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LAYALLEE MI R H Ô NE

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Academic year: 2022

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L A Y A L L E E M I R H Ô N E

JOURNAL ILLUSTRE PES STATIONS DU

SUISSE

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d'épidémie, d'incendie, etc. pour tous KKiliiitiNts ultérieurs, s'adresser à la Direction de la SOCIETE DES HOTELS El BAINS, à MelMiMaln, Mais.

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Année — N° 11 Edition d'Hiver 7 Janvier 1913

JOURNAL ILLUSTRÉ

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ET LISTE DES ÉTRANGERS

ORGANE DE L'INDUSTRIE HOTELIERE VALAISANNE

SUBVENTIONNÉ PAR L'ETAT DU VALAIS — PUBLIÉ SOUS LES AUSPICES DU CONSEIL D'ÉTAT

REDACTION :

Albert DURUZ, 5ion Abonnement pour une année: suisse 3 Fr. Etranger 4 fr.

L e n u m é r o : 2 5 C e n t i m e s

ADMINISTRATION :

H- 50MA, Boulevard du Midi, 5ion

Le service du „Journal des Stations du Valais" est fait G R A T U I T E M E N T à un nombre considérable d'Hôtels des Stations des' Alpes.

et des grandes localités, aux Bureaux de Renseignements, Agences de Voyages et Syndicats d'Initiatives de la Suisse, de la France, de l'Allemagne, de l'Italie, etc.

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BOBSLEIGH « MARS » (Bachman Frères, Travers, Suisse)

(A atteint la vitesse moyenne officiellement chronométrée de 84 kilomètres à l'heure)

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Le Simplon en Hiver

ras

OUS un riant soleil de Décem- bre, la neige, partout amon- celée, projette dans toute la nature son aveuglante clarté.

C'est un éblouissement in- tense, immense, féerique !

On ne voit plus, dans le paysage si- bérien, que la masse noire et géométri- que des forêts et les façades de quelques chalets rabougris, enfoncés dans la neige jusqu'au toit.

Le grand hôtel du Kulm est morne et désert, l'hospice est le seul coin vivant de cette haute solitude d'hiver. Un peu de fumée s'échappe de son toit énorme,

ce n'est les quelques religieux du St-Ber- nard, humbles héros de bienfaisance.

Si le Kulm était ouvert, qu'une bruyante société sportive y prît ses ébats, que les skieurs, lugeurs et leurs dérivés y ani- massent les superbes pistes naturelles qui rayonnent en tous sens, alors le Sim- plon en hiver disputerait la palme du Simplon en été, et les gorges de la Sal- tine en auraient de très joyeux échos.

Par ce siècle du « tout au sport «, nous ne serions pas étonné de voir bientôt le Simplon-Kulm devenir une station d'hiver à la mode.

En attendant, sur mes skis bien san- glés, me voilà filant à toute vitesse vers Brigue, car le soleil descend vers le Mont- Blanc. Je suis la grande route, une piste

Station d'Hiver

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LE SIMPLON EN HIVER

écrasé sous la neige, et sur le perron, deux gros dogues gardent la maison.

Les hauts sommets semblent ployer sous leurs lourdes draperies d'hermine, les cascades sont figées dans la glace, le Kaltwasser crépite comme le cratère d'un volcan.

Dans l'air, d'une diaphanéité cristalline, quelques vols de corbeaux poussant des cris déchirants, se précipitent, affolés, vers la plaine.

Le spectacle est d'une grandeur indes- criptible, et le sentiment qui saisit le voyageur dans ces parages d'aspect po- laire, est une admiration mêlée d'une in- vincible mélancolie.

La vie si belle en été, à ces altitudes fraîches et verdoyantes, y devient déso- lante à ce moment de l'année où rien ne respire plus, sur Palpe ensevelie, si

de premier ordre, où je franchis par en- droits, quelque torrent, en des sauts dé- licieux.

Les corbeaux me regardent passer d'un air effaré et me saluent au passage de leurs sinistres croassements.

Je rase le sol avec extase, le Simplon disparaît dans la brume d'or d'un beau crépuscule et j'arrive à Brigue en ren- dant hommage à Napoléon d'avoir pré- paré aux skieurs du XX'"0 siècle une piste aussi belle.

Jehan DE LORME.

E 5 décembre, le Grand Hôtel de Sauvières, dans les Alpes fribourgeoises, ouvrit ses por- tes à une centaine d'étran- gers, venus spécialement pour les sports d'hiver. Depuis une quinzaine de jours, la neige recouvrait le plateau sur lequel est bâti le village, et deux fois déjà les paysans avaient dû ouvrir la route avec le triangle communal. On s'était dépêché de faire établir une piste pour les courses de luges, et on avait demandé, en outre, à l'administration des postes, la création d'un service de trans- port par traîneaux. D'autre part, le télé- graphe et le téléphone fonctionnaient ré- gulièrement dans un bureau dépendant de l'hôtel même. Enfin, de nombreux voi- turiers étaient prêts à conduire, sur ce magnifique champ de neige, et moyennant un louis par personne, les plus brillants, sportmen du monde. Tout marchait donc à souhait. Seule, la patinoire n'était pas encore terminée, mais on y travaillait avec ardeur, et l'on en avait fixé l'inaugura- tion au nouvel an.

Les premiers hôtes de Sauvières furent des champions du bobsleigh. Parmi eux, M. de la Corderie, un Parisien univer- sellement connu dans les cercles sportifs, directeur des courses internationales de Chamonix et de Morez; sa femme, une jolie brunette, qui avait gardé du Lan- guedoc, sa province natale, un fort ac- cent et des gestes très larges ; d'autres Français encore; puis des Italiens, sur- tout des Milanais, et un lieutenant de dragons napolitain qui remplissait l'hô- tel de ses bavardages : « Zè souis venu par le Sempione. Cristo ! Lé grrand toun- nel ! » ; des Allemands du Nord, avec de pâles jeunes filles ; des Anglaises.

Le gérant avait fait admirablement les choses. Des avis placardés dans les prin- cipales villes de l'Europe avaient annoncé aux amateurs de sports d'hiver que le Grand Hôtel de Sauvières était situé à quelques heures seulement des bords du Léman, sur le chemin de Paris à Milan...

« Piste unique pour les courses de bobs- leighs, vastes pâturages pour les exer- cices de skis... Air très sec... Soleil de huit heures du matin à quatre heures du- soir... Fêtes sur la neige et sur la glace... » Les enragés sportmen n'avaient pu résis- ter à cette tentation.

