pr´epa-agreg 2007-2008
Analyse de Fourier
I Questions de cours
1 Calculer la transform´ee de Fourier de l’application t7→e−t2/2.
2 Rappeler la d´efinition de l’espace de Schwartz S(R). Pourquoi cet espace est-il important?
3 Soit f :R→Cune fonction 2π-p´eriodique continue et de classe C1 par morceaux.
Montrer que la s´erie de Fourier de f converge normalement versf. 4Calculer explicitement Dn(t) = Pn
−neikt etKn(t) = n+11 Pn
0Dk(t). A quoi servent ces fonctions?
5 Enoncer les th´´ eor`emes de Fej´er.
6 Soit f :D→C une fonction holomorphe, f(z) =P∞
0 cnzn. Montrer qu’on a
∞
X
n=0
|cn|2 = sup
0≤r<1
1 2π
Z 2π
0
|f(reit)|2dt .
7 Soitf ∈L2([0; 2π]). Montrer qu’il existe une suite strictement croissante d’entiers (nk) telle queSnkf(x)→f(x) presque partout.
8 Soit f :R→C une fonction continue, int´egrable sur R, telle que R
Rx2|f(x)|ˆ dx <
∞. Montrer quef est de classeC2. Quel est le r´esultat analogue pour des fonctions p´eriodiques?
9 Soit f : R → R d´efinie par f(t) = e−t si t ≥ 0 et f(t) = −e−t2 si t < 0. La transform´ee de Fourier de f est-elle int´egrable sur R?
10 Soit f ∈ L2(R). Pour λ∈R∗, on d´efinit fλ :R→ C par fλ(t) =f(λt). Montrer que fλ ∈L2(R) et qu’on a (fdλ) = |λ|1 fˆ1/λ.
11 L’alg`ebre L1(R) poss`ede-t-elle une unit´e pour la convolution?
12 Que peut-on dire d’une fonction continue `a support compact dont la transform´ee est ´egalement `a support compact?
II Exercices
Exercice 1 (indicatrices)
1 Pour λ >0, d´eterminer la transform´ee de Fourier de la fonction 1[−λ;λ].
1
2 En utilisant1, montrer que si f ∈L1(R), alors ˆf tend vers 0 `a l’infini.
3 Calculer R+∞
−∞
sint t
2
dt .
4 Montrer que pour toutλ ∈]0;π[, on a
∞
X
n=1
sinnλ
n = π−λ 2 .
Exercice 2 (calculs)
1 D´eterminer les coefficients de Fourier des fonctions 1-p´eriodiques u et v valant respectivement |t| et t2 sur [−12;12].
2 Calculer les sommes suivantes:
S1 =
∞
X
0
1
(2k+ 1)2 ; S2 =
∞
X
1
1 n2 ; S3 =
∞
X
0
1
(2k+ 1)4 ; S4 =
∞
X
1
1 n4 .
Exercice 3 D´evelopper la fonction t7→ |cost| en s´erie de Fourier.
Exercice 4 Soit f :R→R la fonction d´efinie par f(t) = 1 1 + cos2t. 1 Montrer qu’on a c2n+1(f) = 0 pour tout n∈N, et c2n = π1 Rπ
0
cos 2nt
1+cos2tdt:= π1In. 2 Calculer I0 et ´etablir la relation de r´ecurrence In+1+In−1 =−6In.
3 Conclure qu’on a f(t) =
√ 2 2 +√
2 P∞
1 (−1)n(√
2−1)2ncos 2nt pour tout t∈R. Exercice 5 Montrer que pour touta >0, on a
+∞
X
−∞
1
n2+a2 = π
a cothπa .
Exercice 6 On rappelle que si f ∈ L1(R) alors limε→0
R
R|f(t −ε)−f(t)|dt = 0 (“continuit´e des translations”). En utilisant uniquement ce r´esultat, montrer que si f ∈L1(R), alors ˆf tend vers 0 `a l’infini.
Exercice 7 Soit f : R → C localement int´egrable et 2π-p´eriodique, et soit t0 ∈ R. On suppose qu’il existe deux nombres l+, l− ∈ C tels que Rδ
0
|f(t0+s)−l+|
s ds < ∞ et
Rδ 0
|f(t0−s)−l−|
s ds <∞ pour un certain δ >0. Montrer que la s´erie de Fourier def au point t0 converge vers l++l2 −. Donner un exemple d’application.
Exercice 8 (principe de localisation)
1a Soit f : R → C localement int´egrable et 2π-p´eriodique. On suppose que f est nulle sur un intervalle ouvert I ⊂R. Montrer que la s´erie de Fourier de f converge vers 0 en tout point de I.
1b Conclure que la convergence de la s´erie de Fourier d’une fonction f en un point t0 donn´e ne d´epend que des valeurs de f au voisinage de t0.
2Sous l’hypoth`ese de1a, montrer que la convergence est uniforme sur tout intervalle compact K ⊂I. On pourra utiliser la continuit´e des translations.
3 Enoncer et d´´ emontrer un r´esultat analogue `a 1a pour les int´egrales de Fourier.
Exercice 9 Soit g ∈ S(R).
1 Montrer qu’il existe une unique fonction f ∈ S(R) telle quef(12)+f(8)+f =g.
2 Qu’en est-il en g´en´eral pour une ´equation diff´erentielle du typePn
0 aif(i)=g?
Exercice 10 (espace de Schwartz dansRd)
On noteS(Rd) l’ensemble des fonctionsf :Rd→Cde classeC∞telles que|∂αf(x)|= o(kxk−n) quand kxk → ∞, pour tout α ∈ Nd et pour tout n ∈ N. Montrer qu’on a S(Rd) ⊂ L1(Rd) et que si f ∈ S(Rd), alors ˆf ∈ S(Rd). Montrer ensuite que la transformation de Fourier est une bijection deS(Rd) sur S(Rd).
