La lettre des Cartes Bancaires CB
Sur les quelque 1 000 milliards d’euros de la consommation des ménages en France, près de 300 ont été payés en 2007 avec une carte bancaire CB, soit près de 30 % des dépenses. En constante progression, ce chiffre augmente de l’ordre de 2 points par an depuis 2000 et positionne la France parmi les plus grands utilisateurs de carte en Europe. Quelles sont les raisons de ce succès ? L’ergonomie, le niveau de sécurité, les services rendus sont autant d’atouts qui font la différence.
Jouons un peu avec les chiffres : si l’on projetait ces données à l’échelle de l’Europe des 27, cela donnerait près de 2 000 milliards d’euros payés par carte, sur les quelque 7 000 milliards que représente la consommation des ménages.
En fait la réalité est un peu différente.
Schématiquement seuls 1 000 milliards sont réglés par carte. Qu’est ce que cela signifie ?
Tout simplement que le système Cartes Bancaires CB s’est édifié sur des bases qui ont permis ce succès : une sécurité maîtrisée, un business modèle équitable et sain, des extensions internationales faciles grâce au «co-badging», une large décentralisation de la grande majorité des fonctions.
Il ne fait pas de doute que la future construction monétique européenne, quelle qu’elle soit, saura s’appuyer sur le savoir-faire CB pour mettre en oeuvre ce SEPA que personne aujourd’hui ne sait vraiment décrire mais que chacun attend.
Jean-Marc Bornet
Administrateur
La carte CB en chiffres
éditorial
02 04 05 06 08
Le moyen de paiement préféré des consommateurs français
e-transactions en progression
Sphère publique et entreprises : un potentiel de développement
L’Europe, une opportunité pour la carte bancaire
L’innovation au service des utilisateurs CB
N°4 • Mai 2008
Évolution des paiements et des retraits
(en milliards d’opérations)
Nombre de points d’acceptation CB
au 31 décembre 2007
2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 Évolution 07/06
Montant total d’opérations (en milliards d’euros)
Paiements 170,2 190,0 203,9 219,6 236,8 257,3 283,3 + 10,1%
Retraits 68,1 75,9 80,5 85,2 88,6 92,2 98,5 + 6,8%
Total 238,3 265,9 284,4 304,8 325,4 349,5 381,8 + 9,2%
Nombre d’opérations (en milliards)
Paiements 3,67 4,10 4,34 4,65 4,98 5,34 5,85 + 9,6%
Retraits 1,14 1,21 1,25 1,26 1,29 1,33 1,41 + 5,8%
Total 4,81 5,31 5,59 5,91 6,27 6,67 7,26 + 8,8%
Paiement moyen (en euros) 46,4 46,4 47,0 47,2 47,6 48,2 48,4 + 0,5%
Retrait moyen (en euros) 59,9 62,6 64,7 67,6 68,5 69,5 70,1 + 0,9%
Nombre de cartes et de transactions par cartes CB
Parc de cartes CB (en millions) 43,3 45,4 47,6 49,1 51,2 53,6 55,7 + 4%
Nombre de paiements / carte / an 92,4 97,9 97,8 101,1 103,5 105,3 110,5 + 4,9%
Nombre de retraits / carte / an 26,3 26,7 26,1 25,7 25,3 24,8 25,2 + 1,8%
1 253 686
Nombre de points d'acceptation CB150 000
Automates de paiement (Publiphones, distributeurs de titres de transport, de carburant…)107 000
dont 35% sur internet160 000
Terminauxintégrés785 000
TerminauxautonomesEn paiment à distance
51 686
Distributeurs automatiques de billetsEn retrait
En paiment de proximité (1 095 000)
2006 2005 2004 2003 2002 2001 2000 1999 1998 1997 1996
Total transactions Paiements Retraits 0,77 2,08
2,85 0,84 2,30
3,14 0,91 2,58
3,49 1,02 2,91
3,93 1,07 3,29
4,36 1,14 3,67
4,81 1,21 4,10
5,31 1,25 4,34
5,59 1,26 4,65
5,91 1,29 4,98
6,27 1,33 5,34
6,67
0 1 2 3 4 5 6 7
2007 1,41 5,85 7,26
Source : CB
Avec 283 milliards d’euros, les paiements
CB progressent de 10,1% en 2007.
