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LA FEDERATION HORLOGERE SUISSE

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crC&2~4

Dix-huitième Année. — N° 11 P r i x d u n u m é r o : 10 centimes

- • • - - • -

P A

Dimanche 8 Février 1903.

Bureaux: R u e de l a S e r r e , 58

MIEDEMTMHOBLOGEEE

S U I S S E

ABONNEMENTS

Un an Six mois:

Suisse . . . . Fr.6»— Fr. S u - Union postale » 12»— » 6»—>

On s'ahoune a tous les bureaux de poste. Paraissant 1s Jeudi et le Dilantin à la Chaii-äe-Foiiäi

ANN0N6ES

suisses 20 ct., étrangères 25 et. la ligne Offres et demandes de place

10 centimes la ligne.

Les auuouces se paient d'avance.

Organe de la Chambre suisse de l'Horlogerie, des Chambres de commerce, des Bureaux de contrôle et des Syndicats professionnels.

Les Consulats suisses à l'étranger reçoivent le j o u r n a l .

Bureau des Annonces: HAASENSTEIN & VOGLER, 32, rue Leopold Robert, CHAUX-DE-FONDS et succursales en Suisse et à l'étranger.

Appel à rémigration

Nous avons sous les yeux une circulaire d'un agent de Bàle, adressée à quelques maisons d'horlogerie suisses pour les en- gager à Iransporter lout ou partie de leur fabrication à une quinzaine de kilomètres de Bàle, sur territoire allemand.

L'agent bàlois motive ses oifres comme suit :

« P a r suite du nouveau tarif douanier de

«l'Empire allemand, les fabricants suisses

« d e l'industrie liorlogère qui travaillent

«avec l'Allemagne seront forcés de dislo-

« q u e r partiellement leur fabrication sur

« territoire allemand pour se mettre en état

« d e faire concurrence ou de garder leur

«prépondérance. Les contrées limitrophes

« d e Bàle sonl préférées par les fabricants

«suisses pour établir leurs succursales.»

L'auteur de la circulaire, qui s'offre na- turellement de donner toutes sortes de renseignements, marche un peu vite en besogne, car il base son raisonnement sur le nouveau tarif allemand, qui n'a pas en- core été mis en discussion entre l'Alle- magne et les pays avec lesquels elle en- tamera des négociations pour le renouvel- lement de ses traités de commerce.

En ce qui nous concerne particulière- ment, l'Allemagne n'a pas encore dénoncé le traité qui nous lie à elle, et qui demeu- rera en vigueur une année à partir de la dénonciation par l'un ou l'autre des deux pays.

Quand le traité sera dénoncé, les négo- ciations seront entamées et les droits des nouveaux tarifs allemand et suisse, passés au crible de la discussion.

Il est donc prématuré de prendre n'im- porte quelle résolution basée sur les taux de droits du nouveau tarif allemand, atten- du qu'on a de bonnes raisons d'espérer qu'ils ne seront pas maintenus dans le traité de commerce à conclure.

Nos fabricants feront bien d'y regarder à deux fois avant de décider comme le leur insinue l'agent bàlois, la dislocation par- tielle de leur fabrication.

Résumé de la conférence, donnée à Chêne par M. Jules Philippe,

président de la Commission de propa- gande contre le t a r i f douanier pour la rive gauche, publié sous les auspices de la Ligue genevoise contre le renché- rissement de la vie.

I

Les traités de commerce de 1892 avec l'Alle- magne, l'Autriche et l'Italie, arrivant à terme et pouvant être dénoncés à*bréve -échéauce, -le Conseil fédéral, en prévision de nouveaux traités à discuter et à signer, a pris ses mesures pour élaborer un nouveau tarif douanier.

Le Conseil fédéral, déjà très protectionniste dans ses propositions, a été surpassé par les Chambres, qui ont renchéri, voulant être plus royalistes que le roi. Le nouveau tarif se trouve majoré à tel point, qu'il en devient prohibitif, ce qui inquiète peu nos gouvernants, pourvu que le but soit atteint et ce but, c'est la «Recette», chose incompréhensible de la part d'un gouver- nement démocratique qui doit avant tout se préoccuper de l'intérêt bien entendu de la popu- lation. Or, tel n'est pas le cas.

