Séminaire Henri Cartan
A DRIEN D OUADY
Applications de la suite spectrale des espaces fibrés
Séminaire Henri Cartan, tome 11, no1 (1958-1959), exp. no3, p. 1-11
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3-01
APPLICATIONS DE LA SUITE SPECTRALE DES ESPACES FIBRES par Adrien DOUADY
Séninaire .
H.E. N.
S., 1958/59
-:-:-:-
15 décembre 1958
NOTATIONS. - Dans tout
exposé,
A est un anneauprincipal.
P : X ~ B estun espace
fibré
au sens de SERRE tel que lesystème
locald’homologie
dE fibreF à coefficients dans Il
soit constant,
de sortequ’on
pourraappliquer
laformule des coefficients universels :
’
E étant
un espace~ onécrira H (E )
ouH (E)
au lieu deH(E , A)
ouH P (E , A) ,
Le
premier problème qu’on peut
chercher àrésoudre
est de calculerH(X)
connais-sant
H(B)
etH(F)
par1’intermédiaire
de songradué associé
Il est malheureusement
très
difficile dans le casgénéral
dedéterminer
les Onpeut cependant
tirer de leur existence et de leurspropriétés
certainesinformations
et,
dans certainscas,
lesdéterminer.
On pourra aussi chercher à calculer
H(F)
connaissantH(X)
etH(B) ~
ouH(B)
connaissantH(F)
etH(X) .
C’est notamment le caslorsqu’on
recherchel’homologie
del’espace
des lacets d’un espace Bsimplement connexe,
fibre del’espace
contractile X des cheminsd’origine b ,
oulorsqu’on
recherchel’homologie
del’espace
classifiant d’un groupetopologique
connexe, base d’unfibre principal
universel(donc acyclique)
~ * Informations
partielles
dans le casgénérale
Tout les
E r vont,
si l’onpeut dire, en décroissant
avec r ;plus précisément,
pourr~ ~-r . Er’
est unquotient
d’un sous-module deE r
En
particulier
lcnombre d’éléments
de sa dimension si fi estcorps, son nombre minimum de
générateurs
si A est un anneauprincipal quelcon- que, vont
en décroissant avecr.SiE r
P~q= O , Er’
P~q = 0 .Si A est un corps, on a =
H P (B)
aH
En
particulier,
si ctH n (F)
sont de dimension finie pour tout n , H(X)
de finie pvur tout n. donnerons au n° 3 unn
énoncé englobant celui-ci).
Si de
plus H n (B)
et sont nuls sauf pcur un nombre fini dE va.leurs de n , onpeut définir
lescaractéristiques d’Euler-Poincaré
et 1B
Y (F) ,
ainsi que ~(Er) =H (-
dimEr
, car cette sourie estégalement
/ B ~ ~~’
finie.
Alors ~(X)
est aussidéfinie
et on Et :D’autre
part ~(Er+1)
= estl’homologie
deEr
pourune
différentielle
dedegré
totalimpair.
On en déduit
L’hypothèse
que lesystème
local~~ ~ ~ ~ A)
est constant est essentielle.Cependant
elle estsuperflue lorsque
B est unpolyèdre
fini. Voici un contre-exemple quand
B n’est pas unpolyèdre
fini.CONTRE-EXEMPLE. - Soit
X l’espace
obtenu enidentifiant, dans S~xS26, le point
(x, y) à (-x , -y)
;S~ désigne
des vecteurs de nome 1 del’espace
deHilbert ; X
estfibré
surP2 n (R)
de fibre S co contractile : on adonc,
pourD’autre
part
X estfibre
sur B’ =P (R)
de fibre F’ =S~ .
Mais .R)=
R pour1=0 ~
0 pour d’où~(~) =1 ~
cequi,
avec
~(F’)=2y ~((X)=l
donne lecontre-exemple.
2 .
Exemples
où la suitespectrale
est triviale.Nous dirons que la suite
spectrale
est triviale si tous lesé
sontnuls,
c est-à-dire E ~
=E
n’est pas une condition suffisante pourque X
s it homéomorphe
à BxF .A.
Espace fibre
par dessphères
sur unesphère. -Supposons F = S , B = S ,
p
> 1,
de sorte que B estsimplement
connexe.E..
=0 sauf pour 1=0 oup , j
=0 ou q , donc demême.
Pour, ~3~
que
d
ne scit pasnul,
il fautsimultanéménent
r=p etr=q+l.D’où:
PROPOSITION. - Si
q ~
p -1 ,
la suitespectrale
est triviale.B.
Variétés
de Stiefelcomplexes. -
SoitV(n ,
m ,C)
lavariété
des suitesde il vecteurs orthoncrnaux de
l’espace V(n , 2 , C)
estfibre
de baseet de fibre
S~ ~ .
