Leçon 59
Limite à l’infini d’une fonction à valeurs réelles. Branches infinies de la courbe représentative d’une fonction. Exemples. (Calculatrice)
Pré-requis : - Notion de limite finie ou infinie d’une fonction en un point de IR.
Pré-requis : - IR = IR ∪ {± ∞} Pré-requis : - Inégalité triangulaire
Pré-requis : - DL (dans le dernier exemple)
Dans toute la leçon f désigne une fonction à valeurs réelles définie sur un intervalle I non borné (i.e ∃ a ∈ IR tel que I = ]–∞, a[ ; I = ]a, +∞[ ou I = ]–∞, +∞[).
1 – Limite à l’infini
a) Limite finie Définition : Soit l∈ IR.
On dit que f a pour limite l en +∞∞∞∞ (ou que f (x) tend vers l lorsque x tend vers +∞) si : (∀ ε > 0) (∃ A ∈ IR) (∀ x ∈ I) x > A ⇒ |f (x) – l | < ε.
On dit que f a pour limite l en –∞∞∞∞ si : (∀ ε > 0) (∃ A ∈ IR) (∀ x ∈ I) x < A ⇒ |f (x) – l | < ε.
Remarque : Tous les résultats suivant seront donnés pour la limite de f en +∞. On aura des résultats analogue en –∞.
Interprétation graphique
Proposition 1 : Si f admet une limite en +∞∞∞∞ alors cette limite est unique.
Preuve : Soit llll et l’l’l’l’ deux limites de f en +∞∞∞∞ avec llll≠≠≠≠l’l’l’l’. Soit εεεε = |llll – l’l’l’l’ | 4 > 0.
Par définition : ∃∃∃∃ A > 0, ∀∀∀∀ x ∈∈∈∈ I, x > A ⇒⇒⇒⇒ |f(x) – llll | < εεεε
∃∃∃∃ B > 0, ∀∀∀∀ x ∈∈∈∈ I, x > B ⇒⇒⇒⇒ |f(x) –l’ l’ l’ l’ | < εεεε
Soit C = max (A, B) > 0, ∀∀∀∀ x ∈∈∈∈ I , x > C ⇒⇒⇒⇒ |f(x) – llll | < εεεε et |f(x) – l’ l’ l’ l’ | < εεεε. 0 < |llll – l’ l’ l’ l’ | ≤≤≤≤ |f(x) – llll | + |f(x) – l’l’l’l’ | < 2εεεε = |llll – l’ l’ l’ l’ |
2 ⇒⇒⇒⇒ 0 < |llll – l’l’l’l’ | < 0. Absurde ! Donc llll = l’l’l’l’, d’où l’unicité. ■
Notation : Si l est la limite de f en +∞, on note lim
x → +∞f (x) = l. Remarque : Si lim
x → +∞f (x) = l alors ∃α > a tel que f est bornée sur [α, +∞[ et si lim
x → –∞f (x) = l alors ∃α < a tel que f est bornée sur ]–∞, α].
Exemple : ♠ f :
IR*→ IR x →3x + 1
x
admet 3 comme limite en +∞.
En effet, pour x ∈ IR*, 3x + 1 x – 3 = 1
x . Soit ε > 0, on pose A = 1
ε ; donc ∀ x ∈ IR*, x > A ⇒ |f (x) – 3| = 1 x < ε.
b) Limite infinie
Définition : On dit que f admet +∞∞∞∞ (resp. –∞) pour limite en +∞ si :
(∀ B ∈ IR) (∃ A ∈ IR) (∀ x ∈ I) x > A ⇒ f (x) > B (resp. f (x) < B).
On dit aussi que f (x) tend vers +∞∞∞ quand x tend vers +∞ (resp. –∞). ∞ Notation : Dans ce cas, on note lim
x → +∞f (x) = +∞ (resp lim
x → +∞f (x) = –∞).
Remarque : ♣ On a définition analogue pour la limite en –∞ : On dit que f admet +∞∞∞∞ (resp. –∞) pour limite en –∞ si :
(∀ B ∈ IR) (∃ A ∈ IR) (∀ x ∈ I) x < A ⇒ f (x) > B (resp. f (x) < B).
♣ Dans les conditions de ces définitions, f n’est bornée sur aucun intervalle du type [α, +∞[ (resp. ]-∞, α]) et f n’a pas de limite réelle en +∞ (en -∞).
