Universit´e Pierre & Marie Curie Licence de Math´ematiques L3
UE LM367 – Analyse complexe Ann´ee 2013
TD 1.
Exercice 1. R´esoudre dansCl’´equationz2 2(1 +i)z 1 = 0.
Exercice 2. R´esoudre dansCl’´equationzn 1=zd’inconnuezet de param`etren2N. Exercice 3. Montrer que l’application
f :z7! z i z+i
d´efinit une bijection holomorphe entre le demi-plan de Poincar´eP ={z2C; Imz >0}et le disque unit´eD(0,1). Expliciter son application r´eciproque.
Exercice 4. Soit P(z) = Xn k=0
akzk un polynˆome de degr´en et P0(z) = Xn i=1
iaizi 1 le polynˆome d´eriv´e. Soitz02C.
En utilisant la formule de Taylor pour les polynˆomes, montrer queP est C d´erivable enz0et que @P
@z(z0) =P0(z0).
Exercice 5. SoitP(z) = Xn k=0
akzk un polynˆome de degr´en 1.
(1) Montrer que P(z) ⇠anznquand |z|!+1. En d´eduire que|P|: z7!|P(z)|admet un minimum surC.
(2) Soitz02Cen lequel le minimum de|P|est atteint. On suppose quez0est racine d’ordre k 1 dez7!P(z) P(z0) enz0i.e. P(i)(z0) = 0 si 1i < ketP(k)(z0)6= 0. On note alorsP(k)(z0) =⇢ei✓0 la forme polaire deP(k)(z0). Soit✓2Rfix´e.
Calculer un d´eveloppement limit´e `a l’ordre k de✏7!P(z0+✏e i✓k0+i✓k) quand✏tend vers z´ero.
(3) En d´eduire que siP(z0)6= 0 alors|P(z0)|n’est pas un minimum de|P|. (4) En d´eduire le th´eor`eme de D’Alembert-Gauss.
Exercice 6.
(1) Soit ↵:C!Cune application Rlin´eaire de matrice dans la base canonique
✓ a c b d
◆ . Montrer que ↵estClin´eaire ssi↵est la multiplication par↵(1) ssic= b,d=a.
(2) En d´eduire qu’une application C d´erivable en un point v´erifie les ´equations de Cauchy Riemann.
(3) Montrer que la fonction f(x, y) = 1 si x.y = 0 et nulle ailleurs v´erifie les ´equations de Cauchy Riemann en 0, mais n’est pas continue en 0.
Exercice 7. Discuter les points deC di↵`erentiabilit´e des fonctions suivantes.
z7!|z|2; z7! z+i
z i,z6=i; z7!|z| z; z=x+iy7!x+iy2
Exercice 8. SoientU un ouvert connexe deCetf2O(U). Mq chacune des propri´et´es suivantes entraine que f est constante:
a) f est constante b) Re(f) est constante c) Im(f) est constante c)f 2 O(U) d) L’image def est contenue dans une droite affine deR2.
1
Exercice 9. On rappelle que siF est une fonction di↵´erentiable sur un ouvertU deC,
@F
@z = 1 2
✓@F
@x i@F
@y
◆
& @F
@z =1 2
✓@F
@x +i@F
@y
◆
;
on note dzetdzles applications deCdansCd´efinies pour toutw2Cpar dz(w) =wet dz(w) =w.
(1) Exprimer la di↵´erentielle r´eelle DF de F en fonction de @F
@z, @F
@z, dz et dz. A quelle condition n´ecessaire et suffisanteF est-elle holomorphe surUet dans ce cas, que vautF0? (2) Soitf une application de classeC1sur un ouvertU deR.
(3) Prouver que
@f
@z = @f
@z & @f
@z =@f
@z. Exercice 10. (Facultatif.)
(1) Prouver que si gest une application de classeC1 sur un ouvertV de Cet sif(U)⇢V,
alors 8
><
>:
@(g f)
@z = @g
@z(f)@f
@z+@g
@z(f)@f
@(g f) @z
@z = @g
@z(f)@f
@z+@g
@z(f)@f
@z
(2) Soit f2O(D). Montrer que l’application ', deDdansC,z7!f(z), est holomorphe sur D.
Exercice 11.
(1) Montrer sans utiliser les formules ci-dessus que si f et g sont holomorphes, g f est holomorphe et que (g f)0= (g0 f)f0.
(2) V´erifier que le d´eterminant du jacobien d’une fonction holomorphef est|f0|2.
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Correction du TD 1.
Exercice 1. Le discriminant r´eduit de l’´equation propropos´ee est (1 +i)2+1 c’est `a dire 1 + 2i. Si =a+ibaveca, b2R, est tel que 2= si et seulement sia2+b2=| |=p
5, a2 b2 = Re = 1, ab = 1
2Im = 1 > 0 et a a le mˆeme signe que b. Puisque a exactement deux racines carr´ees dansC, on en d´eduit que celles-ci sont± o`u
=
r| |+ Re
2 +i
r| | Re
2 =
s 1 +p
5 2 +i
s 1 +p
5 2 Les solutions de l’´equation propos´ee sont 1 +i± .
Exercice 2. Sin = 0, l’´equation propos´ee est ´equivalente `a 1 =|z|2 dont les solutions sont les ´el´ements deT. Sin= 1, l’´equation devient 1 =zdont l’unique solution est 1. Si n= 2, elle s’´ecritz=zet ses solutions sont donc les r´eels. Supposonsn2N\ {0,1,2}. 0 est alors solution de l’´equation et lorsquez 2C⇤,zn 1 =zsi et seulement si |z|= 1 et zn= 1. Ses solutions sont donc 0 et les racinesni`emede l’unit´e.
Exercice 3. Siz2P, Imz >0,f est d´efinie enzet
|f(z)|2= |z i|2
|z+i|2 = |z|2+ 1 2 Re zi
|z|2+ 1 + 2 Re zi = |z|2+ 1 2 Imz
|z|2+ 1 + 2 Imz <1 ce qui prouve quef(z)2D.
Soit⇣2D. Siz2C\ { i}, on a
⇣= z i
z+i ()z=i1 +⇣ 1 ⇣. Posonsg(⇣) =i(1 +⇣)/(1 ⇣). Alors
Img(⇣) = Re1 +⇣
1 ⇣ = Re1 |⇣|2+ 2iIm⇣
|1 ⇣|2 = 1 |⇣|2
|1 ⇣|2 >0 g(⇣) est donc dansP et par constructionf(g(⇣)) =⇣.
Conclusion : f est une bijection de P sur D et f 1 est l’application de D dans P,
⇣ 7!i(1 +⇣)/(1 ⇣).
