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(1)

HAL Id: jpa-00242119

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00242119

Submitted on 1 Jan 1905

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To cite this version:

Ch.-Éd. Guillaume. Les Radiations. Radium (Paris), 1905, 2 (2), pp.44-49. �10.1051/ra-

dium:019050020204400�. �jpa-00242119�

(2)

Les Radiations ’

II

L’énergétique des radiations d’origine moléculaire. (.Suite.)’ 1

Vérifications expérimentales.

-

Nous avons

-vu que tous les travaux anciens relatifs à l’émission des radiations se rapportent a une série de cas par- ticuliers; c’est tout récemment seulement que l’on a

abordé le problème sous sa forme théorique simple

de l’enceinte fermée isotherlne.

Les premières recherches dans cette voie furent

plus ou moins inconscientes, bien que le fait d’opérer

sur un radiateur partiellement fermé soit spéciale-

ment mentionné par les auteurs de ces travaux.

Ainsi, M. Christiansen examina le rayonnement issu de trous coniques pratiqués dans une plaque d’argent, et Schnecheli détermina la puissance du

rayonnement fourni par l’intérieur d’un four. M. Le Chatelier insista davantage sur l’importance de cette

circonstance particulière des observations. M. Yiolle enfin, opérant sur des oxydes dans un travail du plus

haut intérêt, publié en 1893, et passé malheureuse-

ment presque inaperçu, montra, par une série de

Fig. 1.

-

Radiateur intégral dl’ MM. Lummer et Pringsheim.

R, tnlm de charbon: F. fenêtre pour l’observation: L. tube conduisant un gaz neutre dans la fenêtre;

11, tull’ de cuivre refroidissant les enveloppes.

helles expériences, que des corps divers, placés dans

une enceinte fermée isotherme, possèdent un éclats identique al celui des parois qui les entourent. Je

1. Ymr Le Radium, tome I, pagt-s 91 et 140.

reviendrai sur ce travail u l’occasion de l’émission des oxydes.

Toutefois, une vérification expérimentale complète

des lois du rayonnement fut donnée seulement

lorsque l’étude détaillée de remission du corps noir elit été entreprise il l’Institut physico-technique de Charlottenbourg; le principal mérite de cette vérifica-

tion revient à M. O. Lummer et aux distingués physi-

ciens qu’il associa à ce travail.

La réalisation du radiateur intégral ne présentait

pas de difficultés aussi longtemps que les expériences

restèrent limitées à des températures peu élevées;

une enceinte sphérique, plongée dans un bain ou

entourée d’une vapeur dont on déterminait la tem-

pérature au moyen d’un thermomètre ou d’une sou-

dure tllcr»oélectrique, émettait par une étroite ouver- ture pratiquée dans ses parois, la radiation que l’on voulait étudier. Un holomètrc dont le récepteur était

une lame noircie, ou mieux une caissette allongée sur

la fente de laquelle tombait le faisceau, serait

à mesurer sa puissance.

Aux températures élevées, le problème présentait

de plus grosses difficultés. On constitua alors le radiateur à l’aide d’un tube de platine, pincé aux

deux bouts, et parcouru dans toute sa longueur par

un courant qui l’amenait

à une très vive incandes-

cence. Des écrans trans- versaux, placés dans le tube, limitaient la portion

dont la radiation arrivait

au dehors par l’étroite ou- verture ménagée au centre

de la portion du cylindre

amincie en sifflet. On put

ainsi dépasser sans trop de peine 1600°, et mesurer les températures avec une in-

certitude de quelques de- grés seulemcnt.

Enfin, pour les tempé-

ratures très élevée, on

substitua au platine un

tube de charbon dur, en-

touré d’une séric d’enve-

loppes empêchant à la

fois son refroidissement et son oxydation. Cet appareil est représenté dans la figure 1. Comme aucun procédé direct ne permet-

tait de mesurer sa température, on s’est borné à étudier, par son moyen, les relations entre les di-

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/radium:019050020204400

(3)

nous x retiendrons a B el’ plus de détail dans un in- stant: dirons seulement que la température de 2000°

a pu être dépassée au moyen de cet appareil.

Enfin, dans un travail récent, et dont les résultats

ne sont pas encore connus, MM. Kuribaum et Schulze ont atteint la température de 2050°, en confection- nant le tube au moyen du mélange d’oxydes préconisé

par M. Nernst, et qui, tout en acquérant une assez

bonne conductiBiLt’ aux température élevées, supporte

des chauffes auxquelles très peu de corps sont sus-

ceptibles de résister.