Exercice 11 (id´eaux de L1(T))
Selon l’abus de langage habituel, on consid`ere les ´el´ementsL1(T) comme des fonctions 2π-p´eriodiques. On munit L1(T) du produit de convolution, d´efini par
f ∗g(x) = 1 2π
Z π
−π
f(x−t)g(t)dt .
Pourn ∈Z, on noteraen la fonctiont 7→eintet ˆf(n) le n-i`eme coefficient de Fourier d’une fonction f ∈L1(T).
0a Montrer queL1(T) est une alg`ebre commutative et qu’on a kf∗gk1 ≤ kfk1kgk1 pourf, g ∈L1(T).
0b Quel est l’effet de la transformation de Fourier sur le produit de convolution?
0c L’alg`ebre L1(T) poss`ede-t-elle une unit´e?
1 Soit E une partie deZ. Montrer que IE ={f ∈L1(T); ˆf(n) = 0si n∈E}est un id´eal ferm´e de L1(T).
2 Soit I un id´eal ferm´e de L1(T). On poseE ={n∈Z; ∀f ∈I : ˆf(n) = 0}.
a Montrer qu’on a I ⊂IE.
b Montrer que si n ∈ Z\E, alors en ∈ I. On pourra commencer par d´eterminer f ∗en pourf ∈L1(T) et n∈Z,.
c En utilisant le th´eor`eme de Fej´er, d´eduire de b qu’on a IE ⊂I.
3 Enoncer le th´´ eor`eme obtenu.
Exercice 12 Soit R un rectangle dans le plan, et soit (R1, . . . , RN) un “pavage” de R en rectangles. On suppose que chaque rectangle Rj a au moins un cˆot´e entier (i.e.
: dont la longueur est un entier). Montrer que R a un cˆot´e entier.
Exercice 13 (partie discr`ete d’une mesure)
Soit µune mesure bor´elienne positive finie sur le cercle T. On d´efinit ses coefficients de Fourier ˆµ(n) par
ˆ µ(n) =
Z
T
ζ−ndµ(ζ).
1a Montrer que l’ensembleA={a∈T; µ({a})>0}est d´enombrable.
1b Montrer qu’on a P
a∈Tµ({a})2 =µ⊗µ(∆), o`u ∆ ={(ζ, ξ)∈T×T; ζ =ξ}.
2 Pour (ζ, ξ)∈T×T, d´eterminer limn→∞ 2n+11 Pn
−nζ−kξk. 3 Montrer qu’on a
X
a∈T
µ({a})2 = lim
n→∞
1 2n+ 1
n
X
k=−n
|µ(k)|ˆ 2.
Exercice 14 (ondelette)
Soit Φ∈L2(R). On d´efinit (presque partout) une fonction Γ :R→Rpar Γ(ξ) =
+∞
X
−∞
|bΦ(ξ+ 2nπ)|2.
On suppose qu’il existe deux constantes a >0 et b <∞ telles que a≤Γ(ξ)≤b
pour presque toutξ ∈R.
1 Montrer qu’on d´efinit un isomorphisme J :L2(R)→L2(R) en posant J fc(ξ) =
f(ξ)ˆ p2πΓ(ξ)·
2 Pourn∈Z, on pose Φn(t) = Φ(t−n). Montrer que la famille (JΦn) est orthonor- male dans L2(R).
Exercice 15 (r´egularit´e et d´ecroissance des coefficients de Fourier)
Dans tout l’exercice, f : R → C est une fonction continue 2π-p´eriodique. On note cn(f) les coefficients de Fourier de f, et SNf la N-i`eme somme partielle de Fourier (N ∈N∗).
A1 Soit k ∈ N∗. Montrer que si f est de classe Ck, alors |cn(f)| = o(|n|−k) quand
|n| → ∞, et kSNf −fk∞ =o(N−k+1).
A2 Soit k ≥1. Montrer que si on a P+∞
−∞|n|k|cn(f)|<∞, alors f est de classe Ck. A3 Montrer que f est de classe C∞ si et seulement si cn(f) = o(|n|−k) pour tout k ∈N.
B Dans cette partie, on veut montrer l’´equivalence des propri´et´es suivantes:
(i) il existeδ >0 tel quef se prolonge en une fonction holomorphe dans la bande {|Im(z)|< δ};
(ii) Il existe ε >0 tel que cn(f) =O(e−ε|n|).
1 On suppose que (i) est v´erifi´ee.
a Montrer que f est de classe C∞ et qu’il existe une constante C <∞ telle que
∀k ∈N ∀x∈[−π;π] : |f(k)(x)|
k! ≤C 2
δ k
.
b En d´eduire qu’il existe une constante M telle que
∀n 6= 0 ∀k ∈N : |cn(f)| ≤ M k
|n|
k
. c Montrer que (ii) est v´erifi´ee.
2 Montrer que (ii) entraˆıne (i).
Exercice 16 (in´egalit´e de Wirtinger)
1 Soit f :R→C de classeC1 et 2π-p´eriodique. Montrer qu’on a Z π
−π
|f(t)|2dt− 1 2π
Z π
−π
f(t)dt
2
≤ Z π
−π
|f0(t)|2dt .
2 Montrer que si f : [a;b]→R est de classe C1 et v´erifie f(a) = 0 =f(b), alors kfkL2 ≤ b−a
π kf0kL2.
Exercice 17 Dans tout l’exercice, T >0 est fix´e.
1 Montrer que si f ∈L2([0;T]), alors Z
[0;T]2
|f(v)−f(u)|2dudv = 2T2
+∞
X
−∞
|ck(f)|2. 2 En d´eduire que si ϕ:R→C est de classe C1 et T-p´eriodique, alors
Z
[0;T]2
|ϕ0(v)−ϕ0(u)|2dudv≥ 2π
T 2Z
[0;T]2
|ϕ(v)−ϕ(u)|2dudv .