Le moyen de paiement
préféré des consommateurs français
La carte bancaire est utilisée pour près du tiers des dépenses globales des mé- nages. Depuis 2001, date à laquelle elle a dépassé le chèque, elle est devenue leur moyen de paiement préféré. Elle continue à progresser dans les secteurs d’activité comme la santé ou l’administration, dessinant ainsi un modèle qui diffère de ceux de nos voisins européens.
P
ourquoi affirmer que la carte ban- caire CB est le moyen de paiement favori des Français dans leur vie quoti- dienne ? D’abord parce qu’avec environ 56 millions de cartes en circulation, près de 9 adultes sur 10 possèdent au moins une carte bancaire CB. La tendance amorcée depuis plusieurs années se poursuit, avec un recul du taux d’équipement en cartes de retrait (9 %) et cartes privatives (18 %) au profit des cartes de paiement (84%).Ensuite parce que, sur les dépenses glo- bales des ménages (environ 1 070 milliards d’euros en 2007), tous secteurs d’activité et
moyens de paiement confondus, près du tiers a été réglé par carte CB. C’est deux fois plus qu’en 2000, et la progression est loin d’être finie.
La carte au quotidien
En effet, si la moitié des paiements CB en volume est encore consacrée aux dépen- ses courantes, essentiellement l’alimen- tation, le travail effectué depuis plusieurs années dans différents secteurs porte aujourd’hui ses fruits. Ainsi, le paiement
CB a permis le développement de nou- veaux canaux de distribution - voyages, télécoms et services sur internet - et en- gendré de nouveaux comportements. Par ailleurs, une progression de plus de 30 % des paiements CB a été constatée dans le secteur de la santé entre 2000 et 2006.
Certains secteurs restent toutefois en retrait, comme le paiement dans les collectivités locales. De ce côté, les attentes des consommateurs sont claires : en 2007, près de 60 % des porteurs interrogés pour le baromètre CB / Sofres déclarent vouloir utiliser plus souvent leur carte CB pour payer les professionnels de santé et un tiers pour payer des services publics. Des solutions CB adaptées à ces environnements sont d’ailleurs à l’étude, à commencer par le paiement sans contact.
Une carte pour payer partout
La France se distingue en Europe par son fort taux de mono-détention bancaire : seuls 17 % des personnes interrogées détiennent deux cartes bancaires pour un usage privé. La raison en est simple. Basé essentiellement sur une carte bancaire de débit, immédiat ou différé, là où nombre de nos voisins possèdent plusieurs cartes de crédit, le système CB a développé le principe de l’universalité et de l’interban- carité, et est ainsi en mesure de répondre
(
2004 2005 2006 2007
26% 22% 20% 18%
87% 87% 87% 87%
91% 90% 91% 88%
69% 69%
22% 21% 19% 17%
4% 1% 1% 1%
Possède une carte bancaire exclusivement Possède une carte bancaire et privative Possède une carte privative exclusivement Possède au moins une carte
Possède une carte bancaire Possède au moins une carte privative
2004 2005 2006 2007
65% 66%
Taux de détention des cartes
1996 1998 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007
66
17
7
10 12 9 7 6 9 7 7 7 3
4 4 4 3 4 2 5 3 5
16 13 13 12 12 14 10 11 7
68 74 76 79 75 78 78 79 85
1 fois/semaine ou + 1 à 3 fois/mois Moins souvent Jamais
Au service de la mobilité internationale
La carte bancaire CB est essentiellement utilisée sur le territoire natio- nal : en 2007, seuls 3 % des 7,2 milliards de transactions ont été réalisées à l’étranger ou hors du système CB (4 % en volume).
Bien qu’utilisée par un peu moins de la moitié des porteurs lors d’un voyage à l’étranger, la carte CB enregistre à cette occasion des montants moyens plus importants. Logique, ils correspondent à des achats plutôt exception- nels : hôtel, location de voiture, souvenir, restaurant, etc. Ainsi, le paiement moyen est de 75,7 euros et le retrait de 117,4 euros, soit 1,5 fois les montants moyens constatés dans le système CB.