La courbe figure 2 montre avec quelle précision la

loi de la quatrième puissance est périnée; les points

isolés marquent du rayonnement mutuel de la source et du bolomètre donné par les expériences

0

Fig. 2

-

Puissance totale du rayonnement intégrât en fonc-

tion de la température;

+++ valeurs experimentales

-

courbe theorique.

de M. Lummer, en fonction delà température absolue portée en abscisses. La courbe continue représente l’equation

P=o((-)’2013290°).

290° étant la température absolue du bolomètre pendant ces expéreinces.

Pour vérifier la loi du déplacement, la position dn

maximum de la courbe de puissance a été déterminée a l’aide d’un bolomètre à lame étroite que l’on pro- menait dan:-- le spectre normal du faisceau étudié.

La courbe figure 3 représente les résultats obtenus par MM. Lummer et Pringsheim; les abscisses sont

comme précédemment, les températues absolues:

les ordonnées sont les réciproques de 2. Si la

exacte les points représentatifs des expéreinces

doivent se placer sur une droite,

Pour l’une comme pour l’autre des deux lois

constater aucune déviation. Les données numériques

Fig. 3.

-

Loi du déplacement: valeur de 1 7m en fom en 1 III

de la temperature absolue.

+++ valeur expérimentales

-

droite théorique.

publiées par les auteurs de ce beau traBail montrent nécessairement quelques écarts fortuits, mais ils sout

très petits, n’ont rien de systématique, et ne per- mettent en aucunc façon de douter de l’exactitude

rigoureuse des lois contenues dans les formules pré-

cédcn1111C11 énumérées.

Le tableau ci-dessous. qu’il ne m’a pas paru pra-

tique de traduire en 1111 graphique, en raison de l’as- cension extrèmement rapide de la courbe, reproduit

les résultats des expériences dt’ MM. Lummer et

Pringsheim relatives à la valeur de la puissance maxima Pm.

La première colonne contient les températures mesurées; la seconde, l’ordonnée du maximum: la troisième, un produit que la titéorie indique comme

devant être constant, enfin, la quatrième, la valeur recalculée des températures, c’est-à-dire de l’éxpression

dans laquelle le dénominateur sous le radical est la

valeur numérique moyenne de Pm

.

(4)

Le parallélisme remarquable de la première et de

la dernière colonne du tableau montre qu’il suffirait

d’admettre de très petites erreurs dans la mesure des températures ou des puissances rayonnées pour

expliquer tous les écarts des résultats expérimentaux

par rapport aux indications de la théorie.

Extension aux températures très élevées;

nouvelle échelle thermodynamique des tem- pératures.

-

Si nlémc la température du corps

rayonnant ne peut pas être mesurée, il est fort intéressant de connaitre les particularités du rayoll- nement, puisque ce dernier est soumis a des lois dont l’expression fait intervenir la température sous

des formes très diverses. C’est dans cette idée que MM. Lummer et Pringsheiul ont exallllne le rayon-

nement du radiateur intégral a cylindre de charbon décrit plus haut, et l’ont suivi jusqu’aux températures

les plus élevée qu’il ait été possible de réaliser.

Les constantes des appareils ayant été préalable-

ment déterminées à l’aide d’un radiateur dont la

température pouvait être aisément mesurée, les

auteurs se sont proposé d’extrapoler les lois admises,

en fondant le calcul de la température de l’appareil

sur l’hypothèse de l’exactitude illimitée de ces lois.

S’ils s’étaient bornés, dans cette recherche, à l’in- vestigation d’un seul des éléments qui constituent le

rayonnement, un tel procédé constituerait une simple

Fig. 4.

-

Valeurs expérimentales de la puissance de la radia- tion integrale en fonction de la longeur d’onde. pour diverses températures absolues unite arbitraire.

tautologie, et n’aurait pa· d’autre valeur qu’un repé- rage des température suivant unl’ échelle considérée

II priori comme rigoureuse. Mais ils avaient à leur

disposition l’examen des trois relations de Stefan, du déplacemcnt, et de la valeur du maximum.

Pour le calcul de la température, la première et la

troisième de ces relations sont précises, puisquc la température en ressort comme quatrième et cinquième

racine de l’énergie rayonnante mesurée; la seconde l’est beaucoup moins, puisque la température y

figure â la première ptllssallcc; de plus, elle se fonde

sur la détermination de la position d’un maximum,

dont le déplacement est d’autant plus lent, pour un même écart, que la température est déjà plus élevée.

