aij|

=X

j6=i

|cij|.

On obtient ainsi une contradiction. ut

(20)

14 2. M´ethodes it´eratives de r´esolution des syst`emes lin´eaires

2.5 Remarques et conclusions

L’utilisation des m´ethodes it´eratives est g´en´eralement plus avantageuse lorsque celles-ci convergent. Les m´ethodes de Jacobi, de Gauss-Seidel et de relaxation ne convergent le plus souvent que dans les cas que nous avons d´ecrits dans ce chapitre. Il existe des m´ethodes it´eratives beaucoup plus ´elabor´ees et qui convergent dans des cas plus g´en´eraux que ceux d´ecrits ici. Dans le cas de matrices creuses,i.e., les matrices contenant un nombre significa- tif de coefficients nuls, ces m´ethodes sont beaucoup plus ´economiques puisqu’il n’est pas n´ecessaire de stocker en m´emoire les coefficients nuls ni d’effectuer les op´erations les utili- sant.

La m´ethode de Gauss-Seidel converge g´en´eralement plus vite et plus souvent que la m´ethode de Jacobi. La m´ethode de relaxation n´ecessite la connaissance d’une valeur optimale du pa- ram`etre de relaxationω.

La convergence des m´ethodes it´eratives se teste g´en´eralement en utilisant un param`etre de tol´erance. On arrˆete ainsi les calculs d`es que l’erreur relative est assez petite :

kx(k+1)−x(k)k kx(k)k < . Une autre alternative est de tester le r´esidu :

kAx(k+1)−bk< .

(21)

3

Interpolation et approximation de fonctions

Nous nous int´eressons, dans ce chapitre, `a l’approximation de fonctions soit par interpola- tion soit par moindres carr´es.

3.1 Interpolation de Lagrange

Consid´erons un ensemble de points dans le plan

(x0, y0),(x1, y1), . . . ,(xk, yk), . . .

Ces points peuvent constituer par exemple des r´esultats de mesures, des donn´ees d’ex- p´eriences ou des r´esultats de calculs num´eriques. On cherche `a d´eterminer une fonction

“simple” passant par ces points. On parle d’interpolation. La connaissance d’une telle fonc- tion permettrait non seulement de donner une approximation des valeurs en dehors de ces points mais aussi par exemple de calculer facilement la d´eriv´ee ou une int´egrale. L’exemple le plus simple de fonction que l’on pourrait d´eterminer est celui d’un polyn ˆome. En effet, un polyn ˆome est une fonction facile `a ´evaluer et ind´efiniment d´erivable.

On se donne donc une collection den+ 1points

(x0, y0),(x1, y1), . . . ,(xn, yn)

deR2, d’abscisses distincts deux `a deux. On cherche un polyn ˆome de degr´e inf´erieur ou ´egal

`an:

p(x) =a0+a1x+a2x2+. . .+anxn v´erifiant les relations

p(xi) =yi 0≤i≤n.

Notons que ceci ´equivaut `a rechercher lesn+ 1coefficients(ai)du polyn ˆomep. Remarque 3.1.1 Ce probl`eme peut s’´ecrire sous la forme d’un syst`eme lin´eaire :

n

X

j=0

xjiaj =yi 0≤j≤n.

(22)

16 3. Interpolation et approximation de fonctions

Il suffirait donc de r´esoudre ce syst`eme pour trouver les coefficients du polynˆomep. Cette proc´edure peut se r´ev´eler cependant co ˆuteuse et poser quelques probl`emes num´eriques que nous n’aborderons pas ici.

3.1.1 Base de Lagrange

On d´efinit, pour touti= 0,1, . . . , n, le polyn ˆome dit deLagrange: Li(x) = (x−x0) (x−x1). . .(x−xi−1) (x−xi+1). . . (x−xn)

(xi−x0) (xi−x1). . . (xi−xi−1) (xi−xi+1). . .(xi−xn) =Y

j6=i

x−xj xi−xj

.

