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Submitted on 1 Jan 1971
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Détermination des structures hyperfines des niveaux de triplet de la configuration 5 s 5 d des isotopes 111Cd et
113 Cd
M. Chantepie, Y. Lecluse
To cite this version:
M. Chantepie, Y. Lecluse. Détermination des structures hyperfines des niveaux de triplet de la con- figuration 5 s 5 d des isotopes 111Cd et 113 Cd. Journal de Physique, 1971, 32 (5-6), pp.415-419.
�10.1051/jphys:01971003205-6041500�. �jpa-00207093�
DÉTERMINATION DES STRUCTURES HYPERFINES
DES NIVEAUX DE TRIPLET DE LA CONFIGURATION 5
s5 d
DES ISOTOPES 111Cd ET 113Cd
M. CHANTEPIE
(*)
et Y. LECLUSEFaculté des Sciences de
Caen,
laboratoire deSpectroscopie Atomique (Associé
auC. N. R. S.)
(Reçu
le Iljanvier 1971)
Résumé. 2014 Nous avons mesuré les positions des croisements de niveaux dans les états de triplet
de la configuration 5 s 5 d des isotopes 111Cd et 113Cd en utilisant un mode d’excitation par échelons. Nous avons déterminé les valeurs des rapports
(A/g)111
et (A/g)113.Abstract. 2014 Using a stepwise excitation, we have measured the positions of the level crossings
in the triplet states of the (5 s 5 d) configuration of the isotopes 111Cd and 113Cd. We have deter- mined the values of the ratio (A/g)111 and
(A/g)113.
Classification Physics Abstracts
13.20
1. Introduction. - Les structures
hyperfines
desniveaux de
configuration
5 s 5 d desisotopes impairs
du cadmium ont
déjà
faitl’objet
de difi’érentes études.En
particulier
A. Schrammen[1 ], [2]
et C. L. Al-bright [3]
ont mesuré les structureshyperfines
desniveaux 5
3D,
et 53D3 ;
ces mesures sontdéjà
anciennes. Plus récemment M. Barrat
[4]
en utilisant destechniques
de résonancemagnétique
et de croise-ment de niveaux sur le niveau 5
1 D2
excité par bom- bardementélectronique
a pu donner une valeur de la structurehyperfine
de ce niveau 5’D2.
La méthodeutilisée
présente
des difficultéstechniques importantes.
Aucune mesure de structure
hyperfine
du niveau5
3D2
n’existait à notre connaissance avant nosexpé-
riences. Il nous est apparu opportun dereprendre
lesmesures concernant les états de
triplet
à l’aide d’une méthodeanalogue
à cellequi
nous adéjà permis
d’étudier les structures
hyperfines
de certains niveaux du mercure et du cadmium[5], [6].
Nous utilisons latechnique
des croisements de niveaux de Franken et coll.[7].
Une excitation par échelons
permet
depeupler
lesniveaux à étudier. Ce genre d’excitation a été mis au
point
par B.Laniepce [8]
pour étudier les durées de vie de ces mêmes niveaux par effet Hanle. Nous avonsdonc
repris
ce mode d’excitation en y apportant certaines variantes enparticulier
pour le niveau 53D3.
Les
premiers
résultats de cette étude ontdéjà
étépubliés [9].
Dans leprésent article,
nous donnons lesrésultats
complets (partie II)
et surtout(parties
IIIet
IV)
les méthodes de calculgrâce auxquelles
nousexploitons
ces résultats.II.
Dispositif expérimental.
- Nous avonsdéjà
eul’occasion de décrire en détail les
expériences qui
nousont
permis
d’observer les croisements de niveaux dans les états 5’Dl
et 5’D2
desisotopes impairs
du cad-mium
[6], [9].
Les atomes sont d’abord excités de manière incohérente(1)
dans les états detriplet
de laconfiguration
5 s 5 p, ensuite l’excitation secondaire cohérentepeuple
les états detriplet
de laconfiguration
5 s 5 d. Ce mode d’excitation
optique
par échelonsnécessite des
lampes
très brillantes que nousplaçons
contre la cellule de résonance. Pour le niveau 5
3D3,
l’excitation
primaire
est obtenue de manièredifférente ;
nous utilisons une
décharge
hautefréquence
dans lacellule de résonance
qui
renferme le cadmium isoto-pique
étudié et de l’azote sous unepression
de0,5
torr.Nous obtenons
grâce
à cettedécharge
ungrand
nombre d’atomes dans l’état métastable 5
3P2,
l’exci-tation secondaire est
toujours
assuréeoptiquement.
