L.E.G.T.A. Le Chesnoy TB2−2010-2011
D. Blotti`ere Math´ematiques
Correction du devoir maison n˚1
Exercice 1 : Si la somme de trois complexes de module 1 vaut 1, l’un des trois est 1.
Soient a, b et c trois nombres complexes de module 1 tels que a+b+c = 1. Le but de cet exercice est de d´emontrer que l’un au moins des trois nombres vaut 1.
1. Montrer que 1 a+1
b +1 c = 1.
2. En d´eduire queab+bc+ac=abc.
3. Montrer que (1−a)(1−b)(1−c) = 0 et conclure.
Correction
1. On rappelle que si z est un nombre complexe de module 1, alors il existe un unique θ∈]−π;π] tel que z=eiθ (forme exponentielle dez). Ainsi, il existeθa, θb, θc∈]−π;π] tels que :
a=eiθa b=eiθb c=eiθc.
On a 1
a+1 b +1
c = 1
eiθa + 1 eiθb + 1
eiθc
= e−iθa+e−iθb+e−iθc ( 1
eiθ =e−iθ pour toutθ∈R)
= eiθa+eiθb+eiθc (e−iθ=eiθ pour toutθ∈R)
= a+b+c
= a+b+c (propri´et´es alg´ebriques de la conjugaison complexe)
= 1 (a+b+c= 1)
= 1
2. En multipliant chacun des deux membres de l’´egalit´e obtenue en 1 par abc, on a : ab+bc+ac=abc.
3. On commence par d´evelopper (1−a)(1−b)(1−c).
(1−a)(1−b)(1−c) = (1−a−b+ab)(1−c)
= (1−a−b+ab−c+ac+bc−abc)
= 1−(a+b+c)
| {z }
0
+ab+ac+bc−abc
| {z }
0 (cf. 2.)
= 0
De (1−a)(1−b)(1−c) = 0, on d´eduit qu’au moins un des trois facteurs (1−a), (1−b), (1−c) est nul, i.e. qu’un moins un des trois nombres a,b,c vaut 1.
Exercice 2 : Sph`ere inscrite dans un t´etra`edre.
On fixe un rep`ere orthonorm´e de l’espace (O;−→i;−→j;−→k). Soient les quatre points de l’espace A(1; 2; 0) B(2; 2; 0) C(1; 3; 0) D(1; 2; 1).
1. Placer les points A,B,C,D sur une figure et repr´esenter le t´etra`edreABCD.
2. D´emontrer que le t´etra`edreABCDest rectangle enA, i.e. que les anglesBAC,\ \BADet\CADsont droits.
3. ´Ecrire des ´equations cart´esiennes des plans suivants :
(a) le planP passant parAet orthogonal `a la droite (BC) ; (b) le planQpassant parAet orthogonal `a la droite (DC) ;
(c) le planRpassant parAet orthogonal `a la droite (BD).
4. Montrer que les plans P, Q et R se coupent suivant une droite, not´eeD, dont on donnera un vecteur directeur.
5. D´emontrer que la droiteDest orthogonale au plan (BCD).
6. Soit Π le plan d’´equation cart´esienne (3 +√
3)x−2√
3y+ (3 +√
3)z−6 + 2√ 3 = 0.
(a) Montrer que le plan Π contient la droite (BD).
(b) Montrer que les plansP,Q,Ret Π ont un unique point commun, not´e Ω.
(c) Montrer que Ω est situ´e `a ´egale distance des quatre faces du t´etra`edreABCD. (C’est donc le centre de la sph`ere inscrite dans le t´etra`edreABCD.)
Correction
1. Figure repr´esentant le t´etra`edreABCD.
−
→i
−
→k
−
→j
b
A
b
B
b
C
bD
2. On va d´emontrer que les vecteurs −−→AB et −→AC (respectivement−−→AB et −−→AD,−→AC et−−→AD) sont orthogonaux pour r´epondre `a la question pos´ee. Commen¸cons par calculer les coordonn´ees de ces diff´erents vecteurs dans la base (−→i ,−→j ,−→k) :
−−→AB(1; 0; 0) −→AC(0; 1; 0) −−→AD(0; 0; 1).
