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On notera qu’une telle isométrie n’est pas nécessairement linéaire

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Academic year: 2021

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(1)

RAPPELS ET NOTATIONS.

L’objet de ce problème est d’étudier les applications Lipschitziennes, non linéaires en général, entre espaces vectoriels normés. Le problème est divisé en six parties. Les quatre premières parties sont indépendantes.

- Dans tout le problème, on considère desR- espaces vectoriels normés, dont la norme sera notée k.ks’il n’y a pas d’ambiguïté. La droite réelleRsera toujours munie de la valeur absolue|.|.

- SiX etY sont deux espaces vectoriels normés etf :XY est linéaire continue, on note kfk = sup

x∈X\{0}

kf(x)k kxk .

On dit queΦ:XY est une isométrie sikΦ(x1)−Φ(x2)k = kx1x2kpour tout couple (x1,x2)∈X2. On notera qu’une telle isométrie n’est pas nécessairement linéaire.

- SoitMun nombre réel positif. Une applicationF:XY est diteM-Lipschitzienne si kF(x1)−F(x2)k6Mkx1x2k

pour tout couple (x1,x2)∈X2. Une application Lipschitzienne est une application qui, pour un cer- tainM>0, estM-Lipschitzienne.

- Un espace norméX est dit séparable s’il contient une suite dense, ou en d’autres termes une partie dénombrable dense.

- Pour tout espace norméX, on noteX l’espace dual de X, c’est-à-dire l’espace vectoriel des formes linéaires continues deX dansR. Pour tout couple (x,x)X×X, on notex(x)=<x,x>.

Conformément aux notations ci-dessus, on note kxk = sup

x∈X\{0}

| <x,x> | kxk .

On rappelle que l’espace dualXmuni de cette norme est un espace de Banach. On notera simple- mentX∗∗l’espace (X).

- L’espace vectoriel engendré par une partieAd’un espace norméXsera notévec t[A], et sa fer- meture sera notéevec t[A].

- SoitC une partie convexe d’unR-espace vectorielX. On dit queg :CRest convexe si pour tous (t1,t2, ...,tn,x1,x2, ...,xn)∈[0, 1]n×Cntels quet1+t2+...+tn=1, on a

g(

n

X

i=1

tixi)6

n

X

i=1

tig(xi).

- SoitnN. On définit surRnla normek(x1,x2, ....,xn)k1=

n

X

i=1

|xi|.

- SoientΩun ouvert deRn,x∈Ωetg:Ω→Rune fonction différentiable enx. On note {∇g}(x) la différentielle degau pointx. Cette différentielle {g}(x) est donc une forme linéaire surRn.

- On rappelle le lemme de Baire : siPest un espace métrique complet et si pour tout entier j>1, Vjest un sous-ensemble ouvert et dense deP, alors l’ensemble \

j>1

Vjest dense dansP. - On rappelle enfin que

Z

R

e−t2d t=p π. .

(2)

I. PRÉLIMINAIRES

1. SoientEun espace vectoriel normé,Fun espace de Banach,Aune partie dense deEetf :AF une application M-Lipschitzienne. Montrer qu’il existe une unique application M-Lipschitzienne fe:EF telle que pour toutaA, on ait fe(a)= f(a) (pourxE, on pourra considérer une suite (an) d’éléments deAqui converge versx, et montrer que la suite (f(an)) est de Cauchy).

2. Soitn>1. On définitγ:RnRpar

γ(x1,x2, ...,xn)=exp(−π(Xn

i=1

x2i)).

a. Montrer queγest intégrable surRnet que l’on a pour tout entierp>1 Z

Rnγ(u1,u2, ...,un)d u1d u2...d un= Z

Rn

pnγ(pt1,pt2, ...,ptn)d t1d t2...d tn=1.

Soitf :RnRune fonction Lipschitzienne. Pour tout entierp>1, on pose gp(x1,x2, ....,xn)=

Z

Rn

pnγ(p t1,pt2, ...,ptn)f(x1t1,x2t2, ...,xntn)d t1d t2...d tn.

b. Montrer que la fonctiongpest bien définie pour toutp>1, et que la suite de fonctions (gp)p>1 converge versf uniformément surRn.

c. Montrer que pour toutp>1, la fonctiongp est continûment différentiable surRn (on pourra effectuer le changement de variablev1=x1t1, ...,vn=xntn).

d. SoitE un espace normé de dimension finie non réduit à {0}. On désigne parLi p0(E) l’espace des fonctions Lipschitziennesf deEdansRtelles quef(0)=0. PourfLi p0(E), on pose

kfkL=sup©|f(x)−f(y)|

kxyk ; (x,y)E2,x6=yª .

