Seizième Année. — N
u85 Prix du numéro : 10 centimes
P A
Dimanche 27 Octobre 1901.
Bureaux : Rue de la Serre, 58
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Un a n : Six mois:
Suisse . . . . Fr. 6»— Fr. 3»—
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Paraissant le Jamil et le DimanchB a la Chaux-Se-Fonds
ANN0N6ES
suisses 20 ct., étrangères 25' et. la ligne OllVes et demandes de place
10 centimes la ligne.
Les annonces se paient d'avance.
Organe de la Chambre suisse de l'Horlogerie, des Chambres de commerce, des Bureaux de contrôle et des Syndicats professionnels.
Les Consulats suisses à l'étranger reçoivent le j o u r n a l .
Bureau des Annonces: HAASENSTEIN & VOGLER, 32, rue Leopold Robert, CHAUX-DE-FONDS et succursales en Suisse et à l'étranger.
Conflit des monteurs de boîtes Dans la dernière conférence entre les comités patronal et ouvrier, qui a eu lieu vendredi, un projet de réglementation du travail, présenté par la commission mixte a été accepté, ainsi q u ' u n e tarilicalion dé- battue en commun.
Le travail a repris dès samedi matin dans les fabriques et l'étal de grève n'existe plus.
L'assemblée générale des chefs de fabri- ques a ratifié les propositions des comités et l'on a lieu de croire que l'assemblée gé- nérale de la Fédération ouvrière les rati- fiera aussi.
La convention n'aura définitivement force de loi qu'une fois la Fédération suisse des ouvriers monteurs de boites et sa section de Ja Chaux-de-Fonds inscrites au registre du commerce.
La convention a une durée de 2 ans et se renouvelle d'année en année, si aucune des parties ne la dénonce II mois avant son expiration.
La liquidation de l'exposition universelle
Voici déjà six mois que l'Exposition a fermé ses portes d'or, lisait-on en juillet dernier duns VEmancipation. Pourtant les ruines sont encore en partie debout, en sorte que le temps consacré soit à la construire, soit à la démolir, aura re- présenté dix fois la durée de sa courte existence ? Elle aura laissé après elle, non seulement beaucoup de plâtras, mais aussi pas mal de dé- ceptions, quoique pourtant on ait exagéré les pertes qu'elle a causées. Comme il arrive toujours en pareil cas, ceux qui ont fait de bonnes affai- res — et ils ont été encore assez nombreux, nous en avons reçu le témoignage discret de plusieurs exposants étrangers — ont fait beaucoup moins de bruit que ceux qui avaieent perdu de l'argent.
Néanmoins, il est certain que beaucoup de res- taurants et d'attractions ont perdu de grosses sommes. Ils avaient été grisés par les fortunes faites lors de l'Exposition de 1889 (le restaurant le plus favorisé avait gagné alors prés de deux- millions, et le plus modeste encore 40,000 fr.) el, stimulés par les prévisions imprudentes de l'Administration, qui avait escompté un nombre de visiteurs double de celui de 1889, ils avaient aussi escompté des bénéfices doubles. De là, une concurrence effrénée qui ne pouvait aboutir qu'à un désastre financier pour les entrepreneurs. Eu 1889, il n'y avait que 37 restaurants concession-
naires. En 1900, il y e n a eu 207, dont beaucoup, il est vrai, n'étaient que des sortes de buvettes, mais c'étaient précisément les plus fréquentées.
Les attractions aussi étaient beaucoup trop nombreuses. On avait fait le compte que pour aller à toutes il aurait fallu dépenser G00 francs.
J e crois ce compte exagéré. Un grand nombre, d'ailleurs, étaient sans valeur artistique et dépa- raient l'Exposition. Leur insuccès a été mérité.
Et cependant l'Administration, très maternelle, a consenti à leur allouer des indemnité fixées par un tribunal arbitral.