Ce procédé est donc d’une application difficile, et,

comme il exige un grand nombre de Inesures,

MM. Lummer et Pringsheiln ont renoncé à l’appliquer

dans ce travail. Ils ont cependant profité de cette

recherche "pour ajouter de nouvelles courbes à celles

qu’ils avaient déterminées précédemment; c’est ainsi

qu’a été trouvée la courbe supérieure de la figure 4, qui se rapporte à la température la plus élevée du

radiateur intégral dont la puissance ait été examinéc jusqu’ici en fonction de la longueur d’onde.

Privés volontairement de l’un des trois contrôles

qu’il eût été à la rigueur possible d’utiliser, MM. Lllnl-

mer et Pringsheim l’ont remplacé par des mesures

d’un autre ordre, purement visuelles et fondées sur les éclats comparés de deux sources dans les diverses

régions du spectre. La loi suivant laquelle s’opère l’extrapolation est ici presque entièrement empirique;

mais elle est d’une teneur si simple qu’elle revêt tout

à fait l’aspect d’une de ces lois naturelles, dont il faut admettre la forme mathématique sans en comprendre

encore entièrement la raison.

Les expériences de MM. Lummer et Pringsheim ont

consisté à amener le cylindre de charbon à une tem-

pérature aussi constante que possible, puis à faire

passer successivement, devant son ouverture, les divers appareils récepteurs de sa radiation, savoir un spectromètre pour la mesure des éclats dans les diverses régions du spectre, un spectro-bololnèlrc

pour la valeur du maximum, enfin un bolomètre de surface, sans interposition d’un appareil dispersif,

pour la détermination du rayonnement total. Voici, à titre d’exemple, les températures trouvées par ces divers procédés dans des opérations immédiatelnent consécutives :

La concordance est parfaite, et on n’en peut CU11-

(5)

depuis lt’· températures moyennes. jusqu’aux extrêmes

limite" qui aient été atteintes jusqu’ici dans l’établis- sement du rayonnement intégral, conduit par toutes les lois connues, à des valeurs identiques de la tempé-

rature.

A cette expérience, nous avons gagné certainement

une confirmation de plus de la validité des lois dont la

forme mathématique a été donnée plus haut. Mais

nous pouvons aller plus loin : ces lois que l’expérience

a si bien confirmées, ont été établis d’abord d’une

façon toute théorique, en partant seulement des prin- cipes de la thermodynamique, ou de la théorie électro-

magnétique du rayonnement; elle:, ont donc le carac-

tère de lois naturelles tout comme les lois de l’expan-

sion des gaz parfaits, Or, si l’on a pu fonder une échelle thermométrique sur la dilatation des gai, on pourra tout aussi hien créer une échelle dont les lois du rayonnement donneront la forme mathématique.

L’expérience a montre que les deux échelles concordent dans tout l’intervalle des températures où il a été pos- sible de les superposer. Lorsque le thermomètre à gaz refuse son emploi par le fait du ramollissement ou de la perméabilité de son emeloppe, l’échelle du rayonne-

ment demeure seule; elle continue l’échelle classique,

en la prolongeant déjà de plusieurs centaines de degrés ;

c’est là un résultat dont l’importance croîtra a mesure

que l’investigation scientifique s’étendra davantage

dans les domaines nouveaux des températures élevées.

Puissance de la radiation en unités abso- lues. - En désignant par l’unité le pouvoir émissif

ou absorbant du corps noir, nous avons noté en

passant que l’adoption de ce coefficient est entièrement

arbitraire, et qu’il serait ultérieurement remplacé par

une constante naturelle dont la valeur pourrait être exprimée en fonction des unités usuelles.

Il est dans la Hall1rc de tout coefficient spécifique

de figurer, dans la forme mathématique d’une loi

naturelle, indépendamment de toute variable concou-

rant à l’expression de cette loi. Or, dans la loi de Stefan P=o()4. le coefficient o remplit cette condi-

tion et il la remplit seul. 11 possible donc bien le carac-

tère d’une constante naturelle. Sa valeur à été deter- minée à diverses reprises, et tout récemment encore par M. Kurlbaum. Ce coefficient relie mie puissance mécanique à une température: il suppose la puissance

émise par Ull centimètre carré de la surface donnant le rayonnement intégral. Dans ces unités, o est égale a 5,52.10-12: c’est-à-dire qu’une surface S dll corps noir il la température (-) rayonne vers une surface

parallèle intime. parfaitement absorbante et an zéro absolu, une puissance égale à 5.52S(-).10-12 watts.

