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Submitted on 1 Jan 1877
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E. LOMMEL. - Ueber Fluorescenz (Sur la fluorescence);
Ann. de Pogg., t. CLIX, p. 514, 1876
E. Bouty
To cite this version:
E. Bouty. E. LOMMEL. - Ueber Fluorescenz (Sur la fluorescence); Ann. de Pogg., t. CLIX, p.
514, 1876. J. Phys. Theor. Appl., 1877, 6 (1), pp.96-98. �10.1051/jphystap:01877006009600�. �jpa-
00237368�
96
E. LOMMEL. - Ueber Fluorescenz (Sur la fluorescence); Ann. de Pogg., t. CLIX,
p. 5I4, I876.
Depuis longtemps déjà,
M. Lommel(1)
avaitsignalé
le rouge denaphtaline (rose
deMagdala),
comme une substance fluorescentequi
n’obéit pas à la loi deStokes,
et pourlaquelle chaque
rayonhomogène, capable
d’êtreabsorbé,
éveille la totalité duspectre fluorescent,
soit que le rayon excitateurpossède
uneréfrangibilité supéri eure
ou inférieure à celle du rayon leplus réfrangible
de cespectre.
La rectitude absolue de la loi de Stokes a été récemment soutenue
par M.
Hagenbach (2)
et par M. Lubarsch(3),
comme ne compor-tant aucune
exception.
Nous avonspublié
uneanalyse
du Mémoirede M. Lubarsch
(4)
àlaquelle
le lecteur voudra bien sereporter.
M. Lommel
publie aujourd’hui
une nouvelle étude de la fluo-rescence du rouge de
naphtaline,
danslaquelle
il s’estefforcé,
par la variété des méthodes et le nombre desvérifications,
d’écartertoute
objection possible.
Deplus,
ilajoute
à la liste des substancesqui
n’obéissent pas ouqui
n’obéissent quepartiellement
à la loi deStokes,
lachlorophylle,
l’éosine et de nouvelles matières colo-rantes
qu’il
nomme rouge, bleu et vert (lecham0153léine.
Suivant M.Lommel,
il y aurait deux sortes defluorescence,
l’une assezexceptionnelle,
telle que tout rayon excitateur détermine la pro- duction de la totalité duspectre fluorescent ;
ou si celui-cicomprend plusieurs parties séparées,
de laportion
duspectre
fluorescent danslaquelle
le rayon excitateur se trouvecompr is ;
- l’autre mode defluorescence, qui
est leplus habituel,
est défini par la loi de Stokes.Certains corps
possèdent
seulement lepremier
mode de fluores-cence : à ce groupe
appartiennent
le rouge denaphtaline,
la chlo-rophylle
etl’éosine;
d’autres corps n’ont que le secondmode,
etdans ce groupe se
rangent
laplupart
des substances connues. Enfin certains corpsposséderaient
les deux sortes defluorescence,
la pre-(’ ) LOMMEL, Annales de
Poggendorff,
t. CXLIII.(2) HAGENBACH, ibid., t. CXLVI.
(’ ) LcBaascH, ibid., t. CLIII.
(6) Journal de Physique, t. IV, p. 93.
Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphystap:01877006009600
97 mière pour une
portion
définie de leurspectre
defluorescence,
laseconde pour une autre
portion.
C’est à cette dernièrecatégorie qu’appartiendraient
les couleurs de chamaeléine.L’auteur
reproche
à ses contradicteurs : i° d’avoiropéré
avecdes intensités lumineuses
trop faibles;
2° de ne pas s’être mis suffi-samment en
garde
contre l’influence del’absorption,
exercée par la substance fluorescente sur les rayonsqui composent
lapartie
laplus réfrangible
duspectre
fluorescent. Ainsi M. Lubarsch fait tra- verser aux rayons excitateurs une couche de substance fluorescente de 2mmd’épaisseur,
avant de les recevoir dansl’appareil spectral.
Sous cette
épaisseur,
une solutionmoyennement
concentrée de rouge denaphtaline
absorbecomplètement
les rayons lesplus
ré-frangibles qu’elle peut
émettre par fluorescence : M. Lubarsch aétabli lui-même
(1)
l’intensité de cetteabsorption.
Je
n’indiquerai qu’une
seule desexpériences
de M. Lommel. Lasubstance fluorescente est contenue dans une fiole
cylindrique
enverre blanc. Celle-ci est
placée
dans une boîtecubique
enbois,
dontles
parois
sont enduites de noir defumée,
et dont la face antérieureporte
une fente de0mm,
5 delarge.
Sur cette face onprojette
unspectre
solaireintense,
de telle sorte que la fente recueille un fais-ceau mince de lumière
homogène, qu’une
lentille de0m, I6
defoyer
concentre ensuite sur la
paroi
de la fiole. Celle-ci estplacée
de fa-çon que le faisceau réfléchi soit
rejeté
de côté.L’appareil
spec-troscopique
estporté
dans l’intérieur même de laboîte,
defaçon
que la fente soit aussi voisine que
possible
de laparoi
de la fiole.Si l’on
néglige
cetteprécaution,
la lumière introduite dansl’appa-
reil
spectral
estplus
riche en rayonsqui
ontpénétré
à une certaiueprofondeur
dans leliquide qu’en
rayons diffusés à sasurface,
etsa
qualité
estplus
ou moinsmasquée
parl’absorption :
lespectre présente
dans sapartie
laplus réfrangible
une intensité si faiblequ’on peut
ne pas en reconnaître l’existence :c’est, d’après
M. Lom-mel,
cequi
a dû arriver dans lesexpériences
que l’on oppose aux siennes.Les résultats suivants se
rapportent
au rouge denaphtaline,
etsont
exprimés,
comme ceux de Ni.Lubarsch,
à l’aide de l’échellede Bunsen.
(1) Voir Journal de Physique, t. IV, p. 293.
98
Avec la lumière solaire blanche
concentrée
lespectre
fluorescent atteint 60 par son côté leplus réfrangible,
28 par son côté le moinsréfrangible.
La limite
supérieure
du mêmespectre
estfixée,
par M.Lubarsch,
à la division
57
del’échelle,
et le Ix1aximumd’absorption
à la divi-sion 56.
L’écueil à éviter dans ce genre
d’expériences
consiste dans l’in-troduction,
avec la lumièresimple
que l’on croitemployer
d’uneproportion plus
ou moins forte de lumièreétrangère,
réfléchie oudiffusée par les
prismes
etappareils qu’on
nepeut
sedispenser
d’introduiré
sur letrajet
des rayons.Il semble que les nouvelles
expériences
de M. Lommel sontexemptes
desreproches qui
avaient étéadressés,
à cetégard,
à sesexpériences antérieures,
et que l’onpeut
être autorisé àrévoquer
en doute la
généralité
absolue de la loi deStokes, jusqu’à
ce que lesexpériences
actuelles aientété,
soit confirmées par d’autres,expérimentateurs,
soit démontrés décidément fautives. La ques- tion nepeut
être considérée commetranchée,
ni dans un sens, ni dans l’autre.E. BOUTY.