On a donc −−→AB =−→i, −→AC =−→j et −−→AD=−→
k. Comme la base (−→i ,−→j ,−→
k) est orthonorm´ee (en particulier orthogonale), on a bien : −−→AB⊥−→AC,−−→AB⊥−−→ADet−→AC ⊥−−→AD.
3. Commen¸cons par d´eterminer une ´equation cart´esienne du planP passant parAet orthogonal `a la droite (BC).
Le vecteur−−→BCa pour coordonn´ees (−1; 1; 0). Comme c’est un vecteur normal deP, un th´eor`eme du cours nous dit qu’il existe un r´eeldtel que
−x+y+d= 0 (1)
est une ´equation cart´esienne de P. Le point A appartient au plan P; ses coordonn´ees v´erifient donc l’´equation (1). On a donc
−1 + 2 +d= 0.
On en d´eduit que d=−1. Ainsi
−x+y−1 = 0 (2)
est une ´equation cart´esienne deP.
On proc`ede de mˆeme pour trouver une ´equation cart´esienne du plan Qpassant parAet orthogonal `a la droite (DC) et une ´equation cart´esienne du planRpassant par Aet orthogonal `a la droite (BD) et on obtient :
Q:y−z−2 = 0 (3)
R:−x+z+ 1 = 0 (4)
4. D’apr`es la question 3., un point M(x;y;z) de l’espace appartient `a P ∩ Q ∩ R si et seulement si ses coordonn´ees v´erifient les ´equations (2), (3) et (4).
P ∩ Q ∩ R=
M(x;y;z) :
−x + y = 1
y − z = 2
−x + z = −1
On cherche donc `a r´esoudre le syst`eme (S) :
−x + y = 1
y − z = 2
−x + z = −1 .
(S) ⇐⇒
−x + y = 1
y − z = 2
−y + z = −2 (L3−L1)
⇐⇒
−x + y = 1 y − z = 2
On a supprim´e la ligne L3, car elle est proportionnelle `a L2 (L3 = −L2). Le rang de (S) est donc 2.
Comme (S) poss`ede 3 inconnues, il y a 3−2 = 1 param`etre `a choisir. On posez=tcomme param`etre.
On en d´eduit que
P ∩ Q ∩ R=
M(x;y;z) : ∃t∈R
x= 1 +t y= 2 +t z=t
.
On reconnaˆıt alors la repr´esentation param´etrique de la droite passant par A(1; 2; 0) et dirig´ee par le vecteur−→u(1; 1; 1). On a ainsi prouv´e queD=P ∩ Q ∩ Rest la droite passant parA(1; 2; 0) et dirig´ee par le vecteur−→u(1; 1; 1).
5. On commence par d´eterminer un vecteur normal au plan (BCD). Les vecteurs−−→BC(−1 : 1; 0) et−−→BD(−1; 0; 1) sont deux vecteurs (non colin´eaires) du plan (BCD). Par suite le vecteur
−
→n =−−→BC∧−−→BD(1×1−0×0
| {z }
1
; 0×(−1)−1×(−1)
| {z }
1
; −1×0−(−1)×1
| {z }
1
)
est orthogonal `a−−→BC et `a −−→BD; il est donc normal au plan (BCD). On a donc −→u =−→n et donc
−
→u //−→n .
On en d´eduit, d’apr`es le cours, que la droiteDest orthogonale au plan (BCD).
6. (a) Les points B(2; 2; 0) et D(1; 2; 1) appartiennent tous deux `a Π car leurs coordonn´ees respectives v´erifient l’´equation de Π. En effet
(3 +√
3)× 2 −2√
3× 2 + (3 +√
3)× 0 −6 + 2√
3 = 6 + 2√ 3−4√
3−6 + 2√ 3 = 0 et
(3 +√
3)× 1 −2√
3× 2 + (3 +√
3)× 1 −6 + 2√
3 = 3 +√ 3−4√
3 + 3 +√
3−6 + 2√ 3 = 0.
Un plan qui contient deux points distincts contient aussi toute la droite qui passe par ces deux points.
Ainsi le plan Π contient non seulement les points B etD, mais aussi toute la droite (BD).