Interprétation graphique
Exemple : ♠ g :
IR–{1} → IR x →x² – 1
2x – 2
admet +∞ comme limite en +∞.
En effet, g(x) = (x – 1)(x + 1) 2(x – 1) = x + 1
2 . Donc g(x) > B ⇔ x + 1
2 > B ⇔ x > 2B – 1. On prend A = 2B – 1.
2 – Opérations algébriques
Proposition 2 : Soit g une fonction définie sur I à valeurs dans IR. Si les fonctions f et g admettent pour limites respectives llll et l’l’l’l’ ∈∈∈∈IR en +∞∞∞∞, on a alors :
1. Limite de la fonction f + g.
lim f
lim g l +∞ –∞
l’ l + l’ +∞ –∞
+∞ +∞ +∞ FI
–∞ –∞ FI –∞
2. Limite de la fonction f.g lim f
lim g l ≠ 0 l = 0 +∞ –∞
l’≠ 0 l.l’ 0 sg(l)∞ –sg(l)∞
l’ = 0 0 0 FI FI
+∞ sg(l)∞ FI +∞ –∞
–∞ –sg(l)∞ FI –∞ +∞ 3. Limite de la fonction 1/f ; où f ne s’annule pas à partir d’un certain rang
lim f l ≠ 0 0+ 0– +∞ –∞
lim 1 f
1
l +∞ –∞ 0+ 0–
Remarque : ♣ La fonction sg donne simplement le signe du réel (par exemple, l > 0 ⇒ sg(l) est +).
♣ Les formes indéterminées correspondantes aux cas où l’on ne peut pas répondre directement.
Une indétermination signifie que l’on peut avoir toutes les limites possibles : +∞, –∞, limite finie ou pas de limite. Par exemple pour f + g avec f → +∞ et g → –∞ : (Avec a ∈ IR)
f g f + g limite éventuelle
x² –x
x² – x = x²
1 – 1
x +∞
x –x²
x – x² =
1
x – 1 x² –∞
x + a –x a a
x cos x – x cos x pas de limite finie
♣ Grâce à la limite d’un produit et à l’inverse, on en déduit la limite d’un quotient de deux fonctions.
Preuve : Les propriétés relatives aux opérations algébriques sont analogues à celles qui concernent les limites en un point réel.
Preuves partielles :
Lim f = +∞∞∞∞ et lim g = +∞∞∞∞. Soit εεεε > 0, alors :
∃∃∃∃ A ∈∈∈∈ IR, ∀∀∀∀ x ≥≥≥≥ A, f(x) ≥≥≥≥εεεε et ∃∃∃∃ B ∈∈∈∈ IR, ∀∀∀∀ x ≥≥≥≥ B, g(x) ≥≥≥≥εεεε, d’où ∀∀∀∀ x ≥≥≥≥ max(A, B), f(x) + g(x) ≥≥≥≥ 2εεεε d’où lim (f + g) = +∞∞∞∞. Lim f = +∞∞∞∞ et lim g = –∞∞∞∞. Soit εεεε > 0, alors :
∃∃∃∃ A ∈∈∈∈ IR, ∀∀∀∀ x ≥≥≥≥ A, f(x) ≥≥≥≥εεεε et ∃∃∃∃ B ∈∈∈∈ IR, ∀∀∀∀ x ≥≥≥≥ B, g(x) ≤≤≤≤εεεε,
d’où ∀∀∀∀ x ≥≥≥≥ max(A,B), – f(x) g(x) ≥≥≥≥ –εεεε² ⇔⇔⇔⇔ f(x)g(x) ≤≤≤≤εεεε² donc lim (f g) = –∞∞∞∞. Lim f = 0 et f > 0. Soit εεεε > 0, ∃∃∃∃ A > 0, ∀∀∀∀ x ≥≥≥≥ A, |f(x)| ≤≤≤≤εεεε donc ∀∀∀∀ x ≥≥≥≥ A,
f(x)
1 ≥≥≥≥1εεεε donc 1f→→→→ + ∞∞∞∞. ■
Exercice : Montrer que la limite en ±∞ d’une fraction rationnelle est égale à celle du quotient des termes de plus haut degré.
B
A
En déduire la limite en +∞ de f : x →4x3 + 3x 2x + 1 .
