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S´eance 2 : Exercices corrig´es FONCTIONS CONVEXES

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Academic year: 2021

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(1)

S´eance 2 : Exercices corrig´es FONCTIONS CONVEXES

Question 1

Un circuit ´electrique : exemple de syst`eme non lin´eaire

• Montrer que les lois de Kirchhoff (la somme des intensit´es arrivant sur un noeud est nulle) impliquent que les potentiels aux noeuds Vi sont solutions du syst`eme d’´equations non lin´eaires

∀i= 1, ..n, X

j|(i,j)∈E

fi,j(Vi−Vj) = 0 (1)

Corr. La question contient la r´eponse...

• On d´efinitV= (V1, ..., Vn)∈Rn le vecteur associ´e aux potentiels. Soit la fonction F(V) = X

(i,j)∈E

Fi,j(Vi−Vj) Montrer que

∇F(V)i = X

j|(i,j)∈E

fi,j(Vi−Vj)

Corr. Il suffit de calculer les d´eriv´ees partielles enVi pour avoir ce r´esultat.

En d´eduire qu’un vecteur...

Le syst`eme (1) se r´e´ecrit

∇F(V) = 0

Ses solutions sont donc des points stationnaires de la fonction F(V).

Question 2

Un circuit ´electrique : utilisation du principe du minimum

• Montrer que la fonctionF(V) est strictement convexe (pour la stricte convexit´e utiliser le fait que le circuit est connexe).

Corr. La fonctionFi,j(t) est strictement convexe puisque sa d´eriv´ee est strictement croissante.

Consid´erons la fonction

h(t) =F(U+tV)

(2)

qui est la restriction deF(V) `a une droite. Il faut montrer que cette fonction est strictement convexe pour tout V. Or

h(t) = X

i,j|(i,j)∈E

Fi,j((Ui−Uj) +t(Vi−Vj))

C’est une fonction convexe comme somme de fonctions convexes. Il est plus d´elicat de montrer qu’elle est strictement convexe. L’un des termesVi−Vj est diff´erents de z´eros, sinonVi =Cte (si le circuit est connexe) et donc Vi = 0 (car un noeud au moins est `a potentiel fix´e), donc l’une des fonctions Fi,j((Ui −Uj) +t(Vi −Vj)) est non constante et donc est strictement convexe. On en d´eduit que h(t) est strictement convexe.

• Montrer queF(V) est coercive...

Corr.

F(V)≤M ⇔ Fi,j(Vi−Vj)≤M

Comme les fonctionFi,j(t) tendent vers l’infini `a l’infini cela implique qu’il existeβi,j tel que

|Vi−Vj| ≤βi,j. Il suffit de prendre α= mini,jβi,j. Consid´erons, pour fixer les id´ees, que le noeud n+ 1 est une masse ; le circuit ´etant connexe il existe un chemin de longueur au plus nreliant un noeud iet le noeud n+ 1, donc

|Vi|=|Vi−Vn+1| ≤nα Nous avons ainsi montr´e que

F(V)≤M ⇒ ∃α kVk≤nα ce qui ´equivaut `a la coercivit´e de la fonction F(V).

•En d´eduire que le syst`eme (1) qui d´efinit les potentielsVdans le circuit admet une solution et une seule.

Corr. Les solutions du syst`eme (1) sont des points stationnaires de la fonction F(V). Un point stationnaire d’une fonction convexe ne peut ˆetre qu’un minimum d’apr`es la proposition 7. Or d’apr`es le th´eor`eme 14 du chapitre 2 du cours : une fonction coercive et strictement convexe sur un espace de dimension finie admet un minimum et un seul. Donc le syst`eme (1) admet une solution et une seule.

Question 3

Optimisation du profil d’une route Il faut r´esoudre le probl`eme d’optimisation

C={u∈C([0, L])/∀x, y∈[0, L] |u(x)−u(y)| ≤α|x−y|}

∀u∈C J(¯u)≤J(u)

(2)

• V´erifier queC est un convexe.

Corr. Imm´ediat, c’est de plus un convexe ferm´e pour la convergence en k k, i.e. la conver- gence uniforme.

(3)

• Donner un argument (de g´enie civil et non pas de math´ematiques...) en faveur du choix φ(y) =|y|2.

Corr. Si le profil des talus ou des tranch´ees a une pente oblique constante, la quantit´e de mati`eres par unit´e de longueur est proportionnelle `a la surface d’une section et donc au carr´e de la hauteur de cette section.

Montrer que pour ce choix de la fonctionφ, la solution ¯u de (2) est la projection, au sens de la norme deL2([0, L]), de la fonctiong sur le convexeC.