ClairementLiest un polyn ˆome de degr´env´erifiant

Li(xi) = 1 et Li(xj) = 0 sii6=j.

Les polyn ˆomesLisont lin´eairement ind´ependants. En effet, sib0, b1, . . . , bnsont(n+ 1)r´eels tels que

n

X

j=0

bjLj(x) = 0 pour toutx∈R, nous en d´eduisons pourx=xi,

0 =

n

X

j=0

bjLj(xi) =bi.

On a donc bi = 0 pour touti = 0, . . . , n. Notons parPn l’espace des polyn ˆomes de degr´e inf´erieur ou ´egal `a n. Nous avons ainsi montr´e que la famille (Li)ni=0 forme une base de l’espacePn, appel´eeBase de Lagrange.

Consid´erons maintenant le polyn ˆome dePn,

p(x) =

n

X

j=0

yjLj(x) x∈R.

Ce polyn ˆome v´erifie les relations p(xi) = yi,i = 0, . . . , n. Nous avons donc montr´e qu’il existe un polyn ˆome de degr´e inf´erieur ou ´egal `anv´erifiantp(xi) =yi. Montrons qu’un tel polyn ˆome est unique. Supposons qu’il existe un autre polyn ˆomeqdePnv´erifiant le mˆeme type d’identit´e. Le polyn ˆomer(x) =p(x)−q(x)est donc un polyn ˆome dePnv´erifiantr(xi) = 0 pouri = 0, . . . , n. Puisque les polyn ˆomes Lj sont lin´eairement ind´ependants, on trouve r= 0. D’o `up=q.

3.1.2 Erreur d’interpolation

On veut maintenant ´evaluer l’erreur entre une fonction donn´eefet le polyn ˆome de Lagrange interpolantf. Supposons que la fonctionf est de classeCn+1,i.e.(n+ 1)fois contin ˆument d´erivable. Soitx6=xiet soitπnle polyn ˆome

(23)

3.1 Interpolation de Lagrange 17

πn(x) = (x−x0) (x−x1). . .(x−xn).

On d´efinit le polyn ˆomeq∈Pn+1par

q(t) =p(t) +f(x)−p(x) πn(x) πn(t).

On aq(xi) =p(xi) =f(xi)pour touti= 0, . . . , n. De plus q(x) =p(x) +f(x)−p(x) =f(x).

La fonctionqest donc le polyn ˆome d’interpolation de Lagrange defaux pointsx, x0, . . . , xn. SoitF =f−q. Cette fonction admet aux pointsxiun z´ero de multiplicit´e≥1et de mˆeme au pointx. Le nombre de z´eros deF, multiplicit´es comprises, est donc≥n+ 2. Par le th´eor`eme de Rolle,F0 s’annule entre deux z´eros. DoncF0 a au moinsn+ 1z´eros. On en d´eduit par r´ecurrence queF(n+1)a au moins un z´ero, not´eξx. Donc

0 =F(n+1)x) =f(n+1)x)−q(n+1)x).

Le polyn ˆomeqest de degr´en+ 1. Son terme de plus haut degr´e est f(x)−p(x)

πn(x) tn+1. D’o `u

q(n+1)(t) =f(x)−p(x)

πn(x) (n+ 1)!

On en d´eduit ainsi le th´eor`eme suivant :

Th´eor`eme 3.1.1 Soitfune fonction de classeCn+1et soitple polynˆome d’interpolation de Lagrange def, aux pointsx0, x1, . . . , xn(polynˆome de degr´e inf´erieur ou ´egal `an). Alors on a l’in´egalit´e

|f(x)−p(x)| ≤ Mn+1

(n+ 1)!|πn(x)| pour toutx∈R, o `u

Mn+1:= sup

x∈R

|f(n+1)(x)|,

πn(x) = (x−x0) (x−x1). . .(x−xn).

3.1.3 Calcul du polyn ˆome de Lagrange

En fait, le calcul des polyn ˆomes de Lagrange s’av`ere assez co ˆuteux. En particulier, si l’on veut augmenter le degr´e du polyn ˆome d’interpolation, tout le calcul est `a refaire. Pour rem´edier

`a cela, nous allons pr´esenter l’algorithme desdiff´erences divis´ees de Newton.