Exercice 4. On aP(z) = Xn i=0
P(i)(z0)
i! (z z0)i. Orz7!R(z) = Xn i=2
P(i)(z0)
i! (z z0)i 2 est continue sur C donc born´ee par une constante M sur un voisinage V de z0. Donc P(z) =P(z0) + (z z0)P0(z0) + (z z0)2R(z) et le dernier terme est n´egligeable devant
|z z0|:
zlim!z0
|(z z0)2R(z)|
|z z0| lim
z!z0
M|z z0|= 0. DoncP estC d´erivable enz0et @P
@z(z0) =P0(z0).
Exercice 5.
(1) On a
|P(z) anzn|=|
n 1
X
i=0
aizi|=o(anzn) quand|z|!+1car lim
|z|!+1
|Pn 1 i=0 aizi|
|anzn| = 0. Doncz7!P(z) est ´equivalent `az7!anzn quand|z|!+1. Ceci implique que
|z|!lim+1|P(z)|= lim
|z|!+1|anzn|= +1. Soit m= inf
z2C|P(z)|. Comme lim
|z|!+1|P(z)|= +1, Il existe R >0 tel que |z| R )
|P(z)|> m. Doncm= inf
z2D(0,R)|P(z)|. La fonctionz7!|P(z)|est continue sur le compact D(0, R), elle atteint sa borne inf´erieure: 9z02D(0, R) tel quem=|P(z0)|.
(2) On aP(z) = Xn i=0
P(i)(z0)
i! (z z0)i. CommeP est non constant, il existe unk 1 v´erifiant les hypoth`eses de l’´enonc´e, ce qui entraine que
P(z) =P(z0) +P(k)(z0)
k! (z z0)k+o(|z z0|k) et
P(z0+✏e i✓k0+i✓k) =P(z0) +P(k)(z0)
k! ✏ke i✓0+i✓+o(|✏|k) =P(z0) +⇢✏kei✓+o(|✏|k). (3) Si P(z0) 6= 0 alors P(z0) = ⇢0ei✓00 et le d´eveloppement limit´e pr´ec´edent avec ✓= ⇡+✓0
donne
|P(z0+✏e i✓k0+i✓k)| = |⇢0ei✓00 ⇢✏kei✓00+o(|✏|k)|
= ⇢0 ⇢✏k+o(|✏|k)
< ⇢0 si✏!0+
(4) Montrons le th´eor`eme de D’Alembert-Gauss: Soit P 2 C[X] un polynˆome de degr´en 1. D’apr´es 1), z ! |P(z)| admet un minimum sur C et d’apr´es 3), ce minimum est n´ecessairement nul.
Exercice 6. 1) et 2) sont faits en cours.
3) La restriction de la fonctionf`a la droitey= 0 est constante donc d´erivable et @
@xf(0,0) = 0. De mˆeme, @
@yf(0,0) = 0. Les ´equations de Cauchy-Rieman sont v´erifi´ees maisf n’est pas continue en l’origine. Comme toujours, l’existence de d´eriv´ees partielles en un point n’entrainent pas la continuit´e ou la d´erivabilit´e.
Exercice 7. On noteraz=x+iyun point deC.
(1) La fonction z7!|z|2=x2+y2 est de classeC1 surC. Elle est doncC d´erivable ssi elle v´erifie les ´equations de Cauchy-Riemann. On a @
@xf(x, y) = 2xet @
@yf(x, y) = 2y.
@
@xf= i@
@yf () x=y= 0.
Cette fonction est doncC d´erivable seulement en l’origine etf0(0) = 0 carf(z) = 0 + 0 +
|z|2est le DL def en 0. De mani`ere ´equivalente: @
@z¯z¯z= 0.¯z+z.1 =zest nulle ssiz= 0.
(2) La fonctionf:C\{i}3z7! z+i
z i est holomorphe surC\{i}comme quotient de fonctions holomorphes etf0(z) = 2i
(z i)2.
(3) f :z7!|z| zest d´efinie surCet de classeC1 surC\ {0}. Elle n’est pas di↵´erentiable en l’origine car z 7! z est de classe C1 mais z 7! p
x2+y2 n’est pas di↵´erentiable en l’origine. Les points de C d´erivabilit´e de f sont ceux de z 7! |z| (car z 7! z est holomorphe). @
@xf(z) = 2x
x2+y2 et @
@xf(z) = 2y
x2+y2. Mais @
@xf = i@
@yf n’est jamais v´erifi´ees surC\ {0}.
(4) f :z=x+iy7!x+iy2est de classeC1 surC.
@
@xf= i@
@yf () 1 = 2y . Dans ce casf0(x, y) = @
@xf(x, y) = 1.
Exercice 8. Commef =P +iQest holomorphe, 8>
<
>:
@P
@x(x, y) =@Q
@y(x, y)
@P
@y(x, y) = @Q
@x(x, y).
DoncP constante entraine que la Jacobienne def est nulle i.e. quef0 est nulle. L’ouvert
´etant connexe cela entraine quefest constante (cf cours). On peut aussi dire que sif+ ¯f est constante (donc holomorphe) alors ¯f est holomorphe. Donc 0 = @
@z¯f¯= @
@zf et donc f0 est nulle (ce qui en passant montre c)). b) se d´emontre de mˆeme ou on applique a)
`a if. c) vient d’ˆetre montr´e. d) Si ax+by+c = 0 (a ou b 6= 0) contient f(U) alors aP +bQ+c= 0. D´erivant enxou eny, on trouve 0 =a @
@xP +b @
@xQ=a @
@xP b@
@yP et 0 =a @
@yP +b@
@yQ=a @
@yP +b @
@xP. Ce qui entraine @
@xP = @
@yP = 0. Et on utilise a). Ou on ´ecrita(f+ ¯f) ib(f f¯) +c= 0, on d´erive enz, on a (a+ib)f0= 0. Ce qui entrainef0 nulle.
Exercice 9.
(1) Soit z2U. Par d´efinitionDF(z) est une applicationR-lin´eaire deCdansC qui dans la base (dx, dy) deLR(C) est donn´ee par l’expression
DF(z) = @F
@x(z)dx+@F
@y (z)dy.
Rappelons au passage que dx est la forme R-lin´eaire w 7! Rew et que dy est la forme R-lin´eairew7!Imw. Lorsqueu, v2Retw=u+iv, on a donc
DF(z).w=@F
@x(z)w+w 2 +@F
@y (z)w w 2i
=1 2
✓@F
@x (z) i@F
@y (z)
◆ w+1
2
✓@F
@x (z) +i@F
@y (z)
◆ w
=@F
@z (z)w+@F
@z (z)w.
D’o`u
DF =@F
@zdz+@F
@zdz.
On sait d’apr`es le cours queF est holomorphe surU si et seulement si @F
@z = 0 et que dans ce cas @F
@z =F0soitDF =F0dz.
Remarque. Sif est holomorphe, on ai@F
@y = @F
@x et donc @F
@z =@F
@x = i@F
@y. (2) Evident
Exercice 10.