3 Soit C > 0 et soit F : R → R une fonction C-lipschitzienne. On suppose que l’´equation diff´erentielle x0 =F(x) poss`ede une solution T-p´eriodique non constante.
En utilisant2, montrer qu’on aC ≥ 2πT .
Exercice 18 (majoration par la d´eriv´ee seconde)
1 Soit g :R→C continue 2T-p´eriodique (T >0), impaire, de classe C2 sur [0;T].
a Montrer que pour toutn 6= 0, on a |cn(g00)|= πT2
n2|cn(g)|2. b En d´eduire une majoration de |f(x)| faisant intervenir RT
−T |f00(t)|2dt.
2Montrer que sif : [a;b]→Rest une fonction de classeC2 telle queg(a) = 0 =g(b), alors kgk∞≤ (b−a)3
3√
5 kg00kL2.
Exercice 19 Dans tout l’exercice, on note H l’ensemble des fonctions f : R → C continues 2π-p´eriodiques v´erifiant P+∞
−∞n4|cn(f)|2 <∞. Pourf ∈H, on pose kfk2H =|c0(f)|2+X
n6=0
n4|cn(f)|2.
1 Montrer que si f ∈ H, alors f est de classe C1 et kf0k∞ ≤CkfkH, o`u C est une constante absolue `a d´eterminer.
2 Montrer que H est un espace de Hilbert.
3Soitg ∈H et soitλ∈R∗. Montrer qu’il existe une unique fonctionf ∈Hv´erifiant f −g +λ(f0+g0) = 0, et qu’on akfkH =kgkH.
Exercice 20 (matrice de Hilbert)
1Soit ϕ:R→Rla fonction 2π-p´eriodique valantπ−t pourt∈[0; 2π[. Calculer les coefficients de Fourier deϕ.
2 On pose L2 =L2([0; 2π]) et H2 ={f ∈L2; cn(f) = 0 sin <0}.
aMontrer que l’applicationf 7→ϕf est lin´eaire continue deH2dansL2, et majorer sa norme.
b Soit f(t) = Pd
0akeikt un polynˆome trigonom´etrique appartenant `a H2. Pour j ∈ {0;. . .;d}, exprimer c−j−1(ϕf) `a l’aide desak.
3 Soit d ∈ N. On munit Rd+1 de la norme euclidienne, et Md+1(R) de la norme op´eratorielle associ´ee. Montrer que la matrice A= (k+j+11 )0≤j,k≤d v´erifie kAk ≤π.
Exercice 21 (ph´enom`ene de Gibbs)
On note f la fonction 2π-p´eriodique valant t sur [0; 2π[, et SNf sa N-i`eme somme partielle de Fourier (N ∈N∗).
1 D´eterminer limN→∞SNf(t) pour t∈[0; 2π[.
2 Soit N ∈N∗. Montrer que pour tout t∈]0; 2π[, on a SNf(t) = π+t−
Z t
0
sin(n+ 12)s sin2s ds . 3 D´eterminer limN→∞SNf(Nπ+1).
4 Conclure qu’il existe une constante c >0 telle que
∀α >0 : lim inf
N→∞ sup
t∈[0;α]
|SNf(t)−SNf(0)| ≥c .
Exercice 22 (s´eries de sinus)
1Soit (an)n≥1 une suite de nombres positifs. On suppose que la s´erieP
an sinntest la s´erie de Fourier d’une fonction f ∈L1([0; 2π]).
a Pr´eciser le lien entre les an et les coefficients de Fourier cn(f).
b Pour t ∈ [0; 2π], on pose F(t) = Rt
0 f(t)dt. Calculer les coefficients de Fourier de la fonction F.
c Montrer qu’on a P∞ 1
an
n <∞.
2 Montrer que la s´erie P
n≥2 sinnt
Logn converge en tout point t ∈ R, mais n’est pas une s´erie de Fourier.
Exercice 23 (produits de Riesz)
1 Soient a1, . . . aM ∈R, avec −1≤ak ≤1 pour tout k. On d´efinit P :R→R par P(t) =
M
Y
k=1
(1 +ak cos 3kt). a Montrer que P(t) est toujours positif et calculer R2π
0 P(t)dt.
b Pour k∈ {1;. . .;M}, calculer c3k(P).
2 Soit f : R →R continue 2π-p´eriodique. On suppose qu’on a cn(f) = 0 si n n’est pas de la forme 3k, k∈N∗.
a Soit (an)n∈Z une suite de nombres r´eels, avec |an| ≤1 pour tout n. En utilisant 1, montrer que pour tout N ∈N∗, on a
X
|n|≤N
ancn(f)
≤ kfk∞.
b Montrer que la s´erie de Fourier de f est absolument convergente.
Exercice 24 (formule sommatoire de Poisson) A Soit f ∈L1(R).
1 Montrer que pour presque tout t ∈ R, la s´erie P
n∈Zf(t+ 2πn) est absolument convergente, et que la fonction ˜f d´efinie (presque partout) par
f(t) =˜
+∞
X
−∞
f(t+ 2πn) est int´egrable sur [0; 2π].
2Montrer que la fonction ˜f est 2π-p´eriodique, et exprimer ses coefficients de Fourier
`
a l’aide de la transform´ee de Fourier de f.
3 On suppose que la fonction f est de classe C1, et qu’on a |f(t)| = O t12
et
|f0(t)|=O t12
quand |t| tend vers l’infini. Montrer qu’on peut ´ecrire
+∞
X
−∞
f(n) = 2πˆ
+∞
X
−∞
f(2πn). Cette formule s’appelle la formule sommatoire de Poisson.