Montrer que pour toute fonction fLi p0(E), il existe une suite (hp)p>1Li p0(E) de fonctions continûment différentiables surE telles quekhpkL6kfkL pour toutp, et telles que la suite (hp)p>1 converge versf uniformément surE.

II. ISOMÉTRIES ET LINÉARITÉ.

1. On munit dans cette question seulement l’espaceR2de la normek(x,y)k=max{|x|,|y|}. Soit f : (R,|.|)→(R2,k.k) définie par f(t)=(t, si n(t)). Montrer quef est une isométrie non linéaire.

2. SoitH un espace préhilbertien, dont la norme est notéek.k2.

a. Soient x et y deux points deH ett ∈]0, 1[ tels quekxk2 = kyk2= kt x+(1−t)yk2. Montrer qu’alorsx=y.

b. Soientx1,x2etx3trois vecteurs deH tels quex1=x2+x3etkx1k2= kx2k2+ kx3k2. Montrer qu’il existe un réelλ>0 tel quex2=λx1 (on pourra se ramener au cas où les (xi) sont non nuls et considérer les vecteurs normalisés ((kxik−12 xi)).

c. Soitϕ:R→H une isométrie telle queϕ(0)=0. Établir queϕ(t)=tϕ(1) pour toutt>0.

(3)

d. SoitY un espace normé, etφ:Y →H une isométrie telle queφ(0)=0. Montrer que pour tout couple de vecteurs (x,y) dansY et toutt>0, on aφ(x+t y)=(1−t)φ(x)+(x+y).

e. Montrer queφest une application linéaire deY dansH.

III. DUALITÉ DES ESPACES NORMÉS

1. SoitX un espace normé,H un hyperplan deX, etuX\H. SoithH de norme égale à 1.

Montrer que

sup

h1∈H

[<h,h1> −kh1uk]6 inf

h2∈H[<h,h2> +kh2uk].

2. SoitaRtel que sup

h1H

[<h,h1> −kh1uk]6a6 inf

h2∈H[<h,h2> +kh2uk].

a. On définitx :XR comme suit : pour tout (h,t)∈ H×R, <x,h+t u>=<h,h > +t a.

Montrer quexXet quekxk =1.

b. SoitE un espace normé de dimension finie, etF un sous-espace vectoriel deE. Montrer que pour toutxF, il existeyEtel quekyk = kxket tel que<y,x>=<x,x>pour toutxF.

Dans toute la suite de cette partie,X désignera un espace normé de dimension infinie, supposé séparable. On notera (xn)n>1une suite dense dansX.

3. SoitxX.

a. Montrer qu’il existe une suite croissante (Ek)k>0de sous-espaces de dimension finie deX tels quexE0et tels que la réunionV= [

k>0

Eksoit dense dansX.

b. Montrer qu’il existevVde norme 1 tel que<v,x>= kxk(on pourra utiliser le III.2.b)).

c. Montrer qu’il existexXde norme 1 tel que<x,x>= kxk.

4. SoitJX:XX∗∗définie pour tout (x,x)∈X×Xpar<JX(x),x>=<x,x>. Montrer queJX

est une isométrie linéaire.

5. a. Soit (xn)n>1une suite deX telle quekxnk61 pour toutn. Montrer qu’il existe une sous- suite (xφ(n)) de (xn) telle que

n→∞lim <xφ(n) ,xk>

existe pour toutk>1.

b. Montrer que

n→∞lim <xφ(n) ,z>

existe pour toutzX. c. On pose<x,z>= lim

n→∞<xφ(n) ,z>. Montrer que l’applicationxainsi définie est une forme linéaire et quekxk61.

6. Soitj:RXune isométrie telle quej(0)=0.

a. SoitkN. Montrer qu’il existexkXde norme 1 tel que<xk,j(k)−j(−k)>=2k.

(4)

b. Montrer que<xk,j(t)>=tpour toutt∈[−k,k].

c. En déduire qu’il existexXde norme 1 tel que<x,j(t)>=tpour touttR.

IV. DIFFÉRENTIABILITÉ DES FONCTIONS CONVEXES

1. Soitf :RRune fonction convexe.

a. Soienta<b<ctrois nombres réels. Montrer que f(b)−f(a)

ba 6 f(c)f(a)

ca 6 f(c)f(b) cb .

b. Établir que pour toutxR, la dérivée à gauche fg0(x) et la dérivée à droite fd0(x) de f en x existent, quefg0(x)6fd0(x), et que six1<x2, on a

fg0(x1)6fd0(x1)6fg0(x2).

c. Montrer que f est continue, et que le sous-ensembleS deRconstitué des points où f n’est pas dérivable est fini ou dénombrable (on vérifiera l’existence deψ:S →Qtel que pour toutx∈S, ψ(x)∈]fg0(x),fd0(x)[).

d. SoitxR. On définitτ:RRpar

τ(t)=[f(x+t)+f(x−t)−2f(x)]/t.