La suitespectrale
est donc trivialed’après (A)y
etl’homologie
est lamême
que celle de xS2n-3.
Dans
le cas nquelconque, regardons
lacohomologie
et utilisons la struc- turcmultiplicative.
On a alors parrécurrence
sur m ~ pour tout n :PROPOSITION. -
L’algèbre
decohomologie H*(V(n , m , C))
estisonorphe
àcelle de
S~ 1 ~ ~ ~ ~
**’ ~A-module libre dont la base se compose d’un
élément
dans chacune des dinensionsimpaires
de 2n - 1 à 2n-2n + 1 .Supposons
ceci vrai pour n etdémontrons-le
p:)ur m +1 ,
dans le cas A = Z .L’espace
n+1 ~ C)
est fibre de fibreV(n - 1 ~ C)
sur.
Seule
pourrait
ne pasêtre nulle, puisque
=0 sauf pour p = 0 ou2n -
1 ;
nais elle est nulle sur lesgénérateurs
del’algèbre
=H*(F)
qu’elle
envoie dans des nodules de q 0 .Puisque
c’est uneantidérivation,
elle est nulle
identiquement. E
est bien dutype annoncé. HP(X)
estlibre
puisque son gradué associé
On
peut
relever lesgénérateurs
deH (F)
en deséléments homogènes
deH*(X) :
ces
éléments
seront decarré
nulpuisque
de dimensionimpaire
dans unealgèbre
anticommutative sans
élément
d’ordre2,
et ilsdéfiniront
unrelèvement multiplicatif de
H*(F)
dansH (X) .
On endéduit
laproposition quand
A = Z . Le cas de Aquelconque s’y ramène
en considérantl’application canonique :
La
différentielle transposée
dEd r’ cst
aussinulle,
et la suitetrale
d’homologie
est aussi triviale.On obtiendrait des résultats
semblables,
par la mêmeméthode,
enremplaçant
le corps
complexe
C par le corps desquaternions.
C.
variété
dE Stiefelréelle 2 , R) . -
Cettevariété
estfibrée
surSn-1
de fibreSn-2 .
C’estjustement
lE cas où la suitespectrale peut
ne pasêtre
triviale. Elle l’estcependant
pour npair :
onpeut alors,
Eneffet,
munir
Rn
d’une structurecomplexe, et,
En associant à tout vecteur unitaire ule vecteur
iu ,
on obtient une section dufibres
Dans ce cas $ s’identifie àun
rétracte
deX ~
et P : H(X)
-~ H(B)
estsurjective. Or
sonimage
n’estoo * p r p
autre que E
C .
On endéduit
qued1p,0
= 0 pour toutr 2
et tout p .Ici,
P~~ .
P~~
cela
entraîne
que la suitespectrale
est triviale,3.
Utilisation des coins.Trois
exemples
suffiront.l~.
Fibre
sur unevariété.
PROPOSITION. -
Considérons
le cas où B est unevariété compacte
connexe de. dimen- sion p.Supposons
deplus que B
soit orientable ou que A soit decaractéristique
2.Si H (F ) ~
0pouX’ j ’>
q ~ alorsa. H
n (X )
~~ 0 pour n > p + qb.
c. contient H
p-1(B) ~
H(F)
comme sous-module.DEMONSTRATION. On a
évidemment
=H i (B , Hj(F)) ==
0pour j
il enest dE
même
pouri ? p
+ 1 Et aussi pour i = p +1 , puisque
Tor(Hp (B) ,
H.F
=0
H(B) étant
libre. On a doncEz
,- = 0 pouri
+ J >
p + q s d’où(a).
D’autrepart (B)
= H(B)
=Hom H1(B),A)
est sanstorsion,
etHj(F)) = 0 ,
donc =Hq(F). Les dr qui
arriventen Er
etEr 1
ouqui
Enpartent
sont nulles, car elles viennent d’unoo 2 , 0153
module nul ou y vont. On a donc
E
P~q = E P~q ; mais EP~q
est le
seul ~
nonnul
dE
degré
total p + q , doncq
= H
p
+q(X) ,
d’où(b .
Demême
q .-E2p-1,
q ;mais
,q
sst le
premier
terme non nul dugradué associé à
Hc’en est donc un sous-module. Or
Hp-1(B) ~
HF s’injecte
dansE .
,q
d’où (c).
COROLLAIRE. -
03A9
des lacets d’unevariété
Bconnexe, compacte
etsimplement
connexe dE dimensionp :
o a uneinfinité
de modulesd’homologie
nonnuls.
Sinon
il y aurait unplus grand
q avec et onaurait,
Xétant l’espace contractile
des cheminsd’origine b .