Compte
tenu des conditions d’excitation et de détec-tion,
nous ne pouvons observer que les croisements de niveauxcorrespondant
à Am =2 ;
nous ne pou-vons pas déterminer le
signe
des structureshyper- fines ;
celui-ci est connu par des mesures anté- rieures[1 ], [2], [3].
Nous utilisons une
technique d’intégration
pour améliorer le rapportsignal
surbruit ;
la mesure des(1) Le mot « cohérent » est ici utilisé dans un sens bien particulier : il s’agit de processus introduisant (ou n’introduisant
pas) de « cohérences hertziennes » et non optiques comme le
ferait une excitation laser.
(*) Ce travail fait partie d’une thèse qui sera soumise à la Faculté des Sciences de Caen, en vue de l’obtention du Doc- torat d’Etat ès Sciences Physiques et portera la référence n° AO 4049.
Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphys:01971003205-6041500
416
champs
de croisement est effectuée à l’aide d’unmagnétomètre
à résonance deprotons.
Nous vérifions l’absence d’erreurssystématiques
en déterminant laposition
des croisements de niveaux dans l’état5 3P1
connus par ailleurs
[10].
Les résultats de nos mesures sont donnés dans le tableau 1.III. Détermination des
rapports A(2S + 1Dj)
- Lesgj(2S + 1Dj) énergies
des niveaux D de laconfiguration
5 s 5 d desisotopes impairs
du cadmium peuvent être décrites par le hamiltonienDans cette
expression, Eo représente l’énergie
desniveaux D en
champ magnétique
nul et sans structurehyperfine, JCh représente
l’interactionhyperfine
etJCz
l’interaction Zeeman. Les distances
énergétiques sépa-
rant les niveaux ne sont pas assez
grandes
pour permettre de traiter par unesimple
méthode de per- turbation les interactions existant entre les différentsétats ;
nous sommesobligés
dediagonaliser
le hamil-tonien ci-dessus dans
l’espace
sous-tendu par les vecteurs debase S,
J,F,
MF >. Les éléments de matrice deJeh
et deJez
sont donnés parLurio, Mandel,
Novick
[11].
Pour lesisotopes
111 Cd et113Cd
demême
spin
nucléaire I =1, 3eh ne dépend
que de l’interactiondipolaire magnétique
et les éléments de matrice deJeh
peuvent êtreexprimés
en fonction des constantes decouplage hyperfin as
de l’électron 5 s eta’, a", a"’
de l’électron 5 d. Les élémentsdiagonaux
de
JCh
peuvents’exprimer
en fonction des constantes de structurehyperfine Aj
des niveauxDj. Aj dépend
bien sûr de as,
a’, a",
a"’. Cesparamètres
sont apriori
inconnus ainsi que les valeurs gJ exactes des facteurs de Landé
électroniques
des niveauxqui
interviennent dans les éléments de matrice deJez.
Pourexploiter
lesrésultats
expérimentaux,
on est donc amené àemployer
la méthode suivante :
Pour un niveau J donné
(J
=1,
2,3)
laposition
duou des croisements observés
dépend
surtout du rapportAjlgj. (Il dépendrait uniquement
deAj/gj
si la struc-ture fine était
grande
devant la structurehyperfine
etsi on
pouvait négliger
le facteur de Landé nucléaire gr devantgj.)
Il est donc naturel deprendre Aj/gj
comme inconnue
quand
on veutinterpréter
les résul-tats des croisements relatifs au niveau J. On
diagonalise
donc la matrice
Xlgj
et non la matrice X. Les élémentsde
3C/gj
peuvent êtregroupés
en deuxcatégories.
1 ° LES ÉLÉMENTS DU TYPE
Ceux-ci sont
exprimés
en fonction de Hamplitude
du
champ magnétique statique, Aj/gj
etgI/gJ,
org’
est très bien connu
expérimentalement [16].