Corr. Par d´efinition...

Les conditions du th´eor`eme de projection ´enonc´e dans le cours sont-elles v´erifi´ees ?

Corr. Le th´eor`eme de projection affirme l’existence et l’unicit´e de la projection d’un point sur un convexe ferm´e au sens de la norme deL2([0, L]). Le probl`eme d´elicat est ici de montrer queC est ferm´e au sens de la norme deL2([0, L]) ce qui n’est pas ´evident. La d´emonstration qui suit n’est pas au programme.

Soitfnune suite de fonctions deCqui converge au sens de L2([0, L]) vers une fonctionf, i.e.

Z L 0

(fn(x)−f(x))2dy→0 nous allons montrer que

fn(x)−f(x)→0 ce qui impliquera que f ∈C.

Commefn(x)−f(x) est uniform´ement lipschitzienne de constante 2αil suffit de montrer que si une suite de fonction uniform´ement lipschitziennefntend vers 0 au sens de L2([0, L]) elle tend vers 0 ponctuellement.

On a, pour touth∈Rtel que [x−h, x+h]⊂[0, L]

Z x+h x−h

(fn(x))2dy→0 On a aussi

fn(x)−fn(y)≤α|x−y| tout comme −fn(x) +fn(y)≤α|x−y| donc, en choisisssant la premi`ere in´egalit´e,

Z x+h

x−h

fn(x)dy− Z x+h

x−h

fn(y)dy≤α Z x+h

x−h |x−y|dy et donc

2hfn(x)− Z x+h

x−h

fn(y)dy≤2αh2 en majorant |x−y|parh. Comme, d’apr`es Cauchy-Schwartz,

Z x+h x−h

fn(y)dy≤√ 2h

s Z x+h

x−h

fn(y)2dy

(4)

il vient

2hfn(x)≤√ 2h

s Z x+h

x−h

fn(y)2dy+ 2αh2 ou encore

fn(x)≤ r 1

2h s

Z x+h x−h

fn(y)2dy+αh En utilisant au d´epart la deuxi`eme ´egalit´e, on montrerait de mˆeme

−fn(x)≤ r 1

2h s

Z x+h x−h

fn(y)2dy+αh et donc

|fn(x)| ≤ r 1

2h s

Z x+h x−h

fn(y)2dy+αh

Choisissanthassez petit on peut rendre le second terme petit, en faisant tendrenvers l’infini on peut alors rendre le premier terme petit, on a donc montr´e quefn(x) tend vers 0.

• Montrer que la fonction J(u) est convexe, et strictement convexe si φ est strictement convexe.

Corr. Montrons la stricte convexit´e de la fonctionv→ R1

0 φ(v(x))dx, la stricte convexit´e de J(u) en d´ecoule. C’est un cas particulier d’un r´esultat du cours.

On utilise l’in´egalit´e de convexit´e pourφ(x)

φ(λv1(x) + (1−λ)v2(x))≤λφ(v1(x)) + (1−λ)φ(v2(x))

l’in´egalit´e ´etant stricte sur un intervalle enx si les deux fonction v1 et v2 sont distinctes, et on int`egre

Z 1 0

φ(λv1(x) + (1−λ)v2(x)))dx < λ Z 1

0

φ(v1(x))dt+ (1−λ) Z 1

0

φ(v2(x))dx En d´eduire l’unicit´e de la solution si la fonctionφ(x) est strictement convexe.

Corr. Une fonction strictement convexe admet au plus un minimum sur un convexe, en effet s’il y en avait deux distincts u1 etu2 on aurait

J(v1+v2

2 )< J(v1) +J(v2) 2

Corr. Montrons, c’est hors programme, l’existence du minimum. La fonction J(u) est con- tinue surC muni de la distance induite par la norme infinie. L’ensemble des fonctionsu∈C telles que J(u) ≤Cte est born´e pour la norme infinie : supposons le contraire, soit M une constante positive, s’il existe x0 tel que |u(x0)| ≥ M on a u(x) = u(x0) +u(x)−u(x0) ≤

|u(x0)|+α|x−x0|et donc

∀x∈[0, L]|u(x)| ≥M−αL

Soit M1 une constante positive, en choisissant M assez grand et en tenant compte de la coercivit´e de φ(x) il en r´esulterait que φ(u(x)−g) > M1 et donc J(u) = RL

0 φ(u−g)dx≥

(5)

M1L. L’ensemble des fonctions u ∈C telle que J(u) ≤Cte, est donc ferm´e born´e, il suffit donc de montrer que les parties ferm´ees born´ees de C sont compactes pour la norme infinie pour obtenir l’existence d’un minimum sur C. Cela r´esulte d’une forme faible du th´eor`eme d’Ascoli :

Une suite born´ee et uniform´ement Lipchiztienne de fonctions sur un intervalle [0, L] admet une sous suite qui converge uniform´ement.