Il restait à organiser les courses.

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JOURNAL ILLUSTRE DES STATIONS DU VALAIS 95

Ce fut alors que le gérant, un Allemand des provinces du Rhin, montra d'éton- nantes capacités. Deux jours après l'ou- verture de l'hôtel, il eut un entretien avec M. de la Corderie.

— Je sais, lui dit-il, que vous êtes un homme précieux, et je suis très content de vous avoir à Sauvières.

Le Français s'inclina, flatté.

— M'aideriez-vous de vos conseils, Monsieur, et me prê- teriez-vous l'appui de votre nom ?

— Pourquoi ?

— Pour créer un sporting- club. Ce sporting-club organi- sera lui-même les concours, en fixera les dates, distribuera les prix, instituera même des cour- ses internationales...

— Parfaitement, parfaite- ment. L'idée est excellente : je l'adopte avec enthousiasme!

Nous allons tout de suite nous mettre à l'œuvre.

Et l'on se mit à l'œuvre. Un comité, composé des étrangers les plus marquants, fut consti- tué, et il décida une grande course de bobsleighs pour le 15 décembre. Une caravane d'Anglais, conduite par l'a- gence Cook, devait arriver le 14, et l'on était ravi de leur offrir ce régal sportif.

Dès lors, le plateau de Sau- vières devint une espèce de champ de foire. Vers neuf heu- res du matin, déjà, les étran- gers sortaient de l'hôtel avec luges et skis, et, sans inter- ruption, se glissaient jusqu'à l'heure du déjeuner. Ils se glis- saient de toutes les manières, et quelquefois sur le derrière ou sur la tête. Le derrière n'en souffrait pas énormément, mais la tête en gardait des bosses et des teintes violettes qui étaient vraiment fâcheuses.

Quelques-uns se firent des en- torses, se foulèrent le poignet ou le pied, se cassèrent la jambe même. Un jeune homme

se fendit le crâne, au bout d'une semaine déjà, et l'on dut le conduire dans une clinique de la plaine. Mais l'enthousiasme général ne se refroidit pas pour si peu.

Les dames, surtout, montraient un entrain

extraordinaire. Elles enfourchaient crâne- ment les luges et faisaient dans la neige des plongeons qui ravissaient les mes- sieurs. Pourtant, malgré leurs allures masculines, elles n'oubliaient point la co-

laine blanche et en culottes de velours bleu marin, produisant, sur son passage une vive sensation. Les Allemands l'a- vaient dévisagée avec de petits rires contenus et nerveux, et les Italiens s'é-

t LE SKI-KJŒRING

quetterie. Et la mode, cet hiver-là, les avantageait tout particulièrement. M"10 de la Corderie, qui l'avait introduite à Sau- vières dès le premier jour, s'était affi- chée au bras de son mari en paletot de

(Cliché Suisse Sportive)

taient précipités sur ses traces ...

— Christo ! Qu'elle est zoulie ! Les autres dames de la colonie étran- gère ne voulurent pas rester dans leurs jupes. Elles commandèrent sur-le-champ

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le velours si coquet et firent confection- ner les culottes à la mode.

— La Française a bien raison, s'écria l'une d'elles. C'est si commode d'avoir les jambes libres !

Seules, les Anglaises et deux ou trois Hollandaises eurent un haut-le-corps, et, pour protester contre cette innovation, gardèrent la robe, qui était, d'ailleurs, fort courte. M"10 de la Corderie les toisa d'un regard ironique.

— Sont-elles prudes, les misses ! Elles étaient pourtant très jolies, mais ces diables d'hommes ne les voyaient pas. Assidus auprès des audacieuses, ils négligeaient totalement les timides.

Quelques jours avant la grande course de bobsleighs, il y eut une épreuve éli- minatoire. Tous les étrangers, groupés en nations, devaient y participer, afin que le comité pût choisir les luges diri- geables qui pouvaient concourir. Trois équipes françaises, deux allemandes, trois italiennes, deux hollandaises et quatre anglaises se mirent sur les rangs, cha- cune portant ses couleurs. M. de la Cor- derie, président du jury, assisté d'un Ber- linois et d'un Ecossais, fixa son choix sur le Cyrano (France), le Zeppelin (Al- lemagne), le Velocé (Italie), le Dewet (Hol- lande) et le Nelson (Angleterre). Le soir, une sauterie réunit tout le inonde dans le grand hall de l'hôtel. Le lieutenant napolitain but à lui seul deux bouteilles de Champagne, chanta le Funiculi avec une verve endiablée, et finalement s'endor- mit. Les Français dansèrent avec entrain et se montrèrent pleins d'amabilités pour les dames. Les Allemands firent comme eux, et l'entente parfaite, qui ne cessa de régner entre les « puissances euro- péennes », attendrit presque le sévère gérant. Il ne put retenir cette exclamation :

— Comme c'est gentil, tout de même ! Si l'on nous voyait... C'est pourtant l'in- dustrie hôtelière qui établit ces relations entre peuples rivaux... et sur un sol neu- tre! Quelles belles leçons nous donnons au monde, nous autres, gens d'hôtels!...

Le 15 décembre, le temps se leva, ma- gnifique. La piste se trouvait tout à fait à point ; le soleil faisait briller, sur les immenses champs de neige, des millions de cristaux. Au pied des pâturages, le hameau ne laissait voir, dans l'énorme nappe blanche, que ses toits gris, cou- verts de pierres. Les forêts avaient se- coué leurs branches et, de leur verdure sombre, adoucissaient l'éclat de cette triomphante lumière hivernale.

La course devait avoir lieu l'après- midi. Aussi, dans le courant de la mati- née, les participants examinèrent, pour la dernière fois, leurs luges et s'exercè- rent à des virages. Les Anglais de l'a- gence Cook, arrivés la veille, se répan- dirent en troupes bruyantes sur le magni- fique terrain sportif qui avoisinait l'hôtel.

Bientôt, l'animation devint folle. De tous côtés retentissaient les cris de : gare ! hep ! hola ! achtung ! Quarante, cinquante traîneaux glissaient vertigineusement sur l'immense piste créée par la Société du Grand Hôtel. M. de la Corderie ne cacha pas une certaine inquiétude.

— Sapristi ! Ces sauvages vont nous gâter la route !