Ongarde
commeparamètres H
etAj/gj
et on calculeles termes en
gi/gj
en y utilisant pour gJ la valeur théo-rique
ducouplage
L.S, qui
est exacte à mieux que 10-3près.
Comme ces termes eng’
= gJ ne sont que des termescorrectifs,
l’erreur éventuelle sur la valeur de gj n’introduitqu’une
erreurnégligeable
par rapport aux incertitudes de mesures.2° LES ÉLÉMENTS DU TYPE
avec au moins l’un des deux indices J’ ou J" différent de J. Ces éléments n’interviennent que dans les termes correctifs.
(Interaction
entre le niveau J et les autresniveaux de structure
fine.)
On peut donc sans incon- vénient pour laprécision
du résultat final se permettrequelques
autresapproximations
dans l’évaluation deces éléments. On y
néglige
les termes decouplage hyperfin a’, a",
a"’ de l’électron 5 d. On utilise lesexpressions théoriques
des éléments de matrice de3ez
en y
négligeant
les contributions dumagnétisme
nucléaire.
Enfin,
la valeur de gj utilisée en dénomina- teur de chacun des éléments est déterminée commeprécédemment.
Ces éléments sontexprimés
en fonctionde as
et de H, toutes les autresgrandeurs
y ayant des valeurs fixées.En utilisant
pour H
la valeurexpérimentale
duchamp
decroisement,
il est alorspossible
dediagona-
liser les deux sous-matrices donnant les
énergies
desdeux sous-niveaux Zeeman en prenant comme para- mètres
Ajlgj
et as. On cherche alors pour un as donnéquel
doit être le rapportAjlgj
afin que les deux sous-matrices aient une valeur propre commune. Il faut remarquer que
Aj s’exprime
en fonction de as,a’, a",
a"’(cf. § IV)
de sorte que connaissantAjlgj
on peuten
déduire as
avec une bonneapproximation
moyen-nant des
hypothèses
sura’, a", a"’ (cf. §
IV(5), (6), (7)).
Nous
procédons
donc par itérations pour obtenir unrésultat self-cohérent : nous faisons un
premier
calculavec une valeur
plausible
de as, nous obtenons ainsiune valeur de
Ajlgj,
nous en tirons(cf. § IV)
unemeilleure valeur de as. Nous recommençons le calcul
avec cette valeur
de as
et ainsi de suitejusqu’à
ce quela valeur
de as qui
a servi à faire le calcul soitidentique
à celle que l’on tire du rapport
Aj/gj obtenu ; as
n’in-tervenant que dans les termes
d’interaction,
la conver-gence du
procédé
estrapide (environ
3itéractions)
etune
légère
erreurpossible
sur la relation existant entreAjlgj
et as(cf. § IV)
n’entraîne pas d’erreurappréciable
sur la valeur finale deAjlgj.
Les valeursdes rapports
Ajlgj
ainsi déterminées pour les différents niveaux J àpartir
des divers croisements observés sontportées
dans le tableau I.IV.
Interprétation
des structureshyperfines.
- Pour déterminer les valeurs des constantes de structureshyperfines,
nous sommesobligés
de faire certaineshypothèses
sur les valeurs des facteurs de Landéélectroniques.
Nous supposerons 9L = 1 et gs =2,002 3
d’une part et nous ferons abstraction des corrections relativistes etdiamagnétiques
d’autre part ; celles-cib--4
A L) B
TA
U d
M )
8
M)
8C
a
0.) M
,U
’j
M c r
our po
p e d
tu i
ce
i
d
D
cd
m
U d s as p.
M
.
K
’t-t ’n
’o u OT)
’5
s M Ë=3.SOus
N
cent* s q) n q eln q
418
sont inférieures à
10-4.