Solution : Soit g une fonction rationnelle (quotient de deux fonctions polynômes).
g(x) = P(x)
Q(x) = anxn + … + a1x + a0 bpxp + … + b1x + b0 =
anxn
1 + … + a1 an xn-1 + a0
an xn bpxp
1 + … + b1 bp xp-1 + b0
bp xp
. Donc lim
x → +∞ g(x) = lim
x → +∞
anxn bpxp .
On en déduit que lim
x → +∞
f (x) = lim
x → +∞
4x3
2x = 2x² = +∞. ♦
3 – Branches infinies
On muni le plan affine euclidien d’un repère orthonormal (O,→i ,→j ) et on note Cf la courbe représentative de f dans ce repère.
Soit x0 ∈ IR , une extrémité de l’intervalle I et Mx un point du plan tel que OM→x = x →i + f (x) →j .
Interprétation graphique de la fonction inverse
a) Définition
Définition : On dit que Cf admet une branche infinie en x0 si lim
x → x0
||OM→x|| = +∞.
Si x0 ∈ IR, on dit que Cf admet une branche infinie à gauche (resp. à droite) en x0 si lim
x → x0– ||OM→x|| = +∞
(resp. lim
x → x0+ ||OM→x|| = +∞). (i.e suivant que x0 soit l’extrémité droite ou l’extrémité gauche de I) Remarque : ♣ Cette définition ne dépend pas du point O.
En effet, si O’ ∈P, O’ ≠ O, alors par inégalité triangulaire OO’ + O’Mx≥ OMx ⇔ O’Mx≥ OMx – OO’.
On en déduit que lim
x → x0
||OM→x|| = +∞ ⇔ lim
x → x0
||O’M→x|| = +∞.
Proposition 3 : 1) Si x0 ∈∈∈∈ IR, alors Cf admet une branche infinie en x0 si, et seulement si,
x →lim→→→ x0
|f (x)| = +∞∞∞∞.
2) Si x0 ∈∈∈∈ {+∞∞∞∞, –∞∞∞}, alors C∞ f admet toujours une branche infinie en x0.
Preuve : On a OMx = x² + f(x)² ; d’où OMx² = x² + f²(x).
1) On a lim
x →→→→ x0
OMx = x0² + lim
x →→→→ x0
f(x)², donc
x lim→→→→ x0
OMx =+∞∞∞∞ ⇔⇔⇔⇔ lim
x →→→→ x0
f(x)² = +∞∞∞∞ ⇔⇔⇔⇔ lim
x →→→→ x0
|f(x)| = +∞∞∞∞. 2) Si x0∈∈∈∈ { –∞∞∞∞, +∞∞∞∞ }. On a lim
x →→→→ x0
OMx = +∞∞∞∞ (i.e Cf admet une branche infinie en +∞∞∞∞ ou –∞∞∞∞). En effet,
→→→→
OMx = x→→→→i + f(x)→→→j → ⇒⇒⇒⇒ OMx = x² + f(x)² ≥≥≥≥ |x|, et x →→→→ ± ∞∞∞∞ achève la démonstration. ■
b) Asymptotes
Définition : On suppose que Cf admet une branche infinie en x0.
Si x0∈ IR, on dit que la droite d’équation x = x0 est asymptote verticale à Cf en x0. Si lim
x → +∞f (x) = l, on dit que la droite d’équation y = l est asymptote horizontale à Cf en +∞.
Soit (a, b) ∈ IR* × IR. Si lim
x → +∞
(
f (x) – (ax + b) = 0, on dit que la droite d’équation y = ax + b est)
asymptote oblique à Cf en +∞.
Exemple : Soit la fonction g définie par
IR–{-1} → IR x → 1
1 + x .
On détermine facilement que lim
x → -1+ g(x) = +∞ et limx → -1– g(x) = –∞, donc x = –1 est asymptote verticale à Cf en –1.
De plus, lim
x → ±∞g(x) = 0 ; donc g admet une l’asymptote horizontale en +∞ et –∞ d’équation y = 0.
Représentation graphique de g
Remarque : La courbe représentative de f : x →1 x sin 1
x admet (Oy) comme asymptote à droite en 0 mais pourtant f n’a pas de limite à droite en 0.
En effet, montrons par le critère séquentiel que la f n’admet pas de limite en 0. On prend deux suites (xn) et (yn) définies pour n ≥ 1 par : xn = 1
2nπ et yn = 1
π/2 + 2nπ. Ces deux suites convergente bien vers 0, mais pour tout n ≥ 1, f (xn) = 0 et f (yn) = +∞. Ce qui prouve que f n’admet pas de limite en +∞.