Il assembla son comité. Mais que faire contre des gens qui payaient, comme tous les autres, le droit de s'amuser ? On se contenta de lever les bras d'impuissance, A midi déjà, les villageois se rendirent sur le lieu du concours. Les hommes avaient conservé le gilet de milaine, les femmes avaient passé sur leurs jupes des tabliers gris ou noirs. Et cette foule paysanne, humble, silencieuse, presque honteuse de sa pauvreté et de son iné- légance, se tint à l'écart, massée sur un mamelon, à peu de distance du!. bi|t.

Le règlement portait qu'une équipe se- rait disqualifiée si elle versait à uji virage.

Et c'est ce qui arriva aux Italiens et aux Hollandais. Leur culbute fut saluée par les larges rires des montagnards, qui fu- rent sévèrement blâmés pour cela. La pe- tite Mmo de la Corderie, qui donnait le ton à tout le monde, s'écria, en les en- tendant:

— Ben zut ! Ces indigènes sont des malotrus...

On l'approuva. Aussi, les « indigènes», qui se figuraient naïvement assister à des jeux et non aux rites solennels du sno- bisme international, ne bougèrent-ils plus.

Malheureusement l'horrible grimace du lieutenant italien qui s'avançait en bot- tant, et qui jurait « per Baco et per Christo », les firent rire de nouveau aux éclats.

Cette fois, ils méritaient une leçon.

— Taisez-vous donc !

— Brutes !

Un paysan répondit:

— Nous sommes chez nous !

— Chez vous, c'est la grange !

L'insulte était si grossière que tous les hommes se retournèrent vers le syndic, comme pour attendre l'ordre de châtier les insolents. Mais l'ordre ne vint pas.

— Restons tranquilles... Ça nous amè- nera des ennuis. Faut pas qu'on dise qu'on a fait rater les courses.

Les équipes allemande et française opé- rèrent des virages corrects, mais les bobs leur jouèrent quelques vilains tours, car les pilotes eurent toutes les peines du monde à garder le milieu de la piste ; par contre, l'équipe anglaise excita l'ad- miration des spectateurs par sa superbe tenue, son homogénéité et le sang-froid de son capitaine. Elle remporta le pre- mier prix.

Le soir, il y eut course aux flambeaux, et banquet. M. de la Corderie porta un toast à la station de Sauvières et à son directeur, qui répondit en buvant à la santé de tous les pays étrangers et au comité du Sporting-Club. Enfin, le Na- politain leva son verre en l'honneur des dames, et obtint un succès prodigieux.

Les Anglais, de l'agence Cook, ne res- tèrent que huit jours, car ils devaient célébrer la fête de Noël dans leur pays;

mais ils furent vite remplacés par des caravanes de Scandinaves. Le ski détrôna alors le bob, et l'on ne vit plus, sur les pâturages, que dames et messieurs glis- sant, sautant, culbutant. Le Norvégien Harksen émerveilla toute la colonie par ses prouesses. Avec une audace folle et un calme déconcertant, il exécuta des sauts fantastiques. Aussi, pendant deux semaines, fut-il l'homme du jour, et M'"e

de la Corderie se crut obligée de faire sa conquête. Elle lui demanda donc des leçons, s'ingénia à tomber en poussant des petits cris pour que son professeur vînt la relever, mit en œuvre toutes les ressources d'une coquetterie qui voulait être tendre et qui n'était que sotte. Tant d'efforts demeurèrent vains. L'homme du Nord, brillant skieur, ne connaissait point les lois de la galanterie, encore moins celles du snobisme. Au bout de deux jours, il laissa son élève se débattre dans la neige, se contentant de lui crier:

— Heu ! Appouyez... baiton... droat, et... hop !

— Flûte ! J'ai mal à la jambe !

— Heu! Qu'est-ce: flûte?

Mra0 de la Corderie pensa : « Ce gar- çon-là est une bête ; rien à faire avec lui ! » Et elle porta son activité ailleurs.

Noël et le jour de l'An furent célé- brés avec beaucoup de bruit. Pendant cinq ou six soirs, on organisa des fêtes sur la glace, à la lueur des torches et des flambeaux, et aux sons d'un orches- tre engagé par le directeur.

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JOURNAL ILLUSTRE DES STATIONS DU VALAIS 97

Du village, on voyait, on entendait tout ; mais on n'osait pas s'approcher du

« palais des riches », comme l'avait ap- pelé un vieux montagnard. Les filles et les garçons, cependant, ne tenaient pas en place. A la nuit tombante, ils sortaient des chalets et allaient se poster à une centaine de mètres de l'hôtel. Là, les yeux écarquillés, la bouche ouverte, ils ne pouvaient se lasser d'admirer. Les couples enlacés, les courbettes des hom- mes, les petits pieds des dames, les at- titudes langoureuses, les gestes volup- tueux, la musique même, tout cela leur faisait courir dans les veines des frissons étranges, qui ne leur paraissaient pas désagréables.

— Dis, Jules, cette grosse qui montre sa jambe, hein ?... Hé ! Jules !

— Et celui-ci ? Nom de botte comme il va vite ! On dirait qu'il a le diable au derrière... Vois-tu, Edmond ?

Mais ni Jules, ni Edmond n'entendaient.

Ils paraissaient transformés en statues.

Rentrés au hameau, ils racontaient, d'un ton pénétré, les belles choses qu'ils avaient contemplées.

— Les hommes portaient des gants de peau et des bonnets blancs, hauts comme-ça;..' Et le.s, femmes ! Ah! si tu les voyais, mama. Y en avait une qui...

— Tais-toi, garnement ! Et va au lit...

Tu ferais bien mieux de/ester à la.mai- son au lieu de rôder comme un vaurien !

Le lendemain, malgré les admonesta- tions maternelles, cette terrible jeunesse retournait en courant au lieu de perdi- tion. Les paysannes en étaient tourmen- tées. Encore s'il n'y avaient eu que cela!

Mais les skieuses et les lugeuses en cu- lottes descendaient jusqu'au village et s'offraient à tous les regards.

— N'est-ce pas honteux, Marie! Faire comme les hommes !

Le diable est que les jeunes gens et même les petits Sauviérois se mettaient à imiter les étrangers. Ils se glissaient sur leurs luges massives jusqu'à onze heures du soir, prenaient les filles avec eux, et quelquefois sur leurs genoux.

Bien plus, certaines gamines se mettaient à plat ventre sur les traîneaux, et quand on les grondait, elles répondaient naïve- ment :

— Les dames de l'hôtel font bien comme ça !

Alors, les paysannes s'indignaient :

— Les dames de l'hôtel ! Pardi ! Des étrangères !...