Emission des corps réels, -- Ainsi que nous 1 avons Ídif remarquer au début. ileBis[e autant de lois

d’émission que de corps particuliers: aucun corps n’est entièrement !t"uB blanc ou gris comme on

température et pour chaque longueur d’onde, un rapport individuel de rayonnement compare Ù celui du

corps noir. Ce rapport est nécessairement compris

entre 0 est J autant qu’il s’agit d un rayonnement purement thermique, c’est-à-dire isolé de toute trans- formation chimique de la source. Dans le cas 011 une

telle transformation s’opère, le rapport peut prendre

une valeur quelconque, et c’est ainsi que l’on voit des

corps émettre aux basses temperatures dans le spectre

visible 111l même ultra-violet , des rayonnements intenses que. conformément aux !ois du rayonnement purement thermique, des corps il une température

très élevée seraient seuls susceptibles de produire. Mais

ces rayonnements anormaux sont limités a l’espace de

temps pendant lequel tes transformations chimiques

se produisent; celles-ci achevées, ils rentrent dans les

lois générales.

Cette notion de la nécessite d’une modification

chimique pour expliquer les rayonnements anormaux

a heaucoup gagné en précision dans ces dernières

années. Récemment encore, bien des physiciens

ramenaient ces rayonnements à la loi générale, en

attribuant à la source une température fictive suffi- santepour que l’émission correspondit, au maximum

à celle du corps noir à la même température et pour la longueur d’onde considérée: toutefois, connue il était difficile de supposer que le ver luisant par exemple

eût une température supérieure à 1000°, on tournait

la difficulté en disant que certaines molécules parti-

culières étaient seules il cette température.

On a reconnu, depuis, que l’introduction de la notion de température dans ces phénomènes la com- pliquait singulièrement et la rendait d’un maniement extrêmement délicat, sans apporter à l’application des phénomènes eux-mêmes plus que ne peut le raire l’idée d’une émission lumineuse par une transforma-

tion chimique sans aucun rapport avec la tempéra-

lure,

Cette dernière idée a été mise sous la forme d’un mécanisme familier, en disant que le rayonnement

purement thermique est moléculaire, alors que le rayonnement anormal est atomique; c’est une pre- mière satisfaciton donnée à l’esprit. On peut la pour- suivre en disant que ta rupture de ta molécule par

une action extérieure on sa recombinaison parles

affinités, produit une vibration interne momentanée soit des que l’on sépare, soit de la molécule.

qui stitue, dont la période et l’intensité

d . ’’1 ualités individuelles, et sont soustraites

aux rentes simples de la thermodynamique

a des phénomènes d’ensemble d’où la personnalité de la molecule ou de l’atome aurant disparu.

les phénomènes ne sont sans doute point aussi

simples: mais une anatomie mecanique, même incom-

plère, est souvent un guide utile dans la recherche.

(6)

Si aucun corps réel ne se comporte comlne le radia-

teur intégral, chacun d eux s’en écarte à des degrés

divers. Certains d entre eux, comme les oxydes des

métaux, et surtout les terres rares, s’en éloignent tel-

lement qu’on put lcur attribuer pendant longtemps

des rayonnements anormaux. Leur coloration U une

température élevée déterminées était, par exemple, beaucoup plus blanche que celle du charbon ll la même température ; elle était même 1)leuâtre compa- rée â la lumière du jour, ce qu’un examen superficiel

de la question conduisait à attribuer à une intensité des rayons bleus ou violets très supérieure à celle du

radiateur intégral de même température. Or il suffit,

pour renverser ce raisonnelnent trop simpliste, de

montrer, d’une part, que cette exagération de la’

lumière bleue était un simple effet de contraste au

défaut relatif de radiations de plus grande longueur

d’onde, en même temps qu’a une sous-évaluation de la température du radiateur.

En fait, une seule expérience était décisive, qui

devait consister à examiner le rayonnement de ces

oxydes à l’intérieur d’une enceinte fermée isotherme.

Cette expérience, à laquelle j’ai fait allusion plus

haut, a été tcntée pour la première fois par M. Violle, qui l’a relatéc dans une courtc note présentée en 1895,

à l’Acadén1ie des sciences.