Montrer queτest impaire et croissante surR, puis quef est dérivable enxsi et seulement si

t→0lim+τ(t)=0.

2. SoitC un sous-ensemble convexe deRn tel que (−x)C pour toutxC, etF :CRune fonction convexe. On suppose queF(0)=0 et queFest majorée surC. Montrer que

sup

x∈C

F(x)=sup

x∈C|F(x)|. 3. Soitg:RnRune fonction convexe.

a. Soientx=(xi)16i6nRnetα>0.

On note {e1,e2, ...,en} la base canonique deRn. Montrer que sup

khk1g(x+h)g(x)= max

16i6n,|ε|=1g(x+εαei)−g(x).

b. Montrer quegest continue en tout pointxdeRn. 4. SoientkN, 16i6n, ett>0. On pose

Ok,i(t)=©

xRn; g(x+t ei)+g(xt ei)−2g(x)

t <1

k ª

et

Vk,i=[

t>0

Ok,i(t).

(5)

a. Montrer que l’ensembleVk,iest ouvert.

b. Soit

i= \

k>1

Vk,i.

Montrer que∆i={x∈Rn; ∂g

∂xi

(x) existe}.

c. Montrer que∆iest dense dansRn(on pourra utiliser la Question IV.1.c).

5. Montrer que l’ensemble

g= \

16i6n

i

est dense dansRn (on remarquera que chaque ensemble∆i est une intersection dénombrable d’ouverts).

6. Soitx∈Ωg. On définit la fonctionGparG(y)=g(y)g(x)−

n

X

i=1

(yixi)∂g

∂xi(x).

a. Montrer que pour touthRn,

|G(x+h)|6 max

16i6n,|ε|=1G(x+εkhk1ei).

b. En déduire queΩgest l’ensemble des points deRnen lesquels la fonctiongest différentiable.

7. Soitk.kune norme surRn.

a. Justifier quek.kest convexe, que 06∈Ωk.k, que pour toutx∈Ωk.ket toutt>0, on at x∈Ωk.k

et que {∇k.k}(t x)={∇k.k}(x).

b. Montrer que pour toutx∈Ωk.k, on ak{∇k.k}(x)k =<{∇k.k}(x), x kxk>=1.

c. SoitzRn. Soit (xp)p>1une suite de points deΩk.kqui converge versz. Montrer que

p→∞lim <{∇k.k}(xp),z>= kzk.

V. LE THÉORÈME DE FIGIEL

Dans cette partie,E désigne un espace normé de dimension finieN. Soit, dans les questions V.1 et V.2, un vecteurxEtel quekxk =1. On suppose de plus quexest un point de différentiabilité de la normek.kdeE.

1. Soitϕ:ERune application 1-Lipschitzienne telle queϕ(t x)=tpour touttR. SoityE.

a. Montrer que pour touttR, on a 1= |tϕ(y)−¡

(ϕ(y)+1/t)x¢

|6kx−t(y−ϕ(y)x)k.

b. En déduire que<{∇k.k}(x),yϕ(y)x>=0, puis que {∇k.k}(x)=ϕ.

2. SoitFun espace normé séparable et soitφ:EFune isométrie telle queφ(0)=0.

a. Montrer qu’il existefxFde norme 1 tel que<fx,φ(t x)>=tpour touttR(on utilisera la Question III.6.c)).

b. Montrer quefxφ={∇k.k}(x).

(6)

Pourx0∈Ωk.k, on considère plus généralement fx0Fde norme 1 telle quefx0◦φ={∇k.k}(x0).

3. a. Montrer que pour toutzE\{0}, il existe un pointx0∈Ωk.ktel que {∇k .k}(x0)(z)6=0 (on utilisera la Question IV.7.c)).

b. En déduire qu’il existe des points x1,x2, ...,xN deΩk.k tels que la famille des différentielles

¡{∇k.k}(xi

16i6Nsoit une base deE.

c. Montrer qu’il existe une base (zj)16j6NdeEtelle que {∇k.k}(xi)(zj)=δi,j.

D’après la Question V.2.b), pour tout 16i6N, il existefxiFtel que {∇k.k}(xi)=fxiφ.

