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Dix-septième Année. — N° 18 Prix du numéro : 10 centimes
Jeudi 6 Mars 1902.
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Le pain cher
Le mouvement protectionniste des agra- riens de tous les pays, donne une actualité frappante aux lignes qu'écrivait, en 1897, François Gopée, dans son livre La bonne souffrance. Elles sont encore à méditer.
Le pain cher!.. La disette!.. Ces mots sinis- tres, aujourd'hui prononcés de tous les côtés, répandent une émotion profonde. Car nul ne reste Inâ1fférënT~devanT~cëUé menacé 'nouvelle, Elle fait de la peine à tous les braves gens et aux pires égoïstes, elle inspire quelque terreur.
Les uns sont apitoyés, les autres inquiets; tous sont troublés. La question du prix du pain est la seule, en effet, que nous ne puissions pas re- mettre au lendemain, en disant, comme nous le faisons pour tant d'autres problèmes qui nous sollicitent: «Gela s'arrangera plus lard» Ici, l'optimisne et l'ajournement, qui ne sont souvent que des manifestations hypocrites de la froideur et de la dureté des cœurs, sont absolument in~
tèrdits. La faim n'admet point de délais. II y a urgence devant les estomacs vides. A l'heure effrayante où les maigres commencent à crier :
«Du pain!» les gras sont bien forces de se souve- nir que, quand les affamés n'ont rien à manger, ils sont prêts à mordre.
Qu'on y prenne garde. La taxe du pain, c'est le thermomètre qui indique le degré de patience des pauvres. Sur l'affiche blanche du boulanger, comme sur la pile d'un pont, où sont marquées les crues d'un fleuve et les dates des inondations célèbres, on peut noter le moment précis où la colère des misérables va déborder.
Le fléau vient d'éclater. On a élevé le prix du pain et. demain sans doute, on sera forcé de i'augmenler encore.
Dans une grande partie de la France, la récolte est nulle ; tout a été détruit, haché, pourri par les orages ; et, dans les régions que la grêle a épargnées, c'est encore une mauvaise année, une année d'épis médiocres et de mesquines ja- velles. Notre consommation annuelle est de cent vingt millions d'hectolitres de blé. Il nous en manque, d'après les calculs les plus favorables, trente millions.
fl&Donc,î le dilemme s'impose, formidable : ou maintenir^notre régime'de douanes, ce qui sem- ble à peu prés impossible, car se serait, à brève échéance, le pain trop cher et, chose encore plus grave, lejpain^trop rare, — ou rouvrir nos ports aux céréales à vil prix d'Amérique et c'est la ruine des cultivateurs. Tout cela sans parler d'un autre danger, encore plus redoutable, c'est- à-dire de la spéculation sur les blés, de l'accapa- remeut que la Convention dut jadis châtier comme crime capital, mais que les lois actuelles ne poursuivent et ne punissent — assez faible- ment du reste — que lorsqu'il y a coalition d'ac-1
capareurs, coalition toujours facile à dissimuler.
Or, si l'accaparement — et c'est, hélas ! vrai- semblable, — vient compliquer et aggraver la crise actuelle, tout est à craindre, même la famine et ses effroyables conséquences.
Parbleu ! J'entends bien d'ici la voix onctueuse des éternels rassureurs :
« On exagère. On s'alarme à tort. Il n'y a point péril en la demeure. Ce n'est pas la première fois qu'on voit le pain à cinq sous la livre. Un sou de plus, c'est si peu ye chose ! D'ailleurs, le pain tient-il aujourd'hui une telle place dans le budget des travailleurs-? Une-aisancs -r-elalhœ s'est répandue dans les classes laborieuses. Mon- trez-moi un ouvrier qui ne mange pas de la viande tous les jours, etc., etc.
Ne croirait-on pas entendre cette grande dame de l'ancien régime, qui, comme on disait devant elle, que les pauvres gens manquaient de paint s'écria : «Eh bien, qu'ils mangent de la brioche!»