Très probablement grâce au déploiement de la puce EMV en Europe, et dans de nombreux autres pays, les utilisateurs d’une carte CB à l’étranger expri- ment une satisfaction en nette progression à hauteur de 93 % (86 % en 2006), rejoignant ainsi bientôt celui constaté dans le système CB.
)
( Activité moyenne des porteurs CB pour 2007
Fréquence d’utilisation des cartes bancaires CB
1,3 carte CB et 0,3 carte privative. Avec les premières expériences du co-branding sur des cartes CB, il sera intéressant de suivre cet indicateur dans les prochai- nes années pour déterminer les impacts d’une telle évolution marketing sur les comportements des acteurs du paiement par carte.
Un taux d’utilisation en progression
85 % des porteurs reconnaissent payer avec leur carte CB au moins une fois par semaine, contre 79 % en 2006. Chez les plus jeunes, ce taux atteint même 99 % ! La carte bancaire CB est donc préférée par 70 % de ceux qui en sont équipés (82 % chez les 24-34 ans), contre 14 % pour le chèque ou 15 % pour les espèces.
Le nombre moyen de paiements, tous ty- pes confondus, atteint 110,5 paiements par carte et par an en 2007 (contre 92 en 2001) pour 24,7 retraits. Les montants moyens restent en revanche stables avec 48,4 euros par paiement et 70,5 euros par retrait. Quant à la satisfaction exprimée, 98 % avouent être satisfaits de leur carte qu’ils utilisent auprès de plus d’un million de points d’acceptation CB : commerces de proximité, sites en ligne, automates en libre- service 24h/24… La carte CB est indéniable- ment en adéquation avec les besoins de tou- tes les catégories de consommateurs.
En %
En paiement
48,4 E
En retrait
70,1 E
En paiement
75,7 E
En retrait
117,4 E
Hors système CB
le système CB Dans
La carte CB a pris une part importante dans les paiements en ligne, signe que la confiance est au rendez vous. Plus des trois- quart des dépenses sur internet ont été réglées par carte en 2007, soit 10,2 milliards euros ; ce qui représente une aug- mentation de près de 38% par rapport à l’année précédente.
10% des paiements en ligne sont effectués par des porteurs étrangers, alors qu’en moyenne le paiement par carte étrangère chez les commer- çants CB n’est que de 3%.
L’année 2008 verra la mise en place d’un ren- forcement de la sécurité sur internet. Cette action menée tant par les banques, que les pouvoirs publics, le système CB et les réseaux internationaux de paiement, vise à permettre aux banques d’offrir à leurs clients porteurs un moyen d’authentification.
Un panel d’internautes, consulté via un sonda- ge, a répondu favorablement à cette démarche.
Les acheteurs en ligne indiquent à près de 86%
avoir confiance en internet pour l’achat en ligne mais conviennent de l’importance de mieux sécuriser encore les paiements et se disent
e-transactions en progression
La carte a particulièrement bien pénétré le marché du commerce électro- nique puisqu’elle représente aujourd’hui plus de 75% des paiements sur internet, d’où l’importance de mieux sécuriser encore ces paiements pour maintenir à un très haut niveau la confiance déjà accordée.
@
69,4% 30,6%@
85,9% 14,1% 19,3% 80,7%Ensemble des internautes
16 ans et +
Confiance en l'achat en ligne Pas confiance en l'achat en ligne
Acheteurs en ligne Non-acheteurs en ligne
@
@(
(
prêts à coopérer pour protéger les paiements par carte. La mise à disposition de solutions de paiement on-line plus sécurisées convaincrait les acheteurs en ligne réticents à payer on-line par carte CB.
CA e-commerce Paiement par carte CB
0 G� 3 G� 6 G� 9 G� 12 G� 15 G� 2006
2007
@
@
Confiance et achat en ligne Facteurs incitatifs à l’utilisation
de la Carte Bancaire
Parmi les internautes n’ayant pas confiance en Internet pour l’achat en ligne, 65,4% déclarent n’avoir jamais acheté sur InternetSource : CB et les opérateurs financiers.
