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Étude des structures hyperfines des raies d'arc de 169Tm

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Academic year: 2021

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HAL Id: jpa-00205712

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00205712

Submitted on 1 Jan 1963

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Étude des structures hyperfines des raies d’arc de 169Tm

Y. Bordarier, R. Vetter, J. Blaise

To cite this version:

Y. Bordarier, R. Vetter, J. Blaise. Étude des structures hyperfines des raies d’arc de 169Tm. Journal

de Physique, 1963, 24 (12), pp.1107-1112. �10.1051/jphys:0196300240120110700�. �jpa-00205712�

(2)

ÉTUDE DES STRUCTURES HYPERFINES DES RAIES D’ARC DE 169Tm Par Y. BORDARIER, R. VETTER et J. BLAISE,

Laboratoire Aimé-Cotton, Ç. N. R. S., Bellevue.

Résumé.

2014

A l’aide d’un spectromètre Hypeac on a déterminé les structures hyperfines de

70 raies d’arc du thulium 169. On en a déduit les énergies, les écarts hyperfins et les valeurs de J de 27 niveaux, ce qui a permis de classer 58 raies. L’écart hyperfin du fondamental a été déter- miné avec précision : 03B4W

= 2014

49,5 mK. Une étude théorique a permis de prévoir l’énergie et

l’écart hyperfin d’un niveau de la configuration 4f13 6s 7s.

Abstract

2014

Using a Hypeac spectrometer, hyperfine structures of 70 lines of the Tm I spectrum

have been measured. Energies, hyperfine splittings and J - values are deduced for 27 levels

and 58 lines are classified. The hyperfine splitting of the ground-state is measured accurately :

8W

= 2014

49.5 mK. A theoretical study permits a prediction of the energy and the hyperfine splitting of a level lying in the 4f13 6s 7s configuration.

24,

1. Introduction.

-

Les principales’ études du spectre d’arc du thulium sont dues à A. King [1]

qui a classé 250 raies en fonction de leur tempé-

rature d’émission dans un four et à W. F. Meggers [2], [3] qui a déterminé le multiplet fondamental et classé 62 raies. Dans le but d’étendre la classifi- cation du spectre nous avons entrepris l’étude sys-

tématique des structures hyperfines de 70 raies d’arc du thulium 169, à l’aide d’un spectromètre Fabry-Perot photoélectrique du type Hypeac [4],

en utilisant comme source une cathode creuse

refroidie à la température de l’azote liquide ; la

liste de longueurs d’onde utilisée nous a été aima- blement communiquée par le « National Bureau of Standards ». Les résultats obtenus ont donné lieu à des calculs théoriques selon les méthodes de Racah.

II. Structure hyperfine du thulium.

-

La valeur du spin nucléaire de Tm 169 étant I = 1/2 [5], chaque niveau se décompose en deux sous-niveaux

hyperfins. Les raies ont alors une structure com- prenant trois ou quatre composantes suivants que AJ = + 1 ou AJ

=

0 ; parmi celles-ci, deux seu-

lement sont intenses et le rapport p de leurs inten- sités dépend de la valeur de J des niveaux. La

mesure systématique de ces structures ainsi que la

mesure de p doivent donc permettre de déter-

miner à la fois les écarts hyperfins et les valeurs de J des niveaux. Toutefois, la précision atteinte

par le spectromètre Fabry-Perot photoélectrique

est suffisante pour déterminer sans ambiguïté des

valeurs de J inférieures à 11/2, mais ne l’est pas pour des valeurs de J très élevées. Les résultats sont rassemblés dans le tableau 1 où, pour chaque

TABLEAU 1

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphys:0196300240120110700

(3)

1108

(4)

raie, sont indiqués, dans la colonne « 8s », l’écart

en mK [10-3 X cm-1] des composantes observées,

le rapport p et les valeurs de J de la transition qui

en ont été déduites.

Cette étude a permis de déterminer 27 niveaux

appartenant aux principales configurations pré-

vues pour le thulium (cf. fig. 1).

La configuration fondamentale 4f 13 6s2 se com-

pose d’un doublet dont l’écart : 8 771,3 cm-1 a été

déterminé en 1942 par Meggers [2].