(b) On a d´ej`a vu que P ∩ Q ∩ Rest une droite not´eeD, dont
x= 1 +t y= 2 +t z=t
est une repr´esentation param´etrique (de param`etret). On en d´eduit que l’ensemble cherch´eP ∩ Q ∩ R ∩Π co¨ıncide avecD ∩Π. En utilisant la repr´esentation param´etrique deDet l’´equation cart´esienne de Π connues, on a
D ∩Π =
M(x;y;z) : ∃t∈R
x= 1 +t y= 2 +t z=t (3 +√
3)x−2√
3y+ (3 +√
3)z= 6−2√ 3
.
On ´etudie alors le syst`eme (S′) :
x= 1 +t y= 2 +t z=t (3 +√
3)x−2√
3y+ (3 +√
3)z= 6−2√ 3
.
(S′) ⇐⇒
x= 1 +t y= 2 +t z=t (3 +√
3)(1 +t)−2√
3(2 +t) + (3 +√
3)t= 6−2√ 3 On r´esout (L4) (en isolant l’inconnuet) pour obtenir (L4)⇐⇒t=1
2 +
√3
6 . On a donc
(S′) ⇐⇒
x= 1 +t y= 2 +t z=t t= 1
2+
√3 6 .
⇐⇒ x=3 2 +
√3
6 ; y=5 2 +
√3
6 ; z=1 2 +
√3
6 ; t= 1 2 +
√3 6 .
De cette ´etude, on d´eduit que l’ensemble P ∩ Q ∩ R ∩Π =D ∩Π est r´eduit `a un point Ω qui a pour coordonn´ees
3 2 +
√3 6 ;5
2+
√3 6 ;1
2 +
√3 6
! .
(c) Le t´etra`edreABCD poss`ede 4 faces : (ABC), (ABD), (ACD) et (BCD). Il s’agit de calculer les distancesd(Ω,(ABC)),d(Ω,(ABD)),d(Ω,(ACD)) etd(Ω,(BCD)) et de montrer qu’elles sont toutes
´egales. Pour cela on pense `a appliquer la formule du cours qui donne la distance d’un point `a un plan, connaissant une ´equation cart´esienne du plan et les coordonn´ees du point dans un rep`ere orthonorm´e.
On va d’abord d´eterminer une ´equation cart´esienne de chacun des plans (ABC), (ABD), (ACD) et (BCD).
Commen¸cons par donner une ´equation cart´esienne du plan (ABC). Les vecteurs −−→
AB(1; 0; 0) et
−→AC(0; 1; 0) sont deux vecteurs (non colin´eaires) du plan (ABC). Par suite le vecteur
−−→AB∧−→AC(0×0−1×0
| {z }
0
; 0×0−0×1
| {z }
0
; 1×1−0×0
| {z }
1
)
est orthogonal `a −−→AB et `a −→AC; il est donc normal au plan (ABC). Un th´eor`eme du cours nous dit alors qu’il existe un r´eeldtel que
z+d= 0 (5)
est une ´equation cart´esienne de (ABC). Le pointAappartient au planP; ses coordonn´ees v´erifient donc l’´equation (5). On a donc
0 +d= 0.
On en d´eduit que d= 0. Ainsi
z= 0 (6)
est une ´equation cart´esienne de (ABC)1.
On applique la mˆeme m´ethode pour d´eterminer des ´equations cart´esiennes des plans (ABD), (ACD) et (BCD) et on obtient :
(ABD) :−y+ 2 = 0 (7)
(ACD) :x−1 = 0 (8)
(BCD) :x+y+z−4 = 0 (9)
En utilisant les ´equations (6), (7), (8) et (9), les coordonn´ees 3 2 +
√3 6 ;5
2+
√3 6 ;1
2 +
√3 6
!
du point Ω et le cours, on a
d(Ω,(ABC)) = 1 2+
√3 6
√
02+ 02+ 12 =1 2 +
√3 6
d(Ω,(ABD)) = −5
2−
√3 6 + 2
p02+ (−1)2+ 02 =
−1
2−
√3 6
= 1 2+
√3 6
d(Ω,(ACD)) = 3 2 +
√3 6 −1
√
12+ 02+ 02 =1 2 +
√3 6
d(Ω,(BCD)) = 3 2 +
√3 6 +5
2 +
√3 6 +1
2 +
√3 6 −4
√
12+ 12+ 12 = 1 2 +
√3 2
√
3 = 1
2√ 3+
√3 2√
3 =
√3 6 +1
2 La d´emonstration est ainsi achev´ee.
Probl`eme : Une sym´etrie axiale ou un exemple d’application lin´eaire.