« J’ai opéré, dit M. V iolle, sur du charbon, de la chaux,

de la 111agnésie, de la zircone et de l’oxyde de chrome,

et j’ai constaté que ces substances si différentes offrent, dans le four, exactement le même éclat, impressionnent également l’0153il ou la plaque photographique. Ainsi,

dans une enceinte fermée dont tous les points sont à la

même température, tous les corps sont en équilibre

de rayonnement suivant la loi de Kirchhoff 1. » La vérification était capitale; elle n’en passa pas moins

inaperçue.

Si les expériences ultérieures ne pouvaient rien ajouter a la puissance démonstrative de celle de M. Vielle, au moins pouvaient-elles nous faire mieux connaitre certaines particularités du rayonnement.

Dans un très intéressant travail publié en 1895,

il. Ch.-E.-St John est revenu à ces questions, et, après avoir tout essayé pour provoquer la phosphores-

cence des oxydes, a répété sans la connaître l’expé-

rience de 11. Vielle, pour constater liiialemeiit qu’ils ne

se distinguent pas des parois de l’enceinte isotherme dans laquelle ils sont enfermés.

Mais, si, comme l’a fait Fauteur, on introduit dans l’enceinte, par une fente latérale, une lame de porce- laine froide, on wit aussitôt les oxydes se détacher en

clair sur leur support de platine. Si, au lieu d’une simple lame, on fait entier dans l’enceinte un tube

1. Le contexte montre que 1 auteur sous-entend l’impossibilité

d’une transformation chimique: en d’autres termes, il consi-

dère l’anterieur de l’ enceinte et tout cf qu’elle cuntienL comme

demeurant indefiniment au même etat.

amené seulement au seuil des températures lumi-

neuses, de manière u isoler complètement l’oxyde et

son support du reste de l’enceinte, on peut alors com- parer leurs éclats à la température même de l’enceinte,

à la condition d’opérer avec une assez grande rapidité.

C’est par cc procédé que M. Ch.-E.-St John a trouvé,

à la température de 1050°, les rayonnements relatifs donnés ci-après pour la magnésie et la zircone, rappor- tés à celui du platine pris commue unité,

On voit que l’éclat des oxydes est non seulement plus élevé que celui du platine, mais encorc le rapport

va en augmentant à mesure que l’on avance vers les courtes longueurs d’onde ; à la même température, les oxydes seront donc plus bleus que le platine.

Sans insister sur toutes les conclusions qui découlent

de cette relation, on peut voir ilnmédiatemcnt que le

grand avantage des oxydes pour l’éclairage par incan- descence tient à cette propriété.

Le rayonnement des lnétaux a été souvent étudié ;

mais il n’en est aucun auquel on ait consacré des tra-

vaux aussi étendus et aussi précis qu’au platine. Cette préférence tient à sa tenlpërature de fusion très élevée

et à son inoxydabilité complète, qui permet de conser-

ver le même état des surfaces dans toute l’étendllc

thermique des recherches.

Pour le platine, c’est encore à MM. LUlnlner et

Pringsheim que l’on doit les séries de mcsures les plus

étcndues et les mieux conduites.

A première vue, les courbes d’émission du platine

en fonction de la longueur d’onde sont très semblables

à celles que fournit le radiateur intégral; lnais, si l’on

cherche à les superposer, en ramenant, par exemple,

leur maximum à la même ordonnée (celui du platine

étant naturellement beaucoup plus bas), on voit immé-

diatement que, plus on avance vers les grandes lon-

gueurs d’onde, plus l’ordonnée du platine s’abaisse

relativement au rayonnement normal. Cette consta-

tation est une simple conséquence du fait très géné-

ral, cL sur lequel j’aurai u revenir, que les métaux réfléchissent les radiations d’autant mieux que leur

fréquence est plus faible. Ce pouvoir réfléchissant

prend, dans les premières régions de l’infra-rouge, une

valeur qui ne diffère pas beaucoup de l’unité, pour se confondre pratiquement avec elle avant que l’on at-

teigne le domaine proprement dit des ondes électriques.

Le rapport de la puissante du rayonnement du hla-

tine a celui du radiateur intégral étant plus élevé aux

faibles longueurs d’onde qu’aux grandes, on se trouve,

pour le platine, au point de vue de la répartition, dans

des conditions analogues à celles qu’offrirait l’enceinte

isotherme à une température plu-, élevée. La compa-

(7)

que cette interprétation est pratiquement rigoureuse.