H(X)
= H(03A9) ~
0P~q q *
EXERCICE. - Si
A est un corps,H~(B)=0
pouri>p, H.(F)=0
pourj >q,
alors :H 0)
=0 pur+q , H (X)=H (B)~H (F) ,
°
P~ P q ’
B.
Homologie relative. - Socient
B.C B ,
X. =P1(B’),
et supposons F connexe.PROPOSITION. - Si H,(BnodB.)=0
pour(ce qui implique
B. nonvide si p >
0 ), on a :
a. pour
b.
Hp(X
medX’ )
~ Hp(B nodB’ )
est unisomorphisme ;
c. P* : Hp+1 (X
modX’)
modB’)
estsurjective (rappelons
que lesystène local des
groupesd’homotopie
de la fibre estsupposé constant).
DEMONSTRATION. -
On a encoreE~
= 0 pour i~.p ,
d.ou(a).
Lesd~- qui
partent
deErp,0
etErp+1,0 sont nulles ;
on a doncE~p,0 = E2p,0
=Hp(B
modB.),
(b) puisque E~p,0
est le seul terme non nul de sondegré
total. Demène
E
~p+,1
=E2p+1,0
=Hp,0p+1 (B
modB ’ )
à ’où(o) puisque
E ~p+1,0 est 1 d ° tdu gradué associe à H .(X) .
’ P+1 ,°
C.
Soit .C
une classe deA-modules vérifiant
les conditions suivantes :c. 1° Si 0 ~ M’ ~ M
~ M" ~ O
eat une suite exacte deA-modules,
c. 2~
C
est stable pour a etTor.
EXEMPLES. -
li =Z, C étant
la classe des groupesabéliens finis ;
A anneauprincipal, e étant
la classe des modules detype fini ; C
est la classe des modules admettant une famille degénérateurs
dont le cardinal estinférieur
ouégal
à.un
cardinal(infini) donné.
Disons
qu’un
espace E est detype e
si.E estconnexe,
nonvide,
avec~?
pour tout n ?-0 . ’PROPOSITION. - Si deux des espaces
F ~ X ~
B sont dEtypE ~ ~
letroisième
l’est aussi.
Tout d’abord il
résulte 1 ° ~
que H si et seulement sin p~ q
chaque
fois que p + q = n .Si les deux espaces de sont B et
F , chaque
moduleE2 p q
est dans("
pour p + q ~ 0 : celarésulte
de la formule des coefficients universels pourF > O ,
q> Q ;
. si q=0,
sip = 0 , E20,q = Hq(F).
Alors quotient
d’un deE2p,q, sera
aussi dans pourp + q >0. Si les deux espaces de
type
sont X etB ,
F estcar le
système
local est constant et X connexe(On peut
aussiregarder
le coin E..~.
Raisonnons par l’,bsurdE : soit q leplus petit
entier> 0 tel que H
~F ~ ~ ~Y
;E? .
est dans‘~
pour0 ~ ~
:. q ou.’
,
~~ g q ,
r1~ ~
" . , r+1i > 0 , j = 0 ,
donc aussiE..
pour tout r et lesmêmes E
quotient
deE r
,q parl’image
module refusera parrécurrence
sur rdans ,
ainsi queE~0,
g= Eq+20,q .
Donc H contradiction.En
particulier,
si Bsimplement
connexe est detype = , l’espace
des lacetsest dE
type C .
Le cas où les espaces dE
type 0
sont X Et F estlaissé
au lecteur commeexercice. Quand X est
simplement
connexe, onpeut
aussi lE ramener au casprécédent en
utilisant la fibration de F’ sur B de fibre03A9(B) ,
F’ serétractant
pardéformation
sur F .EXERCICE. - Disons que E est de
type 6 jusqu’à
n si E est connexe, nonvide,
avecH i
pour B et F(resp.
X etF)
sontde
type G jusqu’à
n ~ alors X(resp. B)
l’est aussi. Si B et X sont detype C jusqu’à
n ~ F l’estjusqu’à
n - 1 .4.
Transgression.
On
appelle transgression
ladifférentielle :
On a :
d’où la suite exacte
PROPOSITION. - 20142014 Si B 2014- et F 20142014~2014....". sont connexes, et si E =0
pour
~"’ ~ ’ p ">0 .
’q>0~
p + q = r ou on a une suite exacte sEn effet les
différentielles d qui partent
deEr’r,0
ou arrivent enEr’0,r-1
sont nulles pour r’ r * On a donc
C.
Q..
F. D.Enonçons
sans la démontrer, et enanticipant
surl’exposé 4,
unepropriété
qui permet parfois
de déterminer latransgression :
On a 16
diagramme
commutatif suivantoù
~
Estl’opérateur bord
de la suite exacted’homotopie
dufibré,et
h r eth 1 s ont les
homomorphismes
de Hurewicz.r~
5.