S'il n'existait aucun risque de réutilisation de mes coordonnées bancaires
S'il n'existait aucun risque de réutilisation de mes coordonnées personnelles
Si meilleure information des recours en cas d'insatisfaction
Si la simplicité de paiement sur les sites
était améliorée
Utiliserait plus
38,7%
56,1%
77,1%
78,7%
21,3%
22,9%
43,9%
61,3%
N'utiliserait pas plus Plus de trois-quart des non-utilisateurs
de la carte CB en paiement en ligne sont en attente de solutions de sécurisation du paiement et de protection des données personnelles.
Sphère publique et entreprises : un potentiel de développement
Depuis plusieurs années, les consommateurs attendent de l’admi- nistration qu’elle offre plus souvent la possibilité de payer par carte bancaire. De plus en plus satisfaction leur est donnée. La progression des cartes professionnelles est en revanche plus atone.
E
n 2006, entreprises et particuliers ont versé plus de 850 milliards d’euros aux quatre principaux collecteurs des recettes publiques : direction géné- rale des impôts, direction générale de la comptabilité publique, réseau des UR- SAFF et direction générale des douanes et droits indirects. Même si la nature et le montant de ces recettes sont d’une gran- de diversité, deux éléments caractérisent leur mode d’encaissement : des circuits fi- nanciers spécifiques et le développement des moyens de paiement automatisés.L’administration : un marché éclaté où la carte progresse
Pour les recettes de l’Etat, des collecti- vités territoriales et des établissements publics nationaux le dépôt des fonds se fait auprès de la Banque de France ou du Trésor Public. Pour les organismes de Sécurité So- ciale, c’est en général la Caisse de Dépôts et Consignation.
Par ailleurs, les collecteurs des fonds in fine ne sont pas nécessairement ceux qui organisent la relation de guichet avec les usagers des services publics. De sorte que
les collectivités locales et établissements publics nationaux restent décisionnai- res dans la mise en œuvre de moyens de paiement alternatifs au chèque, même si le Trésor Public mène une politique active d’incitation auprès de ces structures et les aide à mettre en œuvre ces solutions.
Pour le recouvrement des impôts des entreprises, le paiement par virement ou télé-règlement a été largement encou- ragé voire imposé, par exemple pour la TVA lorsque le chiffre d’affaires excède 760 K€. Pour les particuliers, le prélève- ment s’est développé à la fois par le biais de la promotion des contrats de mensua- lisation et du paiement en ligne. Toutefois, le succès du prélèvement est très varia- ble : en 2006, le taux de paiement déma- térialisé de l’impôt sur le revenu est de 73 %, contre moins de 40 % pour la taxe d’habitation et la taxe foncière.
Pour le règlement par carte des services publics payants, la visibilité est plus grande, avec 13 590 points d’encaissement fin 2007.
L’acceptation de la carte se généralise dé- sormais sur les secteurs qui lui sont tradi- tionnellement favorables : inscriptions et restaurants universitaires, entrée des mu- sées, cantines scolaires, hôpitaux (forfaits d’hébergements, consultations), offices pu- blics de l’habitat, cartes grises…
La carte bancaire se fait éga- lement une place sur la voie publique, notamment avec les vélos en libre-service et les horodateurs. Une progression plus lente est aussi à souligner dans les secteurs régaliens : encaissement des amendes à distance ou au guichet du Tré- sor Public, installations de ter- minaux dans les tribunaux.
La carte professionnelle encore sous utilisée
Alors que la carte d’achat public a été gé- néralisée en France par décret du 26 oc- tobre 2004, l’enquête SOFRES menée pour le Groupement des Cartes Bancaires CB montre que le taux de détention déclaré de cartes entreprises a peu progressé au cours des cinq dernières années. Pour l’instant les entreprises utilisent toujours beaucoup le paiement par chèque : au- delà de 1 800 milliards d’euros en 2006.
C’est à peu près autant que les virements qui, malgré leur progression, peinent à faire disparaître les chèques, encore très présents dans les TPE et PME.
Malgré cela, le potentiel du marché est réel. D’une part, 50 milliards d’achats hors production se portent sur six caté- gories d’achats pour lesquels le paiement par carte bancaire est parfaitement op- timal : hôtels, restaurants et traiteurs ; carburants, combustibles et lubrifiants ; agences de voyages ; transports ferro- viaires et transports aériens ; location courte durée d’automobile. Il est donc raisonnable de penser que ces dépen- ses seraient éligibles au paiement par carte professionnelle si celle-ci se dé- ployait plus largement. Leur potentiel de développement peut ainsi être estimé à 64 milliards d’euros. Enfin, avec un large parc d’acceptation, la carte CB s’inscrit ten- danciellement comme une alternative au chèque pour les entreprises, comme elle l’a fait avec succès auprès des particuliers.