(1) Soitgune application de classeC1sur un ouvertV deRcontenantf(U). On a
@g f
@x = @g
@x(f)@Ref
@x +@g
@y(f)@Imf
@x
= 1 2
@g
@x(f)
✓@f
@x+@f
@x
◆ + 1
2i
@g
@y(f)
✓@f
@x
@f
@x
◆
= @g
@z(f)@f
@x+@g
@z(f)@f
@x et
@g f
@y = @g
@x(f)@Ref
@y +@g
@y(f)@Imf
@y
= 1 2
@g
@x(f)
✓@f
@y +@f
@y
◆ + 1
2i
@g
@y(f)
✓@f
@y
@f
@y
◆
= @g
@z(f)@f
@y +@g
@z(f)@f
@y
ce qui implique imm´ediatement les deux formules annonc´ees.
(2) 'est ´evidemment de classe C1surU et on a
@'
@z = @
@zf(z) =
✓@f(z)
@z
◆
= @f
@z(z)@z
@z+@f
@z(z)@z
@z. Comme f est holomorphe, @f
@z(z) = 0. De plus, @z
@z = @z/@z = 0 = 0. Donc ' est holomorphe.
Exercice 11. Revenons `a la d´efinition:
hlim!0
f g(z+h) f g(z)
h = lim
h!0
f(g(z+h)) f(g(z)) g(z+h) g(z)
g(z+h) g(z) h
= lim
y=g(z+h) g(z)!0
f(y+g(z)) f(g(z))
y lim
h!0
g(z+h) g(z)
h =f0(g(z)).g0(z) car g est continue et les deux limites existent.
(1) Sif=P+iQest holomorphe, 8>
<
>:
@P
@x =@Q
@P @y
@y = @Q
@x. Donc
Det 0 B@
@P
@x
@P
@Q @y
@x
@Q
@y. 1 CA= [@P
@x(x, y)]2+ [@Q
@x(x, y)]2.
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TD 2.
Exercice 1. Mq la famille
✓ 1 (i+j)↵
◆
(i,j)2N⇤2
est sommable ssi↵>2.
Exercice 2. Soit (cn)n2Nune suite de r´eels strictement positifs.
(1) Montrer que limn!+1cn1n limn!+1cn+1
cn
. (2) En d´eduire que siL= lim
n!+1
cn+1
cn
existe dans [0,+1] alors lim
n!+1(cn)n1 =L Exercice 3. Donner le rayon de convergence de la s´erie enti`ere X
n 1
anzn dans les cas suivants: a2p = a2p et a2p+1 = b2p+1, 0 < a < b; an = n!
nn; a2p+1 = 0 et a2p = ( 1)pp!
(p+ sinp)p
Exercice 4. Mq sian= nbn avec n =O(n↵) (↵2R) alors le rayon de convergence deX
anzn est sup´erieur `a celui deX bnzn.
Exercice 5. Soit (an)n2N⇤ une suite de nombres complexes telle que la s´erie X
n 1
an
converge. On lui associe la s´erie de fonctions de terme g´en´eralun(z) =an zn
1 zn,n 1.
(1) Mq X
n 1
un(z) converge normalement sur tout compact de D(0,1) et que X
n 1
un(z) = X
p 1
X
n 1
anznp pour z 2 D(0,1). Quelle identit´e peut-on en d´eduire lorsque an = 1 n!, an=↵n avec|↵|<1? ( an= ( 1)n,an=n...?)
(2) Montrer que la s´erieX
n 1
un(z) est uniform´ement convergente sur tout compact deC\D(0,1) (On pourra ´etudier (z7!un(1
z))n2N).
Exercice 6.
(1) (Transformation d’Abel) Soit (un)n2Net (vn)n2Ndeux suites de nombres complexes. Pour n m2N, on poseVmn=
Xn m
vi. Mq sin > malors Xn
m
uivi=
n 1
X
m
(ui ui+1)Vmi +unVmn. (2) En d´eduire le comportement surU={z2C,|z|= 1}des s´eriesXzn
n↵, pour↵2R. (3) (Un th´eor`eme de Picard) Soit (cn)n2N une suite d´ecroissante de r´eels positifs qui converge
vers 0. Mq la s´erie X
cnzn converge sur U\ {1}. (Indication: On pourra utiliser la transformation d’Abel pour montrer que la s´erie v´erifie le crit´ere de Cauchy).
1
Exercice 7. (Un th´eor`eme d’Abel) Soitk 1. NotonsE={z2D(0,1),|1 z| 1 |z| k}. Soit (cn)n2N une suite de nombres complexes telle que la s´erie enti`ere
+1
X
0
cnzn converge enz= 1. Alors lim
z2Ez!1
X
n2N
cnzn!
+1
X
0
cn=s (1) V´erifiez que l’on peut se ramener `as= 0.
(2) Notons f la somme de la s´erie sur D(0,1). Pour z2 D(0,1), d´eveloppez f(z)
1 z en s´erie enti`ere.
(3) Conclure (Utilisez le faits= 0).
(4) Appliquer le r´esultat pr´ec´edent au calcul de
+1
X
1
( 1)n+1 n
Exercice 8. Donner le d´eveloppement en s´erie enti`ere des fonctions suivantes, et donner le rayon de convergence de la s´erie obtenue:
f(z) = z
z2 2z 3 en 0;g(z) = 1
3 2z en 3;h(z) =ez en 1.
Exercice 9. Soit↵2R. On consid`ere la fonctionf d´efinie parf(z) = sin↵ z2 2zcos↵+ 1. D´evelopperfen s´erie enti`ere au voisinage de 0, et donner le rayon de convergence de la s´erie obtenue. Pour|z|<1 etn2N⇤, en d´eduire un calcul deI(z) =
Z 2⇡
0
sin↵sin(n↵) 1 2zcos↵+z2d↵
Exercice 10. Soitf(z) =X
n 0
anzn,an2Cune s´erie de rayon de convergenceR.
(1) Pour r 2 [0, R[, mq M(r, f) = 1 2⇡
Z 2⇡
0 |f(rei✓)|2d✓ = X
n 0
|an|2r2n. En d´eduire les in´egalit´es de cauchy |an|rn max|z|=r|f(z)|. Et montrer que s’il y a ´egalit´e pour un entiernalorsf(z) =anzn.
(2) En d´eduire que r7!M(r, f) est une fonction croissante sur [0, R[ et que lim
r!R M(r, f) = X
n 0
|an|2R2n2[0,+1].
Exercice 11. On consid`ere la s´erie enti`ere (de la variablez 1)X
n 1
( 1)n+1
n (z 1)n. Calculer son rayon de convergence et montrer que,f, la somme de cette s´erie sur D(1,1) v´erifie l’´equationef(z)=z.
Exercice 12.
(1) Pr´eciser les sous-espaces discrets de Cdans la listes suivantes: N,Z,Q,R, A={1
n, n2N⇤},A,A[N⇤,eiA,eiA[{1}
(2) D´eterminer les sous-espaces connexes d’un espace discret.