Les entrepreneurs ont englouti dans ces spec- tacles et restaurants environ 80 millions de francs capital qui élevait être amo>\:i en 200 jours, des- quels encore il faut déduire presque 30 jours pendant lesquels l'Exposition n'était pas prèle.
Gela représentait donc, rien que pour frais d'a- mortissement, environ 500,000 IV. par jour, somme qui doit être au moins doublée pour les frais de service du personnel. Or le nombre des entrées a été de 250,000 par jour. Il aurait donc fallu que chaque visiteur dépensai en moyenne de 3 à 4 francs par jour (10 à 20 francs par famille) au restaurant ou nu spectacle, pour que ces établis- sements pussent seulement faire leurs frais.
Le directeur d'un des restaurants, non le plus grand, m'u dit avoir payé 180,000 francs de con- cession et 220,000 francs de construction, total 400,000 francs d'avances à amortir en moins de 200 jours, soit plus de 2,000 froncs par jour, et ses frais généraux s'élevaient à 1,600 francs pat- jour, c'est-à-dire qu'avant de faire un sou de bé- néfice net, il fallait d'abord prélever 3,(J00 francs sur la recelte quotidienne! ou bien encore, le prix du repas étant à 3 fr. 50 el à 4 francs, ce n'était qu'après le millième repas servi que les bénéfices commençaient! C'est de le démence.
Il y a eu 9 attractions (sur 58 en tout) qui ont dépensé en frais d'installation des sommes va- riant de 2 à 4 millions: Plateforme mobile, Grande roue, Vieux Paris, Village suisse, Globe céleste, Palais de l'optique, Palais du costume, Tour du monde, ce qui représente, pourcliacune d'elles, 10 à 20,000 francs par jour rien que pour l'amortissement du capital. Aucune foule, quand bien même les 05 millions de visiteurs attendus seraient venus, n'aurait pu jeter assez d'or pour combler ces gouffres !
D'autant moins que la foule, qui est venue à l'Kxposilion et qui, quoique inférieure aux pré- visions, à dépassé toutes les Expositions précé- dentes,1) — à certains jours le spectacle de celte mer humaine vu de la pente du Trocadéro ôlait vraiment impressionnant, — ne comptait pas (1) Voici le chiffre des entrés aux grandes Expositions:
ISfil (Londres) 6.000.000 1870 (Philadelphie). 11.0110.000 t8:;r; (Paris).... 4.500.000 1878 (Paris) 12.000.000 18ii2 (Londres) 0.000.000 I8K'.) (Paris) 28.000.(100 18<>7 iParis).... 8.200.000 1803 (Chicago) 30.000.000 1873 (Vienne).. 7.000.000 1900 (Paris) 51.000.000
On voit «pie l'accroissement est régulier comme une progression arithmétique.
beaucoup de riches. Aucune Exposition n'a eu une clientèle plus populaire que celle-ci: on ne voyait que des familles déjeunant et dînant sur les bancs ou sur les pelouses.
Le peuple, surtout de Paris el de la banlieue, y était attiré parce que l'entrée était quasi-gra- tuite, le ticket étant tombé presque tout de suite à 25 centimes. Et d'autre part, la clientèle riche était écartée par diverses raisons, et avant tout par l'incroyable manque de tout moyen de trans- port dans l'intérieur de l'Exposition. De pauvres diables pouvaient se résigner à piétiner pendant des kilomètres el des kilomètres, quilles, quand les jambes leur rentraient dans le corps, à s'é- tendre le long du quai ou au bord des allées, mais les messieurs et les dames, après avoir fait une expérience de ce genre, en" avaient généra- lement assez. Ajoutez que « l a bonne société»
française a boudé l'Exposition, dont elle avait espéré l'avortement, et que dans la clientèle étrangère les Anglais ont t'ait défaut, moins en- core par suite de la guerre du Transvaal, que parce que les éructations furibondes de beaucoup de nos journaux leur donnaient à craindre d'être mal reçus. Il est vrai que les Allemands sont accourus en masse, mais les marcks allemands ne valent pas les guinées anglaises.