G. AUBORT.

Au Glaeier du Rhône

Excursion d'Hiver

PRÈS mes chasses en Afrique, mes chevauchées dans les pampas, et mes gasconnades dans mon cher Midi, j'ai voulu voir la Suisse en hi- ver. C'est un désir très légitime.

Et je suis venu en Valais d'abord, puis ensuite au Glacier du Rhône. Zou !

GROTTE DE GLACE

Je connaissais déjà Champéry, Mor- gins, Montana, Loèche-les-Bains, où je savais retrouver beaucoup de mes chers compatriotes des bords du Gard, mais je n'avais jamais vu la célèbre station du Glacier du Rhône, en hiver.

En cette curieuse année 1912, qui veut nous dédommager du mauvais été par un superbe hiver, l'occasion était trop tentante pour la laisser échapper.

Aussi, quittant mon vieil ami Escour- baniès, que je laissai boire ses canettes ,de mousseux au casino de Nice, j'ai pris

je grand-express de Genève -Simplon-

Milan, qui, en 18 heures, me déposait sur le quai de la gare de Brigue.

Comme j'appris, à mon grand regret, que le chemin de fer Brigue-Dissentis n'é- tait pas encore ouvert, force me fut de prendre la diligence jusqu'au point ter- minus.

Vous vous étonnerez sans doute qu'un rude marcheur comme moi se soit rési- gné, en l'occurence, à user des railways et des voitures. Rassurez-vous ! Je n'ai rien perdu de mon courage ni de mon endurance, au contraire; je suis toujours le héros de la petite Scheidegg. Mais un argument péremptoire vous fera comprendre mon attitude si insolite ; j'étais pressé.

Bon, vous m'avez com- pris.

Parti de Brigue à six heures du matin, j'étais au Glacier du Rhône vers les trois heures du soir et mon premier soin fut de me restaurer, car le roulement de la carriole m'avait po- sitivement délesté.

Puis, comme, j'étais pres- sé 'et que je voulais aller coucher à Fiesch le même soir, je visitai, rapidement les beautés glaciaires de ces admirables recoins per- dus des Alpes.

Les grands caravansé- rails aux fenêtres closes me rappelèrent de chers et inoubliables souvenirs.

C'était, je crois, en 1902, par un été comme on n'en voit qu'en ces délicieuses oasis alpestres; la station regorgeait de monde. J'eus le bonheur de rencontrer là, sur ce balcon ourlé de neige, une charmante fille de Beaucaire, qui était venue à Gletsch, chercher un dérivatif à certaine déception de cœur, bref, !e cas était piquant, je fus son consolateur, quel adorable souvenir ! — N'insistons pas.

Aujourd'hui, en face de ce silence de mort, de cette nature morne et glacée, mon cœur a des frissons de regret et et de mélancolie.

Mais le temps passe, je dois repartir.

Mes yeux s'emplissent avidement du grandiose spectacle, que j'emporterai,

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dans ma prunelle et dans mon cœur, bien plus sûrement que dans mon kodack.

Je veux revoir cette grotte de glace, où, avec elle, je composai ces vers, à l'impromptu :

Si nos deux cœurs étaient de glace, Nous ne serions pas ici

Mais puisqu'il n'en est pas ainsi Nous nous trouvons en cette place.

Pour un impromptu, vous admettrez que . . . que . . . enfin, je vous laisse juger.

Oui, cette grotte de glace est tout un souvenir, je la revois comme un pèleri- nage où je reviendrai quel-

ques fois, rafraîchir mon pau- vre cœur.

Puis voici la cascade, la belle cascade où nous allions nous humecter un brin, à la vesprée ; je buvais de l'eau du glacier dans sa jolie main rose, C'était charmant.

Ah ! cette cascade ! que. de doux instants je lui dois!

Aujourd'hui, elle ne dit plus son gros murmure de joie, elle est figée et muette comme le sphynx de Thèbes. Mais moi, je ne suis pas Œdipe, Dieu m'en garde! i .

Mon automédon bat de la semelle en fumant une grosse bouffarde; c'est un signal qui ne m'échappe pas plus que le déclin du jour.

Le froid me fait frissonner autant que le souvenir, il faut partir.

Deux heures plus tard, dans l'hôtel du Glacier de Fiesch, devant une table bien garnie,

je dévorais un civet de lièvre que je n'eusse pas changé contre tous les lions de l'Atlas, et, en savourant avec délices un « fendant » meilleur que notre Cham- bertin, j'étais obsédé par la cascade de Gletsch et par le souvenir de la char- mante Beaucairoise. Zou !

TARTARIN.

Un Noël

à la Cabane de Barberine

Impressions d'un Skieur Vernayaz, il neigeait déjà.

Nous avions mis nos sacs au dos et nos skis sur l'épaule et ainsi chargés, nous montâ- mes à Salvan par la route aux lacets, la vieille route coutumière chère aux fervents de la vallée du Trient. Nous

LA

! •

C A S C A D E D E G L A C E ( G L A C I E R D U R H O N E )

(Cl. Pasche)

étions deux, deux intimes qu'un même idéal unissait, et dans le silence de la montagne hivernale nous venions tremper nos jeunes âmes.

. . . Il neigeait... nous cheminions côte à côte, sans mot dire. Les flocons pas- saient en files serrées, en files épaisses, si épaisses que la neige finissait par for- mer comme une brume grisâtre et tour- billonnante, enlizant lentement la forêt.

On n'entendait rien, ni le bruit de nos pas dans la neige ni le murmure des sources parmi les rocailles ; si pourtant, on entendait quelque chose : l'impercep- tible grésillement de la chute de neige, léger, aérien comme un voi de papil- lons . . .

Au loin, des voix de cloches essorées- dans la neige. C'est Salvan. Nous tra-

versons le petit village, tout blanc et si- lencieux. La place est vide. Personne.

Et nous passons, toujours sous la neige, toujours dans cette brume de flocons, lente, opiniâtre et douce, douce comme une caresse. Par ces temps d'hiver le soir est vite là, et du gouffre du Triège où l'eau rugit à grands éclats, l'ombre sournoise monte, rampe, se glisse, se hausse, et peu à peu, éteint la lumière terne qui flotte encore dans la chute de neige. Sur la route, la couche se fait épaisse. Nous avançons péniblement.

Aussi, chaussons-nous les skis, et nous voici, glissant dans la nuit venue. Je suis sûr que le montagnard superstitieux qui eût rencontré ces deux diables blancs dans la forêt de Finhaut, cheminant sans bruit et d'une aussi étrange façon, se fut enfui à toutes jambes, en se signant.