SoitE l’ensemble des vecteurs du plan. On le munit d’une base orthonorm´ee (−→i ,→−j). E se trouve ainsi ´equip´e d’un produit scalaire (cf. cours) v´erifiant notamment les propri´et´es
−
→i .−→i = 1 −→j .−→j = 1 −→i .−→j = 0.
On note−→s le vecteur d´efini par
−
→s =−→i −−→j .
Le but de ce probl`eme est d’´etudier l’applicationσ:E → E d´efinie par σ(−→u) = (−→u .−→s)−→s − −→u pour tout−→u ∈ E.
Partie A : Calculs de quelques images de vecteurs par l’applicationσ.
1. Calculer le produit scalaire−→i .−→s et en d´eduire queσ(−→i) =−−→j. 2. Calculer le produit scalaire−→j .−→s et en d´eduire queσ(−→j) =−−→i. 3. V´erifier que−→s .−→s = 2 et en d´eduire que σ(−→s) =−→s.
1. On aurait pu directement remarquer que les cotes des pointsA,BetCsont toutes nulles et voir ainsi directement quez= 0 est une ´equation du plan (ABC).
Correction
Pour mener `a bien les calculs demand´es, on fera un usage intensif des propri´et´es alg´ebriques du produit scalaire.
On les rappelle.
Propri´et´es alg´ebriques du produit scalaire : Si −→u,−→v et −→w sont des vecteurs et siλest un nombre r´eel, on a :
(A) −→u .−→v =−→v .−→u
(B) −→u .(−→v +−→w) =−→u .−→v +−→u .−→w et (−→u +−→v).−→w =−→u .−→w+−→v .−→w (C) (λ−→u).−→v =−→u .(λ−→v) =λ(−→u .−→v)
1. On a
−
→i .−→s =−→i .(−→i −−→j) =−→i .−→i −−→i .−→j = 1−0 = 1, d’o`u
σ(−→i) = (−→i .−→s)−→s −−→i =−→s −−→i =−→i −−→j −−→i =−−→j . 2. On a
−
→j .−→s =−→j .(−→i −−→j) =−→j .−→i −−→j .−→j = 0−1 =−1, d’o`u
σ(−→j) = (−→j .−→s)−→s −−→j =−−→s −−→j =−−→i +−→j −−→j =−−→i . 3. On a
−
→s .−→s = (−→i −−→j).(−→i −−→j) =−→i .−→i −−→i .−→j −−→j .−→i +−→j .−→j = 1 + 0 + 0 + 1 = 2, d’o`u
σ(−→s) = (−→s .−→s)−→s − −→s = 2−→s − −→s =−→s .
Partie B : Propri´et´es de l’applicationσ.
1. D´emontrer les deux assertions suivantes.
(a) Pour tout−→u ,−→v ∈ E, σ(−→u +−→v) =σ(−→u) +σ(−→v).
(b) Pour toutλ∈R,−→u ∈ E, σ(λ−→u) =λ σ(−→u).
Terminologie : L’application σ v´erifiant les propri´et´es (a) et (b) ci-dessous, on dit queσest une applica- tion lin´eaire.
2. (a) D´emontrer que pour tout −→u ∈ E, σ◦σ(−→u) =−→u.
Rappel : Par d´efinition,σ◦σ(−→u) =σ(σ(−→u))pour tout−→u ∈ E. (b) D´eduire de (a) que l’applicationσest injective.
Rappel : L’application σ est injective si et seulement si pour tout−→u ,−→v ∈ E, σ(−→u) =σ(−→v) =⇒ −→u =−→v.
(c) D´eduire de (a) que l’applicationσest surjective (et donc bijective d’apr`es (b)).