Si l'Exposition a fait perdre de l'argent à un certain nombre d'entreprises privées, faut-il dire du moins, qu'elle en a fuit gogner à l'Etat, à la ville de Paris, à notre commerce, à nos che- mins de fer, à notre industrie? C'est à voir.
En ce qui concerne l'Etat, il a subi un déficit, les dépenses ayant été de 116 millions de francs et les recettes totales (émission des tickets, con- cessions, etc.) ne s'étant élevées qu'à 74 millions en chiffre rond, donc excédent de dépenses de 42 millions de francs environ.1) Mais il faut tenir compte que, dans ces dépenses, ont été englobés les frais de construction du Grand palais des Champs-Elysées, qui remplacera l'ancien Palais de l'Industrie qui a bien du coûter une quinzaine de millions. Cette défalcation faite, l'éxcédenls des dépenses ne serait plus que de 27 millions.
(1) Pourtant. l'Exposition do 1880 est toujour citée com- me une magnifique affaire ayant donné un boni de plus de 8 millions de francs, et elle, eu effet, a rapporté aux heureux souscripteurs du capital de garantie 9"/0 du capi- tal qu'ils avaient garanti et 430o/o du capital qu'ils avaient effectivement versé. Mais cela tient simplement h ce que l'Etat avail versé une subvention do 25 millions. Si Ion déduit des receltes la subvention de 2"> millions, ce boni apparent se change bien en un déficit do 17 millions.
Do même, l'Exposition de 1900 a reçu de l'Etal el de la Ville de Paris 10 millions de subventions, ce qui réduit le déficit, sur les comptes officiels, à un déficit apparent de 2 millions seulement.
Les Expositions étrangères, d'ailleurs, n'ont guère élé plus favorisées. Celle de Vienne, en 1873. a été un désas- tre: elle a laissé plus de 30 millions de déficit. Celle même do Chicago, en 1893, qu'on donne généralement comme un succès, a laissé, tout compte fait, 20 millions de francs de perle sur 120 millions qu'elle avait coûté.
490 LA F E D E R A T I O N H O R L O G E R E SUISSE Du reste, toutes nos Expositions sans excep-
tion se sont soldées en déficist:
1855 . . déficit 9 millions 1807 . . — 8 — 1878 . . — 38 — 1889 . . — 17 — 1900 . . — 42 —
Il est vrai que les mômes remarques que nous avons faites pour l'Exposilion de 1900, doivent être plus ou moins appliquées aux expositions précédentes, je veux dire que les déficits ont été en partie compensés par l'acquisition de certains monuments permanents (le palais du Trocadéro en 1878, la galerie des machines en 1889, etc).
La ville de Paris a du ôlre plus heureuse que l'Elut. Il est certain que sa subvention de 20 millions de francs a du lui être remboursée avec usure par la plus-value de ses octrois, et par dessus le marché elle a reçu comme legs de l'Ex- position le Petit-Palais, les belles serres de Cours la Reine et le Pont Alexandre, qui ne représen- tent plus, du moins comme prix de revient, que la valeur de la subvention.
Le commerce local de la capitale a dû faire des bénéfices considérables, mais qu'il est im- possible d'évaluer. Les théâtres surtout, qui ont fait un tiers de recettes en plus que l'année pré- cédente (46,705,000 fr. en 1900 contre 32,159,000 en 1899); les hôtels aussi : cependant il y a eu là de grosses déceptions dues aux mêmes causes que celles que nous avons indiquéeo pour les
"attractions. La Société des hôtels du Trocadéro a fait faillite et probablement d'autres aussi. Les voyageurs étaient très mal renseignés, et tandis que les hôtels de certains quartiers regorgeaient et en profilaient pour exploiter les clients, d'au- tres offraient vainement des chambres aux prix les plus modiques. Nous en avons connu per- sonnellement d'excellents et à bon compte qui sont restés presque vides.