L’étude de la structure hyperfine de 17 raies

intenses de classe 1 [1], [3] a permis de déterminer l’écart hyperfin et la valeur de J du niveau fonda- mental. La mesure a été faite avec précision grâce

aux raies 5 675,85 A et 5 307,12 A :

,

Cette mesure est en bon accord avec les valeurs déduites des travaux de Ritter [6] et de Cabezas et Lindgren [7].

L’écart hyperfin du niveau 2Fg/2 du’ doublet fon- damental a été mesuré à l’aide des deux raies 5 760,24 A et 5 658,30 A. Les deux mesures ne

coïncident pas, mais, connaissant la valeur de l’écart hyperfin du niveau fondamental, on peut prévoir la valeur de l’écart du niveau 2F512 :

ce qui est précisément la valeur observée pour la raie 5 658 Á. L’écart hyperfin de

-

40,5 mK

mesuré pour la raie 5 760 À montre que la classi- fication de cette raie est erronée.

Les 17 raies dont nous avons parlé plus haut ont permis de déterminer 17 niveaux paires (configu-

rations 4 f 13 6s 6p et,4 f 13 5d 6p). L’étude des struc-, tures hyperfines et l’application du principe de

combinaison ont permis de déterminer 10 niveaux

impairs (configurations 4 f 13 6s 7s et 4 f 13 6s Ss). Les énergies, les écarts hyperfins et les valeurs de J de ces niveaux ont été publiés dans un précédent

article [8] ; on trouvera dans le tableau II la liste des transitions entre ces niveaux.

Enfin, l’identification des niveaux inférieurs des

configurations 4/13 6s 7s et 4 f 13 6s 8s a permis de

fixer la valeur du potentiel d’ionisation [8] :

FIG. 1.

-

Niveaux intérieurs probables des configurations principales comportant 13 électrons f de Tm 169.

TABLEAU Ii

CLASSIFICATION DE 58 RAIES D’ARC DE 169Tm

Une astérisque désigne les raies classées par Meggers [3].

(5)

1110

III. Étude théorique des niveaux inf érieurs de

4 f 13 6s 7s.

La configuration 4 f 13 6s 7s comporte trois

termes : 2F (2 fois), 4F, soit huit niveaux. A partir

de la configuration fondamentale 4 f 13 6s du thu-

lium ionisé une fois (Tm II) [9], dont le couplage apparaît nettement jj, on peut prévoir que ces huit

niveaux sont répartis en deux groupes de quatre.

Trois niveaux impairs ont pu être identifiés avec

les trois niveaux les plus bas : 4F9’/2 4FO 7/ 2 5/2 (tableau III), et il a paru intéressant de faire une étude plus complète des quatre niveaux inférieurs de cette configuration, en employant les méthodes exposées par B. R. Judd [10], [11] ; cette étude a permis de prévoir l’énergie et l’écart hyperfin du quatrième niveau du groupe.

1) CALCUL DE L’ÉNERGIE.

-

Du fait du cou-

plage j j, les états 1(4fJ 1, 6s) J 2, 7s, J) sont pris

comme états de base. L’halmitonien se décompose

alors en deux termes : H1’ énergie d’interaction

spin-orbite dont la matrice est diagonale ; H2, éner- gie d’interaction électrostatique ; on peut écrire H 2 effectif :

où rtll2 est la distance entre les deux électrons 11

et l2. La formule (24) de Judd [11], exprimant,

pour une configuration 1" s, les éléments de matrice de l’halmitonien d’interaction électrostatique et

d’autre part les méthodes de recouplage de trois

moments angulaires nous ont permis de calculer les éléments de matrice de H

=

H1 -E- H2.

Ces éléments dépendent de quatre intégrales :

le facteur d’intervalle du doublet de structure fine 03B6t, et les trois intégrales de Slater : G3(4f, 6s), G3(4f, 7s), G°(6s, 7s). Nous avons évalué 03B6f à partir

des configurations 4f13 6S2 de Tm I et 4 f 13 6s de

Tm II :

Pour évaluer G3(4f, 6s) nous nous sommes servis

des résultats suivants :

Or nous avons calculé :

à partir de la configuration 4 f 13 6s.. Nous avons

donc estimé :

G3(4 f, 7s) est ensuite calculé à partir des deux

niveaux 4Fg/2 et 4Fg/2 :

(6)

TABLEAU III

La courbe de la figure 2 donne alors la position

des quatre niveaux en fonction de G°(6s, 7s).