B Pours >0, on poseθ(s) =
+∞
P
−∞
e−πsn2. Montrer que la fonctionθ v´erifie l’´equation fonctionnelle θ(s) = √1sθ 1s
. Exercice 25 (noyau de Poisson) A Pour r∈ [0; 1[ et θ∈R, on pose
Pr(eiθ) =
+∞
X
−∞
r|n|einθ.
Justifier la d´efinition et calculer explicitementPr(eiθ).
B Soit f :R→Ccontinue 2π-p´eriodique. Pourr ∈[0; 1[, on d´efinitfr :R→Cpar fr(t) =
+∞
X
−∞
cn(f)r|n|eint.
1 Justifier la d´efinition et exprimerfr `a l’aide def et de Pr. 2 Montrer que fr tend vers f uniform´ement quandr tend vers 1−. 3 En d´eduire que f est limite uniforme de polynˆomes trigonom´etriques.
C(probl`eme de Dirichlet)
Soit f : T→ C une fonction continue. Montrer qu’il existe une fonction u :D→ C v´erifiant les propri´et´es suivantes : u est continue sur D, harmonique dans D (i.e.
u∈ C2(D) et ∆u= 0), et u|T =f.
Exercice 26 Dans tout l’exercice, f :R→C est une fonction int´egrable.
1SoitP :R→Cun polynˆome trigonom´etrique. D´eterminer limλ→∞
R
Rf(t)P(λt)dt.
2 Montrer que si g :R→C est une fonction continue T-p´eriodique (T >0), alors
λ→∞lim Z
R
f(t)g(λt)dt= 1 T
Z
R
f(t)dt
Z T
0
g(t)dt
. 3 D´eterminer limn→∞Rb
a f(t)|sin(nt)|dt, pour tout intervalle [a;b]⊂R. Exercice 27 (non-surjectivit´e de Fourier)
Dans tout l’exercice, on note F :L1(R)→ C0(R) la transformation de Fourier.
A Montrer que F est continue, injective et `a image dense.
B Pourε >0, on note vε la fonction continue valant 1 sur [−1 +ε; 1−ε], nulle hors de [−1−ε; 1 +ε], et affine sur les intervalles [−1−ε;−1 +ε] et [1−ε; 1 +ε].
1 V´erifier qu’on a
vε= 1
2ε1[−1;1]∗1[−ε;ε],
puis d´eterminer uε :=Fvε. Montrer enfin qu’on a vε =Fuε. 2 D´eterminer kvεk∞, et montrer qu’on a lim
ε→0kuεk1 = +∞.
CMontrer que la transformation de Fourier F n’est pas surjective.
III Probl`emes
Probl` eme 1
(probl`eme de la chaleur “p´eriodique”)Si f : R → C est une fonction continue 2π-p´eriodique, le probl`eme de la chaleur associ´e `a f, not´e (P)f, consiste `a trouver une fonction u: [0; +∞[×R→Cv´erifiant les propri´et´es suivantes :
(1) Pour toutt ≥0, la fonctionx7→u(t, x) est 2π-p´eriodique;
(2) u(t, x) est de classeC2 sur ]0; +∞[×R et y v´erifie l’´equation de la chaleur
∂u
∂t = ∂2u
∂x2 ; (3) uest continue sur [0; +∞[×R;
(4) u(0, x) = f(x) pour tout x∈R.
On veut montrer ici que pour toute fonction f : R → C continue 2π-p´eriodique, le probl`eme (P)f admet une unique solution.
1 Pour α >0 et λ∈R, calculer l’int´egraleR+∞
−∞ e−αx2eiλxdx.
2 Soit α >0 et soitϕ:R→Rd´efinie par ϕ(x) =
+∞
X
−∞
e−α(x−2nπ)2 .
a Justifier la d´efinition, puis montrer queϕ est de classeC1 et 2π-p´eriodique.
b Calculer les coefficients de Fourier de ϕ.
3 Pour t >0, on d´efinit Gt:R→C par Gt(x) =
+∞
X
−∞
e−n2teinx .
a En utilisant2, montrer qu’on a ´egalement Gt(x) =
rπ t
+∞
X
−∞
e−(x−2nπ)24t .
b Montrer que la famille (Gt)t>0 v´erifie les propri´et´es suivantes : (i) Gt ≥0;
(ii) 1 2π
Z π
−π
Gt(x)dx= 1;
(iii) ∀δ >0 lim
t→0 sup
δ≤|x|≤π
Gt(x) = 0.
4 Soit f : R → C continue 2π-p´eriodique. On note (cn(f)) la suite des coefficients de Fourier de f, et on d´efinit u: [0; +∞[×R→C par u(0, x) = f(x) et
u(t, x) =
+∞
X
−∞
cn(f)e−n2teinx pourt >0.
a Justifier la d´efinition, et montrer que pourt >0, on a u(t, x) = 1
2π Z π
−π
Gt(x−y)f(y)dy= 1 2π
Z π
−π
Gt(y)f(x−y)dy . b Montrer que u est solution du probl`eme de la chaleur associ´e `a f.
5 Soit v : [0; +∞[×R→R une fonction v´erifiant (1), (2) et (3).
a Pourt ≥0, on pose
E(t) = Z 2π
0
v(t, x)2dx . Montrer que la fonction E est d´ecroissante sur [0; +∞[.
b En d´eduire que si v(0, x) = 0 pour toutx∈[0; 2π], alors v = 0.
6 Conclure.
Probl`eme 2 (s´erie de Fourier d’une fonction lipschitzienne)
Soitf :R→Cune fonction 2π-p´eriodique et lipschitzienne. On noteK la constante de Lipschitz de f, et (cn) la suite de ses coefficients de Fourier.
A1 Soit h∈R. En consid´erant la fonctionx7→f(x+h)−f(x−h), montrer qu’on
a +∞
X
−∞
|sin(nh)|2|cn|2 ≤K2h2 . A2 Soit p∈N∗. Montrer qu’on a
X
2p−1≤|n|<2p
|cn|2 ≤ K2π2 22p+2 , et en d´eduire
X
2p−1≤|n|<2p
|cn| ≤ Kπ 2p/2 .
