HAL Id: jpa-00242119
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Submitted on 1 Jan 1905
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To cite this version:
Ch.-Éd. Guillaume. Les Radiations. Radium (Paris), 1905, 2 (2), pp.44-49. �10.1051/ra-
dium:019050020204400�. �jpa-00242119�
Les Radiations ’
II
L’énergétique des radiations d’origine moléculaire. (.Suite.)’ 1
Vérifications expérimentales.
-Nous avons
-vu que tous les travaux anciens relatifs à l’émission des radiations se rapportent a une série de cas par- ticuliers; c’est tout récemment seulement que l’on a
abordé le problème sous sa forme théorique simple
de l’enceinte fermée isotherlne.
Les premières recherches dans cette voie furent
plus ou moins inconscientes, bien que le fait d’opérer
sur un radiateur partiellement fermé soit spéciale-
ment mentionné par les auteurs de ces travaux.
Ainsi, M. Christiansen examina le rayonnement issu de trous coniques pratiqués dans une plaque d’argent, et Schnecheli détermina la puissance du
rayonnement fourni par l’intérieur d’un four. M. Le Chatelier insista davantage sur l’importance de cette
circonstance particulière des observations. M. Yiolle enfin, opérant sur des oxydes dans un travail du plus
haut intérêt, publié en 1893, et passé malheureuse-
ment presque inaperçu, montra, par une série de
Fig. 1.
-Radiateur intégral dl’ MM. Lummer et Pringsheim.
R, tnlm de charbon: F. fenêtre pour l’observation: L. tube conduisant un gaz neutre dans la fenêtre;
11, tull’ de cuivre refroidissant les enveloppes.
helles expériences, que des corps divers, placés dans
une enceinte fermée isotherme, possèdent un éclats identique al celui des parois qui les entourent. Je
1. Ymr Le Radium, tome I, pagt-s 91 et 140.
reviendrai sur ce travail u l’occasion de l’émission des oxydes.
Toutefois, une vérification expérimentale complète
des lois du rayonnement fut donnée seulement
lorsque l’étude détaillée de remission du corps noir elit été entreprise il l’Institut physico-technique de Charlottenbourg; le principal mérite de cette vérifica-
tion revient à M. O. Lummer et aux distingués physi-
ciens qu’il associa à ce travail.
La réalisation du radiateur intégral ne présentait
pas de difficultés aussi longtemps que les expériences
restèrent limitées à des températures peu élevées;
une enceinte sphérique, plongée dans un bain ou
entourée d’une vapeur dont on déterminait la tem-
pérature au moyen d’un thermomètre ou d’une sou-
dure tllcr»oélectrique, émettait par une étroite ouver- ture pratiquée dans ses parois, la radiation que l’on voulait étudier. Un holomètrc dont le récepteur était
une lame noircie, ou mieux une caissette allongée sur
la fente de laquelle tombait le faisceau, serait
à mesurer sa puissance.
Aux températures élevées, le problème présentait
de plus grosses difficultés. On constitua alors le radiateur à l’aide d’un tube de platine, pincé aux
deux bouts, et parcouru dans toute sa longueur par
un courant qui l’amenait
à une très vive incandes-
cence. Des écrans trans- versaux, placés dans le tube, limitaient la portion
dont la radiation arrivait
au dehors par l’étroite ou- verture ménagée au centre
de la portion du cylindre
amincie en sifflet. On put
ainsi dépasser sans trop de peine 1600°, et mesurer les températures avec une in-
certitude de quelques de- grés seulemcnt.
Enfin, pour les tempé-
ratures très élevée, on
substitua au platine un
tube de charbon dur, en-
touré d’une séric d’enve-
loppes empêchant à la
fois son refroidissement et son oxydation. Cet appareil est représenté dans la figure 1. Comme aucun procédé direct ne permet-
tait de mesurer sa température, on s’est borné à étudier, par son moyen, les relations entre les di-
Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/radium:019050020204400
nous x retiendrons a B el’ plus de détail dans un in- stant: dirons seulement que la température de 2000°
a pu être dépassée au moyen de cet appareil.
Enfin, dans un travail récent, et dont les résultats
ne sont pas encore connus, MM. Kuribaum et Schulze ont atteint la température de 2050°, en confection- nant le tube au moyen du mélange d’oxydes préconisé
par M. Nernst, et qui, tout en acquérant une assez
bonne conductiBiLt’ aux température élevées, supporte
des chauffes auxquelles très peu de corps sont sus-
ceptibles de résister.
La courbe figure 2 montre avec quelle précision la
loi de la quatrième puissance est périnée; les points
isolés marquent du rayonnement mutuel de la source et du bolomètre donné par les expériences
0
Fig. 2
-Puissance totale du rayonnement intégrât en fonc-
tion de la température;
+++ valeurs experimentales
-
courbe theorique.
de M. Lummer, en fonction delà température absolue portée en abscisses. La courbe continue représente l’equation
P=o((-)’2013290°).
290° étant la température absolue du bolomètre pendant ces expéreinces.
Pour vérifier la loi du déplacement, la position dn
maximum de la courbe de puissance a été déterminée a l’aide d’un bolomètre à lame étroite que l’on pro- menait dan:-- le spectre normal du faisceau étudié.
La courbe figure 3 représente les résultats obtenus par MM. Lummer et Pringsheim; les abscisses sont
comme précédemment, les températues absolues:
les ordonnées sont les réciproques de 2. Si la
exacte les points représentatifs des expéreinces
doivent se placer sur une droite,
Pour l’une comme pour l’autre des deux lois
constater aucune déviation. Les données numériques
Fig. 3.
-Loi du déplacement: valeur de 1 7m en fom en 1 III
de la temperature absolue.
+++ valeur expérimentales
-