Rappel : L’application σ est surjective si et seulement si pour tout−→w ∈ E, il existe−→u ∈ E tel que σ(−→u) =−→w.
3. Montrer que pour tout−→u ∈ E, ||σ(−→u)||=|| −→u||.
Indication : On pourra utiliser la question 3. de la partie A et la formule du cours
||−→v||2=−→v .−→v, si−→v ∈ E. Correction
A nouveau les propri´et´es alg´ebriques du produit scalaire vont ˆetre tr`es utiles dans cette partie.`
1. (a) Soient −→u ,−→v ∈ E.
σ(−→u +−→v) = ((−→u +−→v).−→s)−→s −(−→u +−→v)
= (−→u .−→s +−→v .−→s)−→s − −→u − −→v (Prop. (B) du produit scalaire)
= (−→u .−→s)−→s + (−→v .−→s)−→s − −→u − −→v
= (−→u .−→s)−→s − −→u
| {z }
σ(−→ u)
+ (−→v .−→s)−→s − −→v
| {z }
σ(−→ v)
(b) Soientλ∈R,−→u ∈ E.
σ(λ−→u) = ((λ−→u).−→s)−→s −λ−→u
= (λ(−→u .−→s))−→s −λ−→u (Prop. (C) du produit scalaire)
= λ((−→u .−→s)−→s)−λ−→u
= λ((−→u .−→s)−→s − −→u
| {z }
σ(→− u)
)
2. (a) Soit−→u ∈ E.
σ◦σ(−→u) = σ(σ(−→u))
= σ((−→u .−→s)−→s − −→u)
= (−→u .−→s)σ(−→s)−σ(−→u) (cf. 1.(a) et 1.(b))
= (−→u .−→s)−→s −((−→u .−→s)−→s − −→u) (cf. question 3. de la partie A :σ(−→s) =−→s)
= −→u . (b) Soient−→u ,−→v ∈ E
σ(−→u) =σ(−→v) =⇒ σ(σ(−→u)) =σ(σ(−→v)) (Deux ´el´ements ´egaux ont mˆeme image par une application)
=⇒ σ◦σ(−→u) =σ◦σ(−→v)
=⇒ −→u =−→v (cf. question 2.(a)) L’applicationσest donc injective.
(c) On doit d´emontrer que quel que soit−→w ∈ E, l’´equation (E→−w) σ(−→u) =−→w d’inconnue−→u ∈ E poss`ede une solution.
D’apr`es 2.(a),σ(σ(−→w)) =−→w. Ainsi, en posant−→u =σ(−→w), on aσ(−→u) =−→w. L’´equation (E−→w) poss`ede donc une solution (−→u =σ(−→w)) et ce, quel que soit−→w ∈ E.
Par cons´equent, l’applicationσ est surjective.
3. Soit−→u ∈ E. On va d´emontrer que||σ(−→u)||2=|| −→u||2, en utilisant l’indication donn´ee. On en d´eduira que
||σ(−→u)||=|| −→u||car une norme est un nombre r´eel positif ou nul.
||σ(−→u)||2 = σ(−→u).σ(−→u)
= ((−→u .−→s)−→s − −→u).((−→u .−→s)−→s − −→u)
= (−→u .−→s)2−→s .−→s −2(−→u .−→s)(−→u .−→s) +−→u .−→u (Prop. (A), (B) et (C) du produit scalaire)
= 2(−→u .−→s)2−2(−→u .−→s)2+−→u .−→u (cf. question 3. de la partie A :−→s .−→s = 2)
= ||−→u||2 (d’apr`es la relation fondamentale :−→u .−→u =||−→u||2)
Partie C : Matrice de l’application lin´eaire σrelativement `a la base (−→i ,−→j).
1. (a) Donner les coordonn´ees de−→i et −→j dans la base (−→i ,−→j).
(b) D´eduire de la partie A, les coordonn´ees respectives x1
y1
et
x2
y2
deσ(−→i) et σ(−→j) dans la base (−→i ,−→j).
(c) D´eterminer l’unique matriceA=
a b c d
telle queA 1
0
= x1
y1
et A
0 1
= x2
y2
. Terminologie : A est appel´ee matrice de l’application lin´eaireσrelativement `a la base(−→i ,−→j).