(3) Soit U un ouvert non vide de C. Montrer qu’un sous-ensemble discret et ferm´e de U intersecte chaque compact deU en au plus un nombre fini de points.
Exercice 13.
(1) D´et`erminer les fonctions analytiques dans D(0,1) qui v´erifientf(1 n) = 1
n2, pourn2N⇤.
(2) Soitf une fonction analytique dansD(0,1). On suppose qu’il existe une suite (an)n2N de r´eels distincts de l’intervalle [ 1
2,1
2] telle quef(an)2R.
D´emontrer que8z2D(0,1),f(z) =f(z) (Montrez d’abord quez7!f(z) est analytique).
(3) Soit f une fonction analytique sur D(0,1) et (an)n2N une suite strictement d´ecroissante de r´eels qui converge vers 0. On suppose que f(a2p+1) =f(a2p)2R. Mqf est constante (On raisonne sur la d´eriv´ee).
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Correction du TD 2.
Exercice 1. On a X
i,j2N⇤
1
(i+j)↵ = X
n2N⇤
X
i+j=n, i,j 1
1
(i+j)↵ =X
n 2
n 1
n↵ . Cette somme converge pour↵>2 et diverge vers +1sinon.
Exercice 2. Notons que si (an)n2N est une suite de nombres strictements positifs alors (lim inf
n an) 1= lim sup
n an1 dans [0,+1]. Il suffit donc de montrer que pour toute suite de nombres strictement positifs lim sup
n
ann1 lim sup
n
an+1
an
(car passant aux inverses cela entraine une in´egalit´e pour les lim inf, d’o`u ´egalit´e lorsque lim
n
cn+1 cn
existe). SiL= +1, le r´esultat est ´evident. SupposonsL2R. Soit✏>0, pour n n✏,cn+1(L+✏)cn. Par recurrence,cn(L+✏)n n✏+1cn✏. Prenant la racinen i`eme, puis la limite sup´erieure des deux membres, on a lim sup
n
cnn1 (L+✏).1. Cette in´egalit´e ´etant vraie pour tout✏>0, le r´esultat est d´emontr´e.
Exercice 3.
(1) Comme ann1 = a si n est pair et an1n = b si n est impair, b est la plus grande valeur d’adh´erence de la suite, le crit`ere de Hadamard donne alors⇢=b 1.
(2) an+1
an
= ( n
n+ 1)n!n!+1e 1. L’exercice pr´ec´edent montre que⇢=e.
(3) Commen!'nne np
2⇡n(formule de Stirling),|a2p|2p1 ' p12e 12(2⇡p)4p1 p12(1 +sinpp )12 n !
!+1e 12
Exercice 4. Notons R le rayon de convergence de la s´erie enti`ere X
bnzn. Sup- posons R >0. Alors 80 < r < R, la suite (bnrn)n2N admet une majorante g´eom´etrique sommable (caract´erisation du rayon de convergence) car si r < r0 < R alors |bnrn| sup
n |bnr0n|(r
r0)n=M(r
r0)n. Donc sup
n |anrn|sup
n Cn↵M(r
r0)n<+1(C >0 est tel que
| n| Cn↵). Le lemme d’Abel montre que le rayon de convergence R0 de X
n
anzn est plus grand que toutr < R. D’o`uR0 R.
Bien entendu, une d´emonstration plus courte repose sur la formule de Hadamard: On a lim sup|an|1n lim sup
n (Cn↵|bn|)n1 =R.
Exercice 5.
(1) Soit K un compact de D(0,1). Comme sup
K |z|= max
K |z|=r <1, on ak zn
1 znk1,K = sup
K
zn
1 zn rn
1 r. La s´erie
+1X
n=1
an´etant convergente, on a M = sup
n 1|an|<+1, d’o`u X
n 1
kun(z)k1,K M r
(1 r)2. La s´erie double X
p,n 1
anznpest absolument sommable pour toutz2D(0,1) car X
n,p 1
|an||z|np=X
n
|an|X
p
|z|np=X
n
|an| |z|n
1 |z|n M |z| (1 |z|)2.
DoncX
n
an
zn
1 zn =X
p
X
n
anznp. En particulier pouran= 1 n!, on obtient X
n 1
1 n!
zn
1 zn =X
p 1
(ezp 1).
(2) Soit K un compact de C\D(0,1). Pour z 2 K, un(1
z) = un(z) an, i.e. un(z) = un(1
z) an. L’application':C⇤3z7! 1
z 2C´etant continue,'(K) est un compact dans D(0,1), doncX
n 1
un(1
z) converge normalement surK (voir 1)). X
n 1
un(z) ´etant la somme d’une s´erie normalement convergente sur K et d’une s´erie uniform´ement convergente sur K (z7!X
n 1
an), elle converge uniform´ement surK.
Exercice 6.
(1) Xn
m
uivi=umvm+um+1(Vmm+1 Vmm) +. . .+un((Vmn Vmn 1) =Vmm(um um+1) +. . .+ Vmn 1(un 1 un) +unVmn. D’o`u la formule. On utilise la transformation d’Abel pour montrer la convergence de la s´erie, sachant que les sommesVmnsont major´ees (enm, n) et par exemple que (un)n2N d´ecroit vers 0:
(2) La s´erie X
n 1
zn
n↵ a un rayon de convergence ´egale `a 1. Soit z = ei✓ 2 U. Pour ↵ 0, le terme g´en´eral de la s´erie ne converge pas vers 0, donc la s´erie ne converge pas. Pour
↵>1, la s´erie est absolument convergente. Pour 0<↵<1, la s´erie diverge en 1 (crit`ere de Riemann). En g´en´eral, si z 2 D(0,1)\ {1}, on a
Xn m
zn
n↵ =Vmm( 1 m↵
1 (m+ 1)↵) + . . .+Vmn 1( 1
(n 1)↵ 1
(n)↵) +n ↵VmnavecVmj = Xj
k=m
zj=zmzj m+1
z 1 . D’o`u| Xn
m
zn n↵|
nX1
k=m
(k ↵ (k+ 1) ↵)|Vmk|+n ↵|Vmn| 2
|1 z|m ↵!0 quandmn!+1. La s´erie converge donc pourz2U\ {1}. On a mˆeme montrer, grˆace `a la majoration du reste, qu’il y a convergence uniforme sur tout compact de D(0,1)\ {1} (car la fonctionz7! 1
|1 z| est born´ee sur un tel compact).
(3) On utilise comme pr´ec´edement la transformation d’Abel, on obtient| Xn
m
cizi| 2
|1 z|cm. D’o`u la convergencce.
Exercice 7.
(1) Quitte `a remplacerc0parc0
X
n 0
cn, on peut supposer que la somme vaut 0, on v´erifiera que l’on ne change pas la nature du probl`eme.