On définit une applicationT:FEpar T(y)=

N

X

i=1

fxi(y)zi.

d. Montrer queT est linéaire continue et queT◦φ=I dE. 4. On suppose dans cette question quevec t[φ(E)]=F.

a. Montrer que pour toutx0∈Ωk.k, on a

fx0={∇k.k}(x0)◦T.

b. Montrer quekTk =1 (pouryF, on pourra poserz=T(y) et utiliser la Question IV.7 .c)).

5. On suppose à présent queX est un espace de Banach séparable de dimension infinie. D’après la Question III.3.a), on a

X= [

k>1

Ek

où (Ek)k>1est une suite croissante de sous-espaces de dimension finie. SoitY un espace normé, et soitΦ:XY une isométrie telle queΦ(0)=0 etvec t[Φ(X)]=Y. On poseFk=vec t[Φ(Ek)].

a. Montrer qu’il existe une unique application linéaire continueTk:FkEk telle que pour tout xEk,Tk(Φ(x))=x, et quekTkk =1.

b. Montrer qu’il existe une application linéaire continueT :YX telle queT◦Φ=I dX, et que kTk =1.

6.Applications :

a. On munitR2d’une norme arbitraire. Soit f :RR2 une isométrie. Montrer qu’il existe une base (ε1,ε2) deR2 et une application LipschitzienneϕdeRdansRtelles que pour touttR, on a

f(t)=1+ϕ(t)ε2.

b. Montrer le théorème de Mazur-Ulam : siXetY sont des espaces de Banach séparables, toute surjection isométriqueΦ:XY telle queΦ(0)=0 est linéaire.

VI. LE RÉSULTAT PRINCIPAL

SoitXun espace normé séparable de dimension infinie. On désigne parLi p0(X) l’espace vectoriel des fonctions Lipschitziennesf deX dansRtelles quef(0)=0. PourfLi p0(X), on pose

(7)

kfkL=sup©|f(x)−f(y)|

kx−yk ; (x,y)X2,x6=yª .

On vérifie facilement quek.kLest une norme surLi p0(X), que le dualXdeXest un sous-espace deLi p0(X) et quekxk = kxkLpour toutxX.

1. Pour toutµLi p0(X), on noteβ(µ) la restriction deµàX. Montrer queβest une application linéaire continue deLi p0(X)dansX∗∗et quekβk =1.

2. Montrer qu’il existe une suite (xi)i>1 de vecteurs de X linéairement indépendants tels que vec t[(xi)i>1]=Xetkxik =2−ipour touti.

On poseEk=vec t[{xi; 16i6k}].

On considère l’unique application linéaireRk:EkLi p0(X)qui satisfait pour tout 16n6ket toutefLi p0(X)

Rk(xn)(f)= Z

[0,1]k−1

£f(xn+

k

X

j=1,j6=n

tjxj)−f(

k

X

j=1,j6=n

tjxj

d t1d t2...d tn1d tn+1...d tk.

3. Soit fLi p0(X). On note fk la restriction de f àEk. Montrer que sifk est continûment diffé- rentiable, on a pour toutxEk

Rk(x)(f)= Z

[0,1]k<{∇fk}(

k

X

j=1

tjxj),x>d t1d t2...d tk. 4. Montrer que

kRkk61 (On utilisera la Question I. 2. d).

5. a. Montrer que si 16n6k, on a

kRk+1(xn)−Rk(xn)k62kxk+1k.

b. Montrer que pour toutxEk, la suite (Rl(x))l>kconverge dans l’espace de BanachLi p0(X). 6. On poseC= [

k>1

Ek. La Question VI.5 permet de définir pour toutxC R(x)=lim

l→∞Rl(x).

a. Montrer queRest une application linéaire continue deC dansLi p0(X)telle quekRk =1 et βR(x)=JX(x) pour toutxC(l’applicationβest définie à la Question VI.1).

b. En déduire qu’il existe une application linéaire continueR:XLi p0(X)telle quekRk =1 et βR=JX.

SoientY un espace de Banach etQ :YX une application linéaire continue, telle qu’il existe une applicationM-LipschitzienneL :XY telle queQ◦L =I dX etL(0)=0. On admettra que l’équation

<S(x),y>=<R(x),y◦L >

(8)

yYetRest définie à la Question VI. 6. b) ci-dessus, définit une application linéaire continue S:XY telle queQS=I dX et telle quekSk6M.

7. Montrer que siXest un espace de Banach séparable, et s’il existe une isométrieΦdeXdans un espace de BanachY, alorsY contient un sous-espace vectoriel fermé linéairement isométrique àX.

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