Par l'élaboration d'un tarif exagéré, nos gou- vernants ont enfreint notre propre Constitution fédérale, qui dit à l'article 29 que les objets de première nécessité ne seront imposés que légère- ment de façon à ne pas rendre la vie difficile et à ne pas causer le renchérissement de la vie. En outre, c'est une faute au point de vue d'une saine économie politique, car un impôt quel qu'il soit doit être juste et équitable avant tout; or, en imposant les objets nécessaires à la vie on im- pose le petit comme le grand, le pauvre comme le riche, ce qui ne doit pas être, l'impôt en géné- ral devant être applique au capital, au revenu, en un mot à la fortune et non au travail et à la main-d'œuvre.

La Suisse, par sa position tant géographique qu'ethnographique, doit être plutôt libre échan- giste que protectionniste; car, si l'on consulte les tableaux d'importation et d'exportation de notre pays, on trouve des chiffres d'une conclu- sion absolument indiscutable.

.Notre importation en 1901 a été de 30°/o de produits manufacturés contre 70% d'articles non fabriqués, ou insuffisamment, par l'industrie nationale, il résulte donc de ces chiffres que le 70% de notre importation est consacré à être transformé par le travail national, en objets di- vers, propres à la consommation ou à l'expor- tation.

Or, augmenter le prix de revient de celte im- portation n'est-ce pas augmenter le prix de re- vient des produits manufacturés chez nous et par conséquent en rendre la consommation difficile et l'exportation impossible?

Cela est tellement vrai que si on consulte les chiffres de notre exportation on trouve que 77%

sont des produits manufacturés; 12% des pro- duits agricoles et 4 1 % des matières premières.

Augmentant donc les produits nécessaires à ma- nufacturer les 77°/'» de notre exportation, qui sortent des mains du travail indigène, c'est faire œuvre malsaine, c'est rendre la vie difficile aux fabricants aussi bien qu'aux ouvriers.

On a dit et on répète que l'augmentation des droits d'entrée protégera l'industrie nationale ! Grave erreur. L'on peut citer évidemment quel- ques industries que des droits protecteurs ren- dront florissantes et prospères et ce sont celles-là qui réclament à grands cris des tarifs élevés afin d'être dans une situation privilégiée. Mais doit- on en bonne justice protéger quelques-uns con- tre tous? Que devient en ce cas la devise «un pour tous, tous pour un » !

Dans les 836 millions de notre exportation, il y en a 610 provenant de la grande industrie et 226 de la petite. Faut-il risquer, par une aug- mentation des matières premières, parle renché- rissement de la vie et par l'augmentation forcée des salaires, de compromettre la situation d'une partie de la petite industrie, et forcer la grande à émigrer dans d'autres pays, afin d'acquérir une extension que notre situation géographique ne peut leur accorder ?

En fait de protection, l'étude des postes de ce tarif fiscal au premier clief. malgré les déclara- tions du message du Conseil fédéral qui dit: au- cun motif fiscal ne nous a guidé pour la fixa- tion des droits, nous ne recherchons pas une augmentation des recettes douanières, etc.

L'étude des postes, disons-nous, serait amu- sante si le sujet n'était pas hélas trop sérieux et n'élevait pas un point noir à l'horizon.

On peut se demander, en effet, puisqu'aucun motif fiscal n'a guidé l'élaboration de ce tarif, si c'est pour protéger l'industrie et la production du pays qu'on a taxé à des taux prohibitifs les oranges, les citrons, les amandes, les figues, les dattes, les conserves de poissons et autres pro- duits nécessaires à l'existence et qui n'existent pas dans notre libre Helvétie.

La ligue des paysans, qui demande avec achar- nement une augmentation des droits pour proté- ger les produits du sol, s'est-elle rendu compte qu'en fait, si la vente de ces produits devenait plus rémunératrice, la situation générale ne s'aggraverail-elle pas?

Si d'un côté les bœufs, veaux, porcs et mou- lons se vendent plus cher; de l'autre, ne faudra- t-il pas payer beaucoup plus cher aussi la même viande nécessaire à l'alimentation journalière et nous nous demandons si tel paysan, tel fermier, qui' pense bénéficier par l'augmentation des droits d'entrée sur la vente de quelques pièces de bétail, n'aura pas à débourser le double ou le triple pour l'achat de la viande nécessaire pour sa famille et ses ouvriers ?