A3 Montrer que la s´erie de Fourier def converge normalement versf.
B Dans cette partie, on veut red´emontrer le r´esultat de A3 par une autre m´ethode.
1a Montrer que si ϕ:R→Rest une fonction de classe C1 `a support compact, alors Z
R
f(x)ϕ0(x)dx=−lim
h→0
Z
R
f(x+h)−f(x)
h ϕ(x)dx . 1b En d´eduire qu’il existe une constante C telle que
∀ϕ∈ Cc1(R) Z
R
F(x)ϕ0(x)dx
≤C Z
R
|ϕ(x)|dx . 2 Montrer qu’il existe une fonction a∈L∞(R) telle que
∀ϕ∈ Cc1(R) Z
R
f(x)ϕ0(x)dx=− Z
R
a(t)ϕ(t)dt .
3 D´emontrer le r´esultat suivant : si uetv sont deux fonctions continues surR telles que R
Ruϕ0 =R
Rvϕ0 pour toute fonction ϕ∈ Cc1(R), alors u−v est constante.
4 Montrer que pour toutx∈R, on a f(x) = f(0) +
Z x
0
a(t)dt .
5 Montrer qu’on a cn(f) = in1cn(a) pour tout n6= 0, et conclure.
Probl`eme 3 (in´egalit´e de Bernstein)
Le but du probl`eme est de d´emontrer l’in´egalit´e de Bernstein : siP est un polynˆome trigonom´etrique de degr´e N, alors
||P0||∞ ≤N||P||∞ .
1a Soit f : R → R la fonction impaire 2π-p´eriodique telle que f(x) = x pour x∈[0;π/2] etf(x) =π−x pourx∈[π/2;π]. Calculer les coefficients de Fourier de f.
1b Soit a >0. Montrer que pour tout x∈[−a;a], on peut ´ecrire x= 4
π2 ia
+∞
X
−∞
(−1)k (2k−1)2 exp
iπ
2a(2k−1)x
. 2 Montrer que si P(t) = PN
−Nλjeijt est un polynˆome trigonom´etrique de degr´e N, alors
P0(t) = −4N π2
+∞
X
−∞
(−1)k (2k−1)2P
t+2k−1 2N π
.
3 Conclure.
Probl`eme 4 (s´eries lacunaires nulle part d´erivables)
Dans tout l’exercice,λ = (λn) est une suite strictement croissante de r´eels positifs, et α = (αn) est une suite de nombres complexes v´erifiant P∞
0 |αn| < +∞. On d´efinit une fonction W =Wλ,α :R→C par la formule
W(t) =
∞
X
0
αneiλnt .
A1 Montrer que W est bien d´efinie, et continue born´ee sur R.
A2 Donner une condition suffisante simple (portant surλ et α) pour queW soit de classe C1.
B Dans cette question, on suppose que la suiteλest “lacunaire”, ce qui signifie qu’il existe une constante c >1 telle que
λn+1 λn ≥c
pour tout n∈N. On veut montrer que si λnαn ne tend pas vers 0, alors la fonction W n’est d´erivable en aucun point.
1 Montrer que si W est d´erivable en un pointt0 ∈R, alors on peut ´ecrire W(t) = a+b(t−t0) + (t−t0)g(t−t0) ,
o`ua, b sont des constantes et g est une fonction continue born´ee v´erifiant g(0) = 0.
2aMontrer qu’il existe une fonctionϕint´egrable surRdont la transform´ee de Fourier est de classe C∞, `a support dans ]1/c;c[, et v´erifie ˆϕ(1) = 1.
2b Calculer R
Rϕ(t)dt et R
Rtϕ(t)dt apr`es avoir justifi´e l’existence de la deuxi`eme int´egrale.
3 Soit t0 ∈R. Pour k∈N∗, on pose Ik=
Z +∞
−∞
W(t)ϕ(λk(t0−t))dt .
a Justifier la d´efinition deIk et calculer Ik en fonction deαk, λk ett0.
b Montrer que si W est d´erivable en t0, alors Ik = o(1/λ2k) quand k tend vers l’infini.
4 Conclure.
Probl`eme 5 (Paley-Wiener)
A Soit a > 0 et soit ϕ : R → C une fonction de classe C∞ `a support dans [−a;a].
Montrer que la formule
F(z) = Z +∞
−∞
e−itzϕ(t)dt
d´efinit une fonction enti`ere, et que pour tout entier n ≥0, on a
|F(z)|=O |z|−nea|Im(z)|
quand |z| tend vers l’infini.
BSoit F une fonction enti`ere. On suppose qu’il existe un nombrea >0 tel que pour tout entier n ≥ 0, on a |F(z)| = O |z|−nea|Im(z)|
quand |z| tend vers l’infini. On veut montrer qu’il existe une fonction ϕ : R → C de classe C∞ et `a support dans [−a;a], telle que
F(z)≡ Z +∞
−∞
e−itzϕ(t)dt .
1 Quel est le seul candidat possible pour ϕ? Montrer que ce candidat est de classe C∞.
2En utilisant convenablement le th´eor`eme de Cauchy, montrer que pour tout b∈R, on a
ϕ(t)≡ 1 2π
Z +∞
−∞
eit(x+ib)F(x+ib)dx . 3 D´eduire de 2 qu’on a ϕ(t) = 0 si |t|> a.
4 Conclure.
Probl`eme 6 (divergence des s´eries de Fourier)
Dans tout le probl`eme, on note C2π l’espace des fonctions continues 2π-p´eriodiques sur R (`a valeurs complexes) muni de la norme k . k∞. Pour n ∈ N et f ∈ C2π, on note Snf lan-i`eme somme partielle de Fourier de f,
Snf(x) =
n
X
−n
ck(f)eikx . Enfin, on pose Ln(f) =Snf(0).