Les personnages qui vous tiennent ces discours emollients ont en général du bien.au soleil, de solides rentes ou quelque bonne place. Ils sont vêtus d'imposantes redingotes, s'occupent d'éco- nomie politique, et vous fourrent tout de suite sous le nez un in-oclavo bourré de chiffres, qui vous prouve, clair comme le jour, que les pau- vres sont dans leur tort et que, s'ils restent dans la misère, c'est qu'ils le veulent bien.
Ce sont des gens terribles. N'essayez pas de leur insinuer que, si la plupart des ouvriers se nourrissent en effet de viande, afin de résister à la fatigue, on voit pourtant sur leur table de ménage moins de gigots de mouton et de filets de bœuf que de grosses soupes où la cueiller tient debout et de platées de pommes de terre, qu'il y a un 1res grand nombre de pauvres vieux, de veuves chargées d'orphelins, d'ouvrières iso- lées et ne gagnant qu'un salaire infime, dont le pain est l'aliment principal et qui ne se permet- tent comme luxe de bouche, que la charcuterie et la salade; qu'un sou est un sou; que cinq centimes par livre de pain et par jour font dix- huit francs nu bout de l'année; et que cinq ou six fois dix-huit francs, — et, dans beaucoup de familles populaires, on consomme quotidienne- ment cinq ou six livres de pain, — cela fait un total très inquiétant pour les petites bourses.
N'essayez pas d'avancer de pareille énormités devant un économiste armé de ses tableaux à deux entrées et de ses statistiques hérissées de reports et d'accolades. Il se fâcherait, nous ré- pondrait que vous n'y entendez rien, vous trai- terailenfin de sentimental et peut-être de socialiste.
Cependant, le fait est là. Le pain est cher, et si nous ne nous décidons pas promptement à faire une brèche dans cette muraille de la Chine où nous sommes enfermés par les lois protec- tionnistes, l'hiver prochain, le prix du pain augmentera encore davantage. Cette dernière supposition n'est pas admissible, car il y aurait là un danger public. Certainement, on finira par
se résoudre à diminuer, au moins momentané- ment, les droits sur les blés étrangers, ce qui sera, d'ailleurs, déplorable et portera un o u p très sensible à l'agriculture française, déjà si profondément atteinte. Mais il le faut.
Hélas ! que le monde est peu sage. Il est évi- dent que la vérité de l'avenir, c'est le libre échange, et l'on doit, malgré tout, espérer que, tôt ou tard, les nations adopteront, pour régler leurs rapports économiques, ia formule du gamin de Paris.:•.
« Donne-moi d'quoi qu'l'as, j'ie donnerai d'quoi ' qu'j'ai. » En attendant, elles en sont encore à la .concurrence féroce, à la lutte sans pitié. Elles se font moins souvent la guerrê'fc coup dé ca- nons, — tout en continuant de se ruiner.à fâbri- . quer des canons, — mais elles se font une guerre acharnée à coups de tarifs. Le seul soldat qui serve à quelque chose, en ce temps d'armées inutiles, c'est le douanier. Sans les lois Méline,, qu'on doit approuver, en somme, — car notre pays est dans le cas de légitime défense, — les Etats-Unis nous mitrailleraient avec du blé, nous bonbarderaient de sacs de farine, réduiraient nos paysans à la famine en gorgeant la France de froment, nous tueraient avec ce qui fait vivre.,
Il n'y a pas à dire, l'humanité est un peu bête. :
Enfin, nous y sommes forcés. Résignons-nous et entrebâillons la porte aux blés d'Amérique et d'Australie. Attention, pourtant! Et, si nous voulons vendre pour de bon aux pauvres gens le pain à quatre sous la livre, méfions-nous des accapareurs.