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ii- • i i i i r i i H

7 2 LA FEDERATION HORLOGERE SUISSE

Le tableau suivant des entrées en Suisse en dit long à ce sujet :

Entrée en Suisse, 47,000 bœufs vivants, 40,000 bœufs abattus, 60,000 veaux, 79,000 porcs, 75,000 moutons.

Genève à lui seul : 5,500 bœufs vivants, 1,500 abattus, 22,000 veaux, 25,000 moutons, 14,000 porcs.

Or, avec les nouveaux tarifs, Genève seul su- birait une augmentation de 450,000 francs sur sa consommation de viande.

Et si nous ajoutons à ces nouveaux droits douaniers la plus-value forcée qu'ils donneront aux marchandises, par le fait de l'augmentation du prix, augmentation non en rapport avec les droits, mais augmentation d'occasion, en ce sens que les intermédiaires profiteront des circons- tances pour faire servir les frais fiscaux à une augmentation factice, en leur faveur, en établis- sant les prix nouveaux. Ainsi, supposons que les 11 francs d'augmentation que nos gouvernants veulent imposer à la viande de boucherie, soit 11 centimes par lcilog., soient admis, les bou- chers augmenteront-ils leur viande de 11 cen- times? Evidemment non ; ils l'augmenteront de 15 et probablement de 20 centimes, et il en sera pour toutes les denrées, alimentaires surtout, la même chose.

Nous ne croyons pas être trop pessimiste en chiffrant à une centaine de millions le renchéris- sement de la vie produit par cette malencontreuse aggravation des droits de douane.

Si, au lieu de peser d'un poids considérable sur les produits nécessaires à la vie, on avait majoré les droits sur les objets de luxe, de façon à faire payer à la fortune les millions exigés, car c'est là le vrai motif de toute celte comédie, pour les expériences militaires et le militarisme à outrance que l'on affiche en haut lieu, l'on pourrait à la rigueur reconnaître qu'en fait, l'Etal prenant où il y a, le mal est moins grand.

Mais, tel n'est pas le cas ; prenons un exemple quelconque : la chaussure commune qui est de première nécessité est tarifée à 100 francs! Donc une paire de sabots pesanl environ un kilo paiera un franc de droit d'entrée; par contre, la chaussure fine paiera 150 francs. Or, une paire de chaussure Pinet pesant environ 500 grammes et valant de 30 à 40 francs paiera 75 centimes ! Je sais que l'on me répondra que les sabots peu- vent se fabriquer en Suisse.

Oui, mais faut-il parce qu'il y a 100 à 150 sa- botiers quelque part en Suisse tous les malheu- reux paient leurs chaussures des prix fous ou aillent pieds nus? Est-ce pour le même motif qu'il faudrait rendre la vie si chère que les ou- vriers, les petits employés, en un mot les gagne- petit ne puissent plus subvenir à leur entretien et à celui de leur famille?

On a beaucoup parlé de protection de l'agri- culture.

Nous sommes loin de penser que l'agriculteur est une quantité négligeable, mais dans une question d'intérêt général, comme la question qui nous occupe, il faut envisager toutes les faces du problème. Admettons un instant que le peu- ple accepte le tarif tel qu'il est proposé. LR Suisse aura à ce moment-là à traiter avec les autres pays pour établir les traités de commerce.

Le marchandage se fera inévitablement sur les gros, produits, la France et l'Italie demanderont des tarifs spéciaux pour les vins, l'Autriche et aussi l'Italie exigeront des faveurs pour le bétail, l'Allemagne viendra avec ses exigences, et fina- lement les droits des gros produits seront abais- sés, les agriculteurs verront une centaine de po- sitions, qui soi-disant doivent les protéger, ra- menées ou à peu prés aux droits actuels ; par contre, ils auront à subir l'aggravation sur le reste, soit sur environ neuf cents positions re- vues et bien augmentées.

Maintenant à côté des agriculteurs, des vigne- rons, des petits industriels, vivant de la consom- mation locale, qui pensent à tort que la vie doit être chère pour que leur bonheur soit assuré, n'y a-l-il pas une industrie très florissante et qui n'est certes pas à négliger nous voulons parler de l'industrie des hôtels?