(2) Supposant donc la somme de la s´erie nulle, on a8z2D(0,1), f(z) 1 z= (X
n 0
zn)(X
n 0
cnzn) = X
p,q 0
cpzp+q=X
n 0
( Xn
k=0
ck)zn(on v´erifie que la s´erie double est sommable dansD(0,1) (c.f.
le cours)). D’o´u, posantsn= Xn
k=0
ck, on af(z) = (1 z)X
n 0
snzn.
(3) Soit ✏ > 0, comme lim
n!+1sn = 0, il existe n0 tel que n n0 =) |sn| < ✏. D’o`u
|f(z)||1 z||
nX0 1 0
snzn|+✏|1 z| X
n n0
|z|n|1 z||
nX0 1 0
snzn|+✏|1 z| |z|n0 1 |z|. D’o`u lim sup
z2E,z!1|f(z)|0 +✏k. Ceci ´etant v´erifi´e pour tout✏>0, on a bien lim
z2E,z!1f(z) = 0.
(4) La s´erie converge (crit`ere pour les s´eries altern´ees), donc le point pr´ec´edent donne
z2[0,1[,zlim!1
X
n 1
( 1)n+1
n zn=X
n 1
( 1)n+1
n . Mais pourz2] 1,1[, X
n 1
( 1)n+1
n zn = log(1 +z) (car surD(0,1), on a X
n 0
( 1)nzn = 1
1 +z, la convergence
´etant uniforme sur les compacts deD(0,1), on peut int´egr´er terme `a terme sur [0, z]). D’o`u X
n 1
( 1)n+1
n = log 2.
Exercice 8.
(1) f(z) = z
(z+ 1)(z 3) est une fonction rationnelle avec pˆoles en 1 et 3. Elle est donc analytique surC\ { 1,3}. Commef(z) = 1
4( 1 z+ 1+ 3
z 3) = 1 4(X
n 0
( 1)nzn X
n 0
(z 3)n).
La premi`ere s´erie `a un rayon de convergence ´egale `a 1, la seconde `a 3. Donc f(z) = X
n 0
zn1
4(( 1)n 1 3
n
), le d´eveloppement en s´erie ´etant valable surD(0,1).
(2) g(z) = 1
3 2z est une fonction rationnelle ayant un pˆole en 3
2 doncg est analytique sur C\{3
2}. On ag(z) = 1 3
1
1 +23(z 3)=X
n 0
( 1)n+1 2n
3n+1(z 3)n, le d´eveloppement ´etant valable surD(3,3
2).
(3) z 7!ez est somme d’une s´erie enti`ere sur C, elle est donc analytique surC. Notons que 8z1, z2 2 C, la s´erie double X
i,j2N
zi1 i!
z2j
j! est absolument sommable (car X
i,j2N
|z1|i i!
|z2|j j! = X
i2N
|z1|i i!
X
j2N
|z2|j
j! =e|z1|e|z2|). Donc,ez1ez2= X
i,j2N
zi1 i!
z2j j! =X
n 0
X
i+j=n
zi1zj2 i!j! = X
n 0
(z1+z2)n
n! = ez1+z2. Doncez = e1ez 1 = X
n2N
e1
n!(z 1)n, le d´eveloppement ´etant valable pour toutz2C.
Exercice 9.
(1) On a z2 2zcos↵+ 1 = (z ei↵)(z e i↵). Doncf est une fonction rationnelle avec pˆoles en ei↵, e i↵. f(z) = f(z,↵) = sin↵
z2 2zcos↵+ 1 = 1 2i( 1
z ei↵
1 z e i↵) = 1
2i X
n 0
(ei(n+1)↵ e i(n+1)↵)zn=X
n 0
sin(n+ 1)↵zn. Les d´eveloppements ayant un rayon de convergence 1.
(2) I(z) = Z 2⇡
0
sinn↵f(z,↵)d↵= Z 2⇡
0
sinn↵(X
n 0
sin(n+ 1)↵zn)d↵. Or pourz2D(0,1), la s´erie de fonctions ↵ 7!X
k 0
sinn↵sin(k+ 1)↵zk est normalement convergente sur [0,2⇡].
On peut donc int´egrer terme `a terme cette s´erie. I(z) =X
k 0
zk Z 2⇡
0
sinn↵sin(k+ 1)↵d↵= X
k 0
zk Z 2⇡
0
1
2(cos(n k 1)↵ cos(n+k+ 1)↵)d↵=⇡zn 1 pourn 1 et l’int´egrale est nulle pourn= 0.
Exercice 10.
(1) Soit r < R. La s´erie double X
p,q2N
|apaq|rp+q = (X
p2N
|ap|rp)2 ´etant convergente (car r < R), la s´erie double de fonctions [0,2⇡] 3 ✓ 7! X
p,q2N
apaqei(p q)✓rp+q est normale- ment convergente. On pourra intervertir sommation et int´egration. On a donc, comme z 7! z est continue, +1 > 1
2⇡
Z 2⇡
0 |f(rei✓)|2d✓ = 1 2⇡
Z 2⇡
0
(X
k 0
akreik✓)(X
k 0
akreik✓) = 1
2⇡
Z 2⇡
0
(X
k 0
akreik✓)(X
k 0
akreik✓) = 1 2⇡
X
p,q2N
Z 2⇡
0
apaqrp+qei(p q)✓d✓= X
p,q2N
pqapaqrp+q= X
p 0
|ap|2r2p.
(2) r7!M(r, f) ´etant une s´erie de fonctions croissantes est une fonction croissante.
(3) On a Xn
0
|ak|2r2k M(r, f) X
n 0
|an|2R2n. Passant `a la limiter !R, puis `a la limite n!+1, on obtient le r´esultat.
Exercice 11. On a lim
n!+1
n+ 1
n = 1. Donc le rayon de convergence est 1 (c.f. exercice 2). Notonsf la somme de cette s´erie sur le disqueD(1,1). fest analytique etfrestreinte
`a ]0,2[ coincide avec la fonctionx7! lnx(cf Deug). La fonction analytique sur D(1,1), z7!ef(z) z´etant nulle sur ]0,2[, non discret, est identiquement nulle.
Exercice 12.
(1) NetZsont discrets pour la topologie induite, carD(n,1)\Z={n}pour toutn2Z. Q, Rsont non discrets, car (par exemple) tout point deQest point d’accumulation deQ, de mˆeme tout point deRest point d’accumulation deR. Aest discret: A\D(1
n, 1 n(n+ 1)) = 1
n). An’est pas discret car 0 est point d’accumulation. On v´erifie queA[N⇤est discret.
eiA est discret cart7!eitest iun hom´eomorphisme de ] ⇡,⇡[ sur son image. Par contre eiA[{1}n’est pas discret car 1 est point d’accumulation.
(2) Dans un espace discret, un singleton ´etant ouvert et ferm´e, la composante connexe d’un point p est le singleton {p}. On dit qu’un espace topologique est totalement discontinu si la composante connexe d’un point p est le singleton {p}. Un espace discret est donc totalement discontinu. Notons que Qest totalement discontinu sans ˆetre discret.