FIG. 2. - Énergie des niveaux intérieurs de la con figuration 4f13 6s 7s en fonction de GO(6s, 7s).

Dans ce calcul il n’est pas tenu compte de l’in-

teraction entre configurations, car les niveaux con-

sidérés sont probablement bien isolés ; d’autre part

la perturbation causée par les niveaux supérieurs

de 4 f 13 6s 7s est déjà très faible (quelques cm-’).

2) CALCUL DE LA STRUCTURE HYPERFINE. -.A partir de l’halmitonien de structure hyperfine :

où p est le magnéton de Bohr, Pn le magnéton nucléaire,

03BC= pN 03BCn le moment magnétique du noyau, I le spin nucléaire,

ri la distance du ieme électron au noyau, li le moment orbital du ieme électron,

s; le spin du ieme électron (formule 4.15 de

Judd [10]).

Judd a calculé la constante de structure hyper-

fine d’un niveau noté 03C8J) :

La théorie des tenseurs d’ordre k (cf. chap. 3 de

Judd [10]) permet alors de calculer les constantes A

en fonction des facteurs d’intervalles des élec- trons 4 f , 6s, 7s :

où R est la constante de Rydberg,

oc la constante de structure fine,

ao le rayon de la première orbite de Bohr, ml M le rapport de la masse d’un électron à

celle d’un proton,

g(I) le facteur de Landé nucléaire.

Il faut introduire ici le rapport a78/a6S qui a été

déterminé [14] à l’aide de la relation de Fermi-

Segré-Goudsmit [15]. Dans cette formule s’intro- duisent les nombres quantiques efiectif s n,*6, n* 78, n*8, [8], calculés à partir des énergies relatives des

configurations 4f13 6s2, 4f13 6s 7s, 4f 13 6s 8s :

Les deux niveaux 4F3/2 et 4_FO .5/2 étant les seuls

dans le groupe inférieur à avoir des valeurs de J

égales à 9/2 et à 5/2, sont peu perturbés ; on peut

donc trouver, à partir des valeurs des constantes de structure hyperfine A de ces niveaux (tableau III),

les valeurs des ai :

Comme on peut s’y attendre )a valeur de al est

(7)

1112

très voisine de celle que l’on peut tirer de l’écart

hyperfin du niveau fondamental :

Les valeurs des écarts hyperfins des deux ni-

veaux J

=

7/2 varient avec G°(6s, 7s), mais

tendent vers une limite lorsque GO tend vers l’in-

fini. La valeur expérimentale de la constante de

structur.e hyperfine :

conduit à poser GO(6s, 7s) > 700 cm-’. A partir de

cette valeur de GO on peut déduire :

-

3) DiscussioN.

-

Le calcul des énergies des

niveaux et celui de leurs écarts hyperfins montre qu’on ne peut déterminer avec certitude qu’une

limite inférieure pour l’intégrale G°(6s, 7s), étant

donnée notre connaissance actuelle des niveaux.

En effet le rapport

tend vers 1 lorsque GO tend vers l’infini [cas du couplage 141J1, (6s, 7s) J3, J) parfait]. Nous con-

naissons expérimentalement la valeur du rapport

r

=

0,84 ; cette valeur proche de l’unité montre que l’on ne peut pas déterminer GO avec précision.

La courbe de la figure 2 et la valeur expérimen-

tale du rapport r conduisent à poser :

On a déjà vu que le calcul de l’écart hyperfin

conduit à ces mêmes valeurs de G°.

En conséquençe : il faut chercher le niveau 2F7/2

entre 1 500 em-i et 3 000 cm-1 au-dessus du

FIG. 3. - Structure hyperfine de la raie 5 675,85A de Tm I.

niveau 4Fg;2; son écart hyperfin est approxima-

tivement :

Confirmant nos prévisions, P. Camus a classé

récemment 5 raies qui établissent le niveau 4f 13 6s 7s 2F7/2 à 33 960,7 cm-l, d’où on déduit

G°(6s, 7s)

=

815 cm--1.

IV. Remerciements.

-

Nous tenons à remercier ici M. le Professeur P. Jacquinot, Directeur du Laboratoire Aimé-Cotton et M. B. R. Judd, Pro-

fesseur-associé à la Faculté des Sciences de Paris,

pour l’aide qu’ils nous ont apportée dans ce travail.

Manuscrit reçu le 25 juillet 1963.

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Références

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