Si vous rendez la vie onéreuse aux 400,000 voyageurs visitant annuellement la Suisse et qui y laissent cent millions en frais de transport et autres, dont quarante millions pour leur alimen- tation et neuf millions de boissons. Si vous leur rendez la vie trop chère, disons-nous, n'iront-ils pas malgré les beautés que la nature nous a prodiguées, chercher des pays moins avides où la vie sera moins coûteuse, et où on n'aura pas à craindre toutes les difficultés que crée forcé-

ment un régime douanier draconien ! D'autant plus, chacun le sait, que les douaniers ne sont pas, de par leurs fonctions mêmes, remarquables pour leur aménité.

Si nous regardons un peu attentivement le mouvement commercial et industriel mondial, nous sommes forcés de constater, que les Etats européens ont une fausse politique en cherchant à se créer entre eux des difficultés douanières.

Ils devraient s'unir pour lutter contre la con- currence américaine qui se manifeste non seule- ment pour les produits industriels de toute espèce, mais aussi pour les produits agricoles. Or, si l'on peut, à la rigueur, admettre qu'un grand pays, ayant à son actif de fortes ressources de produc- tions industrielles et agricoles, pratique la maxime du chacun chez soi, est-ce le cas pour un pays comme le nôtre, qui est tributaire de l'étranger pour les trois quarts de sa consommation ?

(A suivre.)

La conséquence des grèves

Dans un de nos derniers articles, dit Y Emancipation, nous avons voulu attirer l'attention de nos lecteurs sur les grèves si fréquentes de nos jours et faire observer que bien souvent ces grèves, dont les ou- vriers font les frais, servent de tremplin aux politiciens.

Nous déclarions que cet état de choses contribuait à la fuite des capitaux à l'é- tranger.

Nous faisions observer qu'autant nous blâmions ces grèves politiques, autant nous étions partisans des grèves basées sur des revendications légitimes. Celles-ci peuvent aboutir à des résultats pratiques et conduire à un meilleur régime commercial et indus- triel; les autres ne peuvent conduire qu'à la ruine du pays.

P o u r tout esprit sensé, aucun progrès social n'est possible dans un pays ruiné.

Un journal; Le Travailleur fougerais, critique notre article en disant que ceux qui placent leur argent à l'étranger vont chercher de gros intérêts et perdent leurs capitaux: il les traite de «gogos». Nous sommes de son avis. Nous ferons remar- quer que nous n'avons jamais fait allusion aux capitaux des spéculateurs, mais à ceux des gens p r u d e n t s qui veulent mettre ce qu'ils possèdent à l'abri de toute catastrophe;

ceux-ci se contentant de petits intérêts.

Parmi ces gens prudents, se trouvent beaucoup d'administrateurs de caisses de prévoyance et de bienfaisance et nous ré- pétons encore une fois que nous déplorons ce manque de confiance mais le constatons.

L'auteur de l'article du Travailleur Fou- gerais parait être partisan d'un boulever- sement général ; il compte que dans ce cas les soldats jetteront leurs armes à terre.

C'est une illusion qu'ont eue les socia- listes belges quand ils ont réclamé le suf- frage universel — ils croyaient que les mi- lices (ce sont de simples gardes nationaux) prendraient leur parti et ne feraient pas usage de leurs armes, ils ont été cruelle- ment déçus. Nous conseillons donc à M.

Philippe, rédacteur au Travailleur Fouge- rais, de ne pas compter, à plus forte rai- son, sur l'indiscipline d'une armée active.

Nous sommes d'accord avec lui, sur la né- cessité de réformer la société, mais nous différons complètement d'avis sur les mo- yens à employer pour y arriver.

Il est pour les moyens révolutionnaires, nous sommes pour les moyens pacifiques.

Nous croyons, et nous l'avons dit bien souvent, qu'il faut une longue préparation éducative pour former des hommes ca- pables de faire vivre et prospérer l'état so-1

cial nouveau que désirent tous les bons citoyens.

Nous préconisons dans ce but la coopé- ration qui donne en même temps l'éduca- tion sociale et l'instruction des affaires.