Mon Dieu ! il aurait eu raison, car, au- tant qu'il m'en souvienne, ceci se passait il y a bien douze ans, et à cette époque, aucun skieur ne se hasardait par là-haut;

du reste, les skieurs, on les comptait sur le bout des doigts, dans notre pays.

. . . Finhaut ! Enfin, nous y sommes.

Des lueurs rouges piquent les ténèbres.

Il neige toujours, sans cesse, sans ar- rêt;. i. et. le grondement' lointain du Trient s'épand dans la nuit froide.

A l'aube. . *«•*} .••> •<-.

Il ne neige plus. Le ciel est de tur- quoise, sans un nuage. Et sur la val- lée et ses cimes blanches, blanches . . . le soleil glorieux se lève. Ah ! ces fêtes de lumière qui suivent les chutes de neige ! qu'elles sont donc belles, d'une beauté miraculeuse qui émeut ce que nous avons de plus noble, de plus pur en n o u s . . . En route. Notre étape est longue et ce ne sera guère que vers le milieu du sentier du col de la Gueulaz que les skis nous seront utiles. Pour lors, ils nous gênent fort et scient désa- gréablement l'épaule. Du sentier, nulle trace. Nous enfonçons dans la neige jus- qu'aux cuisses, et allons au petit bon- heur, parmi les blocs et les sapins. Ne nous plaignons pas. Combien d'autres moins heureux que nous se traînent mor- nes et indifférents, sous le brouillard de suie des villes.

A mesure que l'on s'élève, le regard embrasse un horizon plus reculé, et les glaciers et les sommets bleuissants de la chaîne du Mont-Blanc se haussent, dé- coupés sur l'impondérable azur. En cet endroit où la pente est moins accentuée,.

(11)

JOURNAL ILLUSTRE DES STATIONS DU VALAIS 99

nous mettons les skis, et prenons de flanc la montagne, sans crainte d'ava- lanches. Il fait très froid. La neige est bonne. Ça file. La cuvette sous le col est là bientôt, nous attaquons le dernier raidillon, en montant les skis croisés.

Un suprême effort et nous débouchons au col où toute une vue nouvelle excite nos forces un peu épuisées. Décrire la vue ? non. Allez-y vous-mêmes, amis skieurs, contempler ce paysage, et comme nous, vous connaîtrez l'enthousiasme ému de ces blanches solitudes...

Un vent glacial nous souffle au visage.

Le temps de casser une croûte et de re- partir. Diable! c'est que le couloir du col sur Emossons paraît assez scabreux, d'autant plus que les sources qui suin- tent vers le haut sont prises par le gel.

Le vent a balayé la neige et nous som- mes arrêtés par une large pente de glace.

A grands coups, avec la pointe de nos bâtons, nous taillons un passage de frê- les marches considérablement gênés par les skis que nous ne savons guère com- ment tenir. Après une bonne demi-heure de travail nous rejoignons la neige. Alors, assis sur les skis, nous faisons la plus belle glissade que lugeur ait jamais faite.

En bas, avant de partir pour la cabane, nous coupons un petit sapin sur l'arête du col, nous l'attachons sur un sac, et, hardi, nous nous lançons sur la plaine blanche d'Emossons. L'allure rythmée, le corps balancé, on glisse, on glisse, l'effort devient machinal, à l'élan .succède l'élan^

etJ'ôn "fNè"sansJ'peine,""emporté'"presque par la vitesse acquise. Je trouve que le plaisir du skieur lancé sur un champ plat est presque aussi égal à-celui que l'on éprouve sur une pente. Tout para- doxale que soit cette proposition, elle me semble assez légitime, car elle complète ainsi l'autre impression de vitesse, vo- luptueuse presque, mais trop facile, et trop recherchée uniquement par le sport- man . . . Il a tellement neigé que les cha- lets sont recouverts et que l'Eau Noire, par place, coule sous le tapis blanc, à peine visible. Un seul passage est dan- gereux, celui où l'on pénètre dans la gorge. Le torrent s'y jette avec fracas ; on domine ces trous écumeux d'une sorte de large corniche inclinée en terrasse où tout faux pas serait fatal, surtout avec les skis aux pieds ! Puis, c'est de nou- veau le pâturage mamelonné, puis, c'est la cabane de Barberine, là-haut, sur une eminence, tache foncée sur la blancheur des pentes.

Le Pic de Tanneverge, la Pointe des Rosses, Finive, le Ruan se dressent au fond de cet impressionnant cirque de neige et de glace. Parfois, une avalan- che détachée des hauteurs s'écroule dans

un abîme et on n'entend plus rien. Après la lumière éclatante de l'après-midi, le soleil a baissé depuis longtemps derrière les montagnes et l'ombre de la chaîne projetée sur les flancs de Fontanabran et du Bel-Oiseau s'étire lentement, monte, monte. Il ne reste plus que la fine crête qui soit ensoleillée . . . plus qu'un fil de neige . . . , plus rien. L'ombre victorieuse a éteint le soleil. Le crépuscule violet des- cend sur la neige. Les eaux se taisent peu à peu. Le silence se fait plus grave.

La première étoile s'allume au-dessus du Ruan, rose et papillotante. Et nous, nous arrivons à la cabane. La bonne, la ré- confortante impression de l'arrivée à une cabane ! on déchausse les skis, on tape les pieds contre la paroi sonore du re- fuge, on tire le verrou, on pousse la se- conde porte, et, voilà la chambre noire devant vous. On va en tâtonnant à la fenêtre, on décroche les volets et voilà la lumière qui entre . . . Tout est là, en ordre, bien rangé. Le petit fourneau noir, la batterie de cuisine, la table et les bancs, l'armoire, le lit de camp, les couvertures pliées et pendues, les socques sur un rayon. Vite, une flambée, et de l'eau sur le feu.

Dans la soirée, nous avons allumé notre petit sapin de Noël. Il n'y avait que ses douze bougies qui éclairaient la cabane. Les flammèches, dardées droites, étaient immobiles. Un bout de branche qui _ ^ ^ l ] a ^ j m b a u m a i t la pièce d'une^

odeur acre 3eTësîrië7 Et comme deux en- fants, ravis et émus à la fois, nous avons chanté des chants du pays.

Dehors, c'était la nuit, nuit bleue et lune pâle.