Mais ici, l'optimiste intervient de nouveau :
« Comment pouvez-vous prononcer un tel mot et quels horribles souvenirs évoquez-vous? En vous écoutant, je crois voir passer au bout des piques, les tètes de Foulon et de Berthier, avec un bouchon de paille sanglante entre les dents...
Accaparer le blé ! aujourd'hui, avec la facilité des transports, esL-ce possible?... Vous voulez rire... Il n'y a plus d'accapareurs... »
Pardon, cher monsieur, il y en a encore. On peut tout faire à force de millions, et la frénésie du gain est sans bornes. Vous connaissez aussi bien que moi, à Paris, dans le monde cosmopo- lite plusieurs fortunes colossales, qui assez ré- cemment encore, se sont augmentées dans des proportions scandaleuses, et qui n'ont d'autre origine que la spéculation sur les céréales. Vous pourriez nommer ces hommes sans scrupules, car ils sont reçus et entourés de considération dans la meilleure compagnie, et vous-même èles très flatté de leur serrer la main, quand vous les rencontrez à la Bourse ou au club.
Ah ! pour le coup, l'optimiste se fâche un peu ; car je viens d'offenser l'idole éternelle, le veau d'Or.
«Eh bien, où est le mal, après tout? Depuis quand est-il défendu à un marchand de faire pro- vision d'une denrée quelconque et de ne la re- vendre que lorsqu'elle atteint son plus haut cours? Que reprochez-vous, en définitive, à ces
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106 LA F E D E R A T I O N H O R L O G É R E S U I S S E millionnaires? D'avoir joué? Ce n'est pas un
crime. D'avoir gagné? C'est une chance. Avec vous, que deviendrait la liberté du commerce?...»
Et ainsi de suite.
Je n'ai rien à répondre, si ce n'est que, de tous les agios, celui qui se fait sur la nourriture des pauvres est le plus abominable et qu'il est odieux de voir'un individu enrichi par la misère de tous.
Pour que cet accapareur de blé devienne un des rois de Paris, pour qu'il ait un hôtel princier et de luxueux équipages, pour qu'il habite dans la même année, son chalet devant l'Océan, pendant la canicule, son domaine de chasse en automne, et, l'hiver sa villa sur la côte d'Azur savez-vous, ce qu'il faut? Il faut, que des milliers de travail- leurs', n'emportent sous le bras qu'une miche insuffisante, en se rendant au chantier ; il faut que de pauvres femmes mettent seulement une trop mince tartine dans le panier des mioches partunt pour l'école; il faut que des mères épui- sées par les privations n'offrent qu'une mamelle à moitié vide à leur nourrisson débile et pleurant ; il faut, en un mot, que tout un peuple souffre de la faim.
Non, non, le blé n'est pas une marchandise, une denrée comme une autre, et le malfaiteur qui, je ne sais par quel infâme négoce, a fait hausser le prix des froments et des seigles accu- mulés et a transformé en lingot d'or les sous vert-de-grisés des pauvres gens, mériterait que chaque morceau de pain qu'il porte à sa bouche eut pour lui un goût répugnant et amer, le goût du sang et des larmes !
De pain sacré ! Quelle honte, pour notre or- gueilleuse civilisation, que des créatures humai- nes puissent en manquer un seul jour !
Panem nostrum quotidianum ! Je l'ai répétée bien des fois, tous ces jours-ci, la belle prière ; car, au cours de ma longue maladie, je suis revenu à « la vielle chanson », comme dit Mr
Jaurès; et non seulement elle berse avec une douceur infinie celui qui souffre, mais elle lui donne aussi le courage et l'espérance. Tout est contenu dans cet admirable Pater, même la so- lution du problème social.
Panem quotidianum ! Oui, c'est tout ce que l'homme devrait demander à la vie et attendre d'elle. Si nous nous sou venions, mieux .des en-, seignements donnés, voilà prés de deux mille ans, sur la Montagne, si nous nous aimions vraiment les uns les autres, comme le voulait Jésus, nous l'aurions tous, ce pain quotidien, et nous serions bien près du règne de la justice, du règne de Dieu. FRANCOIS COPÉI:.