(3) SoitAun ensemble discret et ferm´e deUetKun compact deU. AlorsA\Kest compact (ferm´e dans un compact) et tous ces points sont isol´es (carAest discret). Il est donc fini (s’il ´etait infini, il admettrait un point d’accumulation a 2 A\K. Mais A est discret donc il existe ✏ > 0 tel que D(a,✏)\A = {a}. Ce qui contredit la d´efinition de point d’accumulation).
Exercice 13.
(1) la fonctiong:D(0,1)3z7!f(z) z2 est analytique surD(0,1) car f l’est. L’ensemble de ses z´erosZ(g) est ferm´e dansD(0,1) (car fonction continue) et contient par hypoth`ese {1
n, n 2 N}. Il contient donc l’adh´erence de cet ensemble. D’o`u 02 Z(g) n’est pas un point isol´e de Z(g), ce qui entraine g est nulle sur D(0,1) et f = z2 sur D(0,1). (Si l’ensemble des z´eros d’une fonction analytique `a un point d’accumulationdansl’ensemble de d´efinition de la fonction alors elle est identiquement nulle sur la composante connexe de l’ensemble de d´efinition qui contient ce point d’accumulation).
(2) Montrons d’abord que si f est analytique surD(0,1) alors z 7! f(z) est analytique sur D(0,1). Soit z0 2D(0,1), alorsz02 D(0,1) etf(z) = X
n 0
an(z z0)n sur un voisinage D(z0,⇢) de z0 dans D(0,1). L’application z 7! z ´etant continue, on a 8z 2 D(z0,⇢),
¯
z 2 D( ¯z0,⇢), f(z) = X
n 0
an(¯z z¯0)n = X
n 0
an(z z0)n. Ce qui prouve l’assertion. On consid`ere alors la fonction analytiqueg:D(0,1)3z7!!f(z) f(z). Notons queg(an) = 0. Par hypoth`ese, l’ensemble{an, n2N}est infini, contenu dans [ 1
2,1
2] compact. Donc cet ensemble admet un point d’accumulation dans [ 1
2,1
2]. Donc l’ensemble des z´eros de gadmet un point d’accumulation. Doncgest nulle.
(3) Les hypoth`eses faites entrainent que f(z) = f(z). En particulier, la restriction de f
`
a l’axe r´eel est une fonction r´eelle de classe C1. Comme f(a2p+1) = f(a2p) 2 R et a2p+1 < a2p, le th´eor`eme de Rolle entraine quef0 s’annule en un point↵p 2]a2p+1, a2p[.
Mais lim
n!+1an= 0 entraine que 0 est un point d’accumulation de (↵p)p2N, donc 0 est un point d’accumulation de l’ensemble des z´eros def0, fonction analytique surD(0,1). f0 est donc identiquement nulle, ce qui entraine quefest constante (car pour toutz, z02D(0,1),
|f(z) f(z0)| sup
y2[z,z0]kdf(y)k|z z0|, et pour une fonction analytique (donc holomorphe) df(y) s’identifie `af0(y)).
Universit´e Pierre & Marie Curie Licence de Math´ematiques L3
UE LM367 – Analyse complexe Ann´ee 2013
TD 3.
Exercice 1. On posej=e2i⇡/3. Pourk2{0,1,2}, on noteDkla demi-droite ] 1,1]jk= jk; 2] 1,1]
etU l’ensembleC\(D0[D1[D2).
(1) Montrer que Uest un ouvert deC.
(2) log (resp. R) d´esignant la d´etermination principale du logarithme (resp. de la racine carr´ee). Montrer que l’application f : z ! log[R(z3 1)] est correctement d´efinie et analytique surU. Simplifier son expression.
(3) Calculerf(i).
Exercice 2. On se donne un entier naturel non nuln.
(1) Soit z2 U =C\{0,1}. Exprimez en fonction den,|z|, |1 z|, Arg(z) et Arg(1 z) les solutions dansCde l’´equation
(⇤) un=z(1 z)
d’inconnueu.
(2) D´eterminer explicitement un ouvert D de C contenant ]0,1[ tel qu’il existe ' 2 O(D)
v´erifiant: ⇢
8z2D, '(z)n=z(1 z) 8x2]0,1[, '(x) = pn
x(1 x) .
Exercice 3. p.´etant la d´etermination principale de la racine carr´ee et ´etant le chemin [0,⇡/2]3t7!eit, calculer
Z dz pz.
Exercice 4.
1) Montrer que la forme!:
✓x y
◆
7!xdy ydx
x2+y2 est led✓des coordon´ees polaires: Six=rcos✓ ety=rsin✓alors!(rcos✓, rsin✓) =d✓.
2) Ecrirez7! dz
z en coordon´ees polaires.
2) Montrer que la partie r´eelle
✓x y
◆
7! xdx+ydy
x2+y2 de z7! dz z admet
✓x y
◆ 7! 1
2ln(x2+y2) comme primitive.
Exercice 5. SoitK un compact `a bordC1par morceaux. On d´efinit l’aire deK comme
´etant le nombre Z
K
dxdy.
(1) Montrer que Z
K
dxdy= Z
@K
xdy= Z
@K
ydx= Z
@K
1
2(xdy ydx).
(2) Montrer que 1
2idz^d¯z=dx^dy. En d´eduire l’aire deK `a l’aide d’int´egrales de formes complexes sur@K.
(3) Calculer l’aire comprise entre l’axeOxet l’arche de la cyclo¨ıde d’´equationsx=t sint, y= 1 cost, avec 0t2⇡.
1
Exercice 6. SoitA2]0,+1[. Calculer Z
A
e z2dzo`u A est le bord orient´e du triangle d´efini par les points 0, A, A(1 +i). En faisant tendreAvers +1, en d´eduire l’existence et la valeur des int´egrales
Z +1 0
cost2dtet Z +1
0
sint2dt Exercice 7.
(1) Calculer Z
|z|=1
dz
zn(ez 1) pour n = 0,1,2. Indication: Consid´erer le prolongement par continuit´e dez7! z
ez 1. (2) Calculerkn=
Z
|z|=12
dz zn(1 +z)(2 z).
Exercice 8. Soitf2C0(D(0,1)) etC d´erivable en 0.
Montrer que lim
r!0
1 r2
Z
C(0,r)
f(z)dz= 0.
Exercice 9.
(1) Soit a2D(0,1). Montrer que 1
1 |a|2 = 1 2i⇡
Z
C(0,1)
dz
z|z a|2. (Indication: Montrer que z|z a|2= (z a)(1 z¯a) le long du cercle unit´e)
(2) Soitf 2O(D(0,1) de module born´ee parM >0. Montrer que|f0(a)| M 1 |a|2. Exercice 10. (Une preuve du th´eor`eme de Liouville). Soit f enti`ere born´ee. Soient a6=bdeux nombre complexe et R >max(|a|,|b|). CalculerI(R) =
Z
C(0,R)
f(z)dz (z a)(z b) (d´ecomposer en ´el´ements simples).
