Plongements fractionnaires Lien avec les empilements de boules Preuve du th´eor`eme de Naor et Neiman
Avatars du th´ eor` eme de plongement d’Assouad
P. Pansu
13 avril 2011
Plongements fractionnaires Lien avec les empilements de boules Preuve du th´eor`eme de Naor et Neiman
On d´ecrit le probl`eme du plongement d’espaces doublants dans des espaces euclidiens.
1 Assouad (1983) : plongement en dimension d´ependant de l’exposant.
2 Naor et Neiman (d´ecembre 2010) : plongement en dimension ind´ependante de l’exposant.
3 Lien avec avec les empilements de boules.
4 Thurston 1993, Benjamini et Schramm (1995-2010) : r´esultats sur les empilements de boules.
5 Preuve du th´eor`eme de Naor et Neiman.
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Dimension des plongements fractionnaires
D´efinition (Bouligand 1928)
La dimension m´etriquedim(X)d’un espace m´etrique X est la borne inf´erieure des d tels qu’il existe C tel que pour tout sous-ensemble a-s´epar´e Y ⊂X de diam`etre D,
|Y| ≤C(Da)d.
Exemple
Rn, Heisn(n impair) ont une dimension m´etrique lin´eaire en n.
Remarque
Si X a un plongement bilipschitzien dans Y , alorsdim(X)≤dim(Y). Si X0= (X,dX1−), alorsdim(X0) = 1−1 dim(X).
Th´eor`eme (Assouad 1983)
Pour tout∈(0,1)et d>0, il existe D(d, )et N(d, )tels que pour tout espace m´etrique X de dimension d , lam´etrique fractionnaire (X,dX1−)admet un plongement bilipschitzien dans l’espace euclidien`N2 de distorsion≤D.
Question
Donner des bornes optimales sur D and N.
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Dimension des plongements fractionnaires
Th´eor`eme (Gupta, Krauthgamer, Lee 2003 ; Lee, Mendel, Naor 2004) Dans le th´eor`eme d’Assouad, on peut prendre N≤O(dlog d)et D≤O(√d).
Th´eor`eme (Naor, Neiman d´ecembre 2010)
Dans le th´eor`eme d’Assouad, on peut prendre, pour toutθ∈]0,1], N≤O(dθ)et D≤O((d)1+θ).
Remarque
A une constante pr`es, c’est optimal, car N≥Hausdim(X)1− ≥Ω(d).
Question
Dans des exemples, donner une meilleure borne inf´erieure sur la dimension du plongement.
Th´eor`eme (Kahane 1981, Assouad 1983) Pour l’espace euclidien(`d2,d`1−
2 ), la dimension de plongement optimale est le plus petit entier strictement sup´erieur `a 1−d , i.e. N=b1−d c+ 1.
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S´eparation CohomologieLp
D´efinition (Benjamini, Schramm)
Soit G un graphe. G estempilabledansRd si G est le graphe d’incidence d’un empilement de boules dans`d2.
D´efinition (provisoire)
Soit G un graphe. G est k-empilabledansRd si G est le graphe de k-incidence d’un empilement de boules dans`d2 (i.e. on relie une boule B `a toutes les boules qui intersectent kB).
Un espace m´etrique X est empilable dansRd s’il est quasiisom´etrique `a un graphe k-empilable dansRd.
Proposition
Soit X un espace m´etrique `a g´eom´etrie born´ee. Si X poss`ede un plongement fractionnaire dans`d2, alors X est empilable dansRd.
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S´eparation CohomologieLp
En 1979, R. Lipton et R. Tarjan ont trouv´e un algorithme qui coupe en deux un graphe planaire en ˆotant au plus 2√
2nsommets. W. Thurston a propos´e une autre m´ethode, reposant sur le th´eor`eme de Koebe qui r´ealise toute triangulation du plan comme graphe d’incidence d’un empilement de disques. En voici la g´en´eralisation d-dimensionnelle.
Th´eor`eme (Miller, Teng, Thurston, Vavasis 1993-1998)
Soit G un graphe fini k-empilable dansRd, `a n sommets. Alors il existe un sous-ensemble S de sommets de taille|S| ≤O(k n(d−1)/d)qui s´epare G en deux sous-graphes de tailles≤d+1
d+2n.
Cela motive la d´efinition suivante.