Mais ne faut-ii pas compter que presque tout ce qu'a gagné le commerce de la capitale a été perdu par les commerçants de province?
Les chemins de fer français ent vu leurs re- cettes brutes augmentées de 94 millions sur l'an- née 1899, mais leurs dépenses, par une curieuse coïncidence, ont augmenté précisément de 93 millions de francs, ce qui fait que, comme béné- fice net, l'accroissement a été de zéro ou peu s'en faut.
Les gares de Paris ont vu débarquer 7 mil- lions et demi de voyageurs de plus que l'année précédente. Combien d'étrangers sur le nombre?
Environ '/
10> croit-on, donc 7 à 800,000. En semme, une bonne partie des 50 millions d'en- trées de l'Exposition a été fournie par les Pari- siens eux-mêmes.
Le commerce international, non seulement n'a pas gagné, mais a perdu. En effet, si l'on com- pare l'année 1900 à l'année précédente, on constate une diminution de 74,003,000 l'r. sur les exportations et de 109,778,000 fr. sur les impor- tations. On peut supposer, il est vrai, que les emplettes faites par les étrangers et emportées dans leurs malles ont compensé, dans une cer- taine mesure, la diminution de nos exportations.
Nul doute qu'ils n'aient laissé beaucoup d'or en France, car la Banque de Prance a vu son en- caisse or s'élever progressivement de 1,910 mil- lions de francs en avril a 2,300 millions de francs en novembre, soit un accroissement de près de 400 millions de francs.
En somme, les résultats financiers, commer- ciaux et économiques de l'Exposition paraissent médiocres et hors de proportion avec l'énorme effort accompli. Mais on le savait d'avance.
C'était une belle fôle que la France offrait à elle- même. El on sait bien que toute fête coûte fort cher. Même les nations invitées par la France ont fait de leur côté, pour lui faire et pour se faire honneur, de fortes dépenses.
On s'est demandé dans une revue — et on a môme, suivant l'usage, adressé des questionnaires à ce sujet — si celle Exposition serait la der- nière? On peut répondre négativement et sans hésiter. Il y en a déjà une qui vient de s'ouvrir à Glasgow, une autre est en préparation à Liège, et nul doute que l'Allemagne n'en offre bientôt au monde une grandiose pour célébrer son éton- nante fortune. Même en France, on peut comp- ter qu'au terme des dix ans réglementaires, le projet d'une Exposition universelle reviendra sur le lapis. Trop de gens sont intéressés à ces grandes kermesses, architectes, industriels, in- génieurs, artisles, pour en laisser perdre la tra- dition. D'ailleurs, quand les titulaires des 33,000 médailles et des 3 ou 4,000 décorations
seronls morts ou auront été oubliés, le besoin d'une nouvelle pluie se fera sentir. Et même les sages doivent regarder les Expositions, si coû- teuses qu'elles soient, avec indulgence, car dans ces temps de nationalismes féroces et d'arme- ments imbéciles, elles apparaissent comme une faible, mais précieuse manifestation de politesse internationale. Les jours d'Exposition sont, pour une nation, comme les jours de réception pour une belle dame: on y échange des propos ai- mables, môme quand on se hait, et c'est bien quelque chose. Cela vaut bien quelques millions.
CII. GIDE.
La richesse française et sa décadence La Revue (ancienne Revue des Revues), publie sur ce sujet, une longue élude où elle examine successivement les travers et les erreurs de noire commerce et de notre industrie. Le « m a n q u e d'initiative», voilà une cause morale de noire stagnation éco- nomique.
Ce reproche parait étrange à qui a lu notre histoire : s'il est un peuple doué de l'amour des entreprises, c'est bien le peu- ple français. Sa force d'expansion dans tous les domaines a été singulière : par ses conquêtes militaires, coloniales, indus- trielles, intellectuelles, il a débordé main- tes fois sur l'Europe et sur le monde.