• Montrer que siφ(y) =|y|2 on a Z L

0

¯

u(x)−g(x)dx= 0

Corr.Si le minimum est atteint en ¯u∈C, la fonction ¯u+test aussi dans C. On a donc

∀t∈RJ(¯u)≤J(¯u+t) et donc

d

dtJ(¯u+t)|t=0= 0 ce qui s’´ecrit

Z L 0

¯

u(x)−g(x)dx= 0 Question 4

Approximation du probl`eme du profil d’une route

−On approche l’int´egrale J(u) en rempla¸cant les int´egrales exactes par leur approximation par la formule des trap`ezes

Z xi

xi−1

φ(u(x)−g(x))dx∼ h

2(φ(u(xi−1)−g(xi−1)) +φ(u(xi)−g(xi))) ce qui donne

J(u)∼I(U) =h(1

2φ(u0−g0) +φ(u1−g1) +...+ 2φ(un−2−gn−2) +1

2φ(un−1−gn−1))

• SoitCh est le poly`edre de Rn d´efini par les in´equations

Ch ={U∈Rn/∀i, 1≤i≤n−1 ⇒ |ui−ui−1| ≤αh} Montrer que

u∈Vh∩C ⇔ U∈Ch

Corr. De gauche `a droite c’est ´evident, de droite `a gauche, six∈[xi, xi+1],y ∈[xj, xj+1] on a

u(y)−u(x)

y−x = (y−xj)

u(y)−u(xj)

y−xj +...+(xk+1−xk)u(xk+1u(xk))

xk+1xk +...+(xi+1−x)u(xi+1)u(x)

xi+1−x

y−x (3)

(6)

Si U est dans Ch tous les rapports du second membre sont inf´erieurs `a α, il en est donc de mˆeme de u(x)−u(y)x−y qui est une combinaison convexe de ces rapports.

• Pour approcher (2) on pose le probl`eme d’optimisation

Ch={U∈Rn/∀i, 1≤i≤n−1 ⇒ |ui−ui−1| ≤αh}

∀U∈Ch I( ¯U)≤I(U)

(4)

Montrer, si φ(y) =y2, l’existence et l’unicit´e de la solution du probl`eme (4).

Corr. Ici contrairement au probl`eme exact il n’y a aucune difficult´e `a appliquer le th´eor`eme de projection pour la norme issue du produit scalaire

hx, yi=h(1

2x0y0+x1y1+...+xn−2yn−2+1

2xn−1yn−1)

carCh est un convexe ferm´e pour la convergence dansRn. Pour le cas g´en´eral, il faut montrer que que l’ensembleEM ={U/ I(U)≤M}est ferm´e born´e, ce qui r´esulte de la continuit´e et de la coercivit´e de φ(x), donc l’ensemble EM ∩Ch est ferm´e born´e dans Rn, donc compact, l’existence du minimum deI(U) surCh en r´esulte.

• On choisit φ(y) = |y|. Montrer que le probl`eme d’optimisation (4) est ´equivalent au probl`eme



 minui,zi

1

2z0+z1+...+zn−2+...+1

2zn−1 sous les contraintes :

∀i, 1≤i≤n−1 ⇒ |ui−ui−1| ≤αh

∀i, 0≤i≤n−1 ⇒ zi ≥h|ui−gi|

(5)

et que ce probl`eme est un probl`eme de minimisation d’une fonction lin´eaire sous des con- traintes d’in´egalit´e lin´eaire.

Corr. Le probl`eme (4) s’´ecrit

 minui

h(1

2|u0−g0|+|u1−g1|+...+|un−2−gn−2|+...+1

2|un−1−gn−1|) sous les contraintes :

∀i, 1≤i≤n−1 ⇒ |ui−ui−1| ≤αh

(6) Soit U∈Ch et zi, i= 1, ..., n−1 des nombres tels que zi ≥h|ui−gi|, on a

1

2z0+z1+...+zn−2+...+1

2zn−1≥h(1

2|u0−g0|+|u1−g1|+...+|un−2−gn−2|+...+1

2|un−1−gn−1|) donc le minimum dans (5) est sup´erieur au minimum dans (6), comme ce minimum est atteint si on choisit zi=h|u¯i−gi|, o`u les ¯ui r´ealisent le minimum de (6), les deux probl`emes ont la mˆeme solution.

Note : nous verrons ult´erieurement un algorithme, la m´ethode du simplexe, qui fournit la solution en un nombre fini d’´etapes.

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