Notons parpk le polyn ˆome d’interpolation de Lagrange aux pointsx0, x1, . . . , xk (de degr´e k) pour0≤k≤n. On a

(24)

18 3. Interpolation et approximation de fonctions

p0(x) =f(x0).

Pourk≥1, on apk−pk−1∈Pket de plus

pk(xi)−pk−1(xi) = 0 i= 0, . . . , k−1.

On en d´eduit que ce polyn ˆome est de la forme :

pk(x)−pk−1(x) =f[x0, x1, . . . , xk](x−x0)(x−x1). . .(x−xk−1),

o `uf[x0, x1, . . . , xk]est le coefficient dexk danspk(x). On en d´eduit alors par r´ecurrence : pn(x) =f(x0) +

n

X

k=1

f[x0, x1, . . . , xk](x−x0)(x−x1). . .(x−xk−1).

Lemme 3.1.1 Pourk≥1, on a

f[x0, x1, . . . , xk] = f[x1, . . . , xk]−f[x0, x1, . . . , xk−1] xk−x0

, etf[xi] =f(xi).

D´emonstration. Soitk ≥1et soitpek−1 ∈ Pk−1le polyn ˆome d’interpolation def aux points x1, . . . , xk. Le coefficient du termexk−1dans ce polyn ˆome estf[x1, . . . , xk]. En outre, le po- lyn ˆomeqk∈Pkd´efini par

qk(x) =(x−x0)pek−1(x)−(x−xk)pk−1(x)

xk−x0 ,

co¨ıncide avecfaux pointsx0, . . . , xk. Doncqk =pket on obtient le r´esultat d´esir´e en identi- fiant les coefficients dexkdans les deux membres.

On peut ainsi sch´ematiser l’algorithme dit deNewton: f[x0]

f[x0, x1]

f[x1] f[x0, x1, x2]

f[x1, x2] f[x0, x1, x2, x3] f[x2] f[x1, x2, x3]

f[x2, x3] · ·

f[x3] · · ·

· · · ·

L’int´erˆet principal de cet algorithme est qu’il ne n´ecessite pas de recalculer tous les coeffi- cients du polyn ˆome de Lagrange lorsqu’on ajoute un point d’interpolation.

(25)

3.2 Approximation au sens des moindres carr´es 19

3.2 Approximation au sens des moindres carr´es

On se donnempoints distinctsx1, . . . , xmdeRetmvaleurs num´eriques associ´eesy1, . . . , ym. Au lieu de chercher une fonction qui soit ´egale `ayienxi, on veut construire une courbe qui passeaussi pr`es que possibledes valeursyi.

L’exemple typique d’utilisation de ce type d’approximation est celui d’un mod`ele math´ema- tique d´ependant d’un certain nombre de param`etres que l’on souhaite ajuster `a des mesures par une fonction

φ=

n

X

j=1

ajwj (3.1)

o `uaisont les param`etres `a d´eterminer.

Soit(wj)nj=1un ensemble denfonctions r´eelles lin´eairement ind´ependantes d´efinies sur un intervalle contenant les pointsxi. On cherche une fonctionU de la forme (3.1) telle que les

´egalit´es soient approch´ees aumieux. Par exemple, on cherche une fonctionU qui rend minimum le nombre

m

X

i=1

Xn

j=1

ajwj(xi)−yi2

lorsque(aj)nj=1∈Rn.

On peut ´egalement ´ecrire ceci sous la forme





Trouver¯a= (¯ai)∈Rntel que :

m

X

i=1

Xn

j=1

¯

ajwj(xi)−yi

2

= inf

a∈Rn m

X

i=1

Xn

j=1

ajwj(xi)−yi

2

,

Notons

E(a) =

m

X

i=1

Xn

j=1

ajwj(xi)−yi2

=kBa−yk2,

o `uk · kest la norme euclidienne surRm,Best la matrice de coefficientsbij =wj(xi)etyest le vecteur de coefficientsyi.