Jamais en repos, son activité était marquée de hardiesse et d'audace. Comment les descendants de ces grands marchands qui avaient le monopole du commerce aux Fchelles du Levant sont-ils devenus les individus timorés et circonspects qui nous e n t o u r e n t ? Le lait est é v i d e n t : le Fran- çais moyen parait aujourd'hui se méfier des aventures. Il se replie sur lui-même.
Il est effrayé des risques du commerce comme en politique. Vivre petitement, mais sûrement, lui semble préférable à un aléa qui pourrait être brillant. Il se ré- sout à la médiocrité, il l'aime et s'y enfonce par crainte de la déchéance. Cet élat d'es- prit accuse sans doute une lassitude due à des circonstances historiques: après de grands débordements militaires et écono- miques, le besoin du repos semble nous dominer. Plus de querelles extérieures; Fa- choda — plus d'expansion économique : protectionnisme — plus d'émigration, mais des colonies où l'on exporte des militaires et des administrateurs.
Conséquences de ce manque d'initiative:
le goût du fonctionnarisme et toutes les habitudes qu'il entraîne : l'égoïsmc de l'in- dividu (pay
rs de célibataires) ; l'égoïsme de la famille (pays de (ils uniques).
(Moniteur de la bijouterie et de Vhorlogerie.)
La Bourse du Travail indépendante à P a r i s
Elle vient de s'ouvrir rue des Vertus, dans le quartier des Arts-et-Méliers.
C'est une scission avec la Bourse socia- liste de la rue du Chàleau-d'Eau. Celle-ci, à vrai dire, n'est plus aujourd'hui qu'un bloc de doctrine, où la théorie du quatrième Etat joue le principal rôle. Or, tous les Syndicats ne partagent pas l'opinion col- leelivisle qui veut que l'amélioration du sort des travailleurs ait pour fondement la lutte constante des classes. Plusieurs pen- sent, au contraire, cpie le capital et le tra- vail, au lieu de s'inquiéter mutuellement, peuvent et doivent s'entr'aider et se sou- tenir réciproquement : qu'une plus sage entente entre les deux camps pourrait être profitable à des intérêts communs. Dans
celte pensée, plusieurs syndicats, dont quelques uns appartenaient déjà à la Bourse du Chàleau-d'Eau, ont cherché un lieu de concentration et de réunions. Au bloc col- lectiviste, ils ont répondu par la création d'une organisation qui, elle aussi, a ses- doctrines et ses principes.
C'est évidemment, une solution. Toute- fois, il n'est pas certain qu'elle soit du goût de plusieurs militants qui, depuis longtemps, voulaient arrêter les syndicats dans cette voie. D'après quelques-uns de ces militants que nous avons vus, l'intérêt de la classe ouvrière commandait que celle séparation n'eût pas lieu, et que ces syndi- cats, par la pénétration de tous les foyers socialistes, cherchassent à faire prévaloir sur ceux-ci leur influence et à leur impri- mer une direction plus modérée. Mais cette lactique parut trop savanle aux ouvriers, et les derniers incidents de la Bourse du Chàtcau-d'Eau avec l'Hôtel de Ville n'ont fait que précipiter leur décision.
Le nouvelle Bourse sera purement pro- fessionnelle. C'est du moins son plus grand désir. La politique en sera bannie : les po- liticiens le seront-ils toujours? Ceci est plus difficile, et c'est une épreuve que la nouvelle Bourse aura à tenter. Le nombre des syndicats adhérents à celte organisation s'élève à près de 200. Il serait inexact de qualifier tous de « j a u n e s » , les syndicats de celle nuance ne disposant pas d'un effectif aussi nombreux, mais ce chiffre prouve, qu'en dehors des fédérations so- cialistes, existaient de nombreuses organi- sations éloignées des doctrines de ces der- nières et qui ne possédaient jusqu'ici aucun;
point de ralliement.