(1) Majorer I(R) et conclure.
Exercice 11. (Majorations. Lemme de Jordan.)
(1) Soit f continue dans un ouvertOdeC, `a valeurs dansCet : [a, b]!Oun arcC1 de longeur not´eeLong . D´emontrer que |
Z
f(z)dz|sup
< >|f|Long . (2) Soit 0< a < betz02Ctel que Rez0 0. Calculer
Z
[az0,bz0]
ezdz. En d´eduire l’in´egalit´e
|ebz0 eaz0|(b a)|z0|ebRez0.
(3) (Lemmes de Jordan). Soitf une fonction continue sur une portion de secteur S={z= reit,✓1t✓2, r 1} (✓1<✓2<✓1+ 2⇡). On suppose lim
z!1zf(z) = 0. Montrer que
r!lim+1
Z
C(0,r)\S
f(z)dz= 0.
(4) Supposons que le secteur est contenu dans l’ensemble Imz 0. Soitfune fonction continue surSde limite nulle `a l’infini. Montrer que lim
r!+1
Z
C(0,r)\S
f(z)eizdz= 0.
Universit´e Pierre & Marie Curie Licence de Math´ematiques L3
UE LM367 – Analyse complexe Ann´ee 2013
Correction du TD 3.
Exercice 1.
(1) Siu2C⇤, la demi-droite ] 1,1]uest un ferm´e deC. L’ensembleD0[D1[D2´etant une r´eunion finie de ferm´es deC, c’est un ferm´e deCetU est un ouvert deC.
(2) Rappelons que R est la fonction d´efinie sur C\R par R(z) = e12logz o`u log est la d´etermination principale du logarithme.
Lorsque z2C, la conditionz3 12R est ´equivalente `a l’existence det2R+tel que z3= 1 tet ce qui signifie quezest l’une des racines cubiques de 1 t, c’est `a dire l’un des nombresp3
1 t,jp3
1 touj2p3
1 t. Ainsi,z3 12C\R si et seulement siz2U.
On en conclut que sig est la fonction deU dans C,z7!z3 1,R g est bien d´efinie et analytique surU.
Prouver quefest bien d´efinie et analytique surUrevient maintenant `a ´etablir queR g prend ses valeurs dansC\R . Pourw2C\R ,R(w) est donn´ee par la formule
R(w) =p
|w|eiArg(w)/2. Etant donn´e que 1
2Arg prend ses valeurs dans ] ⇡/2,⇡/2[, on en d´eduit que log est d´efinie enR(w) et que
logR(w) = 1
2(ln|w|+iArg (w)) =1 2logw.
Ainsi,f est bien d´efinie et analytique surU et pour toutz2U, on a f(z) = 1
2log z3 1 . (3) i3 1 = i 1 =p
2e 3i⇡/4. D’o`uf(i) = 1
4ln 2 +i3⇡
8 .
Exercice 2.
(1) Etant donn´e quen2 N⇤, les solutions de (⇤) sont les racinesni`emedez(1 z). Comme z2C\{0,1},zet 1 zsont dansC⇤et
⇣= pn
|1 z| |z|exp
✓ iArg+z
n +iArg+(1 z) n
◆
o`u Arg+est la d´etermination (non continue) surC⇤ de l’argument `a valeurs dans ] ⇡,⇡]
est une solution de (⇤). Les racines cherch´ees sont⇣,⇣!, ....,⇣!n 1o`u!= exp (2i⇡/n).
(2) Lorsquez2D=C\(] 1,0][[1,+1[), zet 1 zsont dansC\R de sorte qu’on peut poser, posons
'(z) = pn
|1 z| |z|exp
✓ iArgz
n +iArg (1 z) n
◆
= exp
⇢1
n[logz+ log (1 z)]
o`u log est la d´etermination principale du logarithme surC\R . 'est holomorphe surDet r´esout le probl`eme pos´e. Dest connexe car ´etoil´e par rapport `a 1
2 : siz2U,
z;1
2 ⇢U.
Si 2 O(D) r´esout aussi le probl`eme pos´e sur D, ' = car ' et sont alors deux fonctions holomorphes sur un mˆeme domaine et co¨ıncident sur ]0,1[, ensemble qui poss`ede au moins un point d’accumulation dansD.
Exercice 3. Lorsquez2C\R , log0z= 1/zet si↵2C, on a donc (z↵)0= (exp (↵logz))0= ↵
zexp (↵logz) = ↵
elogzexp (↵logz) =↵z↵ 1. Ainsiz7!2p
zest une primitive holomorphe dez7!1/p
zsurC\R . D’o`u Z dz
pz = 2⇣p i 1⌘
. Comme logi=i⇡/2,p
i=ei⇡/4et l’int´egrale cherch´ee vaut⇣p 2 2⌘
+ip 2.
Exercice 4.
(1) Six=rcos✓ety=rsin✓alorsdx= cos✓dr rsin✓d✓etdy= sin✓dr+rcos✓d✓. Donc xdy ydx
x2+y2 = rcos(✓)(sin(✓)dr+rcos(✓)d✓) rsin(✓)(rcos(✓)dr rsin(✓)d✓)
r2 =d✓.
(2) Siz=rei✓ alorsdz=ei✓(dr+ird✓) donc dz z =dr
r +id✓.
(3) On voit que la partie r´eelle de dz z est dr
r =dln(r) =d1
2ln(x2+y2).
Exercice 5.
(1) On ad(xdy) =d( ydx) =dx^dy. Le th´eor`eme de Stockes permet de conclure.
(2) On obtient
Aire(K) = Z
K
1
2idz^d¯z= Z
@K
1 2izd¯z=
Z
@K
1 2i¯zdz .
(3) On note que✓ t 7! x(t) = t sint est strictement croissante. Notons : [0,2⇡] 3 t 7!
t sint 1 cost
◆
. Alors le bord orient´e du compact d´etermin´ee par l’axe Ox et l’arche de cyclo¨ıde est param´etr´e par [0,2⇡] 3 t 7! t auquel on juxtapose l’oppos´e du chemin . Appliquant la formule ci-dessus, on obtientAire(K) =
Z
@K
xdy= 0 Z
xdy= Z 2⇡
0
(t sint) sintdt= 3⇡.