L’automatisation des processus et la possi- bilité de déléguer l’approvisionnement en toute sécurité constituent des atouts sup- plémentaires que la carte peut apporter très simplement aux professionnels.
(
( Détenteurs de cartes professionnelles
95% NON
5% OUI
0 50 100 150 200 250
Belgique Allemagne France Royaume
Pays Bas Espagne Italie UE 25
L’Europe, une opportunité pour la carte bancaire
Depuis janvier, le SEPA (Single Euro Payments Area) est un fait, et la carte ban- caire en est l’instrument le plus utilisé. Alors que l’EPC (European Payments Council) travaille à l’harmonisation des nouveaux standards de paiement, les différences d’usage et de perception des différents instruments sont une réalité à travers l’Europe.
(
D
ans l’Union Européenne, 25 milliards de transactions de paiement ont été réalisées par carte en 2006, soit une sur trois transaction en monnaie scripturale.Cela en fait le premier instrument de paie- ment, avec une moyenne de 54 paiements par habitant. Et cette habitude s’amplifie puisque le taux de croissance annuel moyen des transactions par carte est de 12 % sur la période 2002-2006, contre 9 % tous moyens de paiement confondus. Dans cet ensemble, tous les instruments de paiement dématé- rialisés progressent à un rythme soutenu, alors que le nombre de chèques a chuté de 16 %. Ce panorama d’ensemble se traduit toutefois de manière très contrastée dans chaque pays.
Un marché segmenté
Les habitudes en matière d’utilisation des instruments de paiement sont différentes d’un pays à l’autre. Certains pays utilisent plus la carte de paiement (Royaume-Uni, France, Suède) alors que d’autres privilé- gient le prélèvement (Allemagne, Pologne, Autriche) ou encore les espèces (Espagne, Italie).
Le marché européen présente donc un fort potentiel de progression pour la carte, en particulier dans les pays qui ont des habi- tudes de paiement dématérialisé encore peu ancrées. Ainsi, la Pologne, l’Allemagne, l’Italie ou l’Espagne sont des zones à fort
Malgré un effet nord/sud, une progression générale
Depuis plus de 10 ans que le Groupement des Cartes Bancaires CB réalise, dans le cadre de son baromètre SOFRES, une étude sur l’image et l’usage des cartes de paie- ment dans six pays d’Europe occidentale (Allemagne, Belgique, Pays-Bas, Espagne, Italie et Royaume-Uni) deux enseignements restent vrais.
Le premier est une dichotomie marquée en- tre Europe du nord et du sud. Dans les pays du nord, le taux de détention de cartes est globalement homogène, avec plus de 88 % de la population de plus de 18 ans dotée d’une carte bancaire. Les pays du sud de l’Europe, quant à eux, restent très en retrait.
C’est notamment vrai en Espagne et encore plus en Italie, où le taux de détention n’est que de 60 %.
En revanche, les porteurs de cartes en dé- tiennent en moyenne un nombre de plus en plus élevé, avec une progression marquée en Allemagne et en Espagne. Cet essor ré- sulte vraisemblablement du développement du co-branding.
Le deuxième enseignement est que les porteurs de cartes internationales sont de plus en plus nombreux, quel que soit le pays étudié.
Quoi qu’il en soit, l’utilisation de la carte progresse partout en Europe, et il est pos-
( Nombre de transactions par an et par habitant
Carte
Une culture plutôt :
Prélèvement
Espèce
Pays-Bas Belgique
55%
France
59%
ItalieEspagne
32%
30%
Allemagne
47% 43%
sible de segmenter les porteurs de cartes en deux groupes :
• les «adeptes» utilisent leur carte plus d’une fois par semaine : ils habitent principalement en France, Pays Bas, Belgique ou Royaume- Uni, où la carte se développe pro- gressivement comme un objet du quotidien ; c’est particulièrement vrai aux Pays-Bas, où 51 % des personnes interrogées déclarent utiliser leur carte bancaire un jour sur deux ;
• les «progressifs», qui utilisent leur carte moins fréquemment mais néanmoins de plus en plus sou- vent ; environ un porteur sur deux en Allemagne, Italie ou Espagne, utilise sa carte de manière hebdo- madaire.