Le nouveau tarif douanier
Dans un article fort bien développé, in- titulé : Contre le protectionniste, un col- laborateur de IL Dovere démontre claire- m e n t " — on voit qu'il est versé dans la science de l'économie politique — ce q u e l'idée que la Suisse, prise dans son en- semble, peut gagner quelque chose au protectionnisme a d'absurde.
L'article, trop long pour être reproduit, se termine comme suit :
Mais la politique protectionniste conduit encore à une autre absurdité. Gomme les lecteurs ont pu voir ces jours-ci, aucune des diverses indus- tries ne se trouve suffisamment protégée, toutes demandentencoredes droits plus élevés. D'abord, il y a l'Union suisse des paysans, puis les fileurs et tisseurs, etc. Or il résulte de ce que nous avons expliqué plus haut que la politique pro- tectionniste ne peut assurer un bénéfice à une industrie déterminée qu'au détriment d'une autre, mais que la situation de l'ensemble de l'industrie nationale restera la même. Vouloir que toutes les industries soient protégées, et que toutes y gagnent, est aussi absurde que si dans une foule tout le monde se mettait sur la pointe des pieds pour mieux voir.
En croyant pouvoir lui imprimer le mouve- ment qu'il leur plait, les protectionnistes vont se heurter aveuglément au mécanisme de la force économique. Mais ils ne réussiront pas plus que le gamin qui, en soufflant dessus, veut faire marcher une locomotive.
La Gazzeta Ticinese fait suivre des li- gnes suivantes une lettre d'un correspon- dant qui ne comprend pas l'opposition faite au nouveau tarif douanier :
« Q u i paie les droits des marchandises
importées de l'étranger en Suisse, pour y être consommées ?..Les c o n s o m m a t e u r s ! Qui donc paie les frais du protectionnisme?
Les consommateurs suisses ! Qui en retire des a v a n t a g e s ? Les grands propriétaires qui ont une surproduction à vendre (les petits propriétaires consomment eux-mêmes ce qu'ils produisent) et les grands indus- triels. Or, ceux-ci sont le petit n o m b r e comparé au n o m b r e des consommateurs, et les plus importants parmi ces derniers, les ouvriers ont tout à perdre et rien à gagner avec le protectionnisme. Ceci ex- plique notre conduite. »
— Les représentants de l'industrie de la soierie, des r u b a n s et des articles de laine ont c o m m u n i q u é vendredi leurs desiderata à la commission du Conseil national pour le tarif douanier. Les représentants des propriétaires de carrières et les tailleurs de pierre en ont fait autant samedi matin.
La commission s'est réunie lundi après-midi pour continuer la discussion des disposi- tions générales du projet.
M. Comtesse et le tarif douanier
Une dépèche de Y Agence télégraphique suisse, qui a été publiée par tout les jour- naux, et qui rend compte de la fête du Ie1
mars à Neuchàtel, contient entre autres la phrase suivante : ,
M. Comtesse, conseiller fédéral, a pro- noncé un grand discours, dans lequel il a parlé surtout du nouveau tarif douanier, il a constaté que ^industrie suisse était obligée de se faire protéger (c'est nous qui soulignons — Réd.) pour pouvoir lutter contre la concurrelice étrangère, que, d'au- tre part, les prétentions de l'agriculture étaient exagérées, et il a conseillé aux viti- culteurs de chercher: un remède à la mé- vente des vins par l'amélioration et le bon marché de leurs produits. »
Le correspondant de l'Agence télégra- phique a, dans les lignes ci-dessus, com-
plètement dénaturé le sens des paroles prononcées par le conseiller fédéral neu- chàtelois.
Nos lecteurs p o u r r o n t facilement s'en rendre compte en comparant la dépèche de l'Agence avec le résumé du discours de M.
Comtesse q u e nous publions ci-contre.