Exercice 6. f : z 7! e z2 ´etant holomorphe sur C voisinage du compact `a bord d´efini par le triangle de sommets 0, A,A(1 +i); on a
Z
A
f(z)dz = 0 = Z
[0,A]
f(z)dz+ Z
[A,A(1+i)]
f(z)dz+ Z
[A(1+i),0]
f(z)dz. Or Z
[0,A]
f(z)dz = Z A
0
f(t)dt, Z
[A,A(1+i)]
f(z)dz = Z A
0
e(A+ti)2idtet Z
[A(1+i),0]
f(z)dz= Z
[0,A(1+i)]
f(z)dz
= Z A
0
et2(1+i)2(1 +i)dt= Z A
0
et22i(1 +i)dt. Or| Z A
0
e(A+ti)2idt| Z A
0
e (A2 t2)dt Z A
0
e A(A t)dt= 1
A(1 e A2) !0
A!+1.
En passant `a la limite dans la premi`ere ´egalit´e, on trouve 0 = lim
A!+1( Z
[0,A]
f(z)dz Z
[0,A(1+i)]
f(z)dz) + 0 On en d´eduit que
p⇡
2 =
Z +1 0
e t2dt = lim
A!+1
Z A 0
e t2dt = lim
A!+1
Z A 0
e t22i(1 + i)dtexiste. Donc
p⇡
2 = 1
p2 lim
A!+1
Z A 0
e t2i(1 +i)dt = 1 p2 lim
A!+1
Z A 0
cost2+ sint2dt+
i Z A
0
cost2 sint2dt. On en d´eduit que la partie r´eelle et la partie imaginaire des int´egrales convergent. Par addition et soustraction, on en d´eduit que
Z +1 0
cost2dt et Z +1
0
sint2dt existent, sont ´egales (
p⇡
2 2R) et valent p⇡ 2p
2. Exercice 7.
(1) Notons que ez 1 = 0 , z = 2ik⇡, k 2 Z, et lim
z!0
z
ez 1 = 1. Donc la fonction f : z7!f(z) = z
ez 1 holomorphe surC\2i⇡Z, est born´ee au voisinage de z´ero, le th´eor`eme d’´elimination des singularit´es de Riemann entraine qu’elle se prolonge holomorphiquement en 0. Ce prolongement ˜f est donn´e par le prolongement par continuit´e (ie ˜f(0) = 1).
D’o`u 1
2i⇡In = 1 2i⇡
Z
|z|=1
dz
zn(ez 1) = 1 2i⇡
Z
|z|=1
f(z)˜
zn+1dz = ( ˜f)(n)(0)
n! . Or z
ez 1 = 1
1 +z2+z62 +o(z2) = 1 z 2
z2 6 +z2
4 +o(z2). DoncI0= 2i⇡,I1= i⇡,I2=i⇡
6. (2) La fonction rationnellef:z7! 1
(z+ 1)(2 z) est holomorphe surC\{ 1,2}. Elle est donc holomorphe au voisinage de D(0,1
2). De plus, elle est la somme de sa s´erie de Taylor en 0 sur le plus grand disque ouvert centr´e en 0 et contenu dans son domaine d’holomorphie:
f(z) = 1 3
X
n 0
zn(( 1)n+ 2 (n+1)) sur D(0,1) (on r´eduit cette fonction rationnelle en
´el´ements simples puis on d´eveloppe en s´erie g´eom´etrique dez). Le th´eor`eme de Cauchy donne, sin 1,kn= 2i⇡ 1
2i⇡
Z
C(0,12)
f(z)
zn dz= 2i⇡1
3(( 1)n 1+ 2 n) etk0= 0.
Exercice 8. Par hypoth`ese, il existe une fonction h 7! ✏(h) d´efinie au voisinage D(0, r1) de 0 telle que lim
h!0✏(h) = 0 et f(h) =f(0) +hf0(0) +h✏(h) sur D(0, r1). Donc 1
r2 Z
C(0,r)
f(z)dz= 1 r2
Z
C(0,r)
(f(0) +zf0(0))dz+ 1 r2
Z
C(0,r)
z✏(z)dz. Comme z7!f(0) + zf0(0), le th´eor`eme de Cauchy implique que la premi`ere int´egrale est nulle. La deuxi`eme int´egrale se majore par 1
r22⇡r sup
z2C(0,r)|z✏(z)| = 2⇡ sup
z2C(0,r)|✏(z)|. Comme lim
h!0✏(h) = 0 entraine lim
r!0 sup
z2C(0,r)|✏(z)|= 0, on obtient lim
r!0
1 r2
Z
C(0,r)
f(z)dz= 0.
Exercice 9.
(1) Si z¯z = |z|2 = 1, on a (z a)(1 z¯a) = z(z a)(¯z a) =¯ z|z a|2. La fonction g : z 7! 1
1 z¯a ´etant holomorphe surC\ {¯a 1} D(0,1) la formule de Cauchy donne 1
2i⇡
Z
C(0,1)
dz
z|z a|2 =g(a) = 1 1 |a|2. (2) On af0(a) = 1
2i⇡
Z
z2C(0,r)
f(z)
(z a)2pour|a|< r <1. Donc|f0(a)|M 1 2⇡
Z 2⇡
0
rd✓
|rei✓ a|2. Faisant r!1, on obtient|f0(a)|M 1
2⇡
Z 2⇡
0
d✓
|ei✓ a|2 =M 1 2i⇡
Z
C(0,1)
dz
z|z a|2 puis on applique 1.
Exercice 10. On a, si max(|a|,|b|)< R, I(R) =
Z
C(0,R)
f(z)dz
(z a)(z b) = 1 a b
Z
C(0,R)
f(z)( 1 z a
1
z b)dz = 2i⇡f(a) f(b)
a b .
On a aussi I(R) 2⇡Rkfk1,C(0,R)
1
(R |a|)(R |b|) !0 lorsqueR!+1si f est une fonction enti`ere born´ee. On d´eduit le r´esultat.
Exercice 11.
(1) Cette majoration est ´etablie dans le chapitre 3 du polycopi´e.
(2) On a
r!lim+1| Z
C(0,r)\S
f(z)dz|(✓2 ✓1)r||f||1,C(0,r)\S= 0 car lim
z!1zf(z) = 0 entraine que
r||f||1,C(0,r)\S= sup
z2C(0,r)\S|zf(z)| converge vers 0 quand rtend vers +1.
(3) Ici la majoration Longueure fois norme infini ne suffit pas en g´en´erale. il faut revenir dans un premier temps `a la param´etrisation:
| Z
C(0,r)\S
f(z)eizdz| Z ✓2
✓1
|f(reit)||eireit|rdt= Z ✓2
✓1
|f(reit)|e rsin(t)rdt||f||1,C(0,r)\S
Z ✓2
✓1
e rsin(t)rdt . Mais Z ✓2
✓1
e rsin(t)rdt2 Z ⇡2
0
e rsin(t)rdt2 Z ⇡2
0
e r⇡2rdt=1 e r
⇡
est born´ee. On conclut car ||f||1,C(0,r)\S tend vers 0 en l’infini. On a utilis´e l’in´egalit´e sin(t) 2
⇡tsur [0,⇡
2] (concavit´e du sinus sur cet intervalle).