On peut également distinguer d’autres diffé- rences selon les pays : les cartes privatives connaissent un réel essor en Allemagne et au Royaume-Uni, alors que l’Allemagne dé- veloppe son équipement en terme de cartes internationales de crédit en plus des cartes de débit, et que la Belgique semble perdre progressivement son intérêt pour le porte- monnaie électronique.
EPC (European Payments Council)
Créé en juin 2002 à l’initiative des associations de banques européennes (les Associations Européennes du Secteur du Crédit, la Fédération Bancaire de l’Union Européenne, le Groupe Européen des Caisses d’Epargne et le Groupement Européen des Banques Coopératives), le Conseil Européen des Paiements est l’instance de décision et de coordination des banques pour le projet SEPA. Soucieuse de répondre au mieux aux enjeux et objectifs du projet, la profession bancaire s’est en effet très vite organisée pour proposer et mettre en œuvre des standards cor- respondants aux nouveaux instruments de paiement décidés à l’échelle paneuropéenne. Aujourd’hui l’EPC est constitué de 69 membres, banques ou associations de banques.
Le Conseil Européen des Paiements conduit ainsi une démarche visant à la mise en place opérationnelle de chaque instrument de paiement. Ce sont des groupes de travail dédiés qui ont élaboré les référentiels de règles (rulebooks) puis les préconisations d’implémentation (guidelines) concourrant à la
mise en œuvre du SCT (SEPA Credit Transfert) et du SDD (SEPA Direct Debit). En matière de carte, c’est également l’EPC qui élabore progressivement le socle d’interopérabilité des cartes en Europe. Le SEPA Card Framework donne le cadre général des transactions par carte en Europe où les dénominateurs communs dans les responsabilités des banques et des réseaux (scheme) sont analysés. Ce cadre général d’interopérabilité se décline aujourd’hui dans l’élaboration d’un socle minimum d’interopérabilité (Core requirements) et dans l’élaboration de spécifications techniques pan-européennes. Cette standardisation couvre quatre domaines :
• les échanges Carte – Terminal ;
• la relation Accepteur – Acquéreur ;
• la relation Acquéreur – Emetteur ;
• l’harmonisation des exigences sécuritaires et de la délivrance des agréments.
)
( Les porteurs
«très satisfaits»
dans l’euro-zone
Une satisfaction élevée
Quel que soit la zone étudiée, l’ensemble des porteurs de cartes se déclare satisfait de l’utilisation de la carte. Le nombre de porteurs «très satisfaits» est très élevé en France (59 %) ou aux Pays-Bas (55 %). Pour autant il convient de noter que l’indice de
«très satisfaits» tend globalement à se tas- ser par rapport à 2006. Cette baisse résulte vraisemblablement de la conjonction de plusieurs phénomènes différents d’un pays à un autre : coûts d’accès pour les porteurs, carences d’interopérabilité nécessitant la détention de plusieurs cartes…
Un satisfecit pour le système CB, les por- teurs de cartes étrangers, tous pays confon- dus, sont en moyenne 9 sur 10 à se déclarer satisfaits de la procédure de paiement lors
de leurs achats réalisés en France. Les plus satisfaits sont les Anglais et les Allemands.
Cependant tous n’utilisent pas leur carte dans les mêmes proportions. Pour leurs paie- ments en France, un peu plus d’un visiteur allemand sur deux choisit la carte, contre trois Belges et Néerlandais sur quatre.
L’innovation
au service des utilisateurs CB
Depuis sa création, le Groupement des Cartes Bancaires CB privilégie l’innova- tion. Il se positionne ainsi en amont de la création de nouveaux produits et ser- vices pour ses membres, et teste avec eux de nouveaux concepts pour s’adapter au mieux à la demande des consommateurs et du commerce.