Th´eor`eme (Benjamini, Schramm)
Soit X un espace m´etrique `a g´eom´etrie born´ee. Las´eparationde X est la plus petite fonction sepX :R+→R+telle que tout sous-espace de volume n de X puisse ˆetre s´epar´e en deux morceaux de volume≤moiti´e par un ensemble S tel que
volume(S+ 1)≤sepX(n).
Exemple (Benjamini, Schramm) separbre(n) =O(1), sep
Rd(n) = Θ(n(d−1)/d), separbre×arbre(n) = Θ(lognn ).
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S´eparation CohomologieLp
Notation
Rp1(X) = cohomologieLpr´eduite en degr´e 1 =fonctions de gradient Lpmodulo l’adh´erence des fonctions Lp.
D´efinition
X est p-paraboliques’il existe des fonctions `a support compact u:X→R, valant1 sur un ouvert fix´e, et d’´energieR
|du|parbitrairement petite.
Th´eor`eme (Benjamini, Schramm)
Si X est empilable dansRd, alors ou bien X est d -parabolique ; ou bien Rd1(X)est non nul.
Exemple
Si X=Cay(Γ), X est p-parabolique⇔Γest `a croissance polynˆomiale de degr´e d≤p.
Si X est un groupe de Lie, Rd1(X)6= 0⇔X est hyperbolique etConfdim(∂X)≤d .
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S´eparation CohomologieLp
Aucun des exemples ci-dessus ne donne une borne inf´erieure pour la dimension de plongement fractionnaire meilleure que la dimension m´etrique. Par exemple, l’argument deMiller, Teng, Thurston, Vavasis 1993-1998s’´etend au groupe de Heisenberg et donne une s´eparationsep(n) =n3/4. Les graphes autosimilaires diamant ou deLaaksosont planaires.
Question
Existe-t’il des espaces doublants X de dimension m´etrique d tels que sepX(n)n(d−1)/d?
Pas sˆur.
Question
Un espace doublant de dimension m´etrique d est-il forc´ement p-parabolique pour tout p≥d ?
Cela paraˆıt probable.
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Constante de H¨older Constante de H¨older inverse
La construction est un cas particulier de celle deAbraham, Bartal, Neiman 2008.
Pr´eliminaire.Assouad, Bretagnolle, Dacunha-Castelle, Krivine: on peut supposerX fini, diam`etre(X)<∞, dimension(X) =d.
Sch´ema de la preuve
Etant donn´eθ∈]0,1], on construit une distribution sur les applications F:X →`N2, N=dd
θe. Toutes satisfont `a une estimation H¨older|F(x)−F(y)| ≤(d)1+θd(x,y).
L’in´egalit´e inverse est satisfaite avec probabilit´e non nulle.
Pouri∈N, soitsi= (d)iθ/(1−). SoitYi unsi-r´eseau deX. On tire ind´ependamment au hasardNrayonsRk(y)∈[s4i,s2i] pour chaque pointy∈Yi. On constitueN partitions deX au moyen des boulesB(y1,Rk(y1)),B(y2,Rk(y2))\B(y1,Rk(y1)), ...
centr´ees surYi. Pour chaque pi`ecePde l’une de ces partitions, on tire au hasard un r´eelU(P)∈[0,1]. Pourx∈X, on notePik(x) la pi`ece qui contientxet
fik(x) =d d(x,X\Pik(x)).
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Constante de H¨older Constante de H¨older inverse
La construction est un cas particulier de celle deAbraham, Bartal, Neiman 2008.
Pr´eliminaire.Assouad, Bretagnolle, Dacunha-Castelle, Krivine: on peut supposerX fini, diam`etre(X)<∞, dimension(X) =d.
Sch´ema de la preuve
Etant donn´eθ∈]0,1], on construit une distribution sur les applications F:X →`N2, N=ddθe. Toutes satisfont `a une estimation H¨older|F(x)−F(y)| ≤(d)1+θd(x,y).
L’in´egalit´e inverse est satisfaite avec probabilit´e non nulle.
Pouri∈N, soitsi= (d)iθ/(1−). SoitYi unsi-r´eseau deX. On tire ind´ependamment au hasardNrayonsRk(y)∈[s4i,s2i] pour chaque pointy∈Yi. On constitueN partitions deX au moyen des boulesB(y1,Rk(y1)),B(y2,Rk(y2))\B(y1,Rk(y1)), ...
centr´ees surYi. Pour chaque pi`ecePde l’une de ces partitions, on tire au hasard un r´eelU(P)∈[0,1]. Pourx∈X, on notePik(x) la pi`ece qui contientxet
fik(x) =U(Pik(x))dsi−d(x,X\Pik(x)).