Avec des hommes égoïstes, envieux, vaniteux, tels qu'ils sont aujourd'hui, on ne formera jamais une société meilleure

— il nous faut des hommes désintéressés, dévoués, toujours prêts à s'oublier eux- mêmes pour le bien général.

Ces hommes-là sont-ils n o m b r e u x ? alors vive la Sociale ! Mais, hélas ! ils sont trop rares encore !

Quant à l'idée que l'internationalisme révolutionnaire est proche, c'est encore une illusion que ne peuvent avoir que ceux qui n'ont jamais fréquenté les ou- vriers étrangers. La plupart de ceux-ci comptent arriver à leur émancipation so- ciale par une lente évolution et en unissant leurs forces.

Nous croyons qu'ils sont dans le vrai et qu'ils arriveront plus vite au b u t que ceux qui veulent tout bouleverser et qui crient, en restant sur place : bouleversons, boule- versons ! C'est l'éternelle histoire du lièvre et de la tortue.

La journée de travail et la productivité M. Astier, rapporteur du budget du Mi- nistère français du commerce p o u r 1903, cite les résultats d'une expérience qui a été faite pendant les mois de mars et avril 1902, dans une filature de schappe occu- pant 550 ouvriers, afin de se rendre compte de l'influence exercée par la réduction de la durée du travail journalier.

Les chiffres suivants donnent la produc- tion journalière de 100 ouvriers d'effectif, la journée de travail ayant été de 11 heures en mars et de 10 '/2 en avril :

Production journalière moyenne 1" semaine 2" semaine 3'semaine i semaine Moyennes Peignage k« k« kn k« kg

Mars 56 53 53 56 54 Avril 54 52 53 56 54 Filature

Mars 82 7S 74 82 79 Avril 81 78 78 78 79 Retordage

Mars 80 83 67 71 75 Avril 75 83 74 69 76 Purgeage

Mars 74 92 75 73 78 Avril 74 76 79 77 76 Dévidage

Mars 66 74 66 68 69 Avril 61 76 72 70 70 Ce tableau démontre q u e la réduction d'une demi-heure dans la durée de la jour- née de travail a été à peine sensible. Il eût été, écrit le Bulletin des Soies, d'autant plus intéressant de faire des expériences semblables daris un grand n o m b r e d'indus- tries que, comme on le sait, cette réduc- tion de la journée du travail n'est q u ' u n e première étape, qui en France doit être prochainement suivie d'une seconde qui abaissera cette journée à 10 heures à partir du 1e r avril 1904.

Les droits de douane au Nicaragua Un décret du Président de la République de Nicaragua, en date du 12 novembre 1902, con- tient les dispositions suivantes :

Article premier. — A partir de la publication du dit décret, le montant des droits d'importation sera acquitté avec une surtaxe équivalente à la dépréciation du Billet du Trésor, d'après les taux, de la cote de l'or dans la République.

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LA FEDERATION HORLOGERE SUISSE

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Art. 2. — Le ministère des Finances prendra les mesures nécessaires pour se procurer les dernières cotesMu marché, qu'elles augmentent ou diminuent le change, et portera à la connais- sance des bureaux de perception les taux cou- rants indiquant le rapport proportionnel vis-à-vis du billet, de manière à l'exiger comme juste sur- taxe pour l'acquittement des droits.

Art. 3. — Toute personne qui voudra acquitter en or le montant des droits, sera exempte de la surtaxe visée à l'article 1er et bénéficiera, en outre, d'une prime de 5°/» à chaque paiement.

AH, 4. — Les droits dus pour les marchandi- ses importées devront être acquittés immédiate- ment après la liquidation. Les chefs des douanes n'autoriseront le retrait des marchandises, sous leur stricte responsabilité, qu'après le paiement des valeurs correspondantes. Les commerçants pourront, s'ils le préfèrent, payer les droits à la Trésorerie générale de Bluefields ; dans ce cas.

les employés donneront avis au chef de la douane respective de ce versement, pour les effets du présent article.

Nouvelles diverses

M o n t r e s d e t i r . — La fourniture des mon- tres pour le tir fédéral allemand, qui aura lieu au mois de juillet de celte année, à Hanovre, a été adjugée à la maison de gros D. A. Dankwirth.