Montrons maintenant qu’elle admet bien une asymptote verticale en 0. On a lim
n → ∞
f (yn) = +∞ ; donc f admet bien une branche infinie par la proposition 3. Finalement f admet une asymptote verticale d’équation x = 0.
Proposition 4 : Soit a et b deux réels, tels que a ≠≠≠≠ 0.
Si lim
x →→→ +∞→ ∞∞∞
f (x)
x = a et lim
x →→→→ +∞∞∞∞f (x) – ax = b, alors la droite d’équation y = ax + b est asymptote oblique à Cf
en +∞∞∞∞.
Preuve : lim
x →→→→ +∞∞∞∞f(x) – ax = b ⇒⇒⇒⇒ lim
x →→→→ +∞∞∞∞f(x) – (ax + b) = 0 ⇒⇒⇒⇒ y = ax + b asymptote à Cf en +∞∞∞∞. ■
Exercice : Soit f :
IR → IR
x →4x3 – 3x² + 4x – 2 x² + 1
. Montrer que la droite ∆ d’équation y = 4x – 3 est asymptote oblique à Cf en +∞.
Solution : Pas facile de voir l’asymptote à la calculatrice. On calcule f (x) – (4x – 3) = 4x3 – 3x² + 4x – 2
x² + 1 – 4x + 3 = 1
x² + 1→ 0+. Donc ∆ est bien asymptote oblique à la courbe en +∞, en plus on trouve que la courbe se situe au dessus de l’asymptote. ♦
c) Branches paraboliques Définition :
Si lim
x → +∞
f (x)
x = +∞, alors on dit que Cf admet une branche parabolique de direction (Oy) en +∞. Si lim
x → +∞
f (x)
x = 0, alors on dit que Cf admet une branche parabolique de direction (Ox) en +∞.
Si lim
x → +∞
(
f (x) – ax = ±)
∞, alors on dit que Cf admet une branche parabolique de direction la droite y = ax en +∞.Exemples : 1) x → ex ; x → x² 2) x → ln x ; x → x 3) x → 3x + ln x ; x →2x + 5 + x x 3x + 2
Exercice : Montrer que Cf avec f :
IR → IR x → x
1 + e1/x
admet une asymptote en –∞ et +∞.
Solution : On utilise la proposition 4. En effet, f (x) x = 1
1 + e1/x ⇒ lim
x → +∞
f (x) x = 1
2. On a donc trouvé le nombre a non nul de cette proposition. On continue
On a pu utiliser le développement limité de l’exponentielle au voisinage de 0 car 1/x tend justement vers 0 lorsque x → ∞. Ceci nous donne alors
On trouve ainsi le nombre b de la proposition 4, qui nous permet donc d’affirmer que la droite D d’équation y = 1 2 x – 1
4 est asymptote oblique à Cf en +∞. Il se trouve que les calculs donnent le même résultat pour –∞, et on peut donc dire que D est asymptote oblique à Cf en ±∞.
Pour la position, il suffit de calculer lim
x → +∞ f (x) – x 2 + 1
4, et de comparer avec 0. ♦
Définition : Soit a ∈ IR*. Si lim
x → +∞
f (x)
x = a, et f (x) – ax n’a pas de limite en +∞, alors Cf admet une direction asymptotique y = ax.
Exemple : f : IR → IR
x → x + sin x.
3 – Compléments
Théorème de comparaison et d’encadrement
Récapitulatif des branches infinies
f(x) n’a pas de limite f(x)
x n’a pas de limite pas de conclusion f(x) = x sin x
lim
x → +∞
f(x)
x = 0 direction
asymptotique (Ox) f(x) = sin x
lim
x → +∞f(x) = b asymptote
horizontale y = b f(x) = 3x + 1 x
lim
x → +∞f(x) = ±∞ f(x)
x n’a pas de limite pas de conclusion f(x) = x(sin x+2)
lim
x → +∞
f(x)
x = a f(x) – ax n’a pas de limite
direction
asymptotique y = ax f(x) = 2x + cos x
lim
x → +∞
f(x) – ax = ±∞ branche parabolique
de direction y = ax f(x) = x – ln x
lim
x → +∞f(x) – ax = b asymptote oblique
y = ax + b f(x) = 3x² + 1 x + 1
lim
x → +∞
f(x)
x = ±∞ branche parabolique
de direction (Oy) f(x) = x3 + 1 x – 2