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Constante de H¨older Constante de H¨older inverse
La construction est un cas particulier de celle deAbraham, Bartal, Neiman 2008.
Pr´eliminaire.Assouad, Bretagnolle, Dacunha-Castelle, Krivine: on peut supposerX fini, diam`etre(X)<∞, dimension(X) =d.
Sch´ema de la preuve
Etant donn´eθ∈]0,1], on construit une distribution sur les applications F:X →`N2, N=ddθe. Toutes satisfont `a une estimation H¨older|F(x)−F(y)| ≤(d)1+θd(x,y).
L’in´egalit´e inverse est satisfaite avec probabilit´e non nulle.
Pouri∈N, soitsi= (d)iθ/(1−). SoitYi unsi-r´eseau deX. On tire ind´ependamment au hasardNrayonsRk(y)∈[s4i,s2i] pour chaque pointy∈Yi. On constitueN partitions deX au moyen des boulesB(y1,Rk(y1)),B(y2,Rk(y2))\B(y1,Rk(y1)), ...
centr´ees surYi. Pour chaque pi`ecePde l’une de ces partitions, on tire au hasard un r´eelU(P)∈[0,1]. Pourx∈X, on notePik(x) la pi`ece qui contientxet
fik(x) =U(Pik(x))min{si1−,d si−d(x,X\Pik(x))}.
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Constante de H¨older Constante de H¨older inverse
On pose
F(x) = 1
√ N
∞
X
i=1
(fi1(x), . . . ,fiN(x)).
Lemme
On a toujours|F(x)−F(y)| ≤const.(d)1+θd(x,y)1−.
On montre ais´ement que pour touti∈N,k∈[N],x,y∈X,
|fik(x)−fik(y)| ≤const.min{si1−,d si−d(x,y)}.
En sommant suri, on utilise la majoration pard si−d(x,y) pouri≤logd(x,y), et la majoration parsi1−pouri plus grand. La somme est major´ee par
d(x,y) exp(−logd(x,y)) =d(x,y)1−.
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Constante de H¨older Constante de H¨older inverse
Pour chaquei∈N, on poseδi= (d)1/(1−)si et on choisit unδi-r´eseauNi deX. Soit El’´ev`enement “pour toutiet pour tousz,w∈Ni tels qued(z,w) soit de l’ordre de si, pour au moins la moiti´e des fonctionsfik,
|
∞
X
j=1
(fjk(z)−fjk(w))|>si1−.
Lemme
On a|F(x)−F(y)| ≥const.(d)2θd(x,y)1−pourvu que l’´ev`enement E ci-dessus soit r´ealis´e.
En effet, choisiritel qued(x,y) soit de l’ordre desi. Approcherxetyparz,w∈Ni. Utiliser le fait queF est H¨older continue.
Dans la d´efinition deE, on peut clairement introduire la modification suivante : T(i,z,w) = “pour au moins la moiti´e des fonctionsfik,
|
i
X
j=1
(fjk(z)−fjk(w))|>2si1−.”
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Constante de H¨older Constante de H¨older inverse
Comme le graphe de d´ependance des ´ev`enementsT(i,z,w) a un degr´e born´e par (d)O(d)(c’est le nombre de points deNi dans une boule de rayonsi), pour minorer la probabilit´e deE, on utilise le Lemme Local de Lov´asz (en fait, la variante suivante).
Lemme (Abraham, Bartal, Neiman 2008)
Soient Av des ´ev`enements index´es par les sommets d’un graphe G de degr´e≤D. Sur G , on se donne une fonction de niveau V→Nqui est constante sur les composantes connexes. On suppose qu’il existe q tel que q(D+ 1)e≤1et pour tout v et tout ensemble Q de sommets dont aucun n’est un voisin de v , et tous ont un niveau≤`a celui de v ,
P(Acv∩ \
u∈Q
Au)≤qP(\
u∈Q
Au).
Alors, avec une probabilit´e non nulle, les Av se produisent simultan´ement.
Ici,v= (i,z,w), le niveau esti,Av =T(i,z,w). Il s’agit de montrer que
q= (d)θN/2convient. SiG´etait vraiment un graphe de d´ependance, ce serait simple.