V. D'ERANS.

< V V @ Y ^ W >

BEAUTÉS D'HIVER

UX teintes douces et tendres du printemps parfumé de fleurs, aux nuances vives et lumi- neuses de l'été couronné d'a-

| beilles, aux lueurs de pour- pre, d'or et de cinabre de l'automne vêtu de pampres, l'hiver doux, profond et mystérieux, oppose la ma- gnificence éblouissante de ses épaisses tentures de velours immaculé. A la vie des saisons bruyantes a succédé le si- lence de la saison morte, plus belle, plus auguste, plus grandiose en son immobilité. Dans la plaine, sur les col- lines, au flanc des monts, sur les con- il

treforts déchirés, et plus loin, sur les cimes aiguës, la neige étend son manteau de mollesse et d'oubli. Plus d'angles vifs, plus de paysages nets aux chaudes cou- leurs, plus de cascades parant les rocs de leurs écharpes irisées et mouvantes, plus de ruisseaux gazouillant dans la mousse ; tout est uni, immobile, silen- cieux et magnifique ! La nature dort dans de la beauté et prépare, sous son linceul radieux, les incantations mystérieuses de ses perpétuelles transformations. L'hiver blanc et candide berce doucement le prin- temps qui renaîtra sous les caresses d'A- vril, et les fleurs de neige, aux scintil- lements de gemmes, feront place aux fleurs de chair et d'azur épanouies sur le gazon vert.

Dans ce décor merveilleux, l'homme ne marche plus, il n'appuie plus ses pieds lourds sur la terre qui l'attire ; il s'est affranchi des lois de la pesanteur, grâce à la neige, tremplin élastique, et, comme le divin Mercure aux pieds ailés, il s'é- lance dans les espaces blancs infinis, sans limites, sur la lame flexible des skis. Il est presque sans contact avec la matière, tant sa course est rapide et légère ; il est devenu imprécis, immatériel, il vole, il plane, il n'est qu'une fugitive silhouette, un être fantastique qui semble avoir brisé la lourde chaîne de l'attraction et réalisé le définitif prodige dans son envol éthéré.

Le Valais est la plus superbe des scè- nes où l'hiver joue sa merveilleuse tra-

;• gedieg tes belles ondulations des hautes

"montagnes, la sauvage confusion des ci- mes, la magnificence de la lumière vio- lente et dominatrice, les grandes forêts séculaires, parées de lourdes tentures de soie blanche, tout réalise un décor d'une émouvante beauté, grand vaisseau blanc de l'Entremont, berceau givré de Cham- péry dominé par les colonnades de glace de la Dent du Midi, vallée du Trient, plus grandiose, plus profonde et plus tourmentée encore sous la joaillerie de ses glaçons et de ses neiges, plateau de Montana avec ses vallonnements et le miroitement de ses lacs cristallins, cirque majestueux de Loèche, encerclé par les gradins de la Gemmi, flamboyants de sta- lactites.

Il semble que toute la blancheur épan- due de l'hiver recule l'horizon, amplifie le lointain, fait de chaque vallée une im- mensité éblouissante et sans bornes, au pied de ces montagnes, drapées d'infini, en ascension vers l'azur immaculé, où le soleil allume un aveuglant incendie.

L'homme a l'impression de ne plus être sur la terre, d'avoir quitté les choses vues tous les jours, pour les sites chimé- riques, irréels, d'un monde inconnu, où il évolue, d'après des lois nouvelles, dans

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l'ivresse subtile d'une béatitude surnatu- relle. Toutes les sensations terrestres se sont évanouies, avec la glèbe qu'on ne voit plus et dont il était le serf; il n'y a plus autour de lui que de la beauté et de la lumière, il se sent ébloui, pénétré de clarté, emporté dans de la vitesse et le seul bruit humain qu'il perçoit dans le désert immense, sans bornes, est le battement de son cœur extasié et le bruis- sement de ses artères affolées. Tout son être s'exalte sous la morsure d'une jouis- sance éthérée ; il veut aller encore plus vite, toujours plus haut, atteindre un pa- roxysme de vélocité et d'immatérialité.

Tout son corps vibrant et tendu, comme un arc prêt à se rompre, vers une sen- sation aiguë d'au-delà, vers une volupté d'extase et de félicité. Il avance dans le désert calciné de blancheurs, les yeux dilatés, la bouche avide des grandes ha- leines vives et pures exhalées par les cimes nimbées et auréolées et il a, par- fois, la sensation de s'être échappé de lui-même, évadé de sa grossière prison de chair, comme le héros de la légende Scandinave, et de se mêler aux grandes forces harmonieuses de la nature, d'être devenu un pur esprit, lumineux et fluide, délivré du joug de la matière, et qui plane, dans un rayon, éperdu, au milieu de la grande symphonie en blanc, de l'immortelle harmonie des espaces de na- cre et d'argent, teintés délicieusement des violettes pâles de l'aurore ou des roses d'or pur du couchant.

Jules MONOD.

Chronique des Stations

Sierre

Sierre, la jolie petite ville si connue par son beau soleil d'hiver, arrive en ce moment à son maximum de vie. De très nombreux visiteurs, les mêmes toujours qui, chaque année, reviennent passer la saison des neiges, sont dans la joie la plus complète.

Le lac de Géronde, ce bijou de la na- ture qui se cache dans un cirque de

collines pittoresques, est recouvert d'une glace des plus transparente.

Les hautes cimes d'alentour s'y reflè- tent comme un miroir et le soleil, chaud et puissant comme en automne, y lance des reflets dorés du plus bel effet.

Des centaines de patineurs se glissent sur ce miroir et le coup d'œil, le diman- che, est inoubliable.

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Les Sports d'Hiver à Ghamonix

Résultats des Courses du 29 décembre Courses de luges internationales ré- servées à la Colonie étrangère, sur la piste du Brévent ; piste en neige glacée sur 800 m. de longueur, avec 4 virages, pente moyenne 12°/0.

Classement : Catégorie des Messieurs : 1er Jean Willemin en 1' 7 " ; 2"" Bellon en 1' 11"; 3me Girault en 1' 14"; 4'"°

René Vallot en 1' 15"; 5'"° Oberreith en 1' 25"; 6""1 Proctor en 1' 30"; 7™ Ro- binson en 1' 31".

Catégorie des Dames : lre M"1C Proctor en 1' 2 3 " ; 2'"° M'"1' Naccary en 2' 8";

3'"" M"'c Breton en 2' 20".

Catégorie des Enfants au-dessous de 12 ans: V Marbeau en 1' 17"; 2",c Boi- nard en 1' 54"; 3mc Staal en 2' 4".

