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Submitted on 1 Jan 1887
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Sur la conductibilité électrique des dissolutions salines de concentration moyenne
E. Bouty
To cite this version:
E. Bouty. Sur la conductibilité électrique des dissolutions salines de concentration moyenne. J. Phys.
Theor. Appl., 1887, 6 (1), pp.5-23. �10.1051/jphystap:0188700600500�. �jpa-00238792�
’
JOU~N~1L
DE PHYSIQUE
THÉORIQUE ET APPLIQUÉE.
SUR LA CONDUCTIBILITÉ ÉLECTRIQUE DES DISSOLUTIONS SALINES DE CONCENTRATION MOYENNE;
PAR M. E. BOUTY.
Dans un Mémoire publié il ; a deux ans (’ ~, j’ai énoncé une loi
nouvelle relativement à la conductibilité des dissolutions salines très étendues. Par son importance philosophicTue, aussi bien que par les discussions qu’elle a soulevées à l’étranger, cette loi méritait
d’être à nouveau l’objeu d’une étude approfondie. Une multitude de questions de fait ou de méthode s’y rattachent intimement, et appelaien t aussi des recherches complémentaires. Ce travail a
pour objet de combler, au moins en partie, ces lacunes.
Dès 1878, 1lT. R. Lenz (2), dans un Mémoire dont je n’avais
pas eu connaissance, étudiait la conductibilité électrique des sels
alcalins en dissolution très étendue. Il était amené à conclure que l’influence de l’anion s’efface peu à peu à mesure que la dilution augmente, et que celle du cation subsiste seule. Ainsi tous les sels de potasse auraient, en dissolution très étendue, la même conduc-
tibilité moléculaire; Inais les sels de soude auraient une conducti- bilité différente.
(1) Annales de Chimie et de PhJ/sique, 6e série, t. 111, p. ~33, r88~~ ; Journal de Physique, 26 série, t. 111, p. 325.
(2) R. LENZ, jJfénL de l’~~~cad. de Saint-Pétersbourg, t. XN-11; 187tL
Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphystap:0188700600500
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En i $84, MM. Arrhenius (f) et Ostwald (2) étaient aussi con- duits, indépendamment de mes recherches, à étudier la conducti- bilité des sels ou des acides à un état de dilution extrême. La pu- blication de leurs Mémoires coïncide à peu près avec celle de mes
dernières Notes à l’Ins ti tu t.
M. Vicentini (3), voulant essayer d’étendre aux solutions alcoo-
liques la loi d’équivalents que je venais de proposer et n’y ayant pas réussi, a consacré deux Mémoires à l’étude des dissolutions aqueuses très étendues.
Enfin M. F. Kohlrausch a publié un important Mémoire que j’ai analysé ailleurs ( ’’ ~ et dont la discussion se mêlera intimement à celle de mes nouvelles expériences.
Tous ces travaux ont été réalisés exclusivement par la méthode des courants alternatifs. Il était avant tout indispensable de savoir
si les résultats ainsi obtenus sont ou non comparables à ceux que donne la méthode électrométrique que j’ai moi-même employée.
Tel a été l’objet d’une étude que nous avons entreprise, M. Fous-
sereau et moi ( 5), et dont la principale conséquence est que cette méthode, parfaitement légitime tant qu’on n’opère qu’avec de
faibles résistances et des dissolutions concentrées, peut conduire
à des résultats tout à fait inexacts dans le cas où le circuit contient des résistances métalliques considérables; elle devient presque absolument illusoire pour les dissolutions extrêmement étendues.
Mais il ne suffisai pas d’avoir montré le vice de la méthode, il
était encore indispensable de discuter en eux-mêmes les résultats des mesures, et les conséquences qu’on est légitimement en droit
d’en tirer. Pour comparer de plus près les résultats de M. Kohl- rausch aux miens et pour étendre mes recherches aux solutions de concentration moyenne, je devais d’abord faire une étude spéciale de la conductibilité du chlorure de potassium que j’ai toujours adopté pour terme de comparaison.
(’ ) .~1.R~Hr~nLS, Bihang Svenska Vet. Akad. ~~ajzdl., t. VIII; 1884.
(2) OST~~’:~LD, Jozcrzzul für pr~aht. Chelnie, t. XXX; 1884.
( ô) ~VICE~1TIV’I, Atti Venet. [2], t. II, 1881; Atti Torino, t. YX ; 1885.