D
e l’introduction de la carte à puce aux cartes dotées de fonctionna- lités additionnelles au paiement, en pas- sant par la sécurisation des paiements à distance, la carte bancaire CB n’a jamais cessé d’étoffer son offre. Aujourd’hui, l’innovation est plus que jamais à l’ordre du jour, entre convergence des canaux de distribution, redéfinition européenne des moyens et instruments de paiement, et montée en puissance des nouvelles tech- nologies. Le Groupement CB s’appuie pour cela sur une coopération renforcée avec l’industrie et le commerce, notamment dans le cadre des pôles de compétitivité.Identification et authentification
Le développement des transactions élec- troniques est confronté de manière crois- sante à la problématique de la gestion des identités et de l’authentification en ligne des clients. Afin de garantir la pérennité et la sécurité du système, les acteurs du marché ont bien compris l’intérêt de pouvoir s’as- surer de l’identité de leur client, favorisant l’apparition de nouveaux services.
De leur côté, les utilisateurs prennent conscience de l’importance de la protec-
tion de leurs données personnelles. Du coup, la différentiation des usages semble inéluctable : entre l’utilisation des réseaux sociaux et l’inscription aux services payants de sa municipalité, les besoins en matière de sécurité et de vie privée divergent. A cela s’ajoute la recherche d’une plus grande simplicité d’utilisation, quel que soit le ma- tériel utilisé.
Dans ce contexte, la carte bancaire se po- sitionne comme un support d’identification et d’authentification fiable et reconnu, tant par le grand public que les fournisseurs de services. Dans le cadre de transactions électroniques, la carte bancaire assure un lien de confiance avec le monde “physique”, permettant par exemple de retirer sur un automate ou à un guichet un bien comman- dé en ligne.
Mais les attentes vont se développer au- delà des pratiques actuelles. Ainsi, les porteurs classent la carte CB au deuxième rang des supports préférés d’identification pour l’accès à des hôtels ou salles d’embar- quement, derrière la future carte d’identité électronique, mais loin devant le téléphone mobile. Pas moins de 60 % des porteurs accepteraient que leur banque propose que leur carte CB puisse servir de support d’identification. Dès lors, le défi fonction-
nel, juridique et commercial est d’associer paiement et services sur un même support multiapplicatif.
Mobilité, biométrie et paiement sans contact
Concernant le paiement de proximité, le Groupement CB étudie la faisabilité d’une solution intégrant une authentification basée sur la biométrie : 63 % des porteurs (et 74 % des 35-49 ans) seraient incités à privilégier ce moyen de paiement si le code secret était remplacé par une reconnaissance biomé- trique. Reste à identifier les usages perti- nents, en prenant en compte les contraintes réglementaires et économiques.
Pour le paiement de petits montants, 34 % des porteurs seraient incités à privilégier le paiement par carte CB sans contact s’ils avaient la possibilité de payer sans frappe du code secret. De même, 23 % des por- teurs (et 40 % de la tranche 25-34 ans) sont intéressés à payer avec leur téléphone mo- bile. Pour ces deux innovations, divers pro- jets et expériences pilotes sont en cours et s’avéreront riches d’enseignements sur les perspectives d’avenir des supports de paie- ment sans contact.
(
Le co-branding est une réalité depuis octobre 2007. 21% des porteurs privilégieraient le paiement avec une carte portant le nom d’une enseigne ou d’une marque commerciale appréciée. Les cartes affinitaires séduisent encore davantage, puisque 47 % des porteurs adopteraient une carte qui participe à une cause liée à l’humanitaire ou à l’environnement.
Les cartes multiapplicatives séduisent également : 50 % des porteurs de cartes sont intéressés par la possibilité de stocker des
Une forte demande pour des cartes CB différenciées et enrichies
billets de transport ou de loisirs sur leur carte, et 44 % d’utiliser un programme de fidélité hébergé sur leur carte au moment de l’achat. Le choix entre le paiement comptant ou à crédit séduirait quant à lui 47 % des porteurs.
Enfin, plus de 30 % des porteurs aimeraient disposer d’une carte dotée d’une forme, de couleurs ou de visuels originaux et distinctifs. Ce phénomène est particulièrement accentué chez les
jeunes. ontraire, toutes les données chiffrées sont issues d’études réalisées par CB en collaboration avec la Sofres sur un échantillon réprésentatif des 18 ans et +.