Catégorie des skeletons et luges diri- geables : 1" René Vallot en 0' 57"; 2mc

Captain Lygon en 1' 1 1 " ; 3"'e Boinemann en 1' 18".

Ces courses ont eu lieu dans la mati- née de dimanche ; 40 concurrents de tou- tes nationalités y ont pris part.

Dans le courant de l'après-midi ont eu lieu aux tremplins de sauts du Mont- Blanc, des exercices de saut en ski par le champion de France et les membres de la Section de ski du Mont-Blanc.

Des sauts magnifiques ont été exécutés aux applaudissements des nombreux tou- ristes venus pour admirer les prouesses de nos jeunes athlètes.

A 3 heures de l'après-midi, un match de hockey sur glace mettait aux prises l'équipe du Hockey-Club de Chamonix et celle du Mont-Blanc Athletic-Club.

Après une lutte très vive et des plus intéressantes, qui fit ressortir les progrès accomplis depuis l'année dernière par les équipes chamoniardes, le Hockey-Club l'emportait en marquant six buts à un.

Les Fêtes et Concours vont maintenant se suivre journellement presque sans in- terruption pendant tout le mois de jan- vier et jusqu'au 28 février.

Les pistes de luges et de bobsleighs sont actuellement en parfaite condition ; déjà de nombreux touristes s'entraînent sur la piste du Brévent en vue des pro- chains grands concours. La glace est très bonne et jamais la patinoire de Cha- monix ne vit une telle influence.

Hauteur de neige : trente centimètres ; temps superbe ; thermomètre minima moins huit, maxima plus trois.

Programme des Fêtes de Champéry

Saison d'Hiver 1912-1913

Indoor amusements will take place in the Salle des Fêtes of the Grand Hôtel Dent du Midi.

JANUARY 1913.

Tuesday 7 Paper dress ball.

Wednesday 8 Ice gymkhana.

Thursday 9 Progressive game & bridge tournament.

Friday 10 Variety entertainment.

Saturday 11 Ball.

Monday 13 Ice carnival and fireworks.

Tuesday 14 Dance.

Wednesday 15 Brigde tournament and pro- gressive games.

Thursday 16 Illumination of surroundings.

Friday 17 Drawing-room gymkhana.

Saturday 18 Cotillon.

Sunday 19 Concert.

Monday 20 Tailing to Morgins.

Tuesday 21 Fancy dress ball.

Wednesday 22 Tailing excursion by moonlight.

Thursday 23 Ice carnival.

Friday 24 Musical & dramatic entertain- ment.

Saturday 25 Ball.

Sunday 26 Concert.

Monday 27 Ski party to Planachaud.

Tuesday 28 Grand ball.

Wednesday 29 Progressive games & bridge tournament.

Thursday 30 Tailing party to « Les Rives » Afternoon Tea.

Friday 31 Variety entertainment.

Dates of sporting Matches will be issued from time to time according to the state of the weather.

The Sporting Matches will consist of: I. To- boggan races. II. Ski-ing (1) Long distance.

(2) Speed. (3) Jumping. III. Bobsleigh races.

IV. Skating : figure skating, waltzing. V. Cur- ling matches.

A permanent orchestra gives three concerts a day. — Ball each Tuesday and Saturday.

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CHAMPËRY est situé dans le Val d'Illiez, au pied de l'imposant massif de la Dent du Midi ; son climat tempéré, le nombre infini des excur- sions dont il est le point de départ, la richesse de sa flore, en font un des séjours préférés des familles, des touristes et des convalescents.

CHAMPÉRY est un beau village où l'on trouve tous les perfectionnements et toutes les facilités désirables, télégraphe et téléphone, lumière et chauffage électriques, sources abondantes sous haute pression, système du tout à l'égoùt, établissements de bains, salons de coiffure, beaux maga- sins. Un docteur et un pharmacien y sont en résidence et les malades ont en outre, ;'i. leur disposition, une source d'eau minérale sulfureuse, alcaline et lithinée d'une grande efficacité. Pendant toute la saison, de nombreuses distractions sont réservées aux séjournants, tels que concerts, bals, fêtes alpestres, feux d'artifice, jeux de lawn-tennis et croquet, pèche, etc. Beaucoup de convalescents font avec succès des cures de lait et de raisin ; les familles trouvent, en outre, à Champéry, le grand avantage de pouvoir prendre des leçons de français, allemand et anglais, données par des profes- seurs résidant à la station ; les étrangers peuvent également suivre les cultes catholique, protestant évangélique et anglican.

La Société d'embellissement et a'utili'ê publique fait chaque année de grands frais pour rendre le séjour de Champéry de plus en plus agréable aux nombreux touristes qui le fréquentent pendant la saison.

Le Val d'Illiez a une flore superbe qui renferme des espèces très rares ; elle est en plein épanouissement dès le mois de Juin et transforme toute la région en un merveilleux parterre fleuri ; en automne, les belles forêts présentent l'agréable spectacle de leurs solitudes empourprées.

Grâce à sa position abritée et à son chemin de fer ouvert toute l'année, Champéry constitue à la fois une station estivale et hivernale

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P r i x m o d é r é s . A r r a n g e m e n t s pour familles et séjour prolongé.

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J . G A S T A L D O & K R A F T , p r o p r . , m e m b r e s du C. A . S.

TRETIEN (Triquent) s. Salvan (Altitude 1062 m.)

Hôtel-Pension Chalet de la Forêt

Recommandé par le Touring Club de France

Position superbe à 200 mètres du village et de la station du chemin de fer électrique Martigny-Châtelard-(Chamonix). — Belles places et fo- rêt attenante. - Confort moderne. - Arrangements pour familles et séjours prolongés. — Cuisine soignée. flug. & Alexis Gross, prop.

VINS DU VALAIS

en fûts et en bouteilles Spécialité de bouteilles

Clos de Montibeux et Dole

Vins à Martigny, Suisse

Touriste - Bazar - Martigny

Articles de voyage. Assortiment complet pour alpinistes. Grand choix de vues, cartes postales et souvenirs du pays. Bois sculptés. Fournitu- res pour photographes. Journaux. Librairie. Papeterie. Parfumerie. Arti- cles de pêche. Tabacs et cigares. Mercerie. Bonneterie. Lingerie. Confec- tion. Ombrelles et parapluies. Miel de montagne, expédition en boîte à partir d'un kilog. Feux d'artifices. Lanternes vénitiennes. Drapeaux.