Trois suites exactes.Si pour un certain n ot un certain r
Er
Est nul sauf pour deux valeurs p~ n,.pp’
Etn (p’ p" )
de p il En est domême
deE °°
lEgradue associé
p p ~
à H
(X)
n’a que deux termes non nul.s : on a une suite exacten
En
supposant
B et F connexes, nous allons conclure dans les trois cas suivants.l~, PROPOSITION. -
Supposons
queAlors
on r. une suite exacteDe
plus,
dans lE cas où p = 1(donc
sans aucunehypothèse
sur lespour i :
0),
on a une suite exacte6t des
isomorphismes
~ 2
DEMONSTRATION. - On a
évidemment
E..= 0 pouri > 0 , j > 0 ,
i+jp+q.
-~-~J
Pour
2~.n-p+q~
on a undiagramme
de suites exactesLe cas n = 1 se traite d’une
manière évidente.
De
plus.
si p=1 ,
on a lediagramme
de suites exactesD’où les assertions de
l’énoncé.
REMARQUE. -
Pour q =1 ,
on obtient(sans hypothèse
surH.(B)
ni surHj (F)
pour i ~0 ~ j>0)
une suite exacte.
B. Suite exacte de
Wang.
PROPOSITION. - Si la base B est une
sphère S (quant
àl’honologie
àcoefficients dans
A)
~aveck ~ 2~
on a une suite exacteillimitée
...
20142014~H~(F) 20142014~H~(F)-~H~(F)-~...
Si de
plus
la fibreF
est unH-espace qui opère
surchaque
fibre de X(et opère
surelle-même
par translation àgauche) ,
alors 6est,
à un facteur1
1près,
lamultiplication (à droite)
par unélément
g ~Hk-1(F) .
DÉMONSTRATION. -
On aE’: .
= 0 pouri ~ 0 ,
k . D’où lediagramme
de suitesexactes
Il suffit d6 remarquer que
H ~ n k (F ) ~~
cequi
est d’ailleursnul pour n k ~ Si en outre
F~
est un conrao dansl’ énoncé,
et sit
désigne
legénérateur
del’isomorphisme précédent
est c6luiqui
16
produit H n-k (F ) ) ;
doncet par suite 9
est,
au facteur(- près~
lamultiplication
à droitepar
g=d ~
t~k-l~)
e . ’(N.
B. - La notation h.6 est celleexplicitée
dansl’Exposé 2,
page2-09,
c. ; page2-09,
a., il est entendu que lesJ
sontL-linéaires
au sensgradué,
c. est-à-dire
(-1)’
~
désignant
ledegré
de~.)
APPLICATION. - Soit B == k >
1 ,
X des cheminsb ,
F =
l’espace
des lacets. Comme = 0 sauf pour n =0 ,
lamultiplication
par gdéfinit
unisomorphisme (F)
2014~H (F) ,
sauf pourn = 0 . Comme H
n
= 0 pour n
0 ,
on endéduit
quel’algèbre
H(F)
est3-11
1 t algèbrE.
despolynômes
l~[ g ~ ~
où g est dedegré
k - 1 .On a une suite exacte
analogue
encohonologie ;
0 est unedériva+
tion ou une
antiderivation
suivant laparité
dek ,
sansqu’il
soit besoin desupposer que la fibre soit un
Lorsqu6
sEgardera
biende croire que
H* (F)
soit unealgèbre
depolynômes
à ungénérateur
dedegré
~2014
k.- 1 .C . Suite Exa ctE ~.E
Gysin .
PROPOSITION. - Si F est une
sphère S k (quant
àl’homologie
à coefficients si k’~ 1 ~
on a la suite exacte :En
cohonologic,
on a la suite exacteet est alors la
multiplication
par unélément
g de d’ordre 2 si k estpair~ appelé
classecaractéristique
dufibre.
La
démonstration
de la suite exacte estanalogie
à celle de la suite exacte deWang. Si £
est ungénérateur
de ildéfinit
unisomorphisme
Le
deuxième
terne estnul,
d’où0(h) = gh.
Si k est
pair,
on a dansl’algèbre E2 ~ ,
EXEMPLE. - Soit B une
variété compacte
orientable dedimension k ~ 2 ~
X1~espace
des vecteurs non nulstangents
àB ,
et A =Z ;
F serétracte
pardéformation
surS....
La seuledifférentielle d~ qui puisse être
non nulle estd : ’~’~1~) *
Si k estimpair~
latransposée d.
ded
est nulle car = Z ne contient pasd’élément
d’ordre2,
doncd.
est nulleet la suite
spectrale
est triviale. Onpeut
d’ailleurs voir dans cecas, en triangulant
B et en utilisant lathéorie
desobstructions,
que Xadmet
unesection.