2. Soit−→u ∈ E, soit x
y
ses coordonn´ees dans la base (−→i ,−→j) et soit x′
y′
les coordonn´ees deσ(−→u) dans la base (−→i ,−→j).
(a) En utilisant le fait queσ est une application lin´eaire (i.e. queσ poss`ede les propri´et´es (a) et (b) de la question 1. de la partie B), d´eterminerx′ ety′ en fonction dexety.
(b) V´erifier queA x
y
= x′
y′
.
Remarque : On a donc d´emontr´e le r´esultat suivant.
Si les coordonn´ees de−→u sont x
y
dans la base(−→i ,−→j), alors σ(−→u) a pour coordonn´eesA
x y
dans la base(−→i ,−→j).
La seule connaissance de la matrice A permet donc de calculer les images de tous les vecteurs du plan par l’application σ.
3. (a) CalculerA 1
−1
.
(b) D´eduire de 2.(b) et de 3.(a) un r´esultat d´ej`a obtenu dans la partie A.
Indication : On pourra commencer par interpr´eter 1
−1
comme les coordonn´ees d’un certain vec- teur du plan dans la base (−→i ,−→j).
4. D´eduire de 2.(b) les coordonn´ees des vecteursσ(3−→i + 2−→j) et σ(−−→i + 4−→j) dans la base (−→i ,−→j).
5. SoitO un point du plan.
(a) Faire une figure sur laquelle on dessinera les repr´esentants d’origine O des vecteurs −→i, −→j, −−→i−j, 3−→i + 2−→j, −−→i + 4−→j ainsi que ceux de leurs images parσ.
(b) Qu’inspire cette figure quant `a l’applicationσ? 6. Soit−→u ∈ E. D´eduire de 2.(b) que
σ(−→u) =−→u ⇐⇒ −→u //−→s . 7. (a) D´emontrer que pour tout
x′ y′
∈R2, il existe un unique x
y
∈R2 tel que A x
y
= x′
y′
. (b) D´eduire de 2.(b) et de 7.(a) un r´esultat d´ej`a obtenu dans la partie B.
Correction
1. (a) Comme−→i = 1 −→i + 0 −→j, les coordonn´ees de −→i dans la base (−→i ,−→j) sont 1
0
. Comme−→j = 0 −→i + 1 −→j, les coordonn´ees de −→j dans la base (−→i ,−→j) sont
0 1
.
(b) D’apr`es la partie A,
σ(−→i) =−−→j = 0 −→i + −1 −→j σ(−→j) =−−→i = −1 −→i + 0 −→j .
Les coordonn´ees respectives de σ(−→i) etσ(−→j) dans la base (−→i ,−→j) sont donc : 0
−1
et
−1 0
. Par suite :
x1= 0 ; y1=−1 ; x2=−1 ; y2= 0.
(c) On commence par calculer A
1 0
=
a b c d
1 0
= a
c
A 0
1
=
a b c d
0 1
= b
d
. Par suite
A 1
0
= x1
y1
etA
0 1
= x2
y2
⇐⇒
a c
= x1
y1
et
b d
= x2
y2
⇐⇒
a=x1= 0 b=x2=−1 c=y1=−1 d=y2= 0
(d’apr`es 1.(b))
La matriceAcherch´ee est donc
0 −1
−1 0
. 2. (a) Comme
x y
sont les coordonn´ees de−→u dans la base (−→i ,−→j) On a
−
→u =x−→i +y−→j . (10) Pour d´eterminer les coordonn´ees
x′ y′
de σ(−→u) dans la base (−→i ,−→j), on cherche `a ´ecrire σ(−→u) comme une combinaison lin´eaire de la famille de vecteurs (−→i ,−→j).
σ(−→u) = σ(x−→i +y−→j) (cf. (10))
= x σ(−→i) +y σ(−→j) (cf. 1.(a) et 1.(b) de la partie B)
= −x−→j −y−→i (cf. 1. et 2. de la partie A) On a donc
σ(−→u) = −y −→i + −x −→j . (11) De (11), on d´eduit que les coordonn´eesσ(−→u) dans la base (−→i ,−→j) sont
−y
−x
. On a donc x′=−y et y′=−x.