Les montres argent pour hommes portent la marque J. W. G. et sortent de la fabrique J. Rauschenbach à Schaffhouse; les montres or pour dames sont fabriquées à la Ghaux-de-Fonds par la maison H. Ingold-Schiipfer.

La Foire d e Leipzig. — La foire prélimi- naire des dépôts et collections d'échantillons a été fixée du 2 au 14 mars de celte année.

L'Association des horlogers allemands.

"La réunion générale de cette association aura

;lieu cette année du 13 au 16 juin, à Glashütte.

Le comité central a choisi cette localité comme

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lieu de réunion à causer du 25"'e anniversaire de l'Ecole d'horlogerie de'cette localité, qui Sera fêté le lr r mai et qui est l'œuvre de celle asso- ciation.

Les r é c e n t s p e r f e c t i o n n e m e n t s du télé- p h o n e . — Dernièrement l'ingénieur Zopke donna une séance expérimentale devant une réunion de commerçants et, industriels, au ccKai- serhof», à Berlin. Il expérimenta la dernière création dans ce domaine,Te microphone « Sten- tor», qui laissait entendre,dans la salle avec une remarquable netteté, les sifflets, le chanl et un solo de cornet a piston dans une fabrique éloi- gnée, qui était reliée à l'appareil. L'antipode de de cet appareil, reposant sur les mêmes princi- pes, dénommé « L'Epieur » est très indiscret.

Avec cet appareil les murs ont réellement des oreilles, comme on dit proverbialement, là où cet espion est adapté. M. Zopke disait à voix basse quelques chiffres et de suite l'appareil ré- péta assez fortement ces chiffres pour qu'ils soient entendus dans toute-la salle. D'après l'ex- périmentateur, ces appareils sont déjà adaptés dans les murs des prisons, des comptoirs et dans des cabinets secrets.

La m o n n a i e d'or. — Les caissiers et le per- sonnel des trains des chemins de fer fédéraux sont autorisés à accepter;' les pièces d'or sui- vantes, bien qu'elles n'aient pas cours légal en Suisse : Autriche-Hongrie, 8 et 4 florins ; Bulga- rie, 20 et 10 leï : Espagne, 20 et 10 piécettes ; Monaco, 20 et 10 fr. ; Roumanie, 20 et 10 leï ; Serbie, 20 et 10 dinars ; Tunisie, 20 et 10 fr.

Colportage et concurrence déloyale. — Le comité central de la Société suisse des voya- geurs de commerce avait adressé au Conseil fé- déral, en octobre 1900, une pétition revêtue de 50,000 signatures, demandant l'élaboration d'une loi fédérale sur le colportage et d'une loi fédérale sur la concurrence déloyale.

Le Conseil fédéral a décidé de ne donner au- cune suite à la pétition en ce qui concerne le colportage, attendu qu'une loi sur la matière n'est pas unanimement désirée dans les cercles intéressés. En revanche, le Conseil fédéral n'a pas encore pris de décision au sujet-de la loi sur la concurrence déloyale.

Pléthore de monnaie allemande à Schaffhouse. — On se plaint de nouveau d'une grande abondance de monnaie allemande dans ce canton. La différence de cours occasionne des difficultés et des ennuis. Quelques sociétés ont décidé de prendre des mesures pour remédier à la silnation.

La F a m i n e en S u è d e . — Une dépèche de Christiania annonce que la famine continue tou- jours en Suéde, et que la misère est intense.

Il paraîtrait que les pêcheurs se plaignent amè- rement des agissements de nombreux bateaux de pèche russes qui vienne chercher le poisson sur les côtés de la Suède.

La question a été soumise au Parlement, et on annonce que des navires de guerres vont être envoyés dans ces parages.

Législation o u v r i è r e . — Le centre et les nationaux-libéraux proposent au Reichstag, à l'occasion du budget de l'intérieur, de fixer par les règlements industriels que les jeunes gens de 14 à 18 ans ne pourront être occupés dans les fabriques plus de 9 heures par jour, et que la journée de travail pour les ouvriers âgés de plus de 18 ans ne devra pas dépasser 10 heures, et le samedi et veilles de fêtes 9 heures.

Cote d e l ' a r g e n t

du y Février igo3

Argent fin en grenailles . . fr. 85,— le kilo.

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