Th´eor`eme 3.2.1 SoitB unem×n–matrice avecm > n ety ∈ Rm. Une condition n´ecessaire et suffisante pour quea¯∈Rnr´ealise le minimum de la fonctionE(a)est que

BTB¯a=BTy.

Ce syst`eme admet toujours au moins une solution. Si rang(A) =n, la solution est unique.

D´emonstration.

(i) Soit¯a∈Rntel queBTB¯a=BTyet soita∈Rn. Notons par(·,·)le produit scalaire dans Rn,i.e.

(a, b) =

n

X

j=1

ajbj.

(26)

20 3. Interpolation et approximation de fonctions

On a

E(¯a+a) = (B(¯a+a)−y, B(¯a+a)−y)

= (B¯a, B¯a) + (Ba, Ba) + 2(B¯a, Ba)−2(B¯a, y)−2(Ba, y) + (y, y)

= (BTB¯a,¯a) + (BTBa, a) + 2(BTB¯a, a)−2(BTy,¯a)−2(BTy, a) + (y, y)

=−(BTy,¯a) + (BTBa, a) + (y, y)

≥(y, y)−(BTy,¯a).

Or

E(a) = (Ba−y, Ba−y)

= (Ba, Ba)−2(y, Ba) + (y, y)

= (y, y)−2(BTy, a) + (BTBa, a)

= (y, y)−(BTy, a).

D’o `u

E(¯a+a)≥E(¯a) pour touta∈Rn. (ii) Soit¯a∈Rntel que

E(¯a)≤E(a) pour touta∈Rn.

Le vecteur qui minimiseEannule le gradient deE. On a pour toutk= 1, . . . , m: E(a) =

m

X

i=1

(Ba)i−yi

2

=

m

X

i=1

Xn

j=1

bijaj−yi

2

. Donc, pour toutk= 1, . . . , m:

∂E

∂ak

= 2

n

X

i=1 n

X

j=1

bijbikaj−2

m

X

i=1

bikyi

= 2 (BTBa−BTy)k. D’o `u le r´esultat.

(iii) Le second membreBTyest orthogonal au noyau de la matriceBTB. Il existe donc tou- jours une solution. Si rang(B) = n, la matriceBTB est inversible et la solution est donc unique. ut

Ainsi, le probl`eme de minimisation se ram`ene `a la r´esolution du syst`eme lin´eaire BTBa=BTy.

On dit alors queuest solution du syst`eme surd´etermin´eBa=yau sens des moindres carr´es.

Remarque 3.2.1 Prenons le cas o `u la fonctionwest un polynˆome de degr´e≤n−1. Ainsi,wj(x) = xj−1,1 ≤j ≤n. Il est clair alors que la matriceAest de rangnet on a donc unicit´e du polynˆome d’approximation.

(27)

4

D´erivation num´erique

4.1 Introduction

Soitf une fonction de classeC1surR. La d´eriv´ee defen un pointx∈Rest d´efinie par f0(x) := lim

h→0

f(x+h)−f(x) h

On se propose de trouver des m´ethodes num´eriques pour approcher cette d´eriv´ee, le calcul effectif de la d´eriv´ee pouvant ˆetre soit impossible (d´eriv´ees intervenant dans des ´equations diff´erentielles par exemple), soit trop on´ereux.

L’id´ee la plus imm´ediate est de calculer le quotient diff´erentiel ci-dessus avec une valeur de h“assez petite”,i.e., on pose

f0(x)≈ f(x+h)−f(x)

h .

4.2 Erreur d’arrondi

Soitδla pr´ecision relative de la machine (ex. :7 chiffres significatifs=⇒ δ= 10−7). L’erreur absolue sur l’´evaluation d’une fonction f en un pointxest de l’ordre deδ|f(x)|. Si hest donn´e exactement, ainsi quexetx+h, on obtient une borne sup´erieure de l’erreur sur le num´erateur donn´ee par

δ|f(x+h)|+δ|f(x)| ≈2δ|f(x)|.