A1 Soit n ∈ N. Montrer que Ln est une forme lin´eaire continue sur C2π, de norme inf´erieure ou ´egale `a||Dn||1, o`u Dn est le noyau de Dirichlet :
Dn(t) = sin(n+ 12)t sin2t ·
A2 Montrer qu’on a en fait ||Ln||=||Dn||1 pour toutn ∈N. Quelle est la limite de kLnk quand n → ∞?
A3 Montrer qu’il existe une fonction f ∈ C2π dont la s´erie de Fourier diverge en 0.
B Dans cette partie, on donne un exemple explicite de fonction dont la s´erie de Fourier diverge en 0.
1 Pour u, v >0, on pose
K(u, v) = 1 π
Z π
0
sin(uθ) sin(vθ) sin(θ/2) dθ . Montrer qu’il existe des constantes a >0 et b <∞ telles que
|K(u, v)| ≤bLog(u) pour 2≤u≤v, K(u, u)≥aLog(u) pour tout u≥2.
2 On d´efinit f : [−π;π]→R par f(θ) =
∞
X
k=1
(k!)−1/2 sin
(2k!+1 2)|θ|
. a V´erifier quef est continue et f(π) =f(−π).
b Pour n∈N, exprimerS2n!f(0) `a l’aide de la fonction K.
c Montrer que la s´erie de Fourier de f diverge en 0.
Probl`eme 7 (projections)
Dans tout le probl`eme, on note C l’espace des fonctions continues 2π-p´eriodiques sur R, et C+ l’ensemble des fonctionsf ∈ C v´erifiant cn(f) = 0 pour toutn <0. Le but du probl`eme est de montrer qu’il n’existe pas de projection (lin´eaire) continue de C surC+.
A1 Montrer que C+ est un sous-espace ferm´e de C.
A2 Pour α ∈ R, on d´efinit τα : C → C par ταf(x) = f(x+α). Montrer que τα est une isom´etrie de C et que C+ est invariant par τα
B On suppose qu’il existe une projection continue P : C → C+. On d´efinit alors Q:C → C par
Qf(x) = 1 2π
Z 2π
0
(τ−θP τθf)(x)dθ . 1 Montrer que Q est lin´eaire continue.
2 Montrer que Q est une projection de C sur C+ et qu’on a ταQ = Qτα pour tout α∈R.
3 Pourn∈Z, on noteen la fonction x7→einx. Montrer qu’on a Q(en) =en si n≥0 etQ(en) = 0 si n <0.
CPour n ∈N∗, on d´efinit Gn ∈ C par Gn(x) =
n
X
j=1
sinjx j . 1 Pour r ∈ [0; 1[, calculer explicitement fr(x) := P∞
j=1rj sinjjx. En d´eduire qu’on a kfrk∞ ≤ π2.
2 Soit n ∈ N∗. En notant σnfr la n-i`eme somme de Fej´er de fr, montrer que pour tout r∈[0; 1[, on a
σnfr(x) =
n
X
j=1
1− j
n
rj sinjx j . 3 D´eduire de 1 et 2 qu’on a supn≥1kGnk∞ <∞.
4 Calculer Q(Gn) en utilisant B3 D D´emontrer le r´esultat souhait´e.
Probl`eme 8 (in´egalit´e isop´erim´etrique)
Dans ce probl`eme, Γ ⊂ C est une courbe ferm´ee simple de classe C2. On note Ω le domaine entour´e par Γ, qui est bien d´efini par le th´eor`eme de Jordan (...). On notera l(Γ) la longueur de la courbe Γ, etA(Γ) l’aire d´elimit´ee par Γ, i.e. A(Γ) =m(Ω), o`u m est la mesure de Lebesgue.
A Montrer que Γ poss`ede un param´etrage γ : [0;l(Γ)] → C de classe C2 v´erifiant
|γ0(s)|= 1 pour tout s∈[0;l(Γ)].
BSoitγun param´etrage de Γ de classeC2. En utilisant la formule de Green-Riemann, montrer qu’on a
A(Γ) = 1 2 Z
γ
xdy−ydx
En d´eduire que pour tout a∈C, on a A(Γ) = 1
2 Z
γ
(z−a)dz .
C Soit T > 0 et soit f : [0 ;T] −→ C v´erifiant f(T) = f(0) et RT
0 f(t)dt = 0.
Montrer qu’on a
Z T
0
|f(t)|2dt ≤ T2 4π2
Z T
0
|f0(t)|2dt , et caract´eriser les cas d’´egalit´e.
D Montrer qu’on a
A(Γ)≤ 1
4π l(Γ)2, avec ´egalit´e si et seulement si Γ est un cercle.
Probl`eme 9 (th´eor`eme d’´echantillonage)
Dans ce probl`eme, la transformation de Fourier est d´efinie avec la normalisation
“e−2iπxt”.
A Soit I l’intervalle [−12;12]. On pose
L[2(I) ={u∈L2(R); ˆu= 0 presque partout surR\I} 1 Montrer que L[2(I) est un sous-espace ferm´e de L2(R).
2 Montrer que si u∈L[2(I), alors “u∈ C0(R)” et kuk∞≤ kuk2. 3 On note sinc : R → R la fonction d´efinie par sincx = sinπx
πx , et pour k ∈ Z, on d´efinit ek:R→R par ek(x) = sinc (x−k).
a Montrer que sinc∈L[2(I) et donner l’expression desinc.d
b Montrer que la famille (ek)k∈Z est une base hilbertienne de L[2(I).