Disons encore que la nouvelle Bourse ne rétribuera pas les secrétaires de syndi- cats et que leurs fondions seront gratuites.
Ce sera évidemment le plus sûr moyen d'enrayer le mouvement de fonctionnarisme qui s'était manifesté à la Bourse du Chàteau- d'Eau.
D'ores et déjà la nouvelle Bourse possède une caisse de prêt graluit et de secours en cas de maladie. Elle s'est assurée, de plus, la bienveillance de toutes les grandes com- pagnies et a d m i n i s t r i o n s pour ses de- mandes d'embauchage.
Le Monde économique.
Cartes postales privées
Il a été remarqué ces derniers temps que les dimensions des cartes postales, émanant de l'in- dustrie privée, ne sont souvent pas conformes aux prescriptions.
Aussi bien pour l'échange dans l'intérieur de la Suisse que pour l'échange avec l'étranger, il est prescrit que les caries postales ne doivent pas dépasser les dimensions de 14 cm. en longueur 9 en largeur.
Il est, en outre, prescrit que les cartes postales privées doivent être conformes à celles émises par l'administration des postes (dans l'échange avec l'étranger, à celle de l'administration du pays d'origine) et avoir ainsi le même format que celles-ci.
Gomme il y a actuellement en circulation un grand nombre de cartes postales privées qui excèdent des dites dimensions, l'administration des postes suisses autorise jusqu'à nouvel avis, à titre de tolérance, l'expédition des caries de l'espèce qui n'excéderaient pas de plus d'un '/s cm. ces dimensions ou qui ne mesureraient pas plus d'un '/- cm. en moins, et cela aussi bien dans le service interne que ùans le service avec l'étranger.
Pour les cartes de ce genre expédiées à l'étran- ger, il ne peut cependant pas être garanti qu'elles seront admises à circuler sur territoire étranger.
Par contre, les cartes postales privées circu-
LA FÉDÉRATION HORLOGÈRE SUISSE 491
lant dans l'intérieur de la Suisse ou expédiées à l'étranger qui présenteraient une différence plus grande dans les dimensions ne doivent pas être traitées comme caries postales, mais comme lettres insuffisamment affranchies et être taxées en conséquence.
Feuille off. suisse du commerce.
Echos de l'Exposition
Les rapports des experts et délégués à TExpo- sition universelle de P a r i s en 1900, publiés p a r l'Union suisse des Arts et Métiers, viennent de paraître en un joli volume de 424- pages in-quarto.
Parmi les 230 rapports sur plus de 80 professions diverses, fournis par les délégués des gouverne- ments à l'Exposition de 1900, tous renferment des détails du plus haut intérêt, des observations et des points de vue des plus instructifs. L'Union suisse des Arls et Métiers a décidé d'en publier les parties les plus utiles ; tous le monde y trou- vara son compte, non seulement les hommes de métier, mais d'une manière générale, tous ceux qui veulent se renseigner s u r les matières pre- mières ou auxiliaires, s u r les outils nouveaux, sur les machines, les procédés perfectionnés, les méthodes modernes de travail, les innovations industrielles, les nouvelles industries à intro- duire, les questions d'instruction et d'enseigne- ment, d'hygiène, d'économie nationale, de bien public, en un mot, s u r tous les progrés des arts techniques, des métiers et de l'indushie. Les ar- tisans sans exception, les ouvriers, les corpora- tions de métiers, les sociétés ouvrières de per- fectionnement, les écoles professionnelles, les bibliothèques populaires, en un mot, tous ceux que ces importantes questions intéressent ne devraient pas manquer de se procurer un livre qui est une véritable mine de renseignements utiles à consulter et pour la publication duquel le Secrétariat de l'Union suisse des Arts et Métiers n'a épargné ni ses soins ni sa peine. Une révision minutieuse des différents manuscits a permis d'éliminer de ce livre les répétitions et les descrip- tions superflues et en a fait un exposé complet sans longueurs inutiles et d'une lecture at-
trayante. Le prix en est de fr. 3. 50. Les com- mandes doivent être adressées à l'imprimerie Bitchier & Cie, à Berne.