Dans ces conditions pour les niveaux 53D1
et 53D3,
gj est donné par la relation :Pour le niveau 5
’D2
3D 0)
etgj(5 ’DO)
sont les facteurs de Landé deces deux états en
couplage
Russel Saunders pur, onles détermine par la relation
(1) ;
aet fi
sont lescoefficients de
couplage
intermédiaire ils sont définis part/!(3D2)
=X03C8(3 DO) 2
+B03C8{ ID20). Compte
tenu deces
hypothèses,
nous pouvons déduire de nos valeursexpérimentales A1 jgl
etA3193
les constantes de struc- tureshyperfines
des niveaux 53D,
et 53D3. (Ces
deuxconstantes sont
indépendantes
ducouplage
intermé-diaire.)
Nous pouvonségalement
lesexprimer
enfonction de as,
a’, a",
a"’. En effetd’après
les formulesde Breit et Wills
[12]
nous avons :Dans cette dernière
expression
ci et c2 sont définies par les relationsNous pouvons
exprimer a’, a", a"’
àpartir
de lastructure fine
(5 ’D3 -
5’Dl) [13].
Les éléments de calcul se trouvent dans Nuclear Moments deKopfer-
mann
[14]
formules(29.8)
et(29.9). a’
et a" sont destermes de même nature
qui
font intervenir différentes corrections derelativité ;
ces corrections sont tabulées parKopfermann [14] ;
on trouve alors pourl’isotope
113Cd
a"’ fait intervenir
également
des correctionsrelativistes,
on trouve :
Nous pouvons
également déterminer as
et a’ àpartir
de nos résultatsexpérimentaux
surA,
etA 3
enutilisant la relation
(5)
et leséquations (2)
et(3).
Pour
l’isotope 113 Cd,
nous trouvonsOn remarquera l’excellent accord entre la valeur de a’ déduite de nos mesures et celle
( - 0,15 mK)
estiméeà
partir
deKopfermann. L’équation (4)
permet en utilisant notre valeurexpérimentale
de A et les valeurs as,a’, a",
a"’ estimées ci-dessus d’obtenir les valeurs des coefficients decouplage intermédiaire ;
on trouveoc =
0,999 902 fi
=0,013 97 .
Les valeurs de a
et fi
ainsi déterminées permettent de calculerg,(’D2).
Ces mêmes coefficients peuvent être déduits de la structure fine[13],
dans ce cas ontrouve en utilisant la formule
(29.7)
de[14]
a =
0,999
977fi
=0,006
7.La différence entre ces deux séries de valeurs de a
et fi
peutprovenir
de diverses causes enparticulier
dans
l’équation (4)
leparamètre
choisi est celui quenous déduisons des
équations (2)
et(3),
ces deuxéquations
ne font intervenir que des états detriplet.
On peut
imaginer
comme pour laconfiguration
6 s 6 p du mercure[15]
que la valeurde as
n’est pas la même dans un état detriplet
et un état desingulet
de lamême
configuration.
Les résultats que nouspossé-
dons(4)
sur la valeur de la structurehyperfine
duniveau
51D2
ne permettent pas de le confirmer carils ne sont pas connus avec assez de
précision.
Dans le tableau I, nous avons
également porté
les valeurs de structureshyperfines
enchamp nul ;
ces valeurs sont obtenues endiagonalisant
l’hamiltonien pour unchamp magnétique nul ; lorsqu’il
y aplusieurs
déterminations de la valeur de A, nous prenons la valeur moyenne.
Nous remarquons l’absence d’anomalie de structure
hyperfine (à
laprécision
de nos mesuresprès).
Eneffet,
les valeursA l l lA113 (2)
sonttoujours
trèsproches
du rapportg;111/g;113
=0,955 946
mesuré par Leduc et Lehmann[16].
V. Conclusion. - Les structures
hyperfines
desétats de
triplet
de laconfiguration
5 s 5 d desisotopes impairs
du cadmium ont pu être déterminées avecprécision
en utilisant latechnique
des croisements de niveaux. Les résultatss’interprètent
facilement à l’in- térieur du schéma que nous avons choisi. Il serait intéressant dereprendre
ces mesures en utilisant uneméthode de
spectroscopie interférentielle ;
cette mé-thode bien que moins
précise
permet d’obtenir direc- tement les structureshyperfines.
(2) Les rapports (A l l l/A 113) sont déterminés dans nos expé- riences avec plus de précision que A 111 J et A 113 J car l’incertitude éventuelle sur gi s’élimine.
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