B Soit u ∈ L2(R). On suppose que u est `a spectre born´e, autrement dit que ˆu est nulle (presque partout) en dehors d’un intervalle [−c;c]. Montrer que u “est”
continue et qu’on peut ´ecrire u(x) =
+∞
X
−∞
u(2ck)sinπ(2cx −k) π(2cx −k) ,
o`u la s´erie converge uniform´ement sur R et en norme L2. Montrer ´egalement qu’on a
kuk22 =
+∞
X
−∞
|u(2ck)|2.
Probl`eme 10 (sous-espaces invariants de L2(R))
Pour α ∈ R, on note τα : L2 → L2(R) l’op´erateur de translation par α, d´efini par ταf(t) = f(t −α). On dit qu’un sous-espace ferm´e E ⊂ L2(R) est invariant par translation si on a τα(E)⊂ E.
A Montrer que sif ∈L2(R), alors dταf =eαfˆpour toutα ∈R, o`ueα est la fonction x7→e−iαx.
B Soit A une partie mesurable de R. Montrer que
EA ={f ∈L2; ˆf = 0 presque partout surA}
est un sous-espace ferm´e de L2 invariant par translation.
CSoitE un sous-espace ferm´e deL2 invariant par translation. On veut montrer que E est du type EA, pour un certain ensemble mesurable A⊂R.
1 On note π :L2 →Ebla projection orthogonale deL2 sur Eb:={fˆ; f ∈ E}.
a Justifier la d´efinition.
b Montrer que si f, g ∈ L2, alors hf −π(f), eαπ(g)iL2 = 0 pour tout α ∈ R. En d´eduire qu’on af π(g) = π(f)π(g), et finalement
f π(g) =gπ(f) pour toutes f, g ∈L2.
c Montrer qu’il existe une fonction mesurable ϕ:R→C telle que π(f)(t) =ϕ(t)f(t) p.p.
pour toute f ∈L2.
d Montrer qu’on a ϕ2 =ϕ, et donc que ϕest une fonction indicatrice.
2 Conclure.
Probl`eme 11 (caract`eres deL1(R))
Un caract`ere de L1(R) est une forme lin´eaire continue Φ : L1(R) → C, non nulle, telle que
∀f, g∈L1(R) : Φ(f ∗g) = Φ(f)Φ(g).
1 Montrer que si ξ∈R, alors l’application f 7→f(ξ) est un caract`ˆ ere de L1(R), que l’on note Φξ.
2 Soit Φ un caract`ere deL1(R).
a Montrer qu’il existe une fonction β ∈ L∞(R) telle que Φ(f) = R
Rβ(t)f(t)dt pour toute f ∈L1.
b Montrer que pourf, g ∈L1, on a Φ(f ∗g) =
Z
R
g(s)Φ(fs)ds ,
o`ufs(t) =f(t−s).
c En d´eduire que si f, g ∈L1, alors
Φ(f)β(s) = Φ(fs) pour presque touts ∈R.
d Montrer qu’il existe une fonction continue α : R → C telle que α =β presque partout et
α(s+s0) = α(s)α(s0) pour tous s, s0 ∈R.
e Conclure qu’il existe ξ ∈R tel que Φ = Φξ. Probl`eme 12 (principe d’incertitude)
Dans ce probl`eme, la transformation de Fourier est d´efinie avec la normalisation
“e−2iπxt”. On noteS(R) l’espace de Schwartz.
1 On d´efinit trois applications lin´eaires A, B, C :S(R)→ S(R) par Au =iu0 , Bu(t) =tu(t) , Cu=u .
Montrer qu’on a AB−BA = iC, et que A, B, C sont “autoadjoints” relativement au produit scalaire usuel de L2(R). En d´eduire que si u∈ S(R), alors
hCu, uiL2 = 2ImhBu, AuiL2. 2 Montrer que si u∈ S(R), alors
(1) ktuk2kxˆuk2 ≥ 1
4π kuk22.
3 Soit u∈L2(R), avec kuk2 = 1. Soient ´egalement X et Y deux variables al´eatoires centr´ees de lois respectives|u(t)|2dt et |ˆu(x)|2dx. Montrer qu’on a
V(X)V(Y)≥ 1 16π2 .
4 Pour quelles fonctions ua-t-on ´egalit´e dans l’in´egalit´e (1)?
Probl`eme 13 (Hermite)
A Soit w:R→R la fonction t7→e−t2. On pose L2(w) =
f :R→C; Z
R
|f(t)|2w(t)dt <∞
.
1 Montrer que L2(w) est un espace de Hilbert pour la norme d´efinie par le produit scalaire
hf, gi= Z
R
f(t)g(t)w(t)dt .
Montrer ´egalement que L2(w) contient toutes les fonctions polynomiales.
2a Montrer que sif ∈L2(w), alors la formule F(z) =
Z
R
eitzf(t)w(t)dt
d´efinit une fonction enti`ere, et donner une formule pour F(n)(0), n∈N. 2b En d´eduire que les polynˆomes sont denses dans L2(w).
B On garde les notations de A.
1 Montrer que pour toutn ∈N, on peut ´ecrire
w(n)(t) = (−1)nHn(t)w(t),
o`uHnest un polynˆome de degr´e net de coefficient dominant 2n. Les polynˆomes Hn sont les polynˆomes d’Hermite.
2a Montrer que la suite (Hn) est orthogonale dans L2(w), et calculerkHnkL2(w). 2b Montrer que la suite (π−1/42−n/2(n!)−1/2Hn) est une base hilbertienne de L2(w).
3 En d´erivant (n+ 1) fois la relation w0 = −2tw, montrer que pour tout n ∈ N, le polynˆome Hn est solution de l’´equation diff´erentielle
Hn00−2tHn0 + 2nHn= 0.
4 En d´eveloppant e−(t+z)2 en s´erie enti`ere, montrer que pour t∈R etz ∈C, on a G(t, z) :=
∞
X
n=0
Hn(t)zn
n! =e2zt−z2.
CLes notations sont celles de B. On d´efinit les fonctions d’Hermite hn par hn(t) = π−1/42−n/2(n!)−1/2Hn(t)e−t2/2.