Légation ou consulat
N o u s a v o n s cité d e r n i è r e m e n t u n e c o r - r e s p o n d a n c e d e B e r n e à la Revue d i s a n t q u e le C o n s e i l f é d é r a l p r o p o s e r a i t p r o b a - b l e m e n t la c r é a t i o n d ' u n e l é g a t i o n s u i s s e e n R u s s i e .
L e c o r r e s p o n d a n t d e la Revue rectifie m a i n t e n a n t c e l t e i n f o r m a t i o n . D ' a p r è s l u i , il s e r a i t p l u t ô t q u e s t i o n d e c r é e r u n c o n s u - lat g é n é r a l à M o s c o u . C ' e s t d a n s c e s e n s q u e p e n c h e r a i t l ' o p i n i o n d u C o n s e i l fédéral.
Emigration
On constate dans l'Oberland bernois une re- crudescence de l'émigration qui, pendant quel- ques années, s'était ralentie. E n septembre, un convoi nombreux a pris le chemin d'outre-mer;
au milieu d'octobre, une quarantaine de person- nes sont encore parties et de nouveaux départs sont annoncés pour la fin du mois. Les emigrants partis ces jours derniers venaient de l'Oberhasli, des communes de Gultannen, Hasleberg, Innert- kirchen et Gadmen ; il y en avait de tous les âges, depuis le nourrisson de quelques mois jusqu'à une bonne vieille de 08 ans. Ils prennent le chemin de Pensylvanie et de la Californie. In- terrogés sur les molifs de leur décision les hom- mes ont répondu : « Nous ne pouvons plus rester chez nous, nous n'y gagnons plus notre vie; dès qu'il a un peu d'ouvrage, les Italiens nous l'en- lèvent. »
'fous ont bon espoir de se tirer mieux d'affaire en Amérique. Puissent leursjvœux se réaliser.
Les retraites des ouvriers mineurs
M. O d i l o n - B a r r o t , l ' u n d e s r a p p o r t e u r s d e la c o m m i s s i o n d u t r a v a i l , v a d é p o s e r , à l i t r e p e r s o n n e l , u n e p r o p o s i t i o n d e l o i a y a n t p o u r o b j e t d e m o d i f i e r la l o i d u 2 9 j a n v i e r 1894 e t d ' a s s u r e r le f o n c t i o n n e m e n t
d e s c a i s s e s d e r e t r a i t e d e s o u v r i e r s m i n e u r s . Voici l e s p r i n c i p a l e s d i s p o s i t i o n s d e c e t t e p r o p o s i t i o n :
Tout mineur après cinquante a n s d'âge et vingt-cinq années de service aura droit à u n e pension de retraite.
Tout mineur qui aura atteint l'âge de cinquan- te a n s sans avoir vingt-cinq a n s de service aura droit à une retraite proportionnelle s'il se trouve dans l'impossibilité de travailler en raison d'in- firmités contractées dans la mine.
La veuve et les orphelins du titulaire d'une pension auront droit à la moitié de cette pension : mais elle cessera en faveur de ces derniers lors- qu'ils auront atteint l'âge de dix-huit a n s .
Le versement sera toujours effectué à capital aliéné.
Tout mineur qui, ayant droit à la pension de retraite, continuera à travailler à la mine ne touchera que la moitié de la pension. Dans ce cas, il devra continuer à subir le prélèvement de 2 % sur le montant de son salaire, le verse- ment effectué par l'employeur deviendra facul- tatif, et, au cas où il ne serait pas effectué l'in- téressé devrait compléter son versement à 4°/o.
L e s a u t r e s a r t i c l e s o n t trait a u f o n c t i o n - n e m e n t e t à l ' a d m i n i s t r a t i o n d e la c a i s s e d e s r e t r a i t e s .
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