Jamais il n'est môme venu à l'idée dé M.
Comtesse de prétendre que l'industrie suisse était «obligée de se faire protéger»
Par contre, l'orateur a parlé de la néces- sité de fournir à nos négociateurs, dans les circonstances actuelles, des armes suf- fisantes pour pouvoir négocier avec succès.
M: Comtesse a ajouté que les relèvements proposés par le Conseil fédéral lui parais- saient constituer des armes suffisantes et qu'aller plus loin, comme on le demande de divers côtés, e'esl dépasser le but et n o u s exposer au péril d'un renchérissement de la vie qui serait funeste à notre pros- périté économique générale.
C'est bien là le langage d'un homme d'Etat soucieux des intérêts supérieurs du pays.
M. Comtesse n'en pouvait pas tenir d'autre.
Aussi serions-nous reconnaissants à ceux de nos confrères qui ont reproduit la dé- pèche de l'Agence télégraphique de bien vouloir la rectifier et dans le sens que nous venons d'indiquer.
National suisse.
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U n e l o i s u r l e s a p p r e n t i s s a g e s . — Le Conseil d'Etat du canton de Berne soumet au Grand-Conseil un projet de loi sur les apprentissages qui semble appelé à combler une grosse lacune de la législation. Le can- ton de Berne possède bien, il est vrai, u n e loi sur la matière datant de 1846, mais on conviendra que ses dispositions ne peu- vent plus être en rapport avec les condi- tions actuelles du travail et q u ' u n e refonte complète de cette œuvre législative s'im- posait.
Le projet soumis au Grand-Conseil ac- corde sa protection non seulement aux apprentis de l'industrie, mais encore à ceux du commerce. Il règle de façon définitive les rapports entre le maître et l'apprenti et exige certaines garanties morales et pro- fessionnelles du patron. Ce dernier, il est vrai, n'est pas obligé de demander préa- lablement une autorisation officielle d e p r e n d r e des apprentis, toutefois, une sen- tence du juge peut lui enlever le droit de former des apprentis. Il suffit p o u r cela que le patron m a n q u e des capacités et de la conscience nécessaires pour remplir sa tâche.
Le projet de loi institue les contrats d'apprentissage écrits. Ceux-ci doivent COIK tenir tous les points importants à régler;- spécialement les devoirs réciproques des deux parties. L'article 10 en particulier*
renferme des dispositions de grande im- portance relative à la santé de l'apprenti.
D'autre part, le projet limite la j o u r n é e de travail à 11 heures pour les apprentis et à 10 heures p o u r les apprenties. Aux uns et aux autres, il assure la liberté d u dimanche. D'autre part, il introduit des examens d'apprentissage officiels établis par l'Etat. Toutefois ces examens sont abandonnés à la Chambre cantonale du
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L A F E D E R A T I O N H O R L O G È R E S U I S S E 107
commerce et de l'industrie et aux associa- tions professionnelles.
La loi institue en outre des commissions d'apprentissage, n o m m é e s p o u r trois a n s et qui fonctionneront comme autorités de surveillance. La nomination de ces com- missions est dévolue au Conseil d'Etat, s u r la proposition de la Chambre du commerce et de l'industrie, q u i de son côté, devra se faire soumettre des propositions par les associations professionnelles intéressées.
Chacune de ces commissions sera composée d'au moins sept m e m b r e s , comprenant, dans u n e proportion équitable, d e s com- merçants, d e s industriels, d e s employés et des ouvriers. Il va bien sans dire q u e , dans certains cas les femmes y seront admises.
Comme pénalités, le projet prévoit d e s amendes de deux à 100 fr. q u i seront pro- noncées par les préfets en raison de la gravité de la contravention. L'ouvrier.
Variété Le drapeau rouge.
A propos d u centenaire de Victor Hugo.