La courbe de repartition du rayonnement du platine

en fonction de la longueur d onde est semblable à la courbe intégrale issue d’une enceinte dont la tempéra-

ture serait égale an produit dt’ sa température reelle par le facteur 1.12. Mais les courbes ne seraient su-

perposables, Ilaturellement, qu’avec un changement

de l’échelle des ordollnées. On peut exprimer ce f’ait

en disant qu’une lame de platine fournit le mente

rayonnement qu’une enceinte dont la température est plus élevée, mais dont I’ouBerture est plus petite.

A 1000° ahs., par exemple, le rapport des puissances

totales du rayonnement pour nue même surface est voisin de 18/100; la surface de platine rayonne

donc, à cette température, comme iiii radiateur

intégral dont la température absolue est égale a

1500 x 1,12 = 1680°, et la surface a la fraction

0,18 1,124=0,115 de celle du plat ine1.

Ces quelques indications suffiront pour montrer que,

1. Le rendement élevé des l;impu· à filampnt d’osmium ou de tantale est dù il des relations analogues.

ment des corps réels, certaines relations sinlples peu- vent apparaitre, dont l’existence est due à des condi- tions particulières du régime moléculaire des corps considérés. jlais, jusqu’à ce qu’on ait pu ramener ces

lois expérimentale a des causes profondes et géné- rales, elles devront être considérées comme de simples

relations empiriques, que l’ingéniosité des chercheurs

a permis de découvrir, mais tlui n’ont pas d’autre valeur que toutes les formules d interpolation déduites uniquement des données de l’expérience.

Cependant, le rayonnement n’est plus, pour les phy- siciens, un phénomène isolé; indépendamment de son aspect purement thermodynamique qui le rend indé-

pendant de toute considération du physique molécu-

laire. il se relie a d’autres groupes de phénomènes

awr lesquels sa connevité n’est pas immédiatement évidente. La mise en lumière de ces relations est une clu, belles conquêtes de l’esprit humain nous essaierons

tout au moins de l’effleurer dans la suite de cette étude.

(..4 suivre) Ch.-Éd. Guillaume,

Directeur adjoint du Bureau international

des poids et mesures.

Sur l’emploi thérapeutique des sels de Radium

LE radium, découvert par M. et Mme Curie, est

une conquête de la science française. Cepen-

dant on ne compte encore en notre pays, de-

puis les premiers travaux du 1)r Danlos, qu’un

nombre assez restreint de publications sur l’emploi thérapeutique des sels de radium .

Il Y a, au point de vue de l’action biologique, pt plus particulièrement au point de vue thérapeutique qui

nous intéresse exclusivement Ici, une distinction très nette à faire entre le rayonnement et l’émanation des sels (te radium.

De l’émanation considérée comme agent thérapeu- tique, il n’y a encore rien à dire. Nous savons seule- 111Pllt par les recherches éxpérimentales de MM. HOll- chard et Balthazard, en collaboration rlvt’u M. Curie, qm’ l’émanation du radium. mélangée eu W’rtaint’

quantité a l’air inspire par les petits mammifères, les t’ait périr rapidement.

Pour l’usage thérapeutique les sels de radium ·Ult d’ailleurs presque toujours enfermés dans un récipient

d’ébonite, de verre IIU de metal, hermétiquement cilis.

qui oppose à l’issue de l’emanation un obstacle infran- chissable, mais demeure plus ou moins perméable au

rayonnement.

Par conséquent, c’est le mouvement du radium

qui seul doit nous occuper. Puisqu’il est comparable

au rayonnement de Rôntgen, il convient de comparer entre eux ces deux sortes de rayonnements, en distin- guant soigneusement, d’une part, les effets qu’ils pro- voquent sur les divers récepteurs exposes à leur action, d’autre part, les qualités propres, inséparables

de leur existence et indépendantes de toute action

exercée sur un récepteur quelconque.

Pour résumer brièvement l’état de la question, on peut dire que les deux snrh’s de rayonnements, diffé-

rmnl, an poinl de vue des qualites propres, sont ail contraire semblables ail point de vue des effets pro- duits.

Les trois espèces de ravlll, a, b et y t’r y. dont le mé- lange constitue le rayonnement du radium, possèdent

des qualités très différentes; cependant il, provoquent tous essentiellement les mêmes effets que les ravons de

Rontgen sur les divers récepteurs esposés d It’lll’

action: : ils illuminent in, substances fluorescentes,

impressionnent les plaques photographiques, exercent

sur Ull grand nombre de corps une action colorante, rendant l’air conducteur dr l’électricité et modifient, dans leur structure et leur evolution, les élements cellulaires des tissus vivants.

Chacun de ces effets peut servir a l’étude du raBon-

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