Ainsi l’erreur absolue sur le quotient diff´erentiel sera donn´ee par

Ea ≈2δ

f(x) h

. En reprenant l’exemple pr´ec´edent (δ= 10−3), on a

(28)

22 4 D´erivation num´erique

•Pourh= 0,1; Ea = 2×10−349

0,1 = 0,98≈1.

•Pourh= 0,01; Ea = 2×10−3 49 0,01 ≈10.

L’expression de Ea montre clairement que pour que l’erreur soit petite, il faut que δ soit petite — cela va de soi — et que|h|soit “grand”.

4.3 Erreur de troncature

Supposons f de classe C2. L’erreur introduite en remplac¸ant la d´eriv´ee par le quotient diff´erentiel peut ˆetre ´evalu´ee en utilisant la formule de Taylor. On ´ecrit

f(x+h) =f(x) +f0(x)h+f00(ex)h2

2 , o `u|x−ex|<|h|.

Ainsi

f0(x) = f(x+h)−f(x)

h −f00(ex)h 2. L’erreur de troncature pour des petites valeurs de|h|est d´efinie par

Et= |h|

2 |f00(ex)|.

On en d´eduit qu’il faut que|h|soit suffisamment petit pour queEtsoit petit et qu’il ne faut pas qu’il soit trop petit pour queEane soit pas trop grand ! ! !

Th´eor`eme 4.3.1 La quantit´e

E= 2δ

f(x) h

+|h|

2 |f00(ex)|

est minimale pour

|h|= 2 s

δ

f(x) f00(x)e

. D´emonstration. On pose

g(x) := 2δ|f(x)|

s +s

2|f00(ex)|= a s +bs o `u

a= 2δf(x), b=1

2|f00(ex)|.

On en d´eduit

g0(s) = 0⇐⇒ −a

s2 +b⇐⇒s= ra

b. Ainsi

|h|= 2 s

δ

f(x) f00(ex)

. ut

(29)

4.3 Erreur de troncature 23

Exemple :On prendf(x) =x2etδ= 10−3. On en d´eduit f00(x) = 2, h=p

2δf(x) =√ 2δ|x|.

Six= 7, on ah= 10√

δ≈0,3. ut Le quotient diff´erentiel

f0(x)≈ f(x+h)−f(x) h

est appel´ediff´erence d´ecentr´ee `a droite. De mani`ere analogue, la formule dediff´erence d´ecentr´ee

`a gaucheest donn´ee par :

f0(x)≈ f(x)−f(x−h) h On peut prendre une diff´erence centr´ee autour dex,i.e.

f0(x)≈f(x+h)−f(x−h)

2h .

Dans ce cas, l’erreur d’arrondi reste la mˆeme. Par contre, on modifie l’erreur de troncature.

Th´eor`eme 4.3.2 Sif est de classeC3et de d´eriv´ees born´ees jusqu’`a l’ordre3, on a pour toutx∈R:

f0(x)−f(x+h)−f(x−h) 2h

≤ h2 3 sup

y∈R

|f000(y)|.

D´emonstration. On se restreint au cash >0. On a par la formule de Taylor : f(x+h) =f(x) +hf0(x) +h2

2 f00(x) +h3

6 f000(ξ), o `uξ∈[x, x+h], f(x−h) =f(x)−hf0(x) +h

2f00(x)−h3

6 f000(η), o `uη∈[x−h, x].

Donc

f0(x)−f(x+h)−f(x+h)

2h =−h2

6 (f000(ξ) +f000(η)). D’o `u le r´esultat. ut

On s’int´eresse maintenant `a la d´eriv´ee seconde. On utilise pour cela la formule : f00(x)≈f0(x+h2)−f0(x−h2)

h

≈ 1 h

f(x+h)−f(x)

h −f(x)−f(x−h) h

=f(x+h)−2f(x) +f(x−h)

h2 .

On montre alors par les mˆemes m´ethodes le r´esultat suivant :

Th´eor`eme 4.3.3 On suppose quefest de classeC4et de d´eriv´ees born´ees jusqu’`a l’ordre4. Alors on a pour toutx∈R, la majoration :

f00(x)−f(x+h)−2f(x) +f(x−h) h2

≤ h2 12 sup

x∈R

|f(4)(x)|.

(30)
(31)

5

Int´egration num´erique

5.1 G´en´eralit´es

Soitf : [a, b]→Rune fonction continue, nous nous int´eressons au calcul de l’int´egrale Z b

a

f(x)dx.

Soita≤x0< x1< . . . < xn≤b(n+ 1)points distincts pris dans l’intervalle[a, b]et soitpun polyn ˆome de degr´e inf´erieur ou ´egal `an, l’interpolant de Lagrange def aux points(xi)ni=0. On a donc

p(x) =

n

X

i=0

f(xi)Li(x), x∈[a, b]

o `u

Li(x) := (x−x0). . .(x−xi−1) (x−xi+1). . .(x−xn) (xi−x0). . .(xi−xi−1) (xi−xi+1). . .(xi−xn). Notons

wi:=

Z b a

Li(x)dx.

Le calcul deswiest particuli`erement ais´e puisqu’il s’agit d’int´egrales de polyn ˆomes. On peut ainsiapprocherl’int´egraleRb

a f(x)dxpar Z b

a

p(x)dx=

n

X

i=0

wif(xi).

De fac¸on g´en´erale, si(xi)ni=0est une suite de(n+ 1)points de l’intervalle[a, b]appel´espoints d’int´egration num´eriqueet si(wi)ni=0est une suite de nombres r´eels appel´espoids de la formule d’int´egration num´erique, nous dirons que l’expression

I(f) :=

n

X

i=0

wif(xi)

est uneformule d’int´egration num´eriquepourf sur l’intervalle[a, b].

(32)

26 5 Int´egration num´erique

Remarque 5.1.1 Sif est un polynˆome de degr´en, alors I(f) =

Z b a

f(x)dx.

Nous nous int´eresserons donc aux formules d’int´egration num´erique qui sont exactes pour des po- lynˆomes.

Nous allons maintenant donner un th´eor`eme g´en´eral de majoration de l’erreur. Pour cela, nous consid´ererons l’int´egrale d’une fonction f : [a, b] → R, sur l’intervalle [α, β]. Nous notons les points d’int´egration num´erique :

xi=α+θi(β−α) 1≤i≤m, o `u0≤θi≤1.

Th´eor`eme 5.1.1 On suppose quef ∈Cn+1[a, b]et soientα, β∈[a, b]tels quea≤α < β≤b. On suppose que la formule d’int´egration num´erique :

I(f) = (β−α)

m

X

i=1

wif(α+θi(β−α)) est exacte pour des polynˆomes de degr´en,i.e.

I(g) = Z β

α

g(x)dx pour toutgpolynˆome de degr´en.

Alors, on a l’in´egalit´e :

Z β α

f(x)dx−I(f)

≤ (β−α)n+1 n!

1 +

m

X

i=1

|wiinZ β α

|f(n+1)(x)|dx.

D´emonstration. ´Ecrivons la formule de Taylor avec reste int´egral pourx∈[α, β]: f(x) =

n

X

i=0

f(i)(α)

i! (x−α)i+ 1 n!

Z x α

(x−y)nf(n+1)(y)dy.

Si

g(x) :=

n

X

i=0

f(i)(α)

i! (x−α)i et r(x) := 1 n!

Z x α

(x−y)nf(n+1)(y)dy, on af(x) =g(x) +r(x). Comme l’applicationf 7→I(f)est lin´eaire on a :

Z β α

f(x)dx−I(f) ≤

Z β α

g(x)dx−I(g) +

Z β α

r(x)dx−I(r) . Puisqueg∈Pn, on aRβ

αg(x)dx=I(g)et donc

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