La question d u drapeau rouge fut sou- levée a u x obsèques de Victor H u g o ; u n groupe socialiste voulut l ' a r b o r e r ; on l'en empêcha. O n eut raison, car le grand poète avait flétri cet insigne d ' u n anathème re- tentissant. C'était en 1848. Lamartine avait déjà prononcé ces paroles célèbres :
« Le drapeau rouge a fait le tour du
« C h a m p de Mars dans le sang et la boue ;
« le drapeau tricolore a l'ait le tour d u
« monde, portant dans ses plis la liberté et
« la gloire ! »
Quelques j o u r s plus tard Victor Hugo, dans u n e proclamation au peuple, caracté- risait ainsi cet emblème de la terreur :
Dans la situation politique telle qu'elle est, on m e demande toute m a pensée. L a voici :
Deux républiques sont possibles^ y L ' u n e abattra le drapeau tricolore sou$
le drapeau rouge, fera des gros sous', avech la colonne, jettera bas la statue de Napoléon et dressera la statue de Marat[ détruira l'Institut, l'Ecole polytechnique et la Légion d'honneur, ajoutera à l'auguste devise : Liberté, Egalité, Fraternité, l'option si- nistre : Ou la mort; fera b a n q u e r o u t e , ruinera les riches sans enrichir les pauvres, anéantira le crédit, qui est la fortune de tous, et le travail, q u i est le pain de chacun, abolira la propriété et la famille, promènera des têtes sur des piques, remplira les pri- sons p a r le soupçon et les videra p a r le massacre, mettra l ' E u r o p e en feu et la ci- vilisation en cendres, fera de la F r a n c e la patrie d e s ténèbres, égorgera la liberté, étouffera les arts, décapitera la pensée, niera D i e u ; remettra en m o u v e m e n t ces deux machines fatales q u i n e vont p a s l'une sans l'autre* la planche aux assignats et la bascule de la guillotine ; en u n m o l , fera froidement ce q u e les h o m m e s de 93 ont fait a r d e m m e n t et, après l'horrible dans le grand q u e n o s pères ont vu, n o u s montrera le m o n s t r u e u x dans le petit.
C o t e d e l ' a r g e n t du o Mars iffoa
Argent fin en grenailles . . * fr. 97.50 le kilo.
A r g e n t fin laminé, devant servir de base pour le calcul des. titres de l'argent des boîtes de montres » fr. 99.50 le kilo
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Remontoirs de 9 à 19 lig., Cylindre Spécialité d e f a n t a i s i e , c œ u r s , c a r r é e s , feuillages, et octogones, e t c . en 10 et 11'", or, a r g . et acier, et Re- montoirs 18'" ancre.
i v i t i t u i n : t i c
Pierres fines pr l'horlogerie
Spécialité de trous olives
Samuel Luthi
Hieoc A a r b e r g (Baue) 2io
F. HALDENWANG
Boine 10
N E U C H A T E L
Fabrique- Coffres-forts
garantis incrochetables
: E : et iiimsiiNi
incombustibles
Téléphone N° 274
Fabrique de Répétitions
H. MAGNENAT-LECOULTRE, au Sentier (Taie de JODX)
R é p é t i t i o n s à t i r a g e , poussoir, silencieux, 19 à 24 lig.. avec et sans chronographe.
N o u v e a u c a l i b r e 18 l i g . , le'pine à quarts et à 5 minutes, marque «LeRisoud».
S a v o n n e t t e s 17 l i g . , à quarts et à minutes. — S p é c i a l i t é d ' a u t o m a t e s . H7«c A r t i c l e s b r e v e t é s — P r i x a v a n t a g e u x 2197
rue Leopold Robert, 82, CHAUX-DE-FONDS.
Représentant : LEON DROZ,
Etiquettes gommées pour Bouts de cartons
en tous genres et toutes couleurs, toujours en magasin
Imprimerie Lithographie R. HAEFELI & Cie, La Chaux-de-Fonds
R u e Leopold R o b e r t 13 b i s e t 14