(b) Un calcul ´el´ementaire montre que : A
x y
=
0 −1
−1 0 x y
= −y
−x
= x′
y′
.
3. (a) A 1
−1
=
0 −1
−1 0 1
−1
= 1
−1
.
(b) Remarquons d’abord que comme−→s = 1−→i + -1−→j, les coordonn´ees de−→s dans la base (−→i ,−→j) sont 1
−1
. De 2.(b) et de 3.(a), on d´eduit donc que les coordonn´ees de σ(−→s) dans la base (−→i ,−→j) sont 1
−1
, i.e. σ(−→s) =−→s. On retrouve ainsi le r´esultat de la question 3. de la partie A.
4. D’apr`es 2.(b), les coordonn´ees du vecteurσ(3−→i + 2−→j) dans la base (−→i ,−→j) sont A
3 2
=
0 −1
−1 0 3 2
= −2
−3
et celles de σ(−−→i + 4−→j) toujours dans la base (−→i ,−→j) sont A
−1 4
=
0 −1
−1 0
−1 4
= −4
1
. 5. SoitO un point du plan.
(a) Figure sur laquelle on a plac´e les repr´esentants d’origine O des vecteurs −→i, −→j, −−→i−j, 3−→i + 2−→j,
−−→i + 4−→j ainsi que ceux de leurs images parσ.
−
→u = 3−→i + 2−→j
−
→v =−−→i + 4−→j
−
→j
−
→i
b
O D
σ(−→i) σ(−→j) −→s
−
→u
σ(−→u)
−
→v
σ(−→v)
(b) On peut, `a raison, interpr´eterσcomme la sym´etrie axiale d’axe la droiteDpassant parO et dirig´ee par−→s.
6. Soit −→u ∈ E de coordonn´ees x
y
dans la base (−→i ,−→j). Alors d’apr`es 2.(a) ou 2.(b), les coordonn´ees de σ(−→u) dans la base (−→i ,−→j) sont
−y
−x
.
Preuve de =⇒ : Si −→u = σ(−→u), alors les coordonn´ees de ces deux vecteurs dans la base (−→i ,−→j) sont identiques, i.e.
x=−y.
Par suite
−
→u =x−→i +y−→j =−y−→i +y−→j =−y(−→i −−→j
| {z }
−
→s
).
Donc−→u //−→s.
Preuve de⇐= : Si−→u //−→s, alors il existeλ∈Rtel que−→u =λ−→s. On a donc σ(−→u) = σ(λ−→s)
= λσ(−→s) (cf. 1.(b) de la partie B)
= λ−→s (cf. 3. de la partie A :σ(−→s) =−→s)
= −→u . 7. (a) Soit
x′ y′
∈R2. On doit r´esoudre l’´equation de param`etresx′, y′∈R:
(Ex′,y′) A x
y
= x′
y′
d’inconnue x
y
∈R2
(Ex′,y′) ⇐⇒
0 −1
−1 0 x y
= x′
y′
⇐⇒
−y
−x
= x′
y′
⇐⇒ x=−y′ et y=−x′ L’´equation (Ex′,y′) admet bien une unique solution :
−y′
−x′
. (b) Soit−→w un vecteur du plan de coordonn´ees
x′ y′
dans la base (−→i ,−→j). Si −→u est un vecteur du plan de coordonn´ees
x y
dans la base (−→i ,−→j), alors :
σ(−→u) =−→w ⇐⇒ σ(−→u) et−→w ont les mˆemes coordonn´ees dans la base (−→i ,−→j).
⇐⇒ A x
y
= x′
y′
(d’apr`es 2.(b)).
⇐⇒ Les coordonn´ees de−→u sont solutions de l’´equation (Ex′,y′).
En appliquant le r´esultat d´emontr´e `a la question 7.(a), on obtient alors que, quel que soit le vecteur
−
→w du plan, il existe un unique vecteur −→u du plan tel que σ(−→u) = −→w. L’application σ est donc bijective et on retrouve ainsi les r´esultats des questions 2.(b) et 2.(c) de la partie B.