A. S a u t h i e r - C r o p t , M a r t i g n y .

Salvan - 3Cotel JSellevue

Restauration à toute heure. — Cuisine soignée. — Pension depuis 5 fr.

par jour. — Nombreuses excursions. — Arrangements pour familles.

A proximité de la gare du Martigny-Châtelard

E. BO C H A T A Y, p r o p r i é t a i r e .

Le Bioley s. Salvan

Altitude 1000 m.

Pension C h e n el du Belvédère

A 5 minutes de la gare de Salvan, sur la ligne du Martigny-Châtelard- Chamonix. Belle vue sur les Alpes et la vallée du Trient. A proximité

de magnifiques forêts de sapins. . Nombreuses promenades. Prix modérés.

L. C H E S B A U X .

GRAND BAZAR DE FINHAUT

F. LUG-ON, p r o p r i é t a i r e

Articles de s p o r t s . — A s s o r t i m e n t s p o u r alpinistes. — G r a n d choix de cartes postales illustrées. — T a b a c s et cigares. —

Biscuits anglais. — Conserves. — Bois sculptés.

D é p ô t du Guide de la Vallée du Trient, d A u g . W a g n o n .

Martigny-Ville

JACQUES SPAGNOLI

Spécialités de pâtes, système napolitain. Minoterie à maïs.

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FAVRE Frères, Martigny-Ville

Rue du Rhône, 17

Grands Magasins à r Jîuenue de la Gare

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Grand choix d e chambres à coucher, salons, salles à manger, Meubles fantaisie, linoléums, tapis, rideaux, etc.

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Bourg-St-Pierre — Chemin s. Martigny — Col des Planches — Martigny — Orsières — Trient

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r^ TRIENT (1295 mètres)

TRIENT

r Station alpestre de séjour et de passage, à proximité du magnifique Glacier du Trient. Centre d'excur-

sions renommé et de pro- menades en tous genres, dont les principales sont l'flrpille, le Col de Bal- me sur Chamonix, le Col de la Forclaz sur Aartigny le Glacier d'Or- ny, la Croix de Fer, la Pointe Ronde, l'Aiguille du Tour et ses tributaires.

Trient est à égale distance de la vallée du Rhône et de la vallée de Chamonix.

La température est très salubre et maintenue fraî- che tout l'été grâce au voisinage du glacier. Trient a le télégraphe, le téléphone et deux services postaux

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uotidiens et se trouve à 6 km. de la gare Chàtelard-Trient de la ligne Martigny- hamonix. La plus jolie promenade à faire en partant du Châtelard. Voitures sur demande à l'arrivée des trains. Hôtels confortables; prix de pension modérés ^'*HBM

• HOTELS : Srand JCôtet du Jrient

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Propriétaire : M. Alfred Gay-Crosier.

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Même Maison: Hôtel-Tension des Orangers à (Cannes.

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3Côtel du Slacier du Jrienf

Propriétaire : M. G. Gay-Crosier, GLACIER DU TRIENT

HOTEL-PENSIOM DE LH TETE-NOIRE

1200 m. T R I E N T ( V a l a i s ) 12C0 m.

— Valentin C R E T T O N , propriétaire — Position indépendante à la lisière des belles forêts

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Ligne électrique Martigny-Chamonix. 1/2 heure de la Station Châtelard-Trient * * * » * * R o u t e ouverte a partir de cette année a u x automobiles voulant passer de Chamonix, Châtelard, Tête-Noire, Trient à Martigny.

HOTEL DU GRAND SAINT-BERNARD, Martigny

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En face de la Gare es. — Prix modérés. — Entièrement restauré. — Voitures à l'hôtel pour Chamonix, le Grand-Saint-Bernard, etc. Louis BESSE, propr.

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Chemin sur Martigny

Altitude 800 m. — Nouvellement construit avec tout le confort moderne

— A 1 h. >/2 de la gare de Martigny — Situation exceptionnelle. — Vue splendide. — Excellente eau de source. — Bonne cuisine française.

B o n s lits — Prix t r è s m o d é r é s .

Voitures à la gare de Martigny sur demande. — Poste et téléphone.

H e n r i MEUNIEK, propriétaire.

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HOTEL DES ALPES m Ä s

Départ des diligences pour le Grand-St-Bernard. — Chambres confor- tables. — Restauration à toute heure. — Prix modérés. — A 5 minutes de la gare. — Poste, télégraphe et téléphone à l'Hôtel.

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Hôtel Kl user et Poste-Martigny-vme

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Hôtel bien recommandé, situé en face de la gare du chemin de fer élec- trique Martigny-Ville et Chamonix, et.près de la Halte du Martigny-Or- sières, Grand St-Bernard. — Omnibus à la gare. — Adr. télég. Posthôtel.

Prop., R. KLCJSER, membre du Club alpin suisse, Section Monte-Rosa.

Hôtel National

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A côté de la Station Martigny-Chamonix. — Chambres depuis fr. 2.60.

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R . - T h . B A U M A N N , n o u v . p r o p r i é t a i r e .

MARTIGNY (Valais)

HOTEL DE LA GARE ET TERMINUS

Vis-à-vis des gares Martigny-Chamonix, Martigny-Orsières et Simplon C. F. F. Provisions pour touristes. Dîner-carton. Voiturette-buffet sur le

quai à tous les trains

E. OrISSER-WILLrl, propriétaire.

COL-DES-PLANCHES s. Martigny (Valais)

fiôtel du mont Uelan

Altitude 1440 mètres.

Station climatérique de premier ordre. Position exceptionnelle domi- nant la vallée du Rhône, les vallées de Bagnes et du Grand-St-Bernard.

Voiture à tous les trains en gare de Martigny sur demande. Etablissement neuf bâti au centre d'un parc de mélèzes. Forêt de sapins à proximité.

Source de montagne alimentant l'hôtel. Cure de lait. Tennis. Chalet indé- pendant. Confort moderne. Chauffage central. Poste, téléphone, télégraphe à l'hôtel. Bains. Billard. Z. TORNflY, prop.

BOURG-ST-PIERRE eu» m.)

Hotel du Déjeuner de Napoléon

Etape du Grand-Saint-Bernard, à 3 h. iJ2 de l'Hospice, à l'entrée du Val- sorey (nouv. cabane du Club alpin). Pension. Arrêt des diligences postales.

L'hôtel est renommé pour l'arrêt qu'y fit Napoléon 1er à son passage du Grand-Saint-Bernard en 1800. On peut y visiter les meubles et usten- siles dont il fit usage. — Poste et télégraphe dans la maison!

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Références

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