1Montrer que (hn) est une base hilbertienne de L2(R).
2a Montrer que pourx∈R etz ∈C, on a Z
R
eitxG(t, z)e−t2/2dt =√
2πe−x2/2G(x, iz). 2b En d´eduire que pour tout n ∈N, on a
bhn=√
2π inhn.
Ainsi, (hn) est une base hilbertienne de L2(R) constitu´ee de vecteurs propres pour la transformation de Fourier.
3 On d´efinit un op´erateurH :C∞(R)→ C∞(R) par Hu(t) = −u00(t) +t2u(t).
Montrer que pour toutn ∈N, la fonctionhn est un vecteur propre de l’op´erateurH, associ´e `a la valeur propre 2n+ 1.
D1Montrer que si u∈ S(R), alors Z
R
t2|u(t)|2dt+ 1 2π
Z
R
x2|ˆu(x)|2dx=hHu, uiL2.
D2En d´eduire que pour toute fonction u∈ S(R), on a ktuk2L2 +2π1 kxˆuk2L2 ≥ kuk2L2. D3En consid´erantu(λt) pourλ >0, conclure que pour toute fonction u∈ S(R), on a
ktuk2kxˆuk2 ≥ rπ
2kuk22. Probl`eme 14 (th´eor`eme de Wiener)
Le but du probl`eme est d’´etablir le r´esultat suivant : si f :R→ C est une fonction continue 2π-p´eriodique dont la s´erie de Fourier est absolument convergente, et sif ne s’annule jamais, alors la s´erie de Fourier de f1 est elle aussi absolument convergente.
A On note W l’ensemble des fonction 2π-p´eriodiques f : R → C dont la s´erie de Fourier est absolument convergente. Pourf ∈W, on pose
kfkW =
+∞
X
−∞
|cn(f)|.
1 Montrer que W est une sous-alg`ebre deC2π, et que pour f, g ∈W, on a kf gkW ≤ kfkW kgkW.
2 Montrer que (W,k.kW) est un espace de Banach.
3 Montrer qu’on a C2π1 ⊂W et que si g ∈ C2π1 , alors kgkW ≤ kgk∞+ 2kg0k∞. 4 Montrer que C2π1 est dense dansW.
B Montrer que sig ∈ C2π1 v´erifie |g(t)| ≥σ >0 pour toutt∈R, alorsg−n ∈W pour tout n ∈N∗, avec
kg−nkW ≤cgn σ−n, o`ucg est une constante d´ependant uniquement de g.
CSoit f ∈W ne s’annulant pas.
1 Justifier l’existence deσ > 0 tel que|f(t)| ≥2σ pour tout t∈R.
2 En utilisantB, montrer que si g ∈ C2π1 v´erifie kg−fkW ≤ σ2, alors la s´erie X
n≥0
(g−f)ng−n−1 converge dans W.
D Conclure.
Probl`eme 15 (th´eor`eme de Jackson) Pour n∈N∗, on d´efinit Jn:R→R par
Jn(t) =cn
sin (n+12 t) sin2t
4 , o`ucn est choisi de sorte de Rπ
−πJn(t)dt= 1.
A1 Montrer que Jn est un polynˆome trigonom´etrique de degr´e 2n.
A2 Montrer qu’on a Z π
−π
|t|Jn(t)dt =O 1
n
.
B A toute fonction continue 2π-p´eriodique f :R →C on associe des fonctions Tnf par
Tnf(x) = Z π
−π
f(x−t)Tn(t)dt .
1 Montrer que Tnf est un polynˆome trigonom´etrique de degr´e 2n.
2 Montrer que sif est lipschitzienne, alors Tnf converge uniform´ement vers f, avec kTnf −fk∞ =O
1 n
.
3Montrer plus g´en´eralement que sif est continue, alorsTnf converge uniform´ement vers f avec
kTnf −fk∞≤C ωf 2π
n
,
o`uC est une constante absolue et ωf est le module de continuit´e (uniforme) def : ωf(δ) = sup{|f(u)−f(v)|; |u−v|< δ}.
On pourra commencer par v´erifier que pouru, v ∈[−π;π] et n ∈N∗, on a
|f(v)−f(u)| ≤ 1 + n
2π|v−u|
ωf 2π
n
.
Probl`eme 16 (suites ´equir´eparties)
On dit qu’une suite (un)n≥1d’´el´ements de [0; 1] est´equir´epartie si pour tout intervalle [a;b]⊂[0; 1], on a
n→∞lim 1 n card
n
i∈ {1;. . .;n}; ui ∈[a;b]
o
=b−a .
A Soit (un)n≥1 une suite dans [0; 1]. On noteE l’ensemble des fonctions mesurables born´eesf : [0; 1]→R v´erifiant
n→∞lim 1 n
n
X
k=1
f(uk) = Z b
a
f(t)dt.
Soit maintenant f : [0; 1] → R une fonction mesurable born´ee. Montrer que dans chacun des cas suivants, on peut conclure que f ∈ E.
a f est limite uniforme d’une suite d’´el´ements de E.
b f est limite simple d’une suite croissante (fp) ⊂ E et d’une suite d´ecroissante (gp)⊂ E.
BMontrer que pour une suite (un)⊂[0; 1], les propri´et´es suivantes sont ´equivalentes.
(i) (un) est ´equir´epartie.
(ii) Pour toute fonction continue f : [0; 1]→R, on a
n→∞lim 1 n
n
X
k=1
f(uk) = Z b
a
f(t)dt . (iii) Pour tout entier m∈Z\ {0}, on a
n→∞lim 1 n
n
X
k=1
e2iπmuk = 0.
C Soit θ ∈[0; 1]. Montrer que la suite ({nθ})n≥1 est ´equir´epartie si et seulement si θ 6∈Q.