1’) F. KOHLItA1:SCII, Ann. der Physik und C"J’temie, t. XXVI, p. 16r, 1885;
Journal de Physique) 2e série, t. V, p. 4~~7’
(5) BOUTY et FoussEREAUy Journal de Physique, 2e série, t. IV, p. ~19; 1885.
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Je devais, en second lieu, rechercher si la loi d’équivalents que
j’ai énoncée est seulement une loi approchée (comme, par exemple,
la loi de Dulong et Petit relative aux capacités calorifiques des
corps solides), ou si elle doit t être considérée comme une loi limite rigoureuse (analogue à la loi de 3,Iariotte pour la compres- sibilité des gaz).
Enfin la nécessité de discuter les résultats d’expériences rela-
tives à des dilutions excessives, ou les impuretés de l’eau distillée
ont pu jouer un rôle prépondérant, I21’a conduit à l’étude de la conductibilité des mélanges salins en général. Ce Mémoire se di-
visera donc en trois Parties, relatives au chlorure de potassium,
à la loi d’équivalents et aux mélanges.
CHAPITRE I.
SUR LA CONDUCTIBILITÉ DU CHLORURE DE POT--~SSIU.~l DISSOUS.
La méthode électromagnétique, comme la plupart des méthodes de mesure, comporte une erreur relative d’autant moindre que les
quantités à comparer ont un rapport plus voisin de l’unité. C’est
pourquoi, dans mes recherches de 1884, j’ai toujours comparé la
conductibilité des dissolutions salines à la conductibilité des disso- lutions du chlorure de potassium contenant le même poids de sel dissous, afin de n’avoir jamais affaire qu’à des résistances du même ordre de grandeur. Ces recherches m’ayant conduit à re-
connaître que la conductibilité moléculaire de tous les sels nor- lnaux est la même en dissolution très étendue, il y avait intérêt à ne comparer désormais entre elles que des dissolu tions de même concentration moléculaire; c’est pourquoi, renonçant dans mon travail actuel aux liqueurs d’une concentration en poids égale, j’ai
eu recours à des dissolutions contenant un nombre exact n d’é-
quivalents de sel en grammes par litre de la dissolution.
J’ai d’abord déterminé en valeur absolue la résistance spécifique
d’une dissolution normale de chlorure de potassium, contenant 59 de sel ( I e‘~, nz = i) par litre. Ensuite, et par une double série de mesures relatives, j’ai comparé cette résistance à celles d’autres dissolutions contenant de 3é~ à oéq, 001 i de sel par litre,
et à des températures comprises entre 0° et 30°.
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JJlesllre absoluc. - Un tube capillaire enroulé en spirale et
terminé par deux larges entonnoirs est successivement rempli
de mcrcure pur à zéro et de la dissolution normales de chlorure de potassium. On mesure la résistance du mercure par la mé- thode du pont de ~Wheatstone, à l’aide d’un galvanomètre de
Thomson à double bobine d’une extrême sensibilité et d’une boîte à pont de M. Carpentier dans laquelle on introduit entre les
branches fixes un rapport égal à ioo. De très gros fils de cuivre
plongent dans les entonnoirs, et les communications sont at-
tachées de telle sorte que la résistance du mercure forme seule la quatrième branche du pont; sa valeur à o° est voisine de 1 ohm, 2.
On mesure ensuite la résistance du chlorure de potassium, par la méthode électrométrique, à une série de teinpératires comprises
entre 0° et 30°, et en prenant comme terme de comparaison des
résistances métalliques étalonnées en ohms légaux. Les résistances
liquides ainsi mesurées sont comprises entre 2000000hms s et
100 oooohms. De l’ensemble des mesures on déduit : 1 ° le rapport Il,, des résistances de deux colonnes égales de la dissolution nor-
male de chlorure de potassium et de mercure à o° ; 2° le coefficient moyen de variation de la résistance de la dissolution normale avec
la température. Posant
on trouve ainsi Y. = oog-9 i et Ro = 1,634.10’>. Il en résulte que -la résistance spécifique C.G.S. de la dissolution normale, évaluée
en ohms légaux, est de
Eu égard à l’extrême inégalité des grandeurs à comparer, cette valeur peut être erronée de j au plus, par excès ou par défaut.
.~’I~leszej7es relatives. l.~’ttcde de lct lnéthode de l’ac~l.~ocw. - Les
mesures relatives ont toutes été exécutées par la méthode électro-
métrique. Mais auparavant j’ai voulu me rendre compte du degré
d’exactitude dont les autres méthodes sont susceptibles; je n’avais
pas à revenir sur